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L’impact de l’ouverture commerciale et des inégalités de revenus sur la croissance économique : étude en données de panel pour le Maroc et les pays de la CEDEAO Riad Jamal, Lahmar Anas et Aoufir Mbarek Chapitre du live Overture, productivité et croissance économique au Maroc , Édité par Chatri Abdellatif, Publié par Laboratoire d’Economie Appliquée (Mohammed V Univ.) & Policy Center for the New South, ISBN (WEB) : 978-9920-37-593-1 Citer ce document : Jamal, R., Lahmar A. & Mbarek, A. (2019). L’impact de l’ouverture commerciale et des inégalités de revenus sur la croissance économique : étude en données de panel pour le Maroc et les pays de la CEDEAO. In A. Chatri (éd). Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc. Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South. Rabat Lien vers l'article : http://www.labeamse.com/2019/04/OPCM15.html Copyright © 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée, Policy Center for the New South & CNRST. Tous les droits sont réservés. CHAPITRE 15 L’IMPACT DE L’OUVERTURE COMMERCIALE ET DES INÉGALITÉS DE REVENUS SUR LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE : ÉTUDE EN DONNÉES DE PANEL POUR LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO Riad Jamal1, Lahmar Anas2, Aoufir Mbarek1 1 FSJES de Mohammedia, Université Hassan II de Casablanca 2 Laboratoire d’Économie Appliquée, Université Mohammed V de Rabat E-mail de correspondance : Riad_jamal13@hotmail.fr Résumé : Les économistes se sont largement intéressés à l’étude de l’impact de l’ouverture com- merciale, et des inégalités de revenus sur la croissance économique, surtout suite à la montée en puissance des mouvements de la mondialisation et l’inefficacité des politiques de répartition constatée dans plusieurs pays. Afin de contribuer à ce débat, nous proposons d’étudier cet impact pour un panel composé du Maroc et les pays de la CEDEAO. Ce choix trouve ses fondements dans les analyses engagées actuellement, sur les enjeux d’adhésion du Maroc à cette commu- nauté. En appliquant l’estimateur de GMM, les résultats de ce papier montrent que l’ouverture commerciale joue un rôle important dans la relance économique de ces pays en synergie avec d’autres facteurs. En outre, les inégalités se révèlent catalyseur et n’empêchent pas les pays de profiter partiellement de leur ouverture commerciale. Mots clés : Ouverture commerciale, Croissance économique, inégalité, CEDEAO, économétrie de Panel. Abstract : Economists have been largely interested in studying the impact of trade openness and income inequality on economic growth, especially following the rise of the globalization mo- vements and the inefficiency of distribution policies observed in several countries. In order to contribute to this debate, we suggest studying this impact in the case of a panel composed of Mo- rocco and the ECOWAS countries. This choice finds its bases in the current analysis of Morocco’s issues about the adhesion to ECOWAS. As well as the similarity characterizing the economies of these countries. By estimation of GMM, the results of this paper show that the degree of trade openness plays an important role in the economic recovery of those countries in synergy with Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc, Éd. Chatri Abdellatif. 269 Copyright c 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South. 270 OUVERTURE COMMERCIALE, INÉGALITÉS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE other factors. Moreover, inequalities are a catalyst for economic growth and do not prevent the countries studied from partially benefiting from their trade openness. Keywords Trade Opening, Economic Growth, Inequality, ECOWAS, Panel Econometrics. 15.1 Introduction Les économistes se sont beaucoup intéressés à l’ouverture commerciale, aux inégalités (en particulier celles des revenus) et à la croissance. Certes, les conclusions en termes de relations interactives entre l’ouverture commerciale et la croissance économique d’une part , et entre celle-ci et les inégalités d’autres part sont mitigées, cependant la majorité des analyses économiques conduisent à l’identification d’un impact positif de l’ouverture commerciale sur la croissance et un effet négatif sur les inégalités. La croissance économique est en fait une problématique très complexe. Les modèles de croissance exogène furent les premiers à démontrer que les progrès technologiques étaient à l’origine de la croissance économique. Mais il a fallu attendre plusieurs années pour identifier, grâce aux modèles de croissance endogène, comment les progrès technologiques pouvaient être atteints. Au-delà de de ces derniers, d’autres facteurs sont apparus déterminants notamment ceux qui portent sur la création d’un environnement politico-légal de bonne gestion économique, de résolution des conflits liés à la rivalité des groupes politico-sociaux hétérogènes et de l’amortissement des instabilités économiques ou politiques, facteurs qui sont à l’origine de la pauvreté et des inégalités. Parallèlement, d’autres facteurs ont été mis à contribution dans l’explication de la fra- gilité économique. Il s’agit en particulier des inégalités et vulnérabilités qui ont empêché de bénéficier des avantages de l’ouverture commerciale. Plusieurs modèles théoriques ont été présentés afin d’étudier l’impact d’une distribution non égalitaire des ressources. Ils relèvent de deux grandes catégories. La première postule l’existence d’une relation positive entre inégalités et croissance, induite par l’épargne indi- viduelle et des incitations à investir. La seconde souligne les effets négatifs d’une distribu- tion inégale des ressources sur les perspectives de croissance d’un pays, et qui empruntent trois principaux canaux : l’instabilité sociale et politique, la politique budgétaire et fiscale et enfin, l’accumulation du capital en présence des marchés financiers inefficace et insuffi- samment profond. Ce papier a pour objectif d’explorer l’impact de l’ouverture commerciale, et des inéga- lités de revenus sur la croissance économique. d’un échantillon de pays comprenant sur le Maroc et 12 pays de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CE- DEAO), en l’occurrence le Bénin, Burkina Faso, Gambie, Ghana, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo, Cap- Vert, Côte d’Ivoire. Ce choix trouve ses fondements, d’une part, dans le débat engagé actuellement et visant à analyser les enjeux et les perspectives d’adhésion du Maroc à cette communauté. Et d’autre part, dans la similarité qui caractérise les pays de l’échantillon. Ainsi, dans notre échantillon, la croissance économique révèle un profil volatile, impacté entre autres par les aléas climatiques, la spécialisation réduite de l’économie, et la dépendance étroite de ces économies au marché mondial des matières pétrolières. En outre, ces états connaissent REVUE DE LITTÉRATURE THÉORIQUE ET EMPIRIQUE 271 des taux d’ouverture commerciale à la haussière avec des inégalités moyennes comprise entre38 et 42 % comme indice de GINI. Le présent papier se propose comme plan deux parties. La première sera consacrée à la littérature théorique ainsi qu’empirique approchant le sujet. La deuxième partie concerne l’évaluation empirique réalisée, en matière de modélisation, de résultats et d’interpréta- tions. 15.2 Revue de littérature théorique et empirique 15.2.1 Revue de la littérature théorique 15.2.1.1 Impact des Inégalités sur la croissance économique Si les économistes re- découvrent et repensent la question des inégalités, c’est qu’ils s’en étaient assez désintéres- sés pendant longtemps. Ainsi, le débat sur l’impact des inégalités sur la croissance a évolué rapidement, de façon corolaire à la montée en puissance du thème dans les grandes insti- tutions internationales (FMI, OCDE). L’OCDE souligne que « malgré un grand nombre d’études sur le lien entre les inégalités et la croissance, il n’y a pas unanimité sur ce sujet et les données tangibles sont peu concluantes » (OCDE, 2012). K RUGMAN (2014) consi- dère, par contre, que les inégalités constituent un véritable frein à la croissance, pour lui, « il existe des preuves solides, provenant d’organismes comme le Fond monétaire inter- national, qui illustre qu’un niveau élevé d’inégalités est un frein à la croissance, et que la redistribution peut être bonne pour l’économie ». De manière général, la littérature souligne les effets négatifs d’une distribution inégale des ressources sur les perspectives de croissance d’un pays, effets qui empruntent trois grands canaux : l’instabilité sociale et politique, la politique budgétaire et fiscale, et l’ac- cumulation de capital en présence de marchés imparfaits du crédit et de l’inefficacité des marchés financiers. Ainsi, pour A LESINA et P EROTTI (1996), l’inégalité produit de l’instabilité socio - po- litique qui menacerait les droits de propriété. Cette menace réduirait l’investissement et par conséquent la croissance. De même, la réduction de la cohésion sociale réduirait le financement de biens publics, ce qui serait défavorable à la croissance (P UTNAM, 2000). S’agissant du mécanisme de l’économie politique, M ELTZER et R ICHARD (1981) ar- rivent à conclure que l’inégalité est nocive pour la croissance car elle augmenterait la pres- sion en faveur de la redistribution. Dans leur modèle, la taille des transferts est déterminée par un vote majoritaire dans lequel les électeurs cherchent à maximiser leur utilité. Ainsi, plus l’inégalité est élevée, plus les citoyens voudront une redistribution forte. Or la redis- tribution « réduit les incitations à travailler et donc abaisse le revenu national ». Selon la littérature théorique, le canal financier est celui du sous-investissement lié aux imperfections du marché des capitaux. En présence des marchés de crédit imparfaits, et de frais fixes à l’éducation, les pauvres investissent moins lorsque les inégalités augmentent, notamment dans leur éducation et dans l’entreprenariat mais aussi dans leur santé et celle de leurs enfants. Selon, G ALOR et Z EIRA (1993), le fait que les agents les plus pauvres ne puissent pas faire certains investissements rentables réduit la croissance et la rend inégali- taire. Ce type d’économie est caractérisé par la présence de « trappes à pauvreté ». Dans le modèle de G ALOR et Z EIRA (1993) les inégalités ont un impact différent sur la croissance 272 OUVERTURE COMMERCIALE, INÉGALITÉS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE dans les pays pauvres et les pays dits développés, ainsi, cet impact est le plus fort dans les pays pauvres où beaucoup de ménages sont contraints financièrement. Dans un sens opposé, plusieurs économistes ont soutenu la thèse de l’impact positif des inégalités sur le développement économique en présentant la théorie du ruissellement, selon laquelle l’enrichissement des plus aisés est in fine bénéfique pour les moins aisés. les canaux de l’épargne individuelle et des incitations à investir sont souvent avancés par la littérature à la faveur de cette thèse. 15.2.1.2 Impact de l’ouverture commerciale sur la croissance économique Parmi les effets favorisant la croissance économique, beaucoup soutiennent la place prépondé- rante que joue le processus d’ouverture commerciale dans l’amélioration de la productivité totale des facteurs. Dans le cadre de cette relation, S MITH (1776) a émis l’idée selon laquelle « le commerce international permet d’éviter la réduction du marché intérieur et favorise son extension ». De même, il améliore la division du travail et augmente la productivité. Le commerce extérieur constitue, donc, une force dynamique capable d’intensifier la capacité et la com- pétence des travailleurs, d’encourager les innovations technologiques et l’accumulation du capital. Il permet d’éviter l’indivisibilité technique et par conséquent la possibilité d’amé- liorer la croissance économique. D’après H ARRISON (1995), la réduction des barrières commerciales ajuste les prix do- mestiques aux cours mondiaux et contraint les entreprises à être plus efficientes. Ainsi, dans sa théorie de l’avantage comparatif, l’auteur a montré que l’ouverture permet, dès lors que les coûts relatifs de production sont différents, une réorientation des ressources rares vers les secteurs les plus efficients et une amélioration du bien-être de la population. Le prolongement de cette théorie par celle de «HOS» a confirmé ces gains et en a rajouté d’autres liés à la rémunération des facteurs de production. Selon l’analyse traditionnelle issue du modèle de Solow, la croissance n’était expliquée que par des facteurs exogènes, ce qui ne laissait place à aucun raisonnement en termes de politiques commerciales. Cependant, à partir des années 90, il est devenu possible de faire une fusion entre la théorie de la croissance endogène et la nouvelle théorie du commerce international, puisque toutes les deux se fondent sur les principes des rendements croissants et de la concurrence imparfaite. Cette fusion a permis d’envisager une croissance en économie ouverte. En effet, la théo- rie de la croissance endogène offre un cadre propice à l’élaboration des modèles en écono- mie ouverte, dans lesquels il est possible de mettre en évidence l’existence d’effets de long terme via le progrès technique et le transfert de technologie. 15.2.2 Revue de littérature empirique 15.2.2.1 Inégalités de revenu et croissance économique En visant à identifier la relation inégalité et croissance, C LARKE (1995) a utilisé un échantillon de 138 pays pour une période de 50 ans (1955-2005), et abouti à l’existence d’une corrélation négative entre les inégalités et la croissance, à la faiblesse relative de la magnitude de la relation, et à l’ambiguïté du sens de la causalité. Dans ce sens, C INGANO (2014) a effectué une étude sur un panel comportant 12 pays de l’OCDE pour la période 1970-2010. Cherchant à examiner les canaux de causalité, tels que les pressions sociales favorisant la redistribution, la lutte contre la corruption et REVUE DE LITTÉRATURE THÉORIQUE ET EMPIRIQUE 273 le canal de l’imperfection du marché de crédit, ses résultats montrent que les inégalités sont défavorables à la croissance. En outre et ce qui compte le plus, c’est l’écart entre la population à bas revenus et le reste de la population qui influence le la croissance. D EININGER et S QUIRE (1998) montrent l’existence d’une forte relation à long terme entre la croissance et les inégalités de revenu, sachant qu’une telle relation n’est pas empi- riquement significative pour la classe des riches. Ils rejettent aussi l’hypothèse de Kuznets. Ayant pour objectif d’étudier la relation inégalité et croissance pour différents horizons temporels, à partir d’un échantillon de 90 pays pendant la période 1966-2005, et en utilisant la méthode GMM et GMM en première différence, H ALTER, O ECHSLIN et Z WEIMÜLLER (2014) prouvent que l’impact des inégalités sur la croissance n’est positif qu’à court terme. D’autre part, plusieurs études ont montré que l’ampleur des effets des inégalités sur la croissance dépend essentiellement de la méthode d’estimation, de la qualité des données et de la couverture de l’échantillon utilisé. A titre d’exemple, pour les modèles à effets fixes, D E D OMINICIS, F LORAX et D E G ROOT (2008) soulignent que ces modèles ont tendance à conduire à un effet plus fort des inégalités sur la croissance économique. Une étude comparative similaire, montre que l’effet des inégalités se présente négatif et plus fort dans les études transversales, en comparaison aux études de Panel (N EVES, A FONSO & S ILVA, 2016). KOLEV et N IEHUES (2016) se sont basés dans leur étude sur un échantillon de 113 pays (développés et en voie de développement) au cours de la période 1970-2010. Les auteurs ont trouvé une relation non linéaire entre l’inégalité et la croissance. L’effet de l’inégalité des revenus nets sur la croissance ne semble être négatif que pour les pays moins développés et pour les pays à haut niveau d’inégalité. L’approche méthodologique utilisée se base sur des modèles de séries temporelles combinés aux données de panel. 15.2.2.2 Ouverture commerciale et croissance économique Bien que la théorie éco- nomique a soutenu un aspect de gains, issu du commerce international, et des effets posi- tifs sur la croissance économique, les évidences empiriques ne sont pas concluante quant à l’impact de l’ouverture sur la croissance économique. En examinant l’impact de la libéralisation commerciale sur la croissance à travers une régression en coupe transversale de 122 pays pour une période allant de 1971-1989, S ACHS et WARNER (1995) montrent que les pays ayant un ratio élevé d’exportations en ressources naturelles par rapport au PIB ont tendance à avoir de faible taux de croissance. Par contre, C AUPIN et S AADI -S EDIK (2003), en analysant les effets de la politique d’ouverture commerciale sur l’instabilité des taux de croissance économique, pour les pays du moyen orient et d’Afrique du Nord sur la période allant de 1960 à 1999, et en se basant sur un modèle de régression, concluent à un effet bénéfique de la politique d’ouverture sur la résilience des pays, qui l’emporte sur l’effet négatif entraîné par l’accroissement de l’ex- position aux chocs extérieurs. Le même résultat est confirmé pour les pays à revenu élevé par C ALDERÓN et S ERVÉN (2004) en utilisant des estimations d’équations combinant les inégalités et la croissance pour un échantillon de 100 pays durant la période 1960-2000. G RIES et R EDLIN (2012) ont étudié la dynamique à court et à long terme entre la crois- sance du PIB par habitant et le degré d’ouverture pour 158 pays, sur une période allant de 1970 à 2009. L’utilisation des tests de co-intégration de panel et les modèles à correction d’erreurs, montrent l’existence d’une relation à effet positif de long terme entre l’ouver- ture commerciale et la croissance économique. A l’opposé, les coefficients de court terme révèlent un effet négatif. 274 OUVERTURE COMMERCIALE, INÉGALITÉS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE En visant à tester empiriquement cette relation K ARMAN, BANO, H AIDER, M USHTAQ et M USTAFA (2016) ont eu recours à un échantillon de 20 pays pour une période allant de 1980 à 2010. Leur approche méthodologique basée sur l’économétrie de Panel avec l’effet fixe et l’effet aléatoire a abouti à l’existence d’une relation significative entre l’ouverture commerciale et la croissance économique. Par une approche économétrique similaire, en l’occurrence les modèles dynamiques de Panel mais cette fois-ci avec l’éstimateur de GMM, et à partir d’un panel composé de 87 pays durant 1977-2011, K HONG et al. (2016) révèlent une relation causale bidirectionnelle entre l’ouverture commerciale et la croissance économique. Ce résultat est conforme à la théorie endogène selon laquelle une ouverture accrue conduit à une croissance plus élevée. 15.3 Ouverture commerciale, inégalités et croissance économique : Éva- luation empirique en panel 15.3.1 Méthodologie et données utilisées 15.3.1.1 Aperçu sur les données utilisées et faits stylisés Pour étudier l’impact de l’ouverture commerciale, et des inégalités de revenus sur la croissance économique, nous retenons un panel de 13 pays constitué du Maroc et 12 pays de la CEDAO, à savoir : le Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Serra-lione et le Togo, pour une période allant de 1995 à 2015. Les variables jugées pertinentes pour notre étude sont extraites de trois sources diffé- rentes, à savoir la Banque Mondiale, le Standardized World Income Inequality Database et l’UNESCO. Ces variables englobent l’indice de gini (GINI), la croissance annuelle du PIB (GDP), le ratio des importations et des exportations (TGP), les investissements étran- gers directs (IDE), le ratio des dépenses publiques totales dans le secteur de l’éducation (PEH1), le ratio des dépenses publiques dans le secteur de la santé (PEH2), la croissance annuelle de l’Indice des prix à la consommation (CPI), la croissance annuelle de la popu- lation (POP), le taux d’inscription aux études secondaires (EDU), en plus de 3 variables de contrôle. Une première analyse des séries de données pour le panel retenu, montre que les pays affichent des tendances de comportements socio-économiques similaires, avec des spécifi- cités régionales et quelques disparités qui favorisent une certaine complémentarité. Ainsi, les économies des pays retenus sont caractérisés par une croissance économique volatile, fortement dépendante des aléas climatiques et des chocs des matières premières et du pé- trole en particulier, ce qui traduit, d’une manière générale, la fragilité des fondements de la croissance, et justifie la nécessité d’un nouveau modèle de développement économique. Une représentation du taux de croissance du PIB au Maroc, entre 1980 et 2014, montre que les niveaux de la croissance ont connu des récessions 5 fois où le taux de -5 % a été dépassé vers le bas une seule fois. Des performances importantes ont été réalisées suite à une forte baisse du taux de croissance de l’année précédente, en affichant en moyenne un taux annuel de 4,2% (Figure 1). Cette caractéristique de la volatilité s’ajoute à la forte corrélation entre la production agricole et l’évolution de PIB, notamment dans les années 90 du 20ème siècle, par rapport aux 15 dernière années, et l’irrégularité du secteur agricole caractérisé par des fluctuations importantes, surtout à partir de la décennie 80. De même pour les pays de la CEDEAO, OUVERTURE COMMERCIALE, INÉGALITÉS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE : ÉVALUATION EMPIRIQUE EN PANEL 275 la croissance économique semble avoir les mêmes caractéristiques tendancielles, avec une moindre intensité entre 1980 et 1995 par rapport à celle du Maroc, soit des taux compris entre -2,71% et 5,48%. Selon la commission économique de l’Afrique, cette baisse de la croissance régionale, est principalement due à la baisse des prix des matières premières, en particulier du pétrole. Cette volatilité qui semble être structurelle, gène le bon fonctionne- ment du processus d’accumulation de la richesse et constitue un frein contre la génération même de la croissance et sa pérennité. A cet effet, le Maroc et la majorité des pays de la CEDEAO sont intégrés résolument dans un processus de renforcement du tissu économique et d’accompagnement de diffé- rentes mutations sociales de leurs pays dès leur Independence. Au Maroc, en particulier, des Plans de développement économique et social ont été mis en œuvre pour assurer une croissance forte et soutenue. Cet objectif a été contrarié par une conjoncture défavorable, dont la crise de l’endettement et les grands déséquilibres macro-économiques des années 70 et 80 constituent les principales illustrations. En ce qui concerne l’ouverture commerciale (Figure 2) , les données révèlent un carac- tère évolutif, malgré une concentration géographique ou régionale qui constitue un frein contre le développement et la spécialisation réduite des économies en question qui s’inté- ressent beaucoup plus à des produits de base et ne cherchent pas à muter vers des secteurs plus productifs et à très forte valeur ajoutée. En plus, ces faits sont amplifiés par la prédo- minance des régimes de changes pratiqués et qui favorisent des régimes fixes plutôt que flottants. Ainsi, pour la CEDEAO, le taux d’ouverture commerciale est passé de 57,8% en 1995 ; date de l’adhésion de la plupart des pays à l’organisation mondiale du commerce ; à 80 % en 2011. Les échanges commerciaux au sein de la CEDEAO ont enregistré une hausse annuelle de 18% en moyenne entre 2005 et 2014. Cependant, au regard des statis- tiques officielles, le commerce intra-régional est d’une ampleur relativement limitée dans l’espace, 10 à 15% des échanges des pays membres sont réalisés à l’intérieur de l’espace de la CEDEAO. Les pays les plus actifs sur le plan commercial sont : le Nigeria, qui re- présente à lui seul environ 76 % du total des échanges de cette période, suivi par le Ghana (9,2 %) et la Côte d’Ivoire (8,64 %). Quant au Maroc, la mise en œuvre d’une politique de libéralisation des échanges com- merciaux et des investissements étrangers a augmenté significativement le degré d’ouver- ture de l’économie marocaine. Cette ouverture s’est amorcée en 1987 avec l’adhésion au GATT, puis à l’OMC (Traité de Marrakech, 1994) et s’est poursuivie avec la signature de plusieurs accords de libre-échange. La libéralisation des échanges a été accompagnée par l’adoption de la Charte de l’investissement en 1995 et la refonte du Code des douanes en 2000. Pour ce qui est du compte extérieur (Figure 3), la balance courante du Maroc et presque tous les pays de la région est structurellement déficitaire et fortement volatile, avec une détérioration profonde dans les années quatre-vingt-dix dépassant le taux de 20%. Seuls le Nigéria et la Côte d’Ivoire continueraient à avoir un solde courant positif mais en dents de scie. Quant au développement social, nous pouvons confirmer que les pays en question conna- issent des retards traduisant les insuffisances de la croissance à absorber les écarts entre les différentes couches de la population, et par conséquent la pauvreté et les inégalités de- meurent un phénomène qui touche la plupart des pays en question. En effet, les niveaux des inégalités et de la pauvreté sont restés élevés et plutôt stables durant les deux der- nières décennies, soupçonnant ainsi une absence ou un décalage d’impact, liant le progrès économique et le bien-être social des populations. Au Maroc, les inégalités (Figure 4) se manifestent clairement entre les ménages les plus aisés et les ménages les moins aisés. 276 OUVERTURE COMMERCIALE, INÉGALITÉS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE Ainsi au niveau national, les 20% des ménages les plus aisés ont une dépense équivalente à 8,8 fois à celle des 20% des ménages les moins aisés. Elle est multipliée par 8,3 en milieu urbain et 5,7 fois en milieu rural. A ces faits, on peut souligner aussi la répartition dés- équilibrée des richesses, l’écart salarial, concentration de l’emploi et les problèmes liés à la mobilité sociale. Pour les pays de la CEDEAO, et selon les estimations, les inégalités dans ces pays en moyenne mesurées par l’indice de GINI varient aux alentours de 0,4. Ce chiffre traduit une insuffisance de la croissance à absorber les écarts entre les différentes couches des sociétés de la CEDEAO et par conséquent la pauvreté demeure un phénomène qui touche la plupart de ces pays (Tableau 1). Les inégalités de revenus, mises en exergue par cet indice révèlent de fortes disparités observées dans la distribution des revenus des populations au Burkina (45,0%), en Côte d’Ivoire (42,1%) et au Mali (40,1%). Les inégalités les plus importantes sont notées au Bénin, où 46,9% des revenus sont détenus par une faible proportion de la population (cf. tableau ci-dessous). Ces disparités sont moins prononcées en Guinée- Bissau (36,0%), au Niger (34,0%) et au Sénégal (34,2%). Dans ce registre, le Togo apparaît comme le pays de l’Union au sein duquel les revenus sont mieux redistribués (33,5%). Ces caractéristiques socioéconomiques analysées préconisent des mécanismes d’inter- actions entre le volet de la croissance, celui de l’ouverture commerciale et les inégalités. Ainsi, l’objectif principal assigné à ce travail est d’explorer et de comprendre les méca- nismes qui interagissent dans les relations identifiée 15.3.1.2 Modélisation et tests économétriques L’approche empirique proposée dans ce papier, le modèle GMM en panel dynamique, vise à apporter des solutions aux pro- blèmes éventuels de biais de simultanéité, de causalités inverses et des variables omises. Cette démarche analytique a le mérite de contrôler, à la fois, les effets spécifiques indi- viduels et temporels, et de palier aux biais d’endogéneité des variables surtout lorsqu’il existe un ou plusieurs retards de la variable dépendante figurant comme variable explica- tive. En plus, vu la nature des séries traitées qui ne sont pas de même ordre de cointegration, l’estimation dynamique avec GMM est fortement préconisée. Une étape préliminaire, mais nécessaire pour toute modélisation économétrique, concerne l’identification et la sélection des variables adéquates. Pour notre cas, les variables ont été choisies principalement, en se basant sur un recoupement des différents paradigmes évo- qués dans la littérature, concernant la problématique objet de l’étude (A DAMS & H AN - NAFORD , 2002 ; M ESCHI & V IVARELLI , 2007 ; R AO & YAP, 2011 ; S ALIMI -K HORSHIDI et al., 2014). Le modèle retenu à cet égard est : GDP = f (T GP, IDE, P OP, GIN, CP I) A noter que ces formes de composantes sont générales. Elles seront modifiées selon l’adéquation aux données (formes dynamiques ou statiques). Avant de procéder à l’estimation, des tests sont nécessaires. Il s’agit des tests de racines unitaires en données de Panel pour vérifier la stationnarité des variables, et des tests de cointégration. (Tableaux 2 et 3 en annexe) OUVERTURE COMMERCIALE, INÉGALITÉS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE : ÉVALUATION EMPIRIQUE EN PANEL 277 15.3.2 Estimation, résultats et interprétations : 15.3.2.1 Estimation par effet fixes / aléatoires Étant donné que notre modélisation peut être affecté par certains problèmes économétriques tels que l’hétérogénéité, dont la résolution est donnée par l’estimateur Within (Effets fixes) obtenu en centrant les diffé- rentes variables (endogène et exogènes) sur leurs moyennes individuelles respectives, ou l’endogéneité qui rend l’estimation avec les MCO et les effets fixes non consistante, ou le biais causé par la structure dynamique des modèles et pouvant provenir, d’une part, d’une corrélation potentielle entre la variable retardée et les autres variables explicatives (y compris les effets individuels) et, d’autre part, d’une corrélation potentielle de cette va- riable par rapport aux valeurs passées, courantes ou futures du terme d’erreur ε, on a jugé indispensable d’adopter une approche d’estimation en deux étapes. La première consiste à effectuer une estimation par effets fixes ou effets aléatoires, et la deuxième concerne l’estimation GMM. Pour la première étape, on adopte une approche d’estimation qui permet de prendre en compte l’hétérogénéité inobservée des pays. Etant donné que les caractéristiques individuelles peuvent être de nature déterministe ou aléatoire, nous devons préalablement tester la validité de chaque effet. Pour ce faire, on applique le test de Hausman qui sert à discriminer les effets fixes et aléatoires. L’hypothèse testée concerne la corrélation entre les effets individuels et les variables explicatives. Les résultats du test (Tableau 3) conduisent à une probabilité d’une valeur de 0.0747 (>0,05). Ce qui permet de justifier l’estimation d’un effet aléatoire. Pour notre modèle et d’après le Tableau 4 (en annexe), nous pouvons conclure que la seule variable du modèle qui peut expliquer la croissance économique, pour l’échantillon des pays étudiés, est la croissance de la population. Une première lecture de ces résultats et leur conformité à la littérature économique conduisent à corroborer la validité de l’ap- proche d’estimation adoptée. Cependant, une analyse poussée, notamment le calcul de la statistique de Durbin Watson (une valeur de 0.732427) et l’évaluation du R2 (une valeur de 0.237), qui affichent des valeurs faibles, conduisent à soupçonner une autocorrélation des résidus. Un test de Breush-Pagan, permet de confirmer l’autocorrélation des résidus, ce qui favorise une estimation dynamique (Tableau 3). De ce fait, la méthode GMM (H OLTZ -E AKIN, 1988) est préconisée, vu la spécificité des données et les solutions apportées, en comparaison à d’autres méthodes classiques, en ce qui concerne les problèmes de biais de simultanéité, d’endogéneité, de causalité inverse et des variables omises. En plus, l’estimation dynamique avec GMM est aussi préconisée, lorsque les séries traitées ne sont pas de même ordre de cointegration. 15.3.2.2 Résultats de l’estimation en GMM et interprétations En appliquant l’es- timation par GMM pour notre modèle (Tableau 5), on constate une amélioration de la précision des estimations, les résultats confirment que l’évolution de la croissance écono- mique dépend de l’historique, illustré par la variable LGDP(-1). Ce résultat s’aligne avec la théorie de la croissance endogène, qui défend le modèle de croissance économique auto- entretenue. A cet égard, l’école de la croissance endogène ne présente pas la productivité globale comme un résidu, mais elle l’explique par les comportements des agents écono- miques, qui accumulent différentes sortes de capitaux. Quant à l’ouverture commerciale, premier objet de notre étude, son impact sur la relance économique des pays étudiés se montre relativement positif sans qu’il soit économétrique- ment significatif. Ce constat est justifié, d’une part, par l’ensemble de contraintes structu- relles auxquelles font face les économies des pays de la CEDEAO ainsi que le Maroc, et 278 OUVERTURE COMMERCIALE, INÉGALITÉS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE d’autre part, par la multiplicité des accords de libre-échange conclus sans être l’objet d’une évaluation et réévaluation régulières. De ce fait, malgré, beaucoup d’opportunités qu’ouvrent ces accords au Maroc, il faut dire qu’ils ne lui ont pas tous été favorables. Ainsi, on peut déjà avancer l’accessibilité limitée des produits marocains aux marchés extérieurs à cause de maintien des barrières non tarifaires appliquées par certains pays. En outre, l’inadaptation de l’offre d’exportation marocaine à la demande d’importation adressée par les pays partenaires est également un handicap pour le Royaume, qui subit aussi la volatilité des deux principales devises de facturation, l’euro et le dollar. Dans le même sillage, le Maroc est contraint par les pays industrialisés dans le cadre de la division internationale du travail et des échanges inégaux, d’une part, à exporter des produits primaires (matières premières, produits de mer et agricoles) et des produits manufacturés à faible valeur ajoutée, et d’autre part, à importer des produits industriels à haute valeur ajoutée, des technologies de pointe et des produits alimentaires. Selon l’Office des changes, les échanges extérieurs du Maroc ont été marqués par une aggravation du déficit de la balance commerciale de 6,5 % à fin juin 2016, atteignant 85,2 milliards de dirhams, contre 80,03 MMDH une année auparavant. Cet insuccès des Accords Régionaux africains, à booster la croissance économique de ces pays, est à chercher dans l’option d’un processus d’intégration par le marché au détri- ment de l’intégration physique. Dans ce même registre, les travaux de O NYANCHA, M A - VURA , N GILA , O NGOMA et C HACHA (2008), R ENEMAN et al. (2001), YANG , G UPTA , D UDLEY et L AWRENCE (2005) confirment que les accords régionaux en Afrique n’ont pas amélioré les échanges entre pays membres en raison de l’absence de produits complé- mentaires, l’insuffisance des infrastructures pour la facilitation des échanges, une différen- ciation minime des produits, la non incitation à importer à cause des coûts élevés, la petite taille du marché et le manque d’un fort engagement politique soutenu Pour ce qui est du deuxième objet de cette étude, les inégalités, approchées par l’indice de GINI, ils contribuent positivement à la croissance. Ce résultat est en parfait accord avec le canal des incitations, qui présente les inégalités comme un facteur incitatif à l’effort, à l’innovation et à l’entreprenariat, et par conséquent, un mécanisme générateur de la crois- sance. Ce constat est compatible également avec la théorie du ruissellement qui indique le caractère intrinsèque des inégalités, ainsi, si l’on réduit les inégalités, les agents feront moins d’effort. L’échantillon étudié, est caractérisé par un niveau élevé de disparités et inégalités, ce qui explique les performances d’entreprenariat dans certains pays. A l’opposé de plusieurs travaux qui évoquent la croissance démographique comme un facteur explicatif de la croissance économique, le coefficient de la croissance démogra- phique n’est pas significatif pour l’échantillon étudié. A noter que l’instrument introduit pour ce modèle est le retard de la variable GDP. Sa validité est confirmée par le test de Sargan (J-statistic) (0.2064 >5% confirme que l’hypo- thèse nulle « absence de corrélation entre la variable instrumentale et les autres variables explicatives » n’est pas rejetée). Cette analyse globale des résultats obtenus et de la problématique de base de ce travail, ne peut s’effectuer profondément sans appréhension des caractéristiques intrinsèques de la région étudiée. En fait, les pays qui constituent l’échantillon sont caractérisés par un niveau de croissance relativement moyen, une croissance démographique relativement élevée, une situation des inégalités répandues, et une multiplicité des échanges commerciaux. CONCLUSION 279 15.4 Conclusion Au terme de ce travail portant sur l’impact de l’ouverture commerciale et des inégalités sur la