Démantèlement tarifaire au Maroc : Une étude
d’impact par le modèle multiplicateur de la
Matrice de Comptabilité Sociale
Amina Talal et Oulaa El Ouahabi
Chapitre du live Overture, productivité et croissance économique au Maroc , Édité par
Chatri Abdellatif, Publié par Laboratoire d’Economie Appliquée (Mohammed V Univ.) &
Policy Center for the New South, ISBN (WEB) : 978-9920-37-593-1
Citer ce document :
Talal, A. & El Ouahabi, O. (2019). Démantèlement tarifaire au Maroc : Une étude d’impact
par le modèle multiplicateur de la Matrice de Comptabilité Sociale. In A. Chatri (éd).
Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc. Laboratoire d’Économie
Appliquée & Policy Center for the New South. Rabat
Lien vers l'article : http://www.labeamse.com/2019/04/OPCM8.html
Copyright © 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée, Policy Center for the New South & CNRST.
Tous les droits sont réservés.
CHAPITRE 8
DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU
MAROC : UNE ÉTUDE D’IMPACT PAR LE
MODÈLE MULTIPLICATEUR DE LA
MATRICE DE COMPTABILITÉ SOCIALE
Amina Talal, Oulaa El Ouahabi
Laboratoire d’Économie Appliquée, Université Mohammed V de Rabat
E-mail de correspondance : amina.talal18@gmail.com
Résumé : Ce papier a pour objectif d’évaluer les effets du démantèlement tarifaire au Maroc
sur des indicateurs macroéconomiques et sectoriels, suite à l’accord de libre-échange Maroc-UE.
L’évaluation est faite à partir du modèle des multiplicateurs en se basant sur la MCS de 2013 du
Maroc. Dans ce sens, huit simulations ont été appli-quées sur huit industries. Les résultats issus
de l’analyse révèlent l’effet positif de la baisse des droits de douane appliqués à l’UE sur les
différentes grandeurs macroéconomiques, notamment l’augmentation de la valeur ajoutée, des
revenus des agents économiques. Ils indiquent aussi que lorsque le Plan d’accélération industrielle
est associé au démantèlement, l’économie connait une amélioration significativement importante.
Mots clés : Démantèlement Tarifaire, Impact Economique, Accord de Libre-Echange Maroc-
UE, Multiplicateur de La MCS, Réforme Tarifaire.
Abstract : This paper is intended to assess the effects of the tariff dismantling to the Morocco on
the set of macroeconomic and sectoral indicators as a result of the Morocco-EU free trade
agreement. The assessment is from the model of the SAM multipliers based on the disintegrated
SAM of Morocco 2013. In this sense, eight simulations were applied on eight industries. The
results of the analysis reveal the positive effect of the reduction in customs duties applied to EU on
various macroeconomic quantities, including the increase of production, incomes of
economic agents, they indicate also that when associated with decommissioning, the economy
experience a significantly improvement. In this sense, eight simulations were applied on eight
industries. The results of the analysis reveal the positive effect of the reduction in customs
duties applied to EU on various macroeconomic quantities, including the
increase of production, incomes of economic agents, they indicate also that when
associated with decommissioning, the economy experience a significantly improvement.
Keywords: Tariff Dismantling, Economic Impact, Free Trade Agreement Morocco–EU, SAM
Multipliers, Tariff Reform.
Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc, Éd. Chatri Abdellatif. 123
Copyright
c 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South.
124 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
8.1 Introduction
Bien que la théorie économique tend à confirmer l’effet globalement favorable de la
libéralisation des échanges sur la croissance économique, l’ouverture et son véritable im-
pact reste aujourd’hui une préoccupation majeure des décideurs et économistes des pays
en développement tout que les incidences ne sont pas toujours et partout positives.
Le Maroc, à l’instar des autres PED a opté depuis le début des années 80 pour la li-
béralisation de son économie et de ses échanges. Cette ouverture s’est confirmée avec la
signature d’une multitude d’accords d’association et de libre-échange avec différents par-
tenaires commerciaux tels que l’Union Européenne, les pays arabes, les États-Unis d’Amé-
rique et la Turquie, et avec des regroupements régionaux en Afrique tels que l’Union Éco-
nomique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), la Communauté Économique et Moné-
taire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et récemment une demande pour intégrer l’organisa-
tion ouest-africaine (CEDEAO). Par conséquent, une analyse d’impact macroéconomique
et sectorielle de cette politique présente un intérêt évident.
L’approche méthodologique adoptée ici requiert une modélisation qui tient compte des
caractéristiques structurelles et intersectorielles de l’économie. C’est la raison pour la-
quelle il a été opté pour l’analyse par le modèle multiplicateur de la matrice de compta-
bilité sociale (MCS), en prenant la MCS de 2013 comme référence et l’accord Maroc-UE
comme exemple, vu son importance vis-à-vis des autres accords.
En effet, étant une représentation de l’ensemble du système économique, la MCS per-
met de faire ressortir les interrelations et le flux circulaire du revenu entre les biens, la
production, les facteurs, et les institutions et par conséquent, simuler un choc de structure
et en évaluer les différentes retombées.
Notre analyse portera dans un premier temps sur la structure de l’économie afin d’iden-
tifier les secteurs clés de l’économie marocaine, la part de chaque secteur dans la création
du PIB, ainsi dégager les produits à forte valeur ajoutée en mesure de favoriser l’améliora-
tion du profil de spécialisation du Maroc et de valoriser ses exportations dans le cadre de
L’ALE.
Dans un deuxième temps nous mettrons l’accent sur l’effet du démantèlement des
droits de douane sur les différents agrégats macroéconomiques à savoir ; la production,
la consommation, les revenus et éventuellement la croissance au Maroc.
8.2 Survol de la littérature théorique et empirique
8.2.1 Revue de littérature théorique
Les principales théories du libre-échange ou du protectionnisme ont fait l’objet de nom-
breuses publications. Les modèles les plus connus sont ceux d’Adam Smith, Ricardo,
HOS 1 et Krugman.
Ces théories ont en effet constitué le point de départ de l’analyse classique des échanges
internationaux, qui met l’accent sur les vertus du libre-échange.
1. Le modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson est le « modèle standard » de la théorie du commerce international
fondé sur l’avantage comparatif de David Ricardo.
SURVOL DE LA LITTÉRATURE THÉORIQUE ET EMPIRIQUE 125
Si les théoriciens classiques voyaient le gain d’une nation dans le libre-échange, d’autres
le voyait dans le protectionnisme qu’ils considèrent comme un facteur de sécurité pour la
production nationale contre la concurrence étrangère.
Cette doctrine économique « restrictive » se traduit par un ensemble de mesures telles
que la limitation des importations, sans pour autant limiter les exportations. En effet, dans
cette optique les partisans de cette théorie sont conscients qu’une nation n’a aucun intérêt à
vivre en autarcie. C’est pourquoi les nations devraient mettre en place un ensemble d’ins-
truments de protection. Ces instruments peuvent prendre la forme de barrières tarifaires,
non tarifaires ou réglementaires.
Lorsqu’elle est appliquée aux économies, la protection douanière est créatrice de rentes.
Or, cette rente peut avoir des effets négatifs et pervers. Elle est responsable de l’augmenta-
tion des prix aux dépens des consommateurs et rend caducs les effets de l’ouverture sur la
productivité globale des facteurs (PAULIN, 2006).
Néanmoins, malgré la multitude des théories traitant des deux doctrines, la dualité entre
libéralisme et protectionnisme n’a jamais été tranchée, mais elle a pu donner naissance à
des théories « protectionnistes - stratégiques » qui ne nient pas les bienfaits de l’ouver-
ture mais préconisent une politique commerciale stratégique qui tient compte de certaines
caractéristiques de marché que les théories précédentes n’avaient pas mises en exergue.
Parmi les adeptes de la doctrine protectionniste modérée, on trouve Friedrich List qui
défend l’idée qu’un commerce entre nations ne peut développer un enrichissement mutuel
que si les pays sont de puissance économique comparable. Sa « théorie des industries nais-
santes » a donc pour objet de protéger provisoirement celles-ci de la concurrence par une
barrière douanière pour éviter leur disparition. Mais, une fois réalisée l’industrialisation de
ces secteurs, le protectionnisme peut être levé et faire place au libre-échange.
Toutefois, le protectionnisme éducateur montre des limites ; il s’avère que les barrières
tarifaires issues du protectionnisme peuvent avoir des coûts. En effet, l’augmentation du
prix d’un bien, réduit la propension d’un ménage à consommer.
