DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
3. Désalignement du dirham marocain
et stratégie de diversiication des
exportations
Aziz RAGBI, Enseignant chercheur en économie, FSJES/LEA, Université Mohammed V de Rabat
Hicham BADDI, Enseignant chercheur en économie, FSJES/LEA, Université Mohammed V de Salé
Résumé
Malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics au Maroc, la part des produits
de haute technologie dans les exportations totales demeure très faible. Ce constat permet de
se poser la question du rôle que pourrait jouer la politique du change dans la diversiication des
exportations tant au niveau des produits qu’au niveau des marchés. Plus précisément, il s’agit
de vériier si la sous-évaluation du dirham marocain est bénéique pour la compétitivité et la
diversiication des exportations ou non. Pour ce faire, nous calculons dans un premier temps le
degré du désalignement du taux de change au Maroc. Ensuite, nous vériions empiriquement
son effet sur la diversiication des exportations. Les résultats de cette étude indiquent que la
sous-évaluation n’impacte pas positivement la diversiication des exportations et concluent que
la politique de change ne sufit pas à elle seule à promouvoir cette stratégie de diversiication.
Mots-clés : Désalignement du taux de change, Diversiication des exportations.
JEL Classiication : F31, F14.
Exchange rate misalignment and export
diversiication strategy
Abstract
Despite efforts by the authorities, the share of high tech products in total
exports is very low, which allows the question of the potential role of the exchange policy in
export diversiication both at the products level and at the level of markets. More speciically, it
is to check whether the undervaluation of the Moroccan dirham is beneicial for competitiveness
and export diversiication or not. To do this, we calculate at irst the degree of misalignment
of the exchange rate in Morocco. Then we empirically verify its effect on the diversiication of
exports. The results of this study indicate that the undervaluation does not positively impact
export diversiication and conclude that exchange rate policy is not suficient in itself to promote
export diversiication strategy.
Keywords: Exchange rate misalignment, Export diversiication.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 349
PARTIE III
Introduction
Les faiblesses de la compétitivité des produits marocains sont liées, à la fois, aux insufisances
structurelles du tissu économique national et à la structure défavorable de l’offre exportable.
Parmi les principales insufisances constatées au niveau des capacités du système productif
national à répondre à la demande extérieure, on trouve, d’une part, un niveau de diversiication
limité des marchés d’exportation, et d’autre part, une concentration des exportations sur un
nombre réduit de produits. La diversiication productive de l’économie marocaine est inférieure
à la moyenne de certains pays émergents. Ainsi, le Maroc exporte 42 produits par million
d’habitants, alors que la Turquie en exporte 55 et la Malaisie 160.
Pour remédier à ces insufisances, le Maroc s’est engagé dans un processus de transformation
structurelle important, à travers, la mise en place de politiques sectorielles, la signature de
certains accords de libre-échange, le développement de son cadre institutionnel, l’amélioration
des conditions de inancement de son économie, le développement de ses infrastructures et
l’accompagnement de ses entreprises exportatrices.
Ces différentes mesures ont permis une nette amélioration de l’offre exportable. Ainsi, la
structure des exportations marocaines a connu une modiication signiicative en faveur des
branches industrielles émergentes à forte valeur ajoutée (automobile, électrique, électronique,
aéronautique,), au moment où les secteurs dits traditionnels voient leur part reculer (vêtements,
produits agricoles). La comparaison du proil des exportations marocaines entre les deux périodes
1998-2002 et 2010-2014 fait ressortir des produits champions, caractérisés à la fois par une
forte croissance des importations mondiales et des gains de parts de marché pour le Maroc.
Ces derniers représentent 40,2 % des exportations totales en moyenne de la période 2010-
2014, contre 12,3 % en moyenne sur la période 1998-2002. Ils sont constitués principalement
de véhicules automobiles, des phosphates et engrais, des équipements pour la distribution de
l’électricité et des crustacés et mollusques. En revanche, le Maroc a perdu des parts de marché
pour des biens caractérisés par une croissance de la demande mondiale (vêtements, chaussures
et produits alimentaires).
En parallèle, l’évolution de la part de marché du Maroc au cours de ces dernières années
s’est produite dans un contexte marqué par une amélioration de la compétitivité-prix. En effet,
le taux de change effectif réel du dirham a connu une dépréciation de 1 %, en moyenne annuelle
au cours de la période d’analyse 2000-2014. Cette évolution est liée à une inlation plus faible au
Maroc que dans les principaux pays partenaires et concurrents. Par ailleurs, le taux de change
effectif nominal du dirham est resté relativement stable au cours de la même période. Le dirham
s’est apprécié de 1,7 % face au dollar. En revanche, il s’est déprécié de 0,9 % face à l’euro.
Malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics, les produits d’exportations au Maroc
demeurent à faible et moyenne technologie, ce qui permet de se poser la question du rôle que
pourrait jouer la politique du change dans la diversiication des exportations tant au niveau des
350 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
produits qu’au niveau des marchés. Autrement dit, de vériier si la sous-évaluation du taux de
change au Maroc sera bénéique pour la compétitivité et la diversiication des exportations ou
non.
L’objectif de ce papier est d’étudier donc l’impact de la sous-évaluation sur la diversiication
des exportations au Maroc. Pour ce faire, nous proposons dans un premier temps de construire un
indice de diversiication des produits exportés. Dans un second temps, nous déterminons le degré
de désalignement du taux de change au Maroc. Enin, nous vériions l’effet du désalignement sur
la diversiication des exportations marocaines.
Ainsi, ce travail sera décliné en quatre sections. La première section présentera la littérature
empirique portant sur l’effet du désalignement sur la diversiication des exportations. La seconde
sera consacrée au calcul de l’indice de diversiication des exportations. La troisième fera le point
sur le degré du désalignement du taux de change réel. Quant à la dernière, elle présentera les
principaux résultats portant sur l’effet du désalignement sur la diversiication des exportations.
I. Revue de littérature empirique
Vu le rôle important que joue le commerce extérieur dans le développement économique,
beaucoup de pays en développement se sont orientés vers la diversiication de leurs exportations.
Le choix de telle stratégie permet de stabiliser les recettes d’exportations, et par conséquent de
stimuler la croissance économique à long terme.
Les études empiriques menées jusqu’à présent mettent en évidence l’effet positif de la
diversiication des exportations sur la dynamique de l’activité économique. Elles considèrent
que la concentration des produits et des marchés d’export entraîne une instabilité des recettes
d’exportations, et par conséquent ralentit la croissance économique. Ainsi, Imbs et Wacziarg
(2003) montrent qu’il existe une relation en U-inversé entre la diversiication des exportations
et le développement économique. Ils soulignent que la diversiication devient de plus en plus
importante avec la hausse du revenu par habitant, mais elle décroit dès que ce dernier atteint un
certain seuil. Des études empiriques conirment par la suite ce résultat et indiquent que les pays
en développement optent pour la diversiication de leurs exportations jusqu’à ce qu’ils atteignent
un niveau de développement assez avancé, ensuite ils se spécialisent dans la production de
certains produits limités (Hesse, 2009 ; Cadot et al. 2011 ; Naudé et Rossouw, 2011 ; Agosin et
al, 2012).
D’autres travaux empiriques examinent le rôle que pourrait jouer la sophistication ou la
complexité des exportations dans la dynamique économique (Hausman et al., 2007 ; Hidalgo et
Hausmann, 2009 ; Jarreau et Poncet, 2012). D’une part, ils montrent que la sophistication des
exportations a un effet positif sur le revenu par habitant. D’autre part, ils soulignent que son
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 351
PARTIE III
degré peut être considéré comme un déterminant de la croissance future. En effet, ils trouvent
que la production de biens plus sophistiqués est plus bénéique à la croissance économique que
celle de biens à faible intensité technologique.
Outre les questions traitées par ces études, certains travaux empiriques s’intéressent à
étudier la relation entre le taux de change et les exportations. Plus précisément, ils examinent
l’effet du désalignement du taux de change sur la diversiication des exportations. Ainsi, sur la
base d’un échantillon de 11 pays d’Afrique subsaharienne, Sekkat et Varoudakis (2000) montrent
que le désalignement du taux de change a un effet négatif sur les exportations. En outre, Ils
soulignent que les pays qui ont pu diversiier leurs exportations de produits manufacturés, sont
ceux qui ont diminué progressivement la surévaluation de leurs monnaies. Dans une autre étude
dans le cas des pays de la région MENA, Achy et Sekkat (2003) montrent que la surévaluation des
monnaies impacte négativement le volume des échanges vers les pays de l’Union Européenne.
Par ailleurs, Rodrik (2008) établit une relation positive entre la sous-évaluation de la monnaie
et la croissance économique dans les pays en développement. Ils montrent que la sous-évaluation
permet aux pays, surtout ceux dont les institutions sont faibles, de promouvoir leurs exportations
de biens échangeables, et par conséquent de stimuler leur croissance économique. Freund et
Pierola (2008) trouvent que la sous-évaluation favorise également l’exportation de nouveaux
produits et la conquête de nouveaux marchés. Quant à Haddad et Pancaro (2010), ils constatent
qu’elle a un effet positif sur la promotion des exportations seulement dans les pays ayant un
revenu par habitant inférieur à 2500 $.
