dans N. Favry, C. Ragazzoli, C. Somaglino, P. Tallet (éd.), Du Sinaï au Soudan. Itinéraires d'une
égyptologue (Mélanges offerts à Dominique Valbelle), Orient & Méditerranée. Archéologie 23,
Paris, 2017, p. 63-73.
LA CHAPELLE D’OSIRIS QUI PRÉSIDE AUX OCCIDENTAUX CONNUE
PAR UNE SÉRIE DE BLOCS DÉCOUVERTS À MÉDAMOUD
Laurent Coulon
EPHE / EA 4519 « Égypte ancienne : archéologie, langue, religion »
Parmi les monuments de l’époque kouchito-saïte des installations coptes du dromos. Le journal de
qu’a livrés le site de Médamoud1, essentiellement en fouilles décrit ainsi ces trouvailles :
remploi, un ensemble de cinq blocs provient de
Les installations coptes du dromos nous ont donné un
manière assurée d’un même monument (ig. 1). Il
petit nombre de pierres décorées remployées. Parmi
s’agit d’une chapelle osirienne dont le décor présente
celles inventoriées se trouvent deux lots intéressants :
de fortes analogies avec celui de la chapelle d’Osiris
Ounnefer Neb djefaou, reposoir du « fétiche » – Un lot avec fragments de textes qui, par le style et la
d’Abydos en bordure de la voie de Ptah à Karnak. Il dimension des pierres, me paraissent se rattacher soit
est dès lors probable qu’elle ait été créée à la même au monument Chapenapit, soit à un monument de
période et par le même concepteur, en l’occurrence cette époque ;
Sheshonq (A), grand intendant de la divine adora- – Un lot de pierres d’Aménophis IV dont un proil ar-
trice Ânkhnesnéferibrê, sous le règne du pharaon tistique de ce roi en relief dans le creux, pierre de mu-
saïte Amasis. Les inscriptions de ces blocs de sée malheureusement en mauvais état.4
Médamoud ont déjà été partiellement publiées dans
une étude sur les uraei gardiens du fétiche Les blocs qui nous intéressent font partie du
abydénien2, mais il restait à étudier le monument de premier lot.
manière plus complète, pour autant que son Le parallèle qui peut être établi avec la façade du
caractère fragmentaire le permette, et à tenter de naos de la chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou
caractériser l’autre collège de dieux-gardiens (ig. 2) permet d’assurer leur identiication :
présent aussi bien sur ce monument que sur la – le bloc Médamoud n° 65295 est inscrit avec les
chapelle thébaine. légendes de deux des quatre uræi qui occupent les
scènes n° 50 à 53 de la chapelle d’Osiris Ounnefer
Neb djefaou6 : [rs(t)-ḥr] « Celle-à-la-face-vigilante »
Présentation des éléments conservés (= n° 52) et spdt-ḥr « Celle-à-la-face-aiguisée »
(n° 50). Sur une autre face du bloc, pour laquelle
Les cinq blocs ont été enregistrés dans l’inventaire nous ne disposons pas de photographie, est visible
des découvertes réalisées par la mission de F. Bisson un fragment d’inscription en « relief » sur deux
de la Roque en 1932 sous les numéros 6525-6529 ; des
photographies en sont conservées dans les archives nos recherches de l’aide précieuse de Nadine Cherpion,
de l’IFAO3. Ces blocs ont été dégagés lors de la fouille alors responsable des archives.
4. Journal de fouilles de F. Bisson de la Roque, Médamoud,
1932, p. 166 (Archives IFAO, Orphea_ms_2004_0008).
5. Coulon 2011, p. 88, ig. 3a-b. Cf. Bisson de la Roque 1933,
1. L’étude du site a récemment été reprise sous la direction p. 64 ; indications du registre IFAO – Médamoud 1932,
de Dominique Valbelle. Voir dernièrement Valbelle & p. 576 : « [Morceau de pierre ; signes bleus gravés ; grès ;
Relats Monserrat 2015. H.s. 0 m 24 ; L.s. 0 m 34 ; E. 0 m 58 ; côté remployé, relief ;
2. Coulon 2011, part. p. 86, 88, 90-92. [Dromos, installations coptes ; 20 févr.] ».
3. Nous avons pu obtenir l’accès à ces photographies et l’au- 6. Les numéros de scènes correspondent à la numérotation
torisation de les publier auprès de Bernard Mathieu, alors adoptée dans l’édition de la chapelle, actuellement en
directeur de l’IFAO. Nous avons bénéicié également dans cours de publication (Coulon à paraître).
Du Sinaï au Soudan : itinéraires d’une égyptologue
Mélanges oferts au Professeur Dominique Valbelle – p. 63-73
64•LAURENT COULON
1 2
3 4
Figure 1 – Blocs provenant de la chapelle d’Osiris qui préside à l’Occident
découverts à Médamoud : 1. n° 6528 ; 2. n° 6525 ; 3. n° 6529 ; 4. n° 6526+6527
[Photographies © Archives IFAO].
colonnes, ce que F. Bisson de la Roque considère La présence de faces dressées sur quatre des blocs
être la preuve que le bloc a été remployé. de Médamoud montre que ceux-ci étaient disposés
– les blocs Médamoud n° 65257, 65268+65279 et dans les montants d’une porte, comme à Karnak. La
652810 portent les représentations et les légendes disposition des divinités sur le monument ne peut
de trois des quatre dieux coutilliers qui occupent néanmoins être semblable à celle observable sur la
les scènes n° 54 à 57 de la chapelle d’Osiris Oun- chapelle d’Osiris Ounnefer Maître des aliments, où
nefer Neb djefaou. les huit dieux-gardiens sont superposés sur quatre
registres de part et d’autre de la porte. En effet, sur
le bloc Médamoud n° 6529, les légendes des deux
uræi se suivent l’une derrière l’autre. Il est donc
7. Bisson de la Roque 1933, p. 63 ; indications du registre
envisageable que les serpents étaient disposés deux
IFAO – Médamoud 1932, p. 576 : « Morceau de pierre. par deux de chaque côté de la porte. En revanche, la
Texte gravé peint en bleu. Chapenapit (?) ; grès ; H.s. 0 m coniguration et les attitudes des dieux coutilliers
18 ; L. 0 m 50 ; E.s. 0 m 37 ; Dromos, installations coptes ; semblent en tout point analogues à celles observées
20 févr. ».
8. Bisson de la Roque 1933, p. 63 ; indications du registre
à Karnak : les deux dieux regardant vers la gauche
IFAO – Médamoud 1932, p. 576 : « Idem [/6525] avec divi- ont la main gauche posée sur le genou et la main
nité à tête de crocodile ; [grès] ; H.s. 0 m 20 ; L. 0 m 50 ; E. droite, tenant le couteau, levée au niveau des yeux,
0 m 35 ; idem [= même provenance et date de découverte tandis que, en symétrique, les dieux-gardiens lèvent
que 6525]. »
9. Bisson de la Roque 1933, p. 63 ; indications du registre
la main gauche en signe de protection, au même
IFAO – Médamoud 1932, p. 577 : « Morceau de pierre. niveau que la main droite qui tient le couteau. La
signes bleus gravés ; grès ; H.s. 0 m 17 ; L.s. 0 m 50 ; E.s. 0 m disposition respective des dieux coutilliers pourrait
32 ; Dromos, installations coptes ; 20 févr. » correspondre également à celle de Karnak.
10. Bisson de la Roque 1933, p. 63 ; indications du registre
IFAO – Médamoud 1932, p. 577 : «[Idem/6527]. H.s. 0 m
À partir des éléments disponibles, nous proposons
16 ; L.s. 0 m 48 ; E.s. 0 m 34 ; [idem = même provenance et une restitution possible de la disposition initiale des
date de découverte que 6528] ». blocs (ig. 3), en nous appuyant sur le parallèle de
LA CHAPELLE D’OSIRIS QUI PRÉSIDE AUX OCCIDENTAUX•65
Figure 2 – Façade du naos de la chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou.
[Dessin A. Guillou © Mission Sanctuaires osiriens de Karnak]
Karnak. Cette reconstruction schématique doit permet pas de trancher. Dans la restitution adoptée,
évidemment être considérée comme un outil de c’est le rythme d’alternance des blocs qui nous a
clariication des données existantes, l’absence de amené à privilégier le registre supérieur, car dans le
liaison entre les différents éléments rendant leur cas contraire, l’espacement entre le bloc aux uræi
association très hypothétique. Ainsi, pour le position- (n° 6529) et le bloc n° 6528 impliquerait la présence
nement du bloc n° 6528, on peut hésiter entre le entre les deux d’un bloc très in, ce qui est peu
registre inférieur et le registre supérieur du montant logique. Là encore, l’absence d’informations précises
gauche, incertitude que le faible recoupement des sur le schéma initial et les données constructives
textes avec la version de Karnak, très lacunaire, ne rendent ces considérations très fragiles.
66•LAURENT COULON
Figure 3 – Reconstitution hypothétique de la chapelle d’Osiris qui préside aux Occidentaux
à partir des blocs découverts à Médamoud.
[Dessins des blocs Y. Hamed / A. Guillou. Infographie de la reconstitution :
C. Sagouis, L. Coulon © Mission Sanctuaires osiriens de Karnak].
Il n’est pas exclu que d’autres blocs découverts à une inscription verticale (ig. 4). Or, la façade du
Médamoud dans le même contexte que ceux décrits naos de la chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou
précédemment puissent avoir fait partie du même porte précisément un décor de porte jubilaire de
édiice. Ainsi, le bloc n° 621711, rangé par F. Bisson part et d’autre de la représentation des dieux-
de la Roque parmi les blocs des XXVe et gardiens (scènes n° 30-47). Sur le bloc de
XXVIe dynasties, porte un décor caractéristique des Médamoud, le fragment d’inscription se trouvant
portes jubilaires12 : une divinité anthropomorphe entre les tiges jubilaires doit probablement se lire
décrite comme « Min maître d’Akhmîm » et portant [ḥr st Tfnw]t nt ʿnḫw, « sur le trône de Tefnout des
un plateau surmonté des signes ânkh et ouas est vivants », pendant féminin (et donc attribuable à la
représentée face à deux tiges jubilaires encadrant divine adoratrice) de la formule ḥr st Ḥr nt ʿnḫw
« sur le trône d’Horus des vivants » qui se trouve
11. Bisson de la Roque 1933, p. 62 ; indications du registre dans l’inscription correspondante de la chapelle de
IFAO – Médamoud 1932, p. 550 : « 6217 – A-B – 2 [mor- Karnak13 et se rapporte dans ce cas à Amasis (n° 46).
ceaux] – Fragment décoré H. 0,25 [m] ; L. 0,55 [m] ; En fonction de ce parallèle, la scène incluant Min
E. 0, 50 [m] ; relief en creux ; idem [= Dallage du kiosque
nord] ; janvier [1932] ».
12. Sur ces portes, voir principalement Leclant 1965, p. 220, 13. Sur ce parallélisme entre le « trône de Tefnout (var. Ouad-
n. 2 ; Eder 2002, p. 85-101 ; von Falck & Efland 2013, p. 77-96. jet) » et le « trône d’Horus », voir Leclant 1957, p. 166-167.
LA CHAPELLE D’OSIRIS QUI PRÉSIDE AUX OCCIDENTAUX•67
dans la salle K218. La scène décorant le mur nord
montre le roi offrant Maât au « fétiche » abydénien
appelé « Osiris Khenty-Imentet, le grand dieu,
maître d’Abydos ». Les autres dieux présents sont
Horus-sur-sa-colonnade, Harendotès, Isis et
Nephthys, ainsi qu’Horus et Thot qui maintiennent
le pilier du « fétiche ». De part et d’autre de celui-ci,
se trouvent les uræi (non léontocéphales) placés
sur des naos et crachant du feu. Par ailleurs, ces
Figure 4 – Bloc remployé découvert à Médamoud avec mêmes cobras sont représentés au pied du
décor de porte jubilaire (n° 6217). « fétiche » d’Abydos sur une stèle de la
[Dessin du registre de fouilles IFAO – Médamoud 1932 XXVIe dynastie (Londres BM EA 808) provenant
(IFAO, Orphea_ms_2004_0008), p. 550]. d’Abydos et appartenant à Ounnefer, qui porte les
titres de prêtre-ḥsk, chambellan, prêtre hépet-
oudjat, connu du roi et le ils (royal), et scribe royal
de la Maison-de-Vie19.
La disposition des uræi sur les reliefs renvoie au
(et probablement derrière lui le pavillon jubilaire) même schéma que le « quadrilatère » défensif des
à Médamoud correspondrait à la scène n° 38 de la rituels du Nouvel Empire qui mettaient en jeu
façade de la chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou, quatre uræi en argile crachant du feu, quatre
dans laquelle malheureusement la légende du dieu « nobles dames » (špswt) disposées aux coins d’une
est détruite14. En l’absence de photographie du pièce pour protéger celui qui y sommeille20. Les
bloc, il est dificile d’établir de manière plus précise conventions de la représentation en deux dimen-
ce rapprochement. sions nécessitent ici une organisation par paires
L’identiication du dieu auquel est consacré le groupées de part et d’autre du reliquaire. Une
monument d’où proviennent les blocs présentés dimension supplémentaire est probablement
ci-dessus est assurée par la mention de celui-ci donnée à la présence des uræi dans le sens où le
dans les légendes des dieux-gardiens. Là où c’est « fétiche » abydénien conserve et incarne la tête du
« Osiris Ounnefer Neb djefaou » qui est cité à dieu et que ces serpents sont par nature ceux qui
Karnak, c’est « Osiris qui préside aux Occidentaux »15 sont « sur la tête » d’Osiris et peuvent même naître
qui est invoqué sur les blocs de Médamoud. Il est des « écoulements » de celle-ci. Mais à ce carré
légitime de penser que, à l’instar de la chapelle protecteur est aussi associée une série d’élabora-
thébaine, c’était également le « fétiche » abydénien tions théologiques : les noms des quatre uræi sont
qui était désigné sous cette forme d’« Osiris qui formés à l’aide du mot « visage » (ḥr), formant ainsi
préside aux Occidentaux », comme il l’est réguliè- un groupe de « quatre faces »21, et les cobras sont
rement par ailleurs16. chacun dotés d’une tête de lionne, l’ensemble
évoquant naturellement la déesse quadrifrons,
Temet-Hathor, dont la triple personnalité d’uræus-
les quatre uræi léontocéPhales œil de Rê-lionne l’associe à Bastet/Sekhmet. Elle
manifeste en effet son pouvoir protecteur envers
Une présentation détaillée du collège des quatre Rê ou, par délégation, envers Osiris par l’entremise
uræi protégeant le « fétiche » d’Abydos a été publiée de quatre uræi associés aux quatre points cardinaux.
récemment et nous y renvoyons pour l’analyse des Cette élaboration théologique se laisse tracer
sources et l’établissement des textes17. Outre les jusqu’à la Maison-de-Vie d’Abydos à travers le
chapelles de Karnak et de Médamoud, ce collège est témoignage de la stèle d’Ounnefer (Londres
attesté également dans les reliefs du temple d’Hibis,
18. Hibis III, pl. 25.
19. Coulon 2011, p. 93-98.
14. Min fait régulièrement partie des dieux représentés sur 20. Cf. Ritner 1990, p. 25-41 ; sur les exemplaires d’uræi en
les portes jubilaires. Voir ainsi dans le temple de Ram- argile découverts en contexte archéologique pouvant se
sès III à Médinet Habou (Medinet Habu V, pl. 251 [K]) ou le rattacher à ce rituel, voir dernièrement Szpakowska 2011,
temple de Ptah à Karnak (Ptah n° 40 = Biston-Moulin & p. 71-74 (avec réf.).
Thiers 2016, p. 74). 21. On peut rapprocher de ces quatre visages crachant du feu
15. Ou « Osiris qui préside à l’Occident », selon les graphies, l’entité à laquelle est identiiée la divine adoratrice Ânkh-
les deux expressions pouvant être considérées comme nesneferibrê dans une des formules de son sarcophage : nts
parfaitement équivalentes. Cf. LGG V, 783b. pȝ ḥrw fdw ḥr nḥbt wʿt nb nbjt r ḫftyw.f – « Elle est (celui aux)
16. E.g. Abydos (éd. Calverley et al.) I, pl. 11. quatre visages sur un seul cou, le maître de la lamme contre
17. Coulon 2011, p. 85-108. ses ennemis » (Sander-Hansen 1937, p. 128, § 418-419).
68•LAURENT COULON
BM EA 808), déjà citée, où les noms donnés aux uræi Édition synoptique des textes
conirment le lien qui existe entre ceux-ci et les
noms des quatre déesses-bnnt (Sekhmet, Bastet, – Dieu coutillier n° 1
Ouadjyt, Shesemtet)22 qui protègent Osiris à Abydos
et sont précisément celles associées à la déesse K = Karnak, chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou n° 54
quadrifrons. Enin, signalons qu’un hymne ptolé- K:
maïque à la déesse Répit du temple d’Athribis,
récemment publié, nous fournit une description
supplémentaire de quatre déesses-uræi (jfdwt)
analogues, associées à la protection de la tête [1] [... ...] [2] [...] jj...].k m pḥ[t]y.k r ḫ[3][fty]w nb n Wsjr
d’Osiris contre ses ennemis et ceux d’Horus23. wn-nfr nb ḏfȝw sjpt [4] [... ...]
[1] [... ...] [2] [...] tes [...] de ta force contre tous les enne-
les quatre dieux coutilliers mis d’Osiris Ounnefer maître des aliments, [puisses-
tu] comptabiliser (a) [...]
Le deuxième collège de dieux-gardiens n’est pas
attesté, à notre connaissance, dans la documen- Pour un exemple d’usage du verbe sjp dans un contexte
(a)
tation, en dehors des chapelles de Karnak et de de destruction des ennemis, voir LGG VI, 170a, s.v. sjp sbjw
Médamoud. Mais cette lacune est peut-être due à m šʿt.sn, « qui assigne les rebelles à leur lieu d’exécution ».
l’état très fragmentaire des inscriptions qui ne
laissent connaître aucun nom complet pour aucun
des quatre dieux, ce qui rend les identiications très – Dieu coutillier n° 2 (à tête de crocodile)
dificiles. Le bloc Médamoud n° 6525 permet de
K = Karnak, chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou n° 55
connaître les premiers signes d’une légende
M = Médamoud, bloc n° 6526+6527
commençant, après ḏd mdw jn, par . Ces signes
pourraient être éventuellement considérés comme
le début d’un nom divin ; ainsi, le théonyme
jyt-m-ḏr.f, « celui que Iyt24 K:
entoure (= protège) » est attesté dans un texte
magique contre les serpents25. Néanmoins, alors
que les discours des uræi sont à la première M:
personne, les textes préservés comportent ici des
adresses à la deuxième personne ordonnant au
dieu-gardien d’abattre les ennemis par différentes K:
actions ; il paraît donc probable, malgré la présence
du jn « par » après ḏd mdw « paroles à dire », que la
légende contenait au début une invocation j « ô » M:
suivie du nom du dieu-gardien, puis du discours qui
lui est adressé26.
K:
M:
22. Notons que la séquence « Sekhmet, Bastet, Ouadjet, She-
semtet », suivant le nom de la déesse Mout, est insérée dans
une énumération de divinités protectrices du corps osirien K:
gravée sur le sarcophage d’Ânkhnesneferibrê (Sarcophage
d’Ânkhnesnéferibrê 164 = Sander-Hansen 1937, p. 67).
23. Leitz 2012, p. 759-761.
M:
24. Sur Jyt, lieu abritant l’omoplate d’Osiris à Létopolis, voir
Meeks 2006, p. 47-49, n. 28.
25. Voir stèle Londres BM EA 190 (+ Copenhague, Ny Carlber-
sg Glyptotek ÆIN 974), l. 28. Pour la lecture, voir Osing
1992, p. 477 et 479-480, n. (e) ; LGG I, 133a-b. [1] [...] [M. m hh.f my jr.k mnmn] [2] sbty nb n ḫftyw n Wsjr
26. Cp. les invocations adressées aux divinités gardiennes des Wnn-nfr Nb-ḏfȝ[3]w (var. M. ḫnty Jmntt)
portes dans le chapitre 144 du Livre des Morts. Cf. Ab-
delrahiem 2006, p. 1-16 ; bibliographie complémentaire dj.k sw m sbj n sḏt sḫm.k [4] jm.f mj sḫm[5.]k {t} m sbj nb m
dans Lucarelli 2010, p. 85-102, part. p. 86-88. ȝt[6] n nšny.k
LA CHAPELLE D’OSIRIS QUI PRÉSIDE AUX OCCIDENTAUX•69
[1] [Ô celui qui ...] avec sa lamme (a). Viens faire trem- [1] M : [... ...]wd ʿȝw [... ...]
bler (b) [2] tout rempart des ennemis d’Osiris Ounnefer [2] M : [... ...] n Wsjr ḫnty-Jmntyw
maître des aliments (var. M. qui préside à l’Occident). [x+1] K : [... ...] nb
[3] Fais-en un holocauste (c) ! Aie pouvoir sur lui [4]
comme tu as [5] pouvoir sur tout rebelle (d) au mo- [1] M : [... ...] qui met le feu (?) (a) [... ...]
ment (e) [6] où tu te déchaînes (f) ! » [2] M : [... ...] d’Osiris qui préside aux Occidentaux
[x+1] K : [... ...] tous les [...]
(a) L’expression m hh.f « avec son soufle brûlant » est Nous suggérons de reconnaître ici le mot rare
(a)
attestée dans de nombreuses épithètes divines. Voir Wb I, 166, 9, « Feuersglut » ; AnLex 77.0571, « brasier ».
LGG IV, 811b-c. Cf. Varille 1968, p. 71. Le terme semble proche par le sens
(b) Sur mnmn décrivant l’activité de divinités agressives : de nbjt, nsrt, hh ou sḏt, employés régulièrement avec le
« Celui qui fait trembler le sol (ktkt tȝ) et qu’on appelle verbe wdj (Wb I, 387, 3-4).
“Remueur” (mnmn) » (HPBM IV, pl. XIX, T1, r° 60-61 ;
trad. Vernus 1990, p. 181. Cf. LGG III, 302b). Voir aussi
Traunecker 1992, p. 345-346, § 304. – Dieu coutillier n° 4 (à double tête d’oiseau)
(c) Sur cet holocauste auquel est voué l’ennemi, voir
K = Karnak, chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou n° 57
Yoyotte 1980-1981, p. 91 et 93 [= Yoyotte 2013, p. 64 et 66].
M = Médamoud, bloc n° 6525
L’expression sb n sḏt peut désigner concrètement le
« mode de combustion de l’image ennemie ». Cf. Herbin
2013, p. 273. K:
(d) Le signe n’a pas de tête sur l’original.
(e) Sur ȝt avec le sens spéciique de « moment d’attaque »,
voir Gardiner 1948, p. 14-15 ; Ritner 1990, p. 31-32, (G) et M:
(I).
(f) La in de la légende est traduite par Rondot 1989, p. 257,
n. 10. Pour la phraséologie, cp. e.g. CT IV, 396a-b : dj.k K:
sḫm.j m mw mj sḫm mj sḫm stš m mw m ʿwȝt wsr grḥ pw n nšn
ʿȝ : « Puisses-tu faire que je maîtrise l’eau comme Seth
maîtrisa l’eau quand il lésa Osiris, cette nuit de la grande M:
fureur » (trad. Vernus 1989, p. 199). Le prototype de ce
déchaînement peut être aussi Sekhmet, comme en LD III,
264d, col. 2-3 (tombe de Bakenrenef) : dd.ṯn sḫm.j m mw mj K:
sḫm Sḫmt m sbjw. Sur le jeu de mots sḫm / Sḫmt, voir
Goyon 1966, p. 53, n. (5).
M:
– Dieu coutillier n° 3
[1] M : ḏd mdw jn j ḏ[w...]
K = Karnak, chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou n° 56 [2] M : my sḫm.k...
M = Médamoud, bloc n° 652827 [3] K : [Wsjr] Wnn-nfr Nb-ḏfȝw wd.k sḏt[4].k (M : sḏb.k) jm.f
[5] sḫr.k sw m [6] ȝt nt nšny.k
K:
[1] Paroles à dire par (sic) : « Ô Dj[ou ?...] (a)
[2] Viens prendre le pouvoir sur [...]
M: [3] [Osiris] Ounnefer Neb djefaou, puisses-tu lancer ta
lamme sur lui (b) ; puisses-tu l’abattre dans le moment
de ta fureur ! »
K:
L’identité de ce dieu-gardien à l’apparence si originale
(a)
est dificile à établir, car son nom n’est que très partiel-
M: lement conservé. Si les traces correspondent bien à une
lecture Ḏw[...], le nom pourrait être formé sur le nom ḏw
« mal », que ce soit simplement une désignation Ḏw (voir
27. Pour l’incertitude sur l’appartenance de ce bloc à la repré- un dieu coutillier ainsi nommé en Edfou V, 105, 1, 7° ; Rizzo
sentation du dieu-coutillier n° 1 ou n° 3, voir supra. 2012, p. 119) ou un composé du type Ḏw-hh, « celui à
70•LAURENT COULON
l’haleine mauvaise » (LGG VII, 610b). Il ne nous a pas été t d’un mot qui dans la version de Médamoud est sḏb. La
possible néanmoins d’identiier un tel théonyme au sein version correcte nous semble être celle utilisant wdj sḏt
d’un collège de quatre dieux coutilliers semblable à celui « mettre le feu » (Wb IV, 376, 1). Elle aurait subi l’attraction
de nos chapelles. de l’expression wd sḏb, « causer des dommages » (Wb IV,
Si l’on s’attache maintenant à l’iconographie du dieu- 382, 8-12). Pour la construction avec m, cp. wdj ḏw m
gardien et si l’on tient compte de la forte coloration « inliger le mal à » (AnLex 77.1103).
abydénienne des chapelles d’Osiris Ounnefer Neb djefaou,
force est de s’interroger sur les relations possibles entre Même si ce quatuor de divinités ne nous est pas
notre dieu-gardien et le dieu Hâpy à double tête d’oiseau connu par ailleurs, il peut être comparé à d’autres
attesté à deux reprises dans le sanctuaire d’Osiris (“inner groupes de quatre dieux coutilliers bien attestés au
Osiris hall”) du temple de Séthy Ier à Abydos (LGG V, 44c (E) sein des gardes rapprochées d’Osiris28. S’agissant
et 46b [41] ; Cauville 2010, p. 38-39). Dans l’une des scènes, spéciiquement de la protection du « fétiche »
il est suivi par Maât (Abydos, éd. Calverley et al., III, pl. 11), d’Abydos, deux collèges de quatre dieux coutilliers
dans l’autre par Nephthys (ibidem, pl. 14). L’aspect parti- offrent des analogies fonctionnelles évidentes :
culier du dieu de l’inondation a été expliqué soit par une – le collège de dieux coutilliers à tête animale
allusion à l’activité des oiseaux au moment de la crue composé de Qfdnw (tête de babouin), Bȝstt-
(el-Sawi 1983, p. 7-13), soit par un jeu graphique avec les ṯȝy / Tfnwt-Bȝstt (tête de lionne), Ḥr ḥry nst.f (tête
deux canards qui, dans le système hiéroglyphique, de crocodile ou de faucon) et Jnpw / Jsds (tête de
peuvent se lire ḥpy (Youssef 1984-1985, p. 415-417). Selon chacal), présent dans les temples de Séthy Ier et
J.-Cl. Goyon, « le dieu représenté avec les deux têtes d’oie Ramsès II à Abydos, dans le temple de Ramsès III
(...), n’a, à peu près sûrement, rien à voir avec Ḥʿpy « Nil » à Médinet Habou, dans le temple de Khonsou à
étant très probablement ḥpy, génie-canope, ils d’Horus, Karnak (ép. Ramsès IV) et sur quelques autres
dont les deux oies accolées ou en tête sont un emblême et objets d’époque tardive29 ; ce quatuor porte l’ap-
une graphie courante (Wb III, 70, 6-7) » (Goyon 1990, pellation collective « les quatre ils d’Osiris » sur
p. 260). Les graphies du théonyme à Abydos laissent le cofret à viscères ptolémaïque Wien A 2123,
néanmoins peu de doute sur l’identiication au dieu de d’origine thébaine30 ;
l’inondation Hâpy. – le collège de dieux coutilliers à tête humaine
Les commentateurs ont rapproché ce Hâpy d’un dieu avec composé de Sbk, Sbkt, Tm et Tmt, attesté autour
une iconographie proche attesté à Hibis, sur le mur sud de du « fétiche » d’Abydos sur des sarcophages
la salle K2, à forte tonalité abydénienne. Néanmoins, son d’époque tardive, parfois associé à d’autres divi-
nom n’est pas préservé (en dernier lieu, Cauville, loc. cit. ; nités31. Ce collège est désigné également par l’ex-
cf. Cruz-Uribe 1988, p. 102-103, et n. 485). Il intervient au pression « les quatre akhou qui veillent sur la
sein d’une scène que J. Yoyotte décrit ainsi : majesté d’Osiris » dans une formule de protec-
tion contre les animaux venimeux (variante de la
Sur le mur latéral sud, le roi fait offrande à Osiris-Andjty,
“formule de Khnoum”)32 mais aussi sur les sarco-
forme busirite du dieu, que suivent quatre divinités
phages de Ḏd-ḥr, où l’expression devient : « les
formant une série dont la constitution, d’apparence
quatre akhou grands et vénérables qui assurent la
hétéroclite, attend d’être expliquée, mais qui en tout cas,
garde de la tête d’Osiris »33. Il semble y avoir eu
devaient avoir en commun une connexion quelconque
avec la protection d’Osiris et avec sa résurrection
28. Voir Dendera X, 207, 3-8 et pl. 100 (Nebhat, Nebdes, Khese-
(cf. Yoyotte 1980-1981, p. 69 = Yoyotte 2013, p. 39). ferrouty, Khesefsebyou).
29. Voir l’inventaire des attestations dans Coulon 2011, p. 99-
Le dieu à double tête d’oiseau est précédé par Oupouaout
101 ; ajouter les sources citées par Mekis 2012, p. 249 et n. 16.
et suivi de [Mout]-qui-porte-son-frère et Horus maître de 30. Ibidem ; cf. Reiser-Haslauer et al. 1979, p. 107-108 (M 6).
l’Orient (Hibis III, pl. 24). 31. Leitz 2011, § 19, p. 329-336 et part. p. 334, n. 23.
Si aucun lien assuré ne peut être établi entre les diffé- 32. Cette formule est attestée par exemple sur les stèles Caire
CG 9405, 13-14 et CG 9410, col. 10-11, Moscou, Pushkin Mu-
rentes divinités évoquées et le dieu-gardien de la chapelle
seum I.1.a. 4467, 11-12, ou le P. Brooklyn (Wilbour)
d’Osiris Ounnefer Neb djefaou, il reste néanmoins possible 47.218.138, § 10, x+II, 7. Cf. Goyon 2012, p. 17 (avec détail
de supposer que l’apparence de ce dernier répond lui des sources).
aussi à un jeu entre son nom (ḏw...) et son apparence à 33. Caire CG 29305, éd. Maspero 1914, p. 207. Sur ce sarco-
phage, l’iconographie des quatre dieux est singulière :
deux têtes d’oiseaux, puisque un oiseau ḏwt est attesté
« quatre momies de cynocéphales, debout, la face à l’est,
dans les Textes des Sarcophages (Wb V, 551, 8). On peut avec une aile recourbée qui leur sort des reins et qui leur
suggérer par exemple un rendu par un « duel monte jusqu’à la hauteur du sommet de la tête » (ibidem).
graphique » du nisbé ḏwy « le mauvais » (cf. Gaber 2015, Sur l’autre sarcophage de Ḏd-ḥr ils de Jʿḥ-ms, la désigna-
tion du collège intervient dans le texte du bandeau supé-
p. 67, n. 6).
rieur de hiéroglyphes qui surmonte la représentation de
(b) Ce passage est confus dans la version de Karnak, car la quatorze divinités qui s’achève par les igures de Sbk, Sbkt,
in du mot ḏfȝw a été gravée par erreur après le cobra et le Tm et Tmt : jw n.k ȝḫw fdw špsw jpw jr.sn rs ḥr tp.k : « Viennent
LA CHAPELLE D’OSIRIS QUI PRÉSIDE AUX OCCIDENTAUX•71
une spécialisation progressive de ces dieux-gar- sition entre deux formes osiriennes étant bien
diens dans la protection de la relique abydé- exploité par ailleurs sur les monuments thébains38.
nienne du dieu, d’où leur association avec le À fortiori, la complémentarité entre Osiris Ounnefer
« fétiche ». et Osiris qui préside aux Occidentaux, dans le cas
particulier où ces désignations renvoient au
En tout état de cause, même s’il faut rester « fétiche » abydénien, est illustrée dans les décors
prudent sur le caractère « original » de l’élaboration du temple de Ramsès Ier à Abydos, dans les scènes
de cette compagnie divine, il est possible de supposer symétriques montrant l’offrande des rois Ramsès
que le concepteur de la décoration des chapelles de Ier et Séthy Ier au fétiche processionnel39.
Karnak et de Médamoud, le grand intendant de la Subsiste le problème fondamental de la locali-
divine adoratrice Sheshonq (A)34, a pu contribuer à sation initiale de la chapelle partiellement
sa création et concevoir notamment les invocations remployée à Médamoud. Certains arguments
adressées à chacun des dieux-gardiens35. peuvent soutenir la thèse d’un transport de ces
blocs depuis Karnak jusqu’à Médamoud après le
démantèlement de la chapelle dont ils prove-
conclusion naient. Les talatates d’Amenhotep IV découvertes
elles aussi en remploi à Médamoud ont proba-
Au vu des similitudes du programme décoratif blement une origine thébaine40. Certains reliefs
et des particularités épigraphiques communes, la éthiopiens41 et ptolémaïques42 découverts dans le
chapelle osirienne de Médamoud fait selon toute même contexte présentent tellement d’analogies
probabilité partie du même programme architec- avec les décors de la chapelle d’Osiris coptite à
tural et théologique que celle de Karnak et les deux Karnak qu’il est tentant de voir dans ce monument
édiices ont été vraisemblablement conçus parallè- leur origine. L’hypothèse d’un circuit proces-
lement. Les vestiges du décor de la chapelle d’Osiris sionnel du fétiche abydénien passant par les deux
Ounnefer Neb djefaou permettent d’y voir un stations à l’époque saïte alimenterait davantage la
reposoir du « fétiche abydénien » et cette fonction thèse d’une localisation sur un même site de ces
conviendrait aussi à l’édiice connu par les blocs de deux édifices. Néanmoins, au vu de la richesse
Médamoud. Le fait que ces chapelles soient consa- théologique du sanctuaire de Médamoud, de la
crées à deux formes distinctes du dieu des morts, découverte dans ce site d’une table d’offrandes au
Osiris Ounnefer maître des aliments et Osiris qui nom de la divine adoratrice Ankhnesneferibrê,
préside aux Occidentaux, n’a rien pour surprendre, qui n’est pas forcément un remploi43, et du fait
dans la mesure où la multiplicité des épiclèses que les quatre villes de Montou, le « palladium »
divines est caractéristique des édiices osiriens thébain, dont fait partie Médamoud, ont une
thébains36. Ces deux formes à l’honneur dans importance dans la théologie osirienne telle
chacune des chapelles devaient ainsi présenter qu’elle est reflétée dans la chapelle d’Osiris
deux aspects complémentaires du dieu, deux Ounnefer Neb djefaou44, la question ne peut être
phases du cycle de renaissance37, ce jeu d’oppo- considérée comme définitivement close. Il reste à
espérer que la poursuite de l’exploration du site
à toi ces quatre akhou vénérables qui assurent la garde de permettra de localiser plus précisément d’éven-
ta tête » (Caire CG 29304, éd. Maspero 1914, p. 147 et 149- tuels vestiges de bâtiments kouchito-saïtes
150). Les notices de LGG I, 44c-45a (ȝḫw fdw špsw [1] et ȝḫw construits in situ ou d’écarter encore davantage
fdw špsw ʿȝw) sont à fusionner en fonction de cette identi-
ication. Sur ces dieux, voir aussi dernièrement Fischer-
l’hypothèse de leur existence.
Elfert 2015, p. 125-131.
34. Sur la culture littéraire et théologique de ce personnage
relétée par ses monuments, voir Coulon 2011, p. 105-106
(avec réf.).
35. Il est frappant que les dieux coutiliers semblent agir plus
par le pouvoir de la lamme que par celui du couteau, ce University (Sydney) MU 2668 + Caire CG 38372 (JWIS IV,
qui laisserait penser à un « assemblage » de formules un p. 676-677, n° 59.61).
peu artiiciel. 38. Coulon 2010, p. 6-10.
36. Leclant 1965, p. 263-286. 39. Winlock 1921, pl. 1-3.
37. De nombreux monuments font apparaître un jeu de sy- 40. Gabolde (M.) 1998, p. 36, n. 306.
métrie / d’opposition entre Osiris Ounnefer et Osiris qui 41. Coulon 2014, p. 978, n. 13.
préside aux Occidentaux. Voir e.g., parmi de très nom- 42. E.g. les blocs Médamoud n° 4552, 4554 ou 5399.
breux exemples, le linteau Caire JE 32091 présentant 43. Paris, Louvre E 12989. Cf. JWIS IV, p. 735, n° 59.105.
deux scènes symétriques dans lesquelles le roi Séthy Ier 44. Voir la chapelle d’Osiris Ounnefer Neb djefaou, scène n° 6
offre les vases-nmst respectivement à Osiris Ounnefer et (= LD III, 273f), où sont représentés Montou « maître de
Osiris Khenty-Imentet (Brand 2000, p. 185, ig. 15 et 93) ; puissance dans les quatre villes » et Râttaouy « maîtresse
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72•LAURENT COULON
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