Des années après Friedrich List et ses successeurs, les auteurs de la nouvelle théorie du
commerce international, en particulier Krugman, démontrent la nécessité du libre-échange
en concurrence imparfaite, tout en réfutant l’hypothèse de son optimalité.
En effet, la démarche de Krugman considère que l’accès aux économies d’échelle per-
met d’augmenter la taille économique de la firme et de bénéficier d’avantages sur ses
concurrents. En effet, grâce aux économies d’échelles les entreprises de taille importante
arrivent relativement à monopoliser les marchés dans lesquelles elles sont installées, et ce
en créant des barrières à l’entrée pour les nouveaux arrivants. Plus les sociétés sont grosses,
plus elles réalisent des économies d’échelles importantes, plus il est difficile pour des nou-
veaux arrivants d’être concurrentiels. Pour Paul Krugman c’est là où l’Etat aurait un rôle
stratégique important à jouer dans le commerce international en organisant et en protégeant
la société, sur des marchés où la concurrence est imparfaite.
Les différents courants susmentionnés, nous permettent de constater qu’en général, la
théorie économique tend à confirmer qu’une augmentation du volume du commerce ex-
térieur est souvent suivie d’une amélioration appréciable des performances économiques.
Par ailleurs, l’abolition ou bien la réduction des droits de douanes permet aux entreprises
domestiques d’obtenir des intrants importés avec une meilleure qualité et à des prix infé-
rieurs à ce qu’ils étaient avant la libéralisation des tarifs. Par conséquent, elle permet de
profiter de la technologie incorporée dans ces intrants et ces biens d’investissement étran-
gers. Ce meilleur accès aux intrants importés incite alors les firmes étrangères à s’installer
126 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
dans le pays qui réduit ses tarifs, et par ricochet, les entreprises locales améliorent leur
compétitivité grâce aux transferts technologiques dont elles pourraient bénéficier.
Cependant, depuis la crise de 2008 qui est une crise de la mondialisation, l’ouverture
intégrale pour certaines économies n’a fait que baisser la croissance et augmenter des pro-
fits qui ne se transforment pas toujours en investissements qui pourraient garantir plus
d’emplois au futur.
8.2.2 Revue de littérature empirique
Actuellement il existe une littérature relativement substantielle sur les accords d’asso-
ciation entre le Maroc et ses partenaires principalement l’Union européenne qui institue
un régime de libre-échange graduel entre les deux partenaires. En effet, en 12 ans, le taux
d’ouverture 2 de l’économie marocaine est passé de 61.3% en 2000 à plus de 80% en
2013 3 . Au niveau de cette section nous allons présenter un aperçu sommaire de quelques
travaux empiriques examinant cette politique de libéralisation du Maroc mais aussi ceux
analysant l’ouverture dans d’autres pays similaires et voisins.
Une des études réalisées est celle du Ministère du commerce extérieur en 2009. L’ob-
jectif étant d’apprécier les éventuels effets des accords de libre-échange conclus entre le
Maroc et ses cinq principaux partenaires commerciaux ; à savoir l’Union Européenne (en
plus de l’AELE), les pays arabes, les États-Unis d’Amérique, la Turquie et les autres pays
sur les différents agrégats de l’économie marocaine, et ce, en s’appuyant sur un modèle
calculable d’équilibre général « IMPALE » (Impact des accords de libre-échange) réalisé
en collaboration avec la Banque Mondiale. L’analyse s’élargit ensuite pour anticiper l’im-
pact de l’application des plans sectoriels lancés par le gouvernement, notamment dans les
domaines du tourisme, des services d’offshoring, du bâtiment et de l’industrie. L’étude ré-
vèle que, à eux seuls, les accords de libre-échange ne peuvent être profitables à l’économie,
même si les résultats globaux sur le PIB sont positifs, l’influence négative sur d’autres agré-
gats est non négligeable notamment la baisse des recettes douanières et le détournement
des échanges au profit des importations effectuées dans le cadre du régime préférentiel 4 .
En plus, la mise en place des plans sectoriels a permis de renforcer la position du Maroc
en terme d’amélioration du solde de la balance commerciale.
Une étude similaire (C HATER & H AMDOUCH, 2001), s’intéressant uniquement aux
implications de l’accord de libre-échange industriel du Maroc avec l’U.E, montre à l’aide
d’un modèle d’équilibre générale calculable (EGC) les conséquences défavorables sur la
croissance (la régression de l’investissement, la baisse de la production de 1.6%) et le
développement, chose qui nécessite des politiques d’accompagnement pour amortir le choc
de l’ouverture et pour le dépasser en termes de compétitivité et de croissance.
En plus des effets économiques de l’ouverture commerciale cette dernière a également
des conséquences sociales principalement sur la pauvreté et sur les inégalités qui devraient
être quantifiées et analysées. Le travail effectué en 2006 portant sur l’interaction entre la
2. Le taux d’ouverture d’une économie mesure la proportion d’activité liée à des échanges de biens ou de
services avec l’étranger. Il est calculé en sommant les importations et les exportations et en rapportant le tout au
produit intérieur brut (PIB).
3. Tableau de bord des indicateurs macroéconomiques, Direction des études et des prévisions financières
(DEPF), Ministère de l’économie et des finances, Maroc 2015.
4. Le domaine préférentiel constitue le cadre de travail des entreprises qui exportent leurs marchandises vers
les pays ayant conclu des accords économiques préférentiels avec le Maroc.
SURVOL DE LA LITTÉRATURE THÉORIQUE ET EMPIRIQUE 127
libéralisation commerciale et la pauvreté au Maroc (A BDELKHALEK, 2006) à l’aide d’une
approche EGC de micro-simulation. L’agent ménage dans le contexte de cette analyse
est très désagrégé (5129 ménages), dépassant ainsi, la notion de ménage représentatif. Il
ressort d’après l’étude que 51.23% des ménages gagnent en termes de dépenses par tête
suite à la réduction des droits de douane à l’importation.
Les modèles EGC sont très utiles comme mécanisme d’aide à la prise de décision, et
l’approche la plus adéquate pour les analyses des questions de libéralisation du commerce
extérieur. Cependant, il demeure sujet à certaines limites dues à son caractère statique in-
adapté avec les fluctuations et les évolutions de la conjoncture économique, d’où l’intérêt
d’utiliser les modèles dynamiques pour le traitement de ces questions comme c’était le cas
pour la Tunisie (M AROUANI, 2004). Un modèle EGC inter-temporel a été mobilisé pour
l’analyse d’impact de l’association Tunisie-U.E et du démantèlement de l’accord multi-
fibres 5 sur l’emploi en Tunisie pendant la période 1996-2008 tout en prenant compte ex-
plicitement du démantèlement graduel tel qu’il est prévu par l’accord. Plusieurs scénarios
de compensation du manque à gagner fiscal ont été simulés, il en résulte que le partenariat
avec l’U.E aura un effet positif sur l’emploi qui s’explique par la baisse des prix des biens
d’équipements favorisant ainsi l’investissement, principale canal de transmission des chocs
dans les modèles dynamiques, et la création d’emploi et la croissance, d’autant plus si cette
politique d’ouverture est accompagnée par des réformes fiscales.
Plus récemment, (AUGIER & C ASTEL, 2017) montrent un effet positif de la baisse
du droit de douane sur la compétitivité des industries. Ainsi, une baisse d’un point de
pourcentage des droits de douane a eu pour effet de générer pour les exportations une
hausse de 1,4 à 1,9 points de pourcentage due à l’augmentation de la demande mondiale. En
revanche, la prise en compte de l’hétérogénéité des industries à cause d’une différence de la
réponse à l’ouverture à la concurrence internationale, révèle que la hausse des exportations
et de la compétitivité ne concerne que 11 secteurs sur un total de 60 considérés, jugés bien
positionnés dans les échanges internationaux (produits alimentaires et agro-alimentaire,
textile et cuir, l’automobile etc.).
Les mêmes auteurs, à l’aide d’un modèle de gravitation 6 , montrent que la politique
tarifaire menée par le Maroc n’a pas permis d’intensifier les flux d’échanges entre celui-ci
et l’Afrique sub-saharienne.
BAD (2015) a aussi examiné les effets du commerce des biens et des services sur la
performance économique des pays de la région MENA. Les résultats des régressions font
ressortir un lien positif entre le PIB réel et le commerce des services et celui des biens tant
au niveau macroéconomiques qu’au niveau sectoriel.
