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Potentiel de commerce extérieur entre le Maroc et les pays de la CEDEAO Rafik Nashi, Hind Mcharat et Ilyes Boumahdi Chapitre du live Overture, productivité et croissance économique au Maroc , Édité par Chatri Abdellatif, Publié par Laboratoire d’Economie Appliquée (Mohammed V Univ.) & Policy Center for the New South, ISBN (WEB) : 978-9920-37-593-1 Citer ce document : Nashi, N., Mcharat, H. & Boumahdi, I. (2019). Potentiel de commerce extérieur entre le Maroc et les pays de la CEDEAO. In A. Chatri (éd). Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc. Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South. Rabat Lien vers l'article : http://www.labeamse.com/2019/04/OPCM16.html Copyright © 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée, Policy Center for the New South & CNRST. Tous les droits sont réservés. CHAPITRE 16 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO Rafik Nashi1, Hind Mcharat2, Ilyes Boumahdi3 1 Laboratoire d’Économie Appliquée, Université Mohammed V de Rabat 2 Institut national de statistique et d’économie appliquée 3 Enseignant vacataire, Institut National de Statistique et d’Économie Appliquée E-mail de correspondance : rafik.nashi@gmail.com Résumé : À la suite de la demande du Maroc d’adhésion à la CEDEAO, ce travail cherche à analyser les échanges commerciaux entre ces derniers en vue de se renseigner sur l’effet de cette adhésion sur son commerce extérieur et déterminer le potentiel du commerce entre avec ces pays. L’analyse est effectuée à l’aide des indicateurs du commerce extérieur et du modèle de gravité, estimé sur les 15 pays de la CEDEAO et les pays de l’UMA y compris le Maroc, au cours de la période allant de 2000 jusqu’à 2015. Nos résultats montrent l’existence des potentialités de com- merce extérieur à exploiter par les deux parties. De même, l’adhésion du Maroc à la CEDEAO va permettre d’améliorer surtout ses échanges à l’export. Mots clés : Potentiel commercial, modèle de gravité, complémentarité, intensité, avantages com- paratifs révélés, Maroc, CEDEAO. Abstract : Following Morocco’s request to join ECOWAS, this work seeks to analyze trade bet- ween them in order to learn about the effect of this accession on its foreign trade and to determine the potential of trade with those countries. The analysis is carried out using the external trade in- dicators and the gravity model, estimated for the 15 ECOWAS countries and the AMU countries including Morocco, during the period from 2000 to 2015. Our results show the existence of the potentialities of foreign trade to be exploited by both parties. Similarly, Morocco’s accession to ECOWAS will help improve its export trade. Keywords : Trade potential, gravity model, complementarity, intensity, revealed comparative ad- vantages, Morocco, ECOWAS. Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc, Éd. Chatri Abdellatif. 285 Copyright c 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South. 286 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO 1.1 Introduction En Afrique, les unions économiques et monétaires dépassent dix organisations qui conc- ourent au resserrement des liens commerciaux entre ses pays, et le renforcement de leurs capacités à participer au commerce mondial. Conscient des défis majeurs que présente la mondialisation, et du rôle important des unions économiques à surmonter ces défis, le Maroc a réorienté sa politique extérieure vers les pays africains. Cela s’est traduit par la conclusion de plusieurs accords de partenariat à titre individuel dans plusieurs domaines. Le retour du Maroc à l’Union Africaine, et par la formulation de la demande d’adhésion à la Communauté Économique Des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce rappro- chement est ancré par des enjeux économiques, politiques et stratégiques mutuels. C’est dans ce cadre qu’il convient d’interroger la configuration des relations écono- miques entre le Maroc et les pays de la CEDEAO pour en révéler le potentiel et les condi- tions requises pour sa réalisation effective. En effet, comme c’était le cas dans plusieurs régions du monde (notamment en Asie), la réalisation d’une intégration régionale plus poussée dans toutes ses multiples dimensions devrait contribuer à libérer le potentiel com- mercial desdits pays. Dans ce sens, cette étude vise à analyser les échanges commerciaux du Maroc avec les pays de la zone CEDEAO et de relever le potentiel d’échange dont dispose le Maroc avec ces pays. Pour ce faire, il sera question, dans un premier temps, de faire une analyse basée sur les indicateurs de complémentarité, d’intensité et de spécialisation du commerce extérieur entre le Maroc et les pays de ladite région. Ensuite, un modèle de gravité des échanges commerciaux entre le Maroc et ces pays sera estimé afin de simuler le commerce bilatéral potentiel entre ces derniers. 1.2 Profil commercial de la CEDEAO et relation commerciale avec le Maroc 1.2.1 Profil commercial de la CEDEAO concentré par produit et par marché Sur le plan commercial, la CEDEAO a depuis sa création mis l’accent sur la dimension « développement du commerce » à travers la mise en place des politiques commerciales visant à augmenter les échanges intrarégionaux, à accroître le volume du commerce et à encourager les activités économiques de la région. Les échanges commerciaux de la CEDEAO se chiffrent en moyenne à 217,7 milliards de dollars (137,3 milliards de dollars des exportations et près de 80,4 milliards de dollars des importations). L’excédent de la balance commerciale de la CEDEAO, évalué à environ 56,9 milliards de dollars, est à porter au crédit de la Guinée-Bissau, du Nigeria à hauteur de 58,4 milliards de dollars et de la Côte d’Ivoire pour 3,4 milliards de dollars alors que tous les autres pays ont enregistré un déficit de la balance commerciale. Les taux de couverture des exportations, par rapport aux importations (figure 1), dé- gagent des couvertures insuffisantes de 10% pour le Cap Vert, 16% pour le Libéria et 26% pour la Gambie. La plupart des autres pays affichent une couverture déficitaire comprise entre 40% et 80% alors que les taux de couverture excédentaires sont de l’ordre de 116% pour la Côte d’Ivoire, 117% pour le Nigéria et 125% pour la Guinée-Bissau. Les échanges commerciaux intra-zone ont marqué un accroissement annuel de 18% en moyenne entre 2005 et 2014 pour atteindre 10% des échanges. Les pays les plus actifs sont PROFIL COMMERCIAL DE LA CEDEAO ET RELATION COMMERCIALE AVEC LE MAROC 287 le Nigeria, qui représente environ 76% du total des échanges, suivi par le Ghana (9,2%) et la Côte d’Ivoire (8,6%). Figure 1 : Taux de couverture commerciale des pays de la CEDEAO Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données UNCTADstat de la CNUCED. Les exportations intracommunautaires se sont chiffrées à 1,96 milliards de dollars en 2015, soit 10% des exportations de la région contre 64% pour l’Union Européenne et 3% pour l’UMA. Les « combustibles minéraux, huiles minérales, produits de leur distillation » sont le principal produit exporté par la communauté (22% de ces exportations en 2015). Ils sont suivis par le « sel, soufre, terres et pierres, plâtres, chaux et ciments » (7,8%) et par les « matières plastiques et ouvrages en ces matières » (7%). De même, dans le cadre de la réalisation d’un développement économique durable et de la réduction de la pauvreté, la CEDEAO s’intéresse également à maintenir une intégration convenable de la région dans l’économie mondiale, à travers des politiques commerciales qui visent à renforcer les échanges extra-zone. En effet, l’Europe représente environ 28% des exportations de la CEDEAO, avec particulièrement 23% pour l’Union européenne. Les Amériques représentent 40% avec 34% pour l’Accord de Libre-Échange Nord-Américain (ALENA). Les échanges Sud-Sud montrent une avancée significative des pays de l’Asie et de l’Océanie, qui représentent 16% des exportations, dont 0,3% pour le Proche et le Moyen-Orient. Le Nigeria fournit 77% des exportations régionales et la Côte d’Ivoire 10%. Pour leur part, le Ghana et le Sénégal sont troisième et quatrième avec 4% et 2% respectivement. Le Mali suit avec 1,7% des exportations régionales. Le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée, le Niger et le Togo représentent chacun 1% des exportations régionales. Les pays de la CEDEAO n’ont pas diversifié leurs exportations depuis leur indépen- dance. En effet, La structure de commerce extérieur des pays de la région se caractérise par la dominance d’exportation de produits de base agricole et minière, avec plus de 80%, et de faibles capacités d’exportations de produits manufacturés. Les exportations de la CEDEAO sont dominées par les « combustibles minéraux, huiles minérales, produits de leur distillation » (environ 64% en 2015) qui sont essentiellement fournis par le Nigéria (94%). Le « cacao et ses préparations » (10%), les « perles fines ou de culture, pierres gemmes ou similaires » (9,8%) et les « minerais, scories et cendres » (2,8%) constituent avec les hydrocarbures les principaux produits exportés. De manière générale, les exportations de la CEDEAO sont dominées par le Nigéria (63,4% en 2015), le Ghana (13,2%) et la Côte d’Ivoire (11,8%). L’Inde est le premier 288 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO client de la CEDEAO, avec 20% des exportations en 2015, suivi des Pays-Bas avec 8,5% puis de l’Espagne avec 7,6% et de la France avec 6,6% de ces exportations. Concernant les importations, les « combustibles minéraux, huiles minérales, produits de leur distillation » figurent en tête de liste avec 11,4% des importations totales de la CEDEAO (tableau 2). Viennent ensuite les « machines, réacteurs nucléaires, chaudières, appareils et engins », avec 10,4%, les « machines, appareils et matériels électriques, leurs parties » avec 8,4% et les « voitures automobile, tracteurs, cycles et autres véhicules » avec 6,5%. Le Nigéria occupe la première position concernant les importations de la CEDEAO, avec 43,1% de ces importations en 2015. Il est suivi du Ghana avec 14,1% et du Libéria avec 9,1%. La Chine est le principal fournisseur de la CEDEAO. Elle tient à elle seule 31% des importations de la région en 2015. Elle est suivie par la France (6,8%), les Pays-Bas (6,4%) et les Etats-Unis d’Amérique (6,3%). 16.2.2 Échanges commerciaux entre le Maroc et la CEDEAO Les échanges du Maroc avec la CEDEAO ont été caractérisés par un excèdent commer- cial qui a atteint 615 millions de dollars en 2015, soit une croissance annuelle moyenne de 30,9% sur la période 2001-2015 (figure 2). Figure 2 : Évolution des soldes commerciaux entre le Maroc et la CEDEAO Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données UNCTADstat de la CNUCED Cet excédent est le fruit d’une croissance soutenue des exportations vers cette union, avec un taux de croissance annuel moyen de 17%, portant ces dernières de 63,4 millions de dollars en 2001 à 698,6 millions de dollars en 2015. Ces exportations (figure 3) ont constitué en moyenne 2% des exportations totales du Maroc entre 2001 et 2015. Sur la période 2001-2015, les exportations du Maroc à la CEDEAO sont principalement destinées au Sénégal (20%) la Côte-D’Ivoire (19%), le Ghana (11%) et le Nigéria (11%). Quant aux importations en provenance de la CEDEAO (figure 4), elles sont passées de 52,5 millions de dollars en 2001 à un pic de 333,8 millions de dollars en 2011 avant d’entamer un repli en 2012 pour atteindre 83,1 millions de dollars en 2015. Ces dernières ont constitué en moyenne 0,4% des importations totales du Maroc entre 2001 et 2015. Les principaux fournisseurs du Maroc sont le Nigéria (31,9%), la Côte d’Ivoire (18,1%), la Guinée (14,2%) et le Togo (9,7%). Par groupe de produits, sur la période 2001-2015, le Maroc réalise en moyenne un excèdent commercial avec la CEDEAO dans les produits alimentaires et animaux vivants, les produits chimiques, les articles manufacturés et les machines et matériels de transport. PROFIL COMMERCIAL DE LA CEDEAO ET RELATION COMMERCIALE AVEC LE MAROC 289 Figure 3 : Structure des exportations du Maroc vers la CEDEAO par pays, (2001-2015) Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données UNCTADstat de la CNUCED Figure 4 : Structure des importations du Maroc de la CEDEAO par pays (2001-2015) Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données données UNCTADstat de la CNUCED Par ailleurs, la balance commerciale est déficitaire relativement aux matières brutes non combustibles et les combustibles minéraux (figure 5). Il y a lieu de signaler que les exportations du Maroc ont été marquées ces dernières années par la présence d’un nombre de plus en plus important de produits manufacturés, comme les fils et câbles électriques, les voitures industrielles telles que les véhicules neufs pour marchandises (camions citernes,... etc.) ainsi que les machines et appareils divers. Cependant, malgré cette tendance à la diversification, les exportations vers ces pays restent dominées par les produits d’origine animale, végétale et minérale (conserves de poissons, des engrais, des épices,... etc.). Quant aux importations (figure 7), trois groupes de produits demeurent majoritaires, à savoir les produits alimentaires et animaux vivants (49%), les combustibles minéraux, lu- brifiants et produits connexes (35%) et les matières brutes non comestibles sauf carburants (7%). 290 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO Figure 5 : Solde commercial du Maroc de la CEDEAO par groupe de produits Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données UNCTADstat de la CNUCED Figure 6 : Structure des exportations du Maroc vers la CEDEAO par produits Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données UNCTADstat de la CNUCED Figure 7 : Structure des importations du Maroc vers la CEDEAO par produits Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données UNCTADstat de la CNUCED Ainsi, la CEDEAO s’avère une zone prometteuse et riche en matières premières, mais tributaire des fluctuations q ui r ésident p rincipalement d ans l es a léas c limatiques, v u la dépendance d’une grande partie de ces pays envers le secteur primaire, et de la conjonc- ÉVALUATION DES PERFORMANCES COMMERCIALES ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO 291 ture internationale en ce qui concerne les cours des matières premières. Certes, cette zone est un partenaire essentiel du Maroc dans l’Afrique, mais le volume des échanges reste très faible par rapport aux échanges avec l’Union Européenne. L’adhésion du Maroc à la CEDEAO améliorera certainement les relations économiques, notamment les exportations marocaines vers cette zone. D’où l’intérêt d’étudier la faisabilité du commerce extérieur entre le Maroc et les pays de cette région. 16.3 Évaluation des performances commerciales entre le Maroc et les pays de la CEDEAO Sur le plan opérationnel, les conditions plus ou moins favorables à un accord de libre- échange avec succès, sont mesurées avec certains indices de flux commerciaux globaux. Pour avoir un premier aperçu du potentiel des échanges commerciaux entre le Maroc et les différents pays membre de la CEDEAO, quatre indices d’évaluation des performances commerciales seront mis à contribution, à savoir l’indice de complémentarité commerciale (IC), l’indice de l’intensité des échanges (IIC), l’indice des avantages comparatifs révélés normalisé (ACRN) et l’indice de spécialisation à l’export (SE). 16.3.1 Analyse de la complémentarité et de l’intensité des échanges com- merciaux L’analyse des indices des échanges bilatéraux révèle l’existence d’une complémentarité à l’export importante (figure 8) entre le Maroc et les pays de la CEDEAO variant entre 0,43 pour le Libéria et 0,76 pour la Guinée en 2015. Ces niveaux de complémentarité laissent espérer une expansion des échanges entre ces derniers. Figure 8 : Complémentarité et intensité du commerce à l’export entre le Maroc et les pays de la CEDEAO Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données UNCTADstat de la CNUCED Du côté des importations, la structure des importations du Maroc est relativement dif- férente de celle des exportations des pays de cette région, engendrant ainsi des indices de complémentarité à l’import faibles avec 0,16 pour le Burkina-Faso, 0,22 pour le Mali et 0,38 pour Ghana. Toutefois, il existe des pays ayant une complémentarité acceptable comme le Togo (0,59), le Sénégal (0,59), le Cap vert (0,57) et la Côte-d’Ivoire (0,54). 292 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO Figure 9 : Complémentarité et intensité du commerce à l’import entre le Maroc et les pays de la CEDEAO Source : Elaboré par les auteurs sur la base des données UNCTADstat de la CNUCED De même, le Maroc a un indice d’intensité des échanges à l’export supérieur à 1 pour tous les pays de la région et plus particulièrement le Mali (17,06), le Burkina-Faso (13,89), le Niger (8,04). Par ailleurs, quatre pays de la CEDEAO ont une intensité des échanges à l’import im- portante avec le Maroc, à savoir le Cap vert (9,19), le Togo (4,75), la Guinée (3,17) et le Sénégal (1,17). En comparant les deux indices de complémentarité et d’intensité (figure 9), il s’avère qu’il existe un potentiel d’échanges non encore exploité qu’il conviendrait de combler. Cette démarche réussit pour d’autres pays qui sont parmi les partenaires importants du Maroc (Niger, Sierra Leone, Benin, Burkina Faso) et dont la complémentarité avec le Ma- roc est importante. Du côté import, le constat est plus concluant du fait que les pays ayant relativement une forte complémentarité avec le Maroc (Togo, Cap verte, Sénégal, Sierra Leone,... etc.) sont effectivement présents parmi les principaux partenaires du Maroc sur l’ensemble de la région. En plus de l’appréciation de la complémentarité de l’économie marocaine avec ces pays, il y aurait d’autres éléments expliquant le niveau des exportations du Maroc vers eux et qu’il conviendrait d’analyser tels que la proximité géographique et culturelle, les accords commerciaux, les investissements directs étrangers... etc. À titre exemple, parmi les dix pays de la région les mieux classés dans l’indice d’in- tensité des échanges à l’export avec le Maroc, cinq pays ont un accord commercial avec le royaume (Sénégal, Côte d’ivoire, Mali, Burkina Faso et la Guinée). En ce qui concerne les importations, seulement deux pays (Togo et Sierra Leone) figurent parmi les dix partenaires ayant l’indice d’intensité le plus élevé. 16.3.2 Analyse des avantages comparatifs et de la spécialisation du com- merce Le Maroc a un avantage comparatif (tableau 1) révélé dans cinq produits, à savoir les produits alimentaires et animaux vivants (0,51), les matières brutes non comestibles, sauf carburants (0,39), les huiles, graisses et cires d’origine animale ou végétale (0,32), les produits chimiques et produits connexes (0,20) et les articles manufacturés divers (0,17). MODÈLE DE GRAVITÉ : FONDEMENTS THÉORIQUES ET APPLICATIONS EMPIRIQUES 293 Or, plusieurs pays de la région ont un désavantage dans ces produits pour lesquels le Maroc peut exporter ces derniers. Dans le cas où les pays partenaires (en l’occurrence le Maroc avec quelques pays de la CEDEAO) ont une faible complémentarité, cela laisse présager que ces pays ont des avan- tages comparatifs dans des groupes de produits similaires. Ceci est bien remarquable du côté export pour le Togo qui est bien avantagé dans la majorité des produits pour lesquels le Maroc a un avantage comparatif. De même, le Maroc peut importer les produits dont il a un désavantage comparatif auprès des pays de la CEDEAO (boissons et tabacs (-0,33), combustibles minéraux, lubri- fiants et produits connexes (-0,69), articles manufacturés (-0,45), Machines et matériel de transport (-0,12) et les articles et transformations (-0,55)) puisqu’il existe des pays qui sont spécialisés dans ces produits. L’indice de spécialisation à l’export (tableau 2) donne une idée sur les avantages com- paratifs révélés par produits relativement à un pays donné. Il s’avère, ainsi, que le Maroc est favorisé dans la majorité de ses produits par rapport à la majorité des pays de la région. En effet, c’est dans les matières brutes non comestibles et les produits chimiques et les articles manufacturés divers que le Maroc se trouve avantagé par rapport à la totalité de ces pays. Le Maroc a également un avantage comparatif par rapport à la majorité de ces derniers dans les produits alimentaires, animaux vivants, les machines, matériel de transport, les articles et transactions. Ce qui laisse présager des échanges profitables pour le Maroc dans ces produits. Toutefois, le Maroc se trouve désavantagé dans les boissons et tabacs, les combustibles minéraux, lubrifiants et produits connexes, les huiles, graisses et cires d’ori- gine animale ou végétale et les articles manufacturés. En conclusion, l’analyse de la complémentarité et de l’intensité des échanges commer- ciaux entre le Maroc et les pays membre de la CEDEAO montre l’existence de potentialités de commerce entre ces derniers malgré leur faible intensité actuelle. De même, à partir de l’étude des avantages comparatifs révélés, il ressort que le Ma- roc est avantagé dans certains produits et aussi désavantagé dans d’autres par rapport aux pays de la région en question. Ceci permet d’envisager des échanges dans les deux sens (importations et exportations) bénéfiques pour les deux parties. Pour aller encore plus loin dans notre analyse, tout en prenant en considération d’autres facteurs pouvant expliquer la dynamique du commerce entre le Maroc et les pays de la CEDEAO, un modèle de gravité a été spécifié et estimé dans la deuxième partie. 16.4 Modèle de gravité : Fondements théoriques et applications empiriques 16.4.1 Fondements théoriques Le modèle de gravité des flux commerciaux internationaux est une approche commune pour la modélisation des échanges commerciaux bilatéraux. Mais, il est critiqué sur le terrain à cause de la faiblesse de la base théorique et les pauvres fondements microécono- miques. Néanmoins, après la deuxième moitié des années 1970, plusieurs développements théoriques ont comblé cette lacune. La première tentative pour fournir une base théorique est venue de l’œuvre d’ A NDER - SON (1979), qui a supposé dans son modèle, que les produits sont différenciés par pays 294 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO d’origine (l’hypothèse d’Armington), et que les préférences des consommateurs sont ho- mothétiques et identiques pour tous les pays et elles sont de type Cobb-Douglas. À l’équi- libre, cette structure impliquerait que, tous les biens sont échangés, tous les pays échangent et le revenu national est la somme des demandes domestiques et étrangères du bien unique que chaque pays produit, et indépendamment du prix, un pays consommera au moins un peu de tous les produits de tous les pays. Pour cette raison, les grands pays importent et exportent plus. B ERGSTRAND (1985, 1989) a expliqué également la détermination théorique du com- merce bilatéral dans une série d’écrits, dans lesquels le modèle de gravité est une implica- tion directe d’un modèle commercial basé sur la concurrence monopolistique, développée par Helpman qui a utilisé un cadre de produits différenciés avec des rendements d’échelle croissants pour justifier le modèle de gravité. Dans ce modèle, des pays identiques com- mercent des produits différenciés vu que la préférence pour la variété des consommateurs. Cette approche a des hypothèses communes avec le modèle d’Armington tels que la simila- rité des préférences dans tous les pays et l’utilisation d’une fonction de type CES (Constant Elasticity of Substitution), les coûts commerciaux équivalents, ainsi que des dépenses exo- gènes. Toutefois, cette approche fait l’hypothèse de l’endogénéité du nombre de biens dans une économie à la maximisation du profit. Elle permet de déduire théoriquement l’équa- tion du modèle de gravité, et surtout l’utiliser pour analyser le commerce intra-industrie. En vertu de cette approche, le niveau du commerce entre deux pays est déterminé par les tailles des économies, les niveaux des prix, la distance et le taux de change. De sa part, D EARDORFF (1998) a montré que les modèles de gravité peuvent résulter d’une théorie traditionnelle de proportions de facteurs du commerce et déduit d’elle une relation de type gravitaire. Il s’est basé sur le modèle d’Heckscher-Ohlin pour donner au modèle de gravité un fondement théorique. Il stipule que les pays en échange ont des dotations différentes en facteurs de production, et il explique le commerce entre ces deux pays par leurs tailles et la distance moyenne pondérée de tous les partenaires commerciaux, ainsi que le niveau de prix. Tout ceci dans un cadre de concurrence pure et parfaite dans lequel les produits sont homogènes et les préférences sont homothétiques. En s’inspirant de la théorie Ricardienne, E ATON et KORTUM (2002) ont développé un modèle de gravité dans lequel les technologies de productions sont différentes d’un pays à l’autre, dans un environnement où les rendements d’échelle sont constants, et des consom- mateurs ayant des préférences homothétiques de type CES et qui cherchent à acheter le bien le moins cher dans le monde. Les deux auteurs considèrent que le travail est le seul facteur de production immobile internationalement. Ainsi, ils expliquent les échanges com- merciaux entre deux pays par leurs tailles économiques, la distance, le niveau des prix du pays j et celui des autres partenaires. En comparant les modèles d’A NDERSON (1979) et de D EARDORFF (1998), on peut en conclure que toutes les théories du modèle de gravité impliquent une explication des rela- tions commerciales bilatérales entre pays i et j à la lumière des poids ajusté des obstacles dans le pays j par rapport aux autres partenaires commerciaux. 16.4.2 Fondements et applications empiriques Le concept du modèle de gravité est basé sur la loi de la gravitation universelle de Newton qui stipule que deux corps sont attirés, d’une manière réciproque, par une force égale au produit du poids de chacun divisé par le carré de la distance entre leurs centres MODÈLE DE GRAVITÉ : FONDEMENTS THÉORIQUES ET APPLICATIONS EMPIRIQUES 295 de gravité. L’application de la gravité aux sciences sociales a d’abord été proposée par Stewart dans les années 1940 avant d’être initialement appliqué au commerce international par T INBERGEN (1963). T INBERGEN (1963) a proposé à peu près la même forme fonctionnelle qui pourrait être appliquée à des flux de commerce international. Cependant, puisqu’il a été appliqué à toute une gamme de ce que nous pourrions appeler les interactions sociales, y compris les migrations, le tourisme et l’investissement direct étranger, la formulation proposée par cet auteur est donnée par : Miα Mjβ Fij =G θ Dij Où Fij est le flux allant de l’origine i à la destination j, Mi et Mj sont respectivement les poids économiques des deux localisations i et j mesurés généralement par le PIB, Dij la distance entre les deux localisations et G la constante gravitationnelle. Ce modèle postule que les flux commerciaux dépendent de la taille des économies me- surée par le produit intérieur brut (PIB) et des coûts de transport approximés par la distance entre les pays coéchangistes. La taille des économies agit ainsi comme une force d’attrac- tion au commerce alors que les coûts de transport constituent une force de résistance aux échanges internationaux. L INNEMANN (1966) annonce que l’équation de gravité peut être analysée à la lumière d’un modèle d’équilibre partiel de la demande d’importation et l’offre d’exportation. Sous l’hypothèse d’une élasticité constante de la taille des flux commerciaux à l’égard de l’offre potentielle et le potentiel de demande indiquant le flux des échanges d’un pays i à l’autre j par Xij , l’équation du flux des échanges serait alors combinée des trois facteurs précédents de la manière suivante : Yiβ1 Yjβ3 Pijβ6 Xij =β0 Niβ2 Njβ4 Dij β5 Où Yi et Yj les PIB des deux pays, Ni et Nj les tailles des populations, Dij la distance entre les deux pays et Pij le facteur de préférences commerciales. Sous la base des hypothèses citées précédemment, A NDERSON (1979) dérive le modèle de gravité, qui postule qu’il y a un bien pour chaque pays. Il n’y a pas de tarifs ou de frais de transport. Après quelques développements et généralisations, la formulation du modèle de gravité adoptée par Anderson est la suivante : ∅i Yi ∅j Yj ∅i Yi ∅j Yj Mij = P =P P j ∅j Y j i j Mij Avec ∅i la part des dépenses sur tous les biens échangés dans les dépenses totales du pays i. Une forme log-linéaire de cette équation est la forme déterministe de l’équation de gravité avec le terme de la distance supprimé et un terme d’échelle ajouté. De la même manière, l’équation de gravité peut être dérivée en supposant une concurrence parfaite ou une structure de marché monopolistique. 296 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO De plus en plus, de récents travaux ont montré que, loin d’être un outil purement éco- nométrique sans base théorique, les modèles de gravité peuvent découler d’une variété de théories du commerce. En effet, A NDERSON et VAN W INCOOP (2003) montrent que l’estimation du modèle de gravité peut être grandement améliorée en intégrant ce qu’ils désignent comme des mesures de résistance multilatérales. Ainsi, le modèle ci-dessus donne la spécification du modèle gravité sous la concurrence monopolistique. De manière générale, l’équation de gravité est spécifiée comme suite : β5k Mijk = Yiβ1k Yjβ2k Niβ3k Njβ4k Dij Uijk Où Mijk est le flux en dollars du bien ou du facteur k du pays ou de la région i au pays ou à la région j et Uij est le terme d’erreur qui suit une distribution log-normale avec E (lnUij ) = 0. Dans la littérature empirique récente, le modèle de gravité traditionnel est encore dé- veloppé en introduisant plus de variables (S ILVA & T ENREYRO, 2004). C’est ainsi que la version augmentée du modèle permet de traiter d’autres facteurs qui exercent un impact significatif sur le niveau des échanges : le niveau de développement économique mesuré par le revenu par tête, les coûts du commerce, les facteurs culturels (langue commune, colonisateur commun), la frontière commune, les accords commerciaux,... etc. Au regard du modèle de gravité augmenté, le volume des exportations bilatéral peut s’écrire sous la forme généralisée suivante : Yi ∝ Yj β δZij + Pnk=1 γk Bijk Xij =A e Dij θ À côté du volume des échanges commerciaux Xij , de la distance Dij et des tailles éco- nomiques que l’on note Yi et Yj , le modèle augmenté permet de considérer l’influence des variables binaires Zij reflétant la présence d’accords commerciaux, d’investissement ou autres, ainsi que l’effet d’autres variables quantitatives Bij . Selon cette spécification du modèle, les exportations du pays i vers le pays j sont expli- quées par leurs tailles économiques (PIB, PNB ou autres mesures de la taille économique), les distances géographiques directes et un ensemble d’autres variables telles que leurs po- pulations et leurs caractéristiques institutionnelles. De manière générale le modèle de gravité est utilisé à la base pour expliquer les prin- cipaux facteurs qui influencent le volume et la direction du commerce international d’un pays. Il a permis à certains économistes d’expliquer la structure de différents exemples de commerce international. Les applications du modèle de gravité sont multiples selon l’objectif visé. En effet, on distingue deux applications majeures : celles destinées à simuler le potentiel de commerce extérieur entre deux pays ou entre un pays et un groupe de pays, et celles qui servent comme outils d’évaluation de l’effet des accords régionaux sur le commerce. Dans le premier groupe nous citons principalement le travail de F ONTAGNÉ, F REU - DENBERG et PAJOT (1999), celui de S LIMANE , AYADI et R EJEB (2007), le travail de M ILLOGO et O ULMANE (2012), et aussi AVOM et M IGNAMISSI (2013), et enfin l’article de G HAZI et M SADFA (2016) qui s’intéresse à analyser les échanges commerciaux du Ma- PERSPECTIVES DU COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO 297 roc avec ses partenaires africains, afin d’identifier le potentiel d’échange dont dispose le Maroc avec les pays du continent. Dans le second groupe nous citons le travail d’ACHY (2007), et la même ligné, D IOP (2007), et aussi D ERBAL et K ADIRI (2014), G REENE (2013), et enfin le travail de L ABRAR et TABIT (2016) s’interroge sur les implications des ALE sur l’économie marocaine et leurs effets sur les flux commerciaux. 16.5 Perspectives du commerce extérieur entre le Maroc et les pays de la CEDEAO Aux fins d e c ette a nalyse, l e c hoix a p orté s ur l e m odèle d e g ravité d ans s a version augmentée S ILVA et T ENREYRO (2006) pour simuler le potentiel de commerce extérieur entre le Maroc et les différents pays de la CEDEAO. Cette version permet de traiter d’autres facteurs qui exercent un impact significatif sur le niveau des échanges. 16.5.1 Spécification des modèles et méthodes et résultats La forme augmentée du modèle de gravité selon les dernières spécifications inclue la production nationale comme un indicateur de la taille des pays partenaires, la distance entre les centres des pays comme indicateur des facteurs de résistance, et ajoute d’autres variables binaires qui peuvent influencer les flux commerciaux entre les pays (l’apparte- nance à la zone CEDEAO, l’appartenance à une zone monétaire, la présence d’une langue commune... etc.). Le modèle de gravité augmenté prend la forme suivante : β5 β LG +β CDO +β U M +β CDO∗LG Fijt =AYit β1 Yjt β2 Lit β3 Ljt β4 Dij e 6 ij 7 ij 8 ij 8 ij εijt Soit sous forme log-linéaire : ln (F ijt ) =β0 +β1 ln(Y it )+β2 ln(Y jt )+β3 ln(Lit )+β4 ln(Ljt )+β5 ln(Dij )+β6 LGij +β7 CDOij +β8 U M ij +β8 CDO∗LGij +log(εijt ) (16.1) Où : Fijt : Indique le flux commercial, exportations totales (Xijt ) ou importations totales (Mijt ), entre le pays i et le pays j à l’année t exprimé en dollars US courants. Yit : est le PIB du pays i au cours de l’année t. Yjt : est le PIB du pays j au cours de l’année t. Lit : est la taille de la population du pays i à l’année t. Ljt : est la taille de la population du pays j à l’année t. Dij : correspond à la distance entre les pays i et j en kilomètres, séparant les pays impor- tateurs des exportateurs, permet de dépasser une des plus grandes difficultés du modèle à savoir l’estimation des coûts de transport entre les deux pays partenaires. Ici, nous retenons le logarithme de la distance pondérée, comme un proxy des coûts de commerce. 298 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO Par ailleurs, afin d’évaluer l’évolution des exportations et/ou importations entre les pays de la CEDEAO et les autres pays qui sont hors cette union ; nous ajoutons des variables muettes, pour capter l’influence de ces facteurs sur les flux de commerce observés. LGij : est une variable muette qui est égale à 1 si les pays i et j ont une langue commune et 0 dans le cas contraire. CDOij : est une variable muette qui prend la valeur 1 pour deux pays membres d’une union douanière et 0 sinon. U M iJ : est une variable muette qui prend la valeur 1 si les deux pays sont membres d’une union monétaire et 0 sinon. CDO∗LGij : variable d’interaction entre les deux variables représentatives de la langue et de l’appartenance à la CEDEAO, elle prend 1 quand les deux pays appartiennent à la CEDEAO et ont une langue commune. Deux équations du commerce (exportations et importations) ont été estimées par trois techniques d’estimation qui ont été testées pour adopter la meilleure d’entre elles. La pre- mière est celle des moindres carrés ordinaires (MCO) appliquée sur les données empilées. La seconde est basée sur la spécification en panel avec prise en compte des effets indi- viduels fixes ou aléatoires. La dernière est la méthode PPML (Poisson Pseudo-Maximum Likelihood) qui consiste à estimer le modèle dans sa forme multiplicative. Cette dernière s’est distinguée par ses résultats concluants et a été appliquée afin de simuler le potentiel du commerce extérieur entre le Maroc et les pays de la CEDEAO. En effet, l’estimation du modèle de gravité est confrontée à plusieurs problèmes écono- métriques, comme la présence de nombreux zéros dans les flux commerciaux (zéro com- merce dans la base de données), l’hétéroscédasticité et l’endogénéité de certaines variables. Il est d’une longue tradition de log-linéariser l’équation de gravité et d’estimer les variables d’intérêt par la méthode de Moindre carrés ordinaire (MCO), mais cette méthode conduit à des estimations inefficaces . Pour faire face au problème de zéro commerce entre pays, l’échec de l’hypothèse d’homoscédasticité et le biais créé par la transformation logarith- mique, S ILVA et T ENREYRO (2006) suggèrent la technique d’estimation PPML (Poisson Pseudo-Maximum Likelihood). Cette méthode produit toujours des estimations robustes à l’hétéroscédasticité et permet de tenir compte des zéro commerce dans la base de données. La base de données , couvrant la période 2001-2015, est constituée de 20 pays africains, dont les 15 pays de la CEDEAO (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo) et les 5 pays de l’UMA (Union du Maghreb Arabe) qui sont le Maroc, la Mauritanie, la Lybie, la Tunisie et l’Algérie. 16.5.2 Résultats des estimations L’estimation du modèle de gravité des exportations (tableau 5) en se basant sur la mé- thode PPML confirme que les exportations augmentent avec la taille des économies, en particulier celle du pays exportateur (avec des élasticités respectives de 1,1 pour le PIB du pays exportateur et 0,95 pour le pays destinataire) compte tenu de leurs rôles de détermi- nants de l’offre des produits exportables et de la demande d’importation. La distance agit inversement sur les exportations, vu que les pays les plus éloignés géographiquement devraient supporter des coûts plus élevés mais avec une intensité moins importante que celle liée à la taille économique (une élasticité de -0,6). En revanche, la PERSPECTIVES DU COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO 299 langue commune facilite la communication et agit plus favorablement sur les échanges entre les pays (élasticité de 1,77). Par ailleurs, l’appartenance à la CEDEAO agit favorablement sur les flux des expor- tations (élasticité de 0,74). Un signe négatif aurait été plus alarmant vu qu’il traduirait l’existence d’un détournement du commerce au détriment de l’union. De même, l’apparte- nance à une union monétaire a un effet plus important sur la création de commerce dans la région (élasticité la plus élevé de 2,87). L’estimation du modèle de gravité des importations (tableau 3) en se basant sur la mé- thode PPML confirme, également, que ces dernières augmentent avec la taille économique du pays exportateur (élasticité de 1,29) témoignant de l’effet positif de la capacité d’offre exportable alors que la taille économique du pays importateur n’a pas d’effet significatif. En revanche, le poids démographique du pays importateur a un effet positif (élasticité de 0,39) en agissant sur la demande, d’une manière générale, et la demande d’importation, en particulier. De même, la langue commune facilite la communication et agit plus favorable- ment sur les échanges entre les pays (élasticité de 1,84) et le fait d’appartenir à une union monétaire (élasticité de 2,13) revient positivement sur le volume des importations. Cependant, le poids démographique du pays exportateur a un effet négatif (élasticité de - 0,33) sur les importations du pays destinataire compte tenu de la rétention de la production du pays exportateur pour répondre à la demande domestique de ce dernier. De même, l’appartenance à la CEDEAO a un effet non significatif sur le volume des échanges en importations traduisant un potentiel à investir sur le plan intrarégional. De plus, les pays ayant une langue commune au sein de la CEDEAO voient leurs échangent se dégradent par rapport au reste des pays de l’échantillon (élasticité de -1,07). Comme attendu, la distance agit inversement sur les importations puisque les pays les plus éloignés géographiquement devraient supporter des coûts plus élevés (une élasticité de -1,49). 16.5.3 Potentiel commercial et principaux enseignements tirés Il découle des modèles estimés ci-haut une structure théorique des échanges du Maroc avec ses partenaires dans la région de la CEDEAO. Ainsi, les deux modèles de gravité finaux estimés à l’aide de la méthode PPML vont être utilisés pour simuler les échanges de commerce entre le Maroc et les pays de la CEDEAO pour la période 2001-2015. Sur la base de ces estimations, la part exploitée du marché en sera déduite comme suit : P art exploité du marché (%) = (Échanges ef f ectif s/Échanges estimés) ∗ 100 Un ratio dépassant 100 % signifie qu’il n’existe pas de potentiel commercial non ex- ploité. En revanche, un ratio en dessous de 100 % veut dire que le Maroc doit exploiter davantage les possibilités commerciales avec le pays en question. Le potentiel d’ajuste- ment nécessaire pour atteindre ce niveau potentiel sera estimé comme suit : P otentiel d0 ajustement = Échanges estimés − Échanges ef f ectif s Globalement, il s’avère que le Maroc arrive à exploiter les potentialités d’exportation possible avec les pays de CEDEAO alors qu’il n’exploite que faiblement les potentialités 300 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO d’importation possible avec les pays de la région en question. Cela n’empêche pas l’exis- tence de fortes potentialités commerciales au niveau de certains pays partenaires pour les- quels le Maroc doit fournir plus d’effort pour encourager davantage les échanges avec eux. En effet, l’estimation des potentialités à l’exportation du Maroc (tableau 4) permet de classer les pays de la CEDEAO en trois groupes de partenaires : 1. Un premier groupe de pays pour lesquels il existe un potentiel de commerce encore à exploiter, à savoir le Nigéria et le Niger. 2. Une deuxième catégorie de pays pour lesquels le potentiel de commerce a été plei- nement exploité dernièrement. Ces pays sont le Burkina Faso et le Bénin. 3. Un troisième groupe de pays pour lesquels le Maroc ne dispose pas de potentiel de commerce. Il s’agit des 11 autres pays. L’estimation des potentialités à l’importation du Maroc (tableau 5) classe, également, les pays de la CEDEAO en trois groupes de partenaires : 1. Un premier groupe de pays pour lesquels il existe un très fort potentiel de commerce à l’importation, à savoir le Nigéria, la Guinée-Bissau et la Gambie. 2. Une deuxième catégorie de pays pour lesquels le Maroc n’arrive plus à profiter du potentiel de commerce à l’importation ces dernières années. Il s’agit du Sénégal, la Burkina Faso, le Bénin et Libéria. 3. Un troisième groupe de pays pour lesquels le Maroc ne dispose pas de potentiel de commerce à l’importation. Ceci concerne le reste des pays de la CEDEAO. En conclusion, l’adhésion du Maroc à la CEDEAO exercera une influence déterminante sur les échanges bilatéraux. Ainsi, si le Maroc intègre cette union douanière ses exportations vers les pays de cette région vont doubler. Toutefois, cette adhésion du Maroc n’aura pas d’effet important sur les importations du Maroc de cette région. Quant à l’adhésion aux unions monétaires formées par les pays de la CEDEAO, à savoir l’UEMOA et la ZMOA, elle est plus bénéfique pour les deux flux commerciaux. En ce qui concerne le potentiel de commerce, le Maroc arrive à exploiter les potentialités d’exporta- tion et faiblement celles d’importation possibles avec les pays de ladite région. Toutefois, le modèle de gravité indique que le Maroc doit fournir plus d’effort pour encourager da- vantage les échanges avec les pays dont les estimations indiquent la présence de fortes potentialités commerciales. En effet, si le Maroc exploite correctement les potentialités qu’il a avec les pays de la CEDEAO, ses exportations vers cette région vont augmenter de 306,4 millions de dollars alors que ses importations en provenance de cette région vont augmenter de 180,9 millions de dollars. 16.6 Conclusion La CEDEAO occupe une place importante comme partenaire potentiel du Maroc en Afrique, mais le volume des échanges reste très faible par rapport aux échanges avec l’union européenne. L’adhésion du Maroc à la CEDEAO améliorerait certainement les relations économiques, notamment les échanges marocains avec cette zone. Aussi, ce tra- vail s’est focalisé sur l’analyse des échanges commerciaux entre le Maroc et les pays de la CEDEAO pour en dégager les potentialités du commerce entre les deux parties. RÉFÉRENCES 301 L’analyse de la complémentarité et de l’intensité des échanges commerciaux entre le Maroc et les pays membre de la CEDEAO montre l’existence de potentialités de com- merce entre ces derniers malgré leur faible intensité actuelle. De même, à partir de l’étude des avantages comparatifs révélés, il ressort que le Maroc est avantagé dans certains pro- duits alors qu’il est désavantagé dans d’autres par rapport aux pays de la région en ques- tion. Ceci permet d’envisager des échanges bénéfiques dans les deux sens (importations et exportations) pour les deux parties. La modélisation du commerce extérieur entre le Maroc et les pays de la CEDEAO à l’aide du modèle de gravité a permis, en plus de la simulation du potentiel commercial entre les deux parties, de dégager certains enseignements en termes de politique commerciale. En effet, l’adhésion du Maroc à la CEDEAO a un impact positif sur les échanges bila- téraux. À cet effet, si le Maroc intègre cette union, ses exportations vers les pays de cette région vont doubler au moment où ses importations n’en seront pas affectées. Par ailleurs, le potentiel commercial entre le Maroc et les pays de la CEDEAO, est bien exploité du côté export et faiblement exploité du côté import. En effet, l’exploitation correcte des potentialités que le Maroc a avec ces pays, va permettre une augmentation de ses exportations vers cette région de 306,4 millions de dollars. Quant aux importations en provenance de cette région, ils vont augmenter de 180,9 millions de dollars. L’utilisation des données agrégées n’a pas permis de donner des conclusions au niveau sectoriel alors que cela aurait été utile pour l’orientation de la politique commerciale du Maroc. Par ailleurs, la présente étude s’est limitée au commerce des biens alors que les flux des services et des IDE du Maroc dans ces pays peuvent être des facteurs primordiaux à prendre en compte dans le potentiel des échanges entre le Maroc et la CEDEAO. Références ACHY, L. (2007). Le commerce intra-régional : l’Afrique du Nord est-elle une exception ? L’Année du Maghreb, (3), 501-520. A NDERSON, J. E. (1979). A theoretical foundation for the gravity equation. The American Economic Review, 69(1), 106-116. A NDERSON, J. E. & VAN W INCOOP, E. (2003). Gravity with gravitas : a solution to the border puzzle. American economic review, 93(1), 170-192. AVOM, D. & M IGNAMISSI, D. (2013). Évaluation et analyse du potentiel commercial dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). L’Actua- lité économique, 89(2), 115-145. B ERGSTRAND, J. H. (1985). The gravity equation in international trade : some microeco- nomic foundations and empirical evidence. 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Indice de Complémentarité (IC) L’indice de complémentarité commerciale vise à révéler les perspectives du commerce intra-régional en montrant à quel point la structure des exportations d’un pays i correspond à la structure des importations d’un pays j, partenaire du pays i. L’IC se calcule comme suit : Pp |Xik − Mjk | IC ij = 1− k=1 2 Où IC ij est l’indice de complémentarité commerciale entre le pays exportateur i et le pays importateur j, k représente les produits, Xik est la part du produit k dans les exporta- tions totales du pays i vers le monde, alors que Mjk constitue la part du produit k dans les importations totales du pays j en provenance du monde. 1. Indice d’intensité (IIC) L’indice d’intensité du commerce (IIC) permet de montrer dans quelle mesure un pays exporte relativement plus que le reste du monde vers un marché donné. Ainsi, cet indicateur pondère la part d’un marché d’exportation par son poids dans le commerce mondial. L’IIC se calcule comme suit : Xij /XiT IIC ij = XM j /XM T Où Xij représente les exportations du pays i vers le pays ou marché j, XiT les expor- tations totales du pays i, XM j les exportations du monde entier vers le pays j et XM T les exportations totales dans le monde. 1. Indice des avantages comparatifs révélés normalisé (ACRN) L’indice des avantages comparatifs révélés (ACR) (ou indice de Balassa) permet de pré- dire et d’évaluer les effets des changements dans les barrières commerciales (en particulier les tarifs) sur les exportations d’un pays, il fournit également des informations utiles sur les perspectives commerciales potentielles avec de nouveaux partenaires. L’ACR indique si un pays est en train de se positionner sur les produits dans lesquels il a un potentiel commercial. Il permet, ainsi, d’évaluer la compétitivité d’un produit dans les exportations d’un pays par rapport à la part de ce produit dans le commerce mondial. L’indice ACR s’exprime comme suit : Xik /XiT ACRik = XM k /XM T Où Xik et XM k représentent respectivement les exportations du pays i et mondiales en produit k. XiT et XM T font référence aux exportations totales du pays i et aux exportations mondiales totales. L’inconvénient de l’indice ACR est qu’il est asymétrique, c’est-à-dire non borné pour les secteurs présentant un avantage comparatif révélé, mais il a une limite nulle inférieure pour les secteurs présentant un désavantage comparatif. Une alternative est de se référer aux importations plutôt qu’aux exportations en appliquant la même formule que ci-dessus. 304 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO Une autre solution consiste à normaliser l’ACR (indice de Laursen). L’indice des avantages comparatifs révélés normalisé (ACRN) devient : AC ? ?ik −1 ACRN ik = ACRik +1 L’interprétation de l’indice ACRN est similaire à la mesure ACR standard, sauf que la valeur critique est 0 au lieu de 1, et les limites inférieure (-1) et supérieure (+1) sont symétriques. 1. Indice de spécialisation à l’export (SE) L’indice de spécialisation à l’export est similaire à l’indice des avantages comparatifs révélés mais avec une référence à un marché particulier. Cela le rend particulièrement utile pour identifier les partenaires potentiels d’un ALE. Cet indicateur est calculé en tant que rapport entre le potentiel d’exportation du pays i et les besoins d’importation du pays j comme suit : Xik /XiT SE ijk = Mjk /MjT Où Xik représente les exportations du pays i en produit k, XiT les exportations totales du pays i, et Mjk et MjT sont respectivement les valeurs des importations du pays j en produit k et le total des importations du pays j. ANNEXES 305 Annexe B : Tableaux utilisés Tableau 1 : Indice ACRN du Maroc et les pays de la CEDEAO par groupes de produits d'origine animale ou végétale Articles manufacturés divers comestibles, sauf carburants produits connexes, n.d.a. Combustibles minéraux, Machines et matériel de Produits alimentaires et Articles et transactions, Huiles, graisses et cires Produits chimiques et Articles manufacturés lubrifiants et produits Matières brutes non Boissons et tabacs animaux vivants connexes transport n.d.a. Maroc 0,51 -0,33 0,39 -0,69 0,32 0,20 -0,45 -0,12 0,17 -0,55 Bénin 0,55 -0,88 0,80 -0,37 0,84 -0,93 -0,15 -0,63 -0,65 0,47 Burkina-Faso -0,04 -0,99 0,74 -0,99 0,19 -0,92 -0,70 -0,89 -0,96 0,86 Cap-Vert 0,73 -0,14 -0,29 -0,14 -1,00 -0,92 -0,84 0,07 -0,32 -0,94 Côte-d’Ivoire 0,73 -0,14 0,46 0,30 0,55 -0,58 -0,66 -0,50 -0,62 0,03 Gambie 0,61 0,30 0,78 -0,54 0,76 -0,86 0,39 -0,77 -0,84 -0,64 Ghana 0,61 -0,63 0,18 0,17 0,25 -0,83 -0,65 -0,90 -0,91 0,81 Guinée 0,18 -0,37 0,85 -0,13 -0,67 -0,92 -0,87 -0,86 -0,40 0,72 Guinée-Bissau 0,87 -0,96 -0,46 -0,46 -0,92 -0,98 -0,87 -0,97 -0,98 -1,00 Libéria -0,16 -0,98 0,83 -0,69 -0,81 -0,99 -0,81 0,06 -0,97 0,45 Mali -0,30 -0,50 0,61 -0,87 -0,01 -0,23 -0,80 -0,86 -0,86 0,87 Niger 0,11 -0,08 0,74 0,32 0,34 0,40 -0,80 -0,88 -0,91 0,49 Nigéria -0,40 -0,63 -0,20 0,77 -0,89 -0,96 -0,81 -0,95 -0,92 -0,81 Sénégal 0,60 0,52 0,49 0,28 0,64 -0,09 -0,14 -0,83 -0,67 0,48 Sierra Leone 0,30 -0,86 0,87 -0,96 -0,64 -0,73 0,37 -0,77 -0,73 -0,31 Togo 0,10 0,27 0,73 0,22 0,67 -0,08 -0,23 -0,84 -0,26 0,59 Source : Calculs des auteurs 306 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO Tableau 2 : Indice SE du Maroc avec les pays de la CEDEAO par groupes de produits Produits chimiques et Produits alimentaires minéraux, lubrifiants Machines et matériel et produits connexes manufacturés divers animale ou végétale Matières brutes non et animaux vivants produits connexes. transactions, n.d.a. Boissons et tabacs Huiles, graisses et comestibles, sauf cires d'origine Combustibles manufacturés de transport carburants Articles et Articles Articles Bénin 0,81 0,50 3,27 0,32 0,21 3,24 0,23 1,29 1,39 3,29 Bénin 1,55 0,14 7,52 0,09 0,81 1,11 0,37 1,14 3,26 1,71 Burkina-Faso 0,81 0,16 8,42 0,12 0,48 2,55 0,32 1,49 1,95 0,61 Cap-Vert 1,44 0,25 7,41 0,08 1,65 1,46 0,44 0,91 5,45 4,89 Côte-d’Ivoire 0,63 0,29 4,94 0,18 0,07 3,83 0,32 2,00 2,87 8,31 Gambie 1,47 0,42 5,06 0,27 0,82 1,46 0,29 0,76 1,96 5,52 Ghana 1,15 0,19 4,58 0,18 0,62 1,87 0,31 0,98 1,55 1,55 Guinée 0,76 0,03 6,23 0,20 0,27 2,56 0,32 1,74 2,66 5,27 Guinée-Bissau 6,28 1,43 23,71 0,34 4,20 8,98 1,64 0,53 7,76 0,05 Libéria 1,77 0,31 7,21 0,10 0,68 1,16 0,27 1,12 3,45 11,73 Mali 1,16 0,16 2,62 0,17 0,35 1,57 0,33 0,93 3,32 1,74 Niger 1,54 0,41 5,09 0,19 1,26 1,45 0,31 0,74 2,54 2729,63 Nigéria 1,14 0,31 3,59 0,11 0,44 1,89 0,29 1,25 2,33 1,11 Sénégal 0,98 0,16 5,62 0,12 1,11 2,06 0,36 1,11 1,95 1,55 Sierra Leone 2,79 0,81 5,80 0,04 0,87 2,39 0,37 2,23 2,48 0,89 Source : Calculs des auteurs Tableau 3 : Synthèse des estimations pour les différents modèles Modèles Échanges à l’export Échanges à l’import MCO sur MCO sur Panel à Panel à effets Variables données PPML données PPML effets fixes aléatoires empilées empilées 1,504 0,955 1,099 0,387 0,343 -0,205 PIB du pays d’origine (0,000) (0,007) (0,000) (0,000) (0,053) (0,117) PIB du pays de destination 0,085 0,573 0,952 0,684 0,552 1,375 (0,215) (0,004) (0,000) (0,000) (0,007) (0,000) Population du pays -0.356 -1,258 -0,985 0,614 0.736 -0.356 d’origine (0,000) (0,299) (0,000) (0,000) (0,001) (0,000) Population du pays de 1,079 1,63 -0,277 0,821 0,962 0,668 destination (0,000) (0,097) (0,011) (0,000) (0,003) (0,000) - -1,995 -1,663 -1,678 -1,508 La distance __ 0,6036 (0,000) (0,000) (0,000) (0,000) (0,000) 1,317 1,771 2,074 1,902 2,075 Langue commune __ (0,000) (0,000) (0,000) (0,005) (0,000) Intégration régionale 0,907 0,745 0,328 0,293 -0,623 __ (0,000) (0,042) (0,248) (0,682) (0,155) Langue commune dans la 0,035 -0,244 -0,172 -0,007 -1,289 __ région (0,884) (0,000) (0,500) (0,993) (0,000) -1,029 2,868 -0,260 -0,553 2,906 Union monétaire __ (0,000) (0,000) (0,371) (0,386) (0,000) Source : Calculs des auteurs ANNEXES 307 Tableau 4 : Potentiel des exportations du Maroc avec les pays de la CEDEAO 2001-2005 2006-2010 2011-2015 Partenaire Potentiel Potentiel Potentiel du Maroc Part exploitée d’ajustement Part exploitée d’ajustement Part exploitée d’ajustement du marché (En milliers de du marché (En milliers de du marché (En milliers de US$) US$) US$) Nigéria 25% 45079,24 11% 188415,53 20% 304415,09 Ghana 351% - 770% - 895% - Côte d'Ivoire 132% - 146% - 238% - Sénégal 261% - 305% - 384% - Mali 152% - 121% - 170% - Burkina 92% 300,03 84% 2444,36 123% - Faso Guinée 140% - 198% - 409% - Bénin 83% 636,54 109% - 135% - Niger 81% 336,81 59% 3664,00 86% 2027,85 Sierra Leone 382% - 314% - 367% - Togo 159% - 221% - 328% - Libéria 2210% 1023% 687% Cap Vert 136% - 117% - 171% - Guinée 446% - 355% - 564% - Bissau Gambie 1375% 1321% 1206% Total - 46352,62 - 194523,89 - 306442,94 Source : Calculs des auteurs 308 POTENTIEL DE COMMERCE EXTÉRIEUR ENTRE LE MAROC ET LES PAYS DE LA CEDEAO Tableau 5 : Potentiel des importations du Maroc avec les pays de la CEDEAO 2001-2005 2006-2010 2011-2015 Partenaire Potentiel Potentiel Potentiel Part exploitée du Maroc Part exploitée d’ajustement d’ajustement Part exploitée d’ajustement du marché du marché (En milliers de (En milliers de du marché (En milliers de US$) US$) US$) Nigéria 25% 35442,89 26% 103842,00 46% 166468,09 Ghana 177% - 203% - 276% - Côte d'Ivoire 222% - 108% - 108% - Sénégal 111% - 142% - 60% 4103,24 Mali 184% 226% 169% - Burkina 231% - 133% - 32% 4689,20 Faso Guinée 201% - 241% - 193% - Bénin 615% - 294% - 38% 2470,02 Niger 9% 941,37 6% 2119,23 19% 2903,57 Sierra Leone 373% - 351% - 379% - Togo 824% - 447% - 357% - Libéria 556% - 114% - 5% 110,03 Cap Verte 96% 30,26 198% - 199% - Guinée 19% 30,47 0% 64,84 0% 93,37 Bissau Gambie 2% 50,56 21% 64,90 5% 79,14 Total - 36495,55 - 106090,97 - 180916,66 Source : Calculs des auteurs