Sur le chemin du Mouseion d’Alexandrie.
Études offertes à Marie-Cécile Bruwier
Textes réunis et édités par Fl. Doyen, R. Preys & A. Quertinmont
Montpellier 2018
Sur le chemin du Mouseion d’Alexandrie.
Études offertes à Marie-Cécile Bruwier.
CENiM 19
Cahiers de l’ENiM
Sur le chemin du Mouseion d’Alexandrie.
Études offertes à Marie-Cécile Bruwier
Textes réunis et édités par
Florence DOYEN, René PREYS et Arnaud QUERTINMONT
Montpellier 2018
Couverture : buste de reine B.505.1 © Musée royal de Mariemont. Cliché Michel Lechien.
© Équipe « Égypte Nilotique et Méditerranéenne » de l’UMR 5140, « Archéologie des
Sociétés Méditerranéennes » (Université Paul Valéry Montpellier 3, CNRS, MCC),
Montpellier 2018.
Table des matières
Avant-propos ix-xi
Bibliographie sélective de Marie-Cécile Bruwier xiii-xxi
Liste des abréviations xxiii-xxviii
Nicolas AMOROSO
Les petits bronzes romains d’Isis au gouvernail et à la cornucopia 1-22
Craig BARCLAY et Rachel BARCLAY
‘Filling the Gaps’: Reconsidering the Contribution of Henry, Earl Percy,
to the Alnwick Castle Collection of Egyptian Antiquities 23-41
Jean-Michel BRUFFAERTS
Marcelle Werbrouck ou l’égyptologie belge au féminin 43-71
Christian CANNUYER
Aux origines de l’ère copte dite « des Martyrs » ou « de Dioclétien ».
À propos d’une note de l’érudit protestant Johannes Nicolai
(début du XVIIIe s.) 73-100
Alain DELATTRE et Naïm VANTHIEGHEM
Rifaud, Lepsius et l’église de Saint-André.
À propos d’une inscription du temple de Bayt al-Walī 101-112
Didier DEVAUCHELLE
Des Memphites en visite à Alexandrie ? 113-129
Florence DOYEN
Singularités au Grand Tombeau de Kôm el-Chougafa.
Une nouvelle lecture 131-156
Christina KARLSHAUSEN
L’ombre du dieu à la porte du temple :
šwt nṯr comme image et matériel de culte 157-180
Marine LIBERT
La représentation du corps à la XXVe dynastie.
Essai d’analyse des statues debout des Divines Adoratrices
Aménirdis Ière et Chépénoupet II 181-204
vi Table des matières
David LORAND
De l’Enfer au Paradis (et inversement).
Les récits de voyage touristique dans l’Égypte du XIXe siècle 205-227
Olivier PERDU
Le prêtre « à l’odeur agréable » 229-251
René PREYS
Reine ou déesse dans le temple d’Opet : une question d’uræus 253-270
Arnaud QUERTINMONT
À propos d’un carnet autographe d’Émile Brugsch.
Histoires de Saqqara, de TT 320 et … de chiens 271-286
Wafaa EL SADDIK
On the role of Museum Education.
Children’s Museum in the Egyptian Museum Cairo 287-300
Dorian VANHULLE
Faux et usage de faux : discussion autour d’un modèle de bateau
des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles 301-326
Eugène WARMENBOL
Étienne Zizinia (1784-1868), consul général de Belgique.
Un grand collectionneur et mécène à Alexandrie d’Égypte 327-348
Jean WINAND
Un peu d’analyse valentielle, quelques collocations lexicales
et un soupçon de classificateurs sémantiques :
une note sur le pBerlin 10487 349-370
Indices 371-384
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Avant-propos
e 1er avril 2018, Marie-Cécile Bruwier sera officiellement admise à la retraite du poste
L de directrice scientifique et directrice a.i. du Musée royal de Mariemont ainsi que de
sa charge de cours à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve. Répondant à l’invitation
du trio des éditeurs qui souhaitaient lui offrir un témoignage de respect et d’amitié, plusieurs
collègues ont contribué à ce volume d’études offertes à la récipiendaire, en écho à sa carrière
scientifique, carrière qui s’annonce encore florissante tant les projets dans lesquels elle est
investie sont multiples.
Après une licence en Histoire de l’Art et Archéologie (1975), une agrégation de
l’Enseignement Secondaire Supérieur Arts plastiques (1975) et une licence en Philologie et
Histoire orientales (1977) de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, Marie-Cécile
Bruwier entame une thèse de doctorat qu’elle défendra brillamment en 1991. Dès cette
époque sont présents deux de ses sujets de prédilection : les sièges (sujet de son mémoire de
licence) et les coffrets à viscères (sujet de sa thèse de doctorat). Nous y reviendrons.
Une fois diplômée, c’est tout naturellement qu’elle se tourne vers la médiation culturelle,
autre sujet cher à Marie-Cécile ; elle entre alors au Musée royal de Mariemont
dès les années 80, tout d’abord comme guide-conférencière, puis en venant rapidement à
assurer la responsabilité du Service pédagogique. Dès son arrivée au Musée, elle n’a de cesse
que de professionnaliser celui-ci de façon à répondre aux enjeux majeurs de la médiation,
comme en témoigne son article de 1985 qui dresse un premier bilan de son Service. Si elle
s’attelle à la transmission des savoirs, elle n’en abandonne pas pour autant la recherche
scientifique, notamment en documentant et publiant l’origine de la collection égyptienne
du Musée. Parmi de nombreuses antiquités d’exception, la collection compte particulièrement
— heureux hasard — un coffret à viscères qui reste, encore aujourd’hui, une des pièces
favorites de l’égyptologue. Cependant, c’est une autre pièce, colossale celle-ci, qui occupera
une place centrale dans ses recherches : le buste de reine ptolémaïque dit « de Cléopâtre ».
Après plus de vingt années de savante enquête viendra la consécration : la localisation précise
du site d’où provient cette statue et l’autorisation attribuée par le Ministère des Antiquités de
l’Égypte de procéder à des fouilles archéologiques. Débute alors l’aventure de Smouha,
toujours en cours aujourd’hui bien que le site ait été recouvert par de nouvelles constructions.
On l’aura compris, le nom de Marie-Cécile Bruwier est indissociable de celui du Musée
royal de Mariemont, institution au rayonnement de laquelle elle a largement contribué.
Au fil des années, l’impulsion et la vitalité qu’elle a données à ses activités muséales
sont particulièrement remarquables. Citons entre autres la mise en valeur à la fois
des collections rassemblées par Raoul Warocqué et des exceptionnelles ressources de
la Réserve précieuse, une rigoureuse politique d’acquisitions et d’accueil de legs, la création
d’expositions de renommée internationale, et la mise en place de programmes didactiques
à l’attention des chercheurs et conservateurs.
x Avant-propos
Mais revenons-en à l’une des préoccupations majeures de Marie-Cécile, la transmission
des savoirs. C’est cette véritable passion qui lui permet d’être associée à la formation
d’agrégation de l’UCL dès 1996, à la suppléance puis à la titularisation d’un cours portant sur
les Arts et civilisations : antiquité égyptienne et proche-orientale (depuis 1998), d’un cours
sur les Questions d’archéologie et histoire de l’art de l’Égypte pharaonique (de 2011 à 2014)
ou encore de séminaires sur la médiation et la muséologie (à partir de 2005). Par ailleurs,
elle a également assuré un cours de muséologie à l’Université de Liège (de 2007 à 2010) ainsi
qu’à l’Université française d’Égypte au Caire (depuis 2014). Nombreux sont les étudiants à
avoir bénéficié de ses enseignements, tant à l’Université que dans d’autres cercles de
formation, comme la Faculté ouverte des Religions et des Humanismes laïques (de 1997 à
2009) ou l’Institut Supérieur d’Histoire de l’Art et d’Archéologie de Bruxelles (à partir de
1993). Elle a forgé ainsi divers égyptologues et médiateurs culturels qui, tous, Belges et
Égyptiens, gardent un souvenir ému de sa pédagogie.
Il faut attendre les années 90 pour voir apparaître une autre des passions de Marie-Cécile,
certes déjà existante, mais qui prendra désormais son plein essor : les récits de voyageurs et
des premiers égyptologues en Égypte et au Levant. Nombre de publications et d’expositions
témoignent de cet intérêt, et plusieurs de ces personnalités hors du commun auxquelles
elle a consacré ses travaux nous sont désormais devenues familières, telles que Juliette
de Robersart, Jean-Jacques Rifaud, William George Browne ou encore Giovanni
Battista Belzoni. Ce dernier d’ailleurs passe pour être l’auteur du premier ouvrage
d’égyptologie pour enfants, un volume qui trouve tout particulièrement une place dans
le cœur de Marie-Cécile.
Si les sièges égyptiens, les coffres à viscères, le buste colossal et les récits de voyage
fascinent la chercheuse et ont littéralement façonné la carrière de Marie-Cécile Bruwier,
elle reste attachée à son terroir, Silly, objet d’étude de l’une de ses premières publications.
Son amour pour sa région rencontre très vite sa passion pour l’égyptologie; dès lors,
son travail à Mariemont va se porter naturellement vers la personnalité du baron Édouard
Empain et son domaine à Enghien. Cette convergence d’intérêts aboutira à la magistrale
exposition Mémoires d’Orient. Du Hainaut à Héliopolis (2010). On ne s’étonnera guère
en effet de voir Héliopolis figurer au nombre des thèmes favoris de Marie-Cécile, ni que
le majestueux – et tout aussi étrange – palais du baron Empain ne soit également entré dans
sa sphère de recherche. Si l’histoire de ce monument a depuis longtemps éveillé sa curiosité,
c’est sa conservation et sa restauration qui vont retenir son intérêt jusqu’à ce jour.
Cette histoire de Belgique bâtie en terre d’Égypte, avec les ponts du Nil (œuvres de Baume et
Marpent), le palais d’Héliopolis (Édouard Empain), les voyages de la Reine Élizabeth
(à laquelle Raoul Warocqué a offert un vase ramené d’Égypte), les fouilles de Daninos Pacha
financées par Warocqué en Égypte (à Héliopolis d’ailleurs)… tout ceci c’est un peu
son histoire à elle, comme l’a justement rappelé l’exposition 150 ans de voyages royaux
en Égypte présentée récemment dans le hall d’entrée du Musée égyptien du Caire.
Avant-propos xi
Incontestablement multiples et variés, les centres d’intérêt de Marie-Cécile Bruwier
attestent une impressionnante continuité tout au long de sa carrière, depuis l’étude
approfondie des sources matérielles jusqu’à la recherche sur le terrain. Tout en cultivant
une discrétion de violette, la scientifique affiche un souci constant de placer la discipline
égyptologique au cœur d’une recherche alliant l’Antiquité à l’Histoire récente et moderne
de l’Égypte. Enfin, nous ne pourrions terminer cet avant-propos sans mentionner l’amour
immodéré de Marie-Cécile pour le peuple égyptien. Qu’elle côtoie les Égyptiens par le biais
des fouilles archéologiques (qui n’a pas entendu cette anecdote de dattes fourrées enrobées de
chocolats ?) ou par celui de l’enseignement où elle apprend aux étudiants l’histoire de
leurs musées, elle fait là aussi œuvre de générosité en leur transmettant la fierté qui doit être
la leur. Elle est également, à titre privé, investie dans des associations d’alphabétisation et
d’émancipation de jeunes filles et jeunes femmes, par le biais du tissage et de la valorisation
de leur savoir-faire.
C’est à une brillante égyptologue et à une femme d’une immense humanité
que nous dédions cet ouvrage en témoignage de notre respect et de l’affection que
nous lui portons. Fruit des réseaux que Marie-Cécile a développés, localement entre le Musée
royal de Mariemont et les publics, et, internationalement entre plusieurs générations de
scientifiques, le volume Sur le chemin du Mouseion d’Alexandrie, se veut en résonance de
l’activité féconde et du savant éclectisme de notre amie. Gageons qu’elle portera encore
son regard d’experte sur bien des sujets et des projets, à Mariemont comme ailleurs.
Le trio des éditeurs*
Florence DOYEN
René PREYS
Arnaud QUERTINMONT
* Les éditeurs remercient chaleureusement Frédéric SERVAJEAN d’accueillir ce volume de
Mélanges dans la série des CENiM – Les Cahiers Égypte Nilotique et Méditerranéenne.
Bibliographie sélective de Marie-Cécile BRUWIER
rassemblée par Dominique BASTIN et Arnaud QUERTINMONT
2018 et à paraître
° « Nouvelles recherches sur une traversée du Sinaï en 1486. Le pèlerinage en Orient de
Georges Lengherand, mayeur de Mons », in M.-A. Persoons, Chr. Cannuyer,
D. De Smet (éd.), Les combats dans les mythes et les littératures de l’Orient &
Miscellanea Orientalia et Iranica Belgo-Polonica Wojciech Skalmowski in memoriam
Bruxelles, AOB XXXI, 2018, pp. 9-20.
° « Musées archéologiques d’Alexandrie et du delta du Nil », in C. Virlouvet, City,
River, Littoral. The Extension of Transportation Infrastructure in Delta Areas,
RIPARIA, 2018, p. 95-103.
° La Bibliothèque du Mouseion d’Alexandrie – Collection et conservatoire du savoir
universel.
° Avec B. Federinov et N. Amoroso (éd.), « Smouha (Alexandrie), une fouille du Musée
royal de Mariemont », Cahiers de Mariemont 41.
° Avec R. Mostafa (éd.), Catalogue des collections d’antiquités égyptiennes (époque
pharaonique) du Musée de la Faculté des Lettres de l’Université d’Alexandrie,
EtudAlex 42, Alexandrie.
2017
° « Une peau bovine. Accessoire occasionnel de sièges du Nouvel Empire », EAO 86,
p. 11-26.
° Avec N. Amoroso et M. Cavalieri, « Alessandria: un tempio per Cleopatra »,
Archeologia Viva 181, p. 32-39.
2016
° « Thot aux multiples facettes », in A. Quertinmont (éd.), Dieux, génies et démons en
Égypte ancienne. À la rencontre d’Osiris, Anubis, Isis, Hathor, Rê et les autres...,
catalogue d’exposition, Musée royal de Mariemont, Morlanwelz, 21 mai –
20 novembre 2016, Paris, p. 146-155.
° « Sur les traces d’Éleusis d’Alexandrie », Dossiers d’Archéologie 374, p. 38-39.
° Avec A. Marchandisse et G. Docquier, « En tous quartiers ou j’ay esté. Le récit
de pèlerinage de Georges Lengherand, mayeur de Mons (1486-1487) : une esquisse »,
in A. Marchandisse, G. Docquier (dir.), Pays bourguignons et Orient : diplomatie,
conflits, pèlerinages, échanges (XIVe-XVIe siècles), Actes des Rencontres
de Mariemont-Bruxelles (24-27 septembre 2015), PCEEB 56, Neuchâtel, p. 191-211.
xiv Bibliographie sélective
2015
° « L’Égypte copte », in Fondation Roi Baudoin (éd.), Textiles coptes : collection Maria
Luise et Robert Fill-Trevisiol, Bruxelles, p. 25-31.
° « Les Ptolémées, dieux vivants et colosses de pierre », in Isis et Osiris du Nil
à l’Occident, Qantara 97, p. 38-42.
° « Jean-Jacques Rifaud’s Lithographs – His Drawings of Egyptian Archaeology,
Natural History, Manners and Customs », in N. Cooke, V. Daubney (éd.), Every
Traveller Needs a Compass. Travel and Collecting in Egypt and the Near East,
ASTENE Publ., Oxford, Philadelphia, p. 53-64.
° « De la médiation égyptienne du patrimoine archéologique au 21e siècle », in
M. Haggag, N. Gesché-Koning (éd.), Squaring the Circle ? Research, Museum,
Public: A Common Engagement towards Effective Communication, Proceedings of the
13th ICOM-UMAC & 45th ICOM-CECA Conference, Bibliotheca Alexandrina,
Alexandria 9 – 14 October 2014, Bruxelles, p. 25-35.
° « De l’importance de la pédagogie patrimoniale et muséale dans l’Égypte
contemporaine », Amis de la Haute Égypte 67, p. 7-9.
2014
° Avec W. Claes et A. Quertinmont (éd.), « La Description de l’Égypte » de Jean-
Jacques Rifaud (1813-1826), CEA 16, Bruxelles.
• « Contribution belge aux Rifaldiana », in « La Description de l’Égypte »
de Jean-Jacques Rifaud, p. 11-16.
• « Les rencontres de Jean-Jacques Rifaud en Égypte », in « La Description
de l’Égypte » de Jean-Jacques Rifaud, p. 19-29.
° Avec R. Smouha et C. Pallini, The Smouha City Venture Alexandria 1923-1958,
North Charleston.
• « Smouha District in Antiquity », in The Smouha City Venture, p. 16-23.
• « Archaeological Research, 2008 to 2012 », in The Smouha City Venture,
p. 170-173.
° « Des cabinets de curiosités aux collections égyptiennes », in Fl. Quentin (éd.),
Le livre des Égyptes, Paris, p. 560-575.
° « Entre science et rêverie orientaliste », in Fl. Quentin (éd.), Le livre des Égyptes,
Paris, p. 647-664.
° « Recherches archéologiques à Smouha, Alexandrie », in J.-Y. Empereur, Alexan-
drina 4. En l’honneur de Mervat Seif el-Din, EtudAlex 32, Alexandrie, p. 21-33.
° « Les fils à retordre d’Akhmîm. Akhmîm Antique », in J.P. Maury (éd.), Akhmîm :
au fil des femmes, broderies et tissages de Haute-Égypte, Souyri, p. 19-24.
° « The Smouha Excavations », Ancient Egypt. The History, People and Culture of
the Nile Valley 14/3, p. 28-33.
° « Enjeux de la médiation patrimoniale en Égypte », in N. Nyst, C. Dupont, M.-
É. Ricker (éd.), Médiation muséale et patrimoniale – Enjeux et perspectives. Actes du
colloque organisé à Beez (Namur) les 9 et 10 février 2012, Documents du Patrimoine
Culturel 5, Bruxelles, p. 123-135.
Bibliographie sélective xv
2013
° « Yves Boël et son épouse, Yolande d’Oultremont, esthètes, philanthropes et Amis de
Mariemont », in Musée royal de Mariemont (éd.), L’Âge de l’Éternité, La donation
Yves & Yolande Boël, catalogue d’exposition, Musée royal de Mariemont,
Morlanwelz, 4 mai – 29 septembre 2013, Morlanwelz, p. 11-19.
° Avec J. Budka et T. Mekis, « Re-use of Saite temple tombs in the Asasif during
the early Ptolemaic time – the tomb group of Mw.t-Mnw from TT 414 », ÄgLev 22-23,
p. 209-251.
2012
° Avec L. Bavay, W. Claes et I. De Strooper (éd.), Ceci n’est pas une pyramide…
Un siècle de recherche archéologique belge en Égypte, Leuven, Paris.
• « ‟À la recherche du temple de Cléopâtre”. Fouilles du musée royal de
Mariemont à Alexandrie », in Ceci n’est pas une pyramide…, p. 178-187.
° « Enquête sur l’origine des fragments d’une statue colossale ptolémaïque. Fouilles
du Musée royal de Mariemont à Alexandrie », RBA 81, p. 197-198.
° « Du Hainaut à Héliopolis. Raoul Warocqué et Édouard Empain, industriels,
collectionneurs et mécènes », in E. Warmenbol (éd.), Égyptomanies depuis le XIXe
siècle. Édouard et Cléopâtre, catalogue d’exposition, Villa Empain-Fondation
Boghossian, Bruxelles, 20 septembre 2012 – 10 février 2013, Bruxelles, p. 77-85.
2011
° « Enquête au sujet des fragments d’un couple colossal d’époque ptolémaïque conservé
au Musée royal de Mariemont », BSFE 179, p. 29-40.
° « Les momies égyptiennes dans les musées occidentaux », in M. Brilot (éd.),
Les restes humains, La Vie des Musées 23, p. 43-54.
2010
° Avec A. Van Loo (éd.), Héliopolis, Bruxelles.
• Avec A. Van Loo, « Héliopolis, d’Iounou à Masr al-Gadîda »,
in Héliopolis, p. 14-21.
• « D’Héliopolis à Alexandrie », in Héliopolis, p. 24-25.
• Avec J.-M. Bruffaerts, « Les fouilles archéologiques belges à Héliopolis.
La campagne de 1907 (Jean Capart). La campagne de 1912 (Albert
Daninos) », in Héliopolis, p. 35-41.
• « Tribulations des obélisques héliopolitains », in Héliopolis, p. 54-57.
• « Les relations entre l’Égypte et la ‟Belgique” de jadis », in Héliopolis,
p. 80-81.
• Avec Anne Van Loo, « De Bruxelles au Caire. Diplomatie et relations
commerciales », in Héliopolis, p. 88-92.
° Avec B. Goffin, G. Docquier (éd.), Mémoires d’Orient. Du Hainaut à Héliopolis,
catalogue d’exposition, musée royal de Mariemont, Morlanwelz, 7 mai – 17 octobre
2010, Morlanwelz.
xvi Bibliographie sélective
• « Réception des dieux de l’Orient en Hainaut », in Mémoires d’Orient,
p. 36-39.
• « D’une relique, l’autre... », in Mémoires d’Orient, p. 219-222.
• « L’étape égyptienne du pèlerinage de Georges Lengherand en Orient »,
in Mémoires d’Orient, p. 235-238.
• Avec P. Doignie, « L’humaniste Ogier Ghiselin de Busbecq, ambassadeur
à Constantinople », in Mémoires d’Orient, p. 239-245.
• « L’œuvre d’Émile Prisse d’Avennes, égyptologue », in Mémoires
d’Orient, p. 257-262.
• « Le voyage en Égypte et au Proche-Oreint de Juliette de Robersart »,
in Mémoires d’Orient, p. 263-268.
• « Antiquités égyptiennes, collection et mécénat », in Mémoires d’Orient,
p. 305-309.
• « Motifs égyptiens dans la salle maçonnique du château de Mariemont »,
in Mémoires d’Orient, p. 385-387.
• « Boiseries égyptisantes au château d’Enghien », in Mémoires d’Orient,
p. 389-392.
2009
° « La Fascination de l’Égypte ancienne », Invitation au musée : courrier du Patrimoine
culturel de la Communauté française 22, p. 7-12.
2008
° « Le Roman de la Momie et la véritable Taousert », in Chr. Ziegler, Reines d’Égypte.
D’Hétephérès à Cléopâtre, catalogue d’exposition, Grimaldi Forum, Monaco,
12 juillet – 10 septembre 2008, Paris, p. 218-227.
° « Essences et renaissance en Égypte pharaonique », in A. Verbanck-Piérard (éd.),
Parfums de l’Antiquité. La rose et l’encens en Méditerranée, catalogue d’exposition,
Musée royal de Mariemont, Morlanwelz, 7 juin – 30 novembre 2008, Morlanwelz,
p. 75-82.
° Avec Fr. Mairesse, « À qui appartient le patrimoine égyptien ? La mondialisation de
la culture pharaonique et l’histoire des musées en Égypte », in N. Gesché-Koning
(éd.), Patrimoine et mondialisation, Paris, p. 35-56.
° Avec Fr. Mairesse, « Le Musée royal de Mariemont et la création de la Maison
des Arts et du Patrimoine social », Musées et nouveaux publics, Documents
du Patrimoine Culturel 3, p. 38-48.
2007
° Pharaons noirs. Sur la Piste des Quarante Jours, catalogue d’exposition, Musée royal
de Mariemont, Morlanwelz, 9 mars – 2 septembre 2007, Morlanwelz.
• « L’expérience égyptienne des Nubiens de l’Ancien Empire au Nouvel
Empire », in Pharaons noirs, p. 191-216.
Bibliographie sélective xvii
2005
° Les aventures d’une comtesse en Égypte : décembre 1863 à mars 1864. Récit annoté
et commenté du voyage de Juliette de Robersart, Bruxelles.
° Avec Fl. Lamy, L’Égyptologie avant Champollion, Louvain-la-Neuve.
° Avec M.-Fr. Tilliet-Haulot et A. Verbanck-Piérard (éd.), Franz Cumont &
Mariemont : La correspondance adressée par Franz Cumont à Raoul Warocqué de
1901 à 1916, Monographies du Musée royal de Mariemont 14, Morlanwelz.
° « Égypte pharaonique : vie-mort plutôt que bien-mal. Conception et naissance ici-bas
et dans l’au-delà », in Le Diable et les démons. Mythes, rites & symboles, Bruxelles,
p. 37-54 et p. 264-280.
° « L’Égypte à Rome dans les collections du Musée royal de Mariemont », in
Fr. Lecocq (éd.), L’Égypte à Rome. Actes du Colloque de Caen des 28-30 septembre
2002, Cahiers de la MRSH-Caen 41, Caen, p. 109-135.
° « Mariemont, un domaine et un musée », in M. Valdo, Carlo Levi, antifasciste italien,
peintre et écrivain. Tableaux d’une exposition, catalogue d’exposition, Musée royal
de Mariemont, Morlanwelz, 22 juin – 20 mars 2005, Liège, p. 160-164.
° Avec P.-J. Foulon et A.-Fr. Rasseaux, « États généraux de la culture : Musées et
patrimoine immatériel. Séance du 25 mars 2005 : Interventions des membres
du Bureau et de l’AFMB », in Association francophone des Musées de Belgique (éd.),
Supplément au n° d’Info-Musées.
2004
° « Un collectionneur et un savant. La genèse du Musée royal de Mariemont et
de sa collection d’antiquités égyptiennes », in V. Krings, I. Tassignon (éd.),
Archéologie dans l’Empire ottoman autour de 1900. Entre politique, économie et
science. Actes du colloque de Rome des 22 et 23 février 2002, BHPAH 40, Bruxelles,
Rome, p. 111-132.
° « Le Mouseion d’Alexandrie, conservatoire du savoir universel à l’époque
hellénistique », in Musée royal de Mariemont (éd.), RTBF 50 ans : L’extraordinaire
jardin de la mémoire, catalogue d’exposition, Musée royal de Mariemont,
Morlanwelz, 27 mars – 27 septembre 2004, Morlanwelz, p. 51-67.
° « D’un musée, l’autre », in Musée royal de Mariemont (éd.), RTBF 50 ans :
L’extraordinaire jardin de la mémoire, catalogue d’exposition, Musée royal
de Mariemont, Morlanwelz, 27 mars – 27 septembre 2004, Morlanwelz, p. 139-142.
2003
° Les dieux égyptiens racontés aux enfants, Neuilly-sur-Seine.
° « Le service ‟Conservation et Inventaires” du Musée royal de Mariemont », Cahiers
de Mariemont 30-31, p. 9-11.
° « Les coffrets à reliques funéraires, Anubis et les Enfants d’Horus », Cahiers
de Mariemont 30-31, p. 18-38.
° « Fernand Mayence, Baudouin van de Walle, Tony Hackens », in Institut supérieur
d’Histoire de l’Art et d’Archéologie de Bruxelles : 1903-2003, Bruxelles, p. 31-42.
xviii Bibliographie sélective
2002
° « Vêtements des corps d’éternité », in E. Warmenbol (éd.), Beautés d’Égypte. ‟Celles
que les ans ne peuvent moissonner”, Catalogue d’exposition, Musée du Malgré-Tout,
Treignes, 2 juin – 15 décembre 2002, Treignes, p. 65-70.
2001
° Avec P. Dartevelle, A. Deliege, Cl. Emonts, D. Hoyas, A.-Fr. Rasseaux,
Dans la force de l’art : Réalisations de la Maison des Arts et du Patrimoine Social,
catalogue d’exposition, Musée royal de Mariemont, Morlanwelz, 15 juillet –
23 septembre 2001, Morlanwelz.
° Avec I. Deceuninck, A. Lisart, V. Persoons, M.-É. Ricker (éd.), Musée, mode
d’emploi : Mariemont, un partenaire pour ma classe, Bruxelles.
° « Motifs égyptiens dans le décor intérieur des châteaux de Mariemont et d’Enghien »,
Cahiers de l’Urbanisme 35-36, p. 35-43.
2000
° Livres et archives de l’égyptologue Alexandre Moret (1868-1938) à Mariemont,
catalogue d’exposition, Musée royal de Mariemont, Morlanwelz, 24 mars – 2 juin
2000, Morlanwelz.
° L’Égypte dans la Bibliothèque universitaire de Mons, Mons.
1999
° Avec M.-Fr. Tilliet-Haulot, Explorer l’Égypte et la Nubie au début du XIXe siècle,
catalogue d’exposition, Musée royal de Mariemont, Morlanwelz, 30 avril –
12 septembre 1999, Morlanwelz.
° « Artisans et artisanats », in E. Warmenbol (éd.), Ombres d’Égypte. Le peuple
de pharaon, catalogue d’exposition, Musée du Malgré-Tout, Treignes, 20 juin –
12 décembre 1999, Treignes, p. 43-52.
1998
° L’Égypte au regard de J.-J. Rifaud (1786-1852). Lithographies conservées dans
les collections de la Société royale d’archéologie, d’histoire et de folklore de Nivelles
et du Brabant wallon, catalogue d’exposition, Musée communal, Nivelles, 17 octobre
– 15 novembre 1998, Nivelles.
• « Jean-Jacques Rifaud en Belgique », in L’Égypte au regard de J.-
J. Rifaud, p. 17-34.
° « Présence et action d’Anubis sur le coffret d’un prêtre héracléopolitain », in
W. Clarysse, A. Schoors, H. Willems (éd.), Egyptian Religion: The Last Thousand
Years. Studies Dedicated to the Memory of Jan Quaegebeur, vol. I, OLA 84, Leuven,
p. 61-79.
Bibliographie sélective xix
1997
° Égyptiennes. Étoffes coptes du Nil, catalogue d’exposition, Musée royal
de Mariemont, Morlanwelz, 25 avril – 28 septembre 1997, Morlanwelz.
• « De l’Égypte pharaonique à l’époque romaine », in Égyptiennes. Étoffes
coptes du Nil, p. 51-58.
° « Dans les fleurs de lotus des Empain. Monuments égyptisants au parc et au château
d’Enghien », Annales du Cercle archéologique d’Enghien 31, p. 175-215.
° « D’un siège l’autre. Litière, trône et fauteuil pharaoniques du Nouvel Empire
égyptien au Roman de la Momie », in Fl. Doyen (éd.), Le Roman de la Momie.
Les amours d’une princesse égyptienne, catalogue d’exposition, Abbaye Saint-Gérard
de Brogne, 3 mai – 31 octobre 1997, Namur, p. 71-78.
° Avec M.-Fr. Tilliet-Haulot, « Les tissus coptes », Archæologia 335, p. 40-47.
1996
° Avec A. D’Hooghe (éd.), Les trois grandes égyptiennes. Les pyramides de Gizeh
à travers l’histoire de la photographie, Paris.
1995
° Égypte et regards occidentaux, catalogue d’exposition, Musée royal de Mariemont,
Morlanwelz, 20 octobre 1995 – 14 janvier 1996, Morlanwelz.
° « Ensemble funéraire du prêtre héracléopolitain Ânkhemmaât », in E. Gubel (éd.),
In de schaduw van Babel / À l’ombre de Babel. De kunst van het Oude Nabije Oosten
in Belgische verzamelingen / L’art du Proche-Orient ancien dans les collections
belges, catalogue d’exposition, Banque Bruxelles Lambert, Bruxelles, 3 février –
26 mars 1995, Bruxelles, p. 11-15.
° « L’Égypte dans la bibliothèque de Raoul Warocqué », Cahiers de Mariemont 26,
p. 67-68.
1994
° Présence de l’Égypte dans les collections de la Bibliothèque universitaire Moretus
Plantin, Namur.
° « Deir el-Bahari, Deir el-Medina », in A. Rammant-Peeters (éd.), Palmen en Tempels.
Fotografie in Egypte in de XIXe eeuw. La photographie en Égypte au XIXe siècle.
19th-century Photography in Egypt, catalogue d’exposition, ABB-GALERIJ, Leuven,
29 september – 3 december 1994, Leuven, p. 112, 118, 222-223, 273-275.
° « Les dragons et l’Égypte, le dragon dans le monde chrétien », in Musée royal
de Mariemont (éd.), Dragons d’Orient et d’Occident : dossier documentaire publié
à l’occasion de l’exposition Dragons d’Orient et d’Occident, Musée royal
de Mariemont, Morlanwelz, 23 septembre – 27 novembre 1994, p. 7-8.
xx Bibliographie sélective
1993
° « Origine et usage du tabouret isbet, », in Chr. Cannuyer, J.-M. Kruchten
(éd.), Individu, Société et Spiritualité dans l’Égypte pharaonique et copte. Mélanges
égyptologiques offerts au Professeur Aristide Théodoridès, Ath, Bruxelles, Mons,
p. 29-58.
° « Souveraine ou déesse ? Souveraine en déesse ? Le cas d’une statue égyptienne
du Musée royal de Mariemont », in L. Limme, J. Strybol (éd.), Aegyptus Museis
Rediviva. Miscellanea in honorem Hermanni de Meulenaere, Bruxelles, p. 47-62.
1992
° L’Égypte dans la bibliothèque de Raoul Warocqué, catalogue d’exposition,
Musée royal de Mariemont 25 septembre 1992 – 21 mars 1993, Morlanwelz.
1991
° « Les Coffrets à viscères humains (de la 30e dynastie à l’époque romaine) »,
RAHAL 24, p. 207-208.
° « Du caractère individuel du siège mobile en Égypte pharaonique », CdE 66/131-132,
p. 89-107.
° « Nouvelle acquisition : la Grammaire égyptienne de Jean-François Champollion »
Cahiers de Mariemont 22, p. 49-57.
1989
° « Les fragments d’une statue colossale de reine ptolémaïque à Mariemont», in
Cl. Obsomer, A.-L. Oosthoek (éd.), Amosiadès. Mélanges offerts au Professeur
Claude Vandersleyen par ses anciens étudiants, Bruxelles, p. 45-58.
° « Deux fragments d’une statue colossale de reine ptolémaïque à Mariemont »,
CdE 64/127-128, p. 25-43.
° « La collection égyptienne de Raoul Warocqué 2. De 1912 à 1917 », Cahiers de
Mariemont 20-21, p. 25-52.
1987
° « La collection égyptienne de Raoul Warocqué 1. De 1888 à 1911 », Cahiers de
Mariemont 18-19, p. 46-75.
1985
° « Autographes de Mariette à Mariemont – Quelques travaux de l’égyptologue français
de 1868 à 1879 », Cahiers de Mariemont 16, p. 7-40.
° « Le Service pédagogique de 1975 à 1985 », Cahiers de Mariemont 16, p. 41-50.
° « Le Message des pierres au Musée royal de Mariemont : présentation d’un thème de
visite proposé aux élèves du cycle secondaire », Le rôle éducatif des Musées : actions
menées à Bruxelles et en Wallonie, Musée-Action Éducation 1, p. 2-4.
Bibliographie sélective xxi
1982
° « Enquête sur un coffret égyptien d’époque ptolémaïque », Cahiers de Mariemont 13,
p. 4-21.
1981
° « Le travail du bois », in Musée royal de Mariemont (éd.), Artisans de l’Égypte
ancienne, catalogue d’exposition, Musée royal de Mariemont, Morlanwelz, 27 mars –
21 juin 1981, Morlanwelz, p. 38-40.
° « Le tissage des étoffes aux époques pharaonique et romaine », in Musée royal
de Mariemont (éd.), Artisans de l’Égypte ancienne, catalogue d’exposition, Musée
royal de Mariemont, Morlanwelz, 27 mars – 21 juin 1981, Morlanwelz, p. 84-87.
1977
° « Aspects d’un village hennuyer : Silly à la fin du XVIe, du XVIIIe et au début du XXe
siècle d’après les représentations figurées », Annales du Cercle royal d’Histoire et
d’Archéologie d’Ath et de la région et Musées athois 46, p. 147-206.
1976
° « L’usage du siège en Égypte, à la XVIIIe dynastie », RAHAL 9, p. 267.
Abréviations
AAAdr Antichità Altoadriatiche (Udine)
AÄA Archiv für ägyptische Archäologie (Vienne)
AC L’Antiquité classique. Institut d’archéologie (Louvain-la-Neuve)
ACF Annuaire du Collège de France. Résumé des cours et travaux
ADAIK Abhandlungen des deutschen archäologischen Instituts Kairo (Glückstadt, Hambourg,
New York)
AOB Acta orientalia belgica. Société royale belge d’études orientales (Bruxelles)
ÄA Ägyptologische Abhandlungen (Wiesbaden)
ÄF Ägyptologische Forschungen (Glückstadt, Hambourg, New York)
ÄAT Ägypten und Altes Testament (Wiesbaden)
ÄgLev Ägypten und Levante. Zeitschrift für ägyptische Archäologie und deren Nachgebiete
(Vienne)
AegGreg Aegyptiaca Gregoriana. Museo gregoriano egizio (Cité du Vatican)
AegLeod Aegyptiaca leodiensia. Université de Liège, faculté de philosophie et lettres (Liège)
AegMonast Aegyptiaca monasteriensia (Aix-la-Chapelle)
AEPHE Annuaire de l’École pratique des hautes études (Paris)
AIPHOS Annuaire de l’Institut de philologie et d’histoire orientales et slaves (Université libre
de Bruxelles)
ALUB Annales littéraires de l’université de Besançon (Besançon)
ANRW Aufstieg und Niedergang der römischen Welt. Geschichte und Kultur Roms im Spiegel
der neueren Forschung (Berlin, New York)
ARG Archiv für Religionsgeschichte
ASAE Annales du Service des Antiquités de l’Égypte (Le Caire)
ASAE-Suppl. Suppléments aux ASAE (Le Caire)
ASTENE Publ. Association for the Study of Travel in Egypt and the Near East Publications.
Université de Durham, Université d’Oxford
AulOr Aula Orientalis. Revista de estudios del Proximo Oriente Antiguo (Barcelone)
AV Archäologische Veröffentlichungen. DAIK (Berlin, Mayence)
BAR British Archaeological Reports
BARSOM Bulletin de l’Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer (Bruxelles)
BASP Bulletin of the American Society of Papyrologists. Columbia University (New York)
BAV Bibliotheca apostolica vaticana (Cité du Vatican)
BCLE Bulletin du Cercle lyonnais d’égyptologie Victor Loret (Lyon)
BCNH Bibliothèque copte de Nag Hammadi (Louvain)
BdE Bibliothèque d’étude. Institut français d’archéologie orientale (Le Caire)
BEHE Bibliothèque de l’École pratique des hautes études (Paris)
BEHKSA Beiträge zur Erschließung hellenistischer und kaiserzeitlicher Skulptur und Architektur
BeitrÄg Beiträge zur Ägyptologie. Institut für Afrikanistik und Ägyptologie der Universität
Wien (Vienne)
BETL Bibliotheca Ephemeridum Theologicarum Lovaniensium (Leuven)
xxiv Abréviations
BHPAH Études de Philologie, d’Archéologie et d’Histoire Anciennes. Institut historique belge
de Rome (Bruxelles, Rome)
BiAeg Bibliotheca Aegyptiaca
BIE Bulletin de l’Institut égyptien (Le Caire)
BIFAO Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale
BiGen Bibliothèque générale. Institut français d’archéologie orientale (Le Caire)
BiOr Bibliotheca Orientalis
BMSAES British Museum Studies in Ancient Egypt and Sudan.
http://www.thebritishmuseum.ac.uk/bmsaes (Londres)
BMRAH Bulletin des Musées royaux d’Art et d’Histoire (Bruxelles)
BSA Biblioteca di studi antichi (Pise, Rome)
BSAE British School of Archaeology in Egypt (and Egyptian Research Account) (Londres)
BSEG Bulletin de la Société d’égyptologie de Genève (Genève)
BSFE Bulletin de la Société française d’égyptologie (Paris)
BSRAA Bulletin de la Société royale d’archéologie d’Alexandrie (Alexandrie)
CahKarn Cahiers de Karnak. Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CFEETK),
CNRS (Paris)
CahiersMRBAB Cahiers des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles)
CASAE Cahiers. Suppl. aux Annales du Service des Antiquités de l’Égypte (Le Caire)
CdE Chronique d’Égypte. Fondation égyptologique Reine Élisabeth (Bruxelles)
CEA Connaissance de l’Égypte Ancienne (Bruxelles)
CENiM Cahiers d’Égypte nilotique et méditerranéenne. Institut d’égyptologie Fr. Daumas,
université Montpellier 3 Paul Valéry (Montpellier)
CHANE Culture and History of the Ancient Near East (Leyde)
CNMAL Collections of the National Museum of Antiquities at Leiden
CoptEnc A.S. ATTIYA (éd.), The Coptic Encyclopedia, 8 vol. (New York)
CRAIBL Comptes rendus des Séances de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (Paris)
CRIPEL Cahiers de recherches de l’Institut de papyrologie et égyptologie de Lille
CRMH Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes
CSEL Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum
D3T Documents de Théologies Thébaines Tardives. Institut d’égyptologie Fr. Daumas,
université Montpellier 3 Paul Valéry (Montpellier)
DACL F. CABROL, H. LECLERCQ, Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie,
1907-1953, Paris.
DemGloss W. ERICHSEN, Demotisches Glossar, 1954 (Copenhague)
DemStud Demotische Studien (Leipzig, puis Würsberg)
Dend. É. CHASSINAT, Fr. DAUMAS, S. CAUVILLE, Le Temple de Dendara, vol. I-XII, 1934-
2007. IFAO (Le Caire)
DiscEg Discussions in Egyptology (Oxford)
DMOA Documenta et monumenta Orientis antiqui (Leyde)
DPB Demotische Papyri aus den Staatlichen Museen zu Berlin (Berlin)
EAO Égypte. Afrique et Orient. Centre vauclusien d’égyptologie (Avignon, puis Paris)
EAT Études d’archéologie thébaine (Bruxelles)
Abréviations xxv
EALT Empirical Approaches to Language Typology
Edfou M. dE ROCHEMONTEIX, É. CHASSINAT, S. CAUVILLE, D. DEVAUCHELLE,
Le Temple d’Edfou, vol. I-XV, 1934-1985. IFAO (Le Caire)
EES Egypt Exploration Society (Londres)
EgArch Egyptian Archaeology. The Bulletin of the Egypt Exploration Society (Londres)
ENiM Égypte nilotique et méditerranéenne. Institut d’égyptologie Fr. Daumas,
université Montpellier 3 Paul Valéry (Montpellier)
EPM Egyptian Prehistory Monographs (Louvain)
EPRO Études préliminaires aux religions orientales dans l’Empire romain (Leyde)
ERA Egyptian Research Account (Londres)
ESAP Egyptian Studies Association Publication (Oxford)
EtudAlex Études alexandrines. IFAO (Le Caire)
EtudTrav Études et travaux. Travaux du Centre d’archéologie méditerranéenne de
l’Académie polonaise des Sciences (Varsovie)
ExcMem Excavation Memoirs. Egypt Exploration Society (Londres)
Expedition Expedition. The Bulletin of the University Museum of the University of Pennsylvania
(Philadelphie PA)
GHP Egyptology Golden House Publications. Egyptology (Londres)
GM Göttinger Miszellen. Beiträge zur ägyptologischen Diskussion (Göttingen)
GOF Göttinger Orientforschungen (Wiesbaden)
HÄB Hildesheimer ägyptologische Beiträge (Hildesheim)
HbOr Handbuch der Orientalistik (Leyde, Cologne)
IBzK Innsbrucker Beiträge zur Kulturwissenschaft (Innsbruck)
IrAnt Iranica Antiqua. Journal of the Seminar for Near Eastern Art and Archaeology,
universiteit Gent (Leuven)
JAEA The Journal of Ancient Egyptian Architecture
JARCE Journal of the American Research Center in Egypt
JEA Journal of Egyptian Archaeology
JEH Journal of Egyptian History
JNES Journal of Near Eastern Studies. Department of Near Eastern Languages and
Civilizations, université de Chicago (Chicago IL)
JournSav Journal des savants. Académie des inscriptions et belles-lettres (Paris)
JRAS Journal of the Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland
JRA-Suppl. Journal of Roman Archaeology. Supplementary Series (Ann Arbor MI)
JSSEA Journal of the Society of the Studies of Egyptian Antiquities
JTS Journal of Theological Studies (Oxford)
KMT KMT: A Modern Journal of Ancient Egypt
KölnJb Kölner Jahrbuch für Vor- und Frühgeschichte
LÄ Lexikon der Ägyptologie (Wiesbaden)
LAPO Littératures anciennes du Proche-Orient (Paris)
xxvi Abréviations
LD K.R. LEPSIUS, Denkmaeler aus Aegypten und Aethiopien, 1849-1859 (Berlin)
LGG C. LEITZ (éd.), Lexikon der ägyptischen Götter und Götterbezeichnungen, OLA 110-
116, Leuven, Paris, Dudley MA, 2002
LIMC Lexicon iconographicum mythologiae classicae (Zurich, Munich)
LingAeg Lingua aegyptia. Journal of Egyptian Language Studies. Seminar für Ägyptologie und
Koptologie (Göttingen)
LingAeg-StudMon Lingua Aegyptia - Studia Monographica
MAFS Mission archéologique française de Saqqara
MÄS Münchner ägyptologische Studien (Berlin, Munich)
MAIBL Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (Paris)
MAPS Memoirs of the American Philosophical Society (Philadelphie PA)
MDAIK Mitteilungen des deutschen archäologischen Instituts, Abt. Kairo
MedMus-Bull Medelhavsmuseet, Bulletin. The Museum of Mediterranean and Near Eastern
Antiquities (Stockholm)
MEEF Memoir of the Egypt Exploration Fund (Londres)
MEES Memoir of the Egypt Exploration Society (Londres)
MEFRA Mélanges d’archéologie et d’histoire de l’École française de Rome. Antiquité (Paris)
MIFAO Mémoires publiés par les membres de l’Institut français d’archéologie orientale
(Le Caire)
MMAEE Metropolitan Museum of Art, Egyptian Expedition. Metropolitan Museum (New York)
MMAF Mémoires publiés par les membres de la Mission archéologique française au Caire.
IFAO (Le Caire)
MonPiot Monuments et mémoires. Académie des inscriptions et belles-lettres, Fondation Piot
(Paris)
MRE Monographies Reine Élisabeth. Association égyptologique Reine Élisabeth (Bruxelles)
NeHeT Revue numérique d’Égyptologie (Paris-Sorbonne, Université libre de Bruxelles)
NHS Nag Hammadi Studies (Leyde)
NSA Notizie degli scavi di Antichità. Accademia dei Lincei (Rome)
OBO Orbis biblicus et orientalis (Fribourg, Allemagne, Göttingen)
OCMA Monograph Oxford Centre for Maritime Archaeology Monograph
OEAE D.B REDFORD (éd.), The Oxford Encyclopedia of Ancient Egypt, 3 vol., Oxford, 2001
OECS Oxford Early Christian Studies
OIMP Oriental Institute Museum Publication
OIP Oriental Institute Publications. Université de Chicago (Chicago IL)
OINE Oriental Institute Nubian Expedition
OIS Oriental Institute Seminars. Université de Chicago (Chicago IL)
OJA Oxford Journal of Archaeology
OLA Orientalia lovaniensia analecta (Leuven)
OrMonsp Orientalia Monspeliensia. Centre d’égyptologie de l’université Paul Valéry
(Montpellier)
PALMA-Eg Papers on Archaeology from the Leiden Museum of Antiquities. Egyptology (Turnhout)
PapBrux Papyrologica bruxellensia. FÉRÉ (Bruxelles)
Abréviations xxvii
PapFlor Papyrologica florentina (Florence)
PAwB Potsdamer Altertumswissenschaftliche Beiträge (Potsdam)
PCEEB Publication du Centre Européen d’Études Bourguignonnes (XIVe-XVIe s.) (Neuchatel)
PdÄ Probleme der Ägyptologie (Leyde)
PIOL Publications de l’Institut orientaliste de Louvain (Louvain)
P.L.Bat. Papyrologica Lugduno-Batava (Leyde)
PM B. PORTER, R.L.B. MOSS, Topographical Bibliography of Ancient Egyptian
Hieroglyphic Texts, Reliefs and Paintings, 7 vol., 1927-1995 (Oxford)
Polymnia Polymnia. Studi di Archeologia (Trieste)
PSBA Proceedings of the Society of Biblical Archaeology
Qantara Qantara, Magazine des cultures arabe et méditerranéenne. Institut du monde arabe
(Paris)
RAHAL Revue des archéologues et historiens d’art de Louvain
RAPH Recherches d’archéologie, de philologie et d’histoire. IFAO (Le Caire)
RBA Revue belge d’archéologie et d’histoire de l’art. Académie d’archéologie de Belgique
(Bruxelles)
RBDI Revue belge de droit international
RBPH Revue Belge de Philologie et d’Histoire. Société pour le Progrès des Études
Philologiques et Historiques (Bruxelles)
RdE Revue d’Égyptologie. Société française d’égyptologie (Paris, Leuven)
RealEnc A. PAULY, G. WISSOWA, W. KROLL, K. MITTELHAUS, Real-Encyclopädie der
classischen Altertumswissenschaft, 1893-1980 (Stuttgart, Munich)
REAug Revue des études augustiniennes (Paris)
RecTrav Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptiennes et assyriennes
REG Revue des Études Grecques
RET-Suppl. Revue des Études Tardo-antiques, Supplément. Association Textes pour l’Histoire de
l’Antiquité Tardive (Nanterre)
RevArch Revue archéologique (Paris)
RevEg Revue égyptologique (Paris)
RevSR Revue des sciences religieuses (Strasbourg)
RFHIP Revue Française d’Histoire des Idées Politiques (Paris)
RGRW Religions in the Graeco-Roman World (Leyde)
RHE Revue d’Histoire Ecclésiastique (Louvain)
RHEF Revue d’Histoire de l’Église de France
RHR Revue de l’histoire des religions (Paris)
SAK Studien zur altägyptischen Kultur (Hambourg)
SAOC Studies in Ancient Oriental Civilization (Chicago IL)
SAWH Sitzungsberichte der Heidelberger Akademie der Wissenschaften, Philosophisch-
Historische Klasse (Heidelberg)
SAWM Sitzungsberichte der Bayerischen Akademie der Wissenschaften, Philosophisch-
historische Abteilung (Munich)
SDAIK Sonderschrift des deutschen archäologischen Instituts, Abteilung Kairo (Mayence)
SKCO Sprachen und Kulturen des Christlichen Orients (Wiesbaden)
xxviii Abréviations
SPAW Sitzungsberichte der preussischen Akademie der Wissenschaften (Berlin)
SourcChr Sources chrétiennes (Paris)
SSR Studien zur spätägyptischen Religion (Wiesbaden)
StädelJb Städel-Jahrbuch (Munich)
StudDem Studia demotica (Leuven)
StudHell Studia hellenistica (Leyde, Leuven)
StudPap Studia papyrologica revista española de papirología. Université de Barcelone
(Barcelone, Rome)
StudPohl Studia Pohl (Rome)
SymbOsl Symbolae osloenses. Norwegian Journal of Greek and Latin Studies (Oslo)
TIA H. BRUGSCH, Thesaurus Inscriptionum Aegyptiacarum, vol. I-VI, 1883- 1884-1891
(Leipzig)
TOP Trismegistos Online Publications (Leuven)
TTS Theban Tombs Series (Londres)
Urk. Urkunden des ägyptischen Altertums (Leipzig, Berlin)
VA Varia aegyptiaca (San Antonio TX)
Voyageurs Voyageurs occidentaux en Égypte. IFAO (Le Caire)
Wb A. ERMAN, H. GRAPOW (éd.), Wörterbuch der ägyptischen Sprache, 7 vol., 1926-1963
(Leipzig)
WeltOr Die Welt des Orients. Wissenschaftliche Beiträge zur Kunde des Morgenlandes
(Göttingen)
WienStud Wiener Studien. Zeitschrift für klassische Philologie und Patristik (Vienne)
WZKM Wiener Zeitschrift für die Kunde des Morgenlandes. Verband der Wissenschaftlichen
Gesellschaften Österreichs (Vienne)
YES Yale Egyptological Studies (New Haven CT)
ZÄS Zeitschrift für ägyptische Sprache und Altertumskunde (Leipzig, Berlin)
ZDMG Zeitschrift der deutschen Morgenländischen Gesellschaft (Leipzig, Wiesbaden)
ZPE Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik (Bonn)
L’ombre du dieu à la porte du temple :
šwt nṯr comme image et matériel de culte
Christina KARLSHAUSEN
Université catholique de Louvain,
Groupe de Recherches sur l’Égypte ancienne
L es textes de dédicace du Nouvel Empire, lorsqu’ils sont détaillés, se présentent
sous forme d’une énumération des différentes parties du temple, des statues et
du mobilier, ayant pour but de pérenniser les largesses offertes au dieu par le roi.
Des formules identiques se retrouvent d’un texte à l’autre, à tel point qu’on pourrait croire que
le contenu de l’inscription n’a finalement que peu à voir avec la réalité. Il est vrai que,
lorsqu’on confronte les données textuelles avec ce qui subsiste du temple à l’heure actuelle,
les précisions fournies par le texte semblent plus obéir à des formules qu’à des réalités de
terrain. Ainsi, les temples thébains du Nouvel Empire construits d’après les textes de dédicace
« en belle pierre blanche d’Anou », c’est-à-dire en calcaire de Toura, sont-ils le plus souvent
bâtis en calcaire local.1 Par la magie du texte, un matériau de base se transforme en pierre
de luxe du Nord de l’Égypte, matérialisant ainsi l’appellation d’« Héliopolis » du Sud donnée
à Thèbes. Pourtant, malgré les formules stéréotypées, il est possible de dégager
des informations intéressantes de ces documents, non seulement sur les bâtiments encore
existants, mais aussi sur des objets qui ont aujourd’hui disparu. C’est le cas des éléments en
bois ou en métal (structures, panneaux, portes…), généralement dorés et décorés de motifs
incrustés en pierres colorées, dont seuls les textes conservent le souvenir. Nous allons
nous intéresser à l’un d’entre eux, l’« ombre du dieu », dont la mention apparaît
dans plusieurs textes de construction du Nouvel Empire.
Le terme šwt, inscrit à l’aide de l’éventail en plumes d’autruches (Gardiner S 35, 36)
(Fig. 1), désigne l’ombre, qu’elle soit celle d’un arbre, d’un être ou d’un dieu.2 En dehors
de son acception courante, la notion d’ombre est une notion complexe,3 qui entre dans
les composantes de la personne, au même titre que le ba ou le ka. Lorsqu’elle appartient à
un dieu, elle est une manifestation visible de sa puissance et de sa protection divine.4
Ainsi, l’ombre de Rê plane-t-elle sur le grand sphinx de Giza,5 ou l’ombre de Montou
1
KARLSHAUSEN, DE PUTTER 2017.
2
Wb IV 432-433 ; Alex I 77.4123, II 78.4068, III 79.2950.
3
Voir GEORGE 1970.
4
GEORGE 1970, p. 112-117 ; ASSMANN 1978, 31 (ombre protectrice). Voir aussi BELL 1985, pl. 31-59.
5
Stèle du sphinx de Thoutmosis IV (ZIVIE 1976, p. 128, 130, 141).
158 Christina KARLSHAUSEN
accompagne-t-elle le roi en campagne.6 Dans le décor des temples ou des stèles, la présence
d’un éventail à côté d’un animal sacré ou d’un objet de culte identifie ceux-ci comme étant
investis d’une présence divine (Fig. 2).7
L’ombre du dieu intervient aussi dans un type de textes particuliers : les textes de
dédicace des temples. Il ne s’agit plus ici de traduire de façon imagée l’hiérophanie ou
la puissance divine mais de décrire un objet matériel, appelé šwt nṯr.
1. L’ombre du dieu à l’époque thoutmoside
La première mention connue de ce type d’« ombre divine » se trouve dans la tombe d’Ineni
(TT81). Ineni fait référence, dans sa biographie, à des constructions effectuées à Karnak
sous Thoutmosis Ier, dont il était l’architecte :
Doc. 1. Biographie d’Ineni (TT81)8
Iw mAA.n.i saHa sbA aA Imn sxm fAw aA.f wr m Hmt %Tt Swt nTr Hr.f ms m nbw
J’ai supervisé l’érection de la grande porte Amon-sekhem-faou, son grand
vantail en cuivre d’Asie, l’ombre du dieu façonnée dessus en or.
Le signe qui suit šwt nṯr est une image d’Amon ithyphallique.
Les occurrences de l’« ombre du dieu » sont de loin les plus nombreuses sous Thoutmosis III.
Sur les murs de Karnak, plusieurs longues inscriptions énumèrent de façon détaillée
les constructions effectuées dans le temple sous le règne autonome de ce roi.
Doc. 2. Mur des Annales, paroi sud9
Luc et Marc Gabolde ont publié récemment une nouvelle restitution du texte de cette paroi,
dont les blocs épars avaient été remployés par Séthi II lors du réaménagement de la cour du
VIe pylône.10 L’« ombre du dieu » intervient plusieurs fois dans la description des différents
bâtiments construits, qu’il n’est malheureusement pas toujours possible d’identifier.
2a : mention du sanctuaire de barque en granite ?
(P) /// m sbAw m at wat kAp m inr n mAT aAwy (E) m aAwy r snw ( ?) kmAw m Hsmn
Swt nTr Hr.sn ////
6
GEORGE 1970, p. 91-92.
7
BELL 1985, p. 31-59.
8
Urk. IV 56, 9-10.
9
Urk. IV 737, 9-11.
10
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 45-110. Les blocs avaient fait l’objet d’une première publication par
N. Grimal mais sans tenter de raccords entre eux (GRIMAL 2000, p. 583-602 ; GRIMAL 2009, p. 105-120).
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 159
(P) /// avec des portes d’une seule pièce couvertes de granite, les vantaux (E)
étant doubles ( ?), façonnés en bronze, l’ombre du dieu sur eux //// (blocs P-E,
col. 2).
Grimal songe à une description du vestibule du VIe pylône.11 L. et M. Gabolde identifient
plutôt le sanctuaire de barque en granite.12 La présence de vantaux doubles pourrait en effet
faire songer aux reposoirs de barque.13
2b : mention de la cour à péristyle du VIe pylône ?
//// Swt nTr Hr/////
//// l’ombre du dieu sur ///// (bloc K, col. 5).
L. et M. Gabolde rattachent ce fragment aux blocs L, A, B et C, évoquant une cour à colonnes
et un autel solaire, et proposent d’y voir la cour à péristyle du VIe pylône.14
2c : mention du VIIe pylône
Quelques restes d’hiéroglyphes permettent sans doute de restituer šwt nṯr sur le bloc G,
col. 20 :15
//// Swt nTr Hr.f m ////
//// l’ombre du dieu dessus en //// (bloc G, col. 20).
L. et M. Gabolde mettent en relation ce bloc avec le bloc R. Si cela se confirmait, l’ensemble
donnerait une information intéressante :
(G) //// Swt nTr Hr.f m (R) twt n xw nTr.pn //////////// (G) Hm.i m Dam mAa (R)
tw(t ?).s m Sfyt wrt (blocs G-R, col. 20-22).
(G) //// L’ombre du dieu dessus consistant en (R) une image de protection de
ce dieu [et une image] de (G) ma majesté en électrum, son image ( ?) en
majesté ( ?).
11
GRIMAL 2000, p. 596.
12
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 56-57.
13
L. et M. Gabolde songent à des vantaux à deux battants ou à des portes fractionnées en parties superposées,
permettant d’ouvrir seulement la partie supérieure de la porte pour certains rituels. Un tel dispositif figure
dans les reliefs d’Abydos représentant une chapelle de barque en bois d’Amon (GABOLDE L., GABOLDE M. 2015,
p. 57, n. d). Dans cette hypothèse, on pourrait peut-être reconnaître l’« ombre du dieu » dans l’évocation
d’un élément plaqué d’électrum cité par Menkheperreseneb dans sa description du reposoir de granite (Urk. IV
932, 17. Cf. GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 80).
14
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 58-59, 81.
15
GRIMAL 2009, p. 115 ; GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 68-69.
160 Christina KARLSHAUSEN
Le déterminatif de cette « image de protection » représente le dieu Amon ithyphallique.
L’inscription se réfère à une porte de trente coudées et les auteurs pensent déceler à la fin de
la colonne 22 Imn aA xaw, qui est le nom du VIIe pylône.
Les autres restitutions de šwt nṯr par les auteurs sont incertaines.16 Plusieurs passages du texte
semblent mentionner de manière récurrente une ombre divine « à l’image de la majesté de
ce dieu auguste (m twt Hm n nTr.pn Spsy) avec « l’image de Ma Majesté », c’est-à-dire
associant une représentation du dieu et du roi mais aucune séquence n’est complète.17
Doc. 3. Sanctuaire de barque en granite18
17-18 /// m mAT aA. f wr m Hmt ir rn.f m Imn aA xaw smnxw m/// m Hr Xp Hr.f m
Dam Swt nTr mi Imn w ///
17 /// en granite, son grand vantail en cuivre, appelé Amon-aa-khaou, restauré
en /// en face, le relief (Xp) dessus en électrum, l’ombre du dieu comme
Amon ///.
La porte Amon-aa-khaou est la porte du VIIe pylône.19
Doc. 4. Akhmenou, mur extérieur sud20
/// sbA aA m mAT Imn///// aA.f m /// Hsmn Swt nTr m Dam
/// une grande porte en granite, Amon /// son vantail ( ?) en /// bronze, l’ombre
du dieu en électrum.
Le texte de cette paroi, très fragmentaire, a été publié par Gardiner.21 L’auteur n’a pas replacé
certains fragments dans sa restitution du texte. C’est le cas du bloc u, où apparaît la mention
de l’« ombre du dieu ».22 Helck donne une version plus complète de ce passage, en y intégrant
plusieurs fragments, notamment le bloc u, qui se place de manière convaincante dans
la colonne 82 (la partie inférieure de šwt nṯr semble encore visible dans la colonne sur
le dessin de Gardiner). En revanche, il serait plus probable, compte tenu des parallèles
textuels, que les premiers signes de cette colonne ne se lisent pas aA mr.f 23 mais aA.f, le signe
suivant aA étant le déterminatif du vantail de la porte précédemment citée, et non le signe mr.
16
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 56 (col. 1), 54, 58-59 (col. 4, 7), 63 (col. 13).
17
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 54.
18
NIMS 1969, p. 70, l. 17-18 ; WALLET-LEBRUN 2009, p.152, 154.
19
WALLET-LEBRUN 2009, p. 156.
20
Urk. IV 1268, 3 ; GARDINER 1952, p. 17, l. 82.
21
GARDINER 1952, p. 6-23.
22
GARDINER 1952, pl. IX.
23
Gardiner traduit par « good pleasure » (GARDINER 1952, p. 17) et Helck pense qu’il pourrait s’agir du nom de
la porte en granite mentionnée peu auparavant (aA-mrwt m pr Imn) (HELCK 1961, p. 23).
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 161
Doc. 5. Porte du VIIe pylône, embrasure est24
//// m Dam Swt nTr mi Sf(y)t irw rn.f m MnxprRa///mnw
/// en électrum, l’ombre du dieu comme un bélier. Son nom fut donné :
Menkheperrê///menou.
Le nom de l’édifice est malheureusement en partie détruit.
2. L’ombre du dieu sous Amenhotep III
Un texte de construction d’Amenhotep III mentionne aussi l’« ombre divine » à Karnak :
Doc. 6. Stèle CG 3402525
sbA aA wrt xft Hr Imn Ra nb nswt tAwy bAk m nbw r wA.f Swt nTr mi Sft mH m xsbD
mAa bAk m nbw aAwt aSAwt nn sp irt mitt
Une très grande porte dans l’axe26 d’Amon-Rê maître des trônes des deux
terres, plaquée d’or sur sa longueur, l’ombre du dieu comme un bélier emplie
de lapis-lazuli véritable, plaquée d’or et de nombreuses pierres précieuses sans
que cela ait été fait auparavant.
D’après le contexte, il ne peut s’agir que de la porte du IIIe pylône de Karnak.
3. Mentions de l’« ombre du dieu » en dehors de Thèbes
Doc. 7. Architrave d’Héliopolis27
Un bloc d’architrave de la XVIIIe dynastie, datant probablement de Thoutmosis III et réinscrit
au nom de Ramsès IV, mentionne des réfections au temple d’Héliopolis et notamment
des portes :
//// m aS n tp xtyw ndb m Hmt %Tt Swt Ra mi Sf(y)t xt m ////
//// en bois de ash du meilleur des échelles (du Levant), couvertes de cuivre
d’Asie, l’ombre de Rê, comme un bélier, gravée ////
24
PM II2, p. 169 (498 c) ; Urk. IV 183, 10-11 ; WALLET-LEBRUN 2009, p. 142-143.
25
Urk. IV 1654, 3-7 ; WALLET-LEBRUN 2009, p. 208-209.
26
Pour cette traduction de xft Hr, voir WALLET-LEBRUN 1982a, p. 67-88. Puisqu’il s’agit de la porte d’entrée
du temple, on peut aussi comprendre le terme par « en façade » (CABROL 2001, p. 88).
27
FAKHRY 1938, p. 35 sqq., pl. IV.4, fig. 1a ; GEORGE 1983 p. 132-133 ; RAUE 1999, p. 392-393, doc. XVIII-
XX-2.3.
162 Christina KARLSHAUSEN
Le terme šwt Ra désigne généralement un sanctuaire solaire,28 mais pas dans ce cas-ci
puisqu’il s’agit d’un décor gravé sur une porte en bois.
Doc. 8. Bélier de Soleb29
(…) sbAw. s nbw m Dam stwt.sn m Hrw Swt nTr mi Sft
(…) toutes ses portes en électrum, elles brillent devant les visages et l’ombre
du dieu est comme un bélier.
Le temple n’est pas précisé mais il doit s’agir vraisemblablement du temple de Soleb.
4. Qu’est-ce que l’« ombre du dieu » dans le temple ?
Même si ces textes de dédicace sont très fragmentaires, il est possible de préciser ce qu’est
une « ombre du dieu ». La majorité des documents se rapportent à un objet bien précis :
il s’agit d’une image gravée (xt, doc. 7), d’un relief (Xp, doc. 3), plaqué d’or ou d’électrum
(doc. 1, 4, 6) et parfois de pierres précieuses (doc. 6). L’emploi du terme Xp est fréquent pour
désigner les images en matériaux précieux gravées sur les vantaux d’une porte.30 Cette image
est gravée sur (Hr) le vantail de la porte (doc. 1, 2).
D’après les textes et les représentations, les portes des temples comportaient un ou
des vantaux en bois plaqué(s) de métal ou entièrement en métal (cuivre ou bronze).
Des scènes de fonte de vantaux de portes destinés au temple de Karnak sont connues sous
Thoutmosis III. Dans la tombe de Rekhmirê (TT100),31 le métal, ramené des campagnes
asiatiques du roi,32 est coulé dans un grand moule d’argile (Fig. 3). Les deux vantaux de
bronze « recouverts d’or » étaient destinés à une chapelle (sḥ nṯr) d’Amon à Karnak.
Une scène de coulée de portes figure aussi dans la tombe de Menkheperreseneb (TT86).33
Le grand prêtre et directeur des travaux a supervisé la construction du reposoir de barque
en granite Imn wTst xaw34 et peut-être s’agit-il des portes de ce reposoir.35 On peut supposer
en tout cas que cette technique était plutôt réservée à des portes de dimensions restreintes,
pour des chapelles importantes (comme les reposoirs de barque), les grandes portes d’entrée
28
STADELMANN 1969, p. 159-178.
29
Urk. IV 1752, 7-8.
30
Par exemple à Deir el-Bahari sous Hatshepsout (Urk. IV, 11), à Abydos sous Ramsès II (KRI II, 514, 9)
à Karnak sous Ramsès III (statue d’Amenmose Caire JE 87194, KRI V, 415, 11-12). Voir aussi THIERS 1998,
p. 257-258.
31
DAVIES 1943, p. 53-54, pl. LII, LIII.
32
DAVIES 1943, p. 54.
33
DAVIES 1933, p. 12, pl. XI.
34
Urk. IV, 932, 9 ; CARLOTTI, GABOLDE 2004, p. 100-102.
35
Voir doc. 2a pour une possible évocation de ces portes dans le Texte des Annales.
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 163
du temple étant, pour des raisons pratiques de fabrication et de manipulation, en bois plaqué
de métal.36
Ces vantaux étaient donc ornés de reliefs incisés, eux-mêmes recouverts d’électrum ou
d’or et parfois incrustés de pierres comme le lapis-lazuli (doc. 6).37 La porte elle-même,
souvent en granite, pouvait comporter un décor métallique appliqué.38 Même les fausses-
portes recevaient parfois de semblables incrustations, comme la fausse-porte de
Thoutmosis III dans la cour du VIe pylône à Karnak (Fig. 4).39 Les vantaux factices
de cette fausse-porte comportent une scène d’offrande représentant le roi face au dieu Amon
jadis incrusté de lapis-lazuli et d’électrum. Le visage du dieu est entouré de quatre trous
qui permettaient soit de fixer une plaque d’incrustation, soit un autre dispositif.40
D’autres images sont mentionnées sur les portes des temples. Plusieurs documents
évoquent la présence d’une titulature royale en électrum, or-saouy, cuivre noir.41
Dans la dédicace du reposoir d’albâtre d’Amenhotep Ier, les vantaux en cuivre d’Asie sont
ornés d’images tỉt en électrum.42 Sous Hatshepsout, la stèle « Northampton », provenant de
la tombe de Djéhouty décrit la porte du Ve pylône (Amon-our-shefyt), travaillée en cuivre
d’une seule feuille, de même que ses représentations snnw.43 D’autres textes emploient
l’appellation plus générique de twt, qui ne désigne pas dans ce contexte une statue mais
un relief gravé.44 Les termes employés pour qualifier ces images de porte sont donc
36
Sous Ramsès II, Djéhoutynakht, chef des charpentiers et des orfèvres d’Amon énumère près de trente-six
portes dorées sorties de ses ateliers et destinées au temple de Karnak et à d’autres sanctuaires de la région
thébaine (KITCHEN 1974, p. 168-174).
37
Pour les techniques de placage décoratif sur des reliefs, voir LACAU 1955, p. 247-249 ; OGDEN 2000, p. 160-
161.
38
KOENISGBERGER 1936, p. 73-77 ; LACAU 1955, p. 234-241 ; DILS 1995, p. 68-70 ; GABOLDE L., GABOLDE M.
2015, p. 63.
39
Fausse-porte de Thoutmosis III, incrustée de lapis-lazuli et d’électrum comme le précisent les inscriptions
accompagnant la scène (PM II2, p. 95 (276) ; KOENISGBERGER 1936, p. 24, fig. 22 ; VAN SICLEN 1990.
Voir aussi une stèle monumentale de Toutankhamon à Karnak dont les figures royales et divines étaient
à l’origine incrustées (SCHADEN 1987, p. 280-281, 284 ; LE SAOUT, MA’AROUF 1987, p. 290).
40
VAN SICLEN 1990, p. 176. L’image du roi a disparu et celle d’Amon semble avoir été entièrement refaite
à l’époque post-amarnienne. On ne peut donc savoir comment se présentait la stèle à l’époque thoutmoside, mais
le texte qui jouxte la scène parle d’un monument « en or et en lapis-lazuli », indiquant qu’il y avait déjà
des incrustations à la XVIIIe dynastie.
41
Statue du vizir Hapouseneb Louvre A.134 (Urk. IV 474, 13, porte non spécifiée ; 476, 1-2, deux vantaux
en cuivre) ; Texte de la Jeunesse de Thoutmosis III (Urk. IV 168, 7, porte à vantail unique). Pour Wallet-Lebrun,
il s’agirait du VIe pylône (WALLET-LEBRUN 2009, p. 117). Pour le rn wr comme titulature royale, voir BONHÊME
1978, p. 360-368.
42
WALLET-LEBRUN 2009, p. 47.
43
Urk. IV 426, 10. Pour snn au sens d’« image, réplique », voir Alex I 77.3657, II, 78.3618, III, 79.2627 ;
OCKINGA 1984, p. 52-79.
44
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 63, col. 13, p. 69, col. 21. Pour l’acception générique de twt comme
« image », voir OCKINGA 1984, p. 5 ; GRIMAL 2000, p. 600. Le même signe du personnage momiforme
(Gardiner A53) sert à désigner un relief gravé (sSt(y)) sur une porte dans un texte de la Ouadjyt (WALLET-
LEBRUN 2009, p. 92-93).
164 Christina KARLSHAUSEN
très variés, les uns décrivant plutôt l’aspect matériel (relief gravé, ḫt, ḫp), les autres insistant
sur la « ressemblance » (tỉt, twt, snn), le relief étant l’image du dieu ou du roi.
L’« ombre du dieu » est donc un relief de porte, particulièrement mis en valeur puisqu’il
est nommément cité comme relief spécifique, parmi d’autres objets d’architecture précieux
offerts au dieu par le roi.
5. L’« ombre du dieu » sur la porte du temple, mais laquelle ?
De quelles portes s’agit-il ? Il s’agit d’une porte sbA, parfois qualifiée de sbA aA (doc. 1, 4),
« grande porte », voire de sbA aA wrt, « très grande porte » (doc. 6). Certaines sont en granite
(doc. 2, 3, 4). Deux portes peuvent être clairement localisées. Il s’agit de la porte Amon-aa-
khaou, qui est la porte du VIIe pylône (doc. 3) et la porte du IIIe pylône dans la stèle
CG 34025 (doc. 6), deux accès monumentaux au temple.
Les autres documents se réfèrent à des portes difficiles à situer dans le temple. C’est
le cas de la porte Amon-sekhem-faou, citée dans la biographie d’Ineni (doc. 1). Barguet
identifiait celle-ci à la porte du IVe pylône, renommée par la suite Amon-Rê-sekhem-shefyt
par Thoutmosis IV.45 L’hypothèse est suivie par Grothoff.46 Wallet-Lebrun, qui attribue
la construction du IVe pylône à Hatshepsout, y voit une porte à l’est du Ve pylône.47
Plus récemment, elle émet l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de la porte nord de la Ouadjyt
occidentale.48 La biographie d’Ineni nous donne toutefois un indice qui pourrait situer
plus précisément cette porte : l’« ombre du dieu » qui y figure est déterminée par
une représentation d’Amon ithyphallique (Fig. 1). Or, les autres mentions d’une « ombre
divine » à l’image d’Amon ithyphallique se situent dans la zone du VIIe pylône (doc. 2c, 3),
contrairement aux « ombres divines » qualifiées de mi Sfyt, « comme un bélier », situées
sur l’axe est-ouest. Il serait donc tentant de placer cette porte sur l’axe sud. Sous
Amenhotep Ier, la porte sud du temple était aussi ornée d’une double image d’Amon
ithyphallique, ce qui vient encore renforcer cette hypothèse.49
L’inscription de l’embrasure du VIIe pylône (doc. 5) mentionne une porte appartenant
à un édifice dont le nom est hélas incomplet, Menkheperrê/////menou, qualifié de « siège de
prédilection (st-ib) du maître des dieux et beau séjour de son Ennéade ». Sethe et Barguet
restituent Menkheperrê-men-menou et proposent d’y voir le reposoir d’albâtre de
Thoutmosis III près du lac, dont le nom rappellerait celui du reposoir d’albâtre
45
BARGUET 1962, p. 88-89.
46
GROTHOFF 1996, p. 136-137.
47
WALLET-LEBRUN 1982b, p. 360-361.
48
WALLET-LEBRUN 2009, p. 475.
49
En attendant la publication définitive de la porte par L. Gabolde et J.-Fr. Carlotti, nous nous référons à
la reconstitution de LARCHÉ 2016, pl. 2-4. Sur la porte sud sḳA-Htp d’Amenhotep Ier, voir aussi GABOLDE 2016,
p. 246-251.
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 165
d’Amenhotep Ier (Imen-men-menou).50 Wallet-Lebrun préfère y voir le nom de l’Akhmenou.51
Un autre monument pourrait être envisagé : il s’agit du Netjer(y)-menou. L’emplacement
exact de ce bâtiment fait encore débat. L. Gabolde a proposé une reconstitution de
ce monument à partir de blocs, essentiellement en calcaire, aux noms d’Hatshepsout,
Thoutmosis II et Thoutmosis III découverts à Karnak.52 Deux blocs proviennent de la partie
est du temple, remployés dans les fondations des obélisques orientaux d’Hatshepsout et
sous l’Akhmenou, ce qui nous donne des indications sur la date de démantèlement
de l’édifice.53 La présence de ces blocs à l’est du temple, ainsi qu’un décrochement dans
l’enceinte, incite l’auteur à situer le bâtiment à cet endroit, une hypothèse déjà proposée
par D. Laboury.54 La présence d’une « ombre divine » sur une porte monumentale située
à l’entrée est du temple peut se concevoir. Une autre hypothèse a toutefois été envisagée pour
la localisation du Netjer(y)-menou : au cœur même du temple. Plusieurs arguments plaident
en faveur de cette hypothèse. D’une part, la majorité des blocs en calcaire ont été découverts
dans la Cour de la Cachette, non loin de la partie centrale du temple.55 D’autre part, ce que
l’on peut reconstituer du plan du Netjer(y)-menou en calcaire, ainsi que son décor,
essentiellement consacré au rituel quotidien devant la statue d’Amon,56 cadre parfaitement
avec les salles centrales du temple. On peut envisager que le Netjer(y)-menou, ainsi que le
reposoir de barque de Thoutmosis II en calcaire de Toura et le monument « à niches »
découverts conjointement, aient constitué le cœur du temple sous Thoutmosis II et durant la
régence d’Hatshepsout,57 avant que celui-ci soit en partie démantelé, en partie transformé
après le couronnement de la reine, puis définitivement remplacé par le Palais de Maât en grès
et la Chapelle Rouge, entre l’an 15 et l’an 20.58 Chr. Wallet-Lebrun proposait déjà d’assimiler
le Netjer(y)-menou aux salles sud d’Hatshepsout.59 Le Texte de la Jeunesse de Thoutmosis III,
qui énumère les constructions du roi au début de son règne autonome, entre l’an 20 et
l’an 23,60 mentionne un sanctuaire iwnn, le Netjer(y)-menou, en grès, la Chapelle Rouge
(dont le roi complète le décor), qualifiée de set-ib, ainsi qu’un pylône à un vantail en bois
plaqué d’or et de bronze, qu’on identifie généralement au VIe pylône. Le Netjer(y)-menou
50
Urk. IV 183, 11 ; BARGUET 1962, p. 266, n. 1, 271.
51
WALLET-LEBRUN 2009, p. 143.
52
GABOLDE 2005.
53
Deux campagnes de démantèlement auraient apparemment eu lieu, en l’an 7 (date de l’érection des obélisques
orientaux) et au plus tard en l’an 23, date de la fondation de l’Akhmenou (GABOLDE 2005, p. 17).
54
GABOLDE 2005, p. 20-21 ; LABOURY 1998, p. 552-556.
55
GABOLDE 2005, p. 5-8 ; BISTON-MOULIN, BORAIK 2017.
56
BARGUET 1962, p. 142-148 ; pour le Netjer(y)-menou, voir GABOLDE 2005, p. 18-19.
57
On notera la similitude entre cet ensemble – complexe royal et culte divin de part et d’autre d’une chapelle de
barque – et la cour supérieure du temple d’Hatshepsout à Deir el-Bahari, qui date des premières années du règne
de la reine (LABOURY 1998, p. 20-21). Comme à Deir el-Bahari, le Texte des Annales mentionne un autel solaire
dans ce secteur, probablement devant la stèle fausse-porte des salles sud (GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 58-
59, 81).
58
LABOURY 1998, p. 24 ; CARLOTTI 2012-2013, p. 37.
59
WALLET-LEBRUN 1994, p. 235-236 ; WALLET-LEBRUN 2009, p. 112-113, 117. Cette hypothèse est suivie
par LASKOWSKI 2006, p. 186-189.
60
LABOURY 1998, p. 33.
166 Christina KARLSHAUSEN
mentionné pourrait donc désigner les salles situées au cœur du temple, construites à l’origine
en calcaire, puis remplacées par des salles en grès sous Hatshepsout et achevées dans
les premières années du règne autonome de Thoutmosis III.61 L’inscription du VIIe pylône
(doc. 5) ferait dans cette hypothèse référence à une « ombre divine » située dans le secteur
central du temple, le « siège de prédilection (st-ib) du maître des dieux et beau séjour
de son Ennéade » servant à désigner respectivement la chapelle de barque62 et le Palais
de Maât.63
Un autre indice va dans ce sens, mais il est plus incertain. Il s’agit de la présence de noms
d’édifices comportant le mot menou sur les parois mêmes des salles sud. Sur la porte
en granite donnant accès aux salles sud du Palais de Maât figure le nom de Thoutmosis III
suivi d’une inscription mry Imn Ra n /// mnw,64 qui désigne soit le nom de la porte, soit celui
du complexe auquel elle donne accès.65 Sur le mur extérieur ouest de ce même ensemble
de salles, la stèle fausse-porte porte également un nom comportant le mot menou (Fig. 4).66
S’agit-il, dans les deux cas, d’une mention du Netjer(y)-menou ? La mauvaise conservation
de ces inscriptions ne permet pas de l’affirmer.
D’après la restitution de L. et M. Gabolde, le Texte des Annales semble faire référence à
l’« ombre du dieu » sur d’autres portes au cœur du temple de Karnak : sur un vantail dans
la partie centrale,67 dans un périmètre proche du sanctuaire de barque,68 sur la porte ouvrant
sur la cour du Moyen Empire,69 sur la porte du sanctuaire de barque en granite70 (doc. 2a) et,
plus à l’ouest, sur la porte axiale du chemisage entre les obélisques de la Ouadjyt.71
La restitution du texte, comme la localisation des éléments cités, reste évidemment
très hypothétique mais si, comme les auteurs, on adopte le principe que la description part du
cœur du temple vers l’extérieur, l’ensemble permet de conforter la présence de l’« ombre
divine » dans la partie centrale de l’édifice. On peut donc observer qu’à Karnak l’« ombre
du dieu » se situe toujours sur des portes monumentales ou des reposoirs situés soit dans l’axe
du sanctuaire principal, soit sur l’axe nord-sud. On peut supposer qu’à Héliopolis (doc. 7)
ou Soleb (doc. 8), l’« ombre du dieu » occupait aussi une position axiale.
61
LABOURY 1998, p. 540-546.
62
C’est ainsi qu’est désignée la Chapelle Rouge dans le Texte de la Jeunesse. Pour le qualificatif de « maître
des dieux » comme possible désignation de la statue dans la barque processionnelle, voir KRUCHTEN 1991.
63
L’Ennéade est particulièrement présente dans le décor du Netjer(y)-menou en calcaire (GABOLDE 2005, p. 67-
72). Le décor des salles sud du Palais de Maât est malheureusement trop peu préservé pour savoir s’il en était de
même à cet endroit.
64
Sethe restitue n aA mnw (Urk. IV 851, 8) ; Barguet souligne que le nom est difficilement identifiable (BARGUET
1962, p. 143).
65
L’inscription n’est pas précédée du mot sbA (GROTHOFF 1996, p. 95).
66
Nims lit wHm mnw (NIMS 1955, p. 116, 123 (inscr. 18)), mais, dans la copie donnée par la suite
par Van Siclen, le mot précédant menou n’est plus lisible (VAN SICLEN 1990, p. 174, fig. 4).
67
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 59 (col. 7), 82.
68
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 58-59 (col. 5), 81.
69
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 56 (col. 1), 79.
70
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 56 (col. 2), 80.
71
GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 63 (col. 13), 84.
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 167
6. À quoi ressemble l’« ombre du dieu » ?
L’emploi du mot « ombre » pour désigner l’image d’un dieu permet de traduire plusieurs
concepts. De manière immédiate, il évoque une représentation en deux dimensions,72
pas nécessairement sombre dans ce cas-ci puisqu’elle est incrustée d’électrum et de pierres
précieuses. Comme les ombres de la caverne de Platon, l’ombre du dieu n’est pas le dieu lui-
même mais son image qui se donne à la vue humaine. Les rares textes qui font allusion à
l’ombre du dieu associent à celle-ci la puissance, y compris la puissance génésique et
la protection.73 L’utilisation pour le mot šwt du signe de l’éventail, objet dispensateur d’air et
protection contre les rayons ardents du soleil, traduit bien cette double notion.74 Il s’agit donc
d’une image investie de la puissance divine,75 qui est également protectrice.76 Le Texte
des Annales décrit d’ailleurs l’« ombre divine » comme étant une « image de protection »
(twt n ḫw) (doc. 2b).
Les textes nous donnent deux indications supplémentaires. Certains indiquent qu’elle est
mi Sf(y)t (doc. 5-8). Le terme Sft ou Sfyt est ambivalent. Il peut désigner un bélier (Wb IV 456,
4-7), mais il peut aussi évoquer l’apparition en majesté d’un dieu (Wb IV 457, 2-13).
Plusieurs portes monumentales de Karnak sur l’axe est-ouest comportent ce qualificatif :
celle du IVe pylône (Imn Ra sxm Sfyt), du Ve pylône (Imn wr Sfyt) et du VIe pylône (Imn
aA Sfyt), appellations que l’on traduit généralement, à la suite de Barguet par « Amon est
puissant/grand de prestige ».77 L’ambiguïté du terme est certainement recherchée. Toutefois,
dans les textes décrivant l’« ombre du dieu » la préposition mi, qui introduit une comparaison,
incite plutôt à traduire mi Sf(y)t par « comme un bélier ».
Les scènes qui associent l’« ombre divine » au bélier semblent toutes se situer sur l’axe
principal du temple, accompagnant ainsi la sortie du dieu de sa chapelle de barque à l’entrée
de l’édifice (doc. 5-6) (Fig. 1). Cette association entre l’image du bélier d’Amon et les portes
axiales s’observe aussi à Louqsor, où le bâton sacré d’Amon « grand de prestige » (wr šfyt),
à tête de bélier, figure sur les fausses-portes jalonnant l’axe central.78 Le bélier est une forme
72
L. et M. Gabolde traduisent Swt nTr par « silhouette divine » (GABOLDE L., GABOLDE M. 2015, p. 56, 58-59,
63, 68. L’éventail Swt apparaît aussi au chapitre 10 du rituel de l’ouverture de la bouche, qui concerne
la fabrication de la statue du défunt (OTTO 1960, II, p. 29-30). Si Otto et Helck (qui traduit l’éventail par Swt nTr
bien que le signe nTr n’apparaisse jamais dans le corpus des inscriptions) y voient une allusion à l’incorporation
de l’âme du défunt dans sa statue (OTTO 1960, I, p. 57 ; HELCK 1967, p. 30, e), Fischer-Elfert y reconnaît plutôt
une référence à l’esquisse des contours de la statue sur le bloc de pierre avant l’intervention du sculpteur
(FISCHER-ELFERT 1998, p. 24-26, 34-36). Qu’il s’agisse d’une référence à une image « animée » ou à
son esquisse en deux dimensions, l’emploi du mot Swt dans ce passage traduit des concepts qui peuvent aussi
s’appliquer à « l’ombre du dieu » des temples.
73
GEORGE 1970, p. 112-117.
74
KEES 1912, p. 126-127 ; DE WIT 1978, p. 67-68 ; BELL 1985, p. 33-34.
75
C’est le cas du sphinx de Giza sur lequel plane l’ombre de Rê dans la stèle du Songe (Urk. IV 1542, 5-7).
76
Voir par exemple ASSMANN 1978, p. 28-31.
77
BARGUET 1962, p. 89, 106, 116.
78
Porte sud de la chapelle de barque (percée sous Alexandre mais qui, comme l’a montré Murnane, devait être
une fausse-porte sous Amenhotep III) et mur du sud de la chapelle d’Amon du Triple reposoir (MURNANE 1985).
168 Christina KARLSHAUSEN
visible d’Amon spécialement associée à ses déplacements.79 Il apparaît particulièrement aux
endroits de passage, dans les cours et le long des allées processionnelles.80 Deux stèles de
la XVIIIe dynastie représentent le bélier d’Amon « dans l’espace šwt de Karnak » (n Swt n Ipt
swt),81 que l’on serait tenté de traduire par « espace à ciel ouvert »82 (cour, parvis de porte),
c’est-à-dire les endroits accessibles aux particuliers, en certaines occasions, point de rencontre
avec la divinité par le biais de son image ou d’une statue.
Animal intercesseur, ba d’Amon, manifestation de sa puissance génésique, le bélier est
aussi celui qui « donne le souffle » et « qui rafraîchit », à l’image de l’éventail šwt.83 Plusieurs
documents84 représentent le bélier d’Amon accompagné d’un éventail qui, comme
le remarquait A. Cabrol, est très probablement ici l’évocation visuelle de la « manifestation
physique de l’ombre abstraite de Rê et de tout être qui en est protégé »85 (Fig. 2).
À Soleb, l’inscription mentionnant l’ombre du dieu est elle-même gravée sur une statue
de bélier (doc. 8).
Si l’« ombre du dieu » d’Amon peut donc prendre la forme d’un bélier, la question peut
se poser pour l’ombre de Rê de l’architrave d’Héliopolis (doc. 9), qualifiée elle aussi de
mi Sfyt. Faut-il traduire le terme Sfyt non par « bélier » mais par « grandeur », comme le fait
Raue (das « Schatten(bild) des Re » entsprechend (=seiner) Würde) ?86 Le parallèle avec
d’autres textes, employant la préposition comparative mi et non m inciterait plutôt à
y voir également l’image d’un bélier. En l’occurrence, il pourrait s’agir du bélier d’Atoum,
ovis longipes paleoaegyptiacus, le bélier aux cornes horizontales dont la tête (Gardiner F7)
sert d’ailleurs de déterminatif au mot Sf(y)t.
Cette association entre l’« ombre du dieu » et le bélier a incité B. George à considérer
celle-ci comme étant toujours un bélier87. Pourtant, certains textes accompagnent le mot
šwt nṯr d’une représentation du dieu Amon ithyphallique (doc. 1, 2b) et décrivent
79
Rappelons que c’est une tête de bélier qui orne la proue et la poupe de sa barque processionnelle,
voir KARLSHAUSEN 2009, p. 162-163.
80
GUGLIELMI 1994 ; CABROL 2001, p. 380-404. D’autres témoignages évoquent une statue de criosphinx objet
d’une vénération particulière dans la cour du temple (statue du scribe Amenmès (CG 1221). Pour ce texte et
les cultes rendus aux criosphinx, voir CABROL 2001, p. 721-722. Une statuette de criosphinx d’Amon protégeant
Amenhotep II (CG 42078), provient de la Cachette de Karnak (RADWAN 2005, p. 211, fig. 1). Voir aussi l’image
du criosphinx protégeant Merenptah sur le mur est de la Cour de la Cachette. Fr. Larché et C. Van Siclen
ont émis l’hypothèse que le relief était enclos dans une structure en bois, contenant peut-être une statue
(LARCHÉ 2010, p. 311, n. 53, p. 326, fig. 12).
81
Stèles anonymes de Brighton et du musée Pouchkine (CABROL 2001, p. 387-388, doc. 11-12, 403).
82
À l’image du Swt Ra, espace architectural à ciel ouvert dans lequel se manifeste l’ombre, c’est-à-dire
la puissance créatrice, du dieu solaire (STADELMANN 1969, p. 160).
83
CABROL 2001, p. 394-403.
84
Par exemple GUGLIELMI 1992, p. 135, GUGLIELMI 1994, p. 67 (Vienne 193). D’autres documents associant
criosphinx et éventail Swt sont donnés par BELL 1985, pl. I.
85
CABROL 2001, p. 401, qui résume l’opinion de BELL 1985, p. 31-35.
86
RAUE 1999, p. 392.
87
GEORGE 1983.
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 169
l’« ombre divine » « comme Amon » (mi Imn, doc. 3). Pour B. George, l’image d’Amon
ithyphallique sert dans ces textes de déterminatif générique de la divinité et n’est pas
représentative de l’aspect du relief évoqué.88 Cependant, rien ne s’oppose à ce que l’« ombre
du dieu » revête diverses formes, particulièrement en fonction de sa localisation dans
le temple. Nous avons vu que les « ombres béliers » se situent sur l’axe principal du temple
(doc. 5-6), alors que les « ombres divines » déterminées par Amon ithyphallique se situent
à Karnak sur l’axe sud, dans la zone du VIIe pylône (doc. 1 ?, 2b, 3) (Fig. 1). Le linteau de
la porte sud d’Amenhotep Ier (face nord) est à cet égard particulièrement intéressant89 (Fig. 5).
Au centre, figure une double image d’Amon-Rê ithyphallique devant laquelle se tient le roi,
séparée par un petit édicule sur lequel est posé un éventail, emblème fréquemment associé
à Min.90 Nous retrouvons donc ici l’association entre un dieu (pro)créateur, à l’instar du bélier
d’Amon, et l’éventail. Le dieu est ici exactement semblable aux déterminatifs de l’« ombre
divine » et peut-être l’image du dieu et du roi sur le vantail de la porte n’était-elle pas très
différente.
7. D’autres sortes d’« ombres du dieu » dans le temple
Si, dans les documents évoqués, l’« ombre du dieu » est un relief sur une porte, certains textes
se réfèrent à d’autres types d’objets. Dans un texte d’Amenhotep III, l’« ombre divine »
n’est pas associée à une porte mais à la fabrication de la barque de Sokar :
(…) r rdi sw Hm.f Hr mfx ms Swt nTr m Dam nbw xsbD mAa mfkat Hmt km
aAwt nbw
(…) afin de mettre sa majesté sur son traîneau, la fabrication de l’ombre du
dieu en électrum, or, lapis-lazuli véritable, turquoise, toute pierre précieuse.91
À Médinet Habou, un bandeau de dédicace de Ramsès III associe également l’« ombre du
dieu » à une barque processionnelle :
Irt.n.f Hwt nTr wrt Spst m inr HDj nfr n rwDt sbA.st m Dam mAa Swt nTr n sSm(w).f
(…)
Faire pour lui un temple sacré en grès, sa porte en électrum, l’ombre divine de
son image processionnelle (…).92
88
GEORGE 1983, p. 130-134.
89
LARCHÉ 2016, pl. 3a-b.
90
KEES 1912, p. 127-128.
91
Stèle nord de Kom el-Heitan (HELCK 1993, p. 37, 7-8).
92
Médinet Habou, IIe pylône (EPIGRAPHIC SURVEY 1934, pl. 184. A 1-2, KRI V, 305, 2-3). Le déterminatif de
sSm(w) est celui d’une barque portable.
170 Christina KARLSHAUSEN
Que désigne l’« ombre divine » dans ces textes ? Une première hypothèse est
qu’il s’agisse d’une image divine sur la barque, tête de faucon émergeant de sa butte pour
Sokar, têtes de bélier des égides pour Amon,93 mais il faut dans ce cas envisager que
l’« ombre divine » puisse être aussi une image en trois dimensions puisqu’on parle ici de
la fabrication d’objets de culte et non plus de reliefs. Une autre hypothèse consiste à traduire,
pour une fois, le groupe de signes littéralement. Il pourrait s’agir d’un éventail
précieux, plus précisément de l’éventail qui accompagne fréquemment la barque
processionnelle du dieu dans sa chapelle ou en procession.94 À Médinet Habou, un éventail
lotiforme et un éventail xw (à plume unique) encadrent la butte de Sokar au centre de la
barque (Fig. 6). Des éventails bht (en demi-cercle) et xw sont cités par le chef des travaux
Amenmose, sous Ramsès III, parmi les objets précieux du sanctuaire de Karnak.95
L’évocation de la barque portable du dieu à la ligne suivante du texte d’Amenmose indique
que nous sommes ici à proximité de — si pas dans — la chapelle de barque.
Un autre objet porte le nom d’« ombre divine ». Sur la face nord du reposoir de barque de
Philippe Arrhidée à Karnak, le roi offre des laitues à une statue de Min-Amon Kamoutef sur
son pavois de portage reposant sur un piédestal. Sur la barre de portage, derrière la statue,
figure un curieux objet rectangulaire sommé de deux têtes de faucons (Fig. 7). Au-dessus de
cet objet, on peut lire l’inscription šwt nṯr. Cet élément apparaît déjà dans plusieurs scènes
liées à la fête de Min sous Ramsès III.96 À Médinet Habou comme à Karnak, derrière la statue
de Min portée sur son grand pavois, deux prêtres transportent ce qui semble être un paravent
de tissu rouge tendu entre deux colonnes-piquets (Fig. 8). On s’accorde généralement à y voir
un écran de tissu qui, pour G. Legrain, devait être déployé derrière la statue lorsque celle-ci
était posée sur son socle dans le temple.97
8. Une ombre aujourd’hui disparue… mais qui fut un jour matérielle
L’« ombre du dieu », en tant qu’objet matériel, désigne donc des éléments de nature
différente. Il s’agit dans la plupart des cas d’une image divine gravée sur un vantail de porte.
On peut penser, comme Cl. Traunecker, que ce type de figuration permettait d’identifier
le dieu principal résidant dans le temple.98 Notre connaissance de ce décor est évidemment
tributaire des seules données textuelles, où sa mention intervient souvent dans un contexte
bien précis : les longues inscriptions de Thoutmosis III énumérant en détail les largesses
93
C’est l’hypothèse de Bell (1985, p. 49, n. 95). Il n’existe toutefois aucun texte qualifiant les égides de
la barque d’Amon d’ombre du dieu. Celles-ci sont désignées comme tête (tp) ou face (Hr) de bélier
(KARLSHAUSEN 2009, p. 277-278).
94
KARLSHAUSEN 2009, p. 251-253.
95
Statue Caire JE 87194 (KRI V, 415, 12). Le mot bht est écrit devant l’éventail, assurant cette lecture.
96
À Médinet Habou : EPIGRAPHIC SURVEY 1940, pl. 201-202 ; à Karnak : EPIGRAPHIC SURVEY 1936, pl. 17-18.
97
LEGRAIN 1913, p. 58. Voir aussi FOUCART 1924, p. 149 ; GAUTHIER 1931, p. 159-160.
98
TRAUNECKER 1991, p. 82, 98-99, n. 17.
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 171
prodiguées au dieu viennent à la suite de ses campagnes asiatiques victorieuses,99
pourvoyeuses de richesses minérales et de métaux précieux, et ont avant tout vocation à
affirmer la puissance politique du roi. Il est toutefois vraisemblable que de telles images
devaient figurer sur la plupart des portes monumentales et des reposoirs principaux
des grands temples.
Après la XVIIIe dynastie, les mentions de šwt nṯr en tant qu’image de vantail se font
beaucoup plus rares, même si les textes montrent toujours l’existence d’un décor figuré sur
les portes. Peut-être cette évolution est-elle le reflet d’un changement dans les pratiques
cultuelles, l’attention se focalisant, à l’époque ramesside, sur d’autres images de portes
incrustées de matériaux précieux, parfois encloses dans une structure en bois.100 On connaît
ainsi, à l’époque ramesside, un « Ptah-de-la-grande-porte » (PtH n pA sbA aA) à Médinet
Habou,101 une « Mout de ce montant » (Mwt n pA Htr), ou encore un « Amon du passage
de porte (wmt) », à Karnak.102 Le terme šwt nṯr s’applique désormais à cette époque à d’autres
types d’objets de culte : un élément précieux associé à une barque processionnelle divine,
très probablement un éventail, ou un écran accompagnant la sortie processionnelle du dieu
ithyphallique, Min ou Amon.
Image de porte, éventail, écran… il ne semble pas y avoir de point commun entre
ces trois éléments perdus de la scénographie cultuelle. Pourtant, désignés comme šwt nṯr,
ils véhiculent des concepts communs. L’éventail, accessoire qui apporte l’ombre et l’air frais,
sert à traduire visuellement plusieurs notions abstraites : la présence du divin dans l’objet ou
dans l’animal représenté, le caractère protecteur et le souffle vivifiant de celui-ci.103
Une image de porte désignée comme šwt nṯr est donc investie d’une puissance à la fois
divine, protectrice et vivifiante. L’apparence du dieu choisie n’est d’ailleurs pas anodine :
Amon de Karnak apparaît sous sa forme ithyphallique, ou sous celle d’un bélier. L’accent est
mis sur son aspect (ré)générateur. Les objets šwt nṯr, éventails ou écrans, sont également là
pour signaler la présence divine, mais aussi pour assurer la protection du dieu sortant de
son temple.104 Ainsi, l’« ombre du dieu » accompagne-t-elle la sortie processionnelle de celui-
ci, de sa chapelle à la porte du temple, ajoutant au décorum de la fête et assurant protection et
régénération à ses participants.
99
Campagne de Mégiddo en l’an 23 pour l’Akhmenou et le VIIe pylône ; campagne du Mitanni de l’an 40 pour
la Salle des Annales et le sanctuaire de granite (LABOURY 1998, p. 36-39 ; 42-45). La plupart de ces inscriptions
font référence au bois et aux métaux précieux ramenés lors de ces campagnes (TRAUNECKER 1989, p. 102-107).
100
TRAUNECKER 1979, p. 24-29 ; BRAND 2004, p. 257-266 ; BRAND 2007, p. 59-78 ; FROOD 2013 ;
VOLOKHINE 2015.
101
DILS 1995.
102
CABROL 2001, p. 723-724 ; TRAUNECKER 1979, p. 27-31.
103
KEES 1912, p. 126-127 ; BELL 1985, p. 33-35.
104
P. Brand émet l’hypothèse intéressante que le voile des barques processionnelles pourrait faire également
office de šwt nṯr (BRAND 2004, p. 259), mais nous n’en avons pas d’attestation textuelle. Dans le même ordre
d’idée, on peut rapprocher l’écran qui accompagne la sortie de Min du voile qui recouvre partiellement la statue
ithyphallique d’Amon d’Ope ou de Min de Coptos (TRAUNECKER 1992, p. 202-205).
172 Christina KARLSHAUSEN
Fig. 1. Plan de Karnak avec localisation de l’« ombre du dieu »
(plan d’après PM II, pl. VI).
Fig. 2. Temple de Kawa, règne de Toutankhamon : criosphinx d’Amon
(d’après MACADAM 1955, pl. IV).
Fig. 3. Tombe de Rekhmirê (TT 100) : coulée des portes de Karnak
(d’après DAVIES 1943, pl. LII).
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 173
Fig. 4. Karnak, temple d’Amon : stèle fausse-porte de Thoutmosis III
(d’après VAN SICLEN 1990, p. 173, fig. 3).
Fig. 5. Karnak, temple d’Amon : linteau de la porte sud d’Amenhotep Ier
(d’après LARCHÉ 2016, pl. 3a).
174 Christina KARLSHAUSEN
Fig. 7. Karnak, chapelle de barque
de Philippe Arrhidée :
Fig. 6. Médinet Habou, temple de Ramsès III : statue de Min-Amon-Kamoutef
barque de Sokar suivie de l’« ombre du dieu »
(d’après EPIGRAPHIC SURVEY 1940, pl. 221). (d’après EPIGRAPHIC SURVEY 1940, pl. 217a).
Fig. 8. Médinet Habou, temple de Ramsès III : procession de la statue de Min
(d’après EPIGRAPHIC SURVEY 1940, pl. 202).
L’ombre du dieu à la porte du temple : šwt nṯr comme image et matériel de culte 175
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