croissance économique, et sur la base, principalement, de l’évaluation empirique effectuée sur l’échantillon constitué du Maroc et des pays appartenant à la CEDEAO, nous pouvons conclure que le degré de l’ouverture commerciale ne gage pas significativement la relance économique de ces pays. En outre, les inégalités, contrairement à ce qu’on attend comme résultat, se révèlent catalyseur de la croissance économique, et n’empêchent pas ces pays de profiter partiellement de leur ouverture commerciale. Ainsi, une amélioration du degré d’ouverture de l’économie de ces pays par 1% gé- nère une amélioration de la croissance de 0,09%. Cependant, une aggravation des inéga- lités de 1% engendre une stimulation de la croissance de 0,03%. Ces inégalités qui, en dépassant une limite, peuvent devenir une source d’instabilité sociopolitique générant un climat défavorable pour l’attractivité des investissements notamment étrangers, dont leur augmentation de 1% fait croître le taux de croissance de 0,2%, surtout que les inégalités dans la région étudiée, engendrent d’autres formes de disparités, géographiques, sociales et économiques De ce fait, revoir les politiques de répartition et investir en capital hu- main, notamment en matière de sa qualification, à la fois en quantité et surtout en qualité, constituent une nécessité pour les pays de la CEDEAO et le Maroc, afin de bénéficier plei- nement des effets de l’ouverture commerciale.Au Maroc, cette conscience s’est ancrée sur plusieurs niveaux, ainsi, commercialement parlant, et depuis quelques années la question de l’ouverture sur l’économie régionale et mondiale fut une des priorités stratégiques du pays, en témoigne le retour du Maroc à l’Union Africaine et le nombre d’accords conclus et de partenariats engagés, dès lors, dans divers domaines potentiels appelés communément les nouveaux métiers mondiaux du Maroc (NMM) auxquels s’ajoutent l’agriculture et la pêche, les télécommunications, et les domaines de qualification des ressources humaines. Cependant, il n’est pas de sans intérêt de souligner qu’une évaluation et réévaluation régulière des accords de libre-échange doivent être mises en place, car a titre d’exemple les accords signés avec les Etats-Unis, l’Union européenne et la Turquie, pour ne citer qu’eux, n’ont fait que fragilisé davantage l’économie marocaine, et particulièrement l’industrie et l’agriculture. Le Royaume enregistre un déficit commercial avec la majorité des pays avec qui il a conclu un ALE. Au niveau de réduction des inégalités, le chantier phare en la matière demeure l’Initia- tive Nationale de Développement Humain (INDH) qui a fait bénéficier depuis son lance- ment en 2005 jusqu’à 2014 près de 10 millions de bénéficiaires par des investissements mobilisés de 40 milliards de dirhams, soit plus de 44 000 projets réalisés. Le système éducatif n’est pas mis à l’abri de ses préoccupations, ainsi plusieurs ré- formes ont succédé depuis les années 2000, partant de la charte nationale d’éducation et de formation et arrivant à la vision stratégique 2015-2030 en passant par le plan d’urgence 2009-2012, ce qui a permis l’amélioration du taux de scolarisation et la lutte partiellement contre la déperdition scolaire. Cependant, il importe d’attirer l’attention sur la nécessité d’accompagner ces réalisations quantitatives par des améliorations en termes de qualité des apprentissages et des enseignements pour une meilleure qualification des ressources humaines. 280 OUVERTURE COMMERCIALE, INÉGALITÉS ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE Références A DAMS, R. J. & H ANNAFORD, B. (2002). Control law design for haptic interfaces to virtual reality. IEEE Transactions on control systems technology, 10(1), 3-13. A LESINA, A. & P EROTTI, R. (1996). Income distribution, political instability, and invest- ment. 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Statistic Prob. Statistic Prob. Statistic Prob. GDP -3.203 0.000 -11.224 0.000 157.357 0.000 1366.52 0.000 I(1) GIN -2.131 0.016 -2.530 0.005 42.567 0.021 78.458 0.000 I(1) CPI -4.583 0.000 -8.545 0.000 122.225 0.000 358.365 0.000 I(0) EDU -4.778 0.000 -3.943 0.000 59.036 0.000 101.885 0.000 (I1) POP -8.544 0.000 -6.928 0.000 107.761 0.000 32.977 0.162 I(0) TGP -5.517 0.000 -7.241 0.000 101.631 0.000 288.793 0.000 I(1) PEH1 -6.177 0.000 -6.343 0.000 89.409 0.000 284.102 0.000 I(1) PEH2 -2.226 0.013 -6.948 0.000 97.369 0.000 391.392 0.000 I(1) IDE -2.013 0.022 -1.963 0.024 39.576 0.042 50.0191 0.003 I(0) Tableau 3 : Résultats des tests Test Test statistic Prob. Test de Cointégration (KAO) -3.590 0.000 Test de Hausman 10.019 0.074 Breush-Pagan LM 207.474 0.000 Tableau 4 : Résultats de l’estimation-Effet aléatoire Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob. C 66.91910 10.23854 6.607715 0.0000 LIDE 5.583602 0.720142 7.947584 0.0900 TGP 0.162774 1.071548 0.157425 0.7764 POP -4.498016 1.498756 -2.882404 0.0046 GIN 0.215437 0.217458 0.933425 0.3506 CPI -0.148416 0.124467 -1.432864 0.1428 Tableau 5 : Résultats de l’estimation GMM Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob. LGDP(-1) 0.373 0.127 2.934 0.003 LTGP 0.093 1.099 0.085 0.932 LIDE 0.206 0.108 1.899 0.059 POP 0.130 0.293 0.443 0.657 GIN 0.033 0.014 2.371 0.018 CPI 0.043 0.023 1.883 0.061 J-statistic 9.491 Instrument Rank 13 Prob (J-statistic) 0.219