5. Les accords multifibres sont des accords internationaux dérogatoires dans le domaine du textile et de l’ha-
billement à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), ancêtre de l’OMC. Ils ont pris fin en
2005. Ces accords successifs ont été conclus entre les pays en développement et les pays développés et fixaient
des quotas d’exportations, par pays et par produits, variables dans le temps en fonction de la croissance des pays
en développement. Ils concernaient tant le coton que la laine et les matières synthétiques. Ces accords visaient à
protéger les industries textiles des pays développés de la concurrence des pays à bas salaires.
6. Postule que l’interdépendance commerciale entre deux pays s’organise spontanément en fonction de leur
PIB et de la distance géographique qui les sépare.
128 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
8.3 Analyse descriptive de la politique commerciale extérieure du Maroc
Conscient de l’importance du commerce extérieur et du profit que les accords bilatéraux
et multilatéraux peuvent procurer en terme de développement économique, le Maroc a opté
pour une politique de libéralisation qui a été concrétisée par l’adhésion à l’OMC en 1995
et par la mise en place d’une panoplie d’accords ayant conduit à une forte réduction des
droits de douane appliqués par le Maroc, en particulier dans le secteur industriel et vis-à-
vis de l’ensemble de ses partenaires, à savoir les Emirats Arabes Unies (2003), les Etats
Unies d’Amérique et la Turquie (2006), l’Accord d’Agadir 7 (2007), et l’AELE 8 (2000) .
L’accord le plus important est celui signé avec l’union européenne et appliqué en 2000,
qui a concerné initialement les produits industriels, et été étendu à l’agriculture en 2013.
Selon cet accord les exportations marocaines bénéficient d’un accès aux marchés de l’UE
en franchise depuis l’entrée en vigueur de l’accord et les produits originaires de l’UE ac-
cèdent au marché marocain de manière progressive.
8.3.1 La réforme tarifaire 2009-2012
Dans le cadre de sa stratégie d’ouverture, afin d’assurer une adaptation continue aux
changements de l’environnement national et international du commerce extérieur. Le Ma-
roc a entamé depuis les années 2000 une génération de réformes.
Dans la logique de revoir les droits appliqués aux produits semi-finis ainsi qu’aux in-
trants, une réforme tarifaire étalée sur 4 ans ; 2009-2012, a été amorcée depuis le 1er janvier
2009, dans l’objectif de ramener le taux maximum des droits de douane à 25% avec une
structure tarifaire à quatre taux et à supprimer totalement les droits de douanes sur les
produits industriels à compter de 2012. Selon la loi de finance 2012.
8.3.2 Évolution et structure des recettes douanières et des échanges exté-
rieurs
Avant d’entamer notre analyse d’impact il est nécessaire de contextualiser notre problé-
matique et d’analyser les différents faits stylisés motivant cette dernière. Pour se faire cette
section commencera par une analyse descriptive qui nous permettra en premier lieu de pré-
senter les principales caractéristiques qui ont marqué l’évolution des droits de douane en
tant qu’une composante des recettes douanières, ensuite elle finira par une présentation des
tendances du commerce extérieur marocain au cours des dernières années.
8.3.2.1 Amélioration des recettes douanières durant la période de la réforme En
2016 les recettes douanières 9 sont évaluées à plus de 90 milliards de Dirhams (MMDH),
presque trois fois celles enregistrées en 2001 (36.6 MMDH) après l’amorcement de la
politique d’ouverture. Cette performance est due à une progression remarquable des im-
portations. Durant toute cette période 2001-2016 le Maroc a réussi à accroitre ses recettes
malgré la tendance baissière observée des droits d’importations qui représentent 11% des
7. Égypt, Jordanie, Maroc, Tunisie
8. Association Européenne de Libre Echange : Liechtenstein, Islande, Norvège, Suisse
9. Les recettes douanières se composent principalement du droit d’importation(DI), de la taxe intérieur de
consommation (TIC), de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), en plus de la redevance gazoduc et autres.
ANALYSE DESCRIPTIVE DE LA POLITIQUE COMMERCIALE EXTÉRIEURE DU MAROC 129
recettes totales (ADII, 2016), qui sont passé de 12.3 MMDH en 2001 pour se fixer à un
niveau plus faible (9 MMDH) en 2016. Cette baisse est le résultat de la réforme tarifaire
amorcée par les pouvoirs publics entre 2009-2012.
Quant aux recettes au titre des différents droits et taxes prélevés à la douane, elles ont
enregistré une augmentation où la première place est occupée par la Taxe sur la Valeur
Ajoutée (TVA) qui enregistre une importante progression durant la période d’analyse pour
s’établir à 47.9 MMDH ce qui représente plus de la moitié du totale des recettes. Les
Taxes intérieures de consommation (TIC) occupent la deuxième place, avec une évolution
généralement croissante mais moins intense que celle de la TVA, la TIC est évaluée à 26.1
MMDH en 2016 (voir figure 1 en Annexe).
Certes les droits à l’importation ne pèsent pas beaucoup sur les recettes globales, ce-
pendant l’effet positif que joue la baisse de ces droits dans la croissance des échanges
extérieurs avec les différents partenaires commerciaux n’est pas négligeable.
8.3.2.2 Baisse des droits de douane durant les deux dernières décennies suite à
la conclusion des ALE La réduction des droits de douane a été remarquable à partir de
2000. La plus forte baisse a été enregistrée entre 2000 et 2009, en effet, les droits de douane
sont passés en moyenne, pour l’ensemble des échanges, de 29% à environ 9% suite à la
mise en place des accords commerciaux.
Durant la période 2009-2010, malgré le démantèlement tarifaire, les droits de douane
en moyenne ont enregistré une augmentation d’environ 8%, depuis, les droits de douanes
ont suivi une tendance baissière arrivant en 2015 à 2.54%.
Pendant les deux dernières décennies, la baisse des droits de douane appliqués par le
Maroc a donc été considérable puisqu’elle a représenté environ 18 points de pourcentage
sur l’ensemble des échanges. (Voir figure 2 en Annexe).
8.3.2.3 Impact du démantèlement sur le volume des échanges commerciaux du Ma-
roc Entre 2003 et 2008 les exportations ont augmenté pour s’établir à 155.7 MMDH suivi
par une légère baisse en 2009 due à l’influence de la crise financière, après cette période
les exportations ont retrouvé leur niveaux de 2008 puis l’ont dépassé, pour atteindre 223.4
MMDH en 2016. De même les importations du Maroc ont cru de manière importante pour
passer de 136.1 MMDH en 2003 à 407.4 MMDH en 2016, ce qui signifie une aggravation
du déficit commercial du pays qui a enregistré le plus fort niveau (202 MMDH) en 2012 et
en 2013 (198.3 MMDH), ainsi le taux de couverture des importations par les exportations
reste faible et ne dépasse guère les 50%. Ce qui reflète l’incapacité des industries maro-
caines à produire des biens et services qui peuvent se confronter à la concurrence étrangère
tout en maintenant ou accroissant le revenu national du pays (voir figure 3 en Annexe).
8.3.2.4 Démantèlement tarifaire : quel impact sur la situation de la balance commer-
ciale ? Les échanges avec l’Union Européenne ; le principale partenaire du Maroc ont
augmenté remarquablement depuis l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange puis-
qu’ils ont atteint en 2014 323,7 MMDH, or la dégradation de la balance commerciale est
non négligeable avec un déficit touchant 78,9 MMDH en 2013 et 70,5 MMDH en 2014,
ce qui pointe du doigt l’effet attendu de cet accord et particulièrement la réforme tarifaire
(voir figure 4 en Annexe).
L’effet du démantèlement tarifaire est remarquable à partir de l’année d’entrée en vi-
gueur de chaque accord de libre-échange. En effet, les importations et les exportations par
partenaire commercial ont potentiellement augmenté, avec une pré-pondération de celles
130 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
en provenance des États Unis d’Amérique qui ont atteint respectivement 28,7 MMDH, 7,58
MMDH en 2013 et 26,9 MMDH, 7,1 MMDH en 2014. Les échanges avec les partenaires
Turquie, Quad et AELE ont suivi le même rythme de variation à l’exception des importa-
tions en provenance de l’AELE qui ont timidement fluctué (voir figures 5,6 en Annexe).
