EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
1. Effet différencié des IDE et des
institutions sur la croissance
Ines TROJETTE, Laboratoire d’Economie Appliquée au Développement (LEAD),
Université de Toulon, France
Salem SEBBAR, United Nations Economic Commission for Africa (UNECA)
Résumé
Ce papier contribue à une meilleure compréhension des effets des IDE sur la
croissance en prenant en compte le niveau institutionnel des pays. Une méthode d’analyse
classificatoire permet de segmenter 157 pays en quatre groupes selon des profils institutionnels
homogènes. L’utilisation de la méthode GMM en système pour la période 1984-2013, permet
ensuite de montrer l’effet différencié des institutions en tant que facteur déterminant de l’impact
positif des IDE sur la croissance. Le calcul des seuils institutionnels (Caner et Hansen (2004)
pour chaque groupe montre qu’à partir d’un certain niveau institutionnel, les institutions ne
conditionnent plus l’impact positif des IDE sur la croissance pour le groupe « Oligarchie » et
« Démocratie libérale ».
Mots-clés : IDE, Institutions, Croissance, Profil institutionnel, Seuil institutionnel
JEL classification : F21, C34, F43, O16
The differential impact of FDI and institutions on
growth
Abstract
This paper examines whether the effect of foreign direct investment on economic
growth is dependent upon the institutional level. The method of classification divides the sample
of 157 countries in four groups according to homogeneous institutional profiles. Using system
GMM method for the period 1984-2013, our results show the differential effect of institutions
as a determinant of the positive impact of FDI on growth. The institutional threshold (Caner and
Hansen (2004) shows that above a certain institutional threshold, institutions no longer condition
the positive impact of FDI on growth for the «Oligarchy» group and «Liberal democracy».
Keywords : FDI, Institutions, Growth, institutional Profile, institutional threshold
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 185
PARTIE II
Introduction : La question de l’effet ambiguë des IDE et des
institutions sur la croissance
Les flux d’investissements directs étrangers constituent un facteur majeur pour le
développement économique. Les entrées d’IDE dans les pays développés ont augmenté de 9 %
pour atteindre 566 milliards de dollars en 2013 (CNUCED, 2014), soit 39 % des flux mondiaux,
tandis que les entrées d’IDE dans les pays en développement ont atteint un nouveau pic, à
778 milliards de dollars, soit 54 % du total mondial.
Il est généralement admis que l’IDE contribue à la croissance économique du pays d’accueil
à travers le transfert de savoir-faire technologique (Sinani et Meyer, 2004), le capital humain
(MV Carkovic et Levine, 2002), la mobilité des technologies de pointe, des systèmes de gestion
(Hale et Long, 2006). Ces effets améliorent la capacité de l’environnement du pays hôte à
absorber d’autres IDE et à disposer d’une main-d’œuvre qualifiée (Borensztein et al. 1998). L’IDE
offre également des effets de démonstration (Buckley et al. 2007 ; KE Meyer et Sinani, 2009).
Cependant, malgré les arguments en faveur de l’effet positif de l’IDE sur la croissance, des études
empiriques ont montré que les flux de l’IDE peuvent «évincer» les entreprises locales (Aitken et
Harrison, 1999 ; Spencer, 2008 ; Altomonte et Enfermant, 2009). Selon d’autres travaux, les
multinationales peuvent ralentir la croissance et la création de valeur des entreprises locales
(Partisan et Sleuwaegen, 2003). Par ailleurs, les effets des IDE sur la croissance semblent
être plus ambigus qu’on ne le pense selon Greenaway et Kneller (2007). Ce point de vue a été
également consolidé par Alguazil et al. (2011)91.
Ces résultats contrastés peuvent s’expliquer d’une part par la diversité des méthodologies
utilisées (Carkovic et al. 2005). D’autre part, les capacités d’absorption faibles des pays d’accueil
peuvent également favoriser de telles observations (Blomström et al. 2003; Lipsey et Sjöholm,
2005). Toutefois, la littérature identifie le niveau de développement, l’ouverture commerciale,
le capital humain, le développement financier et la qualité institutionnelle comme des facteurs
essentiels (Blomstrom et al., 1994; Balasubramanyam, 1996; Borensztein et al., 1998; Alfaro et
al., 2004; Azman et al., 2010). Ils constituent des canaux à travers lesquels l’IDE est susceptible
d’influencer la croissance économique du pays d’accueil.
Dans cette perspective, les institutions peuvent être un canal privilégié à travers lequel
l’IDE peut promouvoir la croissance économique. Les travaux de Wang et al. (2013) démontrent
que l’environnement institutionnel influe sur le degré et même la direction de l’IDE. La bonne
gouvernance peut être par ailleurs un facteur d’attraction pour les investisseurs étrangers
(Globerman et Shapiro, 2002 ; Bénassy-Quéré et al. 2007). Il est également établi que le niveau
91 Bruno & Campos (2013) ont mené une enquête sur la littérature existante sur l’effet des IDE sur la
croissance et trouvent que 50 % des études empiriques montrent un effet positif des IDE sur cette dernière, 11%
indiquent un effet négatif et 39% montrent que la croissance ne dépend pas des IDE.
186 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
institutionnel est un facteur déterminant de l’effet des multinationales sur les secteurs locaux
(Borensztein et al., 1998; Peng et al. 2008 ; Cantwell et al. 2010). Cependant, le faible niveau
institutionnel peut entraîner des coûts supplémentaires92 à l’IDE (Wei, 2000). En effet, les études
empiriques ne concluent pas toujours à une influence déterminante des institutions pour l’impact
positif des IDE sur la croissance, et l’idée d’un effet de seuil institutionnel a été introduite
récemment dans la littérature.
Certains travaux ont tenté d’estimer un seuil institutionnel en appliquant diverses méthodes.
Jude et Levieuge (2013) ont utilisé la méthode PSTR93pour 94 pays en développement. Leurs
résultats montrent que tout effort au-dessus du seuil de 2.09 pour la variable institutionnelle
« Loi et ordre » engendre une augmentation de l’élasticité des IDE par rapport à la croissance de
0.126. En utilisant la même méthode (PSTR), Brahim et Rachdi (2014) établissent pour 19 pays
de la région MENA un effet positif des IDE sur la croissance conditionné par le développement
institutionnel. Tout effort au-dessus du seuil de 0.006 pour le profil d’investissement et de 0.206
pour la stabilité de gouvernement permet à l’IDE de favoriser la croissance économique du
pays hôte. De plus, Meyer et Sinani (2009) utilisent la méthode mathématique des dérivés pour
estimer le seuil institutionnel (corruption et la liberté économique) pour les pays développés et
les moins développés. Leurs résultats indiquent qu’au-dessus du seuil de 56.6 pour la liberté
économique et 5.69 pour la corruption, les pays peuvent bénéficier de l’impact positif des IDE sur
la croissance. Trojette (2015) estiment un seuil intentionnel selon la méthode de Caner et Hansen
(2004) pour les 5 régions (MENA, Amérique, Asie, Europe et SSA). Ils montrent que l’effet des
IDE sur la croissance pour les pays au-dessus du seuil institutionnel est différent selon le niveau
de revenu.
Dans ces travaux, l’effet de l’IDE sur la croissance à travers les institutions ne semble pas
être établi de manière systématique et homogène, et cela montre la nécessité de procéder selon
une analyse plus fine. Le découpage ex ante, par niveau de développement et par région, ne
semble pas aboutir à des profils institutionnels pertinents en termes d’impact de l’IDE sur la
croissance (Meisel et Ould Aoudia, 2007).
Cet article contribue à l’analyse du rôle de la qualité institutionnelle et de l’impact positif
des IDE sur la croissance économique. L’originalité de ce travail découle d’une part de la prise en
compte de l’hétérogénéité des pays liée au niveau de développement institutionnel (Meisel et
Aoudia, 2007). Il s’agit ici de procéder selon un découpage endogène des pays selon leur niveau
de développement institutionnel, en explicitant des profils institutionnels spécifiques. D’autre
part, il s’agit de tester l’hypothèse d’un effet de seuil institutionnel susceptible de conditionner
92 On peut aussi parler des coûts irrécupérables élevés (barrière à la sortie), faisant que l’IDE est
particulièrement vulnérable à toute forme d’incertitude (instabilité politique). Stein & Daude (2001) montrent que
les entrées d’IDE ont été fortement influencées par la qualité des institutions comme l’instabilité politique et la
violence, les rigidités réglementaires.
93 PSTR : Panel Smooth Transition Regression
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 187
PARTIE II
l’impact positif des IDE (Jude et Levieuge, 2013)we test this hypothesis on a sample of 94
developing countries over the period 1984-2009. The use of Panel Smooth Transition Regression
(PSTR. Ce travail met également en évidence un effet de saturation institutionnelle.
Pour ce faire, nous procédons d’abord à la présentation du modèle liant les IDE et les
institutions à la croissance. Ce point est suivi d’une description de la méthodologie de recherche,
à savoir l’analyse classificatoire définissant les groupes de pays, et la méthode des moments
généralisés. Enfin, nous présentons l’analyse des résultats des effets des IDE sur la croissance,
des effets des institutions sur la croissance et de l’effet de seuil institutionnel différencié selon
un découpage endogène des profils de pays.
I. Modèle et méthodologie
1. Modèle liant les IDE et les institutions à la croissance
Pour tester si les institutions jouent un rôle sur l’impact de l’IDE et la croissance, on utilise le
modèle de Mankiw et al. (1992) et Hall et Jones (1999). Le modèle est formalisé de la manière
suivante :
Modèle 1 :
Avec i : indice pays et t : l’indice temps. Yit : le taux de croissance de PIB par tête, IDEit :
le stock annuel de l’IDE entrants en pourcentage de PIB. INSTit est l’indicateur institutionnel
mesuré par la base de données ICRG (International Country Risk Guide). Cet indicateur mesure le
risque politique dans un pays, il est composé de trois catégories : risque politique, économique
et financier. Dans ce papier on utilise l’indicateur de risque économique composé de douze
indicateurs institutionnels (voir Annexe, Tableau 3) : plus la valeur est élevé est plus le risque
est faible. 𝑋𝑖𝑡 représente le vecteur des variables explicatives déterminant la croissance
économique. Ces variables sont : les dépenses publiques (G), la Formation Brut de Capital Fixe
(FBCF), l’infrastructure, la technologie, le capital humain, le commerce et les IDE. Ces données
sont issues de la base de données de la Banque Mondiale (voir Annexe, Tableau 1) sur la période
1984-2013pour 157 pays (l’analyse des groupes est traitée dans la section III.A). ηi : effet
individuel, εit : le terme d’erreur.
188 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Modèle 2:
L’équation (2) est utilisée pour estimer l’effet de seuil institutionnel. Par conséquent, nous
utilisons l’approche de Kremer et al. (2013)94 pour tester la relation non linéaire entre les IDE
et la croissance. Leur modèle à effet de seuil est une extension du modèle statique de Hansen
(1999)et de Caner et Hansen (2004) en coupe transversale avec variable instrumentale, où les
estimateurs GMM traitent le problème de l’endogèneité.
INST (indicateur institutionnel) est la variable seuil qui divise l’échantillon en deux groupes,
ceux qui sont supérieurs au seuil institutionnel (INST≤ ɣ) et ceux qui sont inférieurs (INST≥
ɣ). Ɣ : la valeur de seuil qu’on cherche à calculer. I(.) est l’indicateur de la fonction qui prend la
valeur 1 si l’argument de l’indicateur dans la fonction est valide et 0 sinon. Ce type de modèle
nous permet d’analyser l’impact de l’IDE sur la croissance pour les pays qui sont inférieurs et
supérieurs au seuil institutionnel ɣ. L’impact de l’IDE sur la croissance est 𝛽1 et 𝛽2 respectivement
pour les pays qui sont inférieurs et supérieurs au seuil institutionnel. δ1 :l’indicateur qui montre
la différence des deux régimes. La variable institutionnelle est considérée comme une variable
endogène et qui est instrumentée par la méthode de Lewbel (2012).
Ce type de modèle a été utilisé dans les travaux de (El Khoury et Savvides, 2006)sur le
commerce et la croissance, les IDE et la croissance (Azman-Saini et al. 2010), et les IDE et
l’inégalité des revenus (Wu et Hsu, 2012).
2. Méthodologie de recherche
a. Méthode des Moments Généralisés (GMM)
Pour évaluer l’impact de l’IDE et des institutions sur la croissance, nous avons utilisé la
méthode de GMM en système. Le modèle (1) est un modèle dynamique dans lequel un retard de
la variable dépendante figure comme variables explicatives. A l’inverse du GMM (Generalized
Method of Moment) dynamique, les techniques économétriques standards comme les MCO ne
permettent pas d’obtenir des estimations efficientes d’un tel modèle en raison de la présence de
la variable dépendante retardée à droite de l’équation.
L’avantage de cette méthode est qu’elle permet de résoudre les problèmes de biais de
simultanéité, de causalité inversée et de variables omises qui affaiblissent les résultats des
études antérieures. Elle permet aussi de traiter le problème de l’endogèneité de toutes les
94 Plus de détails sur la méthode sont expliquésdans leur article “Inflation and growth : new evidence from a
dynamic panel threshold analysis,” (2013), Kremer, S., A. Bick, and D. Nautz, Empirical Economics p : 1-18
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 189
PARTIE II
variables explicatives, qui se pose lorsqu’on étudie la relation entre institutions et croissance
économique.
Il existe deux variantes d’estimateur des GMM en panel dynamique : l’estimateur GMM en
première différence et l’estimateur GMM en système. L’estimateur GMM en première différence
de Arellano et Bond (1991) consiste à prendre pour chaque période la première différence de
l’équation à estimer pour éliminer les effets spécifiques des pays, et ensuite à instrumenter
les variables explicatives de l’équation en première différence par leurs valeurs en niveau
retardées d’une période ou plus. L’estimateur GMM système de Blundell et Bond (1998), consiste
à combiner les équations en première différence avec les équations en niveau dans lesquelles
les variables sont instrumentées par leurs valeurs en niveau retardées d’au moins une période.
Deux tests sont associés à l’estimateur des GMM en panel dynamique : le test de
suridentifications de Sargan/Hansen, qui permet de tester la validité des variables retardées
comme instruments, et le test d’auto corrélation d’Arellano et Bond où l’hypothèse nulle est
l’absence d’autocorrélation de premier ordre des erreurs de l’équation en niveau.
Dans nos régressions, les résultats de ces deux tests sont conformes aux attentes. Les
statistiques des deux tests ne nous permettent pas de rejeter l’hypothèse Ho, celle de la validité
des variables retardées comme instruments.
Lewbel (2012) a proposé une méthode de construction des instruments. Cette méthode se
fait en trois étapes :
• calculer la moyenne de la variable endogène : E(X)
• régresser la variable endogène sur les autres variables explicatives X (X n’inclut la
variable endogène)
• estimer le résidu (Re)
L’instrument est calculé de la manière suivante :
Instrument_X= (X- E(X)) * residual
b. Analyse classificatoire
• Analyse typologique:
La typologie vise à réduire le nombre des observations en les regroupant en des classes
homogènes et différenciées. Elle est le plus souvent utilisée pour classer des objets décrits par
un ensemble d’attributs (ou variables). L’importance de l’analyse typologique est de permettre
des classifications basées sur un ensemble multidimensionnel de critères. Pour le cas, il s’agit
de classer les pays en groupes homogènes en fonction de leurs scores respectifs sur les 12
indicateurs (variables) institutionnelles.
Il existe plusieurs méthodes de typologie qui se résument en deux familles principales :
190 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
l’analyse hiérarchique et l’analyse non hiérarchique. L’analyse hiérarchique, qu’elle soit
descendante ou ascendante, recoure à la construction d’un arbre de classification montrant le
passage des n objets au groupe total, par une succession de regroupements ou de divisions.
L’analyse non hiérarchique vise à construire k groupes (k étant un nombre spécifié par l’analyste
ex ante au début du calcul) à partir des n objets de départ, sur la base d’une procédure,
généralement itérative, d’allocation utilisant un indice mesurant la « qualité » globale de la
classification95.
La validité de la classification s’opère en combinant ces deux démarches de manière
séquentielle pour vérifier la qualité de la classification. La vérification consiste à construire
une matrice de confusion en croisant les résultats de l’analyse typologique hiérarchique et
ceux de l’analyse non hiérarchique et de vérifier le % des bonnes classifications. Cette validité
est par ailleurs vérifiée en considérant la stabilité des résultats des classifications effectuées
séparément sur la moitié de l’échantillon constituée au hasard.
Après avoir formé des groupes homogènes de pays en fonction de leur profil institutionnel,
il est possible de les caractériser et de les identifier à l’aide de l’analyse discriminante multiple.
• Analyse discriminante multiple:
L’analyse discriminante permet d’étudier les relations entre une variable à expliquer nominale
(appartenance à un groupe de pays), et un ensemble de variables explicatives quantitatives (12
indicateurs institutionnelles). Elle consiste à expliquer les différences entre les classes formées
par les modalités de la variable à expliquer. L’analyse discriminante permet de :
• Déterminer les variables explicatives qui contribuent le plus à différencier les classes
définies par la variable à expliquer. Le problème à résoudre est de trouver des
combinaisons linéaires des variables explicatives différenciant le mieux les k classes
formées par la variable à expliquer96.
• Construire un espace discriminant. Ces axes discriminants peuvent être interprétés sur
le plan de leur signification statistique, ainsi que par leurs liaisons avec les variables
explicatives qui les constituent. Un axe discriminant sert à exprimer, sous forme d’une
combinaison linéaire, la relation entre la variable à expliquer et les variables explicatives.
On s’interroge donc au préalable sur l’existence et la force de cette relation par le biais
d’un test statistique. Pour cela l’indicateur statistique le lambda de Wilks est utilisé
95 Diday (An introduction to dynamic clusters methods » Metra, septembre, 1972).
96 La procédure de résolution est fondée sur le fait que la matrice de variance- covariance totale T peut
être décomposée en deux parties : la matrice de variance- covariance inter classes B, et la matrice de variance-
covariance intra classes W, qui est la somme pondérée de k matrices, chacune de ces matrices étant la matrice de
variance- covariance interne à l’une des classes T=W+B. Le problème consiste donc à chercher des directions sur
lesquelles la variance totale T se décompose en rendant B maximum (et donc W minimum). Cette direction rendra
compte au mieux des différences entre les groupes.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 191
PARTIE II
pour tester la significativité des centres de gravité des classes.
La validité de la classification est vérifiée à partir de la construction de la « matrice de
confusion » en calculant, pour chaque pays de l’échantillon, son groupe théorique d’appartenance
et en le comparant à son groupe réel. L’analyse de la matrice, dans chaque case donne le nombre
de personnes appartenant au groupe i et classées dans le groupe j, permet de juger de la
qualité de la discrimination. Une autre procédure de validation consiste à vérifier la stabilité des
résultats de la discrimination sur un sous échantillon aléatoire de 50% des observations utilisées
dans cette analyse.
II. Résultats et discussions
1. Classifications des pays selon leur profil institutionnel
a. Typologie sur la base des indicateurs institutionnels
Une analyse hiérarchique a d’abord été menée pour déterminer un intervalle de nombre de
classes acceptables. Selon l’arbre hiérarchique de cette analyse, l’intervalle en question semble
être compris entre 3 et 5 classes. Cet intervalle ainsi défini, trois analyses non hiérarchiques à
nuées dynamiques ont été ensuite effectuées pour déterminer le nombre idéal de classes : à 3
classes, à 4 classes et à 5 classes. L’ANOVA de la typologie à 4 classes s’est révélée meilleure
que celle à 3 ou 5 classes.
La stabilité des résultats de ces trois analyses à 3, 4 et 5 classes a ensuite été vérifiée
sur un sous échantillon aléatoire de 50 % des observations utilisées dans cette analyse. Les
analyses de variance effectuées indiquent là également un meilleur niveau de signification pour
la classification en 4 classes en comparaison des classifications en 3 et 5 classes. Une dernière
vérification a consisté à construire une matrice de confusion en croisant les résultats de l’analyse
typologique hiérarchique à 4 classes et ceux de l’analyse non hiérarchique à 4 classes 97.
97 On constate alors que 83% des pays sont ainsi bien classés, indiquant une très bonne stabilité de la
classification
192 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Tableau 1. Classification des pays en fonction de leur profil institutionnel
Nombre d’observations
1 66
2 20
Groupe
3 46
4 25
Valide 157
Manquantes 0
L’analyse discriminante permet de caractériser les 4 groupes de pays ayant des profils
institutionnels homogènes formés préalablement au moyen de l’analyse typologique. Elle permet
de déterminer les indicateurs institutionnels qui différencient le plus les groupes de pays entre
eux.
Le lambda de Wilks98 enregistre une valeur de 0,049. Le niveau de signification permet de
conclure que l’existence des 4 classes est largement justifiée. La fonction discriminante explique
la majorité des différences entre ces classes. On constate que 99,4 % de la variance totale est
restituée par les deux premières fonctions discriminantes. Le modèle discriminant est très bon.
L’interprétation des résultats de l’analyse discriminante peut donc se limiter aux deux premières
fonctions.
Par ailleurs, l’analyse discriminante a été validée au moyen : (i) d’une procédure de
classification qui donne le pourcentage de bonne classification des individus dans une classe99,
obtenue à partir des fonctions discriminantes, (ii) d’un test de BOX pour vérifier le bien-fondé de
l’analyse discriminante100, (iii) d’une analyse discriminante réalisée sur un sous- échantillon tiré
au hasard de l’échantillon initial101.
b. Caractérisation des profils institutionnels de pays
Le Tableau 2 qui suit présente les corrélations entre critères et fonctions discriminantes
98 Le lambda de Wilks correspond au rapport de la variation intra- groupes à la variation totale, il doit être
le plus faible possible. On procède ici au test, basé sur une variation d’un test du Chi deux, de l’hypothèse nulle
selon laquelle les centroïdes sont égaux.
99 La matrice de matrice de confusion entre les résultats de l’analyse typologique et ceux de l’analyse
discriminante indique un excellent pourcentage de bonne classification des pays 98%.
100 Le test de BOX indique qu’il n’y a aucune différence statistiquement significative entre les matrices de
variances / covariances (M de BOX = 232,92 ; Approximate F = 2,474 ; Ddl =84 ; Signif. = 0,0000).
101 La stabilité des résultats de la discrimination sur un sous échantillon aléatoire de 50%. Les valeurs
des différents tests et des autres procédures de validation indiquent là également le bien fondé de l’analyse
discriminante initiale.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 193
PARTIE II
canoniques (après rotation VARIMAX102, les variables sont classées par ordre de corrélation
décroissant dans chaque fonction) :
Tableau 2. Matrice des corrélations indicateurs/ fonctions discriminantes
Fonction : 1 2 3
Militaires dans la politique 0,609* 0,344 0,024
Bureaucratie 0,572* -0,226 -0,130
Conflits internes (b) 0,569* 0,059 -0,117
Conditions socio-eco(b) 0,523* 0,028 -0,404
Profil Investissement 0,491* 0,334 -0,480
Démocratie (b) 0,328* -0,097 0,250
Corruption 0,527 -0,663* 0,195
Lois et Ordres 0,554 -0,419 -0,566*
Stabilité du gouvernement (b) 0,201 -0,042 -0,410*
Tensions ethniques 0,259 0,264 0,390*
Conflits externes 0,294 0,129 0,310*
Rôle des religions (b) 0,063 0,102 0,269*
*. Plus grande corrélation absolue entre chaque variable et une fonction discriminante quelconque.
(b). Cette variable n’est pas utilisée dans l’analyse (stepwise).
Ce Tableau 2 donne les coefficients de corrélation (ou de structure ou loadings) entre axes
discriminants et les variables explicatives. Ils permettent d’interpréter les axes discriminants en
mettant en évidence les variables qui leur sont les plus liées. On remarque ainsi que la première
fonction discriminante correspond davantage à un axe « autoritarisme centralisé » alors que la
seconde fonction discriminante correspond à un axe « transparence ».
Comme les signes sont positifs pour la fonction 1, cela signifie que les pays ayant des valeurs
élevées sur les variables qui contribuent le plus auront également des scores discriminants
élevés et inversement. Par ailleurs, pour la fonction 2 les pays qui ont des valeurs élevées
sur les variables qui contribuent le plus auront également des scores discriminants faibles et
inversement.
102 La procédure de rotation VARIMAX permet dans le cas d’une analyse discriminante multiple d’interpréter
plus aisément l’espace discriminant.
194 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Tableau 3. Valeurs des centres de groupes sur des fonctions discriminantes
Groupes Fonction 1 Fonction 2
1 -1,925 0,075
2 -4,975 - 0,969
3 1,478 0,796
4 6,343 - 0,888
Les poids des variables retenues dans l’analyse ainsi que les valeurs des centroïdes
permettent de caractériser chaque groupe en termes de profil institutionnel spécifique. L’étude
de l’ensemble permet de caractériser 4 groupes avec des profils spécifiques (Annexe, Tableau 2).
Ainsi, le groupe 4 représente les pays qui ne sont pas autoritaires et bureaucratiques et
qui sont de surcroit transparents. Le groupe 4 correspond aux pays que l’on peut qualifier de
« démocratie libérale ». L’opposé à ce groupe est le groupe 2 qui possède le même niveau
de transparence mais qui est un groupe de pays autoritaires et bureaucratiques de type
« Bonapartiste ». Le groupe 1 représente les pays qui ont un régime moins autoritaire que le
groupe 2 et moyennement transparents. Il s’agit d’un groupe de pays « En transition ». Le groupe
3 marque le niveau de transparence le plus faible couplé à un autoritarisme bureaucratique
moins élevé que les groupes 1 et 2. Ce sont des systèmes de type « Oligarchiques ». Ces profils
sont synthétisés dans la figure suivante :
Figure 1. Synthèse des profils caractérisés par les fonctions discriminantes
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 195
PARTIE II
Le tableau 4 montre la distribution de l’écart type pour tout l’échantillon (All), et pour les
4 groupes (G1, G2, G3 et G4). Sur le plan statistique la répartition des groupes en termes de
niveau institutionnel ne réduit donc pas considérablement l’écart type de la variable institution.
Par conséquent, cette décomposition n’entraine pas de biais significatif lié à une réduction de
la variance.
Tableau 4. Comparaison de l’écart type institutionnel des 4 groupes par rapport à
l’échantillon
All G1 G2 G3 G4
Institution 0.15 0.09 0.11 0.09 0.06
2. Effet ambigu de l’IDE sur la croissance par niveau de revenu
Les résultats des estimations du modèle (2) sur l’effet de l’IDE sur la croissance de PIB par
tête sont résumés dans le Tableau 5. Le test de Sargan valide les instruments (construits selon
Lewbel (2012)) de la variable institutionnelle (institution).
Les IDE ont un effet positif sur la croissance pour les groupes 4 et 1. En effet, les groupes 4 et
1 ont une valeur de l’IDE très proche respectivement de 1.9 % du PIB et 1.84 % du PIB en 1984.
Cette valeur a atteint 4 % de PIB pour le groupe 4 et 3.24 % de PIB pour le groupe 1 en 2013.
On remarque que le coefficient est plus élevé dans le groupe 1 (en transition) que le groupe 4
(démocratie libérale). Mello et al. (1995) montrent que l’effet des IDE sur la croissance est plus
élevé dans les pays suiveurs de technologie que dans les pays leader en matière technologique.
Par contre pour le groupe 3 les IDE n’ont pas d’effet significatif malgré une augmentation
de la part de l’IDE de 2.37 % de PIB en 1984 à 3.88 % de PIB en 2013. En effet, ces pays
sont caractérisés par un niveau de transparence très faible de sorte que les bénéfices tirés de
l’IDE sont détournés au bénéfice de groupes spécifiques (Oligarchie). Meisel et Aoudia (2007)
qualifient ce groupe d’insider103 ou de groupe d’intérêt.
Une décomposition plus fine selon le niveau de revenu des groupes (revenu élevé, moyen et
faible) est prise en compte. Ce découpage permet de tester si l’effet des IDE sur la croissance de
PIB par tête a un effet différent selon le niveau de revenu des groupes.
Les résultats de l’effet de l’IDE sur la croissance par niveau de revenu des groupes sont
indiqués dans le Tableau 5. Les résultats montrent que l’effet des IDE sur la croissance est plus
élevé dans les pays à revenu moyen par rapport aux pays à haut revenu pour les groupes 1 et 4.
Ces résultats sont confirmés dans les travaux d’Aghion et Howitt (2009) qui expliquent que cet
103 Les insiders désignent les élites économiques et politiques qui se partagent l’accès aux principales
ressources (pouvoir, information, richesse,...) à tous les niveaux (du national au local).
196 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
effet est du à la faiblesse du niveau de revenu par tête dans les pays à revenu moyen.
Le groupe 2 est caractérisé par un régime autoritaire et bureaucratique mais plus transparent
que le groupe 1, l’impact de l’IDE se révèle être négatif pour les pays à revenu moyen telles que :
l’Iraq, le Nigeria et le Soudan. Ce sont des pays exportateurs de ressource naturelle où les IDE
ne profitent pas à l’intérêt du pays et où les investisseurs étrangers exploitent les ressources des
pays. En effet, on peut supposer l’existence de pratiques connexes par les multinationales qui
investissent. De sorte que même s’il y a une augmentation de l’IDE leur effet devient inexistant
sur l’économie (Adams et Opoku, 2015). Grâce à l’analyse typologique on a pu situer les groupes
par niveau institutionnel afin de mieux comprendre l’effet de l’IDE sur la croissance.
Tableau 5. L’effet de l’IDE et des institutions sur le taux de croissance de PIB par tête
Démocratie
VARIABLE
ALL Transition Bonapartisme Oligarchie
libérale
(Groupe 1) (Groupe 2) (Groupe 3)
(Groupe 4)
.957*** .947*** .975*** 1.02*** .772*** -.788 .931*** .921*** .94*** .901***
Yit-1
(.003) (.003) (.002) (.071) (.02) (.041) (.0130) (.013) (.021) (.018)
-.596 -.596 -.09*** -.09*** -.341 -.341 -.889 -.889 -.048** -.048**
G
(.12) (.12) (.06) (.06) (.12) (.12) (.129) (.129) (.02) (.02)
.272*** .272*** .541*** .54*** .181 .181 .26*** .26*** .342** .342**
FBCF
(.02) (.02) (.49) (.49) (.02) (.02) (.0176) (.0176) (.12) (.12)
.643 .643 .092** .092** -.64*** -.64*** .69*** .69*** .163*** .163***
INFRA
(.17) (.17) (.08) (.08) (.17) (.17) (.169) (.169) (.02) (.02)
Techno- .121** .121** .734 .734 .075*** .075*** .134 .134 .712*** .712***
logie (.04) (.04) (.93) (.93) (.04) (.04) (.0364) (.0364) (.17) (.17)
.057*** .057*** -.021* -.021* .707** .707** .852 .852 .110** .110**
KH
(.24) (.24) (.19) (.19) (.29) (.29) (.214) (.214) (.04) (.04)
-.076 -.076 .68*** .68*** .08*** .08*** .051*** .051*** .804** .804**
trade
(.01) (.01) (.62) (.62) (.02) (.02) (.0130) (.0130) (.31) (.31)
.59*** .14*** -.072 -.889 .09***
IDE
(.12) (.03) (.02) (.129) (.02)
.227*** .32*** -.341 .26*** .048**
INST
(.019) (.024) (.12) (.0176) (.02)
.042*** -.321**
INST_HI
(.011) (.074)
.121* -.9* .2*** .098* .17***
INST_MI
(.016) (.031) (.128) (.093) (.216)
-.007 .741
IDE_HI
(.001) (.157)
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 197
PARTIE II
.072** .027* -1.17*** -.161 .18***
IDE_MI
(.002) (.011) (.371) (.152) (.131)
.375*** .131*** -.042 -.111 .5*** 1.62*** .052 -.184 .034 .04***
Constant
(.051) (.036) (.025) (.375) (.303) (.021) (.051) (.037) (.032) (.200)
Observa- 5181 5181 2,178 2,178 660 660 1,518 1,518 825 825
tions
Number 157 157 66 66 20 20 46 46 25 25
of id
AR(2) .154 .124 .136 .207 .128 .266 .325 .263 .142 .388
P-value
Sargan .176 .132 .245 .274 .216 .210 .163 .458 .162 .652
P-value
Standard errors in parentheses *** p<0.01, ** p<0.05, * p<0.1
*MI indique le niveau de revenu moyen et HI le niveau de revenu élevé
3. Un lien confirmé entre le niveau institutionnel et la croissance
L’indicateur institutionnel a l’effet attendu sur la croissance, cet effet est positif est significatif
pour les groupes 1, 3 et 4 (Tableau 5). On remarque que le coefficient le plus élevé est celui des
pays en transition avec 0.324 (G1), suivie des pays qualifiés d’oligarchies (G3) avec un coefficient
de 0.265 et enfin les pays de démocratie libérale avec un coefficient de 0.048 (G4).
En effet, plus le niveau institutionnel est élevé et moins l’effet sur la croissance sera élevé.
Nos résultats sont conformes à celles de Nawaz (2015) qui trouve que les institutions ont des
effets plus importants dans les pays en voie de développement. Prenons l’exemple des pays de
démocratie libérale (G4), ces pays ont un niveau institutionnel le plus élevé avec 0.84 voir Tableau
6, ils ont déjà tiré bénéfice d’un bon environnement institutionnel de sorte que les institutions
ne constituent plus un déterminant important de la croissance. On peut parler d’une forme de
saturation au-dessus de laquelle l’impact des institutions sur la croissance n’est plus significatif.
Dans ce cas la croissance serait tirée par d’autres facteurs comme le facteur technologique pour
les pays développés 104.
104 Pour le groupe 2, l’impact des institutions n’est pas significatif, ce groupe est caractérisé par un régime
autoritaire et bureaucratique mais garantissant plus transparence. Ce sont les pays tels que l’Iraq, le Soudan et le
Yemen où l’Etat de type « Bonapartiste » déploie un pouvoir se substituant aux institutions.
198 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Tableau 6. La moyenne de l’indicateur institutionnel
Variable All G1 G2 G3 G4
Institution 0.63 0.56 0.45 0.66 0.84
Institution_high_income 0.77 0.61 -- 0.70 0.86
Institution_middle_income 0.59 0.56 0.43 0.66 0.77
Institution_low_income 0.50 0.54 0.46 -- --
Le Tableau 5 montre que pour les groupes 2, 3 et 4 l’effet des institutions sur la croissance
de PIB par tête est plus élevé dans les pays à revenu moyen que dans les pays à haut revenu.
En effet, pour le groupe 4, et malgré le régime autoritaire et bureaucratique dans ces pays tels
que l’Iraq, le Liban et Pakistan, l’indicateur institutionnel s’est amélioré de 0.30 points de 1984
à 0.62 en 2013. Lee et Kim (2009) montrent que l’effet des institutions sur la croissance est
plus important lors des phases de développement d’un pays. On peut parler ici d’un effet de
saturation institutionnel à partir de la décomposition des groupes en terme de revenues. En effet,
à partir d’un certain seuil institutionnel, les institutions auront moins d’effet sur la croissance.
Cet effet de saturation sera calculé dans la section suivante.
Cependant, pour le groupe 1, les résultats montrent que l’effet est moins élevé dans les pays
à revenu moyen par rapport aux pays à haut revenu. Cet effet s’explique par le régime autoritaire
et bureaucratique imposé dans ces pays et par un niveau de transparence faible. Ces pays ont
connu plusieurs périodes d’instabilité dues aux conflits internes et externes.
L’effet des institutions sur la croissance de PIB par tête varie selon les groupes. Cependant,
cet effet est plus important dans les pays à revenu moyen que dans les pays à haut revenu Tintin
(2012). De plus l’effet de l’IDE sur la croissance de PIB par tête est positif pour certain groupe et
négatif pour d’autres, il est important d’aller plus loin dans l’analyse pour connaître les raisons
de cet effet différencié (selon les groupes). Il est question de voir dans la section suivante si cet
effet dépend du niveau institutionnel du pays.
4. Un effet différentié du seuil institutionnel sur les IDE
Pour analyser l’effet indirect de l’IDE sur la croissance en tenant compte du niveau
institutionnel nous utilisons le modèle 2. Le Tableau 7 représente l’effet de l’interaction entre les
IDE et les institutions sur la croissance de PIB par tête.
Les résultats montrent qu’un bon environnement institutionnel permet aux IDE d’avoir un
impact positif sur la croissance pour les groupes 1 et 2 (les groupes les plus autoritaires et
bureaucratiques). Le Tableau 7 montre que l’effet de l’IDE sur la croissance est positif qu’à partir
du seuil 0.56 pour le groupe 1 et 0.43 pour le groupe 2. On peut voir que le coefficient IDE*(INST>
ɣ) est positif pour les 2 groupes. Nos résultats sont conformes aux travaux de Trojette (2016)
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 199
PARTIE II
et de Brahim et Rachdi (2014) pour les pays du groupe de la région MENA et SSA qui sont en
transition et bonapartiste. Ces travaux ont trouvé pour la région MENA un seuil de 0.54 à partir
duquel les IDE favorisent la croissance. Pour les pays du groupe SSA, Trojette (2016) et Ajide et
al. (2014) ont trouvé qu’au delà de 0.5 les institutions conditionnent l’impact positif des IDE sur
la croissance.
Par contre pour le groupe 3 en transition, l’effet de l’IDE sur la croissance est négatif si
les pays se situent au-dessous du seuil 0.83. Pour ce groupe, les résultats sont différents des
autres travaux. Par exemple, pour les pays tels que la Tunisie et l’Oman, nos résultats ont
montré un seuil de 0.83 qui est largement supérieur à celui trouvé par Trojette (2016) et de
Jude et Levieuge (2013)we test this hypothesis on a sample of 94 developing countries over
the period 1984-2009. The use of Panel Smooth Transition Regression (PSTR qui est de 0.54. En
effet, l’analyse classificatoire a divisé le groupe des pays par niveau institutionnel ce qui permet
d’avoir des groupes homogènes en terme de niveau institutionnel. Meisel et Aoudia (2007) a
montré que la répartition des pays par profils institutionnels permet de mieux cibler les réformes
institutionnelles.
Pour le groupe 4 qualifié de démocratie libérale, les institutions ne constituent pas un
facteur déterminant pour l’impact positif des IDE pour les pays qui se situent au-dessus du seuil
0.73. Pour les pays qui ont un niveau institutionnel inférieur au seuil 0.73 l’effet est négatif
sur la croissance. Ces pays regroupent majoritairement les pays de l’OCDE. Nos résultats sont
semblables à ceux trouvés par Trojette (2016). Elle montre pour les pays d’Europe à revenu élevé
qu’à partir du seuil 0.7 les IDE favorisent la croissance. Par contre pour les pays du groupe
d’Amérique à revenue élevé105 le seuil est de 0.63, ce qui est inférieur à nos résultats. Afin de
mieux cibler les politiques économiques, il est préférable de regrouper les pays selon leur niveau
institutionnel.
105 Canada, Chile, Puerto Rico, St. Kitts and Nevis, Trinidad and Tobago, United States, Uruguay
200 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Tableau 7. L’effet de seuil institutionnel sur l’impact de l’IDE sur la croissance
VARIABLES ALL Transition Bonapartisme Oligarchie Démocratie
libérale
Seuil 0.63 0.56 0.43 0.83 0.73
0.211 -0.121 -0.247 -0.127** -0.137**
IDE*(INST<= ɣ)
(0.189) (0.032) (0.262) (0.041) (0.027)
0.029** 0.014** 0.131* 0.161 0.141
IDE*(INST> ɣ)
(0.042) (0.022) (0.101) (0.007) (0.009)
0.915*** 0.957*** 0.771*** 0.974*** 0.991***
Yit-1
(0.028) (0.002) (0.024) (0.003) (0.004)
0.346** -0.017** -0.127 -0.126* -0.066***
G
(0.118) (0.004) (0.052) (0.004) (0.005)
-0.157** 0.113*** -0.173 0.087*** 0.192**
FBCF
(0.087) (0.004) (0.049) (0.005) (0.007)
0.619*** 0.056*** -0.074 0.127*** -0.161***
INFRA
(0.228) (0.005) (0.011) (0.011) (0.011)
-0.161 0.192 0.162*** -0.043 0.071***
Technologie
(0.017) (0.001) (0.019) (0.001) (0.002)
-0.431*** 0.043 0.5048*** 0.072 -0.064
KH
(0.166) (0.007) (0.055) (0.015) (0.015)
0.218* -0.145* 0.131* 0.821** 0.042***
trade
(0.071) (0.004) (0.018) (0.003) (0.003)
-0.029** 0.075 0.212 -0.732** -0.184
IDE
(0.0314) (0.014) (0.067) (0.027) (0.008)
-0.017** 0.375*** 0.656*** -0.211** 0.221***
INST≤ ɣ
(0.127) (0.0457) (0.447) (0.127) (0.069)
0.112 -0.022 0.127*** 0.284** 0.141
Constant
(0.337) (0.029) (0.297) (0.104) (0.059)
Observations 5181 2,178 660 1,518 825
Number of id 157 64 20 46 25
AR(2) P-value 0.256 0.293 0.201 0.113 0.125
Sargan P-value 0.211 0.375 0.248 0.175 0.217
Standard errors in parentheses
*** p<0.01, ** p<0.05, * p<0.1
On conclut que le bon niveau institutionnel constitue un facteur important pour l’effet positif
des IDE sur la croissance de PIB par tête (Azman-Saini et al.2010). En outre, les IDE ne semblent
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 201
PARTIE II
pas systématiquement attirés par le même levier. Autrement dit, l’effet de ces leviers est bien
différencié en fonction du niveau institutionnel des pays. Les stratégies de ciblage des IDE
devraient en conséquence prendre en considération les aspects différenciés qui attirent les IDE.
5. Le niveau institutionnel et l’effet de seuil : une relation non
monotone
Les résultats auxquels nous avons aboutit jusqu’à maintenant nous amènent à avancer
l’hypothèse selon laquelle la relation entre l’effet de l’IDE et le seuil institutionnel n’est pas
monotone. Cette hypothèse suppose l’existence d’un effet de saturation au-delà duquel le niveau
institutionnel ne serait plus déterminant à lui seul de l’impact positif de l’IDE.
Le Tableau 8 montre le niveau institutionnel calculé comme une moyenne sur la période
1984-2013 et le seuil calculé dans le Tableau 7. On remarque que le seuil institutionnel baisse
à partir du groupe 3. En effet, le groupe 3 a un niveau institutionnel de 0.67 qui est inférieur
au niveau du groupe 4 qui est 0.84 mais le seuil pour le groupe 3 est plus élevé que celui du
groupe 4. A partir d’un certain niveau institutionnel l’amélioration du niveau institutionnel n’a
plus d’impact sur la croissance.
Tableau 8. Le niveau et le seuil institutionnels
(Groupe 1) (Groupe 2) (Groupe 3) (Groupe 4)
Transition Bonapartisme Oligarchie Démocratie libérale
Niveau institutionnel 0.55 0.45 0.67 0.84
Le seuil institutionnel 0.56 0.43 0.84 0.73
La figure 2 montre en effet que la relation entre les IDE et les institutions n’est pas monotone.
A partir d’un certain niveau institutionnel (0.67) il y a manifestement un effet de saturation
institutionnel. La courbe du niveau de seuil présente une allure curviligne, indiquant que malgré
l’amélioration du niveau institutionnel, le seuil marque une baisse en régime due à un effet de
saturation.
202 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Figure 2. Effet de saturation du niveau institutionnel
Source : Calcul des auteurs
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 203
PARTIE II
Conclusion
Ce papier permet de mieux comprendre l’effet ambigu qu’on relève dans la littérature de l’IDE
sur la croissance. Cette recherche a mis l’accent sur le facteur institutionnel d’un pays pouvant
expliquer l’effet sur la croissance de PIB par tête. Une décomposition des pays en groupes à profil
institutionnel homogène a été appliquée par une analyse classificatoire.
Il s’avère ainsi que l’impact de l’IDE sur la croissance dépend de chaque type de groupe de
pays ainsi que du niveau de revenu. L’impact de l’IDE sur la croissance n’est positif que dans les
pays qualifiés de pays en transition (G1) ainsi que les pays qualifiés de démocratie libérale (G4).
Ces pays possèdent un meilleur niveau institutionnel que celui des deux autres groupes qualifiés
de Bonapartistes et d’Oligarchies. Il apparait également que l’effet des IDE et des institutions
est plus important dans les pays à revenu moyen en comparaison de ceux à plus haut revenu
(Nawaz, 2015).
La décomposition en groupes de pays homogènes en termes de niveau institutionnel
permet de mieux estimer les seuils institutionnels des groupes tenant compte de leur qualité
institutionnelle (Meisel et Aoudia 2007). Le seuil institutionnel calculé à partir de la méthode
de Caner et Hansen (2004) a permis de clarifier l’ambiguïté quant aux effets de l’IDE sur la
croissance pour les Oligarchies et les Démocraties libérales.
Par ailleurs, les résultats ont montré que le niveau institutionnel ne serait plus discriminant
à lui seul de l’effet positif des IDE sur la croissance. En effet, à partir d’un certain niveau
institutionnel, son n’a plus d’effet significatif sur la croissance mettant ainsi en évidence un effet
de saturation.
Une voie de recherche serait de coupler cette approche classificatoire à une analyse encore
plus fine qui mobiliserait cette fois-ci une décomposition sectorielle de l’IDE et d’analyser ainsi
les secteurs qui dépendent le plus du profil institutionnel des pays dans une perspective d’une
meilleure compréhension de l’impact de l’IDE sur la croissance.
204 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
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PARTIE II
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206 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Annexes
Tableau 9. Les variables macroéconomiques
Label Description Sources
Yit Growth of GDP per capita WDI, 2014
The resulting index ranges between zero and 100 and a International Country
Institutions larger value means lower political risk. It is computed Risk Guide (ICRG),
(INST) through an average of twelve different indicators from the 2014
ICRG database
Les flux entrants de l’IDE comprennent les capitaux fournis UNCTAD, 2014
par l’investisseur direct à l’entreprise ou les capitaux reçus
de cette entreprise par l’investisseur. L’IDE est composé des
trois catégories suivantes : le capital social, les bénéfices
réinvestis et les emprunts intra-compagnie. Les données sur
l’IED se présentent sur une base nette (les crédits moins les
IDE débits des transactions en capital entre l’investisseur direct
et son entreprise apparentée). Les augmentations nettes en
passifs et les décroissances nettes en actifs se déclarent
comme crédits (avec le signe positif), tandis que les
augmentations nettes en actifs et les décroissances nettes
en passifs se déclarent comme débits (avec le signe négatif).
Gross fixed capital formation, Gross fixed capital formation WDI, 2014
(% of GDP) Long definition Gross fixed capital formation
(formerly gross domestic fixed investment) includes land
improvements (fences, ditches, drains, and so on); plant,
machinery, and equipment purchases; and the construction
FBCF
of roads, railways, and the like, including schools, offices,
hospitals, private residential dwellings, and commercial
and industrial buildings. According to the 1993 SNA,
net acquisitions of valuables are also considered capital
formation.
-Number of patent grants per 1 million people World Intellectual
Technology
Property Organization,
creation
-Number of publications in scientific and technical journals World Bank (WDI),
(technologie)
per 1 million people 2014
Trade is measured by trade in goods and services as a WDI, 2014
TRADE
percentage of GDP at constant price
General government final consumption expenditure includes WDI, 2014
GOVERNMENT all government current expenditures for purchases of goods
CONSUMPTION and services. It also includes most expenditure on national
(G) defense and security, but excludes government military
expenditures.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 207
PARTIE II
World Bank (WDI)
-Literacy rate, adult total (% of people ages 15 and below) (UNESCO)
Human capital
-Enrolment in tertiary education per 100,000 inhabitants United Nations
(HK)
-Mean years of schooling of adults Development Program
(UNDP), 2014
-Fixed broadband Internet subscribers per 100 people
Technology
-Telephone fixed-lines per 100 people
Infrastructure WDI, 2014
-Mobile cellular subscriptions per 100 people
(INFRA)
- Electric power consumption (kWh per capita)
Figure 10. Liste des pays selon leur profil institutionnel
Group Level of income Liste des pays
Middle income Indonesia, Iraq, Lebanon, Nigeria, Pakistan et Sudan.
Bonapartisme Low income Bangladesh, Ethiopia, Guinea, Guinea-Bissau, Haiti, Liberia,
(G2) Mali, Myanmar, Nepal, Rwanda, Sierra Leone, Tajikistan,
Togo et Uganda.
High income Russia.
Middle income Albania, Algeria, Armenia, Azerbaijan, Bolivia, Cameroon,
China, Colombia, Cuba, Dominican, Republic Ecuador, Egypt,
El Salvador ,Gabon, Georgia, Ghana, Guatemala, Guyana,
Honduras, India, Iran, Kazakhstan, Kyrgyz Republic, Libya,
Macedonia, Mauritania, Moldova, Mongolia, Morocco,
En transition Nicaragua, Panama, Papua New Guinea, Paraguay, Peru,
(G1) Philippines, Senegal, Serbia, Solomon Islands, Sri Lanka,
St. Vincent and the Grenadines, Suriname, Swaziland, Syria,
Thailand, Timor-Leste, Tonga, Turkey, Turkmenistan, Ukraine,
Uzbekistan, Vanuatu, Vietnam, West Bank and Gaza, Yemen
et Zambia.
Low Income Burkina Faso, Cambodia, Central African Republic, Kenya,
Madagascar, Malawi, Mozambique, Niger, Tanzania et
Zimbabwe
High income Bahrain, Chile, Croatia, Cyprus, Czech Republic, Estonia,
Greece, Hong Kong, Israel, Korea, Kuwait, Latvia, Lithuania,
Malta, Oman, Poland, Puerto Rico, Qatar, Saudi Arabia,
Slovakia, Slovenia, St. Kitts and Nevis, Trinidad and Tobago,
Oligarchie United Arab Emirates et Uruguay.
(G3) Middle income Argentina, Belarus, Bosnia and Herzegovina, Botswana,
Brazil, Bulgaria, Costa Rica, Dominica, Jamaica, Jordan,
Malaysia, Maldives, Mauritius, Mexico, Namibia, Romania,
Seychelles, South Africa, St. Lucia, Tunisia et Venezuela.
208 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
High income Australia, Austria, Belgium, Brunei Darussalam,Canada,
Denmark, Finland,France, Germany, Iceland, Ireland,
Démocratie Italy, Japan,Luxembourg, Netherlands, New Zealand,
libérale Norway,Portugal, Singapore, Spain, Sweden, Switzerland,
(G4) United Kingdom et United States.
Middle income Hungary.
Tableau 11. Les variables institutionnelles
Label Description Sources
POLITICAL ICRG: consists of the following 12 subcomponents: PRS-ICRG(2008)
(institution) Government Stability (12 points), Socioeconomic Conditions
(12points), Investment Profile (12 points), Internal Conflict
(12 points), External Conflict (12 points), Corruption (6
points), Military in Politics (6 points), Religious Tensions (6
points), Law and Order (6 points), Ethnic Tensions (6 points),
Democratic Accountability (6 points), Bureaucracy Quality
(4points). The resulting index ranges between zero and 100
and a larger value means lower political risk.
Government Measures the government’s ability to carry out its policies PRS-ICRG(2008)
Stability and to stay in office.
Socioeconomic Captures socio–economic pressures at work in society PRS-ICRG(2008)
Conditions that might restrain government action or elevate social
dissatisfaction and thus destabilize the political regime.
Investment Profile Assess the investment profile, that is, factors related to the PRS-ICRG(2008)
risk of investment that are not covered by other (financial
and economic) risk components, such as contract viability
(expropriation), profits repatriation or payment delays.
Internal Conflict Stands for internal conflict, measuring political violence PRS-ICRG(2008)
within the country and its actual or potential impact on
governance by focusing on, for instance, civil war, terrorism,
political violence or civil disorder.
External Conflict Weight external conflict, namely the risk to the incumbent PRS-ICRG(2008)
government from foreign action, ranging from non-violent
external pressure, such as diplomatic pressure, with holding
aid or trade sanctions, to violent external pressures, ranging
from cross-border conflicts to all-out war
Corruption It evaluates the degree of corruption within the political PRS-ICRG(2008)
system
Military in Politics Represents the influence of the military in politics, which PRS-ICRG(2008)
could signal that the government is unable to function
effectively, therefore, the country might have unfavorable
environment for business
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 209
PARTIE II
Religious Tensions Measures religious tensions, stemming from the domination PRS-ICRG(2008)
of society and/or governance by a single religious group
seeking, for instance, to replace civil by religious law or to
exclude other religious from the political and social press
Law and Order Quantifies law and order, that is, the strength and impartiality PRS-ICRG(2008)
of the legal system.
Ethnic Tensions Assesses the degree of tensions among ethnic groups PRS-ICRG(2008)
attributable to racial, nationality or languages divisions.
Democratic Relates the democratic accountability of the government, PRS-ICRG(2008)
Accountability that is, the responsiveness of the government to its citizens,
but also to fundamental civil liberties and political rights.
Bureaucracy Stands for the institutional strength and quality of the PRS-ICRG(2008)
Quality bureaucracy, which might act as a shock absorber tending to
reduce policy revisions if governments change.
210 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
ISBN : 978-9954-9636-2-3
396 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE