EMDR de Groupe d'Urgence [E.G.U.]
Nicolas Desbiendras – 2014
Actualisé - 2019
Ce protocole a été créé à la suite d'expériences de terrain et inspiré par les travaux de
praticiens travaillant aussi sur les événements récents.
ERP: Emergency Response Procedure, Gary Quiin, 2004
R-TEP: Recent Traumatic Episode Protocol, Elan Shapiro et Brurit laub, 2008
G-TEP : Group Traumatic Episode Protocol, Elan Shapiro, 2013
4 éléments : Stabilisation par Elan Shapiro, 2006
IGTP : Integrativ Group Treatment Protocol, Ignacio Jarero & Lucina Artigas, 2010
Ce protocole a été construit pour être appliqué en immédiat quand c'est possible ou en post-
immédiat (48 à 72 heures) après un événement à fort retentissement collectif. Il s'applique en
groupe et les intervenants devraient être deux minimum pour pouvoir encadrer le groupe de manière
sécurisante. Il ne nécessite pas l'utilisation de feuilles ni de stylo comme d'autres protocoles de
groupe, ce qui le rend utilisable sur le terrain.
Étape 1 : Préparation
Le critère central de sélection des participants est de faire des groupes homogènes. On
différentie les impliqués (ceux qui ont vécu l'événement réellement) et les non impliqués (familles,
amis, collègues qui n'étaient pas sur les lieux physiquement). De plus on surveille les niveaux
hiérarchiques (employés et patrons par exemple où le patron sera vu en individuel).
En immédiat
Le praticien EMDR Europe qui intervient doit poser le cadre. S'il est possible d'intervenir en
immédiat le lieu a une importance capitale, il lui faudra trouver un endroit à l'écart du lieu où
l'événement s'est produit (une salle à part, par exemple). Sur le site le plus à l'écart possible du
« chantier » et sans contact visuel avec le PMA - Poste Médical Avancé – (pour ne pas exposer les
impliqués à la circulation des brancards). Sur un plan blanc, on trouvera une salle à l'hôpital à l'écart
des va-et-vient des urgences. La délimitation d'un espace de sécurité est très important.
En post-immédiat
Lors de la préparation les intervenants doivent poser le cadre et certains principes doivent être
exposés :
1- Volontariat : chaque personne doit se sentir libre de participer au groupe et une personne qui n'est
pas présente de son plein grés peut dès à présent sortir si elle le désire.
2- Engagement : chaque participant, s'il accepte de faire partie de ce groupe, s'engage à rester
jusqu'au bout de l'intervention.
3- Confidentialité : Il faut que chacun puisse se sentir libre d'exprimer ce qu'il souhaite. On
demande donc à chaque participant de garder pour lui ce qu'il entendra et vivra durant la session.
4- Présentation : Enfin les intervenants doivent se présenter brièvement et faire un tour de table pour
que tout le monde puisse en faire de même. Chaque personne donne son nom plus une chose
positive qu’elle aime faire.
EGU - Nicolas Desbiendras - 2014
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Explication brève de l'intervention EMDR de groupe d'urgence :
Vous venez tous de vivre un événement difficile qui a pu vous affecter de différentes
manières. Il se peut qu'il y ait des choses que vous aimeriez changer qui ne peuvent pas l'être, et
d'autres que vous pourriez changer mais que vous estimez ne pas pouvoir.
Le travail que l'on va faire ici peut vous aider à mieux faire la différence certaines choses.
Trouver le courage pour supporter et accepter ce qui ne peut pas être changé … la force pour
faire changer ce qui peut l'être… et la paix suffisante pour différencier les deux.
Nous allons en premier lieu vous apprendre à réguler vos émotions et apaiser ce qui se
passe dans votre corps. Puis nous ferons un travail en EMDR avec des stimulations bilatérales
alternées, ceci aide le cerveau à digérer les informations douloureuses.
Montrez le papillon ou les SBA sur les cuisses.
Étape 2 : Ancrage - Stabilisation
Cette étape a pour objectif d'ancrer les participants dans l'ici et maintenant. Bien souvent
après un choc traumatique les personnes sont plus ou moins dissociées, allant de la simple
dissociation jusqu'au figement. Pour réorienter dans le présent, nous demandons aux participants de
prendre conscience de plusieurs choses. (Ce que je propose est à la fois inspiré de ce que l'on fait
sur le terrain en immédiat et de l'exercice des 4 éléments de Elan Shapiro qui s'est aussi inspiré des
interventions en urgence).
1- Conscience corporelle :
En étant assis, prenez conscience de ce qui se passe dans votre corps ici et maintenant. A
combien évaluez-vous votre perturbation de 0 à 10, montrez le nous avec vos doigts devant vous.
2- Ancrage et localisation :
Sentez bien vos pieds dans vos chaussures, bougez vos orteils et sentez le contact du sol sous
vos pieds.
Regardez autour de vous et trouvez trois objets que vous n'aviez pas vus avant.
3- Respiration :
Respirez plus profondément et plus lentement avec une phase d'apnée de 5 secondes entre
l'inspiration et l'expiration. Prenez conscience de cette colonne d'air qui vous emplit d'énergie
jusque dans votre ventre et que chaque expiration évacue une partie de votre stress.
4- Salivation :
Le réflexe de salivation appartient au système qui est en lien avec l'apaisement. Quand on
est stressé ou que l'on a peur la bouche s'assèche. Essayez de créer une bille de salive dans votre
bouche ; ne l'avalez pas de suite, sentez là sur votre langue, contre votre palais, faites la rouler
dans votre bouche d'avant en arrière, de droite à gauche. (si besoin boire d'abord une gorgée d'eau
avant de créer la bille de salive).
5- Activation d'une ressource :
Pensez à un moment dans votre vie où vous vous êtes senti bien avez-vous-même, où vous
avez eu un bon feeling de vous-même.
Faire des SBA lentes et brèves en papillon.
En étant assis, prenez conscience de ce qui se passe dans votre corps ici et maintenant. A
combien évaluez-vous votre perturbation de 0 à 10, montrez le nous avec vos doigts devant vous.
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6- Association
Avec la conscience de vos pieds dans vos chaussures, ces objets que vous avez repérés
autour de vous, votre respiration lente et profonde, votre salivation dans votre bouche, et vos
pensées à propos de votre souvenir positif...Centrez votre attention sur ce bien être dans votre corps
et permettez vous d'en profiter.
Faire des SBA lentes et brèves en papillon.
7- SUD pédagogique :
A combien est-ce que vous sentez une perturbation en vous maintenant de 0 à 10 ? Montrez
le nous avec vos mains devant vous
8- Partage : On demande aux participants de partager leur lieu sûr ou leur souvenir positif. c'est un
moment important de la dynamique de groupe. De manière générale on partagera en groupe tout ce
qui est positif.
Étape3 : Partage des émotions du présent
C’est un moment à la fois important et demandant toute l’attention du thérapeute. Ici il n’est
pas question de décrire ce que les participants ont vécus et tout récit factuel de l’événement est
proscris. Le risque du récit serait de contaminer les participants entre eux de leurs diverses façons
d’avoir vécu l’événement. Les controverses actuels sur les débriefings et notamment celui
américain de Mitchel (CISD) sont issus de ce point. Ainsi l’Organisation Mondiale pour la Santé
préconise aujourd’hui de ne pas faire raconter l’événement à une personne traumatisée si elle ne le
verbalise pas spontanément. Ici nous centrerons le partage sur les aspects présents de leur état à
travers une investigation menée par le thérapeute des divers symptômes qu’ils éprouvent depuis
l’événement. L’objectif est la prise de conscience des participants qu’ils souffrent tous plus ou
moins des mêmes symptômes même s’ils le ressentent de diverses intensités. Cela amènera à
rassembler ces divers symptômes communs comme faisant partie des réactions post-traumatiques et
donc à les voir comme faisant partie d’un trouble dont ils souffrent et dont ils peuvent être guéris.
Ainsi le thérapeute amènera graduellement les participants vers la psychoéducation et ce qu’est un
état de stress aigu et un état de stress post-traumatique.
Maintenant nous allons parler un peu de nous au présent. Je souhaite que chacun garde
pour lui son vécu personnel de l’événement car je ne souhaite pas vous voir vous traumatiser les
uns les autres. Le risque serait qu’un participant décrive quelque chose de douloureux que les
autres n’auraient pas vu … et les traumatise donc en retour. Si je vous parle d’un ballon de
baudruche rouge qui s’envole dans le vent je suis certain que vous avez cette image mentale
maintenant. Je ne souhaite donc pas que vous partagiez vos images mentales de l’événement au
risque d’augmenter votre état de stress.
Par contre nous allons parler des choses dont vous souffrez aujourd’hui.
- Certains font-ils des cauchemars réguliers ou ont-ils des flash-back ?
- Certains se sont-ils rendu compte qu’ils avaient développés des tactiques pour affronter leur état ?
Notamment des évitements ?
- Certains se sont-ils senti différents dans leurs émotions ? plus irritables, plus apathique, moins
joyeux ? etc.
- Certains ont-ils développés de nouvelles croyances sur eux-mêmes, les autres ou le monde qui les
entoure ?
- Certains ont-ils pris conscience que leur corps ne réagissait pas pareil ou que leur vigilance
n’était pas la même ?
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Étape 4 : Préparation à la double attention
Nous partons du postulat qu'il est difficile pour les personnes venant d'être impliquées dans
un événement qui a pu mettre en péril leur intégrité physique voire leur vie de conserver une
attention double et de ne pas avoir de dissociation péri-traumatique en repensant à l'événement. Il
va donc falloir accorder une attention particulière pour garder un pied ici et maintenant et intégrer la
sécurité du moment présent.
Pour garder les participants dans cette attention double nous devons dès le départ leur
apprendre à s'ancrer au présent. Pour ce faire deux points sont essentiels: La présence, et la
conscience corporelle.
Durant l'exercice qui suit je vais vous demander de garder une partie de votre vigilance ici
et maintenant pendant que le reste de votre esprit observera l'événement que vous avez traversé.
Pour vous aider, je vous demande de fixer un point devant vous... trouvez un point sur le mur devant
vous, observez bien ce point, sa couleur, sa forme. Ce sera votre ancrage dans cette pièce.
Maintenant, je vous demande, pour un instant, d'oublier votre histoire de vie, vos souvenirs,
d'oublier vos préjugés, d'oublier vos croyances ou ce que vous croyez savoir... et observez
simplement le moment présent. Vous êtes ici, entourés de personnes, dans cette pièce et avec ce
point sur le mur comme repère.
Et de cette présence que vous avez ici et maintenant nous allons observer certaines choses.
Tout d'abord observez comment vous vous sentez, vos deux jambes, vos deux bras ... la conscience
que vous avez de votre corps ici et maintenant. Si vous avez mal au pied droit par exemple, observez
simplement que votre pied vous envoie un message de douleur.
Étape 5: Retraitement du PdP le pire
Accès au point de perturbation le plus fort
L'objectif ici est d'accéder à la mémoire sensorielle de la partie la plus perturbante de
l'événement. On ne laissera pas les pensées dériver vers autre chose (pour éviter les réseaux de
mémoire traumatiques anciens qui pourraient être réactivés par l'événement actuel comme contexte
signifiant): nous allons faire la partie EMD du traitement télescopique.
Image : Quand vous pensez à l'événement que vous venez de traverser, quelle est l'image ou les
mots qui représentent ce qui vous perturbe le plus ? Gardez cela à votre esprit.
- Nous partons du postulat que la CN est "Je suis en danger" (pour les impliqués).
En étant assis, prenez conscience de ce qui se passe dans votre corps ici et maintenant. A
combien évaluez-vous votre perturbation de 0 à 10, montrez le nous avec vos doigts devant vous.
5-A : Retraitement du PdP en EMD
L'objectif est d'abaisser la perturbation qu'évoque l'image sensorielle de 2 ou 3 crans sur le
SUD, ou d'être à 4 ou moins.
On demande aux participants de rester debout.
EGU - Nicolas Desbiendras - 2014
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1- Première session
Faire 9 sets de stimulations avec un retour à la cible tous les 3 sets.
Je vais vous demander de penser à cette image ou ces mots, d'observer vos émotions et ce
que vous ressentez avec ça dans votre corps et faites du tapping sur vos épaules ou votre poitrine
rapidement (papillon).
30-45 secondes de SBA papillon rapide.
Soufflez bien, observez ce qui est là dans vos pensées, vos émotions, votre corps… et
continuez avec ça.
30-45 secondes de SBA papillon rapide.
Soufflez bien, observez ce qui est là dans vos pensées, vos émotions, votre corps… et continuez avec
ça.
30-45 secondes de SBA papillon rapide.
Levez-vous, soufflez bien, étirez vos jambes, vos bras. Observez si vous avez des symptômes de
décharges physiologiques : tremblements, fourmillements, sensation de chaleur, sensation
électrique.
Inviter-les à secouer leurs bras et leurs jambes vers le sol en le faisant vous-même.
Asseyez-vous.
Repensez à la situation initiale. A combien évaluez-vous votre perturbation de 0 à 10, montrez le
nous avec vos doigts devant vous.
Recommencez encore deux fois la procédure.
2- Deuxième session
La deuxième session se passe comme la première, c'est-à-dire composée de 9 sets de stimulations
avec un retour à la cible tous les 3 sets.
La différence est qu’on ne parle plus d’ « image » mais de « situation ».
Dans l'idéal le SUD doit baisser de 3 crans ou arriver à 4 ou moins.
5-B : Retraitement du PdP avec tissage cognitif induit
C'est une version plus poussée du tissage cognitif. On reproduit ce que le cerveau est sensé intégrer
naturellement après un événement traumatique.
Pourquoi fait-on un tissage cognitif en EMDR ?
• Manque d’information
• Manque de temps en fin de séance
• Bouclage
• Manque de généralisation
En intervention immédiate on peut partir du principe que l’état de stress particulier dans
lequel les victimes se trouvent quelque temps après un événement traumatisant, fait qu’ils ne sont
pas connectés correctement avec la partie cognitive du cerveau. Ce sont les parties émotionnelles et
de survie du cerveau qui sont sur-activées.
On peut donc partir du postulat que les victimes manquent d’informations, que le temps
d’intervention est restreint (1 heure à 3 heures avant une évacuation des victimes non blessés
physiquement), et qu’ils manquent de généralisation de la sécurité du moment présent. Quant au
bouclage, certaines personnes en auront (les réflexions tournent en boucle sans trouver de
résolution adaptée), nous ne pouvons pas la savoir en intervention de groupe. C’est une raison de
plus pour utiliser un tissage cognitif.
A partir de ces postulats, dans le protocole EGU, on utilise les tissages cognitifs. Ils vont
s'inscrire sur les thématiques suivantes:
- Sécurité de l’ici et maintenant
- L’événement est fini
- Le corps: informer le corps que l’événement est fini …
EGU - Nicolas Desbiendras - 2014
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1- Première session (Installation d'une cognition positive "je suis en sécurité maintenant")
Je vais vous demander de penser à cette situation initiale ou ces mots que vous aviez choisis
et de faire du tapping...
Inviter le groupe à commencer le tapping
Tout en continuant je vous demande de vous concentrer sur la phrase suivante: Cela est arrivé, c'est
terminé, ça va, je suis en sécurité maintenant et je peux me détendre.
Nous pouvons rajouter:
Il se peut qu'une partie de vous ne puisse pas se détendre, observez simplement que cette
partie n'arrive pas à se sentir en sécurité. Et vous pouvez peut être l'aider en l'informant que
l'événement est fini.
Faire 3 sets de 30-45 secondes de SBA papillon rapide.
2- Deuxième session (Lieu dans le corps où la perturbation restante est encore stockée)
Je vais vous demander de penser à cette situation initiale et de vous concentrer sur tous les
endroits dans votre corps où la perturbation a pu être stockée. Repérez l'endroit qui se manifeste le
plus. Je vous demande d'effacer ce que vous avez à l'esprit et d'observer complètement et
tranquillement ce lieu dans votre corps qui s'exprime.
Si la perturbation en ce lieu était une forme quelle serait-elle?
Si la perturbation en ce lieu était une couleur quelle serait-elle?
Observez cela.
Faire 3 sets de 30-45 secondes de SBA papillon rapide.
Nous pouvons rajouter lors des SBA :
Observez au fur et à mesure comment cette forme et cette couleur peuvent changer, devenir
plus souple, s'apaiser. Et plus vous accordez de l'attention à ce lieu dans votre corps, plus la
perturbation s'éloigne, et la forme et la couleur deviennent de plus en plus douces et de plus en plus
s'harmonisent, se mettent en communication avec le reste de votre corps.
Vérification finale du SUD
Revenez à la situation initiale, à combien évaluez vous une perturbation en vous quand vous
y pensez maintenant? Montrez le nous avec vos doigts devant vous.
Étape 6 : Retraitement d’un déclencheur du présent
De la même manière que le retraitement du PdP de l’étape 5.A, nous allons ici désensibiliser un
déclencheur du présent qui active le réseau de mémoire dysfonctionnellement stocké.
En pensant à ce que vous vivez aujourd’hui au présent, pensez à une situation qui vous a
perturbé ces derniers jour et qui a déclenché en vous des émotions perturbantes.
En étant assis, prenez conscience de ce qui se passe dans votre corps ici et maintenant. A
combien évaluez-vous votre perturbation de 0 à 10, montrez le nous avec vos doigts devant vous.
EGU - Nicolas Desbiendras - 2014
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1- Première session
Faire 9 sets de stimulations avec un retour à la cible tous les 3 sets.
Je vais vous demander de penser à cette image ou ces mots, d'observer vos émotions et ce
que vous ressentez avec ça dans votre corps et faites du tapping sur vos épaules ou votre poitrine
rapidement (papillon).
30-45 secondes de SBA papillon rapide.
Soufflez bien, observez ce qui est là dans vos pensées, vos émotions, votre corps… et
continuez avec ça.
30-45 secondes de SBA papillon rapide.
Soufflez bien, observez ce qui est là dans vos pensées, vos émotions, votre corps… et continuez avec
ça.
30-45 secondes de SBA papillon rapide.
Levez-vous, soufflez bien, étirez vos jambes, vos bras. Observez si vous avez des symptômes de
décharges physiologiques : tremblements, fourmillements, sensation de chaleur, sensation
électrique.
Inviter-les à secouer leurs bras et leurs jambes vers le sol en le faisant vous-même.
Asseyez-vous.
Repensez à la situation initiale. A combien évaluez-vous votre perturbation de 0 à 10, montrez le
nous avec vos doigts devant vous.
Recommencez deux fois la procédure.
2- Deuxième session (Lieu dans le corps où le déclencheur du présent se fait sentir)
Je vais vous demander de penser à cette situation du présent et de vous concentrer sur tous
les endroits dans votre corps où la perturbation est stockée. Repérez l'endroit qui se manifeste le
plus. Je vous demande d'effacer ce que vous avez à l'esprit et d'observer complètement et
tranquillement ce lieu dans votre corps qui s'exprime.
Si la perturbation en ce lieu était une forme quelle serait-elle?
Si la perturbation en ce lieu était une couleur quelle serait-elle?
Observez cela.
Faire 3 sets de 30-45 secondes de SBA papillon rapide.
Nous pouvons rajouter lors des SBA :
Observez au fur et à mesure comment cette forme et cette couleur peuvent changer, devenir
plus souple, s'apaiser. Et plus vous accordez de l'attention à ce lieu dans votre corps, plus la
perturbation s'éloigne, et la forme et la couleur deviennent de plus en plus douces et de plus en plus
s'harmonisent, se mettent en communication avec le reste de votre corps.
Vérification finale du SUD
Revenez à la situation initiale, à combien évaluez vous une perturbation en vous quand vous
y pensez maintenant? Montrez le nous avec vos doigts devant vous.
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Étape 7 : Retraitement du futur
Le protocole EGU respecte les 3 temps de la thérapie EMDR : passé – présent – futur.
Cette phase est optionnelle, elle ne se fait pas en immédiat et peux se faire en post-immédiat quand
des préoccupations pour l’avenir peuvent être envahissantes. Par exemple lors de catastrophes
naturelles comme des inondations, cyclones, tremblements de terre, ou lors d’acte de terrorisme
avec procès prévus, etc.
Il est néanmoins conseiller d’accorder de l’importance à cette phase lors d’une deuxième session de
groupe et non la première fois qu’on intervient avec un groupe.
Cette phase permet de cibler les craintes et préoccupations pour l’avenir et se déroule comme
l’étape 6 de traitement de présent mais centré sur l’avenir.
L’objectif est que tous les participants ont un SUD qui baisse de 2 à 4 crans. Pour ceux qui
ont un SUD supérieur à 4, il faudra leur proposer un RDV individuel pour prévenir l'apparition d'un
trouble de stress aigu et le développement, à terme, d'un trouble de stress post-traumatique.
Étape 8 : Retour au présent
Nous faisons un retour au réseau de mémoire de sécurité fait à l'étape 2.
Avec vos pieds bien ancrés sur le sol, les choses que vous pouvez voir autour de vous, votre
respiration redevenue lente et profonde, la salivation dans votre bouche, je vous demande de
repenser à votre lieu sûr ou votre souvenir positif de vous.
Demander aux participants de marcher un peu dans la pièce de retrouver une bonne conscience de
leur corps au présent, puis demander de s'étirer quelques instants et de bailler si possible.
Étape 9 : Clôture
Nous pouvons féliciter les personnes pour leur participation, et ouvrir la discussion sur un
sujet qui correspond à l'ici et maintenant. A la suite de cela l'intervenant doit faire de la
psychoéducation sur l'état de stress post-traumatique , les symptômes courants, et surtout la période
de latence très fréquente. Il faut laisser des coordonnées pour pouvoir proposer des rendez-vous
individuels pour ceux qui en sentent le besoin.
Note : Pour les interventions de groupe EMDR (et l'EMDR en général) il faut garder à l'esprit ces 3
points centraux : un Focus, des SBA, et la présence définie par l'attention double. Si l'un de ces trois
éléments est absent, ce n'est pas de l'EMDR. S'il n'y a pas de cible, ce n'est pas de l'EMDR, s'il y
pas de SBA ce n'est pas de l'EMDR... les deux premiers points paraissent évidents à tout le monde.
Mais s’il n'y a pas l'attention double ce n'est pas non plus de l'EMDR. C'est sur ce point qu'il est
important de porter notre attention lors des interventions de groupe, surtout en immédiat et post-
immédiat.
EGU - Nicolas Desbiendras - 2014
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FICHE RÉSUMÉE DU PROTOCOLE E.G.U. :
PROTOCOLE EMDR DE GROUPE D’URGENCE
Nicolas Desbiendras
1. Préparation
- Cadre (volontariat, engagement, confidentialité, partage du positif seulement, présentation)
- Explication brève de l’intervention EMDR de groupe d’urgence (EGU)
- Objectifs : ce qu’on peut ou ne peut pas changer
2. Ancrage et stabilisation
- conscience corporelle
- 4 éléments
- Ressource : un moment où on se sentait bien avec soi même
3. Partage des émotions du présent (en post-immédiat uniquement)
- Investigation des symptômes de chacun
Intrusifs – Évitement – Modifications des cognitions et d’humeur - Hyperéveil
- Prises de conscience des participants des symptômes communs
- Qu’est-ce que l’ESA et l’ESPT ? : Psychoéducation
4. Préparation à la double attention
5. Retraitement du PdP le pire
A Retraitement du PdP en EMD
Première session : debout, 9 sets avec retour à la cible tous les 3 sets.
Deuxième session : debout, 9 sets avec retour à la cible tous les 3 sets.
B. Retraitement du PdP avec tissage cognitif induit
Première session : debout, 3 sets avec la CP : « je suis en sécurité maintenant ».
Deuxième session : debout, 3 sets avec le lieu dans le corps qui ne peut se détendre.
6. Retraitement d’un déclencheur du présent
A. Première session : debout, 9 sets avec retour à la cible tous les 3 sets.
B. Deuxième session : debout, 3 sets avec le lieu dans le corps qui ne peut se détendre.
7. Retraitement du futur
A. Première session : debout, 9 sets avec retour à la cible tous les 3 sets.
B. Deuxième session : debout, 3 sets avec la RESSOURCE de l’étape 2.
8. Retour au présent
9. Clôture
EGU - Nicolas Desbiendras - 2014
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