Ouverture commerciale, accumulation du capital
humain et croissance : analyse en données de
panel sur les pays en développement
Youssef Bourdane et Abdellatif Chatri
Chapitre du live Overture, productivité et croissance économique au Maroc , Édité par
Chatri Abdellatif, Publié par Laboratoire d’Economie Appliquée (Mohammed V Univ.) &
Policy Center for the New South, ISBN (WEB) : 978-9920-37-593-1
Citer ce document :
Bourdane, Y. & Chatri, A. (2019). Ouverture commerciale, accumulation du capital humain
et croissance : analyse en données de panel sur les pays en développement. In A. Chatri
(éd). Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc. Laboratoire d’Économie
Appliquée & Policy Center for the New South. Rabat
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Copyright © 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée, Policy Center for the New South & CNRST.
Tous les droits sont réservés.
CHAPITRE 1
OUVERTURE COMMERCIALE,
ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET
CROISSANCE : ANALYSE EN DONNÉES
DE PANEL SUR LES PAYS EN
DÉVELOPPEMENT
Youssef Bourdane, Abdellatif Chatri
Laboratoire d’Économie Appliquée, Université Mohammed V de Rabat
E-mail de correspondance : ucf.bourdane@gmail.com
Résumé : Ce papier examine l’impact de l’ouverture commerciale sur la croissance économique
par le biais de l’accumulation du capital humain dans les pays en développement (PED). Il adapte,
à cet effet, la modèle de M ANKIW, ROMER et W EIL (1992), tout en remodélisant le progrès
technique de telle sorte à ce qu’il capte des facteurs spécifiques à chaque pays dont l’ouverture
commerciale. Les résultats des estimations par la méthode des moments généralisés sur la pé-
riode 1982-2016 montrent que l’effet de l’ouverture commerciale dépend de la façon dont cette
ouverture est captée. En particulier, le taux d’ouverture retardé semble avoir le plus d’impact sur
la croissance du revenu par habitant.
Mots clés : ouverture commerciale, capital humain, croissance économique, panel dynamique.
Abstract : This paper examines the impact of trade openness on economic growth through human
capital accumulation in developing countries. To this end, it adapts the M ANKIW et al. (1992) mo-
del, while reshaping technical progress so that it captures country-specific factors, including trade
openness. The results of the generalized moment estimate over the period 1982-2016 showed that
the effect of trade openness depends essentially on how it is captured the volume of exports and
imports as a share of lagged total GDP seems to be an adequate measure, since it has a positive
and very significant impact on per capita income growth.
Keywords : trade openness, human capital, economic growth, dynamic panel.
Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc, Éd. Chatri Abdellatif. 3
Copyright
c 2019 Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South.
4 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
1.1 Introduction
La théorie économique sur la relation entre le commerce et l’accumulation des connais-
sances suggère au moins deux liens de causalité : l’un souligne le rôle du stock de capital
humain dans l’obtention de la performance commerciale et de la compétitivité G ROSSMAN
et H ELPMAN (1989) ; G ROSSMAN et H ELPMAN (1990), l’autre le rôle du commerce dans
le renforcement de l’accumulation des connaissances par les importations (C OE & H ELP -
MAN , 1993). Ainsi, le capital humain peut non seulement servir d’intrant productif avec le
travail et le capital, mais aussi de moteur de croissance (L UCAS, 1988).
Certains modèles de croissance endogène, à savoir ROMER (1990), G ROSSMAN et
H ELPMAN (1991c), AGHION et H OWITT (1990), et C OE et H ELPMAN (1993), essayent
d’expliquer le rôle de l’intégration dans l’économie mondiale dans le processus de crois-
sance en termes d’innovation, d’amélioration technologique et de transfert de connais-
sance.
En particulier pour les pays moins développés, la structure des échanges et l’évolution
de cette structure au fil du temps sont étroitement liées au transfert de technologie. En outre,
l’ouverture au commerce introduit la possibilité d’un cycle de produits internationaux, car
la production de certains produits auparavant fabriqués par les économies avancées migre
vers les pays moins développés. Ce processus de "migration des produits" s’accompagne
d’une augmentation des volumes d’échanges commerciaux des pays moins développés et
d’une diffusion de technologies de production plus avancées, qui élargit la technologie dis-
ponible pour les pays les moins avancés (G ROSSMAN & H ELPMAN, 1991a ; K RUGMAN,
1979 ; YOUNG, 1991).
L’objectif principal de ce papier est d’étudier la contribution du commerce internatio-
nal à la croissance économique par son effet sur l’accumulation du capital humain. À cet
effet, il y est un cadre théorique a été développé, qui considère l’ouverture commerciale
comme facteur d’accumulation du progrès technique, et ce en vue de tester empiriquement
la façon dont le commerce international affecte la croissance économique par ses effets
sur l’accumulation de capital humain en utilisant un ensemble de données de 33 pays en
développement pour la période 1982-2016.
Le reste du document est structuré comme suit. La section 2 présente une revue de la
littérature sur la relation entre l’ouverture commerciale, le capital humain et la croissance
économique. La section 3 discute le fondement théorique de la relation et la méthodologie
économétrique utilisée. La section 4 retranscrit, quant à elle, la définition et la construction
des variables prises en considération dans l’étude. Et finalement, la section 5 expose et
discute les résultats obtenus.
1.2 Revue de la littérature théorique et empirique
Dans le cadre des théories commerciales traditionnelles, la théorie classique (Smith et
Ricardo) et la théorie néoclassique (Heckscher-Ohlin-Samuelson) sont les écoles de pensée
à distinguer. La dernière se concentre sur les différences entre les pays qui sont le résultat
de différences technologiques, lorsque la second attribue les différences dans les dotations
factorielles. Selon S MITH (1937), le commerce n’apparaît que lorsqu’il y a des différences
de coûts absolus entre les pays. R ICARDO (1817) a montré les limites de cette théorie et
REVUE DE LA LITTÉRATURE THÉORIQUE ET EMPIRIQUE 5
stipule que, même si un pays peut produire tous les biens plus efficacement qu’un autre
pays, le commerce est possible et bénéfique.
Par ailleurs, la théorie néoclassique, qui a longtemps dominé la théorie du commerce
international, a élaboré ces approches en incluant davantage de facteurs de production.
Cependant, contrairement aux théories classiques, elle suppose que les techniques de pro-
duction sont identiques dans tous les pays. De plus, elle suppose des rendements d’échelle
constants, des préférences identiques des consommateurs. Ces hypothèses impliquent que
les différences dans les dotations en facteurs sont la seule explication du commerce.
Les "nouvelles" théories commerciales ont élaboré le cadre néoclassique en remplaçant
les hypothèses les plus irréalistes de rendements d’échelle constants et de concurrence
parfaite. Elles proposent, en effet, une rupture plus radicale en mettant l’accent sur l’in-
novation technologique (endogène) et les écarts technologiques entre les entreprises et les
pays comme raison principale du commerce international.
Ces apports ont permis de faire le contact avec les théories de la croissance endogène,
qui considère la perspective dynamique comme la perspective la plus approprié pour l’ana-
lyse des effets de l’ouverture. En effet, l’idée que l’ouverture du commerce puisse générer
à la fois des gains statiques (qualité plus élevée ou davantage de variété des biens) et des
gains dynamiques (un taux d’innovation plus rapide) a été largement mise en évidence
par G ROSSMAN et H ELPMAN (1989), G ROSSMAN et H ELPMAN (1991c), G ROSSMAN et
H ELPMAN (1991a) et par R IVERA -BATIZ et ROMER (1991). En particulier, une croissance
plus rapide à la suite d’une libéralisation des échanges est à la fois provoquée par des inno-
vateurs, qui ont accès à des rentes plus importantes lorsque la taille du marché augmente
et des spillovers qui traversent les frontières.
Néanmoins, en étudiant le modèle de R IVERA -BATIZ et ROMER (1991) dans le cas de
deux pays ayant des niveaux différents de productivité, D EVEREUX et L APHAM (1994)
montrent que l’ouverture au commerce inhibe l’innovation dans les pays initialement plus
pauvres. H ELPMAN (1992) a utilisé le modèle à variété des biens pour analyser l’interac-
tion entre le commerce et l’imitation. Dans son modèle, la R&D et l’innovation (qui ici
revient à l’introduction de nouveaux biens) se produisent dans la région la plus dévelop-
pée. Ensuite, une innovation sans coût prend place dans les régions les moins avancées à
un taux constant. Le résultat le plus intéressant est qu’un accroissement des droits de pro-
priété intellectuelle n’améliore pas nécessairement la croissance, contrairement à ce qui se
produirait dans une économie fermée.
Par ailleurs, YOUNG (1991) et G ROSSMAN et H ELPMAN (1993) ont développé des mo-
dèles de commerce et de croissance basés sur les externalités générées par l’apprentissage
par la pratique. La principale idée de YOUNG (1991) est que l’ouverture au commerce in-
ternational ralenti le « Learning by doing » dans les économies les moins développées, qui
se spécialisent alors dans des activités de production plus traditionnelles où les opportuni-
tés d’apprentissage sont déjà épuisées. Pour leurs part, G ROSSMAN et H ELPMAN (1993)
montrent que l’effet du commerce sur l’accélération ou le ralentissement de la croissance à
long terme dans un pays par rapport à l’autarcie dépend de l’effet du commerce sur la spé-
cialisation du pays et aussi sur le fait que les spillovers de l’apprentissage par la pratique
ont une portée internationale ou non.
D’une façon générale, partant des premières études et celles plus récentes, il a été
constaté que les facteurs exerçant une influence sur la croissance sont ceux du capital hu-
main, des activités de recherche et développement, des cadres macroéconomique et des
6 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
politiques structurelles, notamment la politique extérieure ou encore le développement des
marchés financiers.
Simplifiant, les modèles de croissance endogène peuvent se répartir en deux grands
groupes. D’une part, il existe des modèles plus proches de la vision néoclassique tel que,
BARRO (1991), BARRO et S ALA - I -M ARTIN (1995), L UCAS (1988), M ANKIW et al. (1992),
R EBELO (1991), ROMER (1986) qui mettent l’accent sur l’accumulation du capital humain.
D’autre part, il existe des modèles basés sur l’idée de destruction créatrice de S CHUMPE -
TER (1961), tel que AGHION et H OWITT (1990), C OE et H ELPMAN (1993), G ROSSMAN et
H ELPMAN (1991c), ROMER (1990) qui mettent l’accent quant à eux sur le développement
endogène de la connaissance et du savoir et la R&D.
Sur la base de leur moteur de croissance, ces cadres théoriques ont attribué des rôles
différents au commerce international dans le processus de croissance. Le premier groupe
tente d’expliquer le rôle du commerce international en termes d’accumulation de capital
humain. Par exemple, dans son modèle de croissance, ROMER (1986) attribue un rôle es-
sentiel au processus d’apprentissage par la pratique. Le capital humain est défini ici comme
un sous-produit du capital physique. Par conséquent, une augmentation du stock de capital
entraîne une augmentation du stock de connaissances de l’entreprise. Le commerce inter-
national, comme le suggère le modèle de Romer, augmente la taille totale du marché, le
niveau de la production, l’apprentissage par la pratique et contribue ainsi à la croissance
économique.
En général, le deuxième groupe tente d’expliquer le rôle du commerce international
dans le processus de croissance en termes d’innovation, d’amélioration technologique et
de transfert. Dans ce cadre, le commerce international affecte la croissance économique
à travers trois canaux différents. Premièrement, l’ouverture commerciale favorise la crois-
sance économique pour la variété des biens dont ette donne accès. ROMER (1990) sou-
ligne par exemple que la croissance des connaissances repose sur l’introduction d’une
plus grande variété de produits et que le commerce international joue un rôle positif à cet
égard. R IVERA -BATIZ et ROMER (1991) soutiennent que le commerce international des
biens d’équipement augmente la taille du marché pour les nouvelles variétés de produits.
G ROSSMAN et H ELPMAN (1991b) ont fait valoir que l’ouverture commerciale s’avère bé-
néfique pour l’introduction de nouvelles variétés parce qu’elle donne accès à une base
plus large de connaissances techniques qui réduit le coût de l’innovation. De même, le
modèle de croissance fondé sur l’innovation d’AGHION et H OWITT (1990) soutient que
le commerce international offre des possibilités d’innovation et conduit par conséquent à
des améliorations technologiques. Deuxièmement, le commerce international donne accès
à des intrants intermédiaires étrangers, ROMER (1990) fait valoir que le commerce inter-
national permet aux pays d’importer de l’étranger des intrants intermédiaires qui ne sont
pas inventés au niveau national, ce qui peut contribuer à stimuler la productivité dans le
secteur manufacturier. Troisièmement, le commerce international facilite la diffusion du
savoir international. Par exemple, C OE et H ELPMAN (1993) suggèrent que "le commerce
international des biens intermédiaires est le principal canal de diffusion du savoir inter-
national" et soutiennent l’idée que le savoir diffusé par le commerce semble accroître la
productivité intérieure.
Sur le plan empirique, il existe de nombreux travaux qui ont étudié la contribution du
commerce international à la croissance économique par le biais de la diffusion techno-
logique. Cependant, un très petit segment d’études empiriques tente d’étudier le rôle du
commerce international dans la croissance économique par le biais de l’accumulation de
capital humain. Dans leur étude, H AQ et L UQMAN (2014) ont tenté de tester l’hypothèse
REVUE DE LA LITTÉRATURE THÉORIQUE ET EMPIRIQUE 7
selon laquelle le commerce international contribue à la croissance économique grâce à ses
effets sur l’accumulation du capital humain. Pour évaluer celle-ci empiriquement, ils ont
utilisé le modèle de croissance néoclassique (Solow augmenté) qui reflète certaines ca-
ractéristiques des modèles de croissance endogène, dans lequel le changement de capital
humain est sensible aux changements dans les politiques commerciales. Contrairement aux
approches conventionnelles, le modèle sert à évaluer et à déterminer l’impact du commerce
international sur l’accumulation du capital humain. L’analyse empirique estime un panel
dynamique en utilisant une base de données de neuf pays asiatiques, au cours de la période
1972-2012. La conclusion générale confirme le fait que, dans les pays considérés, le com-
merce international améliore l’accumulation de capital humain et contribue positivement à
la croissance économique.
L’addition apportée par JADOON, R ASHID et A ZEEM (2015) à l’étude de l’impact de la
libéralisation commerciale sur le capital humain et la croissance économique est leur ana-
lyse comparative à travers un panel de pays asiatiques classifiés par niveau de revenu. Les
résultats montrent que les pays développés et en développement connaissent une croissance
économique grâce au commerce durant la période étudiée (1981-2012). L’impact de l’ou-
verture commerciale sur le capital humain est positif pour les deux groupes de pays, mais
significatif seulement pour les pays développés, en raison d’un capital humain qualifié.
B USSE et KÖNIGER (2012) montrent que l’intégration commerciale est souvent consi-
dérée comme un déterminant principal de la croissance économique. En effet, en s’ap-
puyant sur une analyse en données de panel pour un échantillon de pays développés et en
développement sur la période 1971-2005, ils font valoir que l’effet du commerce dans les
estimations de panel dynamique dépend essentiellement de la spécification du commerce.
D’un point de vue théorique et empirique, ils ont envisagé une spécification avec le volume
des exportations et des importations en proportion du PIB total retardé (en considérant le
capital humain comme intrant dans la fonction de production). Pour cette mesure commer-
ciale, ils ont trouvé un impact positif et très significatif sur la croissance économique.
En étudiant l’impact de l’ouverture commerciale sur la croissance dans les pays en déve-
loppement, A BDOUNI et H ANCHANE (2006) proposent un modèle de croissance endogène
tenant compte de leurs faibles dotations factorielles, notamment en termes de capital hu-
main. L’étude concerne un panel de 47 pays (1980-1997). Un modèle à effet individuel
aléatoire corrélé y est spécifié et est estimé à l’aide de la méthode des moments généralisés
(GMM). Leurs résultats montrent que l’ouverture des PED a globalement un effet positif
sur leur croissance économique leur permettant, à travers les biens importés, d’accéder aux
« connaissances » étrangères, essentielles dans le processus de production des firmes.
Quant à M AKSYMENKO et R ABBANI (2011), ils ont surtout examiné l’impact de l’accu-
mulation du capital humain et les réformes des politiques commerciales durant la période
post réforme sur la croissance économique en Inde et en Corée du Sud. Pour cette der-
nière, les données ont été étudiées pour la période 1966-1977 tandis que dans le cas de
l’Inde, pour celle de 1992-2003. Les estimations ont été obtenues à l’aide du maximum
de vraisemblance et du modèle de cointégration multivariée. Si, certes, le capital humain
contribue positivement et significativement à la croissance économique des deux pays, l’ef-
fet des réformes commerciales sur ledit capital les différencie puisqu’il a été significatif et
positif dans le cas de la Corée du Sud mais faible et négatif dans celui de l’Inde.
Testant empiriquement l’effet de la libéralisation commerciale sur la croissance éco-
nomique du Bangladesh, effet qu’ils ont vérifié à l’aide de la méthode des moindres car-
rés ordinaires durant la période 1980-2010, M ANNI et A FZAL (2012) en sont venus à la
8 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
conclusion, que la libéralisation commerciale a contribué positivement à la croissance éco-
nomique.
E FFIOM, U BI, O KON et I TAM (2011) ont développé deux modèles pour vérifier l’im-
pact de l’ouverture commerciale sur la croissance économique et le capital humain au
Nigeria en utilisant deux proxys séparément : le taux d’alphabétisation et les dépenses en
éducation. Les données sont celles relatives à la période 1970-2008, le modèle utilisé ce-
lui du VAR et l’analyse celle de la cointégration. Les résultats obtenus montrent que la
libéralisation commerciale de l’économie nigériane n’avait pas, statistiquement, d’effet si-
gnificatif sur le capital humain, lorsque le proxy utilisé était la dépense en éducation. Mais,
les résultats étaient totalement inverses pour le taux d’alphabétisation pour conclure que la
libéralisation commerciale affecte, tout de même, positivement la croissance du Nigéria.
1.3 Modèle théorique et spécification économétrique
Le point de départ de nombreuses analyses des différences de taux de croissance de
la production par travailleur entre les pays est le modèle de S OLOW (1956) ou sa version
augmentée telle qu’utilisée, par M ANKIW et al. (1992). La principale motivation qui sous-
tend l’utilisation de ce modèle est qu’il intègre les différences en matière de stock de capital
humain, ce qui a permis d’améliorer la capacité prédictive du modèle 1 . Celui-ci s’exprime
de la manière suivante :
α
ln yt − ln y0 = − ln y0 + (ln A0 + gt ) + ln Sk
1−α−β
(1)
β α+β
+ ln SH − ln (n + g + δ)
1−α−β 1−α−β
Pour expliquer les différences de revenu entre les pays, il faut intégrer d’autres hypo-
thèses sur la façon dont la technologie se développe dans chaque pays. Le modèle suppose
le taux de croissance de la technologie est constant pour tous les pays :
At = A0 egt (2)
Cependant, l’hypothèse d’un taux de croissance uniforme de la technologie semble ir-
réaliste. Une possibilité de saisir les effets potentiels sur la productivité des dotations et
des institutions serait de modéliser le terme technologique en tant que concept large de
technologie qui permet d’intégrer des facteurs spécifiques au pays, comme le suggère in-
formellement S OLOW (1956). C’est-à-dire que la technologie peut-être supposée croître
pour chaque pays individuel i avec le même taux constant g au cours du temps t, mais à
différents niveaux qui sont déterminés par divers facteurs Xi .
Ai (t) = A0 egt eϕj Xij (3)
Où A0 représente le niveau initial d’une notion étroite de connaissances techniques
qui est la même pour tous les pays, et Xj peut capter les facteurs = 1. . . l , comme les
1. Voir annexe 1, pour plus de détails sur la dérivation du modèle de Solow augmenté du capital humain
MODÈLE THÉORIQUE ET SPÉCIFICATION ÉCONOMÉTRIQUE 9
institutions et les dotations qui diffèrent d’un pays à l’autre mais restent stables au cours du
temps. L’équation qui précède suggère donc que les différences persistantes dans X dans
tous les pays expliqueraient les différences persistantes des revenus G UNDLACH (2007).
Par ailleurs, B USSE et K ÖNIGER (2012) soutiennent que la diffusion de la technologie
disponible sur le plan international dépend des facteurs spécifiques au pays. Le commerce
international des biens et des services est un canal principal pour un échange international
d’idées. Raison pour laquelle, ils postulent que le commerce est un déterminant crucial
pour chaque pays en termes de diffusion de la technologie, et doit par conséquent être pris
en compte. À ce titre, et en remplaçant (3) dans (1), on peut écrire :
α β
ln yt − ln y0 = − ln y0 + ln At + ln Sk + ln SH
1−α−β 1−α−β
(4)
α+β
− ln (n + g + δ) + ϕj Xij
1 + −α − β
Ou par pays, l’équation estimable devient :
ln yit − ln yit−1 =α + β1 ln yit−1 + β2 ln SK,it + β3 ln yS,it
(5)
+ β4 ln (n + g + δ) + β5 ϕj Xij + ηi + τt + νit
Ou
ln yit =α + (β1 + 1) ln yit−1 + β2 ln SK,it + β3 ln yS,it
(6)
+ β4 ln (n + g + δ) + β5 ϕj Xij + ηi + τt + νit
Le modèle inclut des facteurs spécifiques pour chaque période τt (prise en compte des
effets propres à une période, comme les changements de productivité affectant tous les
pays), des effets fixes propres à chaque pays ηi , et un terme d’erreur indépendant et distri-
bué de façon identique νit .
Cependant, l’estimation du modèle ci-dessus se heurte à certaines difficultés bien connues.
Les variables explicatives sont potentiellement endogènes et mesurées par erreur. Certaines
variables importantes, comme le niveau initial de la technologie et d’autres effets propres à
chaque pays, ne sont pas observables et sont omises dans l’estimation. L’estimation de ce
modèle dynamique en données de panel par les moindres carrés ordinaires (OLS) ou mo-
dèle à effet fixe peuvent conduire à des résultats biaisés. Pour résoudre ce problème, nous
devons suivre une approche de variable instrumentale, c’est-à-dire trouver des instruments
adéquats qui sont corrélés avec la variable explicative endogène mais qui sont non corrélés
avec la variable dépendante. Comme il est difficile de penser à des instruments externes
appropriés, B OND, H OEFFLER et T EMPLE (2001) recommandent l’estimateur GMM en
système suggéré par A RELLANO et B OVER (1995)) et B LUNDELL et B OND (1998).
L’estimateur GMM en système utilise des niveaux retardés et des différences entre deux
périodes comme instruments pour les valeurs courantes des variables explicatives endo-
gènes. La procédure estime simultanément un système d’équations qui comprend à la fois
les premières différences et l’équation à estimer en niveau. La prise en compte des pre-
mières différences élimine les effets fixes propres à chaque pays et résout le problème
de l’omission potentielle du niveau initial de la technologie et d’autres facteurs propres à
10 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
chaque pays, invariants dans le temps, qui influent sur la croissance. Cette approche nous
permet de nous concentrer sur l’impact des variables explicatives sur la croissance du re-
venu par habitant et non l’inverse.
1.4 Données et échantillon
L’ensemble des données de panel utilisé dans cette étude comprend 33 pays en déve-
loppement sur la période 1982-2016 (1981 pour la variable PIB par habitant). Le choix est
dicté par la disponibilité des données. Par ailleurs, la période d’estimation correspond à
celle où la plupart des pays ont adopté une politique d’ouverture. Pour réduire l’impact des
cycles économiques nous utilisons un total de 7 moyennes quinquennales pour toutes les
variables, 1982-1986, 1987-1991 et ainsi de suite, jusqu’en 2016.
La variable dépendante du modèle est représentée par le taux de croissance, calculé
comme la différence du logarithme du PIB par habitant entre la dernière année de la période
précédente et la dernière année de la période en considération (∆GDP pc) 2 . Nous incluons
également les variables de contrôle du modèle de base de Solow selon la spécification de
M ANKIW et al. (1992). Le taux d’épargne SK est approché par la part de l’investissement
dans le PIB réel, le taux de croissance de la force de travail n est approché par le taux de
croissance de la population. Comme dans M ANKIW et al. (1992), le taux de croissance
de la frontière technologique mondiale (g) et le taux de dépréciation (δ) sont supposés
constants d’un pays à l’autre. Le terme ln(n + g + δ) est donc calculé comme le logarithme
du taux de croissance de la population additionné à une constante (g + δ) d’une valeur de
5%. L’investissement en capital humain SH est approché quant à lui par un indice 3 basé
sur le nombre d’années de scolarité et le rendement des études (PWT 9.0), et finalement
on inclut le niveau initial du PIB par habitant y(it−1) .
Il n’existe pas d’indication unique sur la manière dont les échanges commerciaux de-
vraient entrer dans les estimations de croissance. Une mesure couramment utilisée est le
taux d’ouverture mesuré comme étant le total du volume des échanges (de biens et de ser-
vices) en pourcentage du PIB total. Dans le cadre d’un panel dynamique, cet indicateur
n’est pas, néanmoins, approprié pour mesurer la corrélation ou la causalité entre le com-
merce et la croissance. Si le commerce en général a un impact positif sur la croissance dans
le sens où l’augmentation du commerce (volumes) augmente effectivement le PIB par les
canaux décrits ci-dessus, le "ratio d’ouverture du commerce" ne parvient pas à saisir cet
effet de manière adéquate au fil du temps.
Selon l’élasticité des échanges commerciaux par rapport au PIB, l’augmentation du
volume des échanges pourrait accroître le PIB d’une manière proportionnellement plus
importante, plus petite ou exactement égale. Par conséquent, le "ratio d’ouverture des
2. Les résultats ne sont pas sensibles à l’utilisation alternative de la différence entre la première et la dernière
année de la période courante. Le modèle Solow suggère d’utiliser le PIB par travailleur au lieu du PIB par
habitant, ce qui pourrait être important si les ratios de dépendance varient d’un pays à l’autre. M ANKIW et al.
(1992) utilisent les données par travailleur alors que d’autres auteurs, p. ex. C ASELLI, E SQUIVEL et L EFORT
(1996) et I SLAM (1995), utilisent les données par habitant. H OEFFLER (2002) a constaté que les résultats ne sont
pas sensibles à aucun des deux choix.
3. Les données sur l’éducation sont collectées annuellement et se base sur l’approche Mincerienne. Nous
traitons ensuite cette variable comme prédéterminée, cela a été fait sous une forme similaire par H OEFFLER
(2002). Une autre possibilité serait de prendre la moyenne de deux observations consécutives et de traiter la
variable d’éducation comme prédéterminée ou endogène. Les résultats ne sont sensibles à aucun des deux choix.
RÉSULTATS ET INTERPRÉTATION 11
échanges" peut soit augmenter, diminuer ou rester inchangé en raison d’une augmentation
des échanges et des variations correspondantes du PIB. Un impact positif des échanges
commerciaux sur le PIB peut conduire à une diminution du "ratio d’ouverture commer-
ciale", une augmentation du numérateur pouvant être compensée par une augmentation
plus importante du dénominateur.
B USSE et KÖNIGER (2012) proposent une solution à ce problème en utilisant des va-
leurs retardées du PIB total pour le "ratio d’ouverture commerciale" au lieu du volume
des échanges et du PIB de la même période. L’utilisation de valeurs retardées a le même
effet de normalisation des volumes d’échange s entre pays, mais ce ratio ne souffre pas de
biais dus à des changements simultanés dans les deux variables. Se focaliser sur le taux
de croissance du commerce total (Trade growth) suppose que c’est surtout l’expansion du
commerce et l’accès connexe à des technologies supplémentaires qui stimulent la crois-
sance. Une autre approche pour relier le commerce à la taille d’un pays est de diviser le
commerce par la population totale, ce qui donne une mesure du commerce par habitant
(Trade pop), de sorte à ce que le progrès technique soit traité de la même manière que
les autres facteurs de productions qui rentrent dans la forme extensive de la fonction de
production
En général, les résultats de l’estimation GMM en système sont assez sensibles en ce qui
concerne le traitement des variables du côté droit comme prédéterminées, endogènes ou
strictement exogènes. Dans notre modèle, les seules variables strictement exogènes sont
les variables muettes annuelles. La théorie sert de ligne directrice pour classer les variables
restantes. Le PIB par habitant retardé et la variable relative à l’éducation peuvent être
considérés comme prédéterminés. Le fait de retarder ces variables d’au moins une pé-
riode produit des instruments valides pour l’équation en différence, et par conséquent leur
différence première des instruments valides pour l’équation en niveau. Le taux d’inves-
tissement exprimé en pourcentage du PIB, le taux de croissance démographique et toutes
les variables commerciales sont considérés comme endogènes, étant donné que les chocs
contemporains sont susceptibles d’affecter à la fois les taux de croissance du PIB par ha-
bitant et ces variables explicatives. Pour obtenir des instruments valides pour les variables
explicatives endogènes, on utilise des observations retardées d’au moins deux périodes.
1.5 Résultats et interprétation
Les résultats de l’estimation du premier modèle intégrant en plus des variables du mo-
dèle de Solow augmenté une première mesure de l’ouverture commerciale (Trade growth).
Les variables de contrôle ont l’influence attendue et les statistiques de test confirment la va-
lidité des instruments obtenus en incluant l’observation retardée d’au moins deux périodes
pour toutes les variables explicatives endogènes et l’observation retardée d’au moins une
période pour les variables prédéterminées (GDPpc (t-1)) et (Human capital). La croissance
du volume des exportations et des importations fait apparaître quant à elle un impact positif
et très significatif sur la croissance du revenu par tête. Ainsi une hausse de la croissance du
commerce d’une unité à la moyenne 4 des pays de l’échantillon est associée à une augmen-
tation de la croissance du PIB par habitant de 0.22 point de pourcentage sur une période de
5 ans. Le test de Sargan/Hansen sur les restrictions de sur identification confirme la validité
des instruments, la probabilité associée à ce test est de 0.501 (supérieur à 5%). Par ailleurs,
4. Les statistiques descriptives sont présentées au niveau de l’annexe 4.
12 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
Variable dépendante : Δ GDPpc
(1) (2) (3) (4)
(-0.014) (-0.002) (-0.016) (-0.028)
GDPpc (t-1)
0.105 0.788 0.157 0.037**
(0.482) (0.0534) (0.063) (0.071)
Investment Share
0.004*** 0.001*** 0.000*** 0.000***
(0.002) (0.0194) (0.032) (0.524)
Human capital
0.887 0.259 0.052** 0.006***
(-0.029) (-0.0041) (-0.002) (-0.002)
Pop growth
0.021** 0.708 0.888 0.878
(0.227)
Trade growth
0.000***
(-5.34e-06)
Trade pop
0.216
(0.011)
Trade Share
0.068*
(0.249)
Trade Share (t-1)
0.002***
Observations 230 230 230 230
Nombre de pays 33 33 33 33
Nombre d’instruments 38 38 38 38
AR(1) 0.004 0.004 0.006 0.012
AR(2) 0.464 0.124 0.151 0.200
Sargan/Hansen test 0.501 0.642 0.438 0.372
Figure 2 : Corrélation entre la moyenne de la croissance du pib par habitant et l’éducation
sur la période (1982-2016)
Source : élaboré par les auteurs, sur la base des données de la banque mondiale et de la PWT 9.0
les probabilités liées respectivement aux tests AR(1) et AR(2) sont 0.004 (inférieure à 5%)
et 0.464 (supérieure à 5%). On accepte donc la présence d’un effet AR(1) pour les résidus
et on accepte l’absence d’un effet AR(2).
RÉSULTATS ET INTERPRÉTATION 13
Figure 3 : Corrélation entre la moyenne de la croissance du pib par habitant et la
croissance de la population sur la période (1982-2016)
Source : élaboré par les auteurs, sur la base des données de la banque mondiale
Une deuxième estimation intégrant cette-fois ci le volume des exportations et des impor-
tations divisées par la population totale comme mesure de l’ouverture commerciale. Pour
cette variable le coefficient n’atteint pas le niveau de signification conventionnel. Comme
dans B USSE et KÖNIGER (2012), nous intégrons comme troisième mesure de l’ouverture
commerciale (colonne 3), le volume des exportations et des importations rapportées au PIB
total. Celle-ci fait ressortir un impact significatif de signe positif sur la croissance du revenu
par habitant. En effet, une hausse de la variable (Trade Share) d’une unité à la moyenne de
l’ensemble des PED est associée à une augmentation de la croissance du PIB par habitant
de 0.01 point de pourcentage sur une période de 5ans. Les tests de spécification corro-
borent les résultats de l’estimation, dans la mesure où le test de Sargan/Hansen confirme la
validité des instruments (probabilité associée 0.642 > 5%), et les probabilités liées respec-
tivement aux tests AR(1) et AR(2) sont 0.006 (inférieure à 5%) et 0.151 (supérieure à 5%).
On accepte donc la présence d’un effet AR(1) pour les résidus et on accepte l’absence d’un
effet AR(2).
Conformément à la prédiction théorique, les résultats les plus pertinents sont ceux de
la dernière estimation ou l’on a intégré notre mesure privilégiée (le volume des échanges
commerciaux rapportés au PIB retardé). En effet, le coefficient a ssocié à c ette variable
fait apparaître un impact positif et significatif s ur l a c roissance d u r evenu p ar habitant.
Ainsi, une hausse du ratio d’ouverture d’une unité est associée à une augmentation de la
croissance du PIB par habitant de 0.24 points de pourcentage sur une période de 5 ans. Par
ailleurs, l’introduction de cette mesure améliore également les coefficients associés aux va-
riables de contrôle du modèle de Solow augmenté, plus spécialement, la variable relative
à l’éducation. Dans la mesure où, une hausse de cet indice d’une unité est associée à une
augmentation de la croissance du PIB par habitant de 0.52 points de pourcentage toujours
sur une période de 5 ans. Les tests de spécifications consolident encore une fois les résul-
tats obtenus. Le test de Sargan/Hansen confirme la validité des instruments, sa probabilité
associée est de 0.372 (supérieur à 5%). De surcroît les probabilités liées respectivement
aux tests AR(1) et AR(2) sont 0.012 (inférieure à 5%) et 0.200 (supérieure à 5%). On ac-
14 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
Figure 4 : correlation entre la moyenne de la croissance du PIB par habitant et la
croissance du volume des échanges commerciaux sur la période (1982-2016)
Source : élaboré par les auteurs, sur la base des données de la banque mondiale
cepte donc la présence d’un effet AR(1) pour les résidus et on accepte l’absence d’un effet
AR(2). Les résultats montrent ainsi qu’à l’instar des pays développés, les effets positifs du
commerce et de l’expansion des échanges commerciaux se font également sentir dans les
pays en développement.
1.6 Conclusion
Une intégration accrue des pays dans l’économie mondiale par le biais du commerce
est considérée comme une source fondamentale des différences de revenus et de crois-
sance entre les pays. La théorie économique a identifié des canaux bien connus par les-
quels le commerce peut avoir un effet sur la croissance. Plus précisément, les économistes
postulent que l’expansion du commerce favorise l’affectation efficace des ressources per-
mettant ainsi à une nation de réaliser des économies d’échelle, de faciliter la diffusion des
connaissances et de favoriser le progrès technologique. Le capital humain, en raison de
son rôle particulier dans l’activité innovante et le progrès technologique, a constitué le fon-
dement des nouvelles théories de la croissance. Celui-ci sert non seulement de moteur de
croissance, mais aussi d’intrant productif avec le travail et le capital physique.
C’est dans ce sens que ce papier tente d’établir un lien entre le commerce et la croissance
du PIB par habitant pour un ensemble de pays en développement. À cet effet, plusieurs spé-
cifications du commerce sont intégrées dans les approches empiriques. Dans le cadre d’un
panel dynamique, on fait valoir que le ratio commerce/PIB ou "ouverture commerciale",
souvent utilisé, qui est le volume des exportations et des importations en pourcentage du
PIB total, ne tient pas suffisamment compte de l’impact du commerce sur la croissance du
PIB par habitant. Sur la base de ces considérations, une variable commerciale différente
est privilégiée : le volume des exportations et des importations en pourcentage du PIB
total retardé d’une période de 5 ans. Cette mesure commerciale permet d’éviter un biais
RÉFÉRENCES 15
potentiel lorsque le volume des exportations et des importations et le PIB total changent
simultanément. L’utilisation de la mesure commerciale alternative en combinaison avec
l’instrumentation valide de l’estimateur GMM en système permet d’établir une relation
de cause à effet entre le commerce et les différences de revenus par habitants entre les
pays du panel. Le commerce a en effet un impact positif et significatif sur la croissance.
Nous confirmons donc que l’expansion du commerce s’est avérée efficace pour stimuler
la croissance économique dans les pays en développement, grâce à l’accès connexe à des
technologies additionnelles, ayant une incidence importante sur la croissance des revenus.
Il s’avère, également, que le capital humain constitue un facteur important dans la diffu-
sion technologique, étant donné que la capacité de tout pays en développement à bénéficier
de ces avantages commerciaux dépend du niveau d’éducation et de formation de la main-
d’œuvre.
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ANNEXES 17
ANNEXES
Annexe 1 : dérivation du modèle de Solow augmenté M ANKIW et al. (1992)
Commençons par une fonction de production Cobb-douglas. Dans ce modèle on assume
que l’économie produit un bien, dont l’output est (y) :
α β 1−α−β
Y (t) =K(t) H(t) [A(t) L(t) ] (A.1)
Où α, β ∈ [0, 1], α + β ∈ [0, 1] et t correspondent au temps. Cela implique que la fonction
de production présente des rendements constants pour ses trois facteurs : le capital phy-
sique (K), le capital humain (H) et le progrès technique augmentant le travail (AL). Tous
les marchés (marché des intrants et des produits) sont supposés être parfaitement compéti-
tifs. Toutes les entreprises sont supposées identiques. L’économie peut ensuite être décrite
par un agent représentatif. Le capital physique et le capital humain sont supposés être des
facteurs accumulés ; c’est-à-dire que l’agent représentatif économise la production pour
avoir plus de capital (physique ou humain). Leurs équations de mouvement sont :
K̇ (t) =sK Y(t) − δK(t)
Ḣ(t) =sH Y(t) − δH(t)
Où sK et sH sont respectivement les taux d’épargne pour le capital physique et le capital
humain. Ils sont donnés de manière exogène, et se déprécient au même taux δ.
Le travail et le savoir sont supposés croître à des taux exogènes constants, leurs équations
de mouvement sont donnés par :
L̇(t) = nL(t) et Ȧ(t) = gA(t)
Où n est le taux de croissance de la population et g le taux de croissance du progrès
technique.
Avec ces cinq équations, nous pouvons résoudre les chemins de croissance équilibrés de
la production, du capital physique et du capital humain. L’objectif ici est de trouver une
certaine transformation de ces variables qui converge vers un état stationnaire. Dans le
modèle de Solow le système est transformé de manière à ce que toutes les variables soient
exprimés en terme intensif ou en encore en terme d’unité de travail efficace 5 . Sous sa
forme intensive, la fonction de production est donnée par :
α β 1−α−β
Y(t) K(t) H(t) [A(t) L(t) ]
=
A(t) L(t) A(t) L(t)
α β 1−α−β
K(t) H(t) [A(t) L(t) ]
ỹ(t) = α β 1−α−β
[A(t) L(t) ] [A(t) L(t) ] [A(t) L(t) ]
α β
ỹ(t) = k̃(t) h̃(t)
Y(t) K(t) H(t)
5. Où ỹ(t) = A(t) L(t)
, k̃(t) = A(t) L(t)
et h̃(t) = A(t) L(t)
18 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
Puisque le travail et le savoir croissant de manière exogène, il convient d’examiner unique-
ment le comportement du capital (physique et humain) pour appréhender le comportement
de l’économie au cours du temps. Pour cela il convient de se focaliser sur le stock de capital
K
par unité de travail efficace. Ainsi, en différenciant l’expression k = AL :
K(t)
∂ A(t)L(t)
˙
k̃ (t) =
∂(t)
˙ (t) )
K̇(t) A(t) L(t) − K(t) (A(t) L
= 2
(A(t) L(t) )
˙ )
K̇(t) A(t) L(t) − K(t) (A(t) L (t)
= 2
(A(t) L(t) )
˙ K̇(t) A(t) L(t) K(t) [Ȧ(t) L(t) + A(t) L̇(t) ]
k̃ (t) = 2 − 2
(A(t) L(t) ) (A(t) L(t) )
K̇(t) A(t) L(t) K(t) Ȧ(t) L(t) K(t) A(t) L̇(t)
= 2 − 2 − 2
A(t) L(t) A(t) L(t) A(t) L(t)
K̇(t) A(t) L(t) K(t) Ȧ(t) K(t) L̇(t)
= 2 − 2 −
A(t) L(t) A(t) L(t) A(t) L(t) 2
K̇(t) A(t) L(t) K(t) Ȧ(t) K(t) L̇(t)
= 2 − −
A(t) L(t) A(t) L(t) A(t) A(t) L(t) L(t)
!
˙ K̇(t) K(t) Ȧ(t) L̇(t)
k̃ (t) = − +
A(t) L(t) A(t) L(t) A(t) L(t)
K(t) Ȧ(t) L̇(t)
En prenant en compte le fait que : k̃(t) = A(t) L(t) ; A(t) = g ; L(t) = n et K̇(t) =
sK Y(t) − δK(t)
˙ sK Y(t) − δK(t)
k̃ (t) = − k̃(t) (n + g)
A(t) L(t)
˙
k̃ (t) = sK ỹ(t) − δ k̃(t) − k̃(t) (n + g)
˙
k̃ (t) = sK ỹ(t) − k̃(t) (δ + n + g) (A.2)
Cette équation représente la dynamique du capital physique dans le modèle de Solow, Elle
stipule que le taux de variation du stock de capital physique par unité de travail efficace est
la différence entre ces deux termes :
— sK ỹ(t) , qui mesure l’investissement courant par unité de travail efficace. La produc-
tion par unités de travail efficace est ỹ(t) et la fraction de cette production qui est
investie en capital physique est sK .
— k̃(t) (δ + n + g), qui mesure l’investissement requis, c.-à-d. le montant d’investis-
sement qui doit être entrepris pour conserver k à son niveau.
ANNEXES 19
Cette équation indique donc que le ratio capital/travail effectif augmente à un taux propor-
tionnel à la différence entre l’investissement courant et l’investissement requis.
Même démarche 6 pour la dynamique du capital humain :
˙
h̃(t) = sH ỹ(t) − h̃(t) (δ + n + g) (A.3)
Les conditions à l’état stationnaire sont donc :
sK ỹ(t) = k̃(t) (δ + n + g) (A.4)
sH ỹ(t) = h̃(t) (δ + n + g) (A.5)
Avec deux équations et deux inconnus (k̃ et h̃), on peut trouver la solution exacte pour
ce système d’équation différentielle de premier ordre. Premièrement on résout pour une
variable en termes de l’autre.
sH ỹ(t) = h̃(t) (δ + n + g)
α β
sH k̃(t) h̃(t) = h̃(t) (δ + n + g)
α β n+g+δ
k̃(t) h̃(t) = h̃(t)
sH
h̃β(t)
n+g+δ 1
=
h̃(t) sH α
k̃(t)
β−1 n + g + δ −α
h̃(t) = k̃(t)
sH
1 sH 1
β−1
= −α
h̃(t) n + g + δ k̃(t)
sH
h̃1−β = k̃ α
(t) n + g + δ (t)
1
1−β
1
1−β 1−β sH α
h̃(t) = k̃(t)
n+g+δ
1
1−β
sH α
1−β
h̃(t) = k̃(t) (A.6)
n+g+δ
Maintenant, nous remplaçons cette expression dans la deuxième condition de l’état station-
naire, puis résoudre pour k̃.
sK ỹ(t) = k̃(t) (δ + n + g)
α β
sK k̃(t) h̃(t) = k̃(t) (δ + n + g)
6. Pour obtenir l’équation de la dynamique du capital humain, il suffit de différencier cette expression h =
H
AL
par rapport au temps.
20 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
En remplaçant (6) dans notre expression :
" 1
1−β #β
α sH α
1−β
sK k̃(t) k̃(t) = k̃(t) (δ + n + g)
n+g+δ
β
1−β
α−1 sH αβ
1−β n+g+δ
k̃(t) k̃(t) =
n+g+δ sK
−1 β
− 1−β
αβ
(α−1)+ 1−β sK sH
k̃(t) =
n+g+δ n+g+δ
−1 β
− 1−β
(α−1)(1−β) αβ
(1−β)
+ 1−β sK sH
k̃(t) =
n+g+δ n+g+δ
−1 β
− 1−β
α+β−1
1−β sK sH
k̃(t) =
n+g+δ n+g+δ
1−β
− α+β−1 β
− 1−β 1−β
α+β−1
1−β
1−β
α+β−1 sK sH α+β−1
k̃(t) =
n+g+δ n+g+δ
1−β
1−α−β β
∗ sK sH 1−α−β
k̃(t) = (A.7)
n+g+δ n+g+δ
On remplace maintenant (1) dans (6) pour trouver l’expression de h̃∗(t)
h 1
i 1−β α
sH 1−β
Rappelons que h̃(t) = n+g+δ k̃(t)
α
1 "
1−β 1−β
1−α−β β
1−α−β # 1−β
sH sK sH
h̃(t) =
n+g+δ n+g+δ n+g+δ
1
1−β α(1−β)
(1−α−β)(1−β) αβ
(1−α−β)(1−β)
sH sK sH
=
n+g+δ n+g+δ n+g+δ
α 1−α−β αβ
1−α−β (1−β)(1−α−β) + (1−β)(1−α−β)
sK sH (A.8)
=
n+g+δ n+g+δ
(1−β)(1−α)
(1−β)(1−α−β) α
1−α−β
sH sK
=
n+g+δ n+g+δ
(1−α)
(1−α−β) α
1−α−β
sH sK
h̃∗(t) =
n+g+δ n+g+δ
∗
Finalement avec (7) et (8) nous pouvons résoudre pour ỹ(t) :
α β
ỹ(t) = k̃(t) h̃(t)
ANNEXES 21
" 1−β
1−α−β β
1−α−β #α
∗ sK sH
ỹ(t) =
n+g+δ n+g+δ
(1−α)
β
(1−α−β) α
1−α−β
sH s K
··· ×
n+g+δ n+g+δ
α(1−β) αβ
1−α−β + 1−α−β
αβ (1−α)β
1−α−β + 1−α−β
sK sH
=
n+g+δ n+g+δ
α
1−α−β β
∗ sK sH 1−α−β
ỹ(t) = (A.9)
n+g+δ n+g+δ
Étant donné que tous les pays s’appuient sur le même stock de technologie, le modèle pré-
voit des expériences similaires de croissance à long terme pour tous les pays. Cependant,
l’ajout de capital humain au modèle augmente la capacité à expliquer les différences entre
les pays dans les niveaux de revenu.
Prenons maintenant le log de cette expression pour obtenir le niveau de production par
unité de travail efficace à l’état stationnaire :
" α
1−α−β β
1−α−β #
∗ sK sH
lnỹ(t) =ln
n+g+δ n+g+δ
α sK β sH
= ln + ln
1−α−β n+g+δ 1−α−β n+g+δ
α
= (αln (sK ) + βln (sH ) − ln(n + g + δ)(α + β))
1−α−β
∗ α β α+β
lnỹ(t) = ln (sK ) + ln (sH ) − ln(n + g + δ)
1−α−β 1−α−β 1−α−β
Par conséquent, et étant donné que At =A0 egt , l’équation de productivité de base peut
s’écrire comme suit :
∗ α β α+β
lnỹ(t) = ln (A0 ) +gt + ln (sK ) + ln (sH ) − ln(n+g+δ)
1−α−β 1−α−β 1−α−β
(A.10)
22 OUVERTURE COMMERCIALE, ACCUMULATION DU CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE
Annexe 2 : définition des variables et sources des données
Variable Définition Source
Produit intérieur brut réel par habitant (en dollars constants
GDPpc World Bank
de 2010 US$, en logarithme)
Investment
Part de l'investissement dans le PIB réel (en logarithme) World Bank
Share
Pop growth Taux de croissance de la population totale World Bank
Indice du capital humain, basé sur le nombre d'années de Penn world
Human capital
scolarisation et le rendement des études Table 9.0
Somme des importations et exportations de biens et services
Trade World Bank
(en dollars constants de 2010 US$, en logarithme)
Trade growth Taux de croissance des échanges des biens et services World Bank
Somme des importations et exportations de biens et services
Trade pop (en dollars courants) divisée par la population totale World Bank
Somme des importations et exportations de biens et services
Trade Share (en US$ courants) divisée par le PIB total (en US$ World Bank
courants)
Somme des importations et des exportations de biens et
Trade Share
services (en US$ courants) divisée par le PIB total (en US$ World Bank
(t-1)
courants) retardé de 5 ans
Annexe 3 : liste des pays de l’échantillon
Pays de l’échantillon
Algérie ; Argentine ; Bengladesh ; Benin ; Brésil ; Burkina Faso ; Cameroun ;
Colombie ; République démocratique du Congo ; Costa Rica ; Equateur ; Répu-
blique Arabe d’Egypte ; Salvador ; Guatemala ; Inde ; Indonésie ; République
Islamique d’Iran ; Mali ; Mauritanie ; Mexique ; Maroc ; Nigeria ; Pakistan ; Pé-
rou ; Philippines ; Rwanda ; Sénégal ; Sri Lanka ; Thaïlande ; Togo ; Tunisie ;
Venezuela ; Zimbabwe.
Annexe 4 : statistiques descriptives
Variable Observations Moyenne Ecart Type Min Max
Δ GDPpc 231 0.01 0.02 -0.11 0.09
Investment Share 231 3.02 0.35 1.36 4.01
Pop growth 231 0.65 0.14 -0.77 1.91
Human capital 230 1.88 0.47 1.02 2.93
Trade 231 23.97 1.63 20.04 27.65
Trade growth 231 0.04 0.05 -0.17 0.24
Trade pop 231 1586.861 1717.20 37.02 9463.23
Trade Share 231 0.86 0.51 0.13 3.30
Trade Share (t-1) 231 0.91 0.53 0.14 3.62