Innovation, ouverture économique et croissance
de productivité : une analyse empirique pour le
cas de la Tunisie
Ahmed Bellakhdhar
Chapitre du live Overture, productivité et croissance économique au Maroc , Édité par
Chatri Abdellatif, Publié par Laboratoire d’Economie Appliquée (Mohammed V Univ.) &
Policy Center for the New South, ISBN (WEB) : 978-9920-37-593-1
Citer ce document :
Bellakhdhar, A. (2019). Innovation, ouverture économique et croissance de productivité :
une analyse empirique pour le cas de la Tunisie. In A. Chatri (éd). Ouverture, productivité
et croissance économique au Maroc. Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center
for the New South. Rabat
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Copyright © 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée, Policy Center for the New South & CNRST.
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CHAPITRE 3
INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE
ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ :
UNE ANALYSE EMPIRIQUE POUR LE CAS
DE LA TUNISIE
Ahmed Bellakhdhar
Institut Supérieur de Gestion de Tunis
E-mail correspondence : bellakhadar@yahoo.fr
Résumé : L’objet de cet article est de développer et d’estimer un modèle endogène d’accumu-
lation de technologie pour le cas de l’économie tunisienne sur la période 1976-2010. Ce modèle
incorpore comme déterminants cruciaux, les efforts domestiques d’innovation, l’investissement
en éducation, l’écart technologique par rapport au leader et l’effet de la transmission de la tech-
nologie étrangère via l’IDE et l’importation des produits intensifs en technologie. Les résultats de
l’estimation montrent que l’impact de l’intensité de R&D domestique sur l’accumulation de tech-
nologie est négatif, mais non significatif dans toutes les régressions alternatives. Le coefficient
associé aux IDE est significativement négatif. Par contre, l’impact des importations des produits
intensifs en technologie est positif. Il est d’autant plus intense que l’écart technologique est élevé.
Les estimations montrent aussi un effet direct positif, mais pas très significatif du capital humain
sur le développement technologique en Tunisie. Son rôle est plutôt plus significatif dans l’assimi-
lation et l’absorption de la technologie étrangère.
Mots clés : Productivité totale de facteurs, Effet de prolifération, Capital humain, intensité de
R&D, Transfert de technologie, IDE, Capacité d’absorption.
Abstract : The purpose of this article is to develop and estimate an endogenous model of techno-
logy accumulation in the tunisian economy context over the period 1976-2010. This model incor-
porates as principal determinants, domestic innovation efforts, investment in education, technolo-
gical gap with the leader and the effect of the transmission of foreign technology through foreign
direct investment and the importation of technology-intensive products. The results of the esti-
mation show that the impact of the domestic R&D intensity on the accumulation of technology
Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc, Éd. Chatri Abdellatif. 39
Copyright
c 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South.
40 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
is negative but not significant in all alternative regressions. The coefficient associated to foreign
direct investment is significantly negative. On the other hand, the impact of imports of intensive
products in technology is positive. It is more intense for a high technological gap. Our estimates
also show a positive but not very significant direct effect of human capital on technological deve-
lopment in Tunisia. Its role is rather more significant in the assimilation and absorption of foreign
technology.
Key words : Total factor productivity, Proliferation effect, Human capital, R & D intensity, Tech-
nology transfer, FDI, Absorptive capacity
3.1 Introduction
En réaction aux limites de la théorie de la croissance exogène, les modèles de la crois-
sance endogène montrent que « l’accumulation de capital physique et l’accroissement du
travail ne pouvaient expliquer qu’une faible part de la croissance. » (G URGAND, 2005).
Ils font l’hypothèse que l’investissement en capital humain et le développement techno-
logique sont à l’origine d’une croissance économique soutenue et auto-entretenue. Les
premiers modèles de croissance endogène (AGHION & H OWITT, 1992 ; G ROSSMAN &
H ELPMAN, 1991 ; ROMER, 1986, 1990) mettent au centre une fonction de production des
connaissances basée sur l’hypothèse de l’effet d’échelle. Une des limites principales de ces
modèles est que cette dernière hypothèse n’a pas été supportée par les données empiriques.
Pour surmonter ce manque de consensus empirique, deux nouvelles théories de croissance
endogène ont été développées. La première est la théorie " semi-endogène (J ONES, 1995 ;
KORTUM, 1997 ; S EGERSTROM, 1998), et la deuxième porte sur les modèles de la crois-
sance entièrement endogène avec effet de prolifération, AGHION et H OWITT (1998), D I -
NOPOULOS et T HOMPSON (1998), H OWITT (1999, 2000), P ERETTO (1998). À la lumière
de ces modèles mentionnés, H OWITT (2000) justifie que seuls les pays qui innovent auront
une croissance technologique leur permettant de se développer à long terme. Toutefois, les
évidences empiriques montrent que les pays qui n’innovent pas peuvent s’appuyer sur le
rattrapage technologique pour accroître leur productivité totale des facteurs.
Malgré les efforts de formulation théorique fournis à ce niveau, les évidences em-
piriques semblent divergentes. Elles se heurtent à des sérieuses difficultés méthodolo-
giques et conceptuelles, quant à la spécification de modèle d’accumulation de technolo-
gie. Comme une tentative pour surmonter ces insuffisances, on a essayé de développer
un modèle théorique endogène d’accumulation de technologie, avec effet de prolifération,
qui incorpore comme déterminants cruciaux, les efforts domestiques d’innovation, l’in-
vestissement en éducation, l’écart technologique par rapport au leader et les effets de la
transmission de la technologie étrangère via l’IDE et l’importation des produits intensifs
en technologie. Appliqué à l’économie tunisienne sur la période 1976-2010, ce modèle
vise à déterminer, d’une part, l’importance des efforts domestiques en matière de R&D et
d’investissement en éducation sur la croissance de la productivité et, d’autre part, les effets
de la transmission de la technologie étrangère via les investissements directs étrangers et
les importations des produits intensifs en technologie sur la croissance de productivité.
A cet effet, plusieurs régressions alternatives sont estimées, en vue de prendre en consi-
dération les impacts interactifs des variables retenues et de capter, par voie de conséquence,
l’importance de la capacité nationale d’absorption de la technologie étrangère.
MODÈLE D’ACCUMULATION DE TECHNOLOGIE 41
Le reste du papier est organisé comme suit. La deuxième section présente le modèle
théorique d’accumulation de technologie et le modèle empirique à estimer. L’estimation
économétrique et l’interprétation des résultats sont présentées dans une troisième section.
La dernière section conclut.
3.2 Modèle d’accumulation de technologie
Le composant central de n’importe quel modèle de croissance basé sur les recherches et
développement est la fonction d’accumulation de technologies. Selon cette fonction, le flux
de nouvelles connaissances dépend des inputs utilisés dans le secteur de R&D et d’autres
facteurs ayant des effets indirects sur l’accumulation de savoir. Il est proposé dans ce qui
suit, un modèle d’accumulation de technologie endogène avec effet de prolifération qui
tient compte à la fois de l’innovation pure (Effort domestique), le transfert de la techno-
logie étrangère (Spillover), l’écart technologique par rapport à la frontière et la capacité
d’absorption des connaissances.
La littérature économique montre que la spécification théorique la plus supportée de la
fonction d’accumulation de technologie par les données empiriques prend la forme géné-
rale suivante :
Ȧ = f (X, A) × (S f )k (1)
Où, Ȧ est le flux des connaissances cumulées. La fonction f (X, A) indique l’effort
domestique en matière de R&D, S f décrit l’effet de la transmission de la technologie
étrangère. A est le niveau de la technologie disponible et X est l’ensemble des ressources
mobilisées pour les R&D, que ce soit humaines ou/et financières.
Pour la spécification de f , divers modèles endogènes ont été développés. La forme
σ
générale de tous ces modèles est représentée par f (X, A) = λ(X/Q) Aκ , tel que, λ est
un paramètre de productivité dans le secteur de recherche et développement. Le paramètre
σ décrit le phénomène de duplication. Il est supposé positif et inférieur à l’unité. κ mesure
le niveau des externalités intertemporelles de connaissances qui détermine les rendements
de la R&D. La variable Q indique le nombre de variétés de produit. À l’état stationnaire,
elle est modélisée par (Q ∝ Lβ o Q ∝ Y β u) où β est le coefficient associé au phénomène
de prolifération des produits. L est le nombre total des employés dans l’économie ou la
taille de la population et Y est le niveau de PIB. La correction des ressources X par Q vise
à tenir compte de l’effet de prolifération. Dans la littérature économique, divers indicateurs
ont été utilisés pour mesurer l’intensité de R&D, principalement les ratios, (R/Y ) et/ou
(LR /L), tel que R désigne le niveau des dépenses contemporaines dans les recherches et
développement et LR est le nombre des chercheurs actifs dans le domaine de R&D. En
réalité, ces indicateurs d’intensité utilisés sont des simples fractions globales qui peuvent
être une source de biais. Par exemple, l’indicateur d’intensité (LR /L) est un ratio qui
ne tient pas compte des différences aux niveaux de compétences humaines. Comme une
tentative pour corriger cette insuffisance, on a intégré le capital humain h. Le nouveau
indicateur sera noté par (LH /L), où, HR = hLR .
Pour modéliser S f , notre démarche s’appuie en grande partie sur les travaux de C OE et
H ELPMAN (1995), I SLAM (2010), L ICHTENBERG et D E L A P OTTERIE (1998), M ADSEN
et M C A LEER (2000), S AVVIDES et Z ACHARIADIS (2005). Ces auteurs ont essayé de mo-
déliser l’externalité technologique en explorant le lien entre le transfert de la technologique
42 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
étrangère et l’ouverture sur l’extérieur, via l’importation des biens intensifs en technologie
pour les premiers, et les investissements directs étrangers pour les seconds.
Le stock étranger de R&D transféré à travers l’importation des biens intensifs en tech-
nologie est noté par Stmf et défini analytiquement par la relation suivante :
n
X mij
Simf = Asup (2)
Yj
j6=i
Où i et j sont des indices associés aux pays intervenants ; i désigne le pays importateur
(l’exemple de la Tunisie) et n est le nombre des pays partenaires (exemple l’EU-15 pour
le cas de la Tunisie). Yj est le niveau du PIB du pays j et mij est le volume des biens
intensifs en technologie importés par le pays i de ce pays partenaire.
On indique par YLeader le PIB de pays partenaire leader. Ce pays est supposé à la
frontière technologique et avoir le niveau technologique le plus élevé noté par Asup . À une
période donnée, il est possible d’exprimer les PIB des autres pays partenaires en fonction
de YLeader suivant la fonction ; Yj = ij YLeader , où ij est une constante. Ceci permet de
réécrire la fonction Simf sous la forme générale suivante :
Pn mij
!
mf j6=i n Mij
Sit = (n/i) Asup = (n/i) A (3)
YLeader YLeader sup
Où, (Mij /YLeader ) est le ratio de la valeur moyenne des importations de i en prove-
nance des pays partenaires au PIB de pays leader. Dans la fonction d’accumulation des
connaissances Ȧt présentée ci-dessus, le stock de technologie étrangère est intégré sous
une forme multiplicative. Le transfert technologique, via l’investissement direct étranger,
sera modélisé de la même manière que celui associé aux importations.
Le volume de la technologie étrangère transmise via l’IDE est modélisé comme suit :
n
X ideij IDE ij IDE ij
Siidef = Asup ≈ A ≈ (n/i) A (4)
Kj KLeader sup YLeader sup
j6=i
Où, Yj ∝ Kj (∝ indique la notion de proportionnalité entre ces deux variables). IDE ij
est le flux total moyen des investissements directs étrangers attirés par le paysi. Il est sup-
posé que le pays i possède le niveau technologique Ai . Les autres variables sont défi-
nies comme précédemment. Le retard technologique par rapport au pays leader, défini par
(Asup − Ai ), représente l’écart technologique par rapport au leader en termes du nombre
de variétés. Le pays i cherche à rattraper cette différence technologique. Dans le même
cadre d’analyse, (A NG & M ADSEN, 2012 ; C ECCHINI & L AI -T ONG, 2008 ; H AMMAMI,
M ENEGALDO & L AFARGE, 2001) ont donné une fonction intégrée de type Cobb-Douglas
plus générale pour spécifier le transfert de la technologie étrangère, via l’importation des
produits technologiquement avancés et les investissements directs étrangers. Cette fonction
est définie par la forme suivante :
a b
S f = Simf × Siidef (5)
Où, a est l’élasticité de l’externalité technologique globale par rapport au transfert via
l’importation et b est celle de l’externalité technologique globale par rapport au transfert
MODÈLE D’ACCUMULATION DE TECHNOLOGIE 43
via les IDE. En adoptant cette spécification pour le cas de notre modèle et en remplaçant
les variables S mf
i et Siidef par leurs expressions présentées précédemment, on obtient :
a b ab
f ab Mij IDE ij Asup − A
S ≡ (n/i) × Aab (6)
Yi Yi Asup
Si on remplace S f et f (X, A) par
leurs expressions, tel que l’intensité en R&D domes-
tique est spécifiée par le ratio HLR , on obtient l’équation suivante :
θ ak bk abk
abk HR Mij IDE ij Asup − A
Ȧ = δ(n/i) Aκ+abk (7)
L Yi Yi Asup
Si on remplace les paramètres (ak), (bk), (abk) et (κ + abk) par , τ , γ et ∅ respecti-
vement, on obtient la forme générale suivante :
θ τ γ
HR M IDE Asup − A
Ȧ = δ 0 A∅
L Y Y Asup |{z}
| {z } | {z } | {z } Effet exter.
Effort domestique en R&D Tran. tech. de l0 étranger Distance à la frontière
(8)
0
Où, δ > 0 représente un paramètre exogène de la productivité de la R&D. Le paramètre
θ décrit le phénomène de duplication. Il est supposé 0 ≤ θ < 1 . Le paramètre ∅ indique
l’effet inter-temporel de la technologie existante sur la productivité future de création des
connaissances. Il est supposé positif et inférieur à l’unité.
En appliquant l’approximation log-linéaire de Taylor adoptée par H A et H OWITT (2007)
sur la spécification théorique obtenue ci-dessus, on obtient le modèle empirique suivant :
LR Asup − A
gA = α0 + α1 log + α2 logh + α3 log
L Asup
(9)
M IDE
+ α4log + α5 log +ε
Y Y
Où, gA est le taux de croissance de la productivité totale des facteurs (PTF). ε est le
terme d’erreur.
Dans cet article, le choix de la Tunisie revient au fait qu’elle s’agit d’un pays de la
rive sud de la Méditerranée, qui a signé les accords de partenariat bilatéraux avec l’UE-15.
En effet, pour réussir son intégration dans l’économie mondiale et renforcer sa capacité
concurrentielle dans la région, la Tunisie a opté pour une stratégie d’encouragement aux
investissements et d’ouverture sur l’extérieur. Pour expliquer la croissance de cette produc-
tivité totale des facteurs, plusieurs facteurs déterminants ont été avancés dans la littérature.
Dans ce cadre d’analyse, les évidences empiriques montrent que l’investissement en ca-
pital humain, les efforts domestiques d’innovation, la position du pays à la frontière tech-
nologique et la diffusion de la technologie étrangère via l’investissement direct étranger
et l’importation des produits intensifs en technologie sont les principales variables expli-
catives de l’accumulation de technologie. Les variables explicatives de notre modèle sont
indiquées par uR , humain h , DT F , M Y, IDEY respectivement
44 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
3.3 Résultats empiriques et interprétations
3.3.1 Variables du modèle et données
Dans le modèle d’accumulation de technologie, la variable expliquée est le progrès tech-
nique, mesuré par le taux de croissance de la PTF, noté g A . L’application de la technique
de la comptabilité de la croissance à notre modèle permet d’écrire :
α k
logA = logy − log −logh (10)
1−α y
S’agissant des données pour le cas de la Tunisie, le PIB réel par travailleur (y) et le ratio
(k/y) sont disponibles dans plusieurs bases de données, tels que Penn World Table (PWT
version 6.3), l’Institut d’Études Quantitatives (IEQ), les données de la Banque Mondiale.
Le capital humain, noté h, est estimé à partir d’un modèle empirique structuré qui intègre
simultanément les aspects quantitatifs et qualitatifs de capital humain et qui tient compte
des rendements scolaires décroissants pour la période 1976-2010 (voir Annexe C). Cepen-
dant, si on remplace h par sa valeur empirique estimée suivant les données disponibles et le
paramètre α par la valeur 0, 3, on obtient une valeur empirique pour la PTF. En appliquant
la différence logarithmique sur la variable productivité, on obtient le taux de croissance de
la PTF pour la Tunisie sur la période [1976-2010].
L’effort domestique de la Tunisie en matière d’innovation est mesuré par la part des
travailleurs qualifiés dans les domaines scientifiques et technologique. Il est paramétré par
la variable uR . La part de l’investissement direct étranger dans le PIB est mesurée par le
flux des IDE entrants dans le PIB. Elle est indiquée par la variable I DEY dans le modèle
empirique. Elle prend une valeur moyenne de 3% sur toute la période d’étude. La part
d’importation des produits intensifs en technologie dans le PIB est introduite pour saisir
l’effet des spillovers de technologie externe via l’importation des équipements modernes.
Elle est indiquée par la variable M Y dans l’équation de régression. Les données sont
collectées à partir de la source WDI (2007) et d’autres sources de données comme l’IMF
et l’institut quantitatif d’économie (IEQ).
L’écart technologique entre un pays témoin et le leader en technologie détermine étroi-
tement l’ampleur du processus de transfert technologique. Par ailleurs, pour apprécier la
capacité d’absorption et d’apprentissage en Tunisie, nous avons retenu la variable
(Asup − A)/Asup comme un indicateur de la distance technologique à la frontière, para-
métré par DT F . Du fait du volume considérable des échanges économiques avec l’Union
Européenne (plus que 86%), le niveau moyen de la PTF des pays partenaires de l’UE est
retenu indicateur de la technologique à la frontière (Asup ). Il est extrait de données de l’Eu-
rostat. La distance technologique à la frontière, ou le transfert autonome de la technologie,
est mesuré par l’écart relatif de la PTF entre l’UE et la Tunisie.
3.3.2 Effets directs des déterminants de progrès technique
Le Tableau 1 (Annexe A) présente les résultats de l’estimation des effets directs des va-
riables explicatives sur le progrès technique. Les résultats obtenus montrent que l’intensité
de R&D domestique paramétré par la variable LoguR a un impact négatif (-0.069), mais
non significatif à un risque d’erreur de 5% sur le taux de croissance de la PTF. Ceci va à
l’encontre des enseignements des modèles schumpetériens (AGHION & H OWITT, 2009 ;
RÉSULTATS EMPIRIQUES ET INTERPRÉTATIONS 45
A NG & M ADSEN, 2012 ; I SLAM, 2010 ; VANDENBUSSCHE, AGHION & M EGHIR, 2006).
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce rendement négatif de l’effort domestique en R&D
sur la croissance de productivité en Tunisie. C HELLOUF, O UTTARA et DOU (1999), par
exemple, montrent que le système national d’innovation en Tunisie souffre de certaines
lacunes. Ils soulignent que les 80% des brevets déposés par les résidents sont à titre indivi-
duel. Ceci montre le manque de collaboration entre chercheurs, laboratoires de recherche
et entreprises en matière de promotion et de développement de la recherche. L’intégration
des chercheurs universitaires et scientifiques dans le milieu industriel reste encore faible
en raison de l’orientation des universités vers la recherche fondamentale. Ceci implique
que l’environnement institutionnel d’informations scientifiques et économiques en Tunisie
est caractérisé par une faible communication entre ses structures. Les travaux empiriques
de T LILI (2006) montrent qu’environ 80% des chercheurs sont des enseignants univer-
sitaires dont les activités de recherches sont à dominance théorique fondamentale. Les
chiffres statistiques en termes d’effectif total des chercheurs deviennent donc trompeurs
et le nombre réel de chercheurs est bien inférieur. On trouve également que l’investisse-
ment public tunisien dans la recherche reste plutôt éparpillé sur un ensemble très large de
domaines scientifiques (H ATEM, 2007).
La variation de taux de croissance de la PTF en fonction de l’intensité de R&D do-
mestique, illustrée par la figure 1 (Annexe B), montre une relation non significative entre
les deux variables. Dans le même cadre d’analyse, plusieurs auteurs comme C ASADELLA
et B ENLAHCEN -T LEMCANI (2006), G RIFFITH, R EDDING et R EENEN (2004), H OWITT
(2000) ont indiqué que dans les pays les moins développés, les systèmes d’innovation sont
encore non fiables en termes d’innovation. Ils servent essentiellement à augmenter les op-
portunités et la culture d’apprentissage. Ainsi, les activités de R&D domestiques ne sont
pas destinées à produire des innovations nationales. Il n’en reste pas moins qu’elles peuvent
être importantes pour la capacité d’absorption du pays. Dans les sections suivantes, on va
tester cet effet d’assimilation de la technologie étrangère à travers l’introduction de termes
interactifs.
Quant à l’impact du capital humain sur le taux de croissance de la productivité, notre
estimation économétrique montre que son coefficient est positif, mais faiblement signifi-
catif. Ainsi, une augmentation de capital humain de 1% n’augmente la PTF que de l’ordre
de 0,04 à 0,059 points de pourcentage. Il semble que ce résultat est expliqué par une inadé-
quation entre les formations et les besoins des structures productives (“Éducation, Marché
du Travail et Développement : Les Exigences D’une Adéquation”, 1999). Il en résulte à
la fois une faible productivité des nouveaux travailleurs et un effet d’apprentissage insuffi-
sant pour générer des gains de productivité significatifs lors de l’introduction de nouvelle
technologie. Le désengagement de l’état dans le système éducatif, se manifeste aussi par
l’absence de programmes d’éducation efficaces répondant aux besoins technologiques pour
le développement. Ce résultat incite à s’interroger sur le véritable effet du capital humain
comme facteur d’assimilation et d’absorption de la technologie étrangère. Cette hypothèse
sera testée dans les sections suivantes.
L’exclusion des variables non significatives 1 a permis d’améliorer la significativité sta-
tistique des principales variables explicatives de la régréssion (2) sauf pour le capital hu-
main. Ceci nous a motivé à remplacer l’intensité de R&D domestique et le capital humain
par une nouvelle variable interactive qui tient compte à la fois de la masse disponible de
chercheurs et de la qualité de leur formation comme deux aspects fondamentaux de l’in-
1. Elle s’agit de l’intensité de R&D domestique
46 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
novation. La nouvelle variable est indiquée par (LoghuR ). L’estimation obtenue montre
un impact positif sur la croissance de productivité (0.031), même il n’est pas significatif.
Ceci confirme à certain niveau la théorie Schumpetérienne récente de la croissance endo-
gène selon laquelle, le taux de progrès technologique dépend positivement de l’intensité
de R&D domestique corrigée par le niveau de compétence.
Concernant l’importance de l’écart technologique dans le progrès technique, les coef-
ficients associés à cette variable sont positifs et significatifs dans toutes les régressions
alternatives. La figure 2 (voir Annexe B) illustre que la relation est positive mais n’est
pas strictement linéaire entre l’écart technologique et le taux de croissance de la PTF. Ce
dernier prend des valeurs négatives pour un écart inférieur à 73%. Au-delà de cette valeur
seuil, l’impact est positif et croissant. La figure montre également que cet impact positif
de l’écart technologique commence à décroitre pour un décalage plus élevé. Ceci implique
que le rattrapage sera plus difficile, complexe et très coûteux pour une distance technolo-
gique élevée.
Quant à l’impact de l’importation des produits intensifs en compétence sur la produc-
tivité globale, nos estimations confirment le rôle crucial joué par cette variable. Le coeffi-
cient associé est positif et statistiquement significatif. En effet, une augmentation de sa part
dans le PIB par 1% améliore la PTF par plus de 0,5%. Ce résultat est conforme à la théorie
économique selon laquelle, plus un pays est ouvert sur l’extérieur, plus les gains d’ex-
ternalités sont significatifs sur la PTF, (BAUMOL, 1993 ; M ANSFIELD & ROMEO, 1980).
L’analyse graphique montre que cette relation n’est pas linéaire (voir la figure 3). En effet,
la croissance technologique est très faible pour un ratio réduit M Y ≤ 25% . C’est unique-
ment au-delà de ce seuil, qu’on commence à avoir un impact positif sur l’accumulation de
technologie.
S’agissant des investissements directs étrangers, nos estimations montrent, contraire-
ment à ce qui est attendu, un impact négatif et statistiquement significatif sur l’accumu-
lation de technologie. Ainsi, une augmentation de 1% de la part des IDE dans le PIB
fait décroitre la productivité par 0,11% en moyenne. Ce résultat, peut être expliqué par la
concentration des IDE sur les activités à faible valeur ajoutée et la faible intégration des
firmes multinationales dans le tissu productif local.
La littérature économique montre que les pays en développement doivent se focaliser
dans leur premier stade de développement beaucoup plus sur l’acquisition et l’assimilation
de la technologie étrangère à travers l’imitation et le contact avec les entreprises étrangères,
vu le coût important des activités de R&D. Par ailleurs, le transfert technologique n’est
pas systématique, (S JÖHOLM, 1999). Il est étroitement lié à la « capacité d’absorption »
du pays récepteur de technologies étrangères, (B LOMSTROM, KOKKO & Z EJAN, 2000).
Motivé par cette évidence, il convient d’estimer une régression alternative qui tient compte
non seulement des effets directs propres aux variables explicatives, mais aussi qui intègre
des termes interactifs.
3.3.3 Rattrapage technologique et capacités d’absorption
Dans la littérature économique, plusieurs travaux (B ORENSZTEIN, D E G REGORIO &
L EE, 1995 ; B OUOIYOUR & YAZIDI, 2000 ; C OE, H ELPMAN & H OFFMAISTER, 1997 ;
M ADSEN & M C A LEER, 2000 ; WANG & B LOMSTRÖM, 1992) émettent des réserves sur
le caractère automatique des bienfaits des investissements étrangers. À la lumière de la
littérature sur les investissements directs étrangers, il semble que la productivité totale des
RÉSULTATS EMPIRIQUES ET INTERPRÉTATIONS 47
facteurs des pays du sud de la Méditerranée y compris la Tunisie devrait bénéficier des
IDE, d’autant, voire à condition, que les capacités d’absorption des nouvelles technologies
véhiculées sont élevées, en particulier que la force de travail est qualifiée. Ces caractéris-
tiques se présentent-elles pour la Tunisie ?
Dans cette perspective, nous avons essayé d’estimer certaines régressions alternatives,
qui intègrent des variables interactives indiquant l’importance de la capacité d’absorption
locale dans le transfert de technologies découlant des IDE. Cette capacité est mesurée par
déférentes variables (présentées dans les régressions 1, 2, 3 et 4 du tableau 2. Voir Annexe
A) ; l’intensité de R&D domestique, le niveau du capital humain, l’écart technologique par
rapport au leader et le degré d’ouverture du pays. Les résultats obtenus dans le Tableau
2 nous permettent de déterminer les conditions selon lesquelles ces transferts peuvent se
traduire par un effet positif sur la croissance de productivité en Tunisie.
Les estimations apportées par la deuxième colonne montrent que l’effet direct des IDE
sur le taux de croissance de la PTF ainsi que son impact interactif avec le capital hu-
main ont gardé le signe négatif (-0,138 et -0,148 respectivement). Ce dernier coefficient
est statistiquement non significatif. Il implique la faible complémentarité entre les deux
facteurs pour générer des gains de productivité. Concernant l’importance de l’intensité de
R&D domestique, nos résultats empiriques présentés dans la première colonne montrent
une relation négative et significative entre le terme interactif LoguR × LogIDEY et le
taux de croissance de la PTF. Nous remarquons également que l’introduction de cette va-
riable a intensifié l’effet direct négatif des IDE sur la croissance de productivité. Il attient
la valeur -0.198 dans la régression (1). Ceci infirme les conclusions selon lesquelles les
ressources domestiques consacrées par le pays hôte pour la R&D sont fondamentales pour
l’absorption de la technologie étrangère apportée par les firmes multinationales,(A NG &
M ADSEN, 2012 ; I SLAM, 2010). Il semble que ce résultat est expliqué par l’existence à la
fois d’une capacité d’apprentissage insuffisante et des IDE concentrés dans des secteurs de
technologie basse.
L’importance de la distance technologique à la frontière dans le rattrapage de la tech-
nologie transmise à travers les IDE est captée par l’introduction de la variable interactive
LogDT F × LogIDEY . Les résultats obtenus montrent que le coefficient associé à cette
dernière variable est positif (0.967) et significatif. Ceci implique qu’en moyenne, l’IDE
opère un transfert technologique plus fort si l’écart entre la technologie ainsi reçue et la
technologie domestique est élevé. L’effet direct des IDE devient positif (0.13) mais sta-
tistiquement non significatif. Les observations empiriques sur la période 1976-2010, té-
moignent de l’existence d’une relation qui n’est pas strictement monotone entre le terme
interactif LogDT F × LogIDEY et le taux de croissance de productivité. Ainsi, la fi-
gure 4 présentée ci-après montre que pour un décalage technologique inférieur à 74%, la
corrélation est positive. Au-delà de cette valeur seuil, la corrélation devient négative.
Pour savoir plus sur le degré de complémentarité entre l’importation des produits in-
tensifs en technologie et les IDE, on a essayé d’introduire dans notre modèle la variable
interactive LogM Y × LogIDEY (régression (4)), pour estimer son impact sur la crois-
sance de productivité. Cette variable indique la capacité d’absorption locale mesurée par le
degré d’ouverture du pays. Elle peut jouer un rôle important dans le transfert technologique
dans la mesure où le pays le plus ouvert a plus de chance d’imiter et d’absorber les tech-
nologies diffusées par les firmes multinationales. Sur le plan empirique, cette hypothèse
a été confirmée par plusieurs travaux de recherche et en particulier celui de (D E G REGO -
RIO , 1992). Une étude similaire réalisée récemment par BALTABAEV (2013), montre que
48 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
le ratio d’importation des produits technologiques au PIB exerce une forte influence sur
l’entrée d’IDE.
Dans cette étude sur la Tunisie, les estimations montrent que l’introduction de ce terme
interactif ; LogM Y × LogIDEY a accentué l’effet négatif de l’IDE (-1.66), mais en per-
dant sa significativité statistique. Concernant le coefficient associé à la variable interactive,
il est positif et non significatif. Ce résultat explique d’une manière claire le faible potentiel
technologique des flux entrants des IDE en Tunisie, chose qui justifie l’absence d’interac-
tion entre les deux variables. Dans le Tableau 3 présenté ci-après, notre objectif consiste à
estimer deux équations de régression qui tiennent compte non seulement de l’effet direct
d’importations des produits intensifs en technologie, mais qui intègrent en plus les termes
interactifs, LogM Y × LoguR et LogM Y × LogDT F . Ces variables mettent l’accent sur
l’importance de l’investissement domestique dans la R&D et du décalage technologique
par rapport au leader dans le transfert technologique via l’importation des biens d’équipe-
ment, respectivement.
Les résultats obtenus montrent que l’impact de la variable LoguR sur le taux de crois-
sance de la PTF est négatif et non significatif que ce soit intégrée d’une manière séparée
ou en interaction avec l’importation des biens technologiques. Pour les autres variables du
modèle, les estimations sont robustes en termes de signe et de significativité statistique. La
régression (1) montre une corrélation positive et significative entre la croissance de produc-
tivité et la variable interactive LogM Y × LogDT F . Le coefficient associé à cette dernière
variable devient plus significatif après l’élimination de LoguR . Nous remarquons égale-
ment qu’avec l’introduction de cette variable interactive l’effet du capital humain devient
plus significatif.
L’effet marginal total d’importations des biens d’équipement sur la croissance de pro-
ductivité en tenant compte de l’écart technologique est donné par le coefficient αM Y dé-
fini par αM Y = 0.696 + 0.415 × LogDT F , (régression 2). Il suffit d’insérer la valeur
moyenne de LogDT F calculée sur la période d’étude pour obtenir un effet global moyen
évalué à 0,57. Cette valeur empirique de αM Y montre que l’importation des produits
intensifs en technologie est un vecteur principal de la transmission de connaissances étran-
gères en Tunisie dont l’impact est plus important avec le décalage technologique par rap-
port au leader.
La représentation graphique de la relation entre la croissance de la PTF et la variable
interactive LogM Y × LogDT F est illustrée par la figure 5. Ce graphique confirme la
présence d’un impact positif de l’importation d’équipements. Cet effet est plus important
pour un décalage technologique élevé. Ce résultat infirme les hypothèses théoriques se-
lon lesquelles, lorsque l’écart entre les deux pays est trop grand, la capacité d’absorption
devient insuffisante pour générer des gains de productivité significatifs lors de l’importa-
tion de nouveaux produits intensifs en technologie, A NG et M ADSEN (2012), BALTABAEV
(2013), I SLAM (2010).
Les régressions relèvent également un coefficient négatif et significatif pour les inves-
tissements directs étrangers. Ce résultat, plutôt inattendu pourrait être expliqué principale-
ment par un type d’IDE faible en volume et non porteur de transfert technologique. Nos
estimations montrent aussi que l’importation des produits intensifs en technologie est un
vecteur principal de transmission de connaissances étrangères en Tunisie dont l’impact
devient plus important avec le décalage technologique par rapport au leader. Concernant
l’importance de cette dernière variable dans le progrès technique, les résultats empiriques
montrent que les coefficients associés sont positifs et significatifs. Mais avec les termes
CONCLUSION 49
interactifs, on trouve que les potentialités de retombées positives deviennent limitées pour
un écart trop grand.
3.4 Conclusion
Dans cet article, nous avons essayé de développer et d’estimer un modèle endogène
d’accumulation de technologie avec effet de prolifération. Ce modèle incorpore comme dé-
terminants cruciaux, les efforts domestiques d’innovation, l’investissement en éducation,
l’écart technologique par rapport au leader et l’effet de la transmission de la technolo-
gie étrangère via l’investissement direct étranger et l’importation des produits intensifs en
technologie. Comme un exemple d’application, on a pris le cas de l’économie tunisienne
sur la période 1976-2010.
Les résultats empiriques obtenus montrent que l’impact de l’intensité de R&D domes-
tique est négatif mais statistiquement non significatif dans toutes les régressions alterna-
tives. Le coefficient associé aux investissements directs étrangers est négatif et significatif.
Ce résultat, plutôt inattendu pourrait être expliqué principalement par un type d’IDE faible
en volume et non porteur de transfert technologique. Son effet interactif avec le capital
humain sur le taux de croissance de la PTF a gardé le signe négatif bien qu’il n’est pas
statistiquement significatif. Ceci implique la faible complémentarité entre les deux fac-
teurs pour générer des gains de productivité. Quant à l’importation des produits intensifs
en technologie, les régressions montrent qu’il s’agit d’un vecteur principal de transmis-
sion de connaissances étrangères en Tunisie. Son impact sur l’accumulation de savoir est
plus intense pour un décalage technologique élevé. S’agissant de l’écart technologique, son
impact est positif et significatif.
Nos résultats montrent aussi un effet direct positif, mais qui n’est pas très significatif
pour le capital humain sur le développement technologique en Tunisie. Il en résulte à la
fois une faible productivité des nouveaux travailleurs et un effet d’apprentissage insuffisant
pour générer des gains de productivité significatifs lors de l’introduction de nouvelle tech-
nologie. Malgré la grande priorité accordée par la Tunisie à l’éducation et à la formation
des jeunes, la capacité d’innovation reste encore réduite.
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52 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
ANNEXES
Annexe A : Liste des tableaux de régression
Tableau 1 : Estimation des effets directs des déterminants de progrès Technique
Variable dépendante: og(A)
(1) (2) (3)
-0.069
Logu R
(-0.95)
0.059 0.040
Logh
(1.82) (1.65)
0.031
Loghu R
(1.61)
1.53 **
1.479**
0.94 **
LogDTF
(2.55) (3.56) (2.45)
-0.128 **
-0.127 **
-0.09 **
LogIDEY
(-4.03) (-6.87) (-5.32)
0.589 **
0.560**
0.51 **
LogMY
(2.14) (3.00) (2.33)
- 1.46 -1.296 -1.285
_Cons
(-1.47) (-1.82) (-1.6)
Fisher 211.69 97.03 74.04
R-squared 0.98 0.98 0.97
Note : Les valeurs entre parenthèses reviennent à la statistique de Student.
(**) indiquent que le coefficient est significatif à un risque d’erreur de 5%.
ANNEXES 53
Tableau 2 : Estimation des effets interactifs des IDE sur le taux de croissance de la PTF
Variable dépendante: Log(A)
(1) (2) (3) (4)
0.045 0.084 0.049
Logh
(1.58) (1.90) (1.1)
1.635 **
1.538 **
1.12 **
LogDTF
(4.92) (2.46) (2.69)
-0.198 **
-0.138 **
0.130 -1.66
LogIDEY
(-6.64) (-4.08) (1.1) (-1.37)
0.509 **
0.563 0.894 **
LogMY
(2.31) (1.66) (4.84)
-0.070 **
Logu × LogIDEY
R
(-2.03)
-0.148
Logh × LogIDEY
(-1.14)
0.967 **
LogDTF × LogIDEY
(2.36)
0.48
LogMY × LogIDEY
(1.31)
- 1.094 -1.281 -2.81**
0.37 **
_Cons
(-1.38) (-1.02) (-4.80) (2.87)
Fisher 331.92 36.36 143.44 26.60
R-squared 0.98 0.96 0.93 0.95
Note : Les valeurs entre parenthèses reviennent à la statistique de Student.
La régression est à erreur standard robuste.
(**) indique que le coefficient est significatif à un risque d’erreur de 5%.
54 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
Tableau 3 : Estimation des effets interactifs de l’importation des biens technologiques sur
le taux de croissance de la PTF
Variable dépendante: Log(A)
(1) (2) (3)
-0.056
Logu R
(-1.08)
0.052 **
0.040 **
0.042
Logh
(2.47) (3.41) (1.73)
-0.123 **
-0.128 **
-0.121 **
LogIDEY
(-6.04) (-6.81) (-4.59)
1.644 **
LogDTF
(2.71)
0.693 **
0.696 **
0.511
LogMY
(4.86) (.03) (1.79)
0.492 **
0.415 **
LogMY ×LogDTF
(3.84) (4.55)
-0.013
LogMY × Logu R
(-0.55)
- 1.767 **
- 1.843 **
- 1.143
_Cons
(-3.23) (-3.44) (-1.13)
Fisher 268.46 37.64 334.85
P-value 0.03 0.00 0.00
R-squared 0.98 0.98 0.97
Note : Les valeurs entre parenthèses reviennent à la statistique de Student.
La régression est à erreur standard robuste.
(**) indique que le coefficient est significatif à un risque d’erreur de 5%.
ANNEXES 55
Annexe B : Liste des figures
Figure 1 : Taux de croissance de la PTF et intensité de R&D domestique
0,20
0,15
Taux de croissance de la PTF
0,10
0,05
0,00
0,25 0,30 0,35 0,40 0,45 0,50 0,55
-0,05
-0,10
Intensité de R&D domestique (LR /L) en %
Figure 2 : Variation du taux de croissance de la PTF en fonction de l’écart technologique
0,150
Taux de croissance de la PTF
0,100
0,050
0,000
0,68 0,70 0,72 0,74 0,76 0,78 0,80
-0,050
-0,100
-0,150
DTF
gAt Poly. (gAt )
Figure 3 : Variation du taux de croissance de la PTF en fonction du ratio (M/Y)
0,200
Taux de croissance de la PTF
0,150
0,100
0,050
0,000
15 17 19 21 23 25 27 29 31 33
-0,050
-0,100
Ratio d'importation des produits intensifs en technologie au PIB en (%)
gAt Poly. (gAt )
56 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
Figure 4 : Variation du taux de croissance de la PTF en fonction de la variable
LogDT F × LogIDEY
0,200
Taux de croissance de la PTF
0,100
0,000
-0,5 -0,4 -0,3 -0,2 -0,1 0,0 0,1 0,2
-0,100
-0,200
LnDTFt-1 × LnIDEY
gAt Poly. (gAt )
Figure 5 : Variation du taux de croissance de la PTF en fonction de la variable
LogM Y × LogDT F
0,2 Taux de croissance de la PTF
0,1
0,0
-1,3 -1,1 -0,9 -0,7
-0,1
LogMY×LogDTF
gAt Linéaire (gAt )
Annexe C : Spécification théorique de capital humain et procédure d’estimation
On considère le cas d’un individu représentatif à durée de vie infinie, dont les préfé-
rences sont représentées par une fonction d’utilité qui dépend de sa consommation(ct ).
Cette fonction d’utilité est supposée de type-Ramsey à élasticité de substitution intertem-
porelle constante σ −1 , avecσ 6= 1. Le taux de préférence pour le présent est paramétré
parρ.
Ce ménage représentatif détient des actifs indiqués par la variable a. Il choisit le niveau
de ses épargnes et consommationc, la part du temps consacrée à l’éducation uh et ses
dépenses scolaires privées D à fin de maximiser sa fonction d’utilité, sous la contrainte
d’accumulation de son capital humain et de son budget dynamique.
Le capital humain est accumulé suivant la fonction suivante :
θ 1−θ
ḣh = B(uh hh ) Dh (II)
Où, h est le niveau du capital humain par travailleur, B et ϑ sont respectivement, les
paramètres reflétant l’efficacité de la « reproduction des savoirs » et le poids de la qualité
ANNEXES 57
dans la production des compétences tels que(0 < ϑ < 1). L’effet marginal d’une unité de
ressource utilisée dans l’accumulation de capital humain est supposé décroissant avec le
niveau scolaire. On suppose également que le temps disponible est normalisé à l’unité. Une
fraction uh du temps est consacrée à la formation ; 0 < uh < 1 et le complément (1 − uh )
pour d’autres activités ; une fraction uy pour la production des biens et uR pour les activités
d’innovation. Dans la pratique, la valeur empirique de la fraction uh est non observée di-
rectement. Elle est modélisée dans plusieurs études par le nombre moyen d’années d’étude
dans l’économie S divisé par l’espérance de vie à la naissance Le ; uh ≈ (S/Le ).
À chaque période, on suppose que l’actif total du ménage est la somme du salaire réel
après impôt, (1 − τw ) w (1 − uh ) h et des encaisses financiers nettes d’impôt obtenues à
la fin de période, [(1 − τk ) r] a. Le ménage répartit ses ressources entre consommation
privée, dépenses scolaires et épargne. Sa contrainte budgétaire est donnée par l’équation
suivante
ȧ = (1 − τk ) ra + (1 − τw ) w (1 − uh ) hh − c − (1 − sd ) D (III)
Où, r est le taux d’intérêt réel, et w est le salaire réel par unité de capital humain. Dans
ce modèle, on suppose que l’état peut intervenir pour subventionner les dépenses scolaires
privées à un taux sd et financer ses dépenses publiques en éducation. Ses ressources prin-
cipales proviennent de la taxation des salaires de ménages à un taux τw et des revenus de
capitaux à un taux τk . Les données empiriques sur la Tunisie montrent que les deux types
de dépenses scolaires (privées et publiques) sont proportionnelles en moyenne. On suppose
alors une relation linéaire entre les deux variables définie comme suit : Dpriv ≈ `Dpub , où
` est une constante positive.
La résolution de l’équation différentielle (II) et du programme de maximisation d’utilité
dans la logique d’optimisation nous permet d’obtenir un niveau de capital humain éducatif
dans sa forme agrégée présenté par la fonction suivante :
D 1−θ
pub
αh S
H = H0 × e Y
(IV)
Où H est le niveau agrégé de capital humain éducatif, H0 est son niveau initial,
S est le
Dpub
nombre moyen d’années d’étude (Indicateur de la quantité d’éducation) et Y est la
part des dépenses scolaires publiques dans le PIB (Indicateur macroéconomique de l’effort
quantitatif fourni par un pays afin d’améliorer la qualité de son enseignement), D ESSUS
(2000). αh est le taux de rendement d’une année d’étude corrigée par l’indice qualité. C’est
le paramètre principal à estimer.
— Modèle économétrique et procédure d’estimation
Pour la construction du modèle empirique, on a adopté les méthodes théoriques et les
analyses utilisées par plusieurs auteurs comme A IYAR et F EYRER (2002), B ILS et K LE -
NOW (2000), H ALL et J ONES (1999), K LENOW et RODRIGUEZ -C LARE (1997), M INCER
(1974), P RITCHETT (2001), S OTO (2006) parmi d’autres. Le modèle empirique obtenu est
une équation de régression de type Macro-Mincer qui modélise la relation entre le loga-
rithme de PIB par travailleur et le nombre moyen d’années d’étude corrigé par la qualité
d’éducation.
1−ϑ
y Dpub 2
log = αh S + α2 Experience + α3 (Experience) + ε (V)
y0 Y
58 INNOVATION, OUVERTURE ÉCONOMIQUE ET CROISSANCE DE PRODUCTIVITÉ
Où, y est le niveau de PIB par travailleur en coût de facteurs à prix constant, y0 est le
niveau de production par un travailleur, ε est le terme d’erreur et αh représente le taux de
rendement d’une année d’étude corrigée par l’indice qualité. La variableS est extraite de
la base de données de (BARRO & L EE, 2010) , « A New Data Set of Education Attainment
in the World, 1950-2010 », National Bureau of Economic Reseach, document de travail n◦
15902 et en ligne à l’adresse : www.barrolee.com. Cette équation de régression est utilisée
pour l’estimation de différents paramètres (αh , α2 , α3 ) .
1−ϑ
Dpub
Pour avoir la valeur empirique de la variable Y , on a besoin de fournir, dans
un premier temps une évaluation du poids ϑ suivant les données disponibles. Pour faire
ceci, on a adopté une méthode économétrique similaire à celle utilisée par (B ILS & K LE -
NOW , 2000 ; S CHOELLMAN , 2011). Le modèle empirique obtenu prend la forme générale
suivante :
Dpub
S = µ0 + µ1 Le log +ε (VI)
Y
Il s’agit d’une équation de régression qui relie le niveau scolaire optimal à la variable
D
( Ypub ).Dans ce modèle, ε désigne le terme d’erreur, µ0 est un terme constant et µ1 est
l’estimateur de (−ϑ), tels que ( θ̂ = −b µ1 ). dans cette équation, la variable explicative est
le produit de l’espérance de la vie à la naissance par le log de la qualité d’éducation. Les
données sur l’espérance de la vie à la naissance indiquée par Le sont obtenues à partir
de la source internationale ; Penn World Table (PWT version 6.3). S’agissant de la part des
dépenses scolaires dans le PIB, notée par DY , on a utilisé la base constituée par l’Institut
d’Études Quantitatives (IEQ).
Une fois les différents éléments du modèle sont obtenus, il sera possible de construire
le stock de capital humain par travailleur défini par la relation suivante :
1−ϑ
Dpub 2
logh = logh0 + αh S + α2 Experience + α3 (Experience)
| {z } Y | {z }
Capital Initial | {z } Capital par Expériences P rof essionnelle
Capital Educatif
(VII)
D’où le résultat.