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COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 1. Allocation inefficiente et productivité manufacturière au Maroc Aziz RAGBI, Enseignant-Chercheur Université Mohammed V – FSJES, Rabat – Agdal Abdelaziz NIHOU, Chargé de mission, Bureau du Chef du Gouvernement Résumé Cet article utilise la méthodologie de Hsieh et Klenow (2009) pour étudier l’impact de la mauvaise allocation des ressources sur la productivité manufacturière au Maroc. Les résultats montrent que la mauvaise allocation des ressources mesurée par la variation du revenu de la productivité totale des facteurs (PTF), qui est le principal indicateur de l’inefficacité allocative, dépasse largement les économies du benchmark (USA, pays émergents). De même, la distribution de la productivité physique indique que la plupart des entreprises sont moins productives comparativement à la productivité moyenne du secteur manufacturier. Si toutes les distorsions de production et de capital sont éliminées, le gain potentiel en termes de croissance de la PTF pourrait être égal à 160 %. Pour accélérer la réaffectation des ressources, les obstacles par rapport à la taille et à l’exportation de la production doivent être abaissés. Mots-clés : Transformation structurelle, mauvaise allocation des ressources, productivité totale des facteurs, secteur manufacturier. JEL classification : D24, D61, O12, O47 et O52. Misallocation and manufacturing productivity in Morocco Abstract This paper uses the methodology of Hsieh and Klenow (2009) to study the impact of the misallocation of resources on manufacturing productivity in Morocco. The results show that the misallocation of resources measured by the change in income of the total factor productivity (TFP), which is the main indicator of allocative inefficiency, is well beyond the benchmark economies (US, emerging countries). The distribution of physical productivity indicates that most enterprises are less productive than the average manufacturing productivity. If all the distortions of production and capital are eliminated, the potential gain in terms of TFP growth is supposed to be equal to 160%. To accelerate the reallocation of resources, barriers related to the size and export production should be lowered. Keywords: Structural Transformation, resources misallocation, total factor productivity, manufacturing. EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 71 PARTIE I Introduction Pourquoi certains pays ont connu un décollage économique alors que d’autres non  ? En réponse à cette question, Solow (1957) montre que l’émergence d’une économie dépend de la productivité marginale des facteurs de production (K et L) ainsi que de la productivité totale des facteurs (PTF). Ayant l’ambition d’intégrer le club des pays émergents, le Maroc a entrepris plusieurs réformes sectorielles pour rattraper son retard en termes de productivité. Renforcées depuis les années 2000, ces mesures ont permis d’améliorer le climat des affaires, comme en témoigne l’amélioration des différents indicateurs formant l’Indice de facilitation des affaires  : Doing Business. Le Maroc a réalisé une performance encourageante en 2015 en gagnant 16 places dans le classement mondial, passant de la 87ème place en 2014 à la 71ème place sur 189 pays. Au niveau de la facilité de création d’entreprises et d’octroi de permis de construire, le Maroc a fait des avancées notables où il devance l’Espagne, la Turquie, l’Argentine et le Chili. Il est aussi au même rang (31éme) que la Malaisie en ce qui concerne le commerce transfrontalier. Malgré ces avancées, le processus de transformation structurelle du tissu productif marocain est encore plus loin d’être achevé. D’une part, l’impact de l’amélioration du climat des affaires sur la productivité reste relativement faible. En témoigne l’efficacité des réformes de facilitation de la création des entreprises, mesurée par l’amélioration de la productivité du capital, qui montre que beaucoup de pays avec le même score réalisent des performances très élevées (figure 1). D’autre part, l’écart du PIB par habitant par rapport à la moyenne des pays émergents demeure élevé. La croissance modeste de la productivité ralentit ainsi la convergence du revenu de notre économie. Compte tenu de cette situation, la question qui se pose est de savoir si la faible productivité de notre tissu industriel pourrait être attribuée à la mauvaise allocation des ressources. Il y a une mauvaise allocation des ressources lorsque les inputs disponibles ne sont pas alloués de manière efficace entre les entreprises d’un secteur donné. Pour mesurer cette mauvaise allocation des ressources, différentes approches sont proposées mais la plus utilisée est celle fournie par Hsieh et Klenow (2 009) (HK par la suite). Ces auteurs montrent qu’en absence de distorsion, la maximisation du profit garantit que le rendement marginal du produit du capital et le rendement marginal du produit du travail sont égaux pour toutes les entreprises dans un secteur donné. A l’inverse, en présence de distorsion, la réallocation du capital et du travail des entreprises à faible productivité vers les entreprises à productivité élevée est entravée. L’objectif de ce papier est de vérifier si le secteur manufacturier marocain est caractérisé par une mauvaise allocation des facteurs de production. Il s’agit par la suite d’identifier les contraintes et les rigidités qui conduisent à cette mauvaise allocation et de déterminer le gain potentiel de productivité en cas d’élimination des distorsions de la mauvaise allocation des ressources. 72 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE La suite de cet article se présente comme suit. La deuxième section présente une brève revue de littérature sur les mesures de la mauvaise allocation des ressources et de la productivité. La troisième section présente la méthodologie et les données utilisées. Avant de conclure, la quatrième section synthétise les résultats. I. Revue de littérature S’il est communément admis que les grandes différences de production par travailleur entre les pays riches et les pays pauvres sont attribuées, en grande partie, aux différences de PTF, plusieurs auteurs se sont intéressés à déterminer les principales causes qui conduisent à ces différences. Hsieh et Klenow (2 009) analysent les grandes économies asiatiques en comparaison avec les Etats-Unis. Ils trouvent que si l’Inde et la Chine avaient la même efficience économique que celle des Etats-Unis, la PTF augmenterait de 30 à 50 % pour la Chine et de 40 à 60 % pour l’Inde. Selon ces auteurs, la mauvaise allocation des ressources a détruit 2 % de croissance annuelle de la PTF dans les secteurs manufacturiers indiens durant la période 1987-1994. En absence de distorsion, la Chine aurait augmenté sa croissance de PTF de 2 % par an entre 1998 et 2005. Dans la même lignée, Camacho et Connover (2010) utilisent la méthodologie de HK (2 009) dans le cas des entreprises colombiennes. Ils trouvent des degrés d’inefficience plus faibles que dans le cas de la Chine et de l’Inde. En ayant le niveau d’efficience des Etats-Unis, le secteur manufacturier colombien aurait augmenté sa PTF de 8 %. Machicado et Birbuet (2012) analysent le secteur manufacturier Bolivien durant la période (1988-2001). Ils montrent une tendance à la baisse des gains de la PTF entre 33.8 % et 98.4 % dans un contexte de libéralisation totale, et -6.4 et 38.8 % s’ils ont le même niveau d’efficience des Etats-Unis. Les résultats montrent également qu’environ 42 % de la baisse de la PTF du secteur manufacturier pourrait être attribuée à une mauvaise allocation des ressources. Busso et al (2013) étudient le cas de plusieurs pays de l’Amérique du Sud comprenant la Venezuela, la Bolivie, l’Uruguay, l’Argentine, l’Ecuador, le Chili, la Colombie, le Brésil et le Mexique. Les auteurs concluent que la PTF pourrait réaliser des gains entre 45 et 127  % en moyenne si les ressources en étaient efficacement allouées. Dheera et Aumpon (2014) trouvent un gain potentiel de la PTF de 147.8 % en Thaïlande (73,4 % dans le cas où ils ont le même niveau d’efficience des Etats-Unis). Casacubeta et Gandelman (2015) estiment que l’Uruguay pourrait réaliser des gains de PTF égaux à 49-56 % si une allocation optimale des ressources est atteinte (6-9 % dans le cas où ils ont le même niveau d’efficience des Etats-Unis). Plus récemment, et en appliquant la méthodologie de Hsieh et Klenow (2 009) pour l’économie de l’Ukraine, Ryzhenkov M. (2016) utilise les données de 47 497 entreprises sur la période 2002- EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 73 PARTIE I 2010, pour tester l’effectivité de la mauvaise allocation des ressources dans les entreprises industrielles. Les résultats empiriques montrent qu’il y a une mauvaise allocation des ressources significative dans l’industrie manufacturière. Si les distorsions de marché sont éliminées, la PTF pourrait se tripler. Alors que si l’Ukraine avait le même niveau de distorsion que les Etats-Unis et l’UE, elle pourrait être deux fois plus productive qu’elle ne l’est maintenant. Il ressort de cette revue de littérature que la mauvaise allocation des ressources explique en grande partie la faible productivité du secteur manufacturier. En sus et comme le montrent Dias et al. (2014), les pays en développement souffrent plus que les pays développés de la mauvaise allocation des ressources et d’inégalités marginales des entreprises. II. Méthodologie et données 1. Méthodologie Le cadre théorique de cette recherche se réfère à la méthodologie de Hsieh et Klenow (2 009) inspirée du modèle de Melitz (2003). Ce dernier développe un modèle dynamique sectoriel avec des firmes hétérogènes pour analyser les effets de la réallocation des ressources intersectorielles en économie ouverte. Les effets de sélection du marché autorisent uniquement les firmes les plus productives à exporter, les autres restent sur le marché domestique ou bien elles disparaissent si elles sont moins productives. Le modèle montre également que l’ouverture du secteur au commerce international permet la réallocation de ressources des firmes les moins productives vers les firmes les plus productives. Cette réallocation conduit également à une augmentation de la productivité et, in fine, du bien-être global. Melitz (2003) suppose que la fixation des prix qui dépend du niveau de productivité de la firme est égale au coût marginal du travail. Dans ces conditions, la firme la plus productive aura les prix les plus faibles et les profits les plus élevés. Ce modèle a été repris par Hsieh et Klenow (2  009) pour estimer l’impact des distorsions de marché sur la productivité agrégée. Comme l’explique le concept de l’allocation efficiente des ressources, le revenu de la productivité des firmes à l’intérieur du secteur industriel devrait être identique en absence de distorsions. Le cadre d’analyse de Hsieh et Klenow (2 009) est une économie fermée avec deux facteurs de production, le capital K et le travail L, S biens intermédiaires différenciés, et un bien final homogène. Les producteurs des biens finaux sont en concurrence pure et parfaite alors que ceux des biens intermédiaires sont en concurrence monopolistique. La fonction de production dans le secteur du bien final est donnée par : (1) 74 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE Où Y est la production du bien final et Ys est la production de bien intermédiaire du secteur s, est la part de marché du secteur s. Ces entreprises se distinguent par le niveau de productivité, mais aussi par les distorsions du capital auxquelles elles sont confrontées. Le bien final est produit par une entreprise représentative et combine la production de l’industrie manufacturière s en utilisant la fonction de production Cobb-Douglas. L’output du secteur s : Ys est un agrégat CES de Ms biens différenciés. Il est donné par la forme suivante : (2) La fonction de production de la firme i productrice d’une variété de biens intermédiaires dans le secteur s s’écrit comme : (3) Où A(i,s) est le niveau de productivité de la firme i. Y(i,s), K(i,s) et L(i,s) sont respectivement le revenu, le capital et le travail de la firme i opérant dans le secteur s et α(s) est la part spécifique du capital spécifique au secteur. Il est supposé que les parts du capital peuvent varier entre les secteurs mais pas entre les firmes du même secteur. La procédure de Hsieh et Klenow (2 009) s’effectue en trois étapes : la détermination de la PTF au niveau de l’entreprise (i), au niveau de chaque branche composant le secteur (ii) et au niveau du secteur industriel (iii). Toutefois, il est important de déterminer au préalable les distorsions du revenu et de production ainsi que les revenus marginaux du produit du travail et du capital. On note la distorsion spécifique à la firme qui réduit le produit marginal du capital et du travail au même niveau : (4) Où σ est l’élasticité de substitution entre les facteurs de production, W*L(s,i) est la rémunération du travail (le taux de salaire est normalisé pour s’égaliser à 1), α(s) est le ratio du capital par rapport à la valeur ajoutée, P(s,i)Y(s,i) est la valeur ajoutée de l’entreprise. D’autre part, les distorsions du capital sont définies comme celles qui réduisent le revenu marginal du produit du capital par rapport à celui du travail. Par exemple, si est forte cela implique que la firme i a des problèmes d’accès au crédit : (5) Avec R est le prix de rémunération du capital, K(s,i) est la valeur comptable du capital fixe. En EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 75 PARTIE I insérant ces variables dans l’équation du profit de la firme i du secteur s on obtient : (6) Où P(s,i) est le prix fixé par la firme pour son produit, R est le coût du capital et ω est le taux de salaire. Les distorsions entraînent des différences entre les revenus marginaux des firmes. Dias et al (2014) distinguent entre plusieurs sources de distorsion, parmi elles figurent un système bancaire non concurrentiel offrant des prêts à des taux d’intérêt favorables pour certaines entreprises et coûteux pour d’autres (encadrement des crédits). Ajoutant à cela des institutions financières qui sont incapables ou très peu disposées à offrir des crédits aux entreprises qui sont très productives mais ne disposant pas de collatérale (garanties insuffisantes). La diversité des réglementations du marché de travail peut conduire à une augmentation du coût de travail dans le secteur formel par rapport au secteur informel, ou dans les grandes entreprises par rapport aux petites entreprises. Parmi les distorsions de la production figurent les subventions, les avantages fiscaux et les contrats lucratifs offerts par le gouvernement aux producteurs spécifiques. La politique fiscale pourrait également contribuer aux distorsions de production en concentrant les impôts sur les grandes entreprises, qui sont potentiellement plus productives d’une part, et en offrant des subventions fiscales aux petites entreprises, qui sont moins productives de l’autre. On peut calculer le revenu marginal du produit de travail (MRPL) et celui du capital (MRPK) comme suit : (7) (8) A ce niveau, on doit définir la PTF. Suivant Foster et al (2008) et Hsieh et Klenow (2 009), la PTF est décomposée en productivité physique (TFPQ) qui mesure la productivité en termes de production effective et en productivité du revenu (TFPR ou RTFP), qui mesure le revenu de la firme. Hsieh et Klenow (2  009) défendent l’idée selon laquelle les TFPR ne devraient pas varier entre les firmes au sein d’un même secteur sauf si les firmes font face à des distorsions. En l’absence de celles-ci, le capital et le travail devraient être alloués aux firmes qui ont des niveaux de productivité physique élevés. Les firmes les plus productives sont confrontées à la distorsion qui les rend plus petites que leur taille optimale et a contrario, les firmes les moins productives sont plus grandes que leur taille optimale. La productivité physique est mesurée comme le rapport de la production effective par rapport aux facteurs de production (capital et travail). 76 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE (9) Avec : Ks = 1 Le revenu de la productivité est mesuré comme la moyenne géométrique du revenu de la productivité du travail et du capital. (10) Une fois que nous avons obtenu la productivité physique et celle du revenu pour chaque entreprise de l’échantillon, nous passons à l’étape de la détermination de la PTF au niveau des branches du secteur manufacturier. Puisque la TFPR est considérée comme le principal indicateur de distorsion, la PTF sectorielle est obtenue comme une moyenne harmonique de la TFPQ pondérée par les déviations individuelles du TFPR par rapport à la moyenne du secteur : (11) Avec M(s) le nombre de firmes dans l’industrie s. Le log de la PTF de secteur prend l’expression : (12) Cette équation montre l’effet négatif de la variance du TFPR. Celle-ci est un indicateur de la mauvaise allocation des ressources. La moyenne du secteur est calculée comme : (13) La présence de distorsion au niveau des firmes se traduit par un faible niveau de la PTF. Cela peut être illustré par la comparaison des expressions de la PTF avec et sans distorsion. Si les distorsions sont éliminées et l’ensemble des TFPR sont égaux, il n’y aurait donc pas d’écart par rapport à la moyenne. Dans ce cas, la PTF sectorielle est considérée comme efficace si elle est égale à la moyenne de la productivité des produits : (14) EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 77 PARTIE I La troisième étape consiste à calculer la PTF agrégée et la production manufacturière en utilisant la fonction Gobb-Douglass : (15) Avec Y la valeur ajoutée du secteur manufacturier, S est le nombre de secteur manufacturier analysé et θ(s) est la part de chaque secteur dans la production manufacturière agrégée. En utilisant la méthodologie de HK pour le cas du Maroc à quoi devons-nous nous attendre  ? D’une part nous devrions avoir un écart d’efficience significative entre le secteur manufacturier marocain et celui des pays développés et émergents. D’autre part, nous devrions avoir des différences d’efficience entre les branches constituant le secteur manufacturier marocain. 2. Données Les données utilisées dans ce travail sont issues de l’enquête entreprise de la Banque Mondiale (2013) (Morocco - Enterprise Survey). L’échantillon est stratifié selon trois niveaux : le secteur industriel (agroalimentaire, textile, métallique et métallurgique,..), la taille de l’entreprise, et la région. La taille des entreprises est définie selon les critères standards : petite (5 à 19 employés), moyenne (20 à 99 employés) et grande (plus de 99 employés). L’enquête ne prend en considération que les travailleurs à plein-temps. Le tableau  1 présente la distribution des données utilisées du secteur manufacturier. Le nombre d’entreprise opérant dans le secteur manufacturier se chiffre à 405 dont environ 50 % des entreprises emploient plus que 40 employés et uniquement 13.6 % des entreprises ont moins de 10 employés. En matière de capital travail, 87.5 % de la main-d’œuvre est employée dans les grandes entreprises alors que les petites entreprises emploient uniquement 0.6 %. Force est de constater, également, que 72 % de la valeur ajoutée est créée par les grandes entreprises. Tableau 1. Distribution des données utilisées Nombre Firmes Travail Valeur ajoutée réelle d’employés Total Ratio en % Total Ratio en % Total (en million) Ratio en % <10 55 13,6 373 0,6 3,0 0,6 10-19 80 19,8 1094 1,7 12,9 2,6 20-39 79 19,5 2098 3,2 30,5 6,2 40-99 75 18,5 4625 7,1 89,6 18,3 >100 116 28,6 57130 87,5 354,1 72,2 Total 405 65 320 490,2 Source : Morocco - Enterprise Survey, calculs des auteurs 78 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 3. Calibrage des paramètres Comme HK, nous choisissons des valeurs pour l’ensemble des paramètres sectoriels  : l’élasticité de substitution entre les industries (σ), le prix de la rente du capital R, et l’élasticité de la production par rapport au capital (α). Suivant l’étude de HK, on donne 10 % pour R qui correspond à 5 % du taux d’intérêt réel et 5 % du taux de dépréciation. L’élasticité de substitution entre les industries prend la valeur de 3. L’élasticité de la production par rapport au capital (α) est égale à un moins la part du travail (rémunération du travail) dans la valeur ajoutée de l’industrie correspondante. Les parts sectorielles de la production sont calculées à partir des valeurs ajoutées déterminées sur la base des données de l’enquête. Enfin, on enlève 1 % des percentiles les plus forts et les plus faibles de chaque distribution de la productivité pour avoir des résultats plus robustes. III. Résultats Pour comprendre la dynamique de la PTF du secteur manufacturier marocain, il est important d’analyser la distribution de la mesure physique de la productivité (TFPQ) et la mesure de la productivité en termes du chiffre d’affaires (TFPR), qui correspondent respectivement à la distribution de la distorsion de la production et de la distorsion du capital (ou revenu). 1. Faits stylisés Les figures 2 et 3 présentent respectivement la distribution du TFPR et la distribution de la PTFQ. La figure 2 montre que les entreprises à gauche de la moyenne sont confrontées davantage aux distorsions du capital, alors que celles de la figure  3 font face plus aux distorsions de production. Les deux distributions sont asymétriques à gauche indiquant que la moyenne de la PTF est plus élevée que la médiane. Cela montre que la productivité de la plupart des entreprises est inférieure à la productivité moyenne. Ce constat est cohérent avec l’idée selon laquelle il y a des politiques publiques qui favorisent la survie des entreprises inefficaces. EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 79 PARTIE I Figure 2. Distribution du TFPR Figure 3. Distribution du TFPQ Kernel density estimate Kernel density estimate .2 .3 .15 .2 Density Density .1 .1 .05 0 0 -5 0 5 10 5 10 15 20 lnTFPR lnTFPQ kernel = epanechnikov, bandwidth = 0.4202 kernel = epanechnikov, bandwidth = 0.7073 Source : calculs des auteurs Abstraction faite de la taille de l’échantillon des données utilisées, le tableau 2 montre que le Maroc a des dispersions substantiellement plus importantes comparativement aux pays du Benchmark. L’écart type du secteur manufacturier marocain du log de la TFPQ est plus important que ceux des pays du Benchmark. Cela suggère que le gain potentiel de rattrapage est important. Tableau 2. Dispersion du TFPQ et du RPTF : comparaison internationale Secteur N S.D : TFPQ S.D : TFPR Maroc 405 2,21 1,43 Etats-Unis (1997) 194.669 0,84 0,49 France (2005) 16.250 0,93 0,48 Inde (1992) 37.520 1,17 0,67 Chine (2005) 211.304 0,95 0,63 Ukraine (2010) 20.618 1,71 1,14 Notes : Les données sont les déviations du log(PTFQ) par rapport à la moyenne sectorielle et les déviations du log(RPTF) par rapport à la moyenne