L’intégration du secteur automobile dans le
tissu productif marocain : Analyse input-output
Rachid El Mataoui, Meriem Abail et Fadoua Lahjouji
Chapitre du live Overture, productivité et croissance économique au Maroc , Édité par
Chatri Abdellatif, Publié par Laboratoire d’Economie Appliquée (Mohammed V Univ.) &
Policy Center for the New South, ISBN (WEB) : 978-9920-37-593-1
Citer ce document :
El Mataoui, R. Abail, M. & Lahjouji, F. (2019). L’intégration du secteur automobile dans le
tissu productif marocain : Analyse input-output. In A. Chatri (éd). Ouverture, productivité
et croissance économique au Maroc. Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center
for the New South. Rabat
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Copyright © 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée, Policy Center for the New South & CNRST.
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CHAPITRE 7
L’INTÉGRATION DU SECTEUR
AUTOMOBILE DANS LE TISSU
PRODUCTIF MAROCAIN : ANALYSE
INPUT-OUTPUT
Rachid El Mataoui, Meriem Abail, Fadoua Lahjouji
Laboratoire d’Économie Appliquée, Université Mohammed V de Rabat
E-mail de correspondance : relmataoui@gmail.com
Résumé : L’objet de cette étude est de mesurer l’importance économique que représente l’in-
dustrie automobile au sein du tissu productif maricain. Pour ce faire, nous avons opté pour les
mesures de linkages pour la période allant de 2002 jusqu’à 2015 et le modèle Input-Output (I-O)
mixte jusqu’à 2014. D’après les résultats de linkages, le secteur automobile est fortement dépen-
dant au tissu productif national en amont plus qu’en aval. Cependant, les résultants du modèle I-O
mixte témoignent que l’offre de l’industrie automobile est destinée principalement à la demande
étrangère, créant par là une certaine fuite pour l’économie intérieure vers l’extérieur.
Mots clés : Secteur d’automobile, performance sectorielle, analyse Input-Output, modèle I-O
mixte.
Abstract : The purpose of this study is to measure the economic importance of the automotive
industry in the moroccan productive sector. To do this, we have opted for linkage measures for
the period from 2002 to 2015 and the mixed Input-Output (I-O) model to 2014. According to
linkage results, the automotive sector seems highly dependent on the upstream and downstream
national productive sector. However, the results of the mixed I-O model indicate that supply for
the automotive industry is primarily for foreign demand creating a certain drain for the domestic
economy to the outside.
Keywords : Automotive sector, sectoral performance, Input-Output analysis, mixed I-O model.
JEL Classification : C67, L62, R15.
Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc, Éd. Chatri Abdellatif. 105
Copyright
c 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South.
106 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
7.1 Introduction
Dans un contexte international de plus en plus instable, et avec une forte intensité
concurrentielle entre les différents pays émergents afin d’attirer le meilleur fruit d’ouver-
ture et de la mondialisation, le Maroc se positionne comme étant un nouveau hub mondial
de l’industrie automobile.
En effet, le secteur a pu réaliser de très bonnes performances en termes d’exportations,
qui lui ont valu de devenir le premier secteur exportateur, en dépassant les deux industries
traditionnelles de l’économie marocaine à savoir les phosphates et l’agroalimentaire. Le
développement du secteur est passé par plusieurs étapes qui ont marqué son émergence,
notamment la loi d’intégration-compensation, le lancement du projet de la voiture éco-
nomique, le démarrage du complexe industriel Renault-Tanger et le plan d’accélération
industrielle lancé en 2014. Ce dernier vise à restructurer l’industrie automobile en écosys-
tèmes et d’en favoriser un environnement propice et attractif pour les grands constructeurs
automobiles.
Ce papier consiste à s’interroger sur le degré d’intégration du secteur automobile dans
le tissu productif marocain, et sur l’impact résultant d’une variation de la production de ce
secteur sur la production des autres secteurs.
Après une brève revue de littérature abordant la théorie de la performance sectorielle,
nous examinerons le profil et les caractéristiques de l’industrie automobile au Maroc, avant
de s’acheminer vers l’analyse des relations sectorielles du secteur via le recours au calcul
des indicateurs mesurant l’intensité des liens en amont (Backward) et en aval (Forward),
ainsi qu’au modèle Input Output mixte afin de déterminer l’impact d’une variation de la
production automobile sur la production des autres secteurs. La présentation des principaux
résultats et leur discussion seront abordées dans la dernière section.
7.2 Revue de littérature
Depuis sa révolution, l’industrie occupe le centre des débats entre théoriciens et politi-
ciens, en occupant une large priorité au détriment des autres secteurs, et ce pour plusieurs
raisons : Croissance plus rapide, création d’emploi plus importante, augmentation de son
poids dans les échanges extérieurs, renforcement de la flexibilité de l’économie... etc.
La littérature traitant le rôle de l’industrie et l’industrialisation dans la transformation
structurelle reste un sujet vaste. K ALDOR (1966) présente l’industrialisation comme un
facteur déterminant du développement économique. C HENERY, ROBINSON et S YRQUIN
(1986) ont étudié également cette relation entre l’industrialisation et la croissance écono-
mique. De même, M URPHY, S HLEIFER et V ISHNY (1989) suppose que le sens de la rela-
tion va de la croissance à l’industrialisation. Ils montrent, en effet, qu’un développement
industriel résulte essentiellement d’une croissance rapide.
Or, il nous semble qu’une étude sectorielle portée sur l’automobile, ne suppose plus
uniquement comme centre d’analyse les théories d’industrialisation, mais nécessite aussi
la mobilisation de la théorie de la performance sectorielle qui vise à identifier les bons
secteurs de l’économie de ceux qu’ils le sont moins.
À cet égard, deux approches sont à distinguer. La première exploite le critère de l’effi-
cience allocative afin de mesurer l’importance d’un secteur, alors que la deuxième évalue
un secteur porteur par sa capacité de créer des emplois, à réaliser un équilibre de la ba-
FAITS STYLISÉS DE LA DYNAMIQUE DU SECTEUR AUTOMOBILE AU MAROC 107
lance commerciale, à stabiliser les prix, et à engendrer des effets positifs sur l’ensemble du
système productif. A ceci, s’ajoute bien évidement le critère de la rentabilité et du risque
affichés par les entreprises (M OATI, 2000).
Rappelons qu’un secteur est l’environnement partagé (écosystème) de l’ensemble des
entreprises qui lui appartiennent. A cet égard, certains secteurs offrent à leurs firmes un
environnement porteur, favorable à la réalisation de très bonnes performances, alors que
d’autres présentent des caractéristiques risquant de pénaliser la rentabilité des entreprises.
Prenons à ce titre, les caractéristiques sectorielles introduites par K HALILZADEH S HI -
RAZI (1974) dans une étude portée sur les taux de profit des industries du Royaume-Uni.
Il prend comme caractéristique le taux d’importation, d’exportation et l’importance des
investissements directs en provenance de l’étranger. Selon lui, les importations devraient
réduire l’ampleur du monopole des entreprises dominantes dans chaque industrie, alors
que les exportations permettront d’augmenter les taux de profit des entreprises ainsi que
leur compétitivité dans le marché extérieur. Par ailleurs, l’auteur n’a pas pu trouver une in-
fluence assez significative de la variable traduisant l’importance de l’Investissement Direct
Etranger (IDE) dans le secteur industriel.
Bien qu’il soit largement admis aujourd’hui que l’interdépendance sectorielle due à la
stratégie de diversification ne se manifeste plus entre les secteurs locaux, mais intègre de
plus en plus les secteurs de l’économie mondiale.
En effet, la majorité des auteurs attribuent les performances réalisées dans le secteur
automobile en termes de valeur ajoutée, d’exportation et de la création d’emplois à la
présence active des capitaux étrangers dans ce secteur. C’est ainsi que O RSATO et W ELLS
(2007) témoignent que l’automobile est l’un des plus importants secteurs catalyseurs d’IDE.
Cependant, ces témoignages se trouvent en contradiction avec les travaux empiriques de
A ITKEN et H ARRISON (1999), B OUOIYOUR, T OUFIK et al. (2007), H ADDAD et H AR -
RISON (1993) qui concluent que les secteurs attractifs d’IDE sont ceux qui représentent
une faible intensité technologique, alors que les secteurs d’activité de haute technologie ne
profitent que d’un fruit minime d’IDE du fait de l’écart technologique existant entre les
entreprises récipiendaires et étrangères.
Tout de même, le fruit d’IDE se caractérise par ses effets de débordement positifs sur
l’économie locale via plusieurs canaux à savoir, le spillover technologique, le spillover de
la concurrence, et le renforcement du lien client-fournisseur et enfin l’accès au marché
international (K UMAR et al., 1996 ; S JÖHOLM, 1999).
La performance sectorielle est donc multicritère et les travaux traçant cette thématique
se trouvent souvent en contradiction dans le sens où la performance se diffère d’un secteur
à l’autre et elle n’est pas identique pour la majorité des pays.
7.3 Faits stylisés de la dynamique du secteur automobile au Maroc
L’industrie automobile au Maroc est passée par plusieurs étapes qui ont marqué sa tra-
jectoire dynamique. Le plan d’émergence lancé en 2005, la crise mondiale de 2008, l’ins-
tallation du complexe industriel de Renault-Tanger en 2012, ou encore le plan d’accéléra-
tion industrielle démarré en 2014 sont les principaux faits qui ont influencé la croissance
de l’automobile au Maroc.
L’analyse de la part de la production du secteur de l’automobile par rapport à la pro-
duction totale de l’économie entre 2002 et 2014 fait état d’une évolution contrastée entre
108 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
Figure 1 : Evolution de la part de la production automobile dans la production totale entre
2002 et 2014 (en %)
2,5%
2,0%
1,5%
1,0%
0,5%
0,0%
2002 2005 2008 2011 2014
Source : Élaboré sur les données des tableaux ressources-emplois (HCP)
la hausse et la baisse. En effet, cette part qui n’était que de 0,6% en 2002 a augmenté en
2014 pour s’établir à 2,1%.
Dans ce cadre, la mise en place du plan d’émergence en 2005 a pu booster la part de
la production automobile dans la production totale (de 0,4% en 2005 à 0.8% en 2008).
Toutefois, la crise mondiale qui s’est déclenchée au cours de l’année 2008 a impacté de
son côté la production du secteur en passant de 9 331 produits fabriqués en 2008 à 7 604
produits en 2011.
Après cette phase de récession, le secteur automobile a repris son rythme progressif
grâce au démarrage du groupe industriel Renault-Tanger en 2012 (de 0,7% en 2011 à plus
de 2% en 2014).
La modernisation du tissu industriel national et son ancrage dans la chaîne mondiale ob-
servés durant ces dernières années n’est qu’une conséquence de l’émergence de nouvelles
spécialisations à plus forte valeur ajoutée.
Il est à noter que la valeur ajoutée du secteur automobile a connu des hauts et des bas
entre la période 2002 et 2014, que ce soit au niveau de l’industrie manufacturière. ou de
l’économie toute entière. Pourtant, la grande contribution dans la valeur ajoutée manu-
facturière revient à l’industrie alimentaire (36% en 2015), suivie par l’industrie chimique
(12%) (figure 2). Quant à l’industrie l’automobile, elle ne représente qu’une part de 5%
en 2015 dans cette valeur ajoutée, et de 0.66% en 2014 par rapport à l’économie dans son
ensemble. (figure 3).
Dans un contexte d’ouverture, l’analyse de la performance extérieure d’un secteur est
essentielle. À ce titre, les exportations du secteur automobile ont affiché au cours de ces
dernières années une évolution remarquable passant de 626 MDH en 2002 à plus de 20
000 MDH en 2014, soit un taux d’accroissement de 31%. Cette évolution est imputée
principalement par l’ouverture économique et les politiques d’attractivité des investisseurs
étrangers que le secteur a fait l’objet grâce aux projets publics sectoriels dernièrement mis
en place. (figure 4).
La lecture des figures ci-dessus montre que les différents échanges extérieurs du produit
automobile ont connu une stagnation entre les périodes 2002 et 2005 et ce n’est qu’à partir
FAITS STYLISÉS DE LA DYNAMIQUE DU SECTEUR AUTOMOBILE AU MAROC 109
Figure 2 : Valeur ajoutée du secteur Figure 3 : Part de l’industrie automobile
manufacturier en 2015 (en%) dans la valeur ajoutée (en%)
4,00%
3,50%
3,00%
36
2,50%
47
2,00%
1,50%
1,00%
12 0,50%
5 0,00%
2002 2005 2008 2011 2014
Alimentaire chimique Automobile Autres Dans l'industrie Dans l'économie
Source : a. Indicateurs du développement dans le monde (WDI), b. Penn World Table version 9.0
Figure 4 : Évolution des échanges extérieurs du secteur automobile (en MDH)
40000
30000
20000
10000
0
2002 2005 2008 2011 2014
-10000
-20000
-30000
Exportations Importations
Déficit commercial
Source : élaboré sur les données de l’office des changes
de 2011 que le produit automobile commençait à prendre son rythme progressif au sein du
marché international.
Le secteur automobile reste tout de même très dépendant les fournisseurs étrangers avec
un taux de dépendance de 74% avec 30 328 MDH des importations en 2014. La tendance
haussière de ces dernières par rapport aux exportations est appréciée aussi par l’évolution
du taux de pénétration du marché automobile (3.28% en 2014 contre 0.92% en 2002).
Quant à la balance commerciale, le taux de couverture à augmenté à 70% en 2014
après avoir été de 16% en 2011 (figure 5). Certes, la balance commerciale demeure encore
déficitaire, mais son solde n’a cessé de diminuer à - 9 194 MDH en 2014 (contre -22 489
MDH en 2008 et -19 666 MDH en 2011) (figure 4).
110 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
Figure 5 : Indicateurs du commerce international pour l’industrie automobile (en%)
0,92 0,68 3,38 2,85 3,28
7 16
15 20
70
76 80
50 53
74
2002 2005 2008 2011 2014
Taux de dépendance Taux de couverture Taux de pénétration
Source : calcul des auteurs à partir des données de l’office des changes.
Mise à part de l’évolution remarquée au niveau de la production et de la valeur ajoutée,
le secteur d’automobile accompagne ses réalisations par une hausse relativement impor-
tante de l’emploi, après un repli durant la période 2008 et 2011. Sa participation dans
l’effectif total employé par les industries manufacturières est passée de 0,5% en 2002 à
plus de 13% en 2014. (figure 6)
Figure 6 : Contribution du secteur automobile dans les effectifs employés (en %)
15,0%
10,0%
5,0%
0,0%
2002 2005 2008 2011 2014
Part dans l'industrie
Source : élaboré sur les données d’effectif employé par secteur (HCP)
7.4 Méthodologie et base de données
L’étude sectorielle proposée dans ce papier utilise l’analyse Input-Output fondée sur le
tableau des ressources et emplois (TRE) qui est un puissant outil d’analyse des relations
intersectorielles.
Nous nous basons sur un ensemble des TRE qui s’étalent de l’année 2002 jusqu’à 2015
pour dégager la nature des relations intersectorielles du secteur automobile, ainsi que son
positionnement au cœur du tissu productif marocain.
Pour ce faire, nous allons, dans un premier temps analyser l’intensité de linkages qui
sont une application de cette analyse, permettant de déterminer l’intensité des liens en
RÉSULTATS 111
amont et en aval qu’entretient un secteur d’activité économique avec les autres secteurs.
Par son activité économique, une branche est doublement liée aux autres branches de l’éco-
nomie. Dans le cas où une branche crée une demande accrue auprès des autres branches
qui produisent ses intrants on parle de liaison en amont (Backward linkages). Et lorsque
les produits de cette branche même deviennent un facteur de production pour les autres
branches, c’est-à-dire qu’elle crée une offre accrue en produits pour les autres, on parle
donc de liaison en aval (Forward linkages). Quand la branche a un fort réseau de connexion,
on peut la considérer comme étant une branche clé pour l’économie et qui représente un
grand potentiel de diffusion des chocs économiques.
Par la suite, nous allons employer le modèle Input-Output mixte, qui fait partie de la
grande famille du modèle classique Input-Output dans lequel les demandes finales pour
une catégorie de secteurs et la production pour les secteurs restants sont spécifiées d’une
manière exogène.
Le but est donc de déterminer l’impact des variations de la production totale et non pas
les changements résultants de la demande finale, comme a été souvent conçu au niveau
du modèle classique. A l’aide du modèle Input-Output mixte, nous souhaitons porter une
étude de simulation pour mesurer l’effet d’une augmentation de la production automobile
de 45% sur la production, la valeur ajoutée et l’emploi des autres secteurs ainsi que sur
la demande finale automobile. Puis, d’en réaliser une étude comparative d’impact d’une
progression ou régression de la production automobile sur la production des autres secteurs
tout au long de la période d’étude.
Pour notre modèle, l’économie est composée de 16 secteurs et les variables endogènes
exprimant la production totale de tous les secteurs pris en compte à l’exception du secteur
automobile, de même que la variable représentant la demande finale du secteur automobile
à l’exception des autres secteurs restants. La logique est alors inversée pour les variables
exogènes qui sont essentiellement la demande finale totale de tous les secteurs sauf celle
du secteur automobile, en plus de la production totale ajustée (augmentée par la valeur du
choc) de ce dernier.
Et afin de faire apparaitre clairement la dynamique du secteur automobile, nous avons
procédé à l’agrégation de l’ensemble des autres industries manufacturières en un seul sec-
teur dénommé « autres industries ». Ensuite, il nous a fallu opter pour une décomposition
des TRE en vu de neutraliser l’effet de la production provenant de l’extérieur.
Pour cela, et pour avoir un TRE permettant de distinguer d’une manière nette (hors taxes
et impôts) entre la production locale et celle issue d’une source étrangère, nous adoptons
une clé de répartition qui va nous permettre de répartir les ressources en deux composantes,
une satisfaite par la production locale et l’autre issue de l’importation.
7.5 Résultats
7.5.1 Mesures de linkage
La classification d es s ecteurs d ’activité é conomique s ur l a b ase d e l eurs l inkages en
amont permet d’identifier les secteurs stratégiques de l’économie. En observant le tableau
1, le secteur automobile occupe la première place en total Backward linkage à partir de
2011 après avoir été au 3ème rang durant la période 2002 jusqu’à 2010.
112 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
Tableau 1 : le linkage en amont et en aval de l’industrie automobile
Industrie automobile (D34)
Total Backward linkage Rang Total Forward linkage Rang
2002 1,70 3 1,43 7
2005 1,61 3 1,35 7
2008 1,69 3 1,32 8
2011 1,79 1 1,52 7
2014 1,89 1 1,45 8
2015 1,94 1 1,48 7
Pour l’année 2015, l’intensité de linkage en amont de l’industrie automobile est de
l’ordre de 1,94. Cela veut dire que l’accroissement de la demande finale adressée au secteur
automobile d’une unité, engendre une production additionnelle à l’intérieur de l’économie
de 0,94 unité. En effet, pour répondre à cette demande, l’industrie automobile fait appel à
ses fournisseurs pour lui servir d’inputs, ce qui correspond à une création supplémentaire
de production chez ces fournisseurs.
L’effet d’entrainement en aval du secteur automobile est de 1, 48 en 2015 contre 1,43 en
2002, positionné au 7ème rang dans la hiérarchie des 16 secteurs considérés. L’automobile
est donc l’un des secteurs importants pour le tissu productif marocain, en termes d’effet
d’entrainement en amont plus qu’en aval.
Et en vue de donner une cartographie de la hiérarchie des secteurs de l’économie maro-
caine, les graphiques ci-dessous donnent la répartition des secteurs selon leurs mesures de
linkages normalisées en amont et en aval, pour les deux années 2002 et 2015. A noter que
les secteurs d’activité dits « clés » de l’économie sont ceux appartenant à la classe quatre,
c’est-à-dire les secteurs qui ont des liens en amont et en aval supérieurs à l’unité.
Pour le cas marocain, c’est principalement les deux secteurs : « autres industries » et
« production et distribution de l’eau » qui figurent dans la classe 4 en 2015. Alors que de
la majorité des secteurs se situent à la classe 1 qui se considère comme étant une classe
désavantageuse pour le tissu productif, notamment les postes et télécommunications ; édu-
cation et santé ; administration publique ; commerce et réparation des secteurs qui doivent
être normalement intégrés et dépendants à l’ensemble des autres secteurs et c’est par la
nature de leur activité.
Par ailleurs, en se positionnant juste à côté de la barrière distinguant les deux classes 3
et 4, le secteur automobile se trouve dépendant à l’offre intermédiaire qui s’adresse à lui.
Il s’agit alors d’un secteur quasi stratégique pour l’économie marocaine en possédant des
liens plus étroits avec les secteurs auxquels il s’approvisionne d’inputs plus que les secteurs
auxquels il vend ses outputs. Toutefois, sa production doit être stimulée pour répondre à
cet accroissement de la demande finale dans l’ensemble de l’économie afin de passer à la
classe fructueuse (classe 4). (figure 6).
En guise de comparaison, le mouvement du tissu économique marocain avant la crise
mondiale de 2008 et la mise en œuvre des politiques industrielles notamment en 2005
RÉSULTATS 113
Figure 6 : Classification des secteurs sur la base de la combinaison
des linkages normalisés (amont et aval) en 2002 et 2015
1,4 Linkage de l'ensemble des branches pour 2015
1,3
Classe 3 Classe 4
1,2
Normalized Total Backward
1,1
1
0,9
Classe 2
Classe 1
0,8
0,7
0,6 0,7 0,8 0,9 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 1,8 1,9
Normalized Total Forward
1,8
Linkage de l'ensemble des branches pour 2002
1,6
Classe 3 Classe 4
1,4
Normalized Total Backward
1,2
1
0,8
0,6 Classe 1 Classe 2
0,4
0,2
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4 1,6
Normalized Total Forward
AGRICULTURE, SYLVICULTURE, CHASSE, EXPLOITATION HOTELS ET RESTAURANTS
PECHE; AQUACULTURE TRANSPORTS
INDUSTRIE D'EXTRACTION POSTES ET TELECOMMUNICATIONS
AUTRES INDUSTRIES ACTIVITES FINANCIERES ET ASSURANCES IMMOBILIER,
INDUSTRIE D'AUTOMOBILE LOCATION ET SERVICES RENDUS AUX E
PRODUCTION ET DISTRIBUTION D'ELECTRICITE, D'EAU ADMINISTRATION PUBLIQUE GENERALE ET SECURITE
CONSTRUCTION EDUCATION, SANTE ET ACTION SOCIALE
COMMERCE ET REPARATION AUTRES SERVICES NON FINANCIERS
Source : Élaboré par les auteurs
et 2014, l’économie marocaine n’a pas eu un changement considérable de sa structure
sectorielle.
114 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
En 2002, la classe 4 contenait que deux branches d’activité, à savoir les autres industries
et l’industrie d’extraction. Cette dernière va être glissée à la classe 2 en 2015, alors que les
activités financières, a ssurances e t l a c onstruction v ont ê tre d es s ecteurs d épendants en
2015.
Concernant le secteur de l’automobile, il a été positionné dans l’économie marocaine,
en tant qu’un secteur dépendant de la demande intermédiaire qui s’adresse à lui en 2002
(classe 2) pour devenir un secteur qui dépend de l’offre intermédiaire qui s’adresse à lui
(classe 3). Cependant, le tissu productif marocain se caractérise par une faible intégration
totale de la majorité de ses secteurs qui ont été dépendants à l’offre intermédiaire en 2002
pour devenir des secteurs dépendants à la demande intermédiaire en 2015. Sur ces entre-
faites, la classe 4 n’a pas connu une grande présence de secteurs.
7.5.2 Simulation à l’aide du modèle mixte
La simulation introduite dans ce modèle se présente par une augmentation de la produc-
tion automobile de 45% entre 2013 et 2014 et qui a engendré une croissance de 2,8% du
PIB, passant de 1 543 225 MDH à 1 585 901 MDH soit une hausse de 42 676 MDH.
Le choc positif sur la production automobile a exercé un impact assez significatif sur
les autres branches d’activité, notamment « autres services non financiers », « industrie
d’extraction »,« agriculture » et « autres industries » avec des variations respectivement de
35%,29%, 23% et 21%.
L’impact positif du secteur automobile sur le secteur agricole d’une manière plus ou
moins indirecte s’explique en partie par la modernisation du secteur agricole suite au lan-
cement du Plan Maroc Vert. Les autres services non financiers n’entretiennent quasiment
aucun lien avec le secteur automobile, que ce soit en amont ou en aval. Toutefois, leur
production a été positivement affectée selon les résultats du modèle mixte en raison des
investissements en recherche et développement que ces services incluent. Les industries
d’extraction restent parmi les secteurs ayant une liaison plus ou moins forte avec l’indus-
trie automobile, comme l’a montré les résultats ci-dessus.
En termes de la contribution de la valeur ajoutée et d’emploi, l’augmentation de la
production automobile s’est répercutée par une hausse de la valeur ajoutée et de nouveaux
postes d’emploi générés principalement pour les quatre branches ayant augmenté leurs
productions.
D’un point de vue de la composition de la demande finale automobile, les résultats ré-
vèlent une augmentation de 13% au moment où cette demande finale est principalement
tirée par les exportations en premier lieu et puis par la consommation finale des ménages.
De son côté, la branche Immobilier, location et services rendus aux entreprises a enregistré
une croissance de 16% au niveau de sa production en occupant ainsi le 3ème rang en amont
avec l’industrie automobile. Ceci s’explique par les intrants fournis par cette branche à l’in-
dustrie automobile en termes de nouvelles technologies de l’information et de la communi-
cation. Comme a été déjà mentionné, l’objet de cette simulation est de pouvoir déterminer
l’importance économique du secteur automobile dans l’économie marocaine, tout en ob-
servant l’effet résultant suite à l’amélioration ou la détérioration de sa production sur la
production des autres branches d’activité économiques entre l’année 2002 et 2014.
D’après ces résultats, il ressort que la production automobile, a oscillé en hausse et en
baisse au cours de la période d’étude. Pourtant, elle n’a pas impacté réellement les autres
secteurs en termes d’outputs. A titre d’exemple, nous constatons qu’en 2005 la produc-
CONCLUSION 115
Tableau 2 : Effet de la variation de la production automobile sur la production des autres
secteurs (en %)
Secteurs d’activité 2002 2005 2008 2011 2014
Agriculture, sylviculture, chasse, exploitation 23 23 23 20 23
Pêche, aquaculture 45 38 12 9 10
Industrie d'extraction 42 37 25 26 29
Autres industries manufacturières 35 32 22 18 21
Industrie d'automobile 1 -10 22 23 45
Production Et Distribution d'électricité, d'eau 14 12 7 5 6
Construction 0 0 7 6 6
Hôtels et restaurants 4 5 1 0 0
Postes et télécommunications 17 16 1 3 4
Éducation, santé et action sociale 0 0 1 0 1
Autres services non financiers 5 4 26 26 35
tion automobile a décru de 10%, alors que l’effet résultant sur les autres secteurs étant
approximativement identique à celui observé en 2014 avec une augmentation de la pro-
duction de 45%. Egalement, l’impact positif sur la demande finale d’automobile (13%) est
tiré principalement par les exportations.
Cela nous amène à déduire que l’industrie automobile agit peu sur le tissu productif
marocain dans la mesure où elle profite d’inputs locaux plus de ce qu’elle offre comme
outputs à la demande intérieure. Autrement dit, il s’agissait d’un secteur créant une fuite
pour l’économie marocaine, du fait que la majorité de sa production est destinée essentiel-
lement aux extrants étrangers.
7.6 Conclusion
L’analyse du degré d’intégration du secteur automobile dans le tissu productif national,
montre que le secteur « Industrie Automobile » est considéré comme un secteur quasi stra-
tégique pour l’économie marocaine dans le sens où il représente une forte interdépendance
en amont. Il s’agit d’un secteur qui se dote d’un lien fort avec les branches auprès desquels
il s’approvisionne. Ce lien est moins fort avec les branches auxquelles il vend ses outputs.
Par ailleurs, les résultats du modèle Input-Output mixte montrent que ce secteur ne peut
pas être considéré comme étant complètement intégré dans le tissu productif marocain,
malgré sa contribution dans la création d’emploi et de la richesse. Chose qui peut être
expliquée par sa grande dépendance aux extrants destinés à l’extérieur. En effet, les ex-
portations du secteur de l’automobile se sont constituées par des produits intermédiaires,
destinés aux constructeurs mondiaux.
Pour le tissu productif local, constitué principalement par des PME et PMI, il paraît que
l’euphorie enregistrée ces dernières années au niveau de ce secteur (hausse spectaculaire
de la production et des exportations) sous l’effet d’une présence active des IDE ait moins
d’impact, du fait que ces entreprises ne disposent pas des capacités ni d’imitation ni de
rattrapage technologique.
116 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
Dans ce sens, le rôle de l’Etat consiste à mettre en œuvre une stratégie industrielle
intégrée et intégrante visant l’orientation de ces PME et PMI vers des stratégies de diver-
sification et de modernisation de l’industrie nationale tout en créant un climat d’affaire
favorable, et une plateforme adéquate à l’innovation, à la formation et à la recherche scien-
tifique afin d’améliorer la compétitivité du marché intérieur.
Références
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ANNEXES 117
ANNEXES
1. La nomenclature des branches d’activité selon la comptabilité nationale
A00 Agriculture, foret et services annexes
B05 Pèche, aquaculture
C00 Industrie d’extraction
D01 Industries alimentaires et tabac
D02 Industries textile et du cuir
D03 Industrie chimique et para-chimique
D04 Industrie mécanique, métallurgique et électrique
D05 Autres industries manufacturières hors raffinage de pétrole
D06 Raffinage de pétrole et autres produits d'énergie
E00 Production et distribution d'électricité, d'eau
H55 Hôtels et restaurants
I01 Transports
I02 Postes et télécommunications
J00 Activités financières et assurances
K00 Immobilier, location et services rendus aux entreprises
OP0 Autres services non financiers
2. Méthodologie et modèle
2.1. Décomposition du TRE
L’équilibre ressources-emplois qui s’écrit :
P + M + T = CI + CF + F BCF + V ST + X
Après désagrégation advient : Équilibre Ressources Emplois local :
P L + T AL = CIL + CF L + F BCF L + V ST L + XL
Équilibre Ressources Emplois Importé :
M + T M = CIM + CF M + F BCF M + V ST M + XM
Avec :
T = TL + TM
La décomposition de la demande entre intérieure et celle issue de l’importation est effec-
tuée en adoptant la clé de répartition qui est égale à :
RessourcesLocales
CL =
RessourcesT otales
D’où :
PL + TL
CL =
(P L + T L) + (M + T M )
D’après cette formule, nous aurons la demande locale par la formule suivante :
DemandeLocale = CL × DemandeT otale
118 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
Pour trouver tous les autres éléments du TRE local, nous appliquons la même formule
CI.L = CI.L × CI
CM.L = CM.L × CM
F BCF.L = F BCF.L × F BCF
X.L = X.L × X
V S.L = V S.L × V S
2.2. Décomposition du TRE
- Les mesures de linkages simples
Le linkage en amont ou le « Backward linkage » permet de déterminer le lien qui existe
entre une branche d’activité et les branches en amont auxquelles elle achète ses inputs. Les
mesures de ce lien sont estimées dans le cadre d’un modèle entrées-sorties classique de
Leontief. Quant au linkage en aval ou le « Forward linkage », est utilisé pour décrire le
lien qui existe entre une branche particulière et les branches en aval auxquelles elle vend
sa production 1 . On en distingue entre :
Linkage en amont Linkage en aval
Une mesure des liens directs en amont est obtenue
La somme des coefficients d’allocation en ligne
par la sommation en colonnes des coefficients
d’une branche d’activité :
Liens directs techniques d’inputs d’une branche d’activité :
( ) ∑
( ) ∑
Une mesure des liens directs et indirects existant en
C’est la mesure des liens directs et indirects
aval dans une économie est donnée par la somme
existant en amont dans une économie calculés à
en ligne des éléments de la matrice inverse de
Liens totaux partir de la matrice inverse de Leontief:
1
Ghosh :
( ) ∑ ( ) ∑
Cette mesure est équivalente au multiplicateur de production simple. Elle mesure l’effet direct et indirect d’une augmentation
1
d’un DH de la demande finale adressée à la production intérieure du produit « j » sur la production l'ensemble de l’économie
- Les mesures de linkage normalisées
Les différentes mesures en amont et en aval sont normalisées en les divisant par leurs
moyennes arithmétiques. Et on obtient :
Linkage en amont normalisé Linkage en aval normalisé
Liens directs ̅̅̅̅ ̅̅̅̅
( ⁄ )∑ ( ⁄ )∑
Liens totaux ̅̅̅̅ ̅̅̅̅
( ⁄ )∑ ( ⁄ )∑
1. À l’origine, le forward linkage, était estimé sur la base de la somme en ligne des éléments de la matrice
A ou L du modèle de Leontief, mais à partir des années 70, le calcul des mesures des liens en aval a été remis
en question, car il repose sur l’hypothèse peu probable d’une augmentation unitaire simultanée de la production
ou de la demande finale adressée à toutes les branches. Il a été alors recommandé, que le modèle entrées-sorties
de prix de Ghosh, est le plus approprié pour le calcul du forward Linkage, car il repose que les coefficients
d’allocation de la production.
ANNEXES 119
La valeur moyenne de ces mesures normalisées est l’unité. Les branches qui ont des liens
en amont ou en aval supérieurs à la moyenne présentent des indices supérieurs à 1. Les
branches qui ont des liens en amont ou en aval plus faibles que la moyenne présentent des
indices inférieurs à 1.
Le tableau suivant présente la classification de M ILLER et B LAIR (2009) des branches
d’activité selon les résultats des mesures normalisées de linkage en amont et en aval :
Normalized direct or total Forward Linkages
Faible ( < 1) Elevé ( > 1)
Indépendante dans Dépendante de la
Faible ( < 1) l’ensemble, des autres demande intermédiaire qui
Normalized direct or branches d’activité s’adresse à elle
total Backward
Linkages Dépendante de l’offre Dépendante dans
Elevé ( > 1) intermédiaire qui s’adresse à l’ensemble, des autres
elle branches d’activité
3. Le système d’équations du modèle Input Output mixte
Afin de modéliser notre économie, on procèdera par la démarche suivante :
a11 X1 + a12 X2 + a13 X3 + · · · + a116 X16 = F1
a21 X1 + a22 X2 + a23 X3 + · · · + a216 X16 = F2
a31 X1 + a32 X2 + a33 X3 + · · · + a316 X16 = F3
a41 X1 + a42 X2 + a43 X3 + · · · + a416 X16 = F4
.
.
.
a161 X16 + a162 X2 + a163 X3 + · · · + a1616 X16 = F16
Le modèle peut se réécrire :
MXMixed = NYMixed
Ce système d’équations est résolu en exprimant les variables endogènes en fonction des
variables exogènes :
XMixed =M−1 NYMixed
La résolution de notre système d’équations repose donc sur le calcul de la matrice M −1 N .
Il peut se réécrire également de la façon suivante :
" # " # " #
X L15 L15 Ad1516 F −d
= =
F16 −Ad1615 L15 γ X16
Avec " # −1
L15 L15 Ad1516
=M N
−Ad1615 L15 γ
120 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
iv. Résultats de total Backward et Forward linkages Résultats de total Backward et
Forward linkages
Total Backward linkage
2002 2005 2008 2011 2014 2015
BL(t)j Rang BL(t)j Rang BL(t)j Rang BL(t)j Rang BL(t)j Rang BL(t)j Rang
A00 1,36 8 1,37 7 1,44 8 1,41 8 1,43 6 1,40 8
B05 1,32 11 1,31 11 1,54 5 1,42 7 1,39 8 1,37 11
C00 1,43 6 1,42 6 1,17 14 1,21 14 1,29 14 1,29 14
D00 1,88 1 1,78 1 1,78 1 1,76 2 1,72 2 1,75 2
D34 1,70 3 1,61 3 1,69 3 1,79 1 1,89 1 1,94 1
E00 1,34 10 1,30 12 1,45 7 1,49 5 1,45 5 1,44 5
F45 1,77 2 1,66 2 1,70 2 1,68 3 1,64 3 1,64 3
G00 1,30 12 1,32 9 1,40 9 1,38 9 1,38 10 1,38 9
H55 1,56 4 1,47 5 1,49 6 1,45 6 1,43 7 1,43 6
I01 1,50 5 1,59 4 1,56 4 1,56 4 1,55 4 1,52 4
I02 1,35 9 1,31 10 1,28 13 1,30 11 1,39 9 1,41 7
J00 1,24 13 1,24 13 1,30 12 1,31 10 1,36 11 1,37 10
K00 1,09 16 1,07 16 1,17 15 1,16 15 1,16 15 1,16 15
L75 1,38 7 1,34 8 1,34 10 1,29 13 1,32 12 1,34 12
MN0 1,09 15 1,07 15 1,11 16 1,13 16 1,14 16 1,14 16
OP0 1,20 14 1,15 14 1,30 11 1,30 12 1,30 13 1,30 13
ANNEXES 121
Total Forward linkage
2002 2005 2008 2011 2014 2015
FL(t)j Rang FL(t)j Rang FL(t)j Rang FL(t)j Rang FL(t)j Rang FL(t)j Rang
A00 2,09 2 2,05 2 2,05 3 1,93 3 1,99 3 1,97 3
B05 1,85 4 1,71 5 2,41 2 2,03 2 2,07 2 2,08 2
C00 2,48 1 2,48 1 2,43 1 2,89 1 2,90 1 2,64 1
D00 1,80 5 1,75 4 1,73 5 1,71 4 1,73 4 1,76 4
D34 1,43 7 1,35 7 1,32 8 1,52 7 1,45 8 1,48 7
E00 1,99 3 1,86 3 1,71 6 1,67 5 1,63 6 1,61 6
F45 1,02 14 1,02 14 1,04 13 1,04 13 1,04 13 1,04 13
G00 1,05 13 1,05 13 1,03 14 1,03 15 1,04 14 1,04 14
H55 1,19 12 1,19 12 1,20 10 1,23 10 1,23 9 1,25 9
I01 1,21 11 1,19 11 1,19 12 1,18 11 1,19 12 1,19 12
I02 1,25 10 1,22 10 1,20 11 1,18 12 1,20 11 1,22 11
J00 1,32 8 1,33 8 1,74 4 1,65 6 1,72 5 1,75 5
K00 1,54 6 1,49 6 1,45 7 1,44 8 1,47 7 1,47 8
L75 1,00 16 1,00 16 1,00 16 1,00 16 1,00 16 1,00 16
MN0 1,02 15 1,01 15 1,03 15 1,03 14 1,03 15 1,03 15
OP0 1,27 9 1,23 9 1,27 9 1,24 9 1,22 10 1,22 10
3.2. Résultats du choc : Effets suit à une augmentation de 45 de la production du secteur
automobile
Impact sur la production des autres branches d’activité
Branches Après Avant Variation
Agriculture, sylviculture, chasse, exploitation 193 489 156 858 23
Pèche; aquaculture 14 252 12 899 10
Industrie d'extraction 40 452 31 342 29
Autres industries 581 615 481 916 21
Production et distribution d'électricité, d'eau 35 946 34 047 6
Construction 137 349 129 687 6
Postes et télécommunications 35 441 34 130 4
Immobilier, location et services rendus aux e 133 081 114 239 16
Éducation, santé et action sociale 93 717 92 902 1
Autres services non financiers 24 308 18 058 35
122 L’INTÉGRATION DU SECTEUR AUTOMOBILE DANS LE TISSU PRODUCTIF MAROCAIN
Impact sur la valeur ajoutée des autres branches d’activité
Branches Après Avant Variation
Agriculture, sylviculture, chasse, exploitation 150 240 113 609 32
Pèche ; aquaculture 10 977 9 623 14
Industrie d'extraction 34 734 25 624 36
Autres industries 357 295 257 596 39
Production et distribution d'électricité, d'eau 25 286 23 386 8
Construction 87 557 79 895 10
Postes et télécommunications 26 303 24 991 5
Immobilier, location et services 119 530 100 688 19
Éducation, santé et action sociale 84 665 83 850 1
Autres services non financiers 20 540 14 290 44
Impact sur l’emploi des autres branches d’activité
Branches Après Postes gagnés
Agriculture, sylviculture, chasse, exploitation 4 169 163 32 1 344 261
Pèche; aquaculture 78 670 14 11 064
Industrie d'extraction 51 069 36 18 156
Autres industries 949 334 39 367 428
Production et distribution d'électricité, d'eau 32 676 8 2 654
Construction 990 217 10 94 965
Postes et télécommunications 60 363 5 3 168
Immobilier, location et services 213 502 19 39 953
Éducation, santé et action sociale 460 041 1 4 471
Autres services non financiers 622 973 44 272 453
Impact sur la demande finale de la branche automobile
Branches Après Avant Variation
Industrie d'automobile 33570 29747 13