Le déficit ne cesse de creuser la balance commerciale du Maroc avec les principaux
signataires des ALE, en effet, avec un déficit de 190,5 MMDH en 2014, l’UE y contribue
à hauteur de 37%, les USA à 10%, la Turquie à 5%, le QUAD à 2% et l’AELE 0.5% (voir
figure 7 en Annexe).
À partir de tous les éléments susmentionnés, il apparait que les différents ALE entre-
tenus entre le Maroc et ses différents partenaires commerciaux n’ont pas été favorables à
celui-ci, en effet, le niveau des importations s’avère plus élevé que celui des exportations.
De plus, les différents indicateurs de la compétitivité mis en exergue dans cette section à
savoir l’évolution de la balance commerciale et le taux de couverture, qui révèlent l’in-
capacité des politiques commerciales marocaine à atteindre leurs aspirations initiales pré-
vues par ses accords, remettent en question la composition des importations, notamment
en terme de biens d’équipement indispensables à l’industrialisation, à la productivité et à
l’offre exportable du Maroc.
Il semble à présent important de vérifier la validité de ces accords, de quantifier l’im-
pact des réformes tarifaires douanières, notamment la réforme 2009-2012 et en évaluer les
différentes retombées sur l’économie marocaine.
L’utilité de cette analyse d’impact sera renforcée par l’exploitation de la matrice de
comptabilité sociale du Maroc au titre de l’année 2013, étant l’outil statistique de réfé-
rence utilisé pour les analyses d’impact sectoriel, qui représente l’ensemble du système
économique et permet de faire ressortir toutes les interrelations et le flux circulaires du
revenu entre la production, les biens, les facteurs et les institutions.
8.3.3 Méthodologie de modélisation
8.3.3.1 Adaptation de la MCS et structure de l’économie La MCS constitue une
généralisation du tableau "entrée-sortie" de Leontief. "D’une part, la MCS offre une pré-
sentation cohérente des transactions qui prennent place dans une économie déterminée,
qu’il s’agit d’un pays, d’une région, ou encore d’un ensemble de pays ou de régions et,
d’autres part, elle fournit aux décideurs de la politique économique la base comptable d’un
cadre analytique susceptible de faciliter leur choix" (D ECALUWÉ, M ARTENS & S AVARD,
2001). Il s’agit simplement d’une représentation d’un ensemble de données macro, méso et
micro-économique des comptes du système socio-économique (P YATT & ROUND, 1985).
Le principe de la MCS est équivalent à celui des modèles d’équilibre général calculable
bien que des hypothèses soient reformulées pour représenter au mieux la réalité.
Étant donné que notre étude d’impact vise la réforme tarifaire 2009-2012 qui marque
la fin de la période de transition 10 pour l’instauration de l’accord de libre échange des
produits industriels entre le Maroc et l’Union européenne, l’année 2013 est celle que nous
avons choisi comme base statistique pour notre modélisation, car elle traduit l’influence de
la politique de démantèlement qui n’est appliquée qu’au cours de l’année 2012.
10. L’accord d’association entre le Maroc et l’U.E vise à instaurer progressivement une zone de libre échange
(pendant la période de transition 2000-2012) à compter du 1er Mars 2012. Circulaire de l’ADII no 4617/22 Le
15 février 2000.
ANALYSE DESCRIPTIVE DE LA POLITIQUE COMMERCIALE EXTÉRIEURE DU MAROC 131
Cependant, la structure de la matrice telle que fournie par la comptabilité nationale ne
peut être utilisée pour l’analyse quantitative d’impact socio-économique des politiques,
cela implique son adaptation à une matrice modélisable.
La structure de notre économie comporte 20 activités de production agrégées selon la
nomenclature de la comptabilité nationale (NCN) (voir Tableau 5 en annexe), qui repré-
sentent les secteurs productifs de l’économie.
Pour des besoins spécifiques à notre problématique de recherche, et pour appréhender
l’hétérogénéité des impacts distributifs de la réforme tarifaire, nous avons procédé d’une
part, à une ventilation du compte Reste Du Monde entre le principal partenaire -l’Union
Européenne- et les autres partenaires du Maroc. D’autre part, le compte administration pu-
blique (APU) décomposé en trois sous comptes.Le premier est les recettes des droits d’im-
portations (DI) appliqués aux importations en provenance du reste du monde, le deuxième
concerne uniquement les recettes des droits de douane appliqués aux importations en pro-
venance de l’Union Européenne, le troisième traduit les autres prélèvements sur les tran-
sactions des biens et services reçus par l’APU (TVA 11 , TIC 12 , etc.).
Il est à signaler que la désagrégation du Reste Du Monde est faite sur la base des données
du système harmonisé (SH 13 ) des échanges extérieurs. Le passage à la nomenclature de
la comptabilité nationale (NCN) est effectué à l’aide de la matrice de passage de la même
année.La décomposition des taxes sur les produits est faite à partir des recettes données
par l’ADII (2013) classées selon la nomenclature du SH par rubrique et par partenaire, et
adaptées à la NCN via la matrice de passage (2013).
Pour les services qui font l’objet d’un traitement particulier vu la contrainte d’indispo-
nibilité des données des échanges des services par partenaire, nous nous sommes appuyées
sur des estimations de l’office des changes pour calculer la part de l’U.E dans les importa-
tions et les exportations marocaines.
Après avoir désagrégé la matrice et introduit des données externes, on passe au ré-
équilibrage de la matrice, ce dernier a été assuré dans le présent travail par la méthode
Racking-Ration (RAS) 14 . Cette étape essentielle d’équilibrage permet d’assurer la cohé-
rence interne de la MCS à travers l’égalité entre les recettes et les dépenses de chaque
compte et la cohérence externe, garantie par l’identité du PIB national calculé selon les
trois approches (voir tableau 1 en annexe).
8.3.3.2 Construction du modèle multiplicateur de la MCS Le modèle des multipli-
cateurs, qualifié de modèle matriciel p ar T HORBECKE (1985), est un modèle à prix fixe
utilisé pour capter les effets directs et indirects de toute injection exogène ou changement
politique dans le système économique sur les principaux agrégats macro-économiques.
Afin d’utiliser ce modèle on doit respecter certaines hypothèses de validité (Voir Annexe).
Cette modélisation est dérivée de la matrice de base retenue en suivant plusieurs étapes.
Au préalable, le principe est de partitionner les comptes de la matrice de base entre comptes
endogènes (compte de production, compte des biens et services, compte des facteurs et les
comptes ménages et firmes) et comptes exogènes (APU, Reste du Monde et Accumulation
du Capital).
11. La taxe sur la valeur ajoutée ou TVA est un impôt indirect sur la consommation
12. Taxes intérieures de consommation (TIC)
13. Nomenclature internationale polyvalente élaborée par l’Organisation mondiale des douanes (OMD).
14. Les différentes étapes de rééquilibrage sont présentées en Annexe I.
132 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
Au niveau des comptes endogènes ou objectif de politique, la valeur des recettes sera im-
médiatement suivie d’une modification des dépenses (L ÉON & S URRY, 2009), tandis que
pour les comptes exogènes, instrument de politique, la valeur des dépenses est indépen-
dante de la valeur des recettes. Ce sont ces comptes qui font l’objet d’un choc (S ADOULET
& D E JANVRY, 1995). Selon le principe du multiplicateur économique, une modification
des variables exogènes entraîne une modification des variables endogènes.
Dans un modèle du système économique les liens entre ces comptes sont représentés par
un système d’équations. En notation matricielle ce modèle s’écrit : X = E + D (1) Où :
X : revenu total ; E : représente les comptes endogènes ; D : le vecteur des comptes exo-
gènes. Ensuite, nous devons construire la matrice des transactions A de dimension (46*46)
composée des coefficients colonnes (toujours compris entre 0 et 1).
dij
A=
xj
Avec : dij : Les dépenses du compte j pour le compte i ; xj : Les dépenses totales du
d
compte. Chaque coefficient xijj représente le paiement moyen d’un compte j à un autre
compte i par unité de dépense du compte j. Le système d’équations (1) peut être écrit
comme suit :
X AX D
= ∗ + ∗
(k ∗ 1) (k k) (k 1)
La matrice des multiplicateurs est dérivée comme suit :
−1
X = (I − A) D
Avec I la matrice identité.
Le multiplicateur MCS noté M = X(I −A) est connu par la matrice des multiplicateurs
car sur le plan analytique il permet de répercuter les effets des dépenses exogènes sur le
système économique par le biais d’un processus de multiplication des impacts qui suit un
circuit itératif de production, distribution et utilisation des revenus.
En fin, pour des fins de simulations, on reproduit la matrice de la situation initiale à
travers le produit matriciel de la matrice M et le vecteur des comptes exogènes de telle
façon que le modèle établi les divers liens qu’existent entre les origines et les emplois des
revenus des agents institutionnels d’un côté, et entre les différentes branches d’activités
de l’autre côté, exprimant ainsi, l’utilisation des facteurs de production par les activités de
production.
L’objectif de ce travail comme antérieurement annoncé est de quantifier l’impact du
démantèlement des droits douane sur l’économie marocaine par le biais du multiplicateur
de la MCS.
Pour quantifier la valeur de notre choc du démantèlement tarifaire sur l’économie ma-
rocaine, le calcul effectué est basé sur une baisse des droits de douane entre 2012 et 2013.
On calcule d’abord les taux des droits de douane pour chaque produit, principalement
les produits industriels en 2012 puis en 2013, et ce en rapportant les recettes des droits
d’importations sur les importations taxable 15 . Ensuite, on calcul directement la variation
de ces deux taux. (Les étapes de calcul sont présentées en Annexe).
15. Données du système harmonisé de l’ADII, passage à la comptabilité nationale à l’aide de la matrice de
passage de l’HCP.
ANALYSE DESCRIPTIVE DE LA POLITIQUE COMMERCIALE EXTÉRIEURE DU MAROC 133
La valeur du choc s’obtient donc comme suit :
Variation DI2013/2012 × Elasticité2013/2012
CHOC =
1%
Afin d e b ien a nalyser e t c omparer l es r ésultats d u m odèle n ous a vons e ffectué huit
simulations pour huit branches d’activité concernées par la réforme tarifaire 2009-2012
en l’occurrence les branches d’activités industrielles (voir tableau 2 en Annexe).
8.3.4 Présentation et interprétation des résultats
8.3.4.1 Impact du démantèlement tarifaire sur l’économie marocaine Les effets
multiplicateurs calculés concernent uniquement les secteurs exposés à la concurrence in-
ternationale et éliminent ceux qui y sont abrités, à savoir Bâtiment Et Travaux Publics,
Commerce Et Réparation, Administration Publique Générale et Sécurité Sociale, Educa-
tion Santé et Action Sociale.
L’analyse de la matrice des multiplicateurs (présentée par la figure 8 en Annexe) révèle
l’importance de l’effet d’une augmentation unitaire des exportations du secteur « industrie
alimentaire et tabacs » sur la production totale de l’économie (2,51) par rapport aux autres
secteurs d’activités « industrie textile et du cuir », « Hôtels et restaurants » qui affectent
respectivement la production totale de (2,34), (2,28).
Quant à l’effet sur la valeur ajoutée sous forme de rémunération de travail, l’activité «
pêche, aquaculture » avec effet de (0.65) domine plus que les activités « Activités finan-
cières et assurances », « Autres services non financiers » et « Hôtels et restaurants » qui
enregistrent respectivement (0,4), (0,4) et (0,38). Pour l’effet sur la rémunération du capital
des secteurs « agriculture, forêt et services annexes » (1,06) et « industrie d’extraction »
(1,00) y contribuent moins par rapport au secteur « immobilier, location et services aux
entreprises » qui dépasse l’unité de 11 point.
L’effet des exportations sur les revenus des firmes le plus remarquable est observé au
niveau du secteur « immobilier, location et services aux entreprises » avec (0,70), dépas-
sant ainsi l’effet au niveau des secteurs « agriculture, forêt et services annexes » (0,66), «
industrie d’extraction » (0,62).
L’accroissement des exportations en « pêche, aquaculture » augmentera les revenus des
ménages de (1,07), en « Activités financières et assurances » de (1,02) et en « immobilier,
location et services aux entreprises » de (0,97).
D’après l’analyse des multiplicateurs on constate que les secteurs dans lesquels le Ma-
roc doit orienter ses exportations sont « l’industrie alimentaire et tabacs », « Hôtels et
restaurants », « Pêche, aquaculture », « Activités financières et assurances » et « agricul-
ture, forêt et services annexes » qui génèrent respectivement les plus fort multiplicateurs
(6,87), (6,66), (6,60), (6,56), (6,25).
Concernant l’impact macro-économique du démantèlement (figurant d ans l e tableau
3 en Annexe), il traduit l’ensemble des résultats émanant de chaque simulation faite au
niveau des secteurs industriels concernés par la réforme 2009-2012.
L’application du choc au niveau du secteur « industrie alimentaire et tabacs » et d’un
autre au niveau du « secteur textile et cuir » révèle l’effet important du démantèlement tari-
faire sur la production. En effet, une baisse des droits de douane entraîne une augmentation
134 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
de la production soit 179.59 millions MAD pour le premier choc, et 243.38 millions MAD
pour le deuxième, nécessitant ainsi une augmentation de la consommation intermédiaire.
L’augmentation a touché également la valeur du PIB national en effet ; le secteur «
industrie alimentaire et tabac » enregistre plus de 94 millions MAD, l’industrie « textile et
cuir » un montant de 111.46 millions MAD.
Le PIB généré par le premier choc est ventilé en une rémunération salariale (+ 17.7 mil-
lions MAD), en impôts sur les produits (+ 9.29 millions MAD) et en profit des entreprises
(+ 65.49 millions MAD). Concernant le deuxième choc, la rémunération salariale a varié
de (+ 29.40 millions MAD), les impôts sur les produits de (+ 14.88 millions MAD) et le
profit des entreprises de (+ 65.36 millions MAD).
En termes de rémunération des institutions résidentes, les ménages enregistrent l’effet
le plus remarquable avec une augmentation de 59.84 millions MAD, suivi des entreprises
avec 41.17 millions MAD, puis les APU avec 26.41 millions MAD (SIM 2). Avec une
augmentation de 71.74 millions MAD, le revenu des ménages enregistre l’effet le plus
remarquable, suivi du revenu des entreprises avec 41.63 millions MAD, puis des APU
avec 32.25 millions MAD (SIM 3).
La consommation finale des ménages dans les deux simulations s’apprécie ; Avec 42.47
millions (SIM 2) et 50.91 millions MAD (SIM 3). De plus, l’épargne varie de + 21,71
millions MAD (SIM 2) et de 23.33 millions MAD (SIM 3) ce qui pourrait favoriser les
investissements.
Enfin, l’ouverture commerciale entreprise par le Maroc augmente les importations de
36.99 millions MAD (dont 14.68 millions MAD en provenance de l’union européenne et
22.30 millions MAD provenance du reste du monde) dans le cas de la simulation au niveau
de l’industrie alimentaire et tabacs. La simulation au niveau du secteur textile a engendré
une augmentation des importations de 98.80 millions MAD (repartie entre 53.29 millions
MAD en provenance de l’union européenne et de 45.50 millions MAD pour le reste du
monde). Ces chiffres démontrent l’effet de l’ouverture.
La baisse des droits de douane de 0.08 % au niveau de l’ « industrie mécanique, métal-
lurgique et électrique » produit un effet positive sur tous les agrégats macroéconomiques
notamment la production (50.59 millions MAD) et les revenus des agents économiques
(33.53 millions MAD) générant ainsi un PIB supplémentaire de 25 millions MAD.
Étant donné la valeur négative 16 du choc appliqué sur les exportations des produits
de l’ « industrie chimique et para chimique » et « autres industries manufacturières hors
raffinage de pétrole » l’impact sur l’économie s’avère négatif.
Le reste des simulations réalisées affectent faiblement l’économie en raison de la fai-
blesse des exportations du secteur« production et distribution d’électricité, d’eau » et en
raison de la faible baisse des droits d’importations pour « l’industrie d’extraction ».
8.3.4.2 Cohérence entre politique sectorielle et démantèlement : cas du Plan D’accé-
lération Industrielle Compte tenu du rôle central que jouent les ALE dans l’augmenta-
tion du volume du commerce extérieur comme stimulateur de production, de compétitivité
et de distribution de revenus, et vu l’importance majeure du pilotage sectoriel dans l’inves-
tissement, la création d’emploi et la croissance économique en général. La cohérence entre
libéralisation des échanges et politiques sectorielles s’avère nécessaire pour tirer un réel
16. Due à la valeur positive de l’élasticité entre les exportations et les droits de douane
CONCLUSION 135
profit pour l’économie marocaine, favoriser la synergie intersectorielle ainsi que le plein
potentiel de croissance.
Une des politiques sectorielles reflétant le choix stratégique du développement écono-
mique au Maroc est le Plan d’accélération industrielle (PAI 17 ).
Pour mesurer avec précision l’effet synergique de la cohérence entre démantèlement et
le PAI sur l’économie marocaine, nous proposons d’effectuer une simulation ex-ante du
PAI en 2013 pour en évaluer l’effet.
Pour ce faire, le choc d’une augmentation des dépenses d’investissement public en in-
dustrie que nous allons appliquer à notre matrice au niveau du compte accumulation du
capital portera sur deux secteurs industriels à savoir l’« industrie mécanique, métallur-
gique et électrique » et l’« industrie textile et du cuir ». La simulation combine les deux
politiques publiques ; démantèlement tarifaire et PAI. Il est à signaler que le montant du
fond d’investissement au titre de l’année 2013 est le résultat de la répartition égalitaire du
fond total sur toute la période de la politique (7 ans).
Le calcul de la valeur du choc est basé sur l’estimation des parts de chaque secteur
d’activité dans le fond total d’investissement en prenant en considération l’importance de
chacun dans la politique extérieure marocaine, où les industries automobiles, aéronautiques
et électroniques jouissent d’une importance considérable par rapport à l’industrie textile et
cuir. De ce fait, les parts se présentent respectivement comme suit : 65% (2.16 milliards
MAD) et 20% (0.67 milliards MAD).
L’impact de la relance du secteur industriel marocain à travers le PAI qui vient s’accou-
pler avec le démantèlement sont synthétiquement compilés dans le tableau 4 (voir Annexe).
Globalement, l’effet du PAI combiné au démantèlement est significativement important
sur l’économie.
L’augmentation de l’investissement public au niveau des secteurs industriels en question
affecte positivement la production qui s’accroît de 3164.19 millions MAD ce qui néces-
site la création de l’emploi augmentant ainsi le montant de la rémunération salariale, le
profit des entreprises et les différents impôts prélevés sur les produits. Cette distribution
de la richesse créée augmente la demande des ménages en biens finals et la demande des
entreprises en biens de production.
Par conséquent, toute augmentation de la demande entraine une augmentation de l’offre
sans pour autant entrainer la moindre tension sur les prix ; les entreprises forment une
vision optimiste et constatent une augmentation de la demande effective et seront incitées
ainsi à augmenter leurs niveaux de production et d’emploi et donc, prendre le relais de
l’Etat dans la relance de la croissance.
8.4 Conclusion
L’objectif de ce travail est de simuler les effets du démantèlement tarifaire sur l’écono-
mie marocaine, en prenant comme cadre d’analyse l’accord de libre-échange Maroc-UE.
L’approche méthodologique utilisée pour arriver à cette fin est le modèle des multiplica-
teurs de la MCS basé sur la matrice de 2013 du Maroc désagrégée. Dans ce sens, huit
17. Présentation du PAI sur le lien : http ://www.mcinet.gov.ma/fr/content/plan-d%E2%80%99acceleration-
industrielle
136 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
simulations ont été effectuées au niveau de huit secteurs industriels concernés. Les résul-
tats révèlent l’effet positif de la baisse des droits de douane avec l’union européenne sur
les différentes grandeurs macroéconomiques, cette baisse engendre l’augmentation de la
production, des revenus des ménages et des entreprises mais aussi une amélioration des
recettes de l’Etat malgré la diminution des recettes douanières. La croissance économique
a également connu une importante amélioration suite au démantèlement, avec une aug-
mentation du PIB qui dépasse les 207 millions de Dirhams. En plus la demande finale et
l’épargne ont connu une progression considérable.
Sur le plan national l’impact de l’ouverture est influencé par des réformes institution-
nelles, économiques et politiques mises en œuvre. Sur cette base nous avons introduit une
des politiques sectorielles reflétant le choix stratégique du développement économique du
Maroc qui est le plan d’accélération industrielle 2014-2020. Cette simulation est associée
avec le démantèlement en augmentant les dépenses d’investissement public pour l’année
2013. Globalement, l’effet est significativement important sur l’économie ; le PIB a connu
une forte augmentation dépassant largement les 1700 millions de Dirhams.
Le modèle utilisé est un outil d’aide à la décision publique qui permet de quantifier
l’effet sur une panoplie de grandeurs macroéconomiques. Cependant il repose sur certaines
hypothèses qui apparaissent restrictives dans le traitement de ce type de problématique.
En plus, l’application d’un choc négatif aux exportations dû à l’élasticité positive entre les
droits de douane et les exportations dans certains secteurs constitue une restriction qui nous
pousse à utiliser un modèle d’analyse plus adéquat en l’occurrence un modèle d’équilibre
général calculable CGE.
De plus, Il faut attirer l’attention sur la nécessité de prendre les résultats obtenus avec
précaution car le choix de l’année de base, en l’occurrence 2013 ainsi que les élasticités
calculées, sont susceptibles d’influencer les résultats des simulations.
Il faut dire aussi, qu’avec un secteur informel pléthorique, et une main d’œuvre faible-
ment qualifiée, le Maroc se doit d’intensifier les efforts pour une meilleure compétitivité
des produits marocains, de saisir ses chances par un ancrage de plus en plus important vers
l’UE, afin de profiter des externalités technologiques transmises par le biais du commerce
et des investissements étrangers.
Références
A BDELKHALEK, T. (2006). Libéralisation commerciale et pauvreté au Maroc : une ana-
lyse en équilibre général micro-simulé. PEP-MPIA.
AUGIER, P. & C ASTEL, V. (2017). Analyse de la politique commerciale du Maroc : Im-
pact de la politique tarifaire du Maroc sur sa compétitivité. Rapport de la banque
africaine de développement.
BAD. (2015). Diagnostic de croissance du Maroc : analyse des contraintes à une crois-
sance large et inclusive. Banque Africaine de Développement et Millenium Chal-
lenge Corporation.
C HATER, M. & H AMDOUCH, B. (2001). Impact des Accords de Libre Echange Euro Mé-
diterranéens : Cas du Maroc. Programme de recherche de FEMISE.
D ECALUWÉ, B., M ARTENS, A. & S AVARD, L. (2001). La politique économique du déve-
loppement et les modèles d’équilibre général calculable : une introduction à l’ap-
plication de l’analyse mésoéconomique aux pays en développement. PUM.
ANNEXES 137
L ÉON, Y. & S URRY, Y. (2009). Les effets d’entrainement du complexe agroalimentaire au
niveau local. Politiques agricoles et territoires. Versailles, 21-48.
M AROUANI, M. A. (2004). Effets de l’Accord d’association avec l’Union européenne et
du démantèlement de l’Accord Multifibres sur l’emploi en Tunisie : Une analyse en
équilibre général intertemporel. Document de travail DIAL DT/2004/01, Paris.
PAULIN, E. (2006). La libéralisation commerciale en concurrence imparfaite. Vie & sciences
de l’entreprise, (3), 116-132.
P YATT, G. & ROUND, J. I. (1985). Social accounting matrices : A basis for planning. The
World Bank.
S ADOULET, E. & D E JANVRY, A. (1995). Quantitative development policy analysis. Johns
Hopkins University Press Baltimore.
T HORBECKE, E. (1985). The social accounting matrix and consistency-type planning mo-
dels. Social accounting matrices : A basis for planning, 207-256.
ANNEXES
Annexe I
Source des données :
- La matrice de comptabilité sociale de 2013 du Haut Commissariat au Plan ;
- Les échanges extérieurs par partenaire et par produit selon la nomenclature du Système
Harmonisé (SH) pour l’année 2013 fournis par l’Administration des Douanes et des Im-
pôts indirects ;
- Les recettes douanières par rubrique (Droit d’importations et TVA) et par partenaire se-
lon la nomenclature du Système Harmonisé pour l’année 2013 fournis par l’Administration
des Douanes et des Impôts indirects ;
- Les parts des échanges des services par partenaires pour l’année 2013 selon des estima-
tions fournis par l’Office des échanges.
- Les importations taxables par produit selon la nomenclature du Système Harmonisé pour
l’année 2013 et 2012 fournis par l’Administration des Douanes et des Impôts indirects ;
i. La Méthode Racking-Ration (RAS)
Le rééquilibrage de la MCS a été assuré par la méthode Racking-Ration (RAS). Cette
méthode permet de trouver une nouvelle matrice très proche de la matrice initiale , matrice
déséquilibrée, en spécifiant des totaux de contrôle pour chaque ligne et colonne de la ma-
trice à équilibrer .Ensuite, par une simple procédure d’itération, les valeurs à l’intérieur de
la matrice sont ajustées proportionnellement jusqu’à ce que l’égalité entre la somme des
lignes et des colonnes de la matrice et les totaux de contrôle spécifiés soit obtenue.
Pour équilibrer notre matrice on doit l’ajuster de telle façon que les transferts entre le
reste du monde et l’U.E d’une part et l’économie nationale de l’autre soit en respectant
l’égalité entre les lignes et les colonnes. Alors, on procède comme suit :
— On calcule la somme des importations en lignes.
— On calcule la somme des exportations en colonnes.
— On calcule le total des transferts versés vers le RDM en lignes.
— On calcule le total des transferts reçus de la part du RDM en colonnes.
— On calcule le total des transferts vers l’U.E :
138 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
TRSF vers RDM × import U.E
T RSFU.E =
Total des importations n
— On calcule le total des transferts reçus de la part de l’U.E :
TRSF reçus RDM × export U.E
T RSFU.E =
Total des exportations n
— Les transferts de chaque agents (les firmes, les ménages, l’APU) vers l’U.E sont
obtenus par :
P
TRSF agent x vers RDM × TRSF U.E
T RSFU.E agent x = P
TRSF du RDM
— Les transferts reçus par chaque agent (les firmes, les ménages, l’APU) de la part de
l’U.E sont obtenus par :
P
TRSF agent x reçus du RDM × TRSF U.E
T RSFU.E agent x = P
TRSF du RDM
L’épargne de l’U.E est calculée de telle façon que la colonne des recettes égalise celle
des dépenses. L’écart entre l’épargne du RDM (y compris l’U.E) et l’épargne de l’U.E
donne l’épargne du RDM (hors U.E).
ii. Hypothèses du modèle multiplicateur
— On suppose que l’économie est totalement tirée par la demande et qu’il n’y a pas de
contraintes sur l’offre.
— Les prix sont supposés constants : l’excès des capacités de production permet de
satisfaire une augmentation de la demande en augmentant la production et inverse-
ment une baisse de la demande sera palliée par une baisse de la production.
— Les coefficients de dépenses de l’ensemble des comptes endogènes sont fixes. Chaque
dépense représente une proportion fixe des dépenses totales.
— On admet qu’il n’y a pas de phénomène de substitution entre les facteurs primaires
de production (salaires et profit), entre les intrants (consommations intermédiaires),
ou entre facteurs primaires et intrants.
— Cohérence comptable du modèle : les dépenses sont égales aux recettes, ainsi les
dépenses de chaque compte sont proportionnelles au revenu de chaque compte. Si
le revenu d’un compte endogène augmente alors les dépenses augmenteront tout en
conservant la même proportion fixe de revenu (P YATT & ROUND, 1985).
iii. Etapes de calcul de la valeur du choc
Les taux des DI et leurs variations pour chaque produit peuvent être obtenus selon les
étapes suivantes :
Recette des DI 2012
T aux des DI2012 =
Importations taxable 2012
Recette des DI 2013
T aux des DI2013 =
Importations taxable 2013
V ariation DI12/13 = Taux des DI 2013 - Taux des DI 2012
ANNEXES 139
Cependant ce type de modélisation ne permet pas d’agir directement sur les droits de
douane qui constituent une recette de l’administration publique et qui ne font pas partie
des comptes exogènes qui sont habituellement les dépenses de l’APU, les exportations et
les investissements. De ce fait nous avons opté pour une méthode alternative consistant à
passer par le calcul des élasticités comme étape intermédiaire pour déterminer la valeur du
choc qui sera appliqué au niveau des exportations suite à la variation des droits de douane
précédemment calculée.
En économie, on calcul les élasticités de la demande d’un bien par rapport à son prix
afin de mesurer la sensibilité de la demande aux variations du prix, il s’agit de l’élasticité
prix de la demande.
Taux de variation de la demande
Elasticité prix de la demande =
Taux de variation de prix
A présent l’ensemble des étapes de calcul susmentionnées nous permettent de calculer
la valeur du choc que nous appliquerons aux exportations.
On sait qu’une baisse de 1% des DI peut engendrer une augmentation (baisse) de X%
des exportations. L’objectif est de calculer de combien varient les exportations suite à la
baisse de (équation (2)).
140 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
D01 D02 D05 D06 D03 D04 E00 C00
SIM 1 SIM 2 SIM 3 SIM 4 SIM 5 SIM 6 SIM 7 SIM 8
(88,7) (159,34) (-15,63) (4,9) (-22,517) (50,457) (-0,325) (2,223)
A00 37,37 14,39 -1,50 0,21 -2,39 2,94 -0,04 0,14
B05 3,64 0,91 -0,09 0,01 -0,13 0,20 0,00 0,01
C00 2,43 3,24 -0,64 1,01 -2,54 0,89 -0,04 0,96
D01 83,47 13,82 -1,44 0,23 -1,96 3,14 -0,04 0,15
D02 1,61 134,25 -0,36 0,03 -0,26 0,46 -0,01 0,02
D03 3,67 6,64 -1,14 0,05 -12,60 1,29 -0,01 0,03
D04 2,98 4,54 -1,00 0,07 -0,49 24,61 -0,01 0,04
D05 4,20 11,31 -10,09 0,09 -0,75 1,69 -0,01 0,06
D06 3,16 3,24 -0,57 2,38 -0,52 0,81 -0,02 0,07
Activités
E00 2,77 4,01 -0,51 0,06 -0,47 0,82 -0,28 0,04
F45 0,70 0,90 -0,10 0,02 -0,11 0,24 -0,01 0,01
G00 16,87 23,80 -2,50 0,52 -2,94 8,04 -0,02 0,12
H55 2,44 2,85 -0,29 0,05 -0,37 0,66 -0,01 0,03
I01 -1,76 -1,93 0,09 0,00 0,12 -0,31 0,01 0,01
I02 2,34 2,92 -0,30 0,05 -0,38 0,68 -0,01 0,03
J00 4,63 6,43 -0,65 0,10 -0,73 1,54 -0,03 0,06
K00 5,02 6,95 -0,75 0,11 -0,88 1,74 -0,02 0,07
L75 1,06 1,22 -0,14 0,02 -0,15 0,28 0,00 0,01
MNO 1,62 1,93 -0,20 0,03 -0,25 0,46 -0,01 0,02
OP0 1,39 1,96 -0,22 0,03 -0,22 0,41 -0,01 0,02
TRO 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
A00 46,26 17,62 -1,82 0,26 -2,46 3,61 -0,05 0,18
B05 2,89 0,95 -0,10 0,02 -0,14 0,21 0,00 0,01
C00 5,76 7,67 -1,50 2,44 -6,14 2,12 -0,09 2,32
D01 115,36 18,19 -1,87 0,30 -2,42 4,07 -0,05 0,21
D02 2,69 233,11 -0,55 0,05 -0,43 0,75 -0,01 0,04
D03 6,13 11,94 -2,03 0,08 -25,46 1,95 -0,01 0,05
D04 6,93 10,45 -2,02 0,16 -1,13 65,42 -0,04 0,09
D05 7,09 15,52 -18,16 0,13 -1,06 2,65 -0,02 0,07
Biens et services
D06 6,77 6,93 -1,23 5,10 -1,12 1,72 -0,04 0,15
E00 3,40 4,93 -0,63 0,07 -0,57 1,01 -0,34 0,04
F45 0,67 0,84 -0,09 0,02 -0,10 0,22 0,00 0,01
G00 1,71 2,56 -0,26 0,04 -0,30 0,82 0,00 0,01
H55 2,58 3,22 -0,33 0,05 -0,42 0,74 -0,01 0,04
I01 -1,84 -2,04 0,10 0,00 0,13 -0,33 0,01 0,01
I02 2,87 3,57 -0,37 0,06 -0,46 0,83 -0,01 0,04
J00 4,94 6,85 -0,69 0,10 -0,77 1,63 -0,03 0,06
K00 7,34 10,12 -1,08 0,16 -1,28 2,54 -0,03 0,10
L75 0,21 0,25 -0,03 0,00 -0,03 0,06 0,00 0,00
MNO 1,50 1,73 -0,18 0,03 -0,23 0,39 -0,01 0,02
OP0 1,85 2,62 -0,29 0,04 -0,30 0,54 -0,01 0,03
TRO -3,81 -4,57 0,47 -0,08 0,60 -1,03 0,01 -0,05
Travail 17,73 29,40 -2,65 0,38 -3,90 6,45 -0,10 0,22
Facteur
Capital 65,49 65,36 -7,43 1,30 -8,43 15,10 -0,19 0,98
résidents
Firmes 41,17 41,63 -4,70 0,82 -5,38 9,60 -0,12 0,61
Agents
Ménages 59,84 71,74 -7,45 1,21 -9,36 16,23 -0,22 0,85
APU 26,41 32,25 -3,42 -0,07 -3,58 7,03 -0,10 0,32
U,E 15,67 54,31 -5,41 1,43 -6,87 23,67 -0,07 0,21
RDM 23,35 46,59 -4,06 3,10 -8,92 13,74 -0,09 1,37
DI 1,31 2,67 -0,16 0,01 -0,10 0,56 0,00 0,01
DI U,E 0,25 0,19 -0,02 0,00 -0,02 0,11 0,00 0,00
Acc du
21,71 23,33 -2,55 0,43 -3,03 5,34 -0,07 0,32
capital
Source : Calculé d’après le modèle
ANNEXES 141
Annexe II
Figure 1 : Evolution des recettes douanières sur les 15 dernières années en MMDH
60 100
50 90
Total des recettes
80
40
70
30
60
20
50
10 40
0 30
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016*
Droits d'importations (DI) Taxes intérieures de consommation (TIC)
Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) Total
Source : Élaboré sur les données de l’administration des douanes (*) Données provisoires
Figure 2 : Évolution des droits de douane, moyenne simple,
droits effectivement appliqués (%)
35
30
25
20
15
10
5
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Source : Élaboré sur les données du CNUCED, UNCTAD STAT
Figure 3 : Évolution des échanges extérieurs en MMDH
500
400
300
200
100
0
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016*
-100
-200
-300
solde importations CAF Exportations FOB Taux de couverure en %
Source : Élaboré sur les données de l’administration des douanes
142 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
Figure 4 : Évolution de la balance commerciale avec l’union européenne entre 2000-2014
250
200
150
100
50
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
-50
-100
import U,E export U,E solde U,E
Source : Élaboré sur les données du Ministère du commerce extérieur
Figure 5 : Évolution des importations par partenaire entre 2000-2014
35
30
25
20
15
10
5
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
import USA import Turq import Quad import AELE
Source : Élaboré sur les données du Ministère du commerce extérieur
Figure 6 : Évolution des exportations par partenaire entre 2000-2014
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
export USA export Turq export Quad export AELE
Source : Élaboré sur les données du Ministère du commerce extérieur
ANNEXES 143
Figure 7 : Déficit commercial par partenaire
-25
-20
-15
-10
-5
05
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
solde USA solde Turq solde Quad solde AELE
Source : Élaboré sur les données du Ministère du commerce extérieur
Tableau 1 : Calcul du PIB au prix du marché selon les trois optiques
Le PIB selon l'optique de production
production (au prix de base) 1 519 190
Consommation intermédiaire (au prix d'acquisition) 700 777
Valeur ajoutée (au prix de base) 818 413
Impôts moins les subventions sur les produits 79 510
Le PIB au prix du marché 897 923
Le PIB selon l'optique des dépenses
Consommation finale 716 454
FBCF+variations de stocks 311 356
Exportations 294 318
Importations 424 205
Le PIB au prix du marché 897 923
Le PIB selon l'optique de demande
Rémunération des salariés 293 755
Autres impôts moins subventions sur la production 10 737
Excédent brut d'exploitation 513 921
valeur ajoutée brute 818 413
Impôts moins subventions sur les produits 79 510
Le PIB au prix du marché 897 923
Source : Calculé à partir de la matrice désagrégée
144 DÉMANTÈLEMENT TARIFAIRE AU MAROC
Tableau 2 : Branches d’activités objet de la simulation
Taux des DI Taux des DI Élasticité
NCN Libellé VAR Le CHOC
2013 2012 13/12
C00 Industrie d’extraction 0,33 0,34 -0,01 -4,44 0,06
D01 Industrie alimentaire et tabac 6,16 8,39 -2,23 -0,38 0,85
D02 Industrie Textile et du cuir 1,97 2,47 -0,50 -1,00 0,50
D03 Industrie chimique et para-chimique 0,25 0,36 -0,12 2,03 -0,24
D04 Industrie mécanique, métallurgique et électrique 0,63 0,72 -0,08 -1,51 0,13
Autres industries manufacturières hors raffinage
D05 0,45 0,80 -0,35 1,52 -0,54
de pétrole
D06 Raffinage de pétrole et autres produits d’énergie 0,22 0,34 -0,13 -1,12 0,14
E00 Production et distribution d’électricité, d’eau 2,71 2,60 0,12 -7,56 -0,88
Source : Élaboré par nos soins
Figure 8 : Effets multiplicateurs par secteurs
8,00
7,00
Les multiplicateurs
6,00
5,00
4,00
3,00
2,00
1,00
0,00
A00 B05 C00 D01 D02 D03 D04 D05 D06 E00 H55 I01 I02 J00 K00 OP0
Activités
Production Rémuneration salariale Rémunération du capital
Revenu des Firmes Revenu des Ménages Consommation intérmédiare
Source : Établie par les auteurs
A00 agriculture, foret et services annexes D06 raffinage de pétrole et autres produits d'énergie
B05 pèche, aquaculture E00 production et distribution d'électricité, d'eau
C00 industrie d’extraction H55 hôtels et restaurants
D01 industries alimentaires et tabac I01 transports
D02 industries textile et du cuir I02 postes et télécommunications
D03 industrie chimique et parachimique J00 activités financières et assurances
D04 industrie mécanique, métallurgique et électrique K00 immobilier, location et services aux entreprises
D05 autres industries manufacturières hors raffinage de OP0 autres services non financiers
pétrole
ANNEXES 145
Tableau 3 : Synthèse des différents impacts du démantèlement
C00 D01 D02 D03 D04 D05 D06 E00
Résultats macroéconomiques du
SIM 1 SIM 2 SIM 3 SIM 4 SIM 5 SIM 6 SIM 7 SIM 8
modèle (en millions de dirhams)
(2,22) (88,7) (159,34) (-22,52) (50,46) (-15,63) (4,9) (-0,32)
Production 1,89 179,59 243,38 -28,04 50,59 -22,41 5,07 -0,56
Rémunération salariale 0,22 17,73 29,40 -3,90 6,45 -2,65 0,38 0,38
Impôts sur les produits 0,05 9,29 14,88 -1,13 3,13 -1,44 -0,44 -0,04
EBE 0,98 65,49 65,36 -8,43 15,10 -7,43 1,30 1,30
Revenu des ménages 0,85 59,84 71,74 -9,36 16,23 -7,45 1,21 1,21
Revenu des entreprises 0,61 41,17 41,63 -5,38 9,60 -4,70 0,82 0,82
Revenu de l'état 0,33 27,98 35,12 -3,71 7,70 -3,61 -0,06 -0,06
Consommation intermédiaire 0,66 94,69 146,79 -15,52 28,68 -12,17 3,35 -0,27
Consommation final des ménages 0,60 42,47 50,91 -6,65 11,51 -5,28 0,86 -0,15
Épargne des ménages et des firmes 0,32 21,71 23,33 -3,03 5,34 -2,55 0,43 -0,07
Importations U.E 0,19 14,68 53,29 -6,74 23,44 -5,30 1,41 -0,07
Importations RDM 1,36 22,30 45,50 -8,78 13,49 -3,94 3,08 -0,09
Produit intérieur brut 1,28 94,18 111,46 -13,65 25,04 -11,68 1,28 -0,33
Source : calculé selon le modèle multiplicateur
Tableau 4 : Impact du démantèlement tarifaire conjugué au PAI
Résultats macroéconomiques du modèle Sim Démantèlement Sim Démantèlement avec PAI
Production 429,50 3164,19
Rémunération salariale 47,54 390,53
Impôts sur les produits 24,30 192,91
EBE 132,17 922,25
Revenu des ménages 132,84 987,31
Revenu des entreprises 83,64 586,27
Revenu de l'état 63,66 473,03
Consommation intermédiaire 246,21 1828,12
Consommation final des ménages 94,27 700,68
Épargne des ménages et des firmes 45,48 325,76
Importations U.E 80,92 1134,74
Importations RDM 72,92 732,69
Produit intérieur brut 207,59 1528,98
Source : calculé selon le modèle multiplicateur