Dans une autre étude qui porte sur un échantillon de 55 pays à faible et à moyen revenu,
Sekkat (2014) examine l’effet du désalignement sur la diversiication des exportations toute en
prenant en considération les principales conditions qui peuvent inluencer cet effet à savoir :
la qualité des institutions et le développement du système inancier. Les résultats de son
étude montrent que la sous-évaluation affecte positivement la part exportations des produits
manufacturés dans les exportations totales. En revanche, ils ne conirment pas l’effet du
désalignement sur la diversiication des exportations.
En dépit des résultats de ces études empiriques, certains économistes considèrent que
la sous-évaluation entrave la diversiication des exportations. Ceci pourrait s’expliquer pour
quelques raisons. Premièrement, la sous-évaluation entraîne une augmentation du coût de
l’importation de certains produits, et par conséquent pourrait avoir un effet négatif sur la
sophistication des exportations. Deuxièmement, la faible qualité des institutions pourrait
annuler l’effet de la sous-évaluation sur la diversiication des exportations. En effet, la corruption
décourage l’investissement national et étranger, ce qui aura un impact négatif sur la promotion
des exportations. Enin, la méthodologie adoptée pour calculer le désalignement pourrait
impacter les résultats des études empiriques.
352 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
II. La diversification des exportations au Maroc
Ain d’évaluer le degré de concentration des exportations d’un pays, les études empiriques
font appel à trois principaux indicateurs à savoir : l’indice d’Herindahl- Hirschmann, l’indice de
GINI et l’indice de Theil.
Dans ce travail nous utilisons le premier indice pour mesurer le degré de concentration des
exportations du Maroc. Il est déini comme suit :
∑
xi
−
X
n 2
1
=
i =1 n
H
1−
j
1
n
Où xi est la valeur des exportations du produit i, X la valeur des exportations totales et n le
nombre de produits exportés190. La valeur de cet indice varie entre 0 et 1. Plus cette valeur est
élevée, plus la concentration est forte, indiquant ainsi que les exportations sont concentrées sur
un nombre limité de produits. Notons que cet indice est communément utilisé par les organismes
internationaux (la CNUCED, l’OCDE, la BAD) pour appréhender le niveau de concentration des
exportations d’un pays191.
A partir de cet indice, nous déduisons l’indice de diversiication des exportations qui est
déini comme étant le complètent par rapport à l’unité de l’indice de concentration. Ainsi, plus la
valeur de cet indice est élevée, plus l’offre exportable du pays est diversiiée.
L’analyse de l’évolution de l’indice d’Herindahl- Hirschmann montre que la structure des
exportations au Maroc est caractérisée par un degré de concentration moyennement élevé.
Ainsi, l’indice de concentration est en moyenne à l’ordre de 0.18 durant la période 1998-2014.
Toutefois, il a enregistré une tendance baissière, passant de 0.21 en 1998 à 0.16 en 2014,
indiquant ainsi que le niveau de diversiication des exportations a progressé mais à un rythme
un peu faible (voir igure 1).
Cette évolution positive du degré de diversiication des exportations au Maroc est imputable
principalement à la hausse de la part des produits manufacturés à technologie moyenne et
élevée. Ainsi, la part de certains secteurs tels que la mécanique, l’automobile et l’électrique a
connu une progression signiicative, passant respectivement de 0,014 %, 0,004 % et 0,084 % en
2000 à 0,034 %, 0,166 % et 0,338 % en 2014.
190 Dans notre étude nous calculons cet indice sur la base de 735 produits exportés.
191 L’indice de concentration des exportations a été retenu dans le rapport de la BAD : « Diagnostic de
Croissance du Maroc : Analyse des contraintes à une croissance large et inclusive »
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 353
PARTIE III
Figure 1. Evolution de l’indice de diversification des exportations d’Herfindahl-
Hirschmann
Source : Calcul des auteurs
S’agissant du nombre de produits exportés, il a augmenté de 1,54 % en moyenne annuelle,
passant de 2429 produits en 1998 à 3083 en 2014. Sur la période 1998-2007, le nombre des
produits exportés a progressé en moyenne de 1,8 %, contre 1,2 % entre 2008 et 2014. Cette
baisse de rythme de croissance du nombre de produits exportés est expliquée par la sensibilité
des exportations à la conjoncture économique des partenaires commerciaux du Maroc.
A partir de l’analyse de l’évolution de l’indice de concentration ainsi que celle du nombre de
produits exportés, il apparait que la diversiication des exportations au Maroc s’accroit mais à
un rythme moins élevé.
III. Le désalignement du taux de change réel
Le taux de change d’équilibre réel correspond au taux de change réel observé lorsque
l’économie atteint à la fois l’équilibre intérieur et extérieur. L’équilibre intérieur suppose que la
production réelle se trouve à son rythme potentiel et que l’inlation est faible et stationnaire. Cet
équilibre est étroitement lié au concept de stabilité macroéconomique, et en particulier au taux
de chômage non inlationniste. Dans ce cadre, la production potentielle peut être déinie comme
étant le niveau de la production réelle compatible avec le taux de chômage non inlationniste.
Quant à l’équilibre extérieur, il correspond à la situation où le solde des transactions courantes est
inancé par les mouvements de capitaux dans des conditions compatibles avec les perspectives
de croissance de l’économie, de sorte que le niveau des réserves de change soit adéquat et
relativement stable. En effet, il ne signiie pas forcément que le solde courant ou le solde de la
354 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
balance des paiements est nul (Wong, 2001).
Nous utilisons dans ce travail l’approche d’équilibre macroéconomique pour évaluer le degré
de désalignement du dirham marocain. Cette approche fournit un cadre de référence utile pour
le calcul du taux de change d’équilibre et met l’accent sur les conditions permettant l’ajustement
du déséquilibre extérieur. Le cadre analytique de cette approche se réfère à l’identité comptable
(relation 1) qui déinit le solde du compte courant comme l’écart entre l’épargne nationale et
l’investissement, soit le gap de inancement d’une économie :
CA = S -I (1)
Avec CA : le compte courant de la balance des paiements, S : l’épargne nationale brute et I :
l’investissement.
À l’équilibre, la relation (1) prend la forme suivante :
CA* = Snorme -I (2)
L’équilibre interne (CA*) déinit le compte courant sous-jacent comme le solde qui aurait été
observé si la production a atteint son niveau potentiel (Y=Y*). Quant à l’équilibre externe Snorme
-I, il s’agit d’une position du compte courant qui relète les niveaux d’équilibre de l’épargne et de
l’investissement (Clark et al, 1994).
Le taux de change réel R* est compatible simultanément avec l’équilibre intérieur et
l’équilibre extérieur et donc avec des politiques macroéconomiques appropriées (Clark et al,
1994).
1. Détermination du taux de change d’équilibre
Dans la pratique, la détermination de l’amplitude du désalignement du taux de change par
l’approche d’équilibre macroéconomique s’effectue en trois étapes : (i) l’estimation du solde
du compte courant sous-jacent ; (ii) l’estimation du compte courant norme (optimal) et (iii) la
détermination de l’ampleur du désalignement.
a. Détermination de compte courant sous-jacent : L’équilibre interne
L’équilibre interne se détermine en deux étapes. En premier lieu, il s’agit d’estimer les
différentes composantes du solde du compte courant et remplacer par la suite les valeurs de la
production interne et de la production des pays partenaires par des valeurs correspondant à leur
niveau potentiel. La seconde étape consiste à corriger les valeurs du compte courant obtenues
des variations du taux de change effectif réel.
Les valeurs du compte courant compatible avec la production potentielle sont obtenues à partir
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 355
PARTIE III
des données du World Economic Outlook (WEO)192. Ces projections supposent qu’à l’horizon de
prévision (5 ans), les économies atteindront le niveau potentiel de leur production. Pour corriger
ces valeurs des variations du taux de change, nous retenons les élasticités du compte courant
utilisées par le CGER (Isard et al, 2001) : -0.7 pour l’élasticité-prix des exportations et -0.92 pour
l’élasticité-prix des importations. Les élasticités du compte courant se déinissent comme suit :
Avec δ(X) l’élasticité-prix des exportations, X est le ratio des exportations par rapport au
PIB, δ(M) l’élasticité-prix des importations et M est le ratio des importations par rapport au PIB.
b. Détermination du compte courant norme : l’équilibre externe
La détermination du compte courant norme s’effectue à travers l’estimation d’un modèle du
compte courant intégrant les déterminants de l’écart entre l’investissement et l’épargne. Suivant
Bussière et al. (2010), Isard et al. (2001) et Rajan (2006), les principaux déterminants du compte
courant norme retenus sont : la croissance économique par habitant, le taux de dépendance,
le solde budgétaire, le niveau d’investissement, la croissance démographique, le niveau de
développement, le niveau de réserves des changes. Les cinq premières variables sont calculées
comme la déviation par rapport à la moyenne des principaux partenaires commerciaux.
Le modèle théorique prend la forme suivante :
cat =
a + ∑ bi cat −i + ∑ g j xt −i + et
k k
(4)
=i 1 =i 0
Avec ca(t) le ratio du solde du compte courant en pourcentage du PIB, x(t) les principaux
déterminants du compte courant norme, {α, β, γ} sont les coeficients à déterminer et ε est le
terme de l’erreur.
La déviation du TCER par rapport à son niveau d’équilibre est obtenue par le rapport suivant :
Mésalignement = S − I − CA* / dca (5)
norme
2. Spécification du modèle et choix des variables
Lorsqu’on s’intéresse à l’analyse de la relation de court et de long terme entre le compte
192 Plusieurs estimations ont été effectuées au niveau agrégé et au niveau désagrégé des fonctions des
exportations et des importations. Les principaux résultats montrent des élasticités-prix et des élasticités-revenu
faibles et statistiquement nulles, tant à l’importation qu’à l’exportation.
356 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
courant et ses déterminants, l’approche de cointégration développée par Johansen et Juselius
(1990) semble être la plus pertinente. L’application de cette approche fournit des estimations
iables quant aux paramètres d’équilibre de long terme.
Les variables retenues dans l’estimation sont présentées dans le tableau 1. Elles sont issues
de la base de données WEO du FMI et du World Bank Database. Quant aux données portant sur
la position extérieure nette, elles sont tirées du travail de Lane et Milesi-Ferretti (2007).
Tableau 1. Définitions des variables
Variables Déinitions
Mesuré par le taux de change nominal en vigueur (une mesure de la
Taux de change effectif valeur d’une devise face à une moyenne pondérée de plusieurs devises
réel (TCER) étrangères) divisé par un délateur des prix ou un indice des coûts. Source :
IFS, FMI
Mesuré par l’écart entre revenu relatif basé sur la PPA du Maroc par rapport
à celui des Etats-Unis. Selon Obstfeld et Rogoff (1996) les économies qui
sont dans les premiers stades de développement économique ont besoin
Niveau de développement
de inancer leur investissement par emprunt extérieur. L’amélioration de
leurs comptes courants s’observe lorsque ces économies se développent
et se rapprochent du niveau de revenus des pays développés.
Niveau de croissance Mesuré par le taux de croissance du PIB par habitant
Mesuré par le ratio de la population inactive de moins de 15 ans et de plus
de 64 ans par rapport à la population en âge de travailler, les personnes
âgées de 15 à 64 ans. Selon le FMI (2006) une augmentation de la
Niveau de dépendance proportion de la population inactive, qui a une dépendance économique,
engendre une baisse de l’épargne et une augmentation du déicit du
compte courant. Ainsi, un ratio de dépendance élevé est associé à un
niveau faible de l’épargne-investissement.
Croissance démographique Mesurée par la croissance de la population
Mesuré par le ratio du solde budgétaire global hors privatisation par
Solde budgétaire
rapport au PIB.
Mesurée par le ratio des avoirs extérieurs nets par rapport au PIB. Une
économie qui dispose d’un niveau de réserves de change élevé peut élargir
Position extérieure
le déicit de son compte courant, conduisant ainsi à une relation négative
entre les avoirs extérieurs nets et le compte courant.
Investissement Mesuré par le ratio de l’investissement total en pourcentage du PIB.
3. Etude de la stationnarité des variables
La première étape, avant l’estimation du modèle du compte courant, consiste à tester la
stationnarité des variables. Le test de racine unitaire ADF (Augmented Dickey-Fuller) a été
appliqué sur l’ensemble des variables sélectionnées. Les résultats de ce test indiquent que
toutes les variables sont stationnaires en première différence à l’exception de la variable taux de
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 357
PARTIE III
croissance par habitant qui est stationnaire en niveau. En d’autres termes, toutes les variables
sont intégrées d’ordre un à l’exception de la variable taux de croissance par habitant qui est
intégrée d’ordre zéro (Voir tableau A.1 en annexe).
4. Estimation du vecteur de cointégration
En raison de la taille des données disponibles, qui reste relativement faible, un modèle VAR
(2) est estimé pour tester la qualité de la spéciication du modèle. Les résultats des tests de
diagnostic d’autocorrélation, de la normalité et d’hétéroscedasticitie indiquent que le modèle est
bien spéciié (Voir tableau A.2 en annexe).
Quant aux résultats du test la trace de Johansen, ils indiquent la présence d’une seule
relation de cointégration au seuil de 5 % entre le compte courant et ses déterminants (Voir
tableau A.3 en annexe). En conséquence le VAR peut être estimé en VECM. Le modèle VECM est
donc utilisé pour tester les restrictions sur les paramètres de cointégration de long terme. Nous
obtenons l’équation de la relation de long terme.
Ainsi, les résultats de l’estimation de cette relation montrent que l’ensemble des paramètres
du vecteur de cointégration sont signiicatifs au seuil de 5 % et ont leurs signes attendus (voir
tableau 2).
Tableau 2. L’estimation de la relation de long terme
Relation de
Relation de long terme
court terme
CC SB TC INV PE CD DEV Terme de l’erreur
1 0,25 -0,061 -0,039 -0,017 0,008 0,059 -0.620
t-stat (4,036) (-4,919) (-8,039) (-25,346) (1,445) (6,635) (-3.138)
Source : Calcul des auteurs
5. Interprétations des résultats
L’analyse de l’évolution du désalignement du dirham marocain depuis les années quatre-
vingt-dix nous permet de distinguer 4 phases (Voir igure 2) :
• Une situation de surévaluation du taux de change effectif réel jusqu’au 1996.
• Durant la période 1997-2004, le taux de change effectif réel a connu une légère
sous-évaluation. Au cours de cette période, qui correspond au début d’une phase de
ralentissement, le Maroc a mené une politique budgétaire restrictive.
• A partir de 2005, le dirham marocain a accusé une surévaluation signiicative qui a
atteint son maximum en 2009 (30%).
• Cette pression sur l’équilibre externe a commencé à s’estomper à partir de 2013.
358 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
Figure 2. Evolution du désalignement du dirham marocain
Source : Calcul des auteurs
IV. Relation entre diversification des exportations et
désalignement
1. Spécification du modèle
Ain d’examiner l’effet du désalignement sur la diversiication des exportations au Maroc,
nous estimons le modèle suivant 193:
∆yt = g0 + g1∆yt −1 + g2 ∆xt −1 + b1∆zt + b2 ∆zt2 + h t
Avec Δ est l’opérateur de la première différence, y est l’indicateur de diversiication, x est le
désalignement, z et le revenu par habitant et ηt est le terme d’erreur. Si le désalignement limite
ou réduit la diversiication, alors γ2 prend un signe négatif.
Le choix de la variable désalignement retardée parmi les variables explicatives est justiié
par le fait que l’exportation de nouveaux produits nécessite un changement dans la structure de
production. Par conséquent, une réaction instantanée de la diversiication des exportations au
désalignement ne peut pas être vériiée.
Toutefois, cette spéciication ne permet pas de distinguer entre l’effet de la sous-évaluation
sur la diversiication des exportations et celui de la surévaluation. A cet effet, nous estimons
deux autres modèles. Dans le premier nous remplaçons la variable désalignement par une
variable représentant la sous-évaluation, alors que dans le deuxième, nous la remplaçons par
193 Cette spéciication a été adoptée dans le travail de Sekkat (2014) qui porte sur le désalignement du taux
de change et la diversiication des exportations dans les pays en développement.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 359
PARTIE III
une variable décrivant la surévaluation. Ainsi, la variable représentant la sous-évaluation est
obtenue en multipliant la variable désalignement par une muette prenant la valeur 1 les années
où le désalignement est négatif et 0 sinon. Quant à la variable de surévaluation, elle est obtenue
en multipliant la variable désalignement par une muette prenant la valeur 1 les années où ce
dernier est positif et 0 sinon.
Dans cette spéciication, la présence de la variable endogène retardée en tant que variable
explicative, conduit à faire l’hypothèse d’endogénéité d’au moins une des variables explicatives.
Pour remédier à ce problème d’endogénéité, nous faisons recours à la méthode des moments
généralisés (GMM). Cette méthode permet de remédier à certaines insufisances de la méthode
des MCO et de déinir un vecteur de variables instrumentales observables qui est fortement
corrélé avec le vecteur des variables explicatives, mais qui est indépendant du terme d’erreur.
2. Résultats et interprétations
Le tableau 3 présente les résultats des estimations des trois modèles. Ainsi, dans le premier
modèle, nous examinons l’effet du désalignement sur la diversiication des exportations. Alors
que dans le deuxième et le troisième, nous remplaçons respectivement la variable désalignement
par la variable représentant la sous-évaluation et la variable décrivant la surévaluation194.
Tableau 3. L’effet du désalignement sur la diversification des exportations
Indice de diversiication Indice de diversiication Indice de diversiication
Indice de
-0.430* -0.603** -0.208
diversiication retardé
Désalignement retardé 0.015 - -
Sous-évaluation 0.089 -
Surévaluation -0.102**
PIB par habitant -0.006 -1.335** 1.185**
PIB par habitant² -0.124 0.117 -0.165**
Constante 0.011 0.00008 0.058**
R² 0.33 0.34 0.25
J-statistique 3.871 3.367 2.742
P. J-statistique 0.56 0.64 0.73
Note : * et ** indiquent que les coeficients sont signiicatifs respectivement au seuil de 1% et 5%.- Les
instruments utilisés dans les différents estimations sont les variables explicatives retardées jusqu’au trois retards.
Source : Calcul des auteurs
194 La vériication de la stationnarité des variables est une étape qui doit précéder toute estimation à l’aide
de la méthode GMM. En effet, les résultats concernant l’étude de la stationnarité sont rapportés dans l’annexe
(voir tableau A.5 en annexe).
360 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
Les résultats du premier modèle indiquent que le coeficient associé à la variable
désalignement est négatif et non signiicatif, ce qui montre que le désalignement n’augmente
pas le degré de diversiication des exportations. De même, les coeficients liés à la variable PIB
par habitant et à la variable PIB par habitant au carré ne sont pas signiicatifs, indiquant ainsi
que le niveau du développement économique n’impacte pas celui de diversiication. Alors que le
coeficient lié à la variable diversiication retardé, il est négatif et signiicatif.
Quant aux résultats du deuxième modèle, ils montrent que le coeficient lié à la variable
sous-évaluation est positif mais non signiicatif, ce qui indique que la sous-évaluation n’affecte
pas le niveau de diversiication. Pour les autres variables, à l’exception du coeficient de la
variable PIB par habitant qui est négatif et signiicatif, les autres résultats ressemblent à ceux
du premier modèle.
Pour les résultats du troisième modèle, ils révèlent que la surévaluation freine le processus
de diversiication des exportations, et ce comme l’indique le coeficient lié à cette variable qui
est négatif et signiicatif. De même, ils montrent que l’hypothèse d’Imbs et Wacziarg (2003) selon
laquelle la relation entre la diversiication des exportations et le développement économique est
une relation en U-inversé n’est pas conirmée195.
A partir de ces résultats, il apparaît clair que la surévaluation du taux de change est nuisible
à la diversiication des exportations, alors que sa sous-évaluation n’est ni bénéique ni maléique
à cette diversiication. Ce constat peut être conirmé ou inirmé à travers l’analyse de l’évolution
de l’indice de diversiication pendant les périodes de sous-évaluation ou de surévaluation du
taux de change. Ainsi, durant la période 1998-2004, marquée par une sous-évaluation du taux
de change, l’indice de diversiication des exportations a été en moyenne de 0.8. En revanche, il
est en moyenne à l’ordre de 0.82 entre 2005 et 2014, période dans laquelle le taux de change
est surévalué.
En confrontant ces résultats avec ceux de l’étude empirique, nous pouvons conclure d’une
part, que la sous-évaluation du taux de change ne peut être pas considérée comme un facteur
qui contribue à l’amélioration du degré de diversiication des exportations au Maroc et d’autre
part, que l’arme du taux de change ne sufit pas à elle seule d’améliorer la diversiication des
exportations.
195 Cette hypothèse est vériiée seulement si le coeficient lié à la variable PIB par habitant est négatif et
celui associé à la variable PIB par habitant au carré est positif.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 361
PARTIE III
Conclusion
L’objectif de ce travail est de vériier si la sous-évaluation ou la surévaluation du taux de
change améliore-t-il ou freine-t-il le niveau de diversiication des exportations. Pour ce faire,
nous avons calculé dans un premier temps le degré de diversiication des exportations à l’aide
de l’indice d’Herindahl- Hirschmann ainsi que le niveau du désalignement du taux de change.
Ensuite, nous avons examiné la relation entre ces deux variables.
Les résultats des estimations empiriques révèlent que la surévaluation constitue un handicap
pour l’amélioration de cette diversiication. En revanche, ils ne conirment ni l’hypothèse selon
laquelle la sous-évaluation est bénéique à la diversiication ni celle portant sur son effet négatif
sur le nombre des produits exportés.
A partir de ces résultats, il apparait que les pouvoirs publics au Maroc ne peuvent pas se
baser uniquement sur l’arme du taux de change pour améliorer le processus de diversiication
des exportations tant au niveau des produits que des marchés. En effet, en plus de cet
instrument, ils peuvent adopter une politique cohérente visant l’augmentation de la part des
produits manufacturés à technologie élevée à travers notamment l’amélioration du climat
d’investissement, la qualiication du capital humain, le développement de la qualité des
institutions et la mise en place de stratégies sectorielles plus cohérentes.
Par ailleurs, force est de constater que nos investigations empiriques présentent quelques
limites qu’il convient de surmonter. Tout d’abord, l’utilisation de la méthode des moments
généralisée nécessite une base de données de hautes fréquences. A cet effet, il sera nécessaire
d’améliorer nos estimations empiriques à travers le choix d’une période d’étude plus langue
et d’un nombre adéquat d’instruments. Ensuite, les conclusions de ce travail dépendent des
variables choisies dans la spéciication du modèle. Par conséquent, le recourt à d’autres
approches pour mesurer le degré de désalignement du taux de change réel pourrait être
utile pour vériier à quel point les résultats de l’étude empirique sont sensibles à l’approche
méthodologique adoptée. De plus, l’utilisation de d’autres indicateurs de diversiication des
exportations tels que le ratio des exportations industrielles sur la population ou la décomposition
de la croissance des exportations en marges extensive et intensive pourrait aider à surmonter les
limites de l’indice d’Herindahl- Hirschmann. Le recours à ces indicateurs est justiié par le fait
que l’indice d’Herindahl- Hirschmann ne prend pas en compte les différences technologiques
entre les différents produits exportés et qu’il est moins sensible à l’apparition de nouveaux
produits d’exportations.
362 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
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EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 363
PARTIE III
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364 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
DÉSALIGNEMENT DU TAUX DE CHANGE ET COMPÉTITIVITÉ
Annexes
Tableau 4. Test de racine unitaire ADF
Niveau I(0) Différence première I(1)
Variables Statistique Statistique
P-value P-value
du test du test
Compte courant (CC) -1,4447 0,1361 -7,5276 0,0000
Déicit budgétaire (DB) -1,8537 0,1239 -7,1927 0,0000
Taux de croissance démographique (CD) -1,5248 0,1176 -6,3081 0,0000
Taux de dépendance (TD) 0,8113 0,8826 -2,8044 0,0689
Le niveau de développement (DEV) 7,6289 1,000 -8,8409 0,0000
La croissance du PIB par habitant (TC) -5,4744 0,000 - -
Investissement (INV) 0,3570 0,7823 -5,7456 0,0000
Position extérieure nette (PE) -1,5222 0,1181 -3,7677 0,0004
Tableau 5. Tests du diagnostic d’évaluation du modèle VAR(2)
Tests de Diagnostic
Statistique du test Df P-value
(multivariés)
LM1 65,79 49 0,0548
Test LM d’autocorrélation LM2 53,53 49 0,3043
Absence de corrélation entre les séries
303,17 0,3438
Test de normalité de Jaque-Bera
Normalement distribué
811,002 0,2448
Test d’hétéroscédasticité
Absence d’hétéroscédasticité
Tableau 6. Statistique du test de cointégration – Johansen
Valeur
Hypothèses Max-eigen 5% 1%
propre
N° de relation de cointégration Statistiques Valeur critique Valeur critique
r=0 0,9340 87,0268 111,78 121,7433
r=1 0,8924 71,3627 83,9371 92,7136
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 365
PARTIE III
Tableau 7. Détermination du nombre du retard
Lag LogL LR FPE AIC SC HQ
1 -655.1350 NA 8.43e+09 42.67485 44.89693 43.42251
2 -541.1900 131.2094* 2.35e+08* 38.73878* 43.18296* 40.23411*
* indicates lag order selected by the criterion
LR: sequential modiied LR test statistic (each test at 5% level)
FPE: Final prediction error
AIC: Akaike information criterion
SC: Schwarz information criterion
HQ: Hannan-Quinn information criterion
Tableau 8. Test de racine unitaire ADF
Niveau I(0) Différence première I(1)
Variables Statistique du Statistique du
P-value P-value
test test
Indice de diversiication -5.226 -3.733 - -
Désalignement -1.216 -1.966 -1.988 -1.966
PIB par habitant en log -2.266 -3.759 -2.463 -1.966
366 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE