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Université Mohammed V Rabat Faculté des Sciences Juridiques, Université Mohammed V Économiques et Sociales – Agdal Rabat MÉMOIRE DE FIN D'ÉTUDES Pour l‟obtention du diplôme de MASTER DES SCIENCES ÉCONOMIQUES Évaluation de l’impact d’un choc pétrolier sur l’économie marocaine : Une analyse en Équilibre Général Calculable Réalisé par : ZOUIRI SARA Sous la direction de : L’équipe pédagogique du Master des Sciences Économiques Année universitaire 2015/2016 DEDICACE Ce Mémoire est dédié à mes chers parents Fatima et Ali en témoignage de ma profonde affection et de ma grande estime pour tous leur sacrifices À mon frères Aimad et mes sœurs Jamila, Siham, Mounia et ma nièce Zineb. À mes cousins Lahboub et Hassan pour leur aide, encouragement et leur amour. À mes amis (es) pour leur fidélité, avec qui je partage tous mes succès I REMERCIEMENT En préambule de ce mémoire, je tiens à exprimer mes sincères gratitudes à l‟équipe pédagogique du Master des sciences économiques, Monsieur Tounsi Said, Oulhaj Lahcen, El Abbassi Idriss, Frej Driss et l‟ensemble des enseignants du Master des Sciences économiques, surtout pour m‟avoir transmis toutes vos connaissances, votre patience et encouragement, durant mes deux années d‟études et durant le processus de recherche et réalisation de ce mémoire. Mes sincères remerciements vont aussi à Monsieur Lahlou Othmane chef de Division de l'Analyse Monétaire et de la Veille Stratégique au Ministère de l‟économie et des Finance. A Monsieur Khellaf Ayache directeur de la Prévision et de la Prospective au HCP, et Monsieur Nihou Abdelaziz du Secrétariat Général du Gouvernement, pour leurs conseils et directives, et de m‟avoir donné accès au logiciel GAMS et une panoplie de codes informatiques et plusieurs travaux et recherches. Sans leur précieux soutien, il ne serait pas possible de mener cette recherche. Je souhaite adresser également tous mes remerciements aux personnes qui m‟ont apporté leur aide et qui ont contribué à l‟élaboration de ce mémoire. De même, je remercie mes collègues du Master pour leur amitié, et pour tout le plaisir que nous avons eu au cours des deux dernières années. En dernier mais pas des moindres, je dois exprimer ma très profonde gratitude à mes parents et à mon frère et mes sœurs pour leur soutien sans faille et l'encouragement continu tout au long de mon cursus universitaire. Ce mémoire n‟aurait pas été possible sans eux. Je vous remercie. Zouiri Sara II RESUME L‟objectif de ce mémoire est d‟étudier les répercussions des variations du prix de pétrole sur l‟économie marocaine. Pour ce faire, nous avons opté pour une modélisation en équilibre général calculable en adoptant le modèle PEP (1-1) calibré sur les données de la matrice de comptabilité sociale de 2007. Les deux scénarios simulés portent sur une augmentation du prix du pétrole de 70% et une diminution du même pourcentage. Les résultats du premier scénario montrent qu‟une augmentation de 70% du prix du pétrole impacte négativement le PIB, induit à une hausse des coûts de production et une baisse des salaires et des revenus des agents résidents. L‟analyse sectorielle révèle que cette augmentation affecte plus les branches à forte intensité de pétrole. Toutefois les résultats de la diminution du prix du pétrole du même pourcentage montrent une asymétrie des réponses de l‟activité économique, autrement dit l‟intensité des réponses de l‟activité économiques est plus forte dans le cas d‟une augmentation du prix de pétrole comparativement à sa diminution. Mots clés : Choc pétrolier, Mécanismes de transmission, Asymétrie des réponses, Modèle d‟Équilibre Générale Calculable. JEL Classification: Q4, Q41, Q43, R13, C68 ABSTRACT The aim of this paper is to study the impact of an oil price shock on the Moroccan economy. To do this, we opted for a computable general equilibrium modeling by adopting the model PEP (1-1) calibrated on the data from the Social Accounting Matrix based 2007. The scenarii are simulated an increase of 70% in oil prices and a decrease by the same amount. The results of the first scenario show that a 70% increase in oil prices impact negatively GDP, leads to higher production costs, to lower wages and incomes of residents agents. The sectorial analysis reveals that this increase affects most the sectors with high oil intensity. However the results of the decrease in oil prices by the same amount show an asymmetric response in economic activity, i.e. the intensity of the responses of the economic activity is stronger in the case of an oil shock compared to its responses to a decrease in oil prices. Keywords: oil shock, transmission mechanism, asymmetric responses, computable general equilibrium model JEL Classification: Q4, Q41, Q43, R13, C68 III SOMMAIRE DÉDICACE ................................................................................................................................................. I REMERCIEMENT .................................................................................................................................... II RÉSUMÉ ................................................................................................................................................... III ABSTRACT .............................................................................................................................................. III SOMMAIRE ............................................................................................................................................. IV LISTE DES FIGURES ............................................................................................................................ IV LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................................ IV I. INTRODUCTION ........................................................................................................................... 1 II. REVUE DE LITTÉRATURE ........................................................................................................ 2 2.1. Effets et canaux de transmission des chocs pétroliers : un survol de la littérature théorique .................................................................................................................................................................................. 2 2.1 Impact des chocs pétroliers : un survol de la littérature empirique ........................................................ 6 III. APERÇU SUR LA SITUATION ÉNERGÉTIQUE AU MAROC ET LA MATRICE DE LA COMPTABILITÉ SOCIALE ..................................................................................................... 10 3.1. La volatilité du prix du pétrole .........................................................................................................................10 3.2. La facture énergétique et la caisse de compensation.................................................................................12 3.3. La dépendance de l‟activité économique du pétrole .................................................................................13 3.4. Structure de l‟économie et construction de la mcs ....................................................................................14 IV. LE MODÈLE ET LA SIMULATION DES CHOCS ................................................................. 20 4.1. Le modèle théorique ............................................................................................................................................20 4.2. Simulation des chocs et discussion des résultats ........................................................................................37 V. CONCLUSION .............................................................................................................................. 41 BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................... 42 ANNEXES .................................................................................................................................................. 46 TABLE DES MATIÈRES ........................................................................................................................ 67 LISTE DES FIGURES Figure 1 : La boucle Prix-Salaire................................................................................................ 4 Figure 2 : Mécanisme de transmission du choc du prix de pétrole ............................................ 5 Figure 3 : Évolution du prix de pétrole brut en ($ / baril) ........................................................ 11 Figure 4 : Évolution de la charge de compensation ................................................................. 12 Figure 5 : Le déficit budgétaire avec et hors compensation page 22 ....................................... 13 Figure 6: La structure de l‟économie ........................................................................................ 15 Figure 7 : La structure de la production ................................................................................... 22 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1 : Les effets globaux des simulations ........................................................................ 65 Tableau 2 : Les effets sur les agents économiques ................................................................... 65 Tableau 3 : Les effets sectoriels des deux simulations ............................................................. 65 Tableau 4 : les effets sur le marché du travail .......................................................................... 66 IV I. Introduction Avec les chocs pétroliers des années 70, le marché mondiale de l‟énergie a été bouleversé par de fortes turbulences, causées principalement par l‟instabilité de l‟offre et de la demande internationale due à plusieurs causes dont principalement les problèmes politiques. La croissance démographique, l‟industrialisation et le développement de la technologie dans le périmètre des pays développés ont produit une forte augmentation de la demande du pétrole, alors que l‟offre est presque contrôlée par les pays du Moyen-Orient avec la production de près des 2/3 de l‟offre mondiale, et qui s‟organise dans le cartel "L‟Organisation des Pays Exportateurs du Pétrole" (OPEP). L‟accroissement de la demande a été accompagné par une hausse des cours de pétrole qui a constitué un véritable défi pour les pays qui importent la totalité de leurs besoins en pétrole. En effet, depuis 1973 les chocs pétroliers ont engendré 5 crises économiques mondiales, à savoir les crises de 1973-1974, 1979-1980, 1999-200, 2000-2005 et 2008-2009. Les répercussions du premier choc pétrolier sur les économies importatrices du pétrole ont amené les économistes à considérer la variation du prix du pétrole comme une source majeure de l‟instabilité de l‟activité économique, une instabilité qui se traduit par une faible croissance économique, un chômage accru et une forte inflation. De ce fait, la littérature théorique et empirique confirme l‟existence d‟une forte corrélation entre la volatilité des cours du pétrole, l'inflation et la variation de la demande en court terme, alors qu‟à long terme, les fluctuations des cours ont un impact sur le niveau de production. Un constat qui a suscité l‟intérêt de plusieurs études, principalement sur les États-Unis après les deux chocs successifs de 1973 et 1978. Une littérature abondante sur la thématique a révélé plusieurs aspects d‟analyse sur la relation entre la variation du prix du pétrole et l‟activité économique comme Rasche et Tatom (1977, 1981), Hamilton (1983), Hooker (1996) et d‟autres études qui se sont intéressé par les mécanismes de transmission d‟une telle variation comme les travaux de Fan et al (2007), Chitiga et al (2010) et Oukasi et Soufi (2015). Les pays en voie de développement qui se caractérisent par une fragilité et une grande vulnérabilité aux chocs externes, sont confrontés à d'énormes difficultés. Les chocs pétroliers pourraient accentuer les déficits budgétaires et ralentir la croissance économique des pays dont leur besoin en pétrole est fourni principalement par le marché mondiale. Le Maroc, en tant qu‟un pays importateur du pétrole, subit largement les effets de la volatilité de ses prix. Sa forte dépendance au marché mondial pour la couverture de ses besoins en matière de base accompagné de son besoin de l‟énergie pour garantir la croissance économique et renforcer son tissu industriel, accentue sa vulnérabilité face à la conjoncture extérieure. Une situation qui pèse lourdement sur la balance des paiements avec une facture énergétique qui est passée de 3.1% du PIB durant la période 1995-1999 à 6.3% du PIB durant 2000-2007 et 10.7% durant 2008-2014. Cette hausse est due principalement à la hausse du prix du pétrole qui est passé de 28 dollars le baril en 2000 à 109 dollar le baril en 2013. Ainsi les parts des importations en énergie et lubrifiants dans les importations totales ont évolué pour passer de 17.7% en 2000 à 23.9% en 2014. 1 L‟importance du pétrole pour l‟économie marocaine, et la vulnérabilité de cette économie face au choc pétrolier justifie l‟intérêt que porte ce sujet. À travers ce mémoire, nous allons essayer de répondre à une problématique centrale suivante : Quel est l’impact d’une variation du prix du pétrole sur l’activité économique au Maroc ? Pour répondre à cette problématique, d‟autres questions méritent d‟être posées : - Quel est l‟impact d‟un choc et d‟un contre choc pétrolier sur les secteurs d‟activités et les indicateurs macroéconomique au Maroc ? - Quels sont les canaux de transmission de ce choc pour le cas du Maroc ? - Existe-il un effet d‟asymétrie entre un choc et un contre choc du prix de pétrole sur les variations des indicateurs économiques ? Pour répondre à ces questions, nous avons opté pour un modèle d‟équilibre général calculable calibré sur les données de la matrice de comptabilité sociale de 2007. Ce choix est dû aux avantages que présente ce type de modélisation, qui nous permet de retracer la propagation du choc pétrolier simulé et ses effets sur les agrégats macroéconomiques, sur les variables sectorielles ainsi que sur le revenu et le bien être des agents. Le présent travail est organisé comme suit : après l‟introduction générale et dans un premier titre, une revue de littérature sera développée où on essayera de présenter une revue théorique sur les canaux de transmission du choc pétrolier, ainsi qu‟une revue empirique qui porte sur les travaux effectué sur la même thématique. Le deuxième titre portera sur l‟analyse de la situation énergétique au Maroc, et la construction de la matrice de comptabilité sociale. Le troisième titre, sera consacré à la construction et les formes fonctionnelles du modèle d‟équilibre générale calculable, ainsi que la présentation des simulations et la discussion des résultats obtenus. Finalement, nous allons conclure parles principaux renseignements et limites du travail. II. Revue de littérature 2.1. Effets et canaux de transmission des chocs pétroliers : un survol de la littérature théorique Bon nombre d‟études réalisées jusqu‟ici ont révélé l‟existence d‟une corrélation entre la hausse du prix du pétrole et les replis observés au niveau de l‟activité économique des pays importateurs de pétrole. En effet, l‟énergie constitue un intrant essentiel pour la production, elle s‟avère être plus important qu‟il n‟existe pas de « bien de substitution de court-terme ». Devant ce constat, d‟autres éléments importants peuvent paraître au niveau de la demande, la technologie et l‟offre. La montée de plusieurs économies notamment la chine, le brésil et l‟inde et la difficulté de transformer la technologie de production utilisé par d‟autre qui sont moins intensive en énergie, implique que la demande en énergie est en augmentation continue. Du côté de l‟offre, l‟augmentation de la capacité de la production du pétrole brute est souvent freinée par le coût élevé des nouveaux investissements de telle façon que pour 2 certains pays la capacité maximal de production reste inchangée pendant plus qu‟une décennie. Historiquement, un choc pétrolier peut être dû principalement aux chocs d‟offre expliqués principalement par des crises politiques comme la révolution Iranienne de 1979 et la guerre entre Iran et Irak, ou par une baisse volontaire de l‟offre des pays exportateurs ou à une augmentation non anticipée de la demande des pays consommateurs. De ce fait, ces chocs ont donc un impact profond sur la conjoncture économique internationale. Parmi ces effets, la revue de la littérature nous montre qu‟il est possible d‟avoir des hausses du niveau générale des prix causé par le poids des produits pétroliers dans le panier de consommation dans l‟économie des pays industrialisés, la détérioration de l‟activité économique en court terme, et la baisse de la croissance en long terme. Ces effets micro et macroéconomiques sont engendrés par une multiplicité de mécanismes. Dans ce qui suit, nous allons essayer de présenter les mécanismes de transmission d‟une variation du prix du pétrole à l‟économie, ensuit nous dressons un panorama de la littérature empirique. 2.1.1. Canaux de transmission du choc pétrolier Le pétrole, ou l‟énergie en général constitue un élément indispensable pour la croissance, son utilisation intermédiaire pour la production des autres biens ou sa consommation finale représentent un élément essentiel dans l‟activité économique, et toute variation de son prix peut l‟impacter positivement ou négativement. L‟effet d‟un choc pétrolier influence l‟économie à travers plusieurs canaux dont on cite principalement : - Le canal du coût de production ; - L‟effet de l‟inflation (la boucle prix-salaire) ; - Le canal du transfert de richesse ; - Et le canal de la demande. Dans ce qui va suivre, on discutera chaque canal de transmission, ainsi que les effets d‟asymétrie produits par des chocs et des contre-chocs des prix de pétrole. a. Le canal du coût de production Le canal de production considéré le canal de court terme de la transmission de la variation des prix du pétrole. Le pétrole est considéré comme le produit énergétique de base dans la production des biens et services, et une augmentation de son prix, peut produire directement une augmentation du coût de production suit à l‟augmentation du coût marginal de production. Par conséquent, la croissance de la production totale de l‟économie et la productivité des facteurs peut diminuer. Il existe deux cas à distinguer, le premier cas se résume dans la possibilité de la diminution de la consommation du pétrole suit à l‟augmentation de son prix, cela implique une réduction de la productivité des facteurs capital et travail et par conséquent une diminution de l‟output (Brown et Yucel, 2002). Alors que le deuxième cas repose sur l‟impossibilité de la réduction des quantités importées du pétrole, ce qui augmente 3 directement le coût de production i.e. une augmentation du coût marginal de production. Le canal de coût de production opère principalement dans les industries à forte intensité de pétrole (Bruno et Sachs, 1985). b. L’effet de l’inflation (boucle prix-salaire) La hausse du prix du pétrole se traduit par des tensions inflationnistes suit à l‟augmentation du coût de production i.e. canal du coût de production. Des effets de second tour sont observables, où les ménages revendiquent une augmentation des salaires afin de préserver leur pouvoir d‟achats, et pour maintenir leurs marges de profits, les producteurs tendent à augmenter à leurs tours les prix de vente. Chose qui se traduit par une nouvelle hausse de l‟inflation, d‟où une spirale de prix-salaire. La banque centrale augmente son taux d‟intérêt comme une réponse à ces tensions inflationnistes, par conséquent l‟investissement diminue, ce qui diminue la production à long terme. Figure 1 : La boucle Prix-Salaire Source : Élaboré par nos soins c. Le canal de transfert des richesses Ce canal de transmission explique comment le revenu est transféré d'une économie importatrice de pétrole à une économie exportatrice de pétrole après un choc du prix du pétrole. Par conséquent, la demande de consommation diminue dans l'économie importatrice de pétrole, alors qu‟elle augmente dans l'économie exportatrice du pétrole. d. Le canal de la demande Le canal du coût de production peut impacté indirectement le revenu suit à un choc des prix du pétrole. En effet, la diminution de la rémunération des facteurs augmente le chômage et diminue le revenu des ménages, ce qui pousse les agents à réduire leur demande finale, d‟autant plus que les biens dont l‟usage nécessite le pétrole comme l‟automobile (Hamilton, 1988) se trouvent encore plus impactés. Les investisseurs reportent aussi leur décision d‟investissement lors des périodes de chocs et ce puisque l‟environnement économique devient incertain dans le sens ou le choc peut être temporaire comme il peut être permanent (Bernanke, 1983). La figure ci-dessous décrit schématiquement la propagation d‟un choc du prix du pétrole et son impact sur les différentes variables macroéconomiques à travers les canaux de transmission mentionnés plus haut. 4 Figure 2 : Mécanisme de transmission du choc du prix de pétrole Source : Tang et al. 2010 En outre, on peut réexaminer les canaux de transmission du choc de prix du pétrole autrement. En effet Martin Schneider (2004) analyse l‟impact des variations des prix du pétrole sur l‟activité économique selon trois facettes : du côté de l'offre; du côté de la demande et du coté des termes de l'échange. Dans le même sens, Abeysinghe (2001) qualifie l‟impact des chocs des prix du pétrole sur l'offre et les effets secondaires de la demande comme des effets directs, alors que les termes de l'échange sont qualifiés comme un canal de transmission indirect. Il faut noter également que, les scénarios développé plus haut sont applicables sur les économies importatrices de pétrole, alors que les économies exportatrices de pétrole profite de l‟augmentation du pétrole, et inversement (l’effet de transfert des richesses) Du côté de l'offre : Comme il a été mentionné précédemment (Le canal du coût de production), l'effet secondaire du choc est expliqué par la hausse des coûts de production, où le pétrole est considéré comme une consommation intermédiaire, ce qui impact négativement la capacité de production. Du côté de la demande : Les effets sur les décisions d'investissement dépendent des anticipations des agents sur l'évolution future des prix du pétrole. Du côté de la demande, le revenu des agents diminue, ce qui impact négativement le niveau général des prix et pousse la demande à la baisse. Les termes de l'échange : Une augmentation du prix du pétrole modifie l'équilibre des échanges entre les économies. La plupart des pays importateurs de pétrole connaissent généralement un affaiblissement de leur balance des paiements, exerçant une pression à la baisse du taux de change. Par conséquent, la valeur des importations augmente, alors que celle des exportations diminue, ce qui produit une baisse du revenu national et aggrave le terme de l'échange (Backus & Crucini, 2014). 5 2.1.2. Asymétrie des chocs du prix de pétrole L‟asymétrie d‟un choc des prix de pétrole est l‟une des évidences les plus marquante dans la plus part des travaux empiriques. En effet, une augmentation du prix du pétrole donne lieu à un impact plus fort sur la croissance du PIB comparativement à une baisse des prix. Cette asymétrie peut être expliquée par les coûts d'ajustement liés aux effets des réallocations intersectorielles et les effets de l‟incertitude sur les dépenses en biens durables et l'investissement public (Mory, (1993) ; Hamilton, (2003) ; Mork, (1989)). a. Effet des réallocations intersectorielles Une hausse des prix du pétrole conduit à une réaffectation des ressources des secteurs à forte intensité énergétique vers les secteurs à faible intensité énergétique (Hamilton, 1988). Comme cette réaffectation ne s‟effectue que progressivement en raison des coûts d'ajustement, une baisse à court terme de l‟output se produit, ce qui intensifie le ralentissement économique. D'autre part, lorsque les prix du pétrole diminuent, l‟augmentation de la production globale est freinée par des coûts d'ajustement, où ces coûts d'ajustement sur le marché du travail jouent un rôle important (Mork, 1989). La rigidité nominale des salaires permet aussi d'expliquer ces effets d‟asymétrie. Lorsque les prix du pétrole augmentent, les employés vont essayer de compenser la perte de leur pouvoir d'achat en négociant des hausses de salaires i.e. la boucle prix-salaire. Cependant, l'augmentation du pouvoir d'achat réel causé par la diminution des prix du pétrole ne conduit pas à une baisse des salaires nominaux. b. Effet de l’incertitude Une autre explication de ces effets asymétriques est que les décisions sur l‟acquisition ou non des biens de consommation durables et les biens d'équipement (voitures, immobilier, installations de production, etc.) sont souvent basées sur les prix des produits énergétique. La volatilité de ces prix augmente le degré de l'incertitude des agents, et conduit à une contraction de ces dépenses en biens durables. Par conséquent, la hausse des prix du pétrole entraînent une baisse immédiate de la demande, alors que leur baisse ne déclenche pas le même degré d‟impact sur la demande (Abiona, 2014). 2.1 Impact des chocs pétroliers : un survol de la littérature empirique Nombreux sont les travaux qui ont traité la question de la relation entre la volatilité du prix du pétrole et l‟activité économique. En effet, cette question a pris ampleur après les deux chocs pétroliers successifs (1973 et 1979) qui ont été suivi par des périodes de récession de l‟activité économique constaté au niveau des économies industrialisé et suivi aussi par des longues périodes d‟inflation. La plupart des travaux empiriques s‟intéressent particulièrement à l‟étude de l‟existence d‟une relation entre le prix du pétrole et l‟activité économique, de l‟asymétrie de cette relation et aux mécanismes de transmission d‟un tel choc à l‟activité réelle. Les approches utilisées ont contribué à leur part à l‟enrichissement de la littérature empirique sur la question. 6 L‟un des premiers travaux qui ont traité la question de l‟impact des chocs des prix de pétrole sur l‟activité économique est celui de Rasche et Tatom (1981). Sur ce papier les auteurs ont estimé des fonctions de production de type Cobb-Douglas pour six pays de l‟OCDE, les États-Unis, l‟Allemagne, le Royaume Uni, la France, le Japon et le Canada. Les résultats de ces estimations montrent que la forte augmentation du prix du pétrole en 1973 a réduit de façon permanent (sur la période d‟étude 1960-1980) la capacité économique de 4 à 5%, ainsi qu‟elle a affecté négativement la productivité des ressources en capital et en travail. Sur plusieurs travaux, Hamilton a montré que la plupart des récessions qui ont frappé les Etats Unies ont été précédées par des augmentations du prix du pétrole. Hamilton (1983, 1996) suggère que les augmentations du prix du pétrole jouent un rôle essentiel dans la propagation des récessions. Dans le même sens, Hooker (1996) a affirmé le point de la rupture de la série du prix nominal du pétrole dans le quatrième trimestre de 1973. Hooker (1996) trouve une relation très faible entre les prix du pétrole et le PIB et le chômage sur la période 1973Q4- 1994Q2, alors que cette relation a été très forte pour la période antérieure. L‟un des résultats les plus marquants de Hooker (1996) est que le prix de pétrole ne cause pas au sens de Granger la croissance du PIB et le chômage. Malgré les tentatives de Hooker (1996) pour expliquer ce résultat en utilisant les carrés de log-différences, les écarts-types de prix mensuels de pétrole et les augmentations et les diminutions de prix distincts, les résultats trouvés ont été très similaires à ceux en utilisant des mesures simples de prix. Papapetrou (2009) trouve des résultats très différente de ceux de Hooker (1996), où en utilisant un Modèle à changement de régime et un Modèle de régression à seuil sur la période entre Janvier_1982 et Aout_2008, Papapetrou (2009) trouve que le degré négatif de la corrélation entre le prix du pétrole et l‟activité économique est plus fort pendant les périodes de forte volatilité du prix de pétrole. Dans un autre sens, Ferderer (1997) met en évidence le rôle que joue aussi la volatilité des prix de pétrole. En effet, Ferderer a montré en utilisant un modèle VAR sur les données mensuelles de 1970M1 jusqu‟à 1990M12, que la variation des prix et de la volatilité des prix du pétrole ont un impact négatif sur la croissance de la production, mais de différentes façons : la volatilité a un impact négatif et significatif sur la croissance de la production, immédiatement et à nouveau après onze mois plus tard, alors que les changements des prix du pétrole ont un impact significatif sur la croissance de la production au bout environ un an. Et afin d'expliquer les fluctuations de la production, Federer a trouvé que la volatilité des prix du pétrole domine largement le niveau des prix du pétrole. En effet, cette volatilité explique 22% de la variance de l'erreur de prévisions pour la production industrielle à l'horizon de 24 mois, alors que le niveau des prix du pétrole explique seulement 9% de cette variance. Par conséquent, Federer (1996) conclut que la volatilité des prix du pétrole a une influence plus importante que celle du niveau des prix du pétrole sur la croissance économique et l‟activité économique en générale. Fan et al. (2007) analysent à l‟aide d‟un modèle d‟équilibre général calculable, calibré sur les données de la comptabilité nationale de 1997, l‟impact de la hausse des prix du pétrole brut sur l'économie de la Chine. En effet, les auteurs simulent plusieurs scénarios, avec des augmentations du prix de pétrole de 5%, 10%, 20%, 40%, 50% et 100%. Les résultats de ces simulations montrent que l‟augmentation du prix du pétrole a un impact direct sur l'économie 7 chinoise avec une réduction réelle du PIB de 0,137% lorsque le prix du pétrole augmente de 50%. La principale cause de la réduction du PIB réel, est la diminution de l'investissement, la consommation et l'exportation. De même, cette augmentation, produit une augmentation du coût de production, qui s‟est diffusé tout au long de la chaîne de production, et ce en créant des pressions inflationnistes (une augmentation du niveau des prix de 0,675 suit à une augmentation de 50% du prix de pétrole). Dans un autre travail sur l‟Afrique de Sud, Chitiga et al. (2010) montrent des résultats similaires à ceux trouvés par Fan et al. (2007). En effet, Chitiga et al. (2010) en utilisant un modèle d‟équilibre générale calculable en micro- simulation basé sur les travaux de Decaluwé et al. (2001) et calibré sur la MCS de 2000, examinent les différentes réponses des politiques du gouvernement face au choc des prix du pétrole sous forme de trois scénarios. Le premier scénario suppose que l'augmentation du pétrole est transmise aux utilisateurs finaux sans modification des instruments impôt/subventions. Le deuxième scénario que le gouvernement accorde une subvention complète des prix de pétrole après augmentation, tandis que le troisième scénario suppose une imposition de 50% sur le bénéfice exceptionnel de l'industrie du pétrole, contribuant à minimiser la perte de revenus du gouvernement par rapport au deuxième scénario. Les résultats des estimations montrent une diminution du PIB entre 2,2 et 2,5% dans les trois scénarios. Alors que l'impact sur le déficit budgétaire varie considérablement entre les trois scénarios, allant d'une aggravation de 12% pour le premier scénario, et 22% dans les deux autres scénarios. Au niveau de l'industrie pétrolière, elle témoigne d'une baisse substantielle de sa production (11,9%) où le pétrole constitue l‟input le plus important. En outre, les pays de Golf où leurs revenus sont constitués principalement des prix de pétrole, montrent des résultats différents par rapport aux pays importateur. Hamdi et Sbia (2013) analysent la relation entre les revenus du pétrole, les dépenses publiques et la croissance économique dans le Royaume de Bahreïn sur la période 1960-2010, en utilisant un modèle de cointégration multivariée et le modèle à correction d'erreur. Sur cette période, les résultats ont montré que les revenues pétrole demeurent la principale source de la croissance au Bahraïn, ainsi que la source principale des ressources du gouvernement. Ce résultat met en évidence l‟importance de la politique budgétaire dans l‟absorption des chocs externes, sachant que le Bahraïn a une politique monétaire basé sur un taux de change fixe. Mahboub et Ahmad (2016) examinent en utilisant un modèle VAR, l'effet d‟un choc des prix du pétrole sur le secteur manufacturier en Arabie Saoudite sur la période 2002Q1-2014Q4. Les résultats de cette étude montrent que les prix des produits pétroliers n'ont pas un effet sur la production du secteur manufacturier, alors qu‟ils ont un effet positif sur les dépenses du gouvernement au bout des 10 trimestres à venir. Dans un autre travail, Ftiti et al. (2014) procèdent à une analyse co-spectrale évolutive définit par Priestley and Tong (1973), pour évaluer l'impact des prix du pétrole sur la croissance économique de quatre pays de l'OPEP (Emirats Arabes Unis, le Koweït, l'Arabie saoudite et le Venezuela) sur la période allant de 09/03/2000 à 03/12/2010. L‟un des résultats principaux de cette étude, est que le co-mouvement entre le prix de pétrole et la croissance économique ont différents formes dépendant de la période analysée, et que les chocs des prix du pétrole ont un impact significatif sur la croissance économique dans l‟échantillon étudié, et plus particulièrement le ralentissement économique qu‟a connu ces pays après le choc des prix de pétrole en 2008. 8 Oukaci et Soufi (2015) ont examiné l‟effet d‟un contre chocs pétrolier sur l‟économie algérien en tant que pays exportateur du Pétrole, en se basant sur la modélisation en EGC. Pour ce faire, les auteurs ont utilisé un modèle EXTER statique calibré sur les données de la matrice de comptabilité sociale de 2011. Oukaci et Soufi (2015) ont montré que l‟économie algérienne est très sensible face aux contre chocs pétrolier, où les agrégats macroéconomiques se trouvent détériorés. En effet, face à une diminution de prix de pétrole de 50%, Oukaci et Soufi (2015) constatent une baisse de la production brute de 1.73%, due principalement à l‟affaiblissement du secteur du BTP, une baisse de la demande intermédiaire de 4.28% et une chute de la demande d‟importation de 43.90%. La variation a affecté également le revenu des ménages (perte de 31%) et leur demande de consommation qui a baissé de 14%. L‟épargne de l‟Etat a aussi subit une diminution de 28% ce qui aggrave le déficit budgétaire et la situation des finances publiques. Lopez-Calix & Touqeer (2016) sur un autre travail, ont examiné la résistance de l‟économie algérienne face aux chocs pétroliers de 2008-2009 et 2014-2015. Les auteurs ont montré que la politique contracyclique des autorités budgétaires et monétaires algérienne ont joué un rôle déterminant dans l‟atténuation de l‟effet de ces chocs en utilisant une analyse descriptive des données de l‟Algérie durant la période des chocs. En effet, le taux de croissance moyen avant les chocs était modeste et près de 3%. Après les deux chocs, le taux de croissance enregistré était de 2% en 2009 et à environ 2.9 à 3,1% en 2015. Ce qui montre, selon les mêmes auteurs, que l‟activité économique n‟a pas connue une forte récession après les deux chocs. Cependant, alors que l'activité économique légèrement ralentie au cours des deux épisodes, l'inflation a augmenté plus rapidement lors du choc 2008- 2009, où Le taux de l'IPC moyen a augmenté de 5,7% en 2009, et une nouvelle hausse de 4,7 pour cent en 2015. Dans un autre travail, Yahia (2014) en utilisant un engine of growth model basé sur le modèle de croissance de Solow a analysé les réponses de la production sectorielle face à des fluctuations des exportations de pétrole en Algérie sur la période 1973-2010. Les résultats principaux de cette étude et que les taux de croissance de tous les secteurs de production étaient beaucoup plus élevés durant les périodes de hausse des prix du pétrole que pendant les périodes de récession. Ce qui rejoint Oukaci et Soufi (2015) qui suggèrent une amélioration de la production durant les périodes d‟augmentation des prix de pétrole, et ce qui montre une asymétrie des réponses de l‟économie algérienne face aux chocs et contre chocs en se basant sur les résultats de Lopez-Calix & Touqeer (2016). Bentour (2015) analyse l'effet de la suppression des subventions des prix de pétrole sur l‟économie marocain en utilisant un modèle input-output pour la période 1998-2013. Pour évaluer la sensibilité d‟un tel changement, Bentour (2015) a examiné six scénarios. Au niveau des trois premiers scénarios, l‟auteur a simulé une augmentation du prix de pétrole de 25%, 50% et 75%, et pour les trois autres scénarios, il simule une diminution symétrique des mêmes pourcentages. Les résultats de ces simulations montrent un effet élevé sur les secteurs à forte intensité de produits pétroliers tels que les transports, l'électricité et les secteurs de l'eau. De même, l‟augmentation du prix du pétrole produit des tensions inflationnistes, où par exemple, une augmentation du prix de pétrole de 75% génère un coût d'inflation global entre 5,5% et 8%. Les scénarios portant sur la diminution des prix ne montrent aucun effet asymétrique fort. L‟auteur conclut aussi que le changement de la stratégie de gestion du régime de taux de change vers un régime flexible, est une nécessité vu que l'inflation générée 9 de la modification des prix de pétrole peut modifier la trajectoire stable de l'inflation enregistrée au cours des quinze dernières années en mettant des pressions sur les autorités monétaires. En utilisant un modèle d‟équilibre général calculable statique calibré sur la MCS de 1998, Khellaf et Allalat (2004) ont étudié l‟impact d‟une augmentation de 80% des cours du pétrole brute sur le marché international. Dans ce travail, les auteurs ont montré que cette hausse traduite par le renchérissement de la facture pétrolier à l‟importation a impliqué une hausse des coûts de production et par conséquent, les prix à la production ont augmenté de 1.9% chose qui s‟est répercuté sur la compétitivité des produits marocains à l‟exportation et ce qui accroit les prix sur le marché intérieur de près de 2.2%. La demande globale de sa part a régressé de 2%, une diminution qui s‟est manifesté le plus sur les produits énergétiques. Le PIB au coût de facteur a subit une diminution de 2%, la masse salariale aussi a baissé aussi pour se répercuter négativement sur la consommation des ménages (-2.5%). Les résultats du commerce extérieur ont montré que la hausse du prix du pétrole de 80% impact les exportations et les importations qui ont baissé respectivement de 3.8% et 2%. III. Aperçu sur la situation énergétique au Maroc et la matrice de la comptabilité sociale 3.1. La volatilité du prix du pétrole Depuis toujours, le marché pétrolier a été caractérisé par une forte volatilité des prix du pétrole. Cette volatilité est due principalement à l‟offre et la demande qui varient selon les besoins de l‟économie en énergie, et surtout à des événements politiques, économiques ou les aléas climatiques. De 1946 à 1990, on peut identifier trois phases qui ont marqué le développement du marché pétrolier, à savoir : La première phase de 1946 à 1973 marqué par une stabilité des prix et une forte croissance économique. Où la volatilité des prix mesurée par l‟écart type est égale à 0,3. Après les tensions politiques en Moyen-Orient, les Pays Arabe qui sont des grands producteurs du pétrole ont décidé un embargo sélectif sur les exportations du pétrole. De ce fait, un déséquilibre entre une offre qui baisse contre une augmentation de la demande a fait quadrupler le prix du pétrole pour passer de 3 à 12 dollars le Baril en 1973. La deuxième phase s‟étale entre 1973 à 1986, a connu une forte augmentation du prix de pétrole suit au choc de 1973, ainsi qu‟une faible croissance. Le deuxième choc frappa le marché international du pétrole en 1979 et 1980 suite à la "révolution islamique" en Iran. Le marché d‟exportation a été influencé négativement par ces troubles politiques et les prix du pétrole ont été multipliés par trois. La troisième phase, 1986 à 1990 a été marqué par une relative stabilité du marché pétrolier, suivi par contre choc (diminution du prix du pétrole) de 1986, jusqu‟à la fin des années 1990 qui a connu un pic éphémère, suit à l‟invasion du Kowait par l‟Irak. 10 Figure 3 : Évolution du prix de pétrole brut en ($ / baril) Source : http://inflationdata.com/Inflation/Inflation_Rate/Historical_Oil_Prices_Table.asp Depuis le début du 21ème siècle, le marché pétrolier a connu une forte volatilité, et une augmentation des prix sans précédente. Durant cette période (2000 – 2016), On peut identifier trois périodes découpées comme suit : La période 2000-2003 : marqué par une stabilité relative des prix dont les mouvements sont cernés entre 23 et 27 dollars le baril. La période 2004-2008 : les prix s‟envolent vers les 92 dollars le baril qui est due au choc d‟activité marqué par une forte demande du pétrole. La période 2008-2014 : cette période a été marquée par une forte volatilité, à cause de la crise de 2008, les prix ont enregistré une augmentation de 78,28% en 2008 par rapport à 2005 et une chute de -36.61% en 2009 par rapport à 2008. Ainsi et entre 2010 et 2011, ces prix ont enregistré une augmentation notable de 40,09% passant d‟une moyenne annuelle de 79,44 dollar/baril en 2010 à une moyenne annuelle de 111,30 dollar/baril en 2011. En 2012, de forte fluctuations ont été enregistrées au cours de l‟année ou le prix du pétrole a atteint son maximum en avril avec un prix de 124,05 dollars le baril, et puis diminuer légèrement en 2013 (-2.67%) par rapport à l‟année précédente, pour tendre à la baisse au cours de l‟année 2014 dont il a enregistré un minimum de 63.36 dollars le baril Au cours de ces deux dernières année 2015-2016, une tendance baissière du prix du pétrole est constatée, le prix du pétrole s‟est stabilisé autour de 50 dollars le baril ce qui correspond à la cible de l‟OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) pour la fin de 2016. De même, on constate que le prix du baril a de nouveau baissé, passant à 49,68 dollars à 42,46 dollars fin juillet. 11 3.2. La facture énergétique et la caisse de compensation Le Maroc étant un pays importateur du pétrole, environ 98% des besoins du royaume en produits pétrolier sont importés, subit largement les effets des évolutions des cours internationaux des matières premières. Sa forte dépendance aux marchés mondiaux pour la couverture de ses besoins en matière de base accentue sa vulnérabilité face aux contraintes dictées par la volatilité du marché extérieur. Pour atténuer ces effets, le Maroc a instauré en 1941 un système de subvention dont l‟objectif est la régularisation de l‟approvisionnement du marché des produits de base et la protection du pouvoir d‟achat. La facture énergétique est passée de 3.1% du PIB durant la période 1995-1999à 6.3% du PIB durant 2000-2007 et 10.7% durant 2008-2014. Cette hausse peut être expliquée par la hausse du prix du pétrole qui est passé de 28 dollars le baril en 2000 à 109 dollar le baril en 2013. Ainsi la part de des importations en énergie et lubrifiants dans les importations total a évolué pour passer de 17.7% en 2000 à 23.9% en 2014. Cet accroissement traduit le besoin de l‟économie marocain de l‟énergie pour sa croissance et pour renforcer son tissu industriel. L‟augmentation de ces importations est traduite, d‟un autre coté par la hausse de la facture énergétique qui pèse lourdement sur la balance des paiements, une partie de ces charges sont supporté par l‟Etat à travers la caisse de compensation. Les dépenses de subventions ont connues des hausses inquiétantes ces dernières années, ou ils sont passés d‟un milliard de dirham en 2003 à 48 milliard au titre de l‟année 2012, dont la plus grand part est celle des produits pétroliers qui représente 86% du montant total. Figure 4 : Évolution de la charge de compensation *moyenne de la période janvier-septembre 2014 Source : Établi à partir des données du rapport sur le système de compensation, Ministère De l’Economie Et Des Finances, 2015. Dans telle situation et étant donné que la caisse de compensation est doté par le budget de l‟Etat, l‟équilibre des finances publiques se trouve impacté négativement. Le graphe suivant montre l‟évolution du déficit budgétaire avec et hors compensation de 2009 à 2013. Le déficit budgétaire avec compensation est passé de 2.2% en 2009 à 7.5% au terme du premier trimestre 2013. Dans telle condition, et pour alléger la situation des finances publiques, les réformes récentes de la caisse de compensation ont été autour de la décompensation de plusieurs produits subventionnés. 12 Figure 5 : Le déficit budgétaire avec et hors compensation page 22 Source : Établi à partir des données du rapport sur le système de compensation, Ministère De l’Economie Et Des Finances, 2015. La conjoncture actuelle, et selon l‟office de change, révèle une dégradation de la facture pétrolier qui a enregistré un recul de 28% à fin 2015, s'élevant à 66,84 milliards de dirhams au lieu de 92,78 MMDH en 2014. Cependant, le totale des importations continue d‟augmenter pour passer à 234,35 milliards de dirhams à fin juillet contre 223,67 par rapport à la même période de l‟année dernière, soit une augmentation de 4,8%. Cette hausse est due à l‟accroissement de 21,7% des biens d‟équipements, de 15,2% des produits finis de consommation, de 15,5% de produits alimentaires et de 7,1% de demi-produits. Cette augmentation des importations a engendré une détérioration du déficit commercial de 7,2 milliards de dirhams, qui passe à 7,5%. 