COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
4. Création et détournement du
commerce sous les accords de
libre-échange signés par le Maroc :
les enseignements d’un modèle de
gravité en données de Panel
Sara LABRAR, Doctorante, FSJES/LEA - Agdal Université Mohammed V de Rabat
Safaa TABIT, Doctorante, FSJES/LEA - Agdal Université Mohammed V de Rabat
Résumé
Ce travail présente une évaluation ex-post des effets des accords de libre-échange
sur le commerce extérieur marocain à l’aide d’un modèle de gravité estimé en données de panel,
sur un échantillon incluant 48 pays sur la période 1996-2014. L’introduction des variables muettes
dans le modèle permet d’identifier les effets de création et de détournement de commerce selon
la terminologie de Viner. Les résultats de l’estimation du modèle gravitationnel sous ses deux
formes, log-linéaire et non-linéaire, montrent que les accords de libre-échange ont entraîné un
effet de création sur le commerce extérieur marocain avec la plupart des membres des accords
ainsi qu’avec le reste du monde. Par contre, aucun détournement de commerce ne s’est dégagé.
Mots-clés : Accords de libre-échange, modèle de gravité, création de commerce, détournement de
commerce, données de Panel, BNPML, politique commerciale, Maroc.
JEL Classification : F13, F14, C23, O24, O55
Trade Creation and Trade Diversion of Moroccan Free
Trade Agreements (FTA’s): Evidence from a Panel
Gravity Model
Abstract
This study uses a gravity model to assess the ex-post effects of Free Trade Agreements
(FTA’s) on bilateral trade flows between Morocco and its partners. Using aggregated data, the
model includes 48 countries and is estimated with panel data over the period 1996-2014. The
introduction of dummy variables allows for the correct identification of Vinerian trade creation
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 155
PARTIE I
and trade diversion effects. The estimation of the gravity model in its linear and non linear form
shows that Free Trade Agreements led to trade creation effects on the Moroccan foreign trade
with most members of the agreements and with the rest of the world. On the other side, no trade
diversion occurred.
Keywords : Free Trade Agreements, gravity model, trade creation, trade diversion, Panel Data, BNPML,
trade policy, Morocco.
156 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
Introduction
La prolifération des accords de préférence commerciaux, depuis les années 1990, témoigne
du rôle que peut jouer le commerce international dans le développement des économies du
monde. En effet, l’augmentation des flux commerciaux internationaux et la libéralisation des
marchés poussent les gouvernements du monde à ne pas négliger le volet commercial dans
l’élaboration de leurs stratégies et leurs politiques économiques.
La signature des accords commerciaux prévoit une intégration plus ou moins forte. Ces
accords peuvent être réciproques au sens où chaque pays ouvre également son économie
aux autres. Ou encore ils peuvent être des accords non réciproques permettant aux pays en
développement d’obtenir un accès préférentiel aux marchés des pays développés, sans ouvrir
eux-mêmes leurs frontières.
Par ailleurs, les mesures prises par le Maroc en matière du commerce extérieur attestent
ses efforts en vue d’amorcer une transformation structurelle de son économie impulsée par
l’ouverture à l’international. En effet, le Maroc est considéré comme l’un des pays précurseurs
en Afrique et dans le monde arabe à avoir opté pour la libéralisation de son économie et de
ses échanges, et ce depuis le début des années quatre-vingt dans le cadre du Programme
d’Ajustement Structurel. Cette politique s’est renforcée par la conclusion d’une série d’accords
de libre-échange avec plusieurs partenaires commerciaux tels que l’Union Européenne, les pays
arabes dont l’accord d’Agadir, les Etats-Unis et la Turquie. Signes de l’engagement du pays
dans un processus de libéralisation de son économie, ces accords apparaissent comme un outil
principal de la stratégie d’ouverture visant à renforcer l’intégration du pays dans l’économie
mondiale et dans son environnement régional.
La conclusion de ces accords se justifie par le besoin d’adaptation aux nouvelles exigences
du commerce mondial et par la nécessité de la diversification des produits et des marchés à
l’exportation. En parallèle, la politique d’ouverture du Maroc s’est caractérisée par l’adoption de
plusieurs réformes commerciales visant l’amélioration de l’intégration du pays dans l’économie
mondiale. On peut citer, notamment, l’adoption d’une réforme tarifaire globale.
De ce fait, ce travail consiste à s’interroger sur les implications des accords de libre-échange
sur l’économie marocaine et leurs effets sur les flux commerciaux. Autrement dit, nous tenterons
de déterminer si les différents ALE signés par le Maroc entraînent une création du commerce ou
un détournement du commerce existant selon la terminologie de Viner.
La première partie de ce travail retrace une revue de littérature théorique et empirique
inhérente aux accords de libre-échange. La deuxième partie évalue empiriquement les effets
des 4 accords de libre-échange signés par le Maroc69 sur ses flux commerciaux durant la période
1996-2014 et sur un panel de 48 pays partenaires. Enfin, une troisième partie est dédiée aux
69 Les accords signés avec l’Union Européenne, la Turquie, les Etats Unis et la Zone de libre Echange Arabe
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 157
PARTIE I
orientations et aux facteurs de résilience du processus de transformation structurelle dans sa
relation avec les ALE.
I. Les accords de libre-échange : une revue de la
littérature
L’augmentation des flux commerciaux constitue l’une des principales motivations des accords
commerciaux préférentiels qui mènerait, par conséquent, à l’amélioration du bien-être de la
société. En effet, un bloc commercial bien conçu peut accroître l’efficacité et le bien-être des
pays qui en font partie en facilitant le choix des consommateurs et en augmentant la concurrence
entre les producteurs (Schiff & Winters, 2003). La diversité du choix vient de l’augmentation de
l’offre de nouveaux produits et services à moindre coût, résultat de la diminution des droits de
douane prévue par un accord et/ou de l’élimination des barrières non tarifaires comme les quotas
ou les normes techniques.
Toutefois, une augmentation nette des flux commerciaux n’est pas toujours synonyme d’une
amélioration du bien-être. C’est dans ce sens que Viner (1950) 70 a distingué deux effets résultant
d’une association de libre-échange : la création et le détournement du commerce. Il y a création
du commerce lorsque l’accord accroît les échanges entre les pays membres tout en abaissant
les coûts des produits échangés. Cette création se traduit par l’accroissement du bien-être
(accroissement du surplus du consommateur dû à la réduction des tarifs douaniers, donc des
coûts). Par contre, on dit qu’il y a détournement du commerce lorsque les échanges vont se faire
entre les pays membres, mais à des coûts supérieurs à ceux qui existaient avec un pays tiers. On
dit qu’une partie du commerce est détournée du reste du monde au profit du pays partenaire vu
que les importations coûtent plus dans ce cas.
A travers son travail pionnier constituant l’essentiel de l’analyse classique sur l’appréciation
des coûts et des avantages d’une intégration, Viner (1950) a montré que le libre-échange ne
représente pas toujours des gains de commerce. Ces derniers se produisent si et seulement si
toutes les barrières tarifaires pour tous les pays sont éliminées d’où la difficulté d’applicabilité
de cette approche dans le cas d’une réduction préférentielle des tarifs. Malgré ses limites,
l’approche de Viner s’est avérée être la plus puissante dans la théorie puisqu’elle constituait une
rupture avec les théories qui avançaient que les accords préférentiels sont toujours bénéfiques
puisqu’ils permettent un mouvement vers le libre-échange (Bhagwati & Panagariya, 1996).
Par la suite, plusieurs auteurs se sont intéressés à la question de création et détournement
du commerce. Ils ont donné une meilleure explication à cette problématique en distinguant deux
70 VINER, J. (1950). The customs unions issue.
158 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
différentes situations selon les coûts et l´élasticité des offres d’exportation. (Bhagwati et al.
1999 ; Panagariya, 2000).
Les accords commerciaux préférentiels prévoient une création de commerce toujours plus
grande que le détournement de commerce. Ils sont capables d’augmenter le bien-être sociétal
des pays partenaires, surtout s’ils visent aussi une réduction substantielle des obstacles non
tarifaires (Robinson & Thierfelder, 2002). Ils doublent, approximativement, en moyenne les flux
bilatéraux des deux membres après dix ans (Baier & Bergstrand, 2007).
La question de création et de détournement de l’échange laisse penser qu’un accord
préférentiel impliquerait une création du commerce plutôt qu’un détournement de celui-ci, si les
pays partenaires sont des « partenaires naturels ». Ce sont des pays plus susceptibles à former un
accord de libre-échange caractérisé par la proximité géographique et un volume d’échange initial
élevé. Par conséquent, la formation d’un accord commercial préférentiel entre des partenaires
naturels minimise le risque d’un détournement du commerce. (Krugman,1991b)71. Ainsi, les gains
potentiels du bien-être et la probabilité de formation d’un accord de libre-échange deviennent
plus élevés : i) si les deux pays sont proches et donc il y aura une grande création du commerce
grâce à la faiblesse des coûts de transport ii) plus ils sont distants du reste du monde ce qui
permet de réduire le détournement du commerce entre les deux iii) plus leur taille de l’économie
(i.e le PIB réel) est large et similaire (Baier & Bergstrand,2004).
Toutefois, une telle hypothèse semble peu plausible dans la pratique. À travers un modèle
d’équilibre général du commerce, Krishna (2003) a conclu que la proximité géographique et le
volume d’échange ne sont pas significatifs et n’ont pas d’effets sur le bien-être.
L’hypothèse des partenaires naturels repose sur la distance réduite entre les pays, souvent
utilisée comme un proxy des coûts de transport. Néanmoins, l’avantage du coût de transport
réduit d’un partenaire proche pourrait être annulé par les coûts de production plus faibles d’un
partenaire éloigné. Par conséquent, la distance ne constitue pas un déterminant vital dans
l’évaluation des partenaires possibles d’un accord de libre-échange (Bhagwati & Panagariya,
1998 ; Panagariya, 2000). Il serait bénéfique pour un pays de conclure un accord commercial
préférentiel avec un pays lointain plutôt qu’avec un pays à proximité lorsque ces deux pays sont
identiques (Bhagwati & Panagariya,1996).
Sur le plan empirique et afin d’expliquer les facteurs qui pourraient influencer le volume
et la direction du commerce international d’un pays, les économistes ont eu recours à une
diversité des modèles économétriques dont le modèle de gravité est le plus utilisé. En effet,
depuis les travaux précurseurs réalisés simultanément par Tinbergen (1962) et Pöyhönen (1963),
puis prolongés par Linnemann (1966), ce modèle est de plus en plus utilisé par les analystes du
commerce international. Anderson (1979) et Bergstrand (1985)72, par la suite, ont misé dans leur
71 KRUGMAN, P. (1991). The move toward free trade zones. Economic Review,76(6), 5.
72 Articles Cités dans KRISTJÁNSDÓTTIR H. (2005), A Gravity Model for Exports from Iceland, Centre for
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 159
PARTIE I
approche d’explication du modèle de gravité sur la spécialisation complète des pays dans la
production des biens différenciés.
Ceci a conduit plusieurs économistes à avancer l’hypothèse que le modèle de gravité
fonctionnerait seulement pour les pays développés, comme ils sont les premiers dans les
exportations des biens différenciés. Néanmoins, Hummels & Levinsohn (1995) ont réussi à
démontrer empiriquement la validité du modèle aussi bien pour les pays en développement que
pour ceux développés.
Depuis le début des années soixante-dix, la diffusion des travaux mesurant l’impact des
accords de libre-échange sur les échanges s’accompagne d’une évolution de leur méthode
d’évaluation. Des variables muettes de contrôle des effets des accords commerciaux peuvent
être ajoutées à l’équation de base. On peut ainsi déterminer, par rapport à la norme gravitaire,
quel est le surplus de commerce attribuable à la formation d’une zone de libre-échange. L’ajout
d’une deuxième, puis d’une troisième variable indicatrice dans une équation de gravité, affine
l’interprétation des résultats en distinguant une création ou/et détournement de commerce.
On distingue, selon le nombre des variables indicatrices, 3 catégories des travaux :
Une première série d’estimations portant sur les grands groupes d’intégration utilise une
seule variable muette testant le commerce entre pays membres. On cite le travail de Aitken
(1973) qui montre que les échanges entre pays membres de la CEE (Communauté économique
européenne) sont 5 fois plus élevés que si elle n’avait pas été créée, ce facteur multiplicatif du
commerce intra-zone n’est que de 1,2 dans le cas de l’AELE (Association européenne de libre-
échange). A l’inverse, Bergstrand (1985) estime que le commerce intra-AELE est multiplié par
2, alors que les échanges intra-CEE le sont par 1,3. Par ailleurs, Fontagné & Zignago (2007),
en utilisant un échantillon couvrant plus de 100 pays sur la période 1976-2000, montrent que
la signature d’un accord préférentiel multiplie le commerce de l’Union Européenne par 2,4, du
MERCOSUR par 1,16 et du CAN par 0,25.
Toutefois, les travaux à une seule variable muette n’apportent pas d’information sur la nature
du surplus d’échange enregistré par rapport à la norme gravitaire : il peut s’agir d’une pure
création de commerce, d’un détournement de commerce, ou bien des deux à la fois. L’ajout
d’une deuxième variable remédie à cette insuffisance et permet de tester les échanges des pays
membres d’un accord avec le reste du monde.
Le cas le plus fréquemment rencontré dans les analyses comportant deux variables indicatrices
par accord est une création de commerce doublée d’un détournement qualifié de négatif tel est
le cas pour le bloc ASEAN dans l’ouvrage de Frankel et al. (1997), ainsi que pour AFTA et l’UE
dans le travail fait par Gilbert & al. (2001). Les analyses des effets des ALE comportant deux
variables indicatrices par accord concluent rarement à une création de commerce doublée d’un
détournement positif. Tel était le cas de l’UE dans le travail fait par Frankel et al. (1997) ainsi que
Applied Microeconometrics, University of Copenhagen
160 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
la Communauté Andine et le Mercosur dans l’analyse faite par Gilbert et al. (2001).
Les travaux les plus récents utilisent trois variables indicatrices afin d’évaluer l’impact des
grands ensembles régionaux sur la multilatéralisation des échanges, ils cherchent à expliquer les
flux d’exportation d’un pays i vers un pays j en distinguant l’effet des accords sur les exportations
vers le reste du monde de leur impact sur les importations en provenance du reste du monde.
A travers une étude en données de panel, Kien & Hashimoto (2005) trouvent que l’AFTA
enregistre des détournements d’exportations et d’importations négatifs alors que la Communauté
Européenne, pendant la période de mise en œuvre du Marché unique, enregistre un détournement
positif. L’étude d’Elliot & Ikemeto (2004) conclue à des détournements d’importations et
d’exportations négatifs enregistrés par l’ASEAN et l’UE et un détournement positif du NAFTA.
S’agissant des travaux faits sur le Maroc, on cite l’étude de Hamdouch et al. (2001) qui ont
cherché, à travers un MCEG statique, à apprécier les effets de l’ALE avec l’UE sur l’économie
marocaine et à tirer des recommandations de politique économique. De même, une évaluation
macroéconomique et sectorielle, par un MCEG, a été réalisée par le ministère du Commerce
Extérieur73, afin de dégager les effets potentiels d’une libéralisation totale des échanges
commerciaux sur la structure des flux et sur l’activité économique en général.
Afin d’examiner la réaction du secteur du commerce extérieur après 3 ans de la mise en
œuvre de l’ALE Maroc-Union Européenne, Ihnach (2003) a utilisé la procédure de Box et Jenkins
pour conclure que l’ouverture ne s’est pas traduite par une augmentation remarquable des
importations comparativement aux exportations.
II. Impacts des ALE sur les flux commerciaux du
Maroc : une analyse empirique
Tout au long de cette partie, nous allons évaluer empiriquement les effets des ALE signés par
le Maroc sur ses flux commerciaux en termes de création ou de détournement de l’échange. Dans
un premier temps, un aperçu sur les principaux accords de libre-échange conclus par le Maroc
ainsi que les caractéristiques générales de son commerce extérieur seront présentés. Dans un
second temps, une présentation du modèle ainsi que les résultats seront mis en évidence.
73 MINISTERE DU COMMERCE EXTERIEUR (2009), Impact Des Accords De Libre-échange. Direction des
Etudes.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 161
PARTIE I
1. Etat des lieux des ALE conclus par le Maroc en matière de
commerce
a. Aperçu sur les principaux ALE signés par le Maroc
A nos jours, le Maroc est signataire de plusieurs accords de libre-échange (ALE) avec plusieurs
partenaires commerciaux. Signes de l’engagement du pays dans un processus de libéralisation
qui a débuté depuis les années quatre-vingt, ces accords apparaissent comme des stratégies
d’ouverture visant à renforcer l’intégration du pays dans l’économie mondiale. Depuis 1996, le
Maroc a signé des accords de libre-échange avec 55 pays : l’Union Européenne, l’Association
Européenne de Libre-échange (AELE), la Turquie et les Etats-Unis, 17 pays de la Ligue Arabe dans
le cadre de l’accord de la grande zone arabe de libre- échange, avec chacun des pays de l’accord
d’Agadir (Tunisie, Egypte et Jordanie) dans le cadre des accords bilatéraux, puis dans le cadre de
l’accord d’Agadir et avec les Emirats Arabes Unis74.
Figure 1. Principaux accords commerciaux signés par le Maroc
Source : Centre régional d’investissement
74 Les principaux renseignements sur les ALE signés par le Maroc sont présentés en annexe.
162 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
b. Evolution des principaux indicateurs du commerce extérieur Marocain
Un résultat conséquent des dispositions prévues par les ALE a été une hausse régulière du
taux d’ouverture de l’économie nationale. Ce taux est passé en effet de 44 % en 1998 à peu près
de 70 % en 2008. Il s’est replié toutefois en 2009 et en 2010. Cela est dû principalement aux
effets négatifs de la crise économique et mondiale sur l’activité économique globalement et sur
le commerce extérieur particulièrement.
Figure 2. Evolution du taux d’ouverture de l’économie (% du PIB)
Source : Elaboré sur les données de banque mondiale
L’ouverture accrue de l’économie marocaine se caractérise par une hausse plus importante
des importations par rapport aux exportations des marchandises. De ce fait, le taux de couverture
qui était de 70 % en 1998 a affiché une baisse progressive 43 % en 2009 avant d’enregistrer une
progression légère pour atteindre 52 % en 2014.
Figure 3. Taux de couverture des importations par les exportations Marocaines
Source : Elaboré sur les données de l’office des changes
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 163
PARTIE I
Le niveau élevé des importations, en comparaison avec les exportations, peut être apprécié
aussi à travers le taux de pénétration de l’économie qui est passé de 28 % en 2000 à 38 % en
2008 avant de s’établir à 35,5 % en 2013. Par ailleurs, en ce qui concerne l’effort à l’exportation,
mesuré comme rapport entre les exportations et le PIB, nous constatons une évolution plus ou
moins stable durant la période 2000-2013, il est passé de 20 % en 2000 à 15,4 % seulement 2009
pour se situer à 21 % en 2013 contre 22,14 % une année auparavant.
Figure 4. L’effort à l’exportation et le taux de pénétration des importations
Source : Elaboré sur les données de l’office des changes
2. Estimation du modèle de gravité appliqué à l’analyse des flux
de commerce
Cette sous-section propose une évaluation empirique des impacts des ALE pour un Panel de
48 pays qui ont été choisis sur la base de leur importance dans le commerce international du
Maroc et de la disponibilité des données nécessaires pour tester le modèle. Les données sur la
période 1996-2014.
Afin d’évaluer l’impact commercial du libre-échange, nous optons pour le modèle gravitaire.
Depuis les travaux précurseurs de Tinbergen (1962) et Pöyhönen (1963), ce modèle est devenu un
outil populaire dans l’analyse empirique du commerce extérieur. Il repose sur le principe de gravité
qui stipule que l’intensité des échanges entre deux pays est proportionnelle au produit de leurs
PIB et inversement proportionnelle à la distance qui les sépare. Par la suite, le modèle gravitaire
de base a été perfectionné et augmenté d’autres variables notamment les variables binaires qui
ont un pouvoir explicatif du commerce et qui incorporent des caractéristiques communes à des
flux spécifiques telles que : les relations commerciales préférentielles, le partage d’une frontière
commune, le partage d’une même langue etc.
Le modèle gravitaire, sous sa forme multiplicative, se présente comme suit :
164 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
• Libellé et contenu des variables :
• Mijt / Xijt : Le flux commercial (importations et exportations) entre le pays i et le pays j
en dollars courant.
• PIBit : Le produit intérieur brut exprimé en PPA du pays i.
• PIBjt : Le produit intérieur brut exprimé en PPA du pays j.
• DISTij : La distance entre les pays i et j en kilomètres.
• POPit : La population totale du pays importateur exprimée en millions d’habitants.
• POPjt : La population totale du pays exportateur exprimée en millions d’habitants.
• RERijt : Le taux de change réel à l’incertain de la monnaie du pays i exprimé dans celle
du pays j.
• ALE(ijk)t : Variable muette prend la valeur 1 si les deux pays appartiennent au même ALE
k à la date t et 0 sinon.
• imALE(ijk)t : Variable muette prend la valeur 1 lorsque les importations du pays j
appartiennent à l’ALE k à la date t sans que le pays i n’y participe, 0 sinon.
• ixALE(ijk)t : Variable muette prend la valeur 1 lorsque les exportations du pays i
appartiennent à l’ALE k à la date t sans que le pays j n’y participe, 0 sinon.
• Iij : Effets spécifiques aux paires, c’est une variable binaire qui prend la valeur 1 pour
toutes les observations du commerce entre i et j, 0 sinon.
• Ii(j): Effets spécifiques aux pays, c’est une variable binaire qui prend la valeur 1 si le pays
est i (j), 0 sinon.
• It : Effets temporels, c’est une variable binaire qui prend la valeur 1 lorsque l’année est
t, 0 sinon.
• Le PIB des pays partenaires est une variable qui renseigne sur la taille, « le poids » d’un
pays quant à l’orientation des flux commerciaux, tout comme la population totale ;
• Les populations des pays importateurs et exportateurs permettent de contrôler l’effet
de richesse (PIB/habitant) ;
• La distance intervient comme un proxy de l’effet du coût de transport sur le volume des
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 165
PARTIE I
échanges bilatéraux pour une paire donnée. Il s’agit d’une variable à interpréter avec
précaution en raison de sa mesure. En effet, on distingue entre : la distance géodésique
ou simple calculée selon la formule de grand cercle, qui utilise les latitudes et longitudes
de la ville la plus importante ou de la capitale, c’est la distance utilisée par la majorité
des travaux (Trognion, 2009). Par contre, la distance pondérée consiste à calculer la
distance entre deux pays en se basant sur la somme des distances séparant les plus
grandes agglomérations des deux pays pondérées par leurs poids respectifs dans les
populations totales. On retient la distance pondérée comme une variable explicative vu
qu’elle apporte une amélioration par rapport à la distance simple ;
• Le taux de change réel bilatéral75 permet de tenir compte de l’influence que sa
variabilité pourrait avoir sur le volume des échanges commerciaux. Cette pratique
initiée par Bergstrand (1985) permet de tester l’évolution de la compétitivité du pays
par rapport à chaque pays partenaire.
Le modèle comporte deux variables binaires pour chacun des accords traités. La première
teste le commerce entre les pays membres de l’accord et prend la valeur 1 si les pays i et j
signent le même accord et 0 autrement. La seconde capture l’effet sur les exportations destinées
au reste du Monde (les importations en provenance du reste du monde). Elle prend la valeur 1
lorsque seulement les exportations du pays i appartiennent à l’accord et 0 sinon (Elle prend la
valeur 1 lorsque seulement les importations du pays j appartiennent à l’accord et 0 sinon). Les
deux variables prennent la valeur 0 lorsque les accords ne sont pas encore mis en œuvre.
Le choix d’une technique d’estimation ou une autre apparait comme un dilemme étant donné
les avantages et les inconvénients que chaque méthode présente. C’est pour cette raison qu’il est
devenu une pratique courante dans la littérature de recourir à plusieurs méthodes d’estimation
afin de trouver celle qui garantit le moins de biais possible (Gómez & Milgram, 2010). De ce fait,
nous procédons, tout d’abord, à une estimation du modèle gravitaire sous sa forme log-linéaire,
par les effets fixes. Une estimation du même modèle, sous sa forme multiplicative se fera par le
biais de l’estimateur de Poisson modifié : le modèle Binomial Négatif76
Le modèle à effets fixes correspond à l’estimateur du modèle transformé en utilisant les
écarts aux moyennes individuelles qui éliminent les différences persistantes entre les individus.
Cette procédure privilégie la variabilité intra-individuelle. Elle présente également l’avantage
de pouvoir identifier et mesurer les effets qui ne sont pas directement observables en coupe
transversale.
Le modèle Binomial Négatif est, une généralisation du modèle de Poisson standard, utilisé
lorsque l’on suspecte une sur-dispersion (sous-dispersion) des données. Ce modèle apporte des
75 Le RER est un taux qui permet d’apprécier la compétitivité d’une économie par rapport à chaque pays
partenaire. Dans ce cas, nous aurons autant de parités réelles que de pays partenaires.
76 Le modèle Binomial Négatif est, une généralisation du modèle de Poisson standard, utilisé lorsque l’on
suspect une sur dispersion (sous-dispersion) des données.
166 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
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améliorations en ce sens par rapport au modèle de Poisson standard, ce dernier est basé sur
l’hypothèse d’équidispersion77 qui est une hypothèse restrictive. Dans la pratique, du fait d’une
abondance de valeurs nulles et de la présence de quelques valeurs extrêmes, la variance est
supérieure à la moyenne ce qui implique une sous-estimation des écarts types, aussi, l’hypothèse
nulle de non-significativité des coefficients du modèle est rarement rejetée. Une alternative
consiste, alors, à recourir au modèle binomial négatif qui prend en compte la sur-dispersion, et
permet de capter l’hétérogénéité inobservée de la variable endogène (Burger & al., 2009).
3. Résultats d’estimation
a. Les exportations du Maroc
• 1er ALE : Maroc-UE
En prenant en compte les résultats du modèle Binomial Négatif et conformément aux résultats
traditionnels des estimations des modèles de gravité, la taille du pays exportateur reflétée par
son PIB exerce un effet sensible et très significatif sur ses échanges, une augmentation de
1 % du PIB marocain soulève le volume des exportations en moyenne d’environ 1,32 %. Pour
le pays importateur, le signe du PIB est contre-intuitif. Les signes positifs des coefficients des
populations indiquent que ces dernières contribuent positivement à l’augmentation des flux
commerciaux pour le pays exportateur et les pays importateurs. Le taux de change réel bilatéral
ressort positif mais non significatif, la distance s’avère négative et explicative du commerce.
S’agissant des variables muettes, il ressort que les paramètres des variables muettes sont
fortement significatifs, la première variable captant l’effet création de commerce entre les pays
membres de l’ALE Maroc-UE indique que les échanges sont 57,41 % plus élevés que si l’accord
n’a pas été formé. Le coefficient positif de la deuxième variable muette stipule que l’accord a
engendré un effet de création également pour les exportations destinées au reste du monde. Le
Maroc n’a pas changé sa stratégie des exportations avec les pays non-membres de l’accord. Au
contraire, cet effet de création a multiplié les exportations vers le RDM par 3,5.
• 2ème ALE : Maroc-Turquie :
Le coefficient associé au PIB du pays importateur ressort négatif et significatif, alors que
celui du PIB du pays exportateur est positif mais non significatif. Les PIB des deux pays n’étaient
pas déterminants dans la conclusion de l’accord, d’autant plus qu’ils sont largement différents.
Les coefficients des populations des deux pays reflétant la taille des marchés ont des coefficients
77 La variance conditionnelle d’une variable est égale à son Espérance conditionnelle, E(Y)= V(Y)
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 167
PARTIE I
très significatifs et positifs. Par contre, le coefficient associé au taux de change ressort positif
mais non significatif. La distance, quant à elle, ressort explicative des flux d’exportation. Quant
aux variables d’intérêt, les résultats de l’estimation montrent que l’ALE avec la Turquie a entrainé
un effet de création sur le commerce entre les membres de l’accord, ce qui implique que les
deux pays membres ont échangé entre eux d’environ 2,58 fois au-dessus du niveau prévu avant
la conclusion de l’ALE. Un signe positif du coefficient exMARTUR suggère que le Maroc n’a pas
transféré ses opérations d’exportation des partenaires commerciaux non-membres de l’accord
pour le pays membre. Cette création des exportations destinées au RDM n’est pas significative.
• 3ème ALE : Maroc-USA :
Le coefficient de la distance est très significatif avec un signe négatif confirme l’hypothèse
selon laquelle les pays voisins commercent davantage que les pays lointains. De plus, le signe
du PIB du pays importateur est contre-intuitif, alors que celui du pays exportateur est positif mais
non significatif. Les populations des deux pays sont très explicatives du commerce. Un taux de
change significatif et positif suggère qu’une dépréciation de la monnaie au Maroc stimule les
exportations vers les Etats Unis.
Le signe positif associé aux deux variables d’intérêt indique que l’accord de libre-échange
entre le Maroc et les Etats-Unis a entrainé un effet de création sur le commerce entre les membres
de l’accord. D’autre part, la conclusion de cet accord a augmenté les exportations marocaines
vers le RDM de 29,31 %. L’ALE Maroc-USA est donc plus bénéfique au pays partenaire qu’au
Maroc, puisque ce dernier importe des Etats-Unis plus qu’il exporte.
• 4ème ALE : Maroc-Zone de Libre Echange Arabe :
Les paramètres des variables d’intérêt indiquent que l’ALE Maroc-ZLEA n’a pas été bénéfique
pour le commerce entre le Maroc et les pays membres de l’accord, cela trouve preuve dans la
faible part que représentent les échanges du Maroc avec la ZLEA78. Par ailleurs, les populations
des pays importateurs et du pays exportateur sont significatives avec les signes attendus. La
distance ressort négative est très significative, elle est explicative des échanges. Le taux de
change a le signe attendu mais n’est pas significatif dans cet accord.
78 Il ne peut pas y avoir un détournement des X/M, sans avoir déjà une création du commerce entre les
membres de l’accord
168 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
Tableau 1. Résultats des estimations pour les exportations
UE Turquie Etats-Unis ZLEA
Variables
explicatives
EF BNML EF BNML EF BNML EF BNML
3.004* -.0171*** 3.47** -0.20*** 3.41* -0.19*** 4.8** -.2***
lPIB_imp (1.25) (.029) (1.28) (0.03) (1.27) (0.03) (1.48) (0.02)
5.85 1.32*** -1.35 0-063 -1.8 0.098 -30.06*** -0.55
lPIB_exp (4.20) (0.29) (3.55) (0.33) (3.5) (0.33) (6.25) (0.29)
0.57*** 0.701 0.60*** 0.72 0.61*** 0.59 0.60***
lPOP_imp 0.76 (.44)
(0.045) (0.47) (0.046) (0.47) (0.04) (0.45) (0.04)
-30.8 0.69 13.63 9.73*** 16.62 9.4*** 186.9*** 16.9***
lPOP_exp (22.8) (2.16) (18.1) (1.83) (18.3) (1.8) (34.8) (2.03)
-0.69*** -0.52*** -0.53*** -0.52***
lDIST -
(0.11)
-
(0.12)
-
(0.12)
-
(0.12)
0.099 0.25 0.42 0.21 0.18 0.26* -0.03 0.21
lRER (0.50) (0.14) (0.46) (0.13) (0.51) (0.13) (0.5) (0.12)
1.92** .451*** -1.746* .947** -1.20** .6333 -7.86*** -.903***
ALE (.667) (.126) (.695) (.3457) (.355) (.3669) (.966) (.157)
1.960 1.267*** .359 .246 .351 .2573* -5.64*** -1.182***
exALE (1.062) (.134) (.380) (.126) (.387) (.1269) (.852) (.135)
69.87 -5.75 -46.9 -32.1*** -54.2 -31.2*** -493.2*** -53.1***
Cte (59.7) (6.07) (44.8) (5.1) (45.3) (5.0) (88.4) (5.8)
R2/Log
0.3264 -14897.3 0.3101 -1494.1 0.3125 -1495.38 0.3117 -14913.08
likelihood
3.004* -.0171*** 3.47** -0.20*** 3.41* -0.19*** 4.8** -.2***
lPIB_imp (1.25) (.029) (1.28) (0.03) (1.27) (0.03) (1.48) (0.02)
*** coefficient significatif au seuil de 0.1%, ** 1% et * 5%
b. Les importations du Maroc
• 1er ALE : Maroc-UE :
Les signes des variables d’intérêt de l’estimateur BNML montrent qu’après l’entrée en vigueur
de l’ALE avec l’UE, les importations marocaines en provenance de l’UE sont devenues 2,53 fois
plus élevées qu’auparavant. L’intensification des échanges après la période d’intégration n’a pas
eu d’impact négatif sur le volume d’importation du Maroc en provenance des pays autres que
l’UE. En effet, après l’entrée en vigueur de l’ALE, le Maroc échange 4 fois plus qu’avant.
• 2ème ALE : Maroc-Turquie :
A travers les résultats des variables binaires, nous pouvons dire que l’ALE entre le Maroc et
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 169
PARTIE I
la Turquie a entrainé une création du commerce entre les deux partenaires, ils ont commencé à
échanger presque 3 fois plus comparativement à la période d’avant l’ALE. Notons que cet ALE
n’a pas eu d’impact significatif sur le commerce du Maroc avec le reste du monde (imMARTUR
est positif mais non significatif), ce qui est assez compréhensible vu la dépendance du Maroc
vis-à-vis d’autres partenaires plus précisément l’UE.
• 3ème ALE : Maroc-USA :
Comme il a été le cas pour l’ALE de la Turquie, l’ALE entre le Maroc et les Etats-Unis a
entrainé une création du commerce, les deux pays ont échangé 3,5 fois plus qu’avant la signature
de l’accord. Nous constatons, également, que l’échange bilatéral avec les Etats-Unis n’a pas eu
une conséquence majeure sur les importations du Maroc en provenance du Rdm. Savoir qu’avant
l’entrée en vigueur de l’accord préférentiel, les Etats-Unis représentaient 3 % seulement dans
nos importations, nous pouvons conclure que l’ALE a eu un impact significatif sur les échanges
vu leur rythme d’évolution 79.
• 4ème ALE : Maroc-Zone de Libre Echange Arabe :
L’ALE Maroc-ZLEA n’a pas été bénéfique pour le commerce entre les membres de l’accord,
cela trouve preuve dans la part des échanges du Maroc avec la ZLEA et dans l’existence,
probablement, d’autres facteurs déterminants de l’échange entre les membres de cet accord.
79 De 9 milliards dirhams en moyenne annuelle entre 2000 et 2005, ces échanges ont atteint 23 milliards
sur la période 2006-2011. (IRES)
170 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
Tableau 2. Résultats des estimations pour les importations
Variables UE Turquie Etats-Unis ZLEA
explicatives EF BNML EF BNML EF BNML EF BNML
1.46 1.5803*** -7.08 1.8*** -7.48 1.8*** -37.1*** -.1949
lPIB_imp (3.9) (0.20) (3.8) (0.2) (3.8) (0.2) (6.19) (0.3)
4.75*** -0.12*** 5.98*** -0.16*** 5.9*** -0.15*** 6.9*** -0.13***
lPIB_exp (0.9) (0.03) (1.03) (0.03) (1.04) (0.03) (1.2) (0.03)
-11.92 -1.02** 42.9 -1.19** 45.6* -1.19** 222.8*** 14.8***
lPOP_imp (23.8) (0.41) (21.8) (0.41) (21.9) (0.42) (35.1) (2.04)
0.17
0.29 0.58*** 0.26 0.55*** 0.28 0.56*** 0.60***
lPOP_exp (0.44) (0.04) (0.42) (0.04) (0.42) (0.04) (0.04)
(0.44)
-0.82*** -0.85*** -0.87*** -0.61***
lDIST -
(0.10)
-
(0.1)
-
(0.1)
-
(0.12)
-0.39 0.007 0.018 0.29* -0.19 0.33** -0.34 0.078
lRER (0.69) (0.12) (0.79) (0.12) (0.7) (0.12) (0.7) (0.11)
2.09** 0.930*** -1.875 1.03** -1.2*** 1.250** -6.84*** -0.85***
ALE (0.706) (0.379) (1.113) (0.379) (0.33) (0.408) (1.417) (0.156)
0.237 -0.045 0.235
3.70** 1.414*** -0.034 -6.14*** -0.67***
imALE (1.119) (0.133) (0.455) (0.891) (0.144)
(0.133) (0.462) (0.133)
22.03 -127.1* -133.4* -587.1*** -47.12***
Cte (62.58)
-
(54.1)
-
(54.4)
-
(89.6) (5.71)
R2/Log likeli-
0.337 -15564.7 0.3118 -15638.8 0.3131 -15638.16 0.3224 -15605.6
hood
1.46 1.5803*** -7.08 1.8*** -7.48 1.8*** -37.1*** -.1949
lPIB_imp (3.9) (0.20) (3.8) (0.2) (3.8) (0.2) (6.19) (0.3)
*** coefficient significatif au seuil de 0.1%, ** 1% et * 5%
III. Accords de libre-échange et transformation
structurelle au Maroc : Tendances et
vulnérabilités
Dans contexte mondial en pleine reconfiguration, le Maroc s’est engagé depuis plusieurs
années dans un processus d’intégration dans le système commercial international notamment à
travers la signature de plusieurs accords de libre-échange. Suite à cette libéralisation, le Maroc
s’est inscrit dans plusieurs stratégies sectorielles, des initiatives ont vu le jour afin de poursuivre
une politique de diversification économique et d’ouverture vers le nord mais aussi vers le sud. On
peut s’attendre à ce que cette ouverture ait des répercussions sur la transformation structurelle
du tissu productif, au même titre que la dotation des ressources et les facteurs géographiques.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 171
PARTIE I
Ainsi, le Maroc serait amené à relever le défi majeur d’accélérer son processus de transformation
structurelle qui passe par le développement d’un tissu productif, compétitif et créateur d’emplois.
On désigne par transformation structurelle la réorientation de l’activité économique
des secteurs les moins productifs vers des secteurs plus productifs. C’est l’un des moteurs
fondamentaux du développement économique. Elle comporte deux éléments : la montée en
puissance de nouvelles activités plus productives et le transfert des ressources des activités
traditionnelles en direction de ces activités nouvelles, ce qui relève la productivité globale80.
L’analyse rétrospective des échanges extérieurs marocains, ces 15 dernières années, fait
ressortir une augmentation des importations accompagnée d’une création de nouveaux secteurs
d’exportation.
La tendance du commerce extérieur marocain a connu deux périodes distinctes. La 1ère
période 2000-2007 a été marquée par une ouverture accrue de l’économie à travers la signature
des différents ALE. Ensuite, la période 2008-2014 qui a été caractérisée par une consolidation
de la position du pays dans la chaîne de production internationale à travers l’élaboration de
plusieurs stratégies sectorielles81
L’ouverture de l’économie nationale à l’international a été accompagnée par des mutations
structurelles des échanges extérieurs tant au niveau des produits échangés qu’au niveau de la
répartition géographique82.
Par ailleurs, un certain dynamisme des exportations marocaines est perceptible au cours
des dernières années, mais cette amélioration s’est faite à un rythme plus faible que celui des
importations. Ainsi, le déficit de la balance commerciale s’est aggravé durant la période 2008-
2014 pour atteindre 22,1 % du PIB contre 14,4 % durant la période 2000-2007.
80 VERGNE C. (2014), Le modèle de croissance marocain : opportunités et vulnérabilités, Macrodev
Discussion paper, Agence Française de Développement.
81 Le Pacte National pour l’Emergence Industrielle pour le secteur industriel, le plan « Maroc Vert » pour
l’agriculture, la stratégie énergétique nationale, le plan Azur pour le tourisme, la stratégie Maroc numérique, le
plan Halieutis pour la pêche et la Vision 2015 pour l’artisanat et le plan « Maroc Export Plus» pour le commerce.
82 MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES (2015), Tableau de bord des indicateurs macroéconomiques.
DEPF (Direction des Etudes et des Prévisions Financières).
172 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
Figure 5. Evolution de la balance commerciale (2000-2014)
Source : Elaboré sur les données de l’OMC
1. Importations par principaux produits
S’agissant de la structure des importations, la part des produits alimentaires a augmenté
de 2,6 points, passant en moyenne de 9,8 % à 10,1 % durant la période 2008-2014. La facture
énergétique, quant à elle, s’est renchérie de 6,3 % durant la période 2000-2007 et à 10,5 % durant
la période 2008-2014. Cette hausse est attribuable à l’accroissement du prix à l’importation du
pétrole. En outre, la part moyenne des produits bruts dans les importations globales est passée
de 6,5 % durant la période 2000-2007 à 5,8 % pour la période 2008-2014. De même, la part des
demi-produits dans les importations globales a baissé de 1,6 point, passant en moyenne de
22,4 % à 20,8 %. Quant à la part des produits finis d’équipement dans les importations globales,
elle s’est stabilisée autour de 21,1 % en moyenne durant les deux périodes. Par ailleurs, la part
des produits finis de consommation dans les importations s’est établie à 17,7 % durant la période
2008-2014 en baisse de 3,9 points par rapport à la période 2000-2007 ou elle représentait 21,6 %.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 173
PARTIE I
Figure 6. Evolution de la structure des importations selon les principaux produits
(en valeur)
Source : DEPF
2. Exportations par principaux produits
La dynamique des exportations reste en deçà de l’accroissement des besoins en importations.
Ainsi, le rythme de croissance des exportations s’est établi à 6,8 % entre 2008 et 2014
enregistrant une baisse de 0,1 point par rapport à la période 2000-2007. Ce ralentissement a
concerné, notamment, les produits alimentaires (5,2 % contre 6,3 % respectivement durant les
mêmes périodes), les produits bruts (4,5 % contre 6,4 %) et les demi-produits (4,5 % contre
12,7 %).
Toutefois, la bonne performance ces dernières années des nouveaux secteurs à l’exportation,
notamment l’automobile, l’aéronautique et l’électronique ayant insufflé une nouvelle dynamique
dans l’offre exportable du Maroc et contribué fortement au changement de sa structure. Ce
dernier s’est confirmé en 2014, où le secteur automobile (câblage et construction) a ravi aux
phosphates la première place des secteurs exportateurs en contribuant à la hauteur de 20,7 %
dans les exportations totales en valeur, contre 19,1 % pour les phosphates. Le Maroc est devenu,
ainsi, le deuxième producteur de véhicules en Afrique après l’Afrique du Sud. De même, le secteur
aéronautique a enregistré une croissance annuelle moyenne de 15 % sur la période 2008-2013
174 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
en atteignant 7,4 milliards DH en 2014. De même, les exportations du secteur pharmaceutique
enregistrent une hausse de 6,3 % pour s’établir à 1Md DH.
Concernant les produits finis d’équipement, leur part dans les exportations a été consolidée
à 13,1 % durant la période 2008-2014 contre 8,3 % durant la période 2000-2007, soit une
amélioration de 4,8 points.
Figure 7. Evolution de la structure des exportations par produits (en valeur)
Source : DEPF
En dépit des efforts déployés par le Maroc en vue de développer le système productif et
de promouvoir le commerce extérieur à travers, notamment, la mise en œuvre de stratégies
sectorielles ambitieuses et l’amélioration de l’environnement des affaires, le Maroc ne semble
pas tirer profit de l’approche sectorielle. Les ALE n’ont pas engendré l’effet escompté sur le
commerce extérieur. Il serait judicieux, alors, de s’interroger sur l’articulation entre politique
commerciale et stratégies sectorielles. Autrement dit, nous abordons la question de cohérence
entre les politiques de l’offre (politiques sectorielles), et la politique commerciale du pays.
3. Articulation entre ALE et stratégies sectorielles
L’articulation entre stratégies sectorielles et stratégie commerciale réside au niveau des
actions et des mesures entreprises pour développer une offre exportable compétitive. L’idée est
que le Maroc puisse se positionner sur des métiers mondiaux porteurs, par rapport auxquels il
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 175
PARTIE I
pourra faire valoir ses avantages compétitifs83.
Afin de déceler les effets limités des ALE sur les performances en matière de commerce,
l’IRES84 s’est focalisé sur la question d’adéquation entre la politique commerciale et la politique
industrielle. Il conclut que l’articulation entre les deux politiques montre une certaine adéquation
et même un alignement des objectifs. Toutefois, les effets limités de cette articulation se
résument dans les points suivants :
• La déclinaison sectorielle des mesures de la stratégie industrielle en instruments de
politique commerciale ;
• Séquençage entre les politiques entre les ALE déjà en vigueur et les mesures prises
dans le cadre de la stratégie industrielle85 ;
• La faible compétitivité industrielle de l’économie marocaine ;
• L’absence d’une vision globale ;
• Cohérence d’ensemble entre les différentes stratégies sectorielles.
Par ailleurs, dans le même sens de réflexion, le CESE86 s’est interrogé sur le degré de
cohérence entre les stratégies mises en place et les ALE conclus ainsi que sur les mesures à
retenir pour optimiser leurs impacts sur les performances économiques du Maroc. Les principales
conclusions sont résumées ainsi :
• Le Maroc enregistre un déficit commercial avec tous les pays avec lesquels il dispose
d’un ALE, à l’exception de la zone AELE. Près de 32 % du déficit commercial enregistré
en 2012 est directement attribuable aux ALE ;
• La signature des ALE existants n’a pas été précédée d’études d’impact permettant
de mesurer leurs conséquences, d’identifier les fragilités et mettre en place les plans
adéquats pour préserver la capacité concurrentielle des différents secteurs d’activité ;
• Les stratégies sectorielles n’intègrent pas dans leur conception les opportunités et les
défis liés à la signature de ces ALE, contrairement aux pratiques internationales dont
l’analyse montre que ces deux volets, stratégies sectorielles et ALE, sont étroitement
liés ;
• Chaque secteur agit en quasi-autarcie et développe sa stratégie de manière
indépendante, sans chercher à capitaliser et à s’appuyer sur les effets d’entraînement
des autres stratégies ainsi qu’à garantir une cohérence intersectorielle.
83 INSTITUT ROYAL DES ETUDES STRATEGIQUES (2013), Les accords de libre-échange conclus par le Maroc
: quelles incidences sur la compétitivité globale du Maroc ?
84 Institut Royal des Etudes Stratégiques
85 De l’avis de plusieurs experts, la stratégie industrielle a été adoptée un peu en retard pour servir de relais
d’exportations dans le cadre des ALE.
86 CONSEIL ECONOMIQUE, SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL (2014), Cohérence des Politiques Sectorielles et
Accords de Libre-échange Fondements stratégiques pour un développement soutenu et durable.
176 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
Conclusion
Ce travail a tenté de déterminer l’impact des différents accords de libre-échange signés
par le Maroc sur ses flux commerciaux. Autrement dit, nous avons tenté de voir si ces accords
ont été suivis par plus de création que de détournement de commerce ou vice versa. Pour ce
faire, nous avons estimé un modèle gravitaire augmenté sous ses deux formes : log-linéaire et
multiplicative. Comme prévu, les résultats de l’estimation du modèle multiplicatif semblent plus
robustes et cohérents avec les préconisations théoriques tandis que les estimations du modèle
log-linéaire confirment les critiques adressées à cette approche87. Les résultats empiriques ont
montré que les ALE ont entrainé une création du commerce à l’exception de l’accord avec la zone
de libre-échange arabe avec aucune détection d’un détournement du commerce. Ces résultats
ne sont pas surprenants dans la mesure où ils sont conformes aux préconisations théoriques
qui stipulent que les accords préférentiels sont généralement créateurs du commerce. Par
ailleurs, malgré les différentes réformes amorcées afin de diversifier son tissu productif, le
Maroc doit faire face à certaines fragilités structurelles, qui risquent de constituer une entrave à
l’avènement d’une croissance pérenne et inclusive. Le bilan des ALE est loin d’être satisfaisant
en raison de plusieurs facteurs allant de la faible compétitivité de l’offre exportable marocaine
à la problématique de la cohérence entre la politique commerciale et les politiques sectorielles
notamment.
Comme n’importe quel travail de recherche, il existe des limites à ce travail. Nous pouvons
citer, notamment, l’utilisation des données agrégées. En effet, la suppression des barrières
tarifaires n’est pas toujours égale entre les différents secteurs et donc il serait possible de
présumer que la libéralisation de l’échange n’aura pas le même impact sur tous les secteurs
(Milton & Siddique, 2014). Par conséquent, l’utilisation des données désagrégées pourrait être
bénéfique.88
Une autre limite de cette étude devrait découler de l’utilisation du modèle gravitaire. Ce
modèle souffre de plusieurs problèmes89 notamment le biais d’endogénéité, le biais d’omission
des variables et le problème du commerce nul. L’ajout des effets spécifiques aux paires des
pays n’a pas permis de résoudre les deux problèmes avancés que partiellement. Par contre,
l’utilisation du modèle de Poisson a permis de remédier au problème des valeurs nulles.
87 Le problème de base est que la log-linéarisation (ou toute transformation non linéaire) du modèle
empirique en présence d’hétéroscédasticité conduit à des estimations incohérentes (inconsistant estimates) à
cause de la corrélation entre les erreurs hétéroscédastiques transformées (log-linéaires) et les regresseurs.
88 Plusieurs études suggèrent que la création du commerce reste restreinte à un nombre limité de secteurs.
89 Se référer à Head et Mayer (2013) pour plus d’informations sur les limites économétriques du modèle
gravitaire.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 177
PARTIE I
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180 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
Annexes
Tableau 3. Renseignements fondamentaux sur les ALE signés par le Maroc
Date
Composition Date de
Nom de l’accord Portée d’entrée Signataires actuels
de l’ACP signature
en vigueur
- Egypte
25 Février 24 Mars - Maroc
Accord d’Agadir Marchandises Quadrilatéral
2004 2007 - Jordanie
- Tunisie
- Islande
01 - Liechtenstein
19 Juin
AELE- Maroc Marchandises Bilatéral Décembre - Norvège
1997
1999 - Maroc
- Suisse
Les pays membres de
la Ligue arabe (sauf,
Zone de libre- 19 Février 01 Janvier
Marchandises Plurilatéral Djibouti, les Comores
échange Arabe 1997 1998
et la Mauritanie) soit
18 pays
- États-Unis
Maroc- Marchandises 15 Juin 01 Janvier
Bilatéral d’Amérique
Etats-Unis et services 2004 2006
- Maroc
Le Maroc et les pays
Maroc- Union 26 Février 01 Mars
Marchandises Bilatéral membres de l’UE soit
Européenne 1996 2000
28 pays.
- Emirats Arabes
Maroc- Emirats 25 Juin 09 Juillet
Marchandises Bilatéral Unis
Arabes Unis 2001 2003
- Maroc
27 Mai 29 Avril - Egypte
Maroc- Egypte Marchandises Bilatéral
1998 1999 - Maroc
16 Juin 21 Octobre - Jordanie
Maroc- Jordanie Marchandises Bilatéral
1998 1999 - Maroc
16 Mars 16 Mars - Maroc
Maroc- Tunisie Marchandises Bilatéral
1999 1999 - Tunisie
07 Avril 01 Janvier - Maroc
Maroc- Turquie Marchandises Bilatéral
2004 2006 - Turquie
Sources : OMC / Ministère du commerce extérieur / CRI
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 181
PARTIE I
Tableau 4. Liste des 48 pays de l’échantillon 90
UE : Autriche ; Belgique ; Bulgarie ; Croatie ; Chypre ; République tchèque ; Danemark ; Estonie ; Finlande ;
France ; Allemagne ; Grèce ; Hongrie ; Irlande ; Italie ; Lettonie ; Lituanie ; Luxembourg ; Malte ; Pays-Bas ;
Pologne ; Portugal ; Roumanie ; République slovaque ; Slovénie ; Espagne ; Suède ; Royaume-Unis. Etats-
Unis. Turquie. ZLEA90: Arabie saoudite ; Algérie ; Bahreïn ; Égypte ; Émirats Arabes Unis ; Iraq; Jordanie
; Koweït ; Libye; Oman ; Qatar ; Syrie ; Liban ; Tunisie ; Yémen. Autres : Islande ; Norvège ; Suisse
Tableau 5. Sources des données
Variable Source Unité de mesure
Flux commerciaux DOTS Dollars courants
PIB World Economic Outlook (WEO), FMI Parité de Pouvoir d’achat
Population World Economic Outlook (WEO), FMI Millions d’habitant
Distance base de données CEPII Kilomètres
RER Calculé sur les données du FMI Dollars
Calcul du taux de change réel bilatéral :
Soit :
Où :
: est le taux de change nominal à l’incertain en moyenne annuelle de la
monnaie du pays i exprimée dans celle du pays j.
: est l’indice des prix à la consommation en moyenne annuelle du pays j.
: est l’indice des prix à la consommation en moyenne annuelle du pays i.
90 Le Soudan et la Palestine sont membres de la ZLEA, mais faute de données exhaustives sur l’ensemble
de la période d’étude (1996-2014), ils ne sont pas pris en compte dans l’estimation.
182 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
ISBN : 978-9954-9636-2-3
396 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE