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Remarques sur l'Apologie pour les Chrétiens et sur le Dialogue avec Tryphon de Justin Martyr

2013

Justin 2013-01-12 1 REMARQUES SUR L'APOLOGIE POUR LES CHRÉTIENS ET SUR LE DIALOGUE AVEC TRYPHON DE JUSTIN MARTYR Apologie Les remarques suivantes portent sur le texte publié par Miroslav Marcovich1. La tradition manuscrite du texte de Justin se limite à un seul manuscrit tardif (14e siècle) et à quelques citations relevées chez Eusèbe et chez Jean Damascène. De ce fait, le texte a été beaucoup étudié et a donné lieu à beaucoup de conjectures, dont Marcovich a, selon moi, accepté un trop grand nombre. En outre, il fait de son côté bien des propositions qui me semblent peu fondées. Le plus souvent, je laisse au lecteur le soin de juger par lui-même et je me borne à discuter seulement quelques-unes de ces conjectures. En revanche, les textes parallèles d'auteurs païens et chrétiens qu’il fournit témoignent d’un important et remarquable travail et aident beaucoup à comprendre le texte de Justin. Les conjectures de ses prédécesseurs sont signalées de manière très complète, et l’Index nominum est d’une grande utilité. Le travail de M. Marcovich reste donc indispensable. Une autre édition récente, d’importance égale, est celle de Charles Munier2. Ce texte s'éloigne beaucoup moins du manuscrit et l'éditeur est moins porté à la conjecture. De ce fait, le texte qui en résulte est à mon avis généralement meilleur. L'apparat critique est sélectif et ne retient que ce qui est absolument nécessaire. Il pourrait paraître inutile de discuter certaines propositions de Marcovich que Munier a raison de ne pas accepter, mais il se peut que, ça et là, une explication puisse servir à indiquer pourquoi l'un ou l'autre texte est préférable. Comme celui du Dialogue, le texte de l'Apologie est souvent difficile. Il va sans dire que les remarques présentées ci-dessous sont seulement des propositions. Dans les deux ouvrages, beaucoup de passages difficiles attendent encore une solution ou du moins une solution meilleure. Bien que je veuille m’en tenir ici le plus possible au texte des manuscrits et renoncer à de nombreuses conjectures, cela ne m’empêchera pas, on le verra, d'en proposer à mon tour quelques-unes, sans prétendre pour autant avoir la solution définitive du problème. I, 2, 2 [ ] ! " # $% Plusieurs éditeurs, dont Munier ne fait pas partie, ont rejeté ou seulement , en raison de la difficulté qu’il y aurait à maintenir à la fois et " , qui semblent dire la même chose. Il faut bien sûr accepter cette redondance, si redondance il y a. Pour des verba dicendi pour ainsi dire « superflus », voir infra I, 9, 5. I, 3, 2 & $ ' ( ) !( ( * * , l’extrait transmis par Jean Damascène porte * Mais je propose de lire * : « sans faute », « parfait ». # . Au lieu du difficile , qui offre le bon sens. I, 5, 4 + (sc. ,- $ . /) 0 1 $ 23 ! & 4 1 5 ! 6 " 7 < > 1 " ! ( ! . L'addition de < > ne semble pas nécessaire et ne figure pas chez Munier. En outre, on peut se demander si 1 Iustini Martyris Apologiae pro Christianis. Edited by Miroslav Marcovich. Berlin, New York: Walter de Gruyter 1994. (Patristische Texte und Studien 38). Tant Marcovich que Munier (voir ci-dessous) regardent ce qu'on appelle Apologia maior et Apologia minor comme une unité. Pour des raisons pratiques, il faut distinguer ; Apologia maior est citée comme I, Apologia minor comme II. 2 Justin, Apologie pour les chrétiens. Introduction, texte critique, traduction et notes par Charles Munier. Paris: Les Éditions du Cerf 2006. (Sources Chrétiennes 507). Justin 2013-01-12 2 l'ancienne conjecture 1 au lieu de la leçon 4 1 du manuscrit n’est pas la bonne. Le contexte est le suivant : les démons se font adorer par les hommes qui croient avoir affaire à des dieux (I, 5, 2). En effet, loin de les appeler dieux ( & 1 ), il faut les appeler « mauvais démons », car ils ne valent même pas les hommes qui cherchent la vertu (voir la remarque suivante), et sous-entendre : « encore moins les dieux ». Pour Justin, des 4 ! n'existent pas. I, 5, 4 8 propose " 9 7 23 : ! <*> ;# ( . Marcovich < ! # ( au lieu de <*> ;# ( , en comparant I, 5, 2 8 < 7 23 ; . La comparaison et la proposition me semblent inappropriées. Nous avons plutôt une comparatio compendiaria : leurs actions ne ressemblent pas à ceux qui aiment la vertu, c'est-à-dire : aux actions de ceux qui aiment la vertu. Ainsi Munier. Un de ces hommes vertueux est Socrate, mentionnné peu avant. Cf. I, 24, 1 7 => . Voici quelques exemples d'une telle 3 comparaison chez Théodore de Mopsueste et dans le Nouveau Testament4 : Devr. 312, 7 ? : ! " @ 2 , ibid. 517, 13 ( 23@ & A & : ! (sc. 2 )" ! , Jude 7 ( ) B (sc. Sodome et Gomorrhe) . " & $ I, 7, 2 C 7 1 2 6 ' 2 ) ( @ B ! 3 2D 6 " , ,* ( < > < ># 6 2D . Les mots , * ( sont une conjecture de l'éditeur au lieu du 7 du manuscrit ; quant à # , c’est une ancienne conjecture pour # . Il faut, je crois, suivre le manuscrit. Dans ce passage, Justin veut dire qu'il faut juger d’après les faits, non d’après le nom suspect de chrétien. Il s'agit toujours du nom. Vous condamnez un grand nombre d’accusés après avoir examiné leur vie, et non à cause de ceux qui sont indiqués avant ( # ), c'est-à-dire indiqués avant comme coupables. Justin veut dire : s'il s'agit des chrétiens, leur nom seul fait qu'ils sont regardés par avance comme coupables. Il faut aussi peu après maintenir la leçon du manuscrit. On doit juger pour punir le coupable, non parce qu’il est chrétien mais parce qu’il est coupable : (I, 7, 4) E : # ? * 2D 6" 7 &? . % 7 " 2 6 " ? [. B] " ) . Avec Reinach, Marcovich veut rejeter le second . B , mais, comme le fait Munier, il faut le maintenir. L'un sera puni comme coupable, non comme chrétien, l'autre absous comme un chrétien qui n’est coupable de rien. Tous les deux sont des chrétiens, mais ce nom n'a rien à voir avec la culpabilité. I, 9, 5 FG H ! 6" 9 ( " 2 ( 1 A B ( 2 [ ]. Étienne écrivait déjà , qu'il faut avec Munier accepter et non écarter. Un verbum dicendi « superflu » se trouve par exemple en I, 2, 2 (cf. supra). I, 14, 1. Il faut faire commencer une nouvelle proposition avec " @ !D et ne pas mettre " @ !D III " @ D ( entre parenthèses. Après " @ D ( suit immédiatement J 0 etc., ce qui fait contraste avec ce qui précède : les démons s'efforcent (" @ !D ) de subjuguer ceux qui ne se débattent pas pour se 3 Le commentaire de Théodore de Mopsueste sur les Psaumes (I-LXXX), éd. par Robert Devreesse. Città del Vaticano 1939. (Studi et testi 93) 4 La construction fréquente 2 suivi par un datif est du même type. Justin 2013-01-12 sauver (K H ) @ ! mêmes en nous éloignant d’eux. 3 " @ D ( ) comme nous l'avons fait nous- I, 14, 3 L 2 " B 1 # : ( 7 7 ; < D > ' ! 7 & . Sans doute traduire, comme le fait l'éditeur, 7 7 ; par propter instituta diversa se comprend-il bien, mais avant ' ! est difficile et a entraîné l'addition de < D >. Marcovich veut appuyer cette conjecture par Dial. 47, 2 @ : ! M ' ! , ce qui n'est guère probant. Munier (sans < D >) traduit : « nous qui, à cause de leurs coutumes, n'admettions pas d'étrangers à notre foyer », ce qui est acceptable, mais de justesse : reste difficile. Oserai-je proposer de lire ! au lieu de 7 7 ; , cf. peu après : ! (les mêmes personnes) ? I, 16, 4. Jésus veut que les chrétiens aident les hommes à abandonner une vie honteuse et pleine de désirs mauvais. Suit : NO 2 < > ) ) , K @ " 3 ;# . L'insertion de , qu’écarte Munier, ne semble pas nécessaire, et on ne comprend pas pourquoi les deux éditeurs ont accepté la conjecture K au lieu du 0 du manuscrit. C'est bien sûr chez les chrétiens qu'on peut constater que ce changement en bien se produit (voir I, 14, 2-3 et I, 39, 3). On a conjecturé NO ... ) ) , 0 , mais il n'est pas rare que ! avec une préposition désigne qu'on se trouve ou qu'on arrive à un endroit donné. Quelques exemples : Orig. Comm. Joh. XIII, § 455 P Q 7 / ,- 2 R D ! (sc. Jésus), ibid. C Q III ! , Orig. Princ. III, 1, 22 (21) B $ A & ! H S (sc. Ésaü), souvent dans le Nouveau Testament, comme 1 Cor. 2, 3 " T " !U < < / B K V. I, 16, 4. Les hommes peuvent changer en mieux et devenir chrétiens : 0 M @ ! !( (W M ( @ ( @ K & 3 W M ( ( @ . Cela se comprend, mais on voudrait bien lire par exemple ( ( @ <# > pour avoir un parallèle avec ! ! ( et K & : on a fait l’expérience de leur honnêteté en affaires. I, 21, 3 C ! 7 1 " X , K 2 6 <Y> " " !D "3 $ < > 4 7 2 '@ H (V " # A B B B C ! Z Y et sont des conjectures de Thirlby (18e siècle) et de Marcovich ; Munier accepte Y mais pas . Je crois qu'il faut lire pour 4 , faute très facile, et, pour le reste, conserver le texte du manuscrit, avec seulement le point-virgule placé après 2 . L'accusatif 1 " X s'explique par le précédent [! 7 & ,\ 2 IIIZ « que dire d'Ariane ... ». I, 23, 3. Déjà avant l'incarnation de Jésus-Christ, il y avait chez les païens des histoires semblables : 2 7 1 ( 1 ! ? 5 ] 7 ) ) ( W ; . Dans le manuscrit, 7 ) ) se trouve après ! , où il faut le laisser au lieu d'accepter la conjecture de Colson et le déplacer. Munier suit le manuscrit, mais traduit selon le texte de Marcovich. Je proposerais de traduire : « il y a ceux qui à cause de mauvais démons, avec le secours des poètes, ont donné pour des réalités (? ) ce qu'ils ont Justin 2013-01-12 4 présenté en fabulant ». Bien que la conjecture semble rendre le texte plus facile, je crois que ce double 7 a a une fonction : les démons sont à l'origine et ils sont la cause initiale, les poètes font ensuite le travail pratique. 5 7 ^_ 7 7 , ` !6 , ` ! 6 , ` L !6" ) ! . est une conjecture de Maran (18e siècle) à la place du du manuscrit. La conjecture, à mon sens, ne se justifie pas. Le contexte est le suivant (I, 24, 1 s.) : on adore des arbres, des fleuves etc. ; les mêmes êtres ou phénomèmes ne sont pas vénérés par tous ( ) ) K B 2 @ @ @ , cf. notre passage) ; vous savez bien que ce ne sont pas les mêmes êtres qui sont considérés comme des dieux, comme des bêtes sauvages, comme des animaux destinés au sacrifice. Pensons, par exemple, à un taureau, que les uns considèrent comme un dieu, les autres comme une bête quelconque, d’autres encore comme une victime sacrifiée aux dieux. I, 24, 3 O I, 27, 5 ? " ( @ B ! (. Dans son édition, Pautigny (1904) veut omettre ! (. I, 26, 7 et les passages cités à titre d’information par Marcovich montrent qu'il s'agit des orgies imputées aux chrétiens : une fois le candélabre renversé, on se précipitait à toute sorte d'actions indécentes. Mais peut-on appeler « divine » ( ) la lumière d'une lampe ? Ce mot convient mieux à la lumière du jour, ce qu'a vu Pautigny. Le mot " ( ne s’accorde pas bien non plus avec la lumière divine. Ce qui est renversé est un candélabre (cf. I, 26, 7 (# ! " & ). Je crois qu'il faut lire quelque chose comme < # (> " ( @ B ! (. I, 28, 4 >A " @ / /6 M & 5 B 7 # : W 6 Ma # ! !U W M ! < . 7 # est surprenant, d’où des conjectures : H6" )6 ,"2 . Munier traduit par « indirectement », ce qui ne me semble guère possible. On observe que dans l'Apologie, le mot # a le plus souvent une connotation négative : il s'agit presque toujours de @ # ou de & # , voir l'index. L'unique exception figure en I, 9, 2-4, où Justin parle de l'art de ces artisans qui fabriquent des idoles. Mais ce métier est suspect, et il est bien connu, dit-il (I, 9,4), que ces gens sont dépravés. Il semble donc que 7 # veuille dire quelque chose comme « d'une manière perfide ». Cf. Clément d'Alexandrie Protreptikos 3, 1, où il s'agit des chanteurs païens Orphée, Amphion et Arion : #< !U ) A 2 , ibid. II, 13, 3 1 K ; # " 2 . 7 B 2 @ I, 32, 9-10. Il s'agit de la proposition b 6 9 B [ ] (LB : c !% J ! * @ 6 ` '3H $ . Thirlby veut l'omettre, Marcovich veut la placer après * @ 6 ` A B 7 $ $ 6:c , probablement parce qu'ainsi, on a une explication du c précédent. Si, avec Munier, on laisse la phrase où elle se trouve dans le manuscrit, à savoir après ! ( 2 @ , on a d’abord (I, 32, 7-8) un commentaire sur W (le vêtement de Juda) de la citation de Gen. 49, 11, puis (n. 9 chez Munier, n. 10 chez Marcovich) une explication de ` ( H de la 5 Pour L , voir dans l'apparat de Marcovich un passage de Tatien : tu immoles un mouton, mais ce même animal, tu l'adores. 6 Marcovich écrit 7 dans le texte, évidemment par méprise ; voir l'apparat critique et l'édition de Munier. Justin 2013-01-12 5 même citation. Cela va assez bien, car ce sang – celui de la grappe comme celui du Christ – provient de la ! , puis Justin indique la nature de ce pouvoir. L'explication de ` est interrompue, il est vrai, par notre passage, car Justin revient à ce sang divin dans n. 11. Il s'agit donc d'une explication insérée, provoquée par ! (2 @. A mon sens, on peut bien aussi, avec Munier, conserver le du manuscrit : la première puissance et fils, c'est : c . I, 33, 7 [B ,- $ a <* @ > d > ! @ d6 @ & d > ! 7 < . On présente II, 6 (5) , 4 comme appui pour la conjecture <* @ > : « ,- $ » " 9 ( @ H a ! ;# , mais on observera qu’à cet endroit la signification @ W n'est pas attribuée à la langue grecque. Il se peut qu'on puisse faire dériver le nom de Jésus d'un mot hébreu signifiant homme (je laisse cela aux hébraïsants), mais d'autres auteurs – Eusèbe, Cyrille, Épiphane – rattachent le nom Jésus à un mot hébreu signifiant sauveur ( @ W ) ou encore à des mots grecs signifiant guérir (AV 6e ). Justin partage lui aussi cette manière de voir, car il cite immédiatement Matth. 1, 21, où l'ange dit à Joseph : C Ba $ ,- $ % B 7 9 B B $ III Je crois donc qu'il faut lire [B ,- $ a d > ! @ d @ & . Ensuite, à l’évidence, il y a une faute dans la tradition. Peut-être d > @ d @ & 6 <e > d > ! <. Ou bien d > ! < est-il originellement une glose marginale, partiellement introduite dans le texte ? I, 35, 5 C 2 * ,' ( W (< B B $ > % etc. L’adjonction semble superflue et n'a pas été retenue par Munier. peut vouloir dire : « la Saint Écriture dit ». Cf. AP8 XII 25, l. 13 T / W R , « comme il est dit dans l'Écriture par le prophète », pareillement chez Grégoire B 0 )6 !6 9 de Nysse, De sancta Trinitate9 81 Mercati : (Ps. 73, 12). On trouve souvent cette construction chez Clément d'Alexandrie. I, 37, 3 " B < 9 (> $ , -6 37, 9 " B < 9 (> $ $ ; I, 44, 2 " B < 9 (> $ B . Les leçons sans 9 ( sont donc bien attestées et il faut conserver en l’état le texte du manuscrit, même s'il offre aussi plusieurs exemples de " B 9 (. Munier n'a pas retenu les propositions de Marcovich. I, 48, 6 ,\ B 9 (" ! f : ! ; AW %0 2 $f $ (. On doit ponctuer ainsi et non après $, car Justin cite par deux fois (Is. 57, 1-2) 0 2 $f $ (, sans ce qui précède (Dial. 97, 2 ; 118, 1). II, 2, 10 " @ H B $ 6 A. . L'épisode, qui ne se trouve pas dans le manuscrit de Justin, nous est transmis par Eusèbe, dont la tradition est la suivante : " @ H A B $ . . On a voulu changer l'ordre des mots, en partant de II, 2, 12 un peu plus loin : : !@ B $ 3 2 6 A e . . Le changement est tentant, mais est-il pour autant nécessaire ? 7 5 (6) chez Munier. AP: Les Apophthegmes des Pères, collection systématique, chapitres X-XVI, introduction ... par JeanClaude Guy. Paris 2003 (Sources Chrétiennes 474). 9 Gregorii Nysseni Opera dogmatica minora. P. 1. Ed. Fridericus Mueller. Leiden 1958 (Gregorii Nysseni Opera, vol. 3, p. 1). P. 15, 26. 8 Justin 2013-01-12 6 C'est un point capital chez Justin que le fait d’être chrétien ( B $ . ) ne suffit pas pour conduire les fidèles à la mort et que les chrétiens sont des citoyens modèles.10 Ainsi, dans ce qui suit (II, 2, 16), un spectateur s'écrie : ce n'est pas un meurtrier, ni un brigand, ni un malfaiteur d'aucune sorte ; tu le punis parce qu'il a confessé le nom de chrétien (4 . $ @( ! : $ ). Au début de son œuvre, Justin souligne que ce qui compte, ce sont les faits et non le nom que l’on porte (I, 4, 1) : ,O @( ! g " B g B ! * ( ) K ( ) /4 23 @ . En II, 2, 12 (voir supra), Justin s’en tient à un tour de phrase plus naturel, mais moins frappant. II, 11, 7 b 7 ! 6 ! ' ( H ) 23 @ 7 d" d a @ a 7 7 W @ <"> 2 @ (* 7 ;# H )6 ( @ 1 # ) " 9 @. ! est une conjecture, faite d'après II, 13, 1, au lieu de qu’offrent le manuscrit et une citation chez Jean Damascène. Les mêmes témoins présentent ) au lieu de la conjecture <"> 2 @ . Je souhaite garder avec Munier et ) contre les deux éditeurs, en paraphrasant : pour défendre ses actions ( ' ( H ) 23 @ ), la femme représentant le vice imite par ce qui est périssable (vêtements, couleurs) ce qui appartient à la Vertu et ce qui est vraiment beau ; car de ce qui est impérissable, elle ne possède rien. Il faut souligner 7 W @ , « elle imite ». Suit : 7 ' ( d $ d" d : elle revêt la Vertu de sa propre laideur. Le Vice a belle apparence, la Vertu vilaine. S’agissant de la tenue de la Vertu, Justin s'éloigne de Xénophon (Mem. II, 1, 22) : chez Xénophon, la Vertu, vêtue de blanc, a l'air respectable, alors que, pour souligner ce qu'il veut dire, Justin la présente dans un état de pauvreté, voire de misère ( # / / 9 < d d ). On pourrait dire que ! s’accorde très bien avec et que notre passage est le seul exemple de ; mais 2 se trouve bien souvent dans l'Apologie. Ce verbe indique ce que les adversaires présentent pour se défendre et pour rendre le christianisme suspect. Ce qui suit (II, 11, 8) n'est pas clair. Il faut probablement lire quelque chose comme : L (avec le manuscrit et Munier) 7 /a 7 * d " d (ainsi Marcovich, * d " d le manuscrit et Munier) et ajouter par exemple < > d'après (voir plus haut et II, 13, 1 ) ou < 2 ( > d'après II, 12, 7 2 . La Vertu se caractérise par ce qui est vraiment beau et impérissable. 10 Voir pour la situation légale des chrétiens et le nomen christianum Munier, p. 43 suiv. Justin 2013-01-12 7 Dialogue avec Tryphon Ces remarques partent du texte publié par Philippe Bobichon11. Il existe du texte deux manuscrits, dont l'un, B, est une transcription de l'autre, A. Dans ce qui suit, je parle de manuscrits, au pluriel. Comme pour l'Apologie, on a au cours du temps fait sur ce texte des conjectures innombrables. Elles sont minutieusement répertoriées dans l'apparat critique de Bobichon, ce qui est très précieux. Il y a souvent à l’origine de ces conjectures une manière de procéder, à mon avis erronée, qui consiste à comparer les citations bibliques du Dialogue et de l'Apologie et à les corriger les unes d'après les autres. Il vaut mieux accepter les différences et se contenter de les signaler. Des passages similaires ou parallèles fournissent souvent d’utiles informations, voir par exemples les remarques sur 5, 2 et 23, 1, mais il ne faut pas se laisser trop influencer par ces ressemblances, voir par exemple les remarques sur 3, 3 et 3, 5. Les notes de M. Bobichon témoignent d'une érudition admirable et resteront une mine d'informations. Si l'on s'intéresse avant tout à la critique de texte, on note avec reconnaissance qu'est donnée une liste de problèmes textuels (vol. 1, pp. 174-176). Le texte du Dialogue est souvent difficile. Ici comme pour l'Apologie, les propositions présentées ci-dessous sont des tentatives. Certes demeurent beaucoup de passages difficiles qui n'ont pas trouvé de solution satisfaisante ou de cruces desperationis. 3, 3 [! , h 6 ; 96 ( D ; * 2 6 $ 3 B 0 2 @ III Ici, ; est une vieille conjecture au lieu du " B des manuscrits, leçon qu'il faut bien sûr garder. Comme souvent, tant dans cette édition que dans les anciennes, on a trop subi l'influence des passages similaires, comme dans ce cas celle de la phrase 9 ; qui suit. 3, 3. Pour l'homme, philosopher est ce qu'il y a de plus important. Justin poursuit : 7 7 ! 6 ! " " #H *3 6 & # D 7 7 2 ( . La proposition peut fonctionner comme elle est. On a proposé l'ordre des mots pour , mais on aimerait ne pas écarter de . Je voudrais proposer, au moins dans l'apparat, de lire . Ainsi on aurait les parallèles " , , . 3, 5 [B i 1 ! Z ; (sc. le vieillard, l'interlocuteur de Justin). [B i est une vieille conjecture, les manuscrits donnent B . La conjecture est provoquée par le fait que Justin vient de définir la philosophie comme W $a . Mais bien sûr, rien n'empêche le vieillard de poser une question qui regarde Dieu, et Justin répond immédiatement par une définition de Dieu : [B 7 7 7 ? @ " ;# $ 5 V * e 6 $ W : . 4, 2. Le vieilliard demande : jV , / 7 2 @ L k(# #@ $ ) D9@ 6 l9 6M* " 9 (6 * E ( a (Z Cet / semble impossible ou presque, et on a fait des conjectures ou proposé différentes interprétations. Bobichon veut le comprendre comme « d'après lui », à savoir Platon, ce qui n’est guère 11 Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon. Édition critique [par] Philippe Bobichon. Vol. 1: Introduction, Texte grec, Traduction. Vol. 2: Notes de la traduction, Appendices, Indices. Fribourg: Academic Press 2003. (Paradosis 47/1-2). Voir aussi l'édition de Miroslav Marcovich : Iustini Martyris Dialogus cum Tryphone. Berlin, New York: de Gruyter 1997. (Patristische Texte und Studien 47). Justin 2013-01-12 8 satisfaisant. Le plus simple est à mon avis de lire . Le problème est le suivant : les âmes, sont-elles les mêmes chez tous les êtres, ou sont-elles différentes ? Justin répond que les âmes sont les mêmes : O 6 " , L V ! A 6 " 2 . Le vieilliard réduit immédiatement cette idée ad absurdum : avec ces âmes, les mêmes chez les hommes et les animaux, les chevaux et les ânes verront donc Dieu. 5, 2 A : 6" 2 7 k(#7 5 ! 2# . La question est de savoir si le monde et les âmes ont toujours existé. Le des manuscrits est donc surprenant, et on voudrait bien avec Hyldahl12 lire . Cf. 5, 4 =O 2 7 B B M ; 6 $ & ;# 6 `2 3 H & 5 ; , et la formule mise en campagne contre les ariens : M m . Ces discussions concernent le temps, non pas le lieu. 5, 4 ( B 13 (sc. : ) n . Lire M montrer que les théories et les affirmations sont toujours valables. exemples parmi beaucoup d’autres : 4, 3 oOk III E a M 5 Z 5, 4 =O 2 7 B B M; , 67, 6 G 2 76, 3 1 ( ( / (sc. / /) ( " 9 K ! K ! 2 2 # . . On veut Quelques B : ), ( 6 121, 2 6, 2 O 7 <e> ^ > H (sc. H k(#H ) B DH p $ $. Les manuscrits donnent , H , qu'il faut absolument maintenir, en abandonnant e , conjecturé par Maran et retenu après lui par les éditeurs. On discute de savoir (6, 1) si l'âme est la vie (D@W ) ou si elle possède la vie (D@& ;# ). Si l'âme est la vie, elle donnerait la vie à d'autres (* h W DH ), ce qui n'est pas le cas ; la vie n'existe pas par les actions de l'âme ( , H ) comme la vie existe par les actions de Dieu, ? ( 7) $ $. 19, 1 <C > : [ @ % [ $ J" *3 6 $ K # 7 * 2 6 q $ D $ 6 ( 2 . Les manuscrits portent r [ @ et ( 2 . Des éditeurs ont conjecturé <C > : [ @ ou quelque chose de tel et attribué ensuite ce qui suit à Tryphon. La conjecture ( 2 a été accepté par les éditeurs après Otto (1879). Voici le contexte : Tryphon a demandé (ch. 10) pourquoi les chrétiens dans leur manière de vivre se conduisaient comme les autres, sans respecter l'Alliance de Dieu et sans mettre en pratique les prescriptions de la loi mosaïque. La réponse de Justin est que la nouvelle Alliance a remplacé l'ancienne. Pour nous, dit-il vers la fin du ch. 18, qui avons supporté tant d'atrocités pour notre foi, il aurait été très facile de supporter la circoncision et d'observer les sabbats et les fêtes, car cela ne nuit pas. Après notre passage : « Voilà ce qu'il faut discuter, à savoir que nous n'observons pas toutes les presciptions », il poursuit en expliquant : « c'est parce que la circoncision n'est pas nécessaire pour tous, mais seulement pour vous comme un signe de ce que vous souffrez en toute justice maintenant » : O 7 V " ! s 0 W6 " , K etc. Il faut donc garder les leçons des manuscrits ; Justin s'adresse à Tryphon (r [ @ ), le vocatif se rattachant plutôt au texte précédent, et c'est Justin qui parle ( ( 2 ). Noter la présence de 7 dans O 7 V " ! s 0 W : Justin explique ce qu'il vient de dire. Dans ce 12 Pour Hyldahl, voir Bobichon, p. 3 n. 19 et p. 591 n. 8. Hyldahl voudrait aussi rejeter 2# comme un hapax chez Justin et mal accordé avec " 2 , mais cela ne semble pas nécessaire. 13 ( pour est une conjecture brillante de Marcovich. Justin 2013-01-12 9 qui suit (19, 6 ; 20, 1), il indique que Dieu a donné ces prescriptions aux juifs afin qu'ils aient Dieu devant les yeux, car ils sont enclins à s'écarter de lui. 23, 1. Justin dit qu'on tombe dans des idées absurdes si l'on refuse de croire comme lui, ? $ $ $ &a $ 7 B ,> T# 1 * 2 6 L W & & 7 2 ;# W 2 3 W 7 * 6 t@ @ ( $ 6 M 7 7 ) ! & " V " 9 @ ( H 2 . Ainsi les manuscrits et l'éditeur, mais il y a une ancienne conjecture B au lieu de ) , probablement correcte. D’après le contexte, c'est toujours le même Dieu qui veut la même justice chez tous les hommes, tandis que les commandements de la circoncision, etc. ne valent que pour les juifs et ont pour cause que Dieu juge nécessaire de punir et contrôler ce peuple. Voir en ce sens : ? $ $ $ &a et peu après : u , A ! & ) v @ ) " 9 @6 B B a " $ 7 $ 2 : : Dieu, toujours le même, a ordonné ces commandements à cause des pécheurs. 23, 3. La circoncision n'était pas nécessaire avant Abraham et elle n'est pas nécessaire maintenant : $6 7 B 7 & ( & $ $ 7t ! H " B ( $ ,\ 7 ( (LB $ ,- $ . . Les manuscrits présentent !# v ! ; 7 t ! est une ancienne conjecture. Il faut bien sûr garder la leçon des manuscrits : « sans péché de la part de la vierge ... ». Marie était certes sans péché. Bien qu’elle appartînt elle aussi au peuple où la circoncision fut une jour introduite, à partir d’elle cet usage n'a plus de raison d’être. 27, 2. Comme Justin ne veut pas que les chrétiens observent les lois des juifs, Tryphon lui reproche de négliger des passages qui ordonnent expressément de respecter le sabbat. Justin répond : O ? ( @ ) @ )6 r ! 6 26 " 7 ? K ) @ @ 6 h 7 2 @ ) ) RK 7 7 ] 7 t@w @ ( 6 7 B 2 K ) III " 7 7 Q6 E h s @ (à savoir : en observant les lois données aux juifs) W H / III Marcovich a choisi d’écrire < &> @ , ce que n'accepte pas Bobichon mais qui donne le sens requis. Mieux vaut lire 0 ) @ : c'est nous qui pensons ainsi, Justin présente le point de vue des chrétiens. Un thème qui revient toujours chez lui est que ce sont les chrétiens, et non les juifs, qui comprennent ( 6 ( ) le sens profond de l'Ancien Testament. 28, 1 C g 6 <J> 6 6 ; 3 /% $ 2 " & ( " ! B B D . Comme les manuscrits donnent au lieu de C III , on a fait des conjectures variées. Je propose de considérer ce passage comme une exclamation (noter le datif éthique ) : « voilà ce que beaucoup aiment dire, que c'est parce Dieu l'a voulu ; mauvaise explication, puisque ... ». 28, 5 j 3@ K 6 * ! 6 $ xW $ $. Les manuscrits portent ( W $ $. La conjecture a été acceptée par les éditeurs modernes, mais on a aussi proposé 7 xW $ $, construction plus normale du grec. La raison du changement est due à la présence des citations de Malachie et des Psaumes qui suivent, donc des mots et non des faits. Il faut bien sûr retenir la leçon des manuscrits. Même si Dieu parle, ne peut-on pas considérer ses paroles comme des faits ? Justin pensait sans doute que ces citations faisaient beaucoup d'effet. Justin 2013-01-12 10 42, 1. On lit que les douze clochettes du vêtement du Grand Prêtre étaient un symbole. Voici le texte des manuscrits : H ) 9 " @ ) 3 @ " B H ( 2 @ $ A@ ! ( L @ . $6 , q H @ H 0 V H H 3 H #2 $ $ III 9 6 f . Les éditeurs rejettent le premier H , mais je me demande si l'article n'annonce pas le mot @ H dans , q H @ H . Cela contrevient aux règles de la grammaire, mais ne peut-on pas permettre à Justin @ etc. ? une anacoluthe14 après la longue construction participiale ) 3 48, 2 ob " 3 6r[ @ 6 5 6 " ( B $ 5 . B $ $6 7 & @ w H # (LB $ $ ) @6 B y6 * @ 7 H (. Bobichon avec les éditeurs modernes écrit $ au lieu de $ des manuscrits ; je pense que c’est à tort. Tryphon vient de dire qu'il lui paraît difficile à prouver (" # H ) que le Christ soit au même temps Dieu et homme, et de surcroît, un homme qui n’est pas né de la manière commune. Justin retorque : même si je ne peux prouver (" 3 ) que le Christ est tel ( $ , à savoir Dieu et homme), cela ne signifie pas que l'idée que le Christ est fils de Dieu et homme né de la vierge soit ruinée (" ( ). Dans ce qui suit, Justin déclare que, malgré la difficulté d’apporter la preuve que Jésus est Dieu et homme ( $ ), il est sans aucun doute le Christ de Dieu. Il ne faut pas le nier, et il y a même certains juifs qui le confessent, en le regardant comme un homme (et pas comme un être divin). Il y a un contraste entre Jésus comme $ , Dieu et homme, ce qui est un problème difficile, et Jésus comme le Christ, position bien connue et acceptée même par des juifs. 48, 4 ` ( ! 6 ,h 2 32 e . 2 est une interprétation de $ 2 des manuscrits, et je crois qu'elle est inévitable. Comme le dit Bobichon, qui part de 2, il y a deux manières de traduire cette proposition, dont l’une est : « Je ne suis pas de leur avis, et un très grand nombre qui pense comme moi ne le dirait pas (ne consentirait pas à le dire) », l'autre : « Je ne suis pas de leur avis, même si un très grand nombre qui pense comme moi le dirait ». Le départ est qu'il y a ceux qui disent que Jésus est le Christ, mais qu'il est né comme un homme et provenant d'un être humain (à sous-entendre : il n'est pas divin). La première interprétation consisterait à dire que Justin ne partage pas cette idée et que la plupart des chrétiens ne pense pas comme ces gens-là. La leçon 2 va bien avec cette interprétation. L'autre voudrait dire que Justin ne partage pas cette idée, même si (il faut donc comprendre h comme 7 ) la plupart l'affirmait. À cette traduction, 2 ne semble pas convenir : si ces gens sont du même avis que moi ( 2 32 ), comment peuvent-ils affirmer une idée qui est loin d’être celle de Justin ? Sur ce point, Bobichon qui part de la deuxième traduction éprouve des difficultés15. Pour soutenir cette interprétation il faudrait, je pense, lire $ 2 32 et combiner avec e , chose peu probable. Bobichon pense que la proposition suivante, & etc. appuie son interprétation, car elle veut dire : parce qu'il faut obéir à ce que disent les prophètes et le Christ, et non aux enseignements humains ; donc, même si le grand nombre dit quelque chose, il ne faut pas y prêter attention au regard des paroles de Dieu. Mais je crois que & etc. peut très bien vouloir dire qu'il ne faut pas se laisser influencer par cette fausse idée de quelquesuns (que le Christ est seulement un homme) mais se fier à Dieu. désigne un 14 Pour d'autres anacoluthes, voir les remarques sur 56, 1 ; 60, 3 ; 99, 1 ;121, 3. Voici la traduction de Bobichon : « Avis que je ne partage pas avec eux, et ne partagerais pas davantage, quand bien même le plus grand nombre qui pense comme moi, affirmerait la même chose. » 15 Justin 2013-01-12 11 renchérissement : « je ne le crois pas, et aussi, la plupart des hommes pensent comme moi et ne le dirait pas non plus ... ». Cela va bien avec la première interprétation. Ainsi n'aura-t-on pas besoin d'interpréter h comme 7 , et de surcroît avec l’optatif, même s'il faut admettre qu'il y a une confusion entre les constructions possibles d'une proposition hypothétique. 49, 7 E 6 p :. B d 9 R ( !U * 3 2 6 s @ $ $ b !U 2 6 <? > $ . $6 * 3 0 9 ( ! d. Bobichon considère avec raison que le passage est difficile et pense qu’il est peutêtre corrompu. L'addition ? est une conjecture d'Otto dont je crois qu'on peut se passer. Voici le contexte : la première parousie de l'esprit du Christ s'est faite sans gloire, comme la première parousie de Jésus-Christ en personne ; l'esprit est apparu en Moïse et en Élie, pur mais secret ; c'est d'une main secrète (49, 8 ( !U # !) que Moïse combat Amalek, et il ne combat qu'Amalek ; aussi la première parousie du Verbe est sans gloire, idée développée en 49, 8 (voir la remarque ci-dessous) ; le Crucifié n'a qu'un pouvoir secret ( ( ! ) ; quand le pouvoir caché du Crucifié, qui est encore sans gloire, fera que les démons et les puissances de ce monde frémissent, quelle sera sa victoire (49, 8 B ) une fois dans la gloire ? Dieu a donc agi afin que la première parousie de l'esprit du Christ soit aperçu sans gloire, comme la première parousie du Christ, mais pour autant, l'esprit reste partout pur en Élie. Justin fait mention d'Élie parce qu'il est, en Jean Baptiste, le précurseur du Christ dans la première parousie sans gloire, comme il sera le précurseur de l'autre parousie en gloire (49, 2). 49, 8 >A d 3< ( !U $ . $ W B ,\ & : B B ,\ W 6 B ; $ c (6 % C ( !U # (Exod. 17, 16)Z H ( ! $ $ / (@ . /6 J 7 ! V v ) L " # III Je crois qu'il faut lire d " 3< ( !U, voir la remarque précédente. Le Christ, dont l'esprit est présent en Moïse (voir plus haut), combat seulement Amalek dans sa présence sans gloire. Le Christ comme Verbe, quelle sera sa victoire ? 53, 6. (Nous sommes fermes dans la foi) & " B ) ) " B 7 & A ( A a $ (@ ( ! ( :@ @ ) & T ;# . Mieux vaut omettre et lire : @ @ ) . Comme on n'a pas compris la construction (: V ), on a cru nécessaire d'unir les deux participes par la conjonction. traduction de Bobichon est faite comme s’il s’agissait d’un texte sans .16 ) @ @ ( La 56, 10 $ B H H A U " B : !@ 1 / ( " / ,\ 7 B B W @ (a B $ K V g f . Tel est le texte des manuscrits. Selon les juifs, le Dieu qui apparaissait à Abraham à Mambré était le Dieu unique, le seul qu'ils acceptaient comme Dieu. Pour Justin, le Dieu de Mambré était le Fils, personne divine mais subordonnée au Créateur du monde et remplissant aussi l’office d’ange et de messager. De nombreuses propositions ont été faites pour mieux articuler la phrase citée, mais je crois qu'on peut la laisser comme elle est. Justin raisonne comme suit : (56, 10 >A III & 5# " 3 III) supposez que je ne puisse vous démontrer que l'un de ces trois est Dieu et dans le même temps messager ; dans ce cas, celui qui se 16 Pour !, parfois ajouté erronément, voir les remarques sur 60, 3 ; 85, 5 ; 99, 1 ; 107, 3. Justin 2013-01-12 12 montre à Abraham ( $ B III / ,\ 2 ), vous pourriez très raisonnablement ( g f ) le considérer ( $ ) comme le Dieu qui existait aussi avant la création du monde ( B B W @ (a , c'est-à-dire comme votre seul Dieu et non comme une autre personne divine). Mais, veut dire Justin, je viens de démontrer que celui de Mambré est cette autre personne, et par conséquent votre théorie ne tient pas. 58, 2 T " ) A 6 " k " W " ) 5 . Plusieurs conjectures ont été faites : * @ 5 6 . Il est plus simple d'écrire " & , cf. Jean 8, 26 : : . 58, 6 2 * @ , $. Les manuscrits donnent * , qu'il faut maintenir, en signalant la conjecture dans l'apparat. Le texte de la Septante (Gen. 32, 15) dit * @ 6 mais pour Justin il s'agit du Dieu serviteur du Père de l'univers, appelé aussi * (58, 3). 61, 1 ;# . Les manuscrits portent ;# , mais on se demande s'il ne faudrait pas sousentendre un verbum dicendi, en ce cas III " B ) 9 @, comme aussi en 62, 2 où l'éditeur écrit B A avec les manuscrits, faisant dépendre la construction de ( , malgré le fait que B e serait plus correct dans la 17 proposition qui commence par . 62, 1 C $ 6r ! 6 5 7 t@ @ : $ $c 6 @ 0 J W @ B B < / / W H W @ $ " 9 (. La construction de la proposition pose un problème ; on a aussi proposé la conjecture W @ . Une solution serait d'écrire J au lieu de J . 67, 9 b 7 W 6; 6 7 ( ( 2 2 K )6 ? 1 ! $ $Z Justin pose des questions, et Tryphon est obligé d'y répondre et de faire des concessions. Justin a souvent parlé de la dureté de cœur ( ! )18 des juifs. Cette dureté a fait que Dieu a imposé les préceptes de l'ancienne Alliance, comme Justin vient de le dire et comme Tryphon l'admet. Cf. 46, 5 E 7 ) @ (sc. ) 2 @z 2 R 23 B4 ) " ;# B B W " W " *# . Pour autant, les juifs n'obéissent pas, et peu après (46, 6) Justin déclare : O 7 W ;# $ 6 , s @ ! & A@ . Comment Justin peut-il donc dire ? 1 ! $ $ ? Veut-il dire : Dieu a donne ces préceptes afin que vous puissiez écouter Dieu ? ou bien : mais pour autant, vous n'écoutez pas Dieu ? Il y a à mon avis une corruption du texte. Peut-être veut-il dire l’un et l’autre : vous avez eu la possibilité, vous ne l'avez pas prise. Cependant, je ne prétends pas savoir comment rétablir le texte. 68, 8 ] , h { B ]< > !D ( v D 23 " @ ! ( 6 $ A $ B 0 ,- $ . B AH ( 6" , A J 3 # $ . Les manuscrits ont ], Otto et d'autres ont fait la conjecture ]< >, élégante mais probablement fausse. { est également problématique. On a voulu sous-entendre ou ajouter !D ( , ce qui n'est pas nécessaire ; on peut sous17 Je ne crois pas que l'explication de l'ancien éditeur Otto soit correct, à savoir que l'infinitif dépend du précédent ( III . 18 Voir pour ! Bobichon, vol. 2, p. 636 n. 8 Justin 2013-01-12 13 entendre ! , emprunté à ce qui précède, préférablement avec { au lieu de { ; cf. ! # peu avant. Je conserverais volontiers le texte en l’état, en comprenant B ] comme B $ 6 B ], selon des constructions qui ne sont pas excessivement rares, cf. BlassDebrunner § 294, 4-5. Un exemple bien connu est Matth. 7, 2 et Marc 4, 24 + < W K . Voir aussi Origène Comm. Joh. XIII, § 280 5 ) , Y { ) 2 @ ( ,= 7 1 ( , Y ... Un autre cas du même type est 46, 2 vk2 q " ( K B t@ @ = @ ], où le pronom assimilé à l’antécédent est le sujet de la proposition relative, ce qui doit être rare. On devrait donc traduire ou paraphraser comme suit : « ils (les professeurs juifs) disent : ces faits semblent faire penser aux faits qui, selon eux, peuvent convenir aux actions humaines ( B ] !D ( v D 23 " @ ! ( ) ; ces faits ( $ ), ils veulent qu'ils soient dits non pas de notre Jésus-Christ mais de celui auquel il tâchent d'appliquer leur interprétation (à savoir : à Ézéchias) ». Cf. la remarque suivante et celles sur 71, 4 ; 77, 1. 70, 1 (u & ) H 1 ! 6 7 K B b ! ( : !@ 6 | 1 ( 2 W #! . D’après le contexte, les fables grecques ne sont qu'une imitation inspirée par le diable de ce que raconte l'Écriture. 7 K B b ! ( est une ancienne et ingénieuse conjecture, acceptée par Bobichon et les éditeurs modernes, pour $ H des manuscrits. On se demande si elle est nécessaire. Je serais porté à lire 7 et à expliquer le passage comme un exemple de la construction bien connue 2 , donc comme 7 H : !@ $ 6 | III 1 ( : « traiter de la même manière celui, dont ils ont entrepris d'imiter toutes les paroles », avec l'antécédent pour ainsi dire contenu dans le pronom relatif. Cf. la remarque sur 68, 8. On verra sous peu que l'auteur imité est Isaïe. 71, 4. Tryphon dit : j ) "3 $ A 2 ) . On a aussi voulu lire ! encore une fois une assimilation, voir plus haut la mieux comprendre de la construction ! ) 0 ! q , certes avec raison. Nous avons remarque sur 68, 8. Partons pour ) ] . 73, 4 Justin cite Ps. 95, 10 >e ; % O ! ( . Tel est le texte des manuscrits, mais il faut bien sûr lire avec quelques éditeurs O ! ( " B $ 3 (, car Justin vient de dire (73, 1) que c'est la bonne leçon, faussée par les juifs. B H < > ; " 9 76, 1-2 B 7 * ( # ) A ; 6" 7 H ( H $ 2 B B ) @ $I C B b ! 2 % [& 7 $ ! W Z" W ;# B B W (. L'addition de n'est pas nécessaire. La construction est la suivante : « les mots sans le secours de mains (Dan. 2, 34) autant que le passage d'Isaïe (53, 8) qui racontera sa génération ? montrent que son origine est ineffable ». 77, 1 Tryphon dit : " ) B 6J 2 2 (6 " 3 6 A < > . J est une conjecture pour q des manuscrits, mais elle semble superflue. On a là une construction courante, équivalant à B @6 ] 2 2 (. Cf. la remarque sur 68, 8. Justin 2013-01-12 14 80, 2 1 , ) H V $ a @ . ) 9 $ & @ !D W 2 . Immédiatement après cette phrase, Justin parle de ces mêmes chrétiens et les appelle chrétiens de nom, athées, impies etc. Dans ce qui suit (80, 4), il dénonce encore ces gens comme des mécréants ; ils ne sont pas à considérer comme chrétiens, de même que les juifs ne doivent pas reconnaître comme juives des sectes dont les membres se disent juifs et enfants d'Abraham, mais sont loin de l'être. Il est donc clair qu’il n’a pas pu peu avant qualifier ces gens de chrétiens à la doctrine « pure et saine ». Il faut peut-être lire quelque chose comme : 1 , 7 (lire 7 au lieu de )) H V $ < ) >19 a @ . ) 9 $ & @ !D W 2 . 84, 1. Nous avons deux protases qui commencent par A 7 . La première ne semble pas avoir de principale, mais en fait la principale qui suit la seconde, à savoir ! : B III ; Z sert aux deux. Il faut donc ponctuer autrement, en mettant le point-virgule seulement après toute la période. 85, 5 7 V 2 :V B } III & & : B " III 6 B k < > B * 6 A 3 2D 7 !6 7 B 2 A 6< > $ 2 6 III B " B ) ) ) ) : ! V & 7 7 " 2 " , 0 ' ( B H H W ! . Les manuscrits ne portent pas , qui est une conjecture acceptée par les éditeurs modernes. Le contexte me semble être : il serait ridicule de voir le soleil accomplir toujours son parcours de la même manière, et un mathématicien en avoir assez de répéter que deux fois deux font quatre, mais accepter qu'un prédicateur ne cite pas toujours les mêmes passages de l'Écriture ; il doit les répéter, car autrement il pense qu'il parle mieux que l'Écriture. Le soleil fait toujours la même chose, le mathématicien dit toujours la même chose, pourquoi un prédicateur ... ? Peut-être devrait-on retrancher le après V . La conjonction peut être ajoutée pour unir, mais faussement, deux infinitifs.20 86, 1 7# , voir la remarque sur 138, 2. 87, 5 ,\ 6 ( 6 ! ( , 6 H A ! H " 9 $ # 6 ; 7 " , K ) . Après , Bobichon a conjecturé H à la place du des manuscrits. Il signale beaucoup d’autres conjectures pour ce passage et pense qu'il est vraisemblablement corrompu. On pourrait peut-être s’en tirer en opérant un changement minime, consistant à rétablir et à lire ( au lieu de , avant # . À mon avis, le texte signifie : « elle (sc. la puissance prophétique) s'est donc reposée, c'est-à-dire a cessé, quand fut venu celui après qui cela devait disparaître de chez vous ; (cela s'est passé) pendant le temps de l’économie (de Dieu) où il (le Christ) se trouvait parmi les hommes ». Pour " 9 $ ( cf. 88, 8 " 9 y. ! avec une préposition est parfaitement normal, au moins dans le grec tardif, pour indiquer qu'on arrive ou qu'on est arrivé quelque part. Dans le Nouveau Testament, de telles phrases se trouvent notamment dans les Actes, mais aussi par exemple en 2 Jean 12 !D@ B K V , où il y a tout de même la variante . Cf. aussi Jean 6, 21 @ B H H (v. l. & H ) et v. 25 q Z 19 < ) > n'est pas nécessaire, si l'on comprend a @ au sens de « véritables », « vrais », une signification commune mais peut-être pas trouvée chez Justin. 20 Pour !, voir la remarque sur 53, 6. Justin 2013-01-12 15 89, 1 < > ) ;# B $ . Les manuscrits donnent @ , qui semble acceptable : il se résigne. Que Justin se serve de en un autre endroit (79, 2) n'est pas un argument. 92, 2 . Les manuscrits ont , qu'il faut garder. Le contexte est celui-ci : si, à l’époque où ils ont plu à Dieu, Énoch et Noé n’étaient pas circoncis, on voudrait vous demander pour quelle raison Dieu a exigé plus tard la justification par la circoncision ; A 2 3 2D K V6 ,> T# ~) III / /6 ! 0 ! III."3 $ B B $ 1 III 92, 5 ,> 6 A & 7 7 ! 2 B t@ @ ! $ 6 ( 2 @ W : 6? W @ ;#@ W A 2 ( 7 " 9 @ )6 ; : @ ? • € ,\ & : B ! V L: $ ! 6 ; " !U /21. Les éditeurs modernes rejettent avant ,\ & . Il faudrait plutôt faire commencer une nouvelle proposition par 7 , continuée par ; : @ ? ,\ & : les acusations sont fausses, car pendant toutes ces générations, rien ne dit que Dieu n'est pas juste. 93, 2. Il y a des gens qui ne veulent pas subir ce qu'ils imposent aux autres : ( ! # $ 4 !D * • 2D .* est une conjecture pour " W . Il faut évidemment conserver " W , beaucoup plus expressif : « ils se reprochent l'un à l'autre ce qu'ils font ». 93, 5 0 V " K 2 . Diverses solutions et traductions de cette phrase ont été proposées : par exemple lire " ( au lieu de " ou comprendre " au sens de « réduire au silence ». Comparer avec Apologia Maior I, 61, 2 (=O h ) $ s @ K #) , où n’a presqu’aucune valeur , où ce paraît propre22, et avec Dial. 124, 4 (L Kk! ( 2 superflu. 94, 2 @ ! (sc. W ( ) ( $ B 7 $ !( (6 ( $ ( $6 $ " B ) 2 @ $ a @ . L'éditeur a accepté la leçon ( $ ( $6 $ , proposée par plusieurs prédécesseurs, les manuscrits portant ( B ( $ . A mon sens, il ne faut rien changer, mais mettre @ ! en relation avec " B ) 2 @ . La difficulté tient à B 7 $ !( (. Je crois que ça veut dire « celui de ce signe », « celui qui est caractérisé par ce signe ». On a des exemples, notamment chez S. Paul, où 2 signifie la situation, la condition ; le meilleur exemple est Rom. 2, 27 ( 0 " ( ! ) B 7 2 H 2 ( : « toi qui avec la lettre 2 @ et avec la circoncision es transgresseur de la loi »23. Voir aussi ibid. 4, 11 ) ( @ ," ( ! et 2 Cor. 3, 11 A 7 B 7 3 6 1 24 V B 3 : « si ce qui était passager s'est manifesté dans la gloire » etc. 21 Deut. 32, 4 ; Ps. 91, 16. Pour le latin tardif, Einar Löfstedt a montré qu'on se sert parfois d'un infinitif de velle, posse et d'autres verbes qui ne disent pas grand-chose dans le contexte, voir Philologischer Kommentar zu Peregrinatio Aetheriae, Uppsala 1936, p. 207 suiv. 23 La traduction de la Bible de Jérusalem. 24 La traduction de la Bible de Jérusalem. 22 Justin 2013-01-12 16 Dans ce cas, on ne peut guère sous-entendre le 3 du verset précédent, c'est plutôt le verbe ! qu'il faudrait supposer. Une traduction de notre passage serait donc : « il (Moïse) proclamait la délivrance des morsures du serpent pour ceux qui croient en celui de ce signe, c'est-à-dire en celui qui devait être crucifié ». 94, 4. C’est un compagnon de Tryphon qui parle : # 2 ( W " 6 ,q 7 ) ) 2 ( 2 . Au lieu de , q , les manuscrits donnent , q , qu’il faut conserver. Si l'on veut interpréter l'Écriture sans avoir le secours de la grâce reçue de Dieu, sa lecture ne sert à rien. On peut croire alors que l'Écriture se contredit ou même que Dieu a changé d'opinion et l'accuser ainsi faussement. Exemples (voir ch. 92 suiv.) de ces contradictions supposées : les saints anciens vivaient sans circoncision et sans avoir reçu les préceptes de la loi mosaïque, alors que, plus tard, l’obligation a été imposéee de garder ces préceptes ; ou encore : après avoir interdit la confection de toute image, Dieu a tout de même accordé à Moïse la fabrication du serpent d'airain. Les mauvais interprètes pouvaient donc accuser Dieu, mais faussement : 92, 5 ( W : . Ici, le compagnon de Tryphon dit suivre avec attention comment Justin explique un mystère, à savoir comment ( , q ) même les prophètes ( 7 ) ) ), qui doivent être hors de soupçon, peuvent être faussement accusés. , q montre de quelle manière, comment, quelque chose se passe. 99, 3 | W etc. s @ a été changé en | (à savoir le Christ), ce qui n'est guère admissible, car s @ correspond à un =O précédent. On a proposé de lire s @ , phrase qui a des parallèles dans le Dialogue. Comme souvent, on peut se demander s'il y a une légère anacoluthe ou si l’on doit rejeter le .25 100, 4 7 H ( * @ . Alors que les manuscrits donnent * @ , * @ est une conjecture entraînée par W qui précède. Néanmoins, il ne semble pas impossible de faire dépendre la phrase de ( peu avant : ainsi le nominatif ne fait plus de difficulté. Il arrive aussi que Justin perde le fil de son discours et mette un nominatif quand un autre cas aurait été plus en accord avec la grammaire. Il semble que Justin revienne pour ainsi dire au nominatif pour désigner celui qui est en fait le sujet agissant. Voir en 103, 3 le nominatif & 2 , qui dépend de b 9 (, le sujet agissant, mais bien éloigné du participe. Voir aussi en 110, 5 ( #@ $ , qui renvoie aux juifs et aux autres hommes (K * • " 9 ) qui persécutaient les chrétiens. Le changement de ces nominatifs relève de conjectures. Plus étonnant est peut-être en 40, 4 ) 7 !@ ( 2 @ 7* : !@ 7 K , $ (sc. Isaïe, voir Is. 58, 6, cité en 15, 4) III ( 2 6] $ L / ,- $ . Cela semble se rapporter à 2 @ ) ( @ v @ ) ( @ ‚ b ! ! qui précède immédiatement. Mais il se peut en effet, que ) suiv. soit plutôt une exhortation générale, adressée à tous : il faut défaire les contrats violents ... Il est peut-être intéressant de noter que, chez Didyme l'Aveugle, le nominatif tend fortement à s'introduire après un verbe comme ( #2 ou ! , où on s'attend à un autre cas. Deux exemples parmi tant d’autres : In Zachariam I, 157 d # Q d ( # R B $v ! (j ( ; ibid. 164 B ƒ $. 25 Sur l’anacoluthe, voir la remarque sur 42, 1, pour !6 voir la remarque sur 56, 3. Justin 2013-01-12 17 102, 7 " 7 0 en parole ». B B " 2 5 6 ? b ! 6 # @H . Lire / : « outre qu'il était sans péché, il n'avait même pas péché 103, 1 " B $ oO ( ) ,> ) H / L " B $ $ K ) III . Quoi qu'on en dise, le premier " B est impossible. Justin savait très bien que qu'on ne venait pas attaquer Jésus « du » Mont des Oliviers, voir plus bas 103, 2 et 7. Le plus simple est de lire . 103, 3 (sc. Archélaüs) B . B & A ! & 7 B $ B K , $ / (@ H . Cette phrase n’offre pas une structure satisfaisante et comporte plus d'une difficulté. Comprendre & A III comme un accusatif absolu, comme le veut Bobichon, est rude. / (@ H entraîne la conjecture B pour /, proposée il y a environ quatre cent ans par Sylburg et acceptée par Marcovich, laquelle est à mon avis inévitable ; Marcovich a conjecturé < 7> & A ! . Il faut accepter cette proposition. | ! 2 7 4 V ( (Ps. 21, 15). L'éditeur a 103, 7 G s @ 3 # < > accepté, à tort selon moi, l'ancienne conjecture 3 # < > au lieu de 3 # des manuscrits, leçon qui se trouve deux fois auparavant, cité en 102, 1 et en 103, 1. L'explication de Bobichon, vol. 2, p. 836 n. 17, est à mon avis trop ingénieuse, qui fait une différence entre le cœur (évidemment « moi », 3 # ) d'une part et les os de l'autre. La longue citation en 102, 3 n’est probablement pas faite de mémoire, mais empruntée à un exemplaire qui donnait 3 # . Cette leçon est représentée dans la tradition aussi bien grecque que latine (effusa sunt). 107, 2-3. (2) 7 2 0 . Il s'agit de la prophétie du livre de Jonas annonçant la destruction de Ninive. Les manuscrits présentent le texte 7 * , avec une lacune après * où figurait probablement 2 . Il est clair que la leçon originale était 7 0 et que * 2 ( 2 , si l’on admet cette hypothèse) est une glose. Les copistes ont accepté ce texte contaminé et fautif, et, plus loin, en 107, 3, ils persistent, en écrivant d d ! R au lieu du correct ! R qui a disparu des manuscrits. Les quarante jours dérivent du texte hébreu. 107, 3 m 3 . m 3 est le verbe de la principale, après un long génitif absolu. est très supect, car il n'a pas de fonction grammaticale et peut être introduit parce qu'on a simplement perdu le fil et voulu mettre en relation le précédent ( ,-@ V avec 26 m 3 . Marcovich rejette , probablement avec raison. 112, 4. La longue proposition qui commence par ,>7 est compliquée. On a voulu changer le ? L des manuscrits en , à tort selon moi, et rejeter (voir plus bas), ce qui est très discutable. ,>7 semble introduire une proposition qui n'a pas de verbe. Rappelons le contexte : comme vos maîtres (? L 2 K )) expliquent, etc., à savoir d'une manière très terre-à-terre, n'entendront-ils pas avec raison les paroles du Seigneur ( # !@ " ) : vous êtes des sépulcres 26 Pour !, voir la remarque sur 53, 6. Justin 2013-01-12 18 blanchis ? ,>7 semble disparaître, mais la construction est reprise par la proposition suivante : ,>7 & ) 2 @ ) ' ( 1 Kk @ III W III6 etc., construite tout à fait normalement. Les maîtres des juifs, selon Justin, ne discutent que de trivialités : 7 ! 2 W / / <[ ] 6M ! A L 2 W . Je crois qu'il faut garder : çà et là on parle de chameaux sans dire qu'ils sont femelles, qu'estce qu'on veut dire en disant que là27, tout à coup il s'agit des femelles ? 114, 2 <? > m @ 2 @ 3 ! L ! A !. <? > est une conjecture sur le modèle de ? m $ 2 ( ( qui précède. Les prophètes se servent de présents et d’imparfaits/de passés qui indiquent en fait le futur, voir 114, 1 ( 3 (sc. B • $ ) ) " ! @6 1 ? @ M @ . Je ne suis pas sûr que l'addition de <? > soit nécessaire ; je traduirais : « ces mots sont formulés avec l’annonce d’événements déjà survenus », mais selon l'explication précédente, il faut sousentendre : cependant, on sait que tel n'est pas le cas. 114, 5 ,\ 7 $ . Nous avons là, semble-t-il, un génitif absolu sans sujet, et on a voulu sous-entendre $. Pour un autre exemple d'un tel génitif, voir 132, 3 32 @ $ , où il est clair qu'il faut dans ce contexte sous-entendre ) ,à savoir les ennemis d'Israël. De même en 114, 5, il faut sous-entendre un sujet à partir du contexte. Cette section abonde en citations et en allusions empruntées à l'Écriture. Une allusion à Jérémie 2, 23 précède et le même passage du prophète se trouve un peu plus loin dans une citation. Il faut donc sous-entendre ( comme sujet de . 115, 4 ~$ @ 6 7 $ ,- $ 4 / ~ (H (L/ (2 23 7 ( 7 K B $ 0 ( (! ( ! ; < >6 s @ III Il se peut bien que la conjecture ; < > soit correcte, car c'est toujours Justin qui parle. Comme le note Bobichon, on attendrait B ~ (H (LB III ou / ~ (H (L/ III H . ne pourrait-il pas être ici employé absolument et signifier « agir », et agir pour Josué, au datif ? Un passage voisin du nôtre se rencontre chez Origène Contre Celse I, 22 ) U @ ! #) ) / « O B ,\ 2 »6 $ < > 7 B a III286 dans lequel la conjecture < > ne paraît pas absolument nécessaire. Avec certes une différence notable, puisque ce sont, chez Origène, des personnes qui agissent, ce qu'on accepte plus facilement que d’actions miraculeuses. 117, 5 O „ 7 @ ! " 9 @ III6 ` III Ici, est une conjecture au lieu du B des manuscrits. Ce changement n'est pas nécessaire, car on trouve, peu avant, " ,; 7 6 ` . Les articles montrent plus clairement la différence entre les chrétiens qui sont présents partout, et les juifs qui sont absents de beaucoup de nations. 117, 5. Au lieu du A des manuscrits on a proposé >5 pour avoir une correspondance avec ) (117, 4), mais probablement à tort. Après avoir établi que tout d’abord ( ) ), les juifs savent bien qu'il existe des nations où il n'y a pas aujourd’hui de juifs, Justin poursuit en constatant que les chrétiens se trouvent partout, 27 Voir Gen. 32, 16. Le problème semble mince : elles ont des poulains. Ailleurs, il y a beaucoup de chameaux dans l'Ancien Testament, mais il n'est pas dit s'ils sont mâles ou femelles. 28 Le nom du Dieu des patriarches est en lui-même puissant, même quand il est utilisé par ceux qui ne savent pas qui ils étaient. Voir aussi Contre Celse IV, 33 ; V, 45. Justin 2013-01-12 19 ce qui constitue une espèce de parenthèse. Il reprend ensuite son propos sur les juifs avec A . ) n'a donc pas de correspondant explicite, mais la critique est appuyée : premièrement, même aujourd'hui les juifs ne sont pas présents partout, et vous savez bien qu'alors, au temps du prophète, c'était encore plus vrai. Avouons que le participe A se trouve bien loin de la mention antérieure des juifs. 121, 3 >A d" ! < III 9 R ( !U $ $ ; k e #( 6 ? III 7 K 2 $ / 4 2 7 " #7 7 ! ( B a 7 2 1 " 6 B ( d 3< $ ( !U 2 1 W B III6 1 A! ( " Z Les manuscrits portent Y , est une conjecture ; ) en est une autre. Ces deux conjectures ont évidemment pour but de donner une apodose à la protase >A etc. Elles offrent un sens satisfaisant et sont peut-être correctes. Je me demande toutefois s'il n'est pas possible de garder Y , en acceptant une anacoluthe29. Une autre solution serait de considérer la proposition suivante comme l'apodose : 0 " $ ( @ H 7 ( $ . $ 7 $ B ) 2 , donc : s'il va détruire tous les adversaires mais donner le repos aux siens, c’est donc nous qui ... J'imagine une pause rhétorique avant la conclusion 0 . 123, 2 j B 0 K V ) @ ) " /# 7 a 6K ) g6 K V " ( 1 @ 6 ! ( @ (. Les manuscrits ont 0 ) g6 0 V " ( 1 , texte qu'il faut conserver. Justin indique ce que pensent les juifs : 0 K V ; ceux-là, à partir d’Is. 42, 6 cité en 122, 3, veulent que les éclairés soient les prosélytes, mais Justin applique le terme aux chrétiens. Les juifs ne peuvent guère penser qu'ils sont restés aveugles et sourds, tandis que les prosélytes auraient vu la lumière. 128, 4 ,\ , A * 6 " &" ( A 3 | 6" % s 6‚ B : B 6 <? > 7 ) ? @ " 6 * 6 # ? B $0 ! ( ) 4 " 6" 7 " /{ ! 6 7 #@ B 3W . Avant 7, les manuscrits ne donnent pas ? 6 une conjecture proposée ou acceptée par beaucoup d'éditeurs. Les résumés de Justin peuvent aboutir, comme ici, à des propositions longues et difficiles à démêler. Je crois qu'il faut garder la construction d'une proposition qui commence avec suivie d’une principale avec " , ce qu'on trouve peu avant dans ce passage : 128, 1 C III6 " 6 128, 4 ,\ , III6 " . Donc, III6 " sans <? >. * est une phrase très concentrée, à rattacher à ‚ B : B . 130, 3 2 1 " 9 ( : B 7 9 au lieu de placée dans le texte. Les confusions 7 7 !/ 9 2 sont légion. 9 . La conjecture est bonne et devrait être 138, 2 7 x2 ;#@ : t@ & 7# 7 H 2 W K ) B . En 86, 1 on lit (t@ H ) ;#@ 7# III & 2 . Cela renvoie à Ex. 14, 16 et 21, où on trouve dans la Septante ; & # ( et 3 t@( H & # . Ni 7# ni 7# n’offre de sens. Il faut lire 7 # B , en rapprochant le tour de formules comparables dans le Nouveau Testament, par exemple 7 @ ) # ) (1 Tim. 4, 14), 7 (2 @ 29 Sur les anacoluthes, voir la remarque sur 42, 1. Justin 2013-01-12 3 Kk 20 $ 3W H (Matth. 24, 30, Marc 13, 26, Luc 21, 27), et notamment 1 3 H (sc. H \A (, Actes 13, 17). 7 #! 138, 3 K 2 / K ) ; M d dI [! 2 Z V 0 H6 ? 0 & 6 III Les manuscrits donnent 2 . On ne comprend pas bien cet . Il se peut que 136, 3 fornisse un éclaircissement : O 7 K d P2 III6 ( ! III d Q $ $6 " , 3 B . B $ : « mais que vous n'avez pas accepté son Christ », à sousentendre : c'est inacceptable ! 7 , sans ponctuation après 2 , est une sorte d'exclamation, indiquant surprise et indignation, qu’on pourrait rendre plus ou moins ainsi : (comment pouvez vous dire ça,) toute la terre fut submergée, n'est-ce pas !