3.3. La dépendance de l’activité économique du pétrole D‟après le tableau suivant, nous avons la part de la consommation du pétrole dans la consommation intermédiaire des branches d‟activité calculée à partir du tableau input-output de l‟année 2007 : Part du pétrole dans la ci Abréviation Branche d‟activité en % PAQP Pèche, Aquaculture 35,75 TRAP Transports 32,8 IEXP Industrie D‟extraction 30,59 Production Et Distribution D'électricité, EAUP 23,51 D'eau Autres Industries Manufacturières Hors AINP 18,23 Raffinage De Pétrole COMP Commerce Et Réparation 16,08 Administration Publique Générale Et ADMP 12,75 Sécurité Sociale 13 AGRP Agriculture, Foret Et Services Annexes 7,66 OPOP Autres Services Non Financiers 6,83 BTVP Bâtiment Et Travaux Publics 6,51 PTCP Postes Et Télécommunications 5,44 MNOP Education, Santé Et Action Sociale 4,32 Immobilier, Location Et Services Aux IMLP 3,66 Entreprises ICPP Industrie Chimique Et Para chimique 3,51 IATP Industries Alimentaires Et Tabac 2,9 Industrie Mécanique, Métallurgique Et IMMP 2,81 Electrique ITCP Industries Textile Et Du Cuir 2,65 HRSP Hôtels Et Restaurants 2,13 Raffinage De Pétrole Et Autres Produits RPEP 0,03 D'énergie AFAP Activités Financières Et Assurances 0 Source : Calcul de l’auteur à partir du tableau input-output 2007 La structure de l‟économie marocaine montre une dépendance vis-à-vis du pétrole, d‟après le tableau précédent, il ressort que les branches à forte intensité du pétrole sont, la Pêche et aquaculture dont les produits pétroliers représente de 35.75% des consommations intermédiaires, transport (32.79%), l‟industrie d‟extraction (30.59%), Production Et Distribution D'électricité, D'eau (23.51%) et la branche Autres Industries Manufacturières Hors Raffinage De Pétrole (18.22), commerce et réparation (16.08%). des lors, les conséquences d‟un choc pétrolier sur ces branches peuvent être sévère vu le niveau de leurs consommations intermédiaire en produits pétroliers, cependant, et avec l‟interdépendance qui existe entre les différentes branches et secteurs, le choc peut toucher toutes les autres secteurs à faible intensité du pétrole, et par conséquent, un ralentissement de l‟activité peut être entrainée. 3.4. Structure de l’économie et construction de la MCS 3.4.1. Structure de l’économie Le processus de production nécessite deux types d‟intrants, la consommation intermédiaire des biens et les services et les facteurs de production : le facteur travail supposé parfaitement mobile entre les branches d‟activités, et le facteur capital supposé spécifique pour chaque branche, ils sont considérés comme étant immobile au niveau international, dans la mesure où leurs dotations initiales ne sont pas affectées par des transferts des ressources avec le Reste du monde. La richesse ou la valeur ajoutée crée de ces branches représente La rémunération de ces facteurs versée aux agents économiques nationaux. La rémunération salariale est versée en totalité aux ménages alors que la rémunération du capital est versée aux agents : ménages, firmes et administrations publiques. 14 Du côté de l‟offre, les outputs de ces branches d‟activités font l‟objet des ventes domestiques et des ventes à l‟extérieure, d‟où la distinction entre l‟offre interne et l‟offre externe. La première comporte les ventes domestiques et les importations, alors que la deuxième est constituée des exportations. Cette multitude des marchés, d‟origine et de destinations implique une diversité des prix qu‟il faut prendre en compte ainsi que l‟ouverture de l‟économie nécessite l‟introduction du taux de change dans nos considérations. Du côté de la demande, on distingue entre la consommation finale des biens et services disponible sur le marché local d‟origine nationale ou externe (importations) et La demande en investissement qui est constituée de l‟épargne nationale et l‟épargne du reste du monde i.e. le déficit de la balance commerciale. Les transferts entre agents constituent une autre source et dépense de leur revenu, elle est constituée principalement des transferts sociaux, des transferts en natures et des transferts courants et ce entre l‟ensemble des agents économiques y compris le reste du monde. L‟ensemble de ces transactions sont comptabilisé au niveau de la matrice de comptabilité sociale qui fait l‟objet de ce qui suit. Figure 6: La structure de l’économie Source : Fouladi (2010) Modifié par l’auteur 3.4.2. La matrice de comptabilité sociale : Contrairement aux modèles macroéconomiques qui nécessitent des séries longues des données statistiques, la modélisation en équilibre générale calculable repose sur les données d‟une seule période dite année de base. Ses données sont structurées et organisées dans un cadre comptable qui est la Matrice de Comptabilité Sociale (MCS). 15 La matrice de comptabilité sociale est un tableau qui appartient à la famille des comptes nationaux. Selon le système de la comptabilité nationale «La matrice de comptabilité sociale est une méthode d‟organisation de l‟information contenue dans les comptes sous forme matricielle. Sa forme usuelle est la présentation de l‟ensemble des comptes sous une forme matricielle qui développe les interactions entre le tableau des ressources et des emplois et les comptes des secteurs institutionnels. Elle permet d‟analyser les relations entre les caractéristiques structurelles d‟une économie et la distribution du revenu et des dépenses entre les secteurs et les sous-secteurs institutionnels » Une matrice de comptabilité sociale est une représentation particulier des comptes macro et méso-économiques d‟un système microéconomique, qui capture les transactions et les transferts entre l‟ensemble des agents économiques dans ce système (Pyatt and Round 1985). Elle peut être définit aussi comme une généralisation du tableau « entrée-sortie » de Leontief, puisque d‟une part, elle offre une présentation cohérente des transactions qui prennent place dans une économie déterminée, qu‟ils s‟agissent d‟un pays, d‟une région ou encore d‟un ensemble de pays ou de régions et d‟autre part, elle fournit aux décideurs de politique économique la base comptable d‟un cadre analytique susceptible de faciliter leur choix (Décaluwé, Martens et Savard 2001). En d‟autres mots, la MCS se présente comme un tableau carrée qui décrit les flux de revenus dans une économie. Elle se base sur le principe de l‟équilibre ressource-emploi. Les lignes décrivent les recettes des comptes alors que les colonnes représentent leurs dépenses. Donc chaque cellule représente les dépenses d‟un compte et les recettes d‟un autre. la MCS se caractérise principalement par sa flexibilité et sa souplesse pour une désagrégation ou une agrégation de ces comptes et ce pour répondre aux exigences de la problématique traitée. Dans notre cas, et pour répondre à notre problématique, nous avons adopté la forme de la matrice PEP (1-1), et la nomenclature selon le système de la comptabilité nationale. L‟introduction des données s‟est faite sur la base de la Matrice de comptabilité sociale de 2007 et à partir des comptes nationaux, principalement depuis le tableau ressources emplois TRE et le tableau des comptes économiques intégrés TCEI. Lors de la réalisation de ce travail, la dernière matrice de comptabilité sociale publiée était celle de 2007, et c‟est dernièrement que la MCS de 2013 a été publié. De ce fait, on a gardé la matrice 2007 sur laquelle l‟analyse se base. La structure de la matrice adoptée contient les comptes suivants : Le compte des activités de production : ce compte retrace les recettes et les dépenses des activités de production. Les recettes sont générées par la vente de la production des branches (lecture en ligne), alors que les dépenses incluent l'achat de matière première et de produits intermédiaires, la rémunération des facteurs (travail et capital) et le paiement des taxes sur la production net de subvention (lecture en colonne). Selon la nomenclature du système de comptabilité nationale marocain (SCN) : nous distinguons entre 20 branches d‟activité : 16 1. Agriculture, chasse et foret 11. Bâtiment et travaux publics 2. Pêche, aquaculture 12. Commerce 3. industrie d‟extraction 13. Hôtels et restaurants 4. Industries alimentaires et tabac 14. Transport 5. Industries du textile et du cuir 15. Postes et télécommunications 6. Industrie chimique et para-chimique 16. Activités financières et assurances 7. Industrie mécanique, métallurgique et 17. Immobilier, location, et services rendus électrique 8. Autres industries manufacturière 18. Administration publique et sécurité sociale 9. Pétrole et produits Raffinés 19. Education, santé et action sociale 10. Electricité et eau 20. Autres services non financiers Le compte des produits (biens et services) : représente les sources des produits écoulés dans le marché local qui sont les importations et la production locale (lecture en colonne) et leur destination à savoir : la consommation finale, la consommation intermédiaire et l‟investissement (lecture en ligne). Ces produits sont ceux définit par la nomenclature agrégé du SCN et sont représentés en deux catégories à savoir les produits domestiques et les produits exportés. Le compte des facteurs de production (facteur travail et capital) : ce compte est représenté par le travail et le capital, ils reçoivent les revenus de la vente de leurs services aux branches d‟activité, sous forme de salaire et de loyer de capital (lecture en ligne), ils sont ensuite distribués aux agents économiques comme rémunération de leur dotation en facteur travail et capital (lecture en colonne). Le facteur travail et désagrégé en trois catégories1 : -Le travail non qualifié : représenté par les travailleurs qui ne détiennent aucun diplôme et aucune formation professionnelle -Le travail de qualification moyenne : offert par les travailleurs qui détiennent un diplôme de niveau moyen : diplôme et certificat de l‟enseignement fondamental, diplôme en qualification professionnelle, certificats en spécialisation professionnelle ou diplôme de l‟enseignement secondaire. -Et le travail de qualification supérieure : offert par les travailleurs ayant un diplôme de niveau supérieur ou ayant un diplôme de technicien ou de cadre moyen Le compte des agents économiques : ou le compte des unités institutionnelles à savoir, les Ménages qui incluent les ISBL (Institution Sans But Lucratif), les Firmes qui regroupent les sociétés financiers et les sociétés non financiers, les Administrations publiques et le Reste du monde. Pour les ménages, ce compte retrace la source de l‟ensemble de ses revenues, la rémunération de ses dotations en facteurs de production, les transferts reçue par les autres agents économiques (lecture en ligne) ainsi que leurs dépenses de consommation finale, de paiement taxes et prélèvement sociaux ainsi que les transferts aux autres unités institutionnelles (lecture en colonne). Pour les Firmes, ils reçoivent une part des profits 1 Cette désagrégation et les données relatifs aux trois catégories est faite selon Khellaf (2015). 17 générés par les activités productives, et des revenus de transfert provenant des autres agents économiques (lecture en ligne). Et ils versent des dividendes, de loyer, d‟impôt et de prélèvement social obligatoire, aux actionnaires, à l‟Etat (lecture en colonne). Quant aux Administrations publiques, ce compte retient une part des revenus générés par les agents et les transactions économiques sous forme de prélèvements obligatoires : impôts sur le revenu et la richesse, impôts sur la production et sur les produits, et impôts et taxes sur les importations, et des revenus de transfert des autres institutions résidentes et du reste du monde (lecture en ligne). Ce revenu est alloué aux achats de services de l'administration publique, des transferts et des subventions aux ménages, aux sociétés et au reste du monde (lecture en colonne). Le revenu excédentaire ou déficitaire des APU ainsi que le résidu du revenu des revenus des ménages et des firmes sont transférés au compte de capital. Finalement, l‟agent Reste du monde reçoit les revenus généré des importations de l‟économie nationale et des transferts des agents résidents (lecture en ligne). Alors qu‟il achète des biens et services de l‟économie nationale (exportations) et transfère des revenus aux unités institutionnelles résidentes (lecture en colonne), avec soit un solde excédentaire ou investissement net des agents non-résidents dans l‟économie nationale, soit un solde déficitaire ou investissement net des nationaux à l‟étranger Et le compte de capital (accumulation) : au niveau de ce compte, on distingue entre la formation brute de capital fixe et la variation de stocks. Ce compte collecte les épargnes des unités institutionnelles résidentes et non résidentes (lecture en ligne) pour l‟investissement en produits (lecture en colonne). 18 La forme adoptée de la matrice de comptabilité sociale Facteurs Agents Accumulation Produits Produits Branches Reste du Ménag Entrepris Total intérieurs exportés d‟activité Travail Capital APU FBCF VST monde es es Marges de Bloc de la transport et consommatio Bloc de Demande Produits intérieurs Bloc de la consommation finale de n l'investissement interne commerce intermédiaire Demande Produits exportés Exportations externe Ventes Vente Branches d‟activité domestiques Recettes extérieur Rémunération Travail Bloc de la du travail Facteurs valeur ajoutée Rémunération Capital du capital Revenu des Ménages ménages Transferts Ressources Entreprises Bloc du revenu versés par le des Agents Bloc des transferts (salaire et EBE) reste du entreprises Impôts net Impôts net de monde Ressource APU de sub. sur sub. sur la des APU les produits production FBCF Bloc de l'épargne Besoin de Epargne Accumulation VST financement totale Paiements au Transferts reçus par le reste du Capacité de reste du monde Importations reste du monde financement monde Paiement Paiement Dépens s aux s aux Paiements Offre Offre es des Emploi Dépense Investissement total Total Dépenses prestatair prestatair du reste du interne externe ménag des RE des APU es du es du monde es travail capital 19 IV. Le modèle et la simulation des chocs 4.1. Le modèle théorique Les modèles d‟équilibre général calculable (MEGC) sont aujourd‟hui appliqués largement dans l‟analyse des économies des pays industriels comme dans les pays en voie de développement. Cette catégorie de modèles nous permet de simuler plusieurs problèmes d‟ordre économique, et retracer la propagation des chocs exogènes et leurs effets sur les agrégats macroéconomiques, sectorielles ainsi que sur le revenu et le bien être des agents. De même, les MEGC sont les modèles les mieux adaptés aux études économiques sur les pays en développement, puisqu‟ils n‟exigent pas des séries statistiques longues. En effet, la base des données utilisées dans le cadre des MEGC est constituée à travers la matrice de la comptabilité sociale et les comptes nationaux pour une année de référence. Théoriquement, les MEGC se basent sur le modèle d‟équilibre général concurrentiel. Ce type de modélisation a été développé pendant la deuxième moitié du 19ème siècle par les économistes de l‟école néoclassique, et principalement par l‟économiste français Walras (1874-1877), d‟où son appellation alternative « système alternative de Walras ». Les développements apportés par les travaux d‟Arrow et Debreu (1954) et de Mckenzie (1954- 1981) ainsi que l‟algorithme mis en place par Scarf et Hansen (1973) ont permis de donner des solutions numériques au modèle d‟équilibre général, sans oublier le rôle qu‟a joué l‟amélioration de la technologie informatique. Le travail pionnier de Johansen (1960) sur l‟économie norvégienne sur la croissance multisectorielle est considéré comme la première application des modèles MEGC. Puis Dervis et al. (1982) qui ont analysé les problèmes de développement, alors Shoven et whalley (1992) ont traité les questions de la fiscalité et du commerce international. Le passage du cadre théorique au cadre appliqué s‟effectue par le choix des formes fonctionnelles du comportement des agents économiques, qui s‟ajoutent aux équations qui traduisent les transactions économiques comptabilisées au niveau de la matrice de comptabilité sociale. Dans ce cadre, les MEGC reposent sur une dérivation explicite des comportements des agents en matière d‟offre et de demande selon des programmes d‟optimisation dans un marché en concurrence pure et parfaite. Ces modèle calculent les prix relatifs qui assurent les équilibres de tous les marchés et déterminent les allocations sectorielles des facteurs primaires de productions ainsi que la répartition qui en découle. Autrement dit, le principe de base des MEGC est de déterminer le vecteur des prix qui assurent l‟équilibre sur l‟ensemble des marchés et pour tous les produits de telle sorte que toute offre ou demande excédentaire soit nulle. Il faut noter que des développements récents ont analysé d‟autres formes de marchés, tel que la concurrence imparfaite, et ils ont considéré les décisions inter temporelles des agents. La modélisation MEGC est constituée principalement de 5 blocs d‟équations et les équations de bouclage. Les 5 blocs d‟équations portent sur le comportement des agents économiques (producteurs, consommateurs, État et reste du monde), qui sont interdépendants entre eux, à savoir : 20 - Le bloc de demande (consommation intermédiaire, finale et investissements); - Le bloc de production et de génération de valeur ajoutée; - Le bloc de répartition de la valeur ajoutée; - Le bloc des équations relatives au commerce extérieur (dans le cas d‟une économie ouverte) - Le bloc définissant le système des prix. Le bouclage macroéconomique constitue les conditions qui assurent l‟équilibre macroéconomiques. Ces conditions affectent les prix relatifs de manière à rendre les décisions des agents compatibles avec la cohérence macroéconomiques du modèle. Plus concrètement il s‟agit de définir les variables qui s‟ajuste pour obtenir l‟équilibre suit à un choc exogène. Dans le cas d‟une économie fermée, les règles de fermeture concernent les comptes de l‟Etat, du marché du travail, le marché des biens et services et de l‟équilibre épargne-investissement. Ces règles éliminent la surdétermination ou la sous détermination du modèle. Suivant Robichaud et al. (2013), nous allons adopter dans notre travail le modèle Partner Economics Policies (one country, one period) [PEP (1-1)]. Ce modèle s‟inscrit dans le cadre de la modélisation en EGC qui permet l‟analyse de la dynamique de l‟économie face à des chocs exogènes. Le choix de ce type de modélisation est justifié par le faite que l‟économie marocaine a connu plusieurs transformations structurelles durant ces dernières années, où les séries chronologiques ne permettent pas de capter ces transformations alors que les MEGC nous permettent de simuler les chocs en se basant sur une année de base. Dans le même sens, le modèle PEP nous donne une grande marge de manœuvre pour exercer ces simulations. Ou la MCS est désagrégé à des niveaux acceptables permettant de capturer l‟essentiel de l‟information sur la structure économique ainsi que la fermeture nous donne une certaine liberté de choix des variables exogènes. Le modèle PEP (1-1) est de type néoclassique, il tente de reproduire le fonctionnement de l‟économie dans laquelle les marchés opèrent dans un environnement de concurrences pure et parfaite et où les agents optimisent leurs objectifs sous des contraintes spécifiques, de ce fait l‟équilibre est réalisé par l‟ajustement des prix relatifs. Ces prix sont flexibles et déterminés par rapport à un numéraire qui est le taux de change nominal. Ainsi l‟affectation des produits entre marché domestique et marché extérieur est faite sur la base de l‟évolution de leurs prix relatifs (modèle d‟Armington (1969)). Dans ce qui va suivre nous représenterons, le programme d‟optimisation de chaque agent ainsi que l‟équilibre et la fermeture du modèle. 4.1.1 La production des branches L‟ensemble des branches d‟activités est représenté par l‟indice j, où avec 20 le nombre des branches d‟activités de la MCS. La production d‟une branche j nécessite deux intrants, la consommation intermédiaire et les facteurs de production. La consommation intermédiaire est constituée des biens et services, alors que les facteurs de productions sont représentés par la valeur ajoutée qui constitue leur rémunération. Il existe une relation de complémentarité entre ces deux intrants, cette 21 complémentarité implique que la production est limitée par l‟intrant le moins abondant. Le processus de production de chaque branche est représenté par le schéma suivant : Figure 7 : La structure de la production Source : Robichaud (2013) La production totale de la branche peut-être écrite comme suit : { } Où Avec : Le coefficient de la valeur ajoutée de la branche d‟activité , : Le volume d‟intrant intermédiaire nécessaire à la production de la branche , : La consommation intermédiaire totale de la branche , : La valeur ajoutée de la branche et : La production totale de la branche . Cela implique que la production totale dépend de l‟intrant le moins abondant (stricte complémentarité à la Leontief), et que la part de la valeur ajoutée dans la production totale est égal à : , alors que la part de la consommation intermédiaire est de : . La valeur ajoutée Au niveau de la valeur ajoutée, on distingue entre deux facteurs de production spécifié dans notre économie par le facteur travail et le facteur capital . La demande du capital est spécifique pour chaque branche Alors que la demande du facteur travail est spécifique pour chaque branche et désagrégé en trois catégories, la main d‟œuvre non qualifiée , la main d‟œuvre qualifiée et la main d‟œuvre hautement qualifiée . Il existe 22 une imparfaite substituabilité entre les deux facteurs de production d‟où la présentation de la valeur ajoutée par une fonction à élasticité de substitution constante : [ ( ) ] Avec : Le paramètre d‟échelle, : Paramètre distributif, : Demande composite du facteur travail de la branche , : Demande du facteur capitale de la branche et : Paramètre d‟élasticité de substitution, où . La demande du travail est représentée par l‟indice , ces différentes catégories des travailleurs sont combinées par une fonction à élasticité de substitution constante. Cette forme reflète l‟imparfaite substituabilité entre les dites catégories : [∑ ] La demande de chaque catégorie du facteur travail est obtenue du programme de minimisation de la masse salariale ∑ sous contrainte de la demande composite du travail ̅̅̅̅̅̅ (annexe 1-1). Elle est égale à : * + ( ) À l‟optimum, la firme représentative, étant donné les taux de salaires, choisis la composition des types des travailleurs qui minimise son coût relative au facteur travail. De ce fait la demande de travail de chaque catégorie des travailleurs dont la rémunération est égale à leur productivité marginale, est obtenue d‟après les conditions du premier ordre du programme de minimisation de coûts de la firme représentative (annexe 1-2), et s‟écrit comme suite : * + ( ) La firme représentative suit la même logique pour sa décision quant à la demande du facteur capital, d‟où : ( ) * + : Le taux de rentabilité du facteur capitale de la branche , : Le taux de salaire 23 La consommation intermédiaire Les biens sont représentés par l‟indice avec 20 le nombre de produits. On sait que la production du bien nécessite un volume d‟intrants qui désigne la demande intermédiaire de la branche , avec le coefficient technique (la part de du produit dans la consommation intermédiaire de la branche ): La demande globale de l‟intrant est égale à : ∑ 4.1.2 Le revenu et l’épargne La rémunération des facteurs de production constitue le revenu primaire des agents économiques modifié par une redistribution qui vise notamment la réduction des inégalités de revenu. Cette distribution secondaire est traduite par les transferts sociaux, les taxes et les impôts directs et indirects versés aux administrations publiques, Le résultat constitue donc le revenu disponible dont une partie est consacré à la consommation finale des biens et services et le résidu constitue l‟épargne de l‟agent. Soit l‟indice de l‟agent économique avec , avec une distinction entre l‟ensembles des agents domestiques : et l‟ensemble des agents non gouvernementaux . Le revenu et l’épargne des ménages: Le revenu des ménages est constitué par la rémunération des facteurs de production et les transferts reçus par les agents économiques. : Le revenu total des ménages, : La rémunération du facteur travail, : La rémunération du facteur capital, : Le revenu des transferts. Le ménage reçoit la totalité de la rémunération du facteur travail, alors que la rémunération de facteur capital est distribuée aux agents économiques excepté l‟agent RDM selon des proportions fixes. Ainsi le revenu des transferts est la somme des transferts reçus de l‟ensemble des autres agents y compris les ménages. ∑ ∑ 24 ∑ : La part des ménages de la rémunération du capital, : Transferts de l‟agent aux ménages. Après la soustraction des taxes directs et des transferts au gouvernement, nous obtenons le revenu disponible des ménages duquel on retranche les transferts versé aux autres agents économiques et l‟épargne pour obtenir le revenu destiné à la consommation. ∑ : Le budget de consommation des ménages, : Le revenu disponible des ménages, : Impôt sur le revenu des ménages, : Transferts des ménages au gouvernement, : L‟épargne des ménages. La spécification adoptée dans ce modèle à l‟équation de l‟épargne se diffère de la fréquente spécification ou l‟épargne est exprimé en proportion fixe du revenu disponible des ménages par le faite de distinguer entre la propension moyenne et la propension marginale à épargner . Et ce pour éviter les problèmes de calibration qui peuvent se produire à cause d‟une épargne négative des ménages. La propension moyenne peut être indexé totalement ou partiellement à la variation de l‟indice des prix à la consommation . De ce fait l‟équation de l‟épargne des ménages s‟écrit : Le revenu des firmes : Le revenu primaire est constitué la rémunération du capital et de l‟ensemble des transferts des autres agents, ménages, firme, Etat et RDM : Avec : L‟équation de la rémunération donnée par : ∑ et les transferts exprimés comme suit : ∑ : Le revenu total des entreprises, : La rémunération du facteur capital, : Le revenu des transferts, : La part des entreprises de la rémunération du capital. 25 Le revenu disponible est obtenu après la déduction des taxes directes, puis on retranche les transferts versés aux autres agents économiques pour obtenir l‟épargne des entreprises. ∑ : Le revenu disponible des entreprises, : Impôt sur les entreprises , : L‟épargne des entreprises. Le revenu du gouvernement En contrepartie de sa location du facteur capital, le gouvernement reçoit une part de la rémunération du facteur capital, il collecte les impôts et les taxes indirects sur les produits et la production, ainsi que l‟impôt direct sur le revenu des ménages et des firmes. Avec l‟ouverture de l‟économie sur le marché internationale, les exportations, les importations et les transferts vers le reste du monde, donnent lieu à d‟autre forme de taxation grevant ces transactions. Normalement, les importations et les exportations sont imposées par des impôts et des tarifs douanière, mais dans notre modèle, et pour encourager les firmes à opérer dans le marché international et améliorer leur compétitivité, dans la structure de l‟économie marocaine les exportations ne sont pas imposables, d‟où l‟élimination de l‟équation de l‟impôt sur les exportations. Le revenu du gouvernement peut s‟écrire alors comme suite : Avec : ∑ ∑ ∑ ∑ 26 ∑ [( ∑ ) ( ∑ , ] Sachant que : : Revenu total de l‟État des impôts sur les sociétés : Revenu total de l‟État des impôts sur les ménages YG : Revenu total de l‟État : Revenu du capital de l‟État : Transfert de revenue de l‟État. : Revenu de l‟État des impôts indirects sur le produit : Recettes totales de l‟État des impôts indirects sur les produits : Revenu de l‟État des tarifs douaniers sur le produit : Revenu total de l‟État des tarifs douaniers : Revenu de l‟État des impôts sur la production de l‟industrie : Revenu total de l‟État des impôts sur la production : Revenu total de l‟État des impôts sur les produits et les importations : Revenu total de l‟Etat des impôts sur la production : Transferts de l‟agent vers l‟agent L‟épargne publique est obtenue après la déduction des dépenses publiques de consommation et des transferts versés aux autres agents du revenu de gouvernement. ∑ Ou : L‟épargne publique et : Les dépenses publiques de consommation. 27 Le reste du monde Le revenu du Reste Du Monde (RDM) est constitué du revenu des importations et des transferts reçu des autres agents. Alors que l‟épargne est obtenue après la soustraction du paiement des exportations et des transferts versés aux agents nationaux à savoir : les ménages, les firmes et les administrations publiques par le RDM, cette épargne constitue le besoin ou la capacité de financement de l‟économie national ou le compte courant de la balance des paiements. ∑ ∑ ∑ ∑ Avec le prix d‟importation à l‟international du bien et le volume d‟importation du produit , le prix d‟exportation à l‟international du produit et le volume d‟exportation du produit . 4.1.3 Les Transferts Le traitement des transferts n‟est pas une tâche facile. La difficulté de ce traitement relève du fait que la pluparts de ces transferts n‟ont aucune contrepartie réelle, et ils ne sont pas explicitement liés à un comportement économique particulier. Ainsi le manque d'informations sur la nature exacte de chaque type de transfert nous oblige à les traiter d‟une manière neutre pour ne pas modifier le comportement des agents économiques. Les transferts des ménages aux agents non gouvernementaux et les transferts d'entreprises sont tout simplement proportionnelle au revenu disponible. En ce qui concerne les transferts des ménages au gouvernement, ils sont semblables au programme de contributions social en tant que tels, ils sont traités de la même manière que les impôts sur le revenu des ménages. Tous les autres transferts égalent initialement leurs valeurs dans la MCS, et indexés, totalement ou partiellement, à l'indice des prix à la consommation. 28 4.1.4 La demande La demande des biens et services La demande des biens et services qu‟elles soient produits localement ou importé, se compose de la demande d‟intrants intermédiaires, la demande d‟investissement et la demande de consommation des ménages et des APU. Pour La modélisation du comportement de consommation des ménages, on utilise la fonction de type Stone-Geary appelé système linéaire de dépense LES. Cette forme prend en compte une composante qui représente la consommation incompressible ou de subsistance, ainsi l‟élasticité revenu n‟est pas unitaire ce qui implique que la part budgétaire du panier du consommateur varie suit à la variation du niveau du revenu. Cette spécification offre une flexibilité par rapport aux possibilités de substitution en réponse au changement des prix relatifs. Le programme de maximation (développé en annexe 1-3) de l‟utilité du consommateur nous donne l‟équation de la demande de consommation du bien qui égale à : ( ∑ ) Ou la part du produit dans le budget de consommation des ménages avec ∑ La demande d’investissement On distingue deux composantes au niveau de la demande de l‟investissement, à savoir, la variation du stock considérée comme une variable exogène, et la formation brute du capital fixe déterminée par l‟équilibre épargne-investissement. La FBCF est définit comme la différence entre l‟investissement totale et la variation du stock donnée par l‟équation : ∑ La FBCF est distribuée selon des proportions fixes, la demande d‟investissement du produit est lié inversement à son prix d‟où l‟équation : Pour les dépenses de consommation en biens et services du gouvernement, la demande de produit est donnée aussi par : La demande du produit intermédiaire est égale à la somme des demandes des branches de cet intrant : 29 ∑ L‟acquisition du bien nécessite d‟autre type de payement, à savoir les marges du transport et les marges commerciales. Les taux de ces marges sont appliqués aux différents types de produits selon l‟origine et la destination (marché locale, importation, exportation). Le totale de ces marges est donnée par l‟équation: ∑ ∑ ∑ 4.1.5 L’offre des produits et le commerce extérieur Les branches d‟activités dans notre économie produisent plusieurs produits, de ce fait si l‟agrégation de la production est la somme de la production des différends produits, la maximisation des profits se concentrerai sur la production du bien dont le prix est le plus élevés, alors, il est impératif de supposer que les produits sont imparfaitement transformable, ce qui nous oblige à adopter une fonction à élasticité de transformation constante (CET). Cette forme stipule que la production s‟ajuste selon les changements des prix, elle est donnée par : [∑ ] Où représente le paramètre d‟échelle, un paramètre distributif, et paramètre d‟élasticité dont l‟expression : et l‟élasticité de transformation compris entre 0 et plus l‟infini. Le producteur, ayant un comportement rationnel, cherche à maximiser son profit, sous contrainte de sa fonction de production (annexe 1-4). D‟après les conditions du premier ordre nous obtenons l‟équation de l‟offre du produit : ( ) ( ) Ou le prix de base du bien produit par la branche et le prix de base de la production totale de la branche . Il convient à ce niveau de distinguer entre les produits exportables et non exportables et les produits importables et non importables avec : 30 La production des branches est destinée au marché domestique et extérieur. Etant donnée la demande dans chaque marché et les différents taxes appliquées, le producteur vise la maximisation de son revenu total, ainsi la production destinée à un marché est supposé différente de celle destinée à l‟autre marché d‟où sa représentation par une équation à élasticité de transformation constante. Cette spécification est appelé généralement la spécification d‟Armington2(1969). [ ( ) ] Avec , représente l‟exportation du produit par la branche , : l‟offre domestique du produit par la branche , : paramètre d‟échelle et : paramètre distributif. D‟après les conditions du premier ordre de son programme d‟optimisation (annexe 1- 5) : la demande extérieure est obtenue lorsque les coûts marginaux égalisent les prix des produits. Nous avons alors : *( )( )+ Pour les produits non marchands, la totalité de leurs productions est destinée à la consommation domestique : Ainsi, les acheteurs sont confrontés à deux types de produits existant sur le marché local, les produits composites et les produits importés. La fonction de demande est alors décrite par une fonction de transformation à élasticité constante. La quantité d‟un produit écoulée dans le marché intérieur est la somme de la part de la production national destinée au marché local et la part des importations de ce produit pondéré par un paramètre distributif . On peut écrire : 2 L’hypothèse d’Armignton stipule que les produits sont discernables selon leur origine géographique, et donc imparfaitement substituables. Cette hypothèse a été développée dans le modèle d’Armignton en 1969. 31 * + Avec : importation du produit et : demande domestique du produit . Et d‟après les conditions de premier ordre du programme de minimisation des coûts des acheteurs (annexe 1_6), nous obtenons la quantité importée du bien : *( *( )+ Cette équation montre que la quantité importée des produits marchands est déterminée lorsque le TMS entre l‟importation du bien et la demande du bien domestique ( est égale au rapport de leur prix respectifs et . Pour ce qui est de la demande des produits non marchands, elle est déterminée en fonction de la production locale, d‟où : 4.1.6 Le système des prix Le modèle fonctionne avec un système des prix sujette aux hypothèses introduites dans le modèle ainsi que sa forme fonctionnelle développés auparavant. Ce système est composé des : - Prix que reçoivent les producteurs pour la vente de leurs produits (indifféremment de la destination du produit), - Prix qu‟ils reçoivent pour les produits qu‟ils vendent sur le marché local, - Prix qu‟ils reçoivent pour la vente à l‟export de leur produit, - Prix des produits composites, - Prix internationaux des produits importés et de ceux exportés - Prix des facteurs de production Pour faciliter l‟explication de cette partie du modèle, nous envisageons distinguer entre les prix de la production, ceux du commerce international et les indices des prix. La production Le prix d‟un agrégat constitue la somme pondérée des prix de ces composantes. Le prix du producteur n‟est donc que la somme pondérée des prix de la valeur ajoutée et celui de la consommation intermédiaire (P1). Le prix de la valeur ajoutée est exprimé comme une combinaison du prix du facteur travail composite et celui du facteur capital composite (P2). 32 L‟équation (P3) désigne le prix de la consommation intermédiaire qui est définit comme une combinaison des prix des inputs intermédiaires de l‟ensemble des branches. Le prix du facteur travail composite est exprimé comme une somme pondérée des taux de salaire des différentes catégories du travail utilisé par la branche (P4). La même logique que suit Le prix du facteur capital composite (P6). Ainsi il faut distinguer entre les rémunérations payée par la branche que ça soit le salaire ou la rémunération capitale et celle perçue par l‟agent économique. La distinction se fait par les taxes sur la dite rémunération (P5/P7). Finalement le prix du marché des produits domestiques écoulés sur le marché intérieur est le prix du producteur augmenté des impôts sur la production (P8). P1. P5. ∑ P2. P6. ∑ P7. P3. ∑ P4. P8. ( ) Commerce international L‟ouverture sur le marché international présente au producteur le choix de vendre sa production soit au marché local soit au marché extérieur, de ce fait, le prix de sa production globale s‟exprime en termes de somme pondérée du prix obtenu sur chaque marché. Ce poids attribué à chaque marché est proportionnel à la quantité vendus sur le même marché (P9).Le prix du marché des produits importés est obtenu à partir du prix mondiale à l‟importation convertis à la monnaie national par le taux de change et grevé par la double taxation à savoir la taxe sur l‟importation et celle sur les produits , plus les marges commerciale et du transport(P10). Le passage du prix international à l‟exportation au prix de marché payé à l‟exportateur s‟effectue selon l‟équation (P11). L‟équation (P12) explique la formation du prix du bien vendu localement, il est donné comme la moyenne des prix des biens domestiques et importés pondéré par leurs parts dans le marché locale. (P14) donnent le prix du producteur sur ces ventes qu‟elles soient les ventes locales ou externes qui est la moyenne des prix et pondéré par les parts vendues localement et à l‟exportation du volume produit. Ainsi et finalement le prix des produits non marchands est exprimé aux prix domestiques (P13/P15). ∑ P9. P10. ( ∑ ) P11. ( ∑ ) P12. 33 P13. P14. P15. Indice des prix Au niveau des indices, le modèle définit quatre indices principaux : Le premier désigne le déflateur du PIB exprimé par l‟indice de FISHER, le seconde désigne l‟indice des prix à la consommation exprimé par l‟indice de Laspeyres, les derniers indices sont l‟indice des prix de l‟investissement et des dépenses publiques. ∑ ( * ∑( ) √ ∑( ) ∑ ( ) ∑ ∑ ∏( ) ∏( ) 4.1.7. L’équilibre L‟équilibre du modèle est assuré par les équations qui suivent : D‟abord le total des ressources en produit doit être égal au total des emplois du même produit. Puis, le total des parts des épargnes des agents réservés au financement de l‟investissement en un produit doit être égal à l‟investissement total en produit. Une autre équation qui contribue à l‟équilibre du modèle est celle qui exprime le plein emploi du facteur travail et le facteur capital avec tous ses catégories. 34 ∑ ∑ Ainsi l‟équilibre de l‟offre et de la demande dans le marché local et le marché international : ∑ ∑ Le produit intérieur brut Il convient de définir aussi les diverses formes du produit intérieur brut. Le PIB au prix de base est donné par le paiement des facteurs de Production (la valeur ajoutée) augmenté des impôts sur la production : ∑ Le PIB au prix du marché est le PIB au prix de base plus les impôts sur les produits et sur l‟importation : Le PIB aux prix du marché selon l‟approche revenu constitue la somme de la rémunération des facteurs de production augmenté des impôts sur la production, les impôts sur le produit et sur l‟importation. ∑ ∑ Alors que le PIB selon l‟approche dépense est la somme de la demande domestique en biens composite augmenté de la valeur exportations et diminué de la valeur des importations ∑ [∑ ] ∑ ∑ Les variables réelles 35 Les variables : consommation des ménages, dépenses de consommation du gouvernement, la formation brut du capitale fixe et le PIB, réelles sont calculé à partir des variable nominale en utilisant l‟indice des prix convenable de chacune : La fermeture du modèle consiste à définir les variables exogènes du modèle pour assurer sa détermination, ou en d‟autres mots, pour réaliser l‟égalité entre le nombre d‟équations et le nombre des variables endogènes. Dans notre modèle, l‟épargne de l‟Etat est endogène tandis que La consommation publique en produit est supposée fixe. La consommation minimale et la variation de stock sont définis exogènes, le solde de la balance extérieur (épargne du reste du monde) est exogène, du même le taux de change est supposé fixe et il est choisis arbitrairement comme le numéraire du modèle. Ainsi les prix internationaux sont supposés fixes, et ce puisque l‟économie nationale est une économie ouverte de petite taille et ne peut pas, en conséquence, influencer les prix mondiaux. Finalement et au niveau des facteurs de production, l‟offre de travail est supposée fixe, alors que pour le stock du capital c‟est la demande qui est définit exogène et ce puisqu‟il est supposé spécifique à chaque branche L‟équation de Walras qui assure l‟équilibre dans le nième marché si n-1 marché sont en équilibre est représentée par l‟équilibre entre l‟offre et la demande du bien AGRP, ce qui désigne aussi que l‟offre excédentaire est nulle. Une valeur non nulle de la variable définit désigne qu‟il y a une erreur dans le modèle. La calibration du modèle consiste à attribuer des chiffres aux paramètres du modèle. On distingue deux types de paramètres, les paramètres calibrés à partir de la situation de référence présentés par la matrice de comptabilité sociale, et les paramètres dites libre qui sont calibré à partir de la littérature. Dans notre cas, nous avons attribué les chiffres aux paramètres 36 libres selon Khellaf (2015), Et ce puisque il a travaillé sur le même modèle ainsi que la même année de base sur laquelle la MCS a été construite qui est l‟année 2007. 4.2. Simulation des chocs et discussion des résultats Les simulations menés dans ce travail de recherche visent à analyser les effets d‟un choc pétrolier sur l‟activité économique, ainsi que vérifier l‟effet d‟asymétrie des réponses d‟un choc et d‟un contre choc pétrolier. Pour ce faire, nous avons simulé deux scénarios : Scénario 1 : une augmentation du prix du pétrole de 70%. Scénario 2 : une diminution du prix du pétrole de 70%. 4.2.1 Augmentation du prix du pétrole a. Impact sur les variables macroéconomiques et sur les agents économiques La lecture des résultats de la première simulation (tableau 1 et 2) indique qu‟une augmentation du prix de pétrole de 70% conduit à une baisse du produit intérieur brut (au prix de base) de -3,84% due principalement à la baisse de la valeur ajouté (-0,02%) et celle des impôts sur la production (-1,20%). Suit au même choc, les importations ont enregistré une baisse de -1,82% contre une hausse des exportations de 1,76%. De même, la demande de consommation des ménages a diminué de -2,90%, qui peut être expliquée par la baisse du revenu consacré à la consommation (-3.26%). Une analyse plus profonde de la demande de chaque bien révèle que la baisse de cette dernière est due principalement à la baisse de la demande du transport qui a diminué de -4.21%, et à la baisse de la consommation des produits énergétiques de (-19.76%). L‟augmentation du prix du pétrole à impacté aussi l‟investissement total, qui a diminué de -2,34% et l‟indice des prix à la consommation qui a baissé aussi de -0.11%, cette baisse de l‟inflation est attribué à la diminution de la demande causée par la baisse des salaires. Pour les agents économiques, le revenu et l‟épargne des ménages ont enregistré une baisse de -3.26% suite, principalement, à la dégradation des revenus provenant de la rémunération du facteur travail due à la baisse des taux de salaire. Le revenu des firmes a subi aussi une diminution de -3.04% causée par la dégradation du revenu provenant du facteur capital (-3,74%) alors que son épargne a enregistré une augmentation de 6,30%, et ce grâce à la baisse des transferts versé par les firmes aux autres agents économiques (-2,08%). Le compte de l‟Etat enregistre une baisse de son revenu, cette baisse est due à la diminution des revenus provenant des paiements des impôts, qui a causé une chute de l‟épargne de l‟État (- 18%), ce qui explique en partie la baisse de l‟investissement total. Quant au reste du monde, et avec une épargne fixe imposé par le bouclage du modèle, son revenu a enregistré une augmentation de 2.02% grâce au gain d‟importation généré par l‟augmentation des prix du pétrole. 37 b. Impact sur les secteurs d’activité et sur le marché du travail Au niveau des secteurs (tableau 3), la demande d‟investissement enregistre une baisse dans les trois secteurs d‟activité. Le secteur industriel a enregistré la forte baisse dans l‟industrie du textile et du cuir avec une variation de -6.56, le secteur agricole a subi une diminution d‟investissement de -5,37% au niveau de la branche Agriculture, Foret Et Services Annexes et troisièmement une baisse est enregistrée dans le secteur tertiaire avec une forte baisse de -4,30% de l‟Immobilier, location et service rendus. Pour ce qui est de la valeur ajoutée, et suit au choc exercé sur le prix du pétrole, la branche du Transport, Raffinage du pétrole et le Bâtiment et travaux publiques ont connu une forte baisse de leurs valeurs ajoutées de -17,63%, -7,27% et -3,44% respectivement. D‟un autre coté les valeurs ajoutée des branches Industrie d‟extraction, Industrie du textile et cuir et ICP ont enregistré des hausses de 3,37%, 9,19% et 2,57% respectivement. Ces variations sont dues principalement à la variation de la demande du travail. En effet, la valeur ajoutée est en fonction de la demande du facteur travail et facteur capital fixe, ainsi les variations de la demande du facteur travail implique une variation du même signe de la valeur ajoutée. D‟où la baisse de la valeur ajoutée du transport qui est expliquée par la baisse de la demande de la main-d'œuvre composite de -29,51%, alors que la hausse de la valeur ajoutée de la branche industrie du textile et cuir est expliqué par la variation de la demande de la main-d'œuvre composite de 18,86%. Pour le marché de travail (tableau 4), l‟augmentation du prix du pétrole, a entrainé des changements au niveau de la demande de la main-d‟œuvre selon les trois catégories définies. Le bouclage du modèle impose l‟équilibre entre l‟offre et la demande du travail, dans un tel cas, il n y a pas une possibilité d‟apparition du chômage et seul le taux de salaire s‟ajuste pour assurer cet équilibre. Au niveau de la main d‟œuvre non qualifié, le taux de salaire a varié de -5,33%, celui de la main d‟œuvre de qualification moyenne a diminué de -4,08%, alors que le taux de salaire des travailleurs hautement qualifié a baissé de -3.47%. Cette variation du taux de salaire explique la baisse du revenu des firmes due à l‟augmentation des coûts de production. D‟après le tableau 4, on remarque une augmentation du coût de production pour les secteurs à fort intensité du pétrole, par exemple, le coût unitaire de l‟industrie d‟extraction a marqué une forte augmentation de 5,60%, celui de la branche transport 1,09% et le raffinage du pétrole 2,89%. Les trois catégories des travailleurs ont connu des réallocations entre les différentes branches d‟activités. Une forte baisse de la demande de travail a été enregistré par le secteur du transport avec des variations de -29,03% pour L1, -29,77% pour L2 et -30,12% pour L3, suivi par le BTP (-11,18% L1, -12,11% L2 et -12,56% L3), alors qu‟une demande supplémentaire est marqué par la branche Industrie du textile et cuir pour les trois catégories (19,47% L1, 18,22% L2 et 17,62% L3). L‟augmentation du prix de pétrole a fait augmenter le coût de production des branches d‟activité, ce qui s‟est traduit par une baisse des salaires. Cette baisse des salaires entraine une détérioration du pouvoir d‟achat des ménages qui réduisent leur demande de consommations 38 finales (canal du coût de production et de la demande). Dans un autre côté, la chute du revenu et de l‟épargne national face à une augmentation du revenu du Reste du monde traduit les transferts de richesse de l‟économie marocaine comme économie importatrice du pétrole au profit des pays exportateurs de cette matière. 4 .2 .2 Réduction du prix du pétrole : a. Impact sur les variables macroéconomiques et sur les agents économiques Contrairement aux résultats de la première simulation, la diminution du prix de pétrole entraine une hausse du PIB de 1.43%, due principalement à la hausse de l‟impôt sur la production (2,95%) et une hausse légère de la valeur ajoutée de (0.01%). La consommation finale des ménages a augmenté de 3,51%, une augmentation expliquée par la hausse de leur budget consacré à la consommation (1,57%), et comme le choc pétrolier exercé dans la première simulation, ce contre choc a impacté négativement mais légèrement l‟investissement (-0.19%) alors qu‟il a entrainé, au contraire, une hausse de l‟inflation de 2.27%. Au niveau du commerce extérieur, les importations ont enregistré une baisse de -0.34% alors que les exportations ont augmenté de 1.24%. Au niveau du revenu et de l‟épargne des agents économiques, le revenu et l‟épargne des ménages ont connu une augmentation de 1.57%, le revenu des firmes a augmenté tandis que leur épargne a diminué de -3.82% suit à l‟augmentation de ses transferts aux profits des autres agents économiques. Le revenu de l‟Etat ainsi que son épargne ont connu une variation respectivement de 1,85% et 5,63%, une amélioration moins importante comparativement à la baisse enregistrée suite au choc pétrolier. Et enfin, le revenu du reste du monde a marqué une chute de -22,10% une dégradation attribué principalement à la chute de ces revenus de vente des produits pétroliers. b. Impact sur les secteurs d’activité et sur le marché du travail Le secteur de l‟énergie a bénéficié de la baisse du prix du pétrole, ce qui est traduit par l‟augmentation de sa valeur ajoutée de 15.39%, alors que les autres secteurs à forte intensité de pétrole ont enregistré des variations négatives, notamment le transport (-4,35%) et Production Et Distribution D'électricité, D'eau (-0,20%). La demande du travail composite a enregistré sa forte variation à la hausse (37,25%) dans le secteur de l‟énergie, alors qu‟une forte baisse de -7,57% a été enregistrée dans la branche du transport accompagné d‟une baisse du coût de production de -17,37% grâce à la baisse du prix de l‟intrant pétrole. L‟investissement dans le secteur tertiaire a enregistré une hausse, notamment dans la branche commerce et réparation avec une variation de 0.64%, contrairement aux autres secteurs (primaire et secondaire) qui ont enregistré des baisses de leurs demande d‟investissement. Cette baisse du prix du pétrole, implique aussi des réallocations au niveau de la main d‟œuvre et sur sa rémunération salariale. L‟intensité de ce contre choc sur la rémunération salariale se voit moins forte comparativement à une hausse du prix du pétrole. Le taux de salaire de la main d‟œuvre non qualifié a augmenté de 1,46% suite à la baisse du prix du 39 pétrole de 70% contre une baisse de -5,33% suit à un choc du même pourcentage. Le taux de salaire de la deuxième catégorie des travailleurs a augmenté de 0,38% et celui de la troisième catégorie a varié de 0,22%. Quant à la demande de cette main d‟œuvre, La branche raffinage de pétrole et autre produit d‟énergie enregistre une augmentation de plus de 100% pour toutes les catégories, ainsi le transport enregistre une augmentation de sa demande de 17.40% pour la première catégorie, 12.37% pour la deuxième catégorie et 11.23% pour la troisième catégorie. D‟un autre coté les branches qui ont enregistré une baisse de cette demande sont principalement la branche Industrie de textile et cuir, Hôtels et Restaurants et Industrie d‟Extraction. La comparaison des résultats des deux simulations fait ressortir que l‟impact d‟une diminution du prix du pétrole n‟affecte pas l‟économie avec la même intensité qu‟une augmentation de ce prix. Un résultat qui contredit celui trouvé par Bentour (2015) qui stipule que les scénarios portant sur la diminution des prix ne montrent aucun effet asymétrique fort. 40 V. Conclusion Le pétrole étant la principale source énergétique dans le monde, est considéré indispensable au fonctionnement des économies mondiales. L'accroissement de la demande mondiale de pétrole entrainé par le développement des économies et certains évènements géopolitiques, induit à des perturbations du marché pétrolier. L‟objectif général de ce papier était de mettre en évidence la vulnérabilité des économies en voie de développement face aux chocs pétroliers, et particulièrement il s'est intéressé aux effets d‟une augmentation du prix du pétrole de 70%, et d‟une diminution du même pourcentage sur l‟économie marocaine. Au niveau de la méthodologie, nous avons utilisé la modélisation en équilibre générale calculable pour évaluer les effets des dites variations sur l‟ensemble de l‟économie : grandeurs macroéconomique variables sectoriels, l‟emploi, le revenu et le bien être des ménages. Notre modèle s‟est basé sur la matrice de comptabilité sociale de 2007. Les résultats des simulations montrent qu‟une augmentation du prix de pétrole de 70% induit à une détérioration du PIB, des revenus des agents économiques résidents, une augmentation du revenu du reste du monde, une baisse de la consommation finale qui se révèle plus accentuée au niveau des produits à forte intensité de pétrole comme le transport, l‟industrie d‟électricité et de l‟EAU et le BTP. De même, la hausse du prix du pétrole a produit une hausse des coûts de production, qui s‟est répercuté sur les prix à la production et les prix d‟achat. Alors que les résultats du deuxième scénario ont montré que la diminution du prix du pétrole de 70% a impacté positivement le PIB, la rémunération salarial, les revenu des ménages résidents et induit à une baisse de coûts de production et des prix à la production. L‟analyse des résultats des deux simulations a révélé que l‟impact d‟une diminution du prix du pétrole demeure plus faible qu‟une augmentation des prix en terme d‟intensité, autrement dit, les résultats montre une asymétrie des réponses de l‟économie marocaine face au choc et au contre choc pétrolier. Ces résultats montrent également une grande fragilité de l‟économie marocaine face aux changements des prix de pétrole qui restent très difficile à anticiper. Dans le cas d‟une hausse des prix, le pays sera fortement fragilisé, mettant à mal l‟équilibre budgétaire et ouvrant la voie à des difficultés économiques et sociales. De ce fait, et pour diminuer sa dépendance énergétique le Maroc est appelé à renforcer ses politiques d‟énergies renouvelables. L‟avantage que présente le modèle d‟équilibre général calculable se présente dans le fait de nous permettre de visualiser l‟impact du choc sur toutes les variables de l‟économie réelle ainsi que de quantifier cet impact. Cependant, il présente quelques limites qui constituent une entrave vers une analyse complète. Les résultats obtenus sont sensibles au choix de l‟année de référence sur laquelle le modèle est calibré, le modèle n‟intègre pas le marché financier et modélise seulement l‟économie réelle. Et comme point d‟amélioration, il est plus adéquat de travailler avec un MEGC dynamique qui inclue le comportement inter-temporel des agents économiques et qui permet d‟analyser les effets à moyen terme, d‟intégrer le marché financier et de désagréger le compte des ménages pour capter les effets d‟un choc pétrolier sur les différentes catégories de la population. 41 BIBLIOGRAPHIE Abiona, O. (2014). Asymmetric Oil Price Shock Response: A Comparative Analysis. Open Journal of Social Sciences. Abeysinghe, T. (2001). Estimation of direct and indirect impact of oil price on growth. Economics letters, 73(2), 147-153. Armington, P. S. (1969). A theory of demand for products distinguished by place of production. 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International Journal of Trade, Economics and Finance, 5(6), 536. 45 ANNEXES ANNEXE 1: Dérivation des programmes d’optimisation ANNEXE 1-1 : La demande des facteurs de production Le producteur cherche à minimiser le coût de la valeur ajoutée : Sous contraint : ̅̅̅̅̅̅ Le lagrangien : ( ̅̅̅̅̅̅) ( [ ( ) ] ̅̅̅̅̅̅) Les conditions du premier ordre : ⇔ ( ) ⇔ ( ) ⇔ ( ̅̅̅̅̅̅) Avec les dérivées de la valeur ajoutée par rapport au facteur de production travail et capital sont respectivement leur productivité marginale : [ ( ) ] ( )[ ( ) ] ( * [ ( ) ] ( * Et suivant la même logique on obtient : 46 [ ( ) ] ( * Les fonctions de demandes des facteurs de productions sont déduites de la condition de minimisation qui stipule que le taux marginal de substitution technique soit égal au rapport des prix des facteurs. D‟après nous avons : ( * ( * [ ( ) ] ( * [ ( ) ] ( * ( ) ( ) On écrit , et on obtient l‟équation de la demande du facteur travail composé : ( ) Et la demande du facteur capital composé : ( ) ANNEXE 1-2 : Demande du facteur travail par catégorie Etant donné que la fonction agrégé du travail composite : 47 [∑ ] Le programme d‟optimisation du producteur repose sur la minimisation de la masse salariale et ce comme suit : ∑ Sous la contrainte : ̅̅̅̅̅̅ Le lagrangien : ∑ ( ̅̅̅̅̅̅) Les conditions du premier ordre : ⇔ ⇔ ( ̅̅̅̅̅̅) Avec : [∑ ] [∑ ] ( * La demande relative du travail : [∑ ] ( * [∑ ] ( * Apres quelques réarrangements, nous avons : [ ] avec 48 On remplace cette équation dans la fonction agrégé de la demande du travail composé, et on obtient : *∑( ) ( ) + ( ) On remplace dans l‟équation du salaire tu travail composé suivante : ∑ Et nous obtenons après des arrangements légers : [∑( ) ( ) ] [∑( ) ( ) ] ( ) En remplace cette expression dans l‟équation , et après des arrangements nécessaires, nous aurons la demande de la branche du facteur travail par catégorie : * + ( ) ANNEXE 1-3 : Programme de maximisation de l‟utilité du consommateur L‟utilité du consommateur est spécifiée par la fonction de Stone-Geary : ∏ ⇔ ∑ Avec ∑ Le programme d‟optimisation est alors : ∑ Sous la contrainte : ∑ 49 Avec est la part du revenu consacré à la consommation, et le prix du bien et la quantité demandée du bien . Le lagrangien : ∑ (∑ + Les conditions du premier ordre : ⇔ ⇔ (∑ + Et nous avons : ⇔ Apres sommation de l‟équation par rapport à et rappelant que ∑ nous avons : ∑ ∑ Equivalent à : ∑ ∑ ∑ En utilise la définition de la contrainte budgétaire ∑ : ∑ D‟après : ⇔ ⇔ On remplace par son expression : ( ∑ + Donc la demande du bien est donnée par : 50 ( ∑ + Le terme ∑ constitue le revenu résiduel qui est l‟excèdent du revenu disponible consacré à la consommation après avoir satisfait des dépenses de subsistance. ANNEXE 1-4 : Offre du produit La fonction de la production totale de la branche est donnée par : [∑ ] Le problème du producteur est donc : ∑ Sous la contrainte : ̅̅̅̅̅̅ Le lagrangien : ∑ ( ̅̅̅̅̅̅) Les conditions du premier ordre : ⇔ ⇔ ( ̅̅̅̅̅̅) Avec : [∑ ] [∑ ] ( * [∑ ] ( * 51 Selon la condition du premier ordre et nous avons : [∑ ] ( * [∑ ] ( * Apres des arrangements nécessaires et en admettant que , nous obtenons l‟offre relative des produits : * + On remplace cette expression dans l‟équation de la production totale : ∑ (* + ) [ ] D‟où : *∑( ) ( ) + ( ) On substitue par dans l‟équation du prix de la production totale donnée par ∑ et après une gymnastique mathématique on obtient [∑( ) ( ) ] On remplace dans l‟équation de l‟offre relative des produits , et on obtient : ( ) ( ) Finalement nous avons l‟offre de la branche du bien i : * + ( ) 52 ANNEXE 1-5 : L'offre des produits sur les marchés local et externe La fonction de la production totale vendue dans le marché local et le marché extérieure est donnée par la fonction à élasticité de transformation constante (CET): [ ( ) ] Etant définit que est le prix des produits exportés, le prix des biens domestiqués, et sont les quantités offertes respectivement sur le marché extérieur et le marché domestique, le programme de maximisation du revenus des ventes des produits exportables est : Sous la contrainte : ̅̅̅̅̅̅ Le lagrangien : ( ̅̅̅̅̅̅) Les conditions du premier ordre : ⇔ ⇔ ⇔ ( ̅̅̅̅̅̅) Avec [ ( ) ] [ ( ) ] ( * [ ( ) ] ( * 53 Ainsi : [ ( ) ] ( * A partir de nous avons : [ ( ) ] ( * [ ( ) ] ( * Nous avons alors : ( ) * + En écrivant , l‟offre de produit dans le marché extérieur est : * + ANNEXE 1-6 : la demande pour les produits locaux et les importations La fonction d'agrégation de la marchandise écoulée sur le marché domestique prend la forme d‟une fonction à élasticité de substitution constante (CES) et s‟écrit : * + Le programme de minimisation des dépenses est le suivant : Sous la contrainte : ̅̅̅̅ Avec le prix du produit importé, le prix du produit domestique, la quantité du bien importé et celle du produit local. Le lagrangien : 54 ̅̅̅̅ Les conditions du premier ordre : ⇔ ⇔ ⇔ ̅̅̅̅ Avec : * + * + ( ) * + ( ) Même démarche pour obtenir : * + ( ) On remplace ces dérivés par leurs expressions dans le rapport et on obtient : Après quelques modifications légères, nous obtenons l‟équation de la demande du bien importé dans le marché national avec : * + 55 ANNEXE 2 : Ensembles, Équations, variables, Paramètres ANNEXE 2-1 : Définition des ensemble Les branches d‟activité : Les produits , Les facteurs travail , Agents économiques , Agent domestique , Agent non gouvernementaux , Produits exporté , Produits non exportés , Produits importés , Produits non importés ANNEXE 2-2 : Définition des équations Production : 1. 2. 3. [ ( ) ] 4. [∑ ] 5 [ ] ( ) 6. * + ( ) ( ) 7. * + 8. 56 Revenu et épargne : Ménages : 9. 10. ∑ 11. ∑ 12. ∑ 13. 14. ∑ 15. Firmes : 16. 17. ∑ 18. ∑ 19. 20 ∑ Gouvernement : 21. 22. ∑ 23. ∑ 24. 25. ∑ 26. ∑ 27. ∑ 28. ∑ 29. 57 31. 32. *( ∑ ) ( ∑ ) + 33. 34. ∑ Reste du monde : 35. ∑ ∑ 36. ∑ ∑ 37. Transfers: 38. 39. 40. 41. 42. La demande : 43. ( ∑ ) 44. ∑ 45. 46. 47. ∑ 48. ∑ ∑ ∑ L’offre et le commerce extérieure : 49. [∑ ] 58 50. ( * ( ) 51. [ ( ) ] 52. [( *( *] 53. [ ] 54. [( )( *] Les prix : 55. 56. ∑ 57. ∑ 58. 59. ∑ 60. 61. 62. ( ) 63. ( ∑ ) 64. ( ∑ ) 65. 66. 67. 59 68. Les indices : ∑( ) ∑ ( ) 69. √∑ ( ) ∑( + ∑ 70. ∑ 71. ∏ ( * 72. ∏ ( ) Les variables réelles : 73. 74. 75. 76. Le produit intérieur brut : 77. ∑ 78. 79. ∑ ∑ 80. ∑ ∑ ∑ ∑ L’équilibre : 81. 82. 83.∑ 84.∑ 85.∑ 60 86.∑ ANNEXE 3 : Définition des variables : Consommation des ménages en produit : Consommation minimale des ménages en produit : Consommation publique en produit i (volume) : Consommation intermédiaire totale du secteur : Demande domestique en produit produit localement : Consommation intermédiaire en produit par le secteur : Demande intermédiaire totale en produit : Offre de produit par le secteur dans le marché domestique : Quantité de produit exporté par le secteur j : Demande mondiale pour le produit exporté : Demande finale en produit pour l‟investissement : Quantité importée en produit : Demande en capital du secteur : Offre de capital : Demande de travail par l‟industrie LS : Offre de travail : Demande de produit comme marge de commerce ou de transport : Quantité demandée en produit composé : Valeur ajoutée de l‟industrie : Variation de stock en produit : Production de l‟industrie en produit : Production agrégée totale de l‟industrie j Les variables des prix : : Taux de change : prix de la monnaie étrangère en termes de monnaie nationale : Prix de base du produit de l‟industrie : Prix d‟achat du produit composite (incluant toutes les taxes et marges) : Indice du prix de la consommation intermédiaire de l‟industrie 61 : Prix du produit domestique vendu dans le marché domestique (incluant toutes les taxes et marges) : Prix reçu pour l‟exportation du produit : Prix FOB du produit exporté (en monnaie locale) :Indice des prix à la consommation : Déflateur du PIB : Indice des prix des dépenses publiques : Indice des prix d‟investissement : Prix du produit domestique (excluant toutes les taxes sur les produits) : Prix du produit importé (incluant toutes les taxes et tarifs) : Cout unitaire de l‟industrie : Prix de base de la production de l‟industrie : Prix de valeur ajoutée de l‟industrie (incluant les taxes directs sur la liées à l‟utilisation du capital et travail) : Prix mondial de l‟importation du produit (en devises) : Prix mondial d‟exportation du produit ( en devises) : Taux de rendement du capital dans l‟industrie : Taux de salaire du travail Les variables nominales (EN VALEUR) : Compte courant : Budget de consommation des ménages : Dépenses courantes de l‟Etat sur les biens et services : PIB au prix de base : PIB aux prix d‟achat d‟une perspective de demande finale : PIB aux prix du marché (approche revenu) : PIB aux prix du marché : Formation brut de capital fixe : Dépenses en investissement total : Epargne des entreprises : Epargne publique : Epargne des ménages : Epargne du reste du monde 62 : Impôt sur les entreprises : Revenu total de l‟Etat des impôts sur les sociétés : Impôt sur le revenu des ménages : Revenu total de l‟Etat des impôts sur les ménages : Revenu de l‟Etat des impôts indirects sur le produit : Recettes totales de l‟Etat des impôts indirects sur les produits : Revenu de l‟Etat des tarifs douaniers sur le produit : Revenu total de l‟Etat des tarifs douaniers : Revenu de l‟Etat des impôts sur la production de l‟industrie : Revenu total de l‟Etat des impôts sur la production : Revenu total de l‟Etat des impôts sur les produits et les importations : Revenu total de l‟Etat des impôts sur la production : Transferts de l‟agent vers l‟agent : Revenu disponible des entreprises : Revenu disponible des ménages YF : Revenu total des entreprises : Revenu du capital des entreprises : Transfert de revenue des entreprises YG : Revenu total de l‟Etat : Revenu du capital de l‟Etat : Transfert de revenue de l‟Etat : Revenu total des ménages : Revenu du capital des ménages : Revenu du travail des ménages : Transfert de revenue des ménages : Revenu du Reste du monde ANNEXE 4 : Définition des paramètres : Coefficient technologique : Paramètre d‟échelle : Paramètre distributif : Paramètre d‟échelle (CET-output total) 63 : Paramètre d‟échelle : Paramètre de partage (CET- exportations et ventes domestiques) : Paramètre de partage : Elasticité prix : Part du produit dans les dépenses publiques totales sur biens et services : Part marginale du produit i dans le budget de consommation des ménages : Coefficient (Leontief-consommation intermédiaire) : Part du revenu de capital par l‟agent ag : Paramètre de partage (fonction de transfert) : Elasticité de substitution (CES- produit composé); : Elasticité de transformation (CES- valeur ajoutée) ; : Elasticité de transformation (CET- exportations et ventes domestiques) : Elasticité-prix de la demande mondiale en exportations du produit : Élasticité de transformation (CET- output total) ; : Intercepte (épargne des ménages) : Taux de marge appliqué au produit : Intercepte (transferts des ménages à l‟Etat) : Taux marginal des transferts des ménages à l‟Etat : intercepte (impôt sur le revenu des entreprises) : Taux marginal de l‟impôt sur le revenu des entreprises : Intercepte (impôt sur le revenu des ménages ) ttdh1 : Taux marginal de l‟impôt sur le revenu des ménages : Taux d‟impôt sur le produit : Taux d‟impôt et de tarifs douaniers sur le produit : Taux d‟impôt sur la production de l‟industrie : Taux d‟impôt sur le revenu du travail : Coefficient (Leontief-valeur ajoutée). 64 ANNEXE 5 : Tableaux des résultats Tableau 1 : Les effets globaux des simulations (Variation en % par rapport à la situation de référence) Agrégats Augmentation du prix Diminution du prix PIB au prix de base -3,84% 1,43% Valeur ajoutée -0,02% 0,01% Consommation intermédiaire 2,02% 1,01% Importations -1,82% -0,34% Exportation 1,76% 1,24% Investissement -2,34% -0,19% Consommation final des -2,90% 3,51% ménages Inflation -0,11% -0,11% Tableau 2 : Les effets sur les agents économiques (Variation en % par rapport à la situation de référence) Agent Augmentation du prix Diminution du prix économique Revenu épargne Revenu épargne Ménage -3,26% -3,26% 1,57% 1,57% Firmes -3,04% 6,30% 1,96% -3,82% État -3,43% -18,00% 1,85% 5,63% Reste du monde 2,02% ----- -22,10% ----- Tableau 3 : Les effets sectoriels des deux simulations (Variation en % par rapport à la situation de référence) Augmentation du prix de 70% Diminution du prix de 70% Branche Valeur Coût Valeur Coût LDC IM INV LDC IM INV d’activité Ajoutée unitaire* Ajoutée unitaire* AGR 0,40% 4,91% -1,21% -3,98% -5,37% 0,11% 1,36% -8,95% -1,41% -0,04% PAQ 0,65% 1,44% -0,21% -2,93% ------ 0,35% 0,78% -15,90% -1,18% ------ IEX 3,37% 16,25% 5,60% 31,10% ------ 1,44% 6,78% -22,08% 10,20% ------ IAT -0,24% -0,86% -0,96% -5,07% ------ -0,03% -0,11% -12,96% -2,04% ------ ITC 9,19% 18,86% 0,76% 4,04% -6,65% 3,72% 7,50% -17,22% 1,66% -0,50% ICP 2,57% 6,14% 0,30% -1,36% ------ 1,39% 3,30% -16,28% -0,40% ------ IMM 1,46% 3,95% -0,39% -4,23% -6,33% 1,16% 3,14% -16,14% -0,49% -0,41% AIN -3,06% -8,17% 0,60% -3,07% -6,64% -0,40% -1,08% -16,63% -0,45% -0,49% RPE -7,27% -26,7% 2,89% -39,34% ------ 15,39% 37,25% -19,50% -14,9% ------ EAU -1,14% -4,17% -0,50% -3,67% ------ -0,20% -0,74% -12,74% -2,18% ------ - BTV -3,44% -2,83% ----- -3,66% -0,12% -0,40% -15,97% ----- -0,07% 11,46% COM -0,53% -1,75% -2,43% ----- -4,00% 0,06% 0,20% -11,60% ----- 0,65% HRS 2,09% 11,06% 0,33% -4,37% ------ 0,88% 4,57% -16,40% -1,98% ------ - - TRA 1,09% -1,96% ------ -4,35% -7,57% -17,37% -0,54% ------ 17,63% 29,51% 65 PTC 0,75% 4,29% -1,39% -7,19% ------ 0,37% 2,06% -13,78% -2,98% ------ - AFA -3,32% -8,20% -5,86% ------ -0,42% -1,06% -7,91% -5,97% ------ 16,32% IML 0,44% 4,21% -1,73% -8,54% -4,30% 0,32% 3,08% -14,75% -2,53% 0,22% ADM 1,33% 1,46% -1,80% ------ ------ -1,27% -1,39% -9,62% ---- ------ MNO 2,57% 3,07% -3,46% ------ ------ -0,38% -0,46% -6,25% ---- ------ OPO 0,84% 3,31% -1,86% -7,31% -4,18% 0,78% 3,07% -12,73% -3,08% 0,63% *Coût unitaire de l‟industrie y compris les impôts directement liés à l'utilisation du capital et du travail, mais à l'exclusion des autres impôts sur la production. Tableau 4 : les effets sur le marché du travail (Variation en % par rapport à l‟année de référence) Augmentation du prix de 70% Diminution du prix de 70% La La La La La La Branche variation variation variation variation variation variation d‟activité de de la de la de la de la de la LD1 LD2 LD3 LD1 LD2 LD3 AGR 5,06% 3,96% 3,43% 8,00% 2,97% 1,82% PAQ 1,77% 0,71% 0,20% -4,07% -9,10% -10,25% IEX 17,24% 16,02% 15,43% -21,13% -26,16% -27,30% IAT -0,31% -1,35% -1,85% -6,60% -11,63% -12,78% ITC 19,47% 18,22% 17,62% -26,41% -31,44% -32,58% ICP 6,79% 5,67% 5,14% -11,30% -16,33% -17,48% IMM 4,59% 3,50% 2,98% -11,82% -16,85% -18,00% AIN -7,60% -8,57% -9,03% 1,72% -3,31% -4,46% RPE -3,09% -3,70% -4,56% 105,29% 110,32% 111,46% EAU -3,16% -4,17% -4,65% 6,11% 1,08% -0,06% BTV -11,18% -12,11% -12,56% -4,22% -9,25% -10,39% COM -1,03% -2,06% -2,56% 2,70% -2,33% -3,47% HRS 11,75% 10,58% 10,02% -15,33% -20,36% -21,50% TRA -29,03% -29,77% -30,12% 17,40% 12,37% 11,23% PTC 5,01% 3,91% 3,38% -5,08% -10,12% -11,26% AFA -7,04% -8,01% -8,48% 3,59% -1,44% -2,58% IML 5,29% 4,19% 3,66% -9,42% -14,45% -15,59% ADM 2,55% 1,48% 0,97% 13,76% 8,72% 7,58% MNO 4,19% 3,10% 2,58% 9,80% 4,77% 3,63% OPO 4,62% 3,53% 3,00% -8,54% -13,57% -14,72% 66 TABLE DES MATIÈRES DEDICACE.................................................................................................................................................. I REMERCIEMENT ....................................................................................................................................II RESUME ................................................................................................................................................... III ABSTRACT .............................................................................................................................................. III SOMMAIRE ............................................................................................................................................. IV LISTE DES FIGURES............................................................................................................................. IV LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................................ IV I. Introduction ..................................................................................................................................... 1 II. Revue de littérature ......................................................................................................................... 2 2.1. Effets et canaux de transmission des chocs pétroliers : un survol de la littérature théorique ......... 2 2.1.1. Canaux de transmission du choc pétrolier ........................................................................... 3 a. Le canal du coût de production ............................................................................... 3 b. L‟effet de l‟inflation (boucle prix-salaire) .............................................................. 4 c. Le canal de transfert des richesses .......................................................................... 4 d. Le canal de la demande ........................................................................................... 4 2.1.2. Asymétrie des chocs du prix de pétrole............................................................................... 6 a. Effet des réallocations intersectorielles ................................................................... 6 b. Effet de l‟incertitude................................................................................................ 6 2.1 Impact des chocs pétroliers : un survol de la littérature empirique ........................................................ 6 III. Aperçu sur la situation énergétique au Maroc et la matrice de la comptabilité sociale ......... 10 3.1. La volatilité du prix du pétrole ........................................................................................................................ 10 3.2. La facture énergétique et la caisse de compensation ................................................................................ 12 3.3. La dépendance de l‟activité économique du pétrole................................................................................. 13 3.4. Structure de l‟économie et construction de la MCS ................................................................................. 14 3.4.1. Structure de l‟économie .................................................................................................... 14 3.4.2. La matrice de comptabilité sociale : .................................................................................. 15 IV. Le modèle et la simulation des chocs ........................................................................................... 20 4.1. Le modèle théorique ........................................................................................................................................... 20 4.1.1 La production des branches ............................................................................................... 21 4.1.2 Le revenu et l‟épargne ....................................................................................................... 24 4.1.3 Les Transferts .................................................................................................................... 28 4.1.4 La demande ....................................................................................................................... 29 4.1.5 L‟offre des produits et le commerce extérieur .................................................................. 30 4.1.6 Le système des prix ........................................................................................................... 32 4.1.7. L‟équilibre ......................................................................................................................... 34 4.2. Simulation des chocs et discussion des résultats ....................................................................................... 37 4.2.1 Augmentation du prix du pétrole ...................................................................................... 37 a. Impact sur les variables macroéconomiques et sur les agents économiques ........ 37 b. Impact sur les secteurs d‟activité et sur le marché du travail ................................ 38 4.2.2. Réduction du prix du pétrole : ........................................................................................... 39 a. Impact sur les variables macroéconomiques et sur les agents économiques ........ 39 b. Impact sur les secteurs d‟activité et sur le marché du travail ................................ 39 V. Conclusion ...................................................................................................................................... 41 BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................... 42 ANNEXES .................................................................................................................................................. 46 TABLE DES MATIÈRES ........................................................................................................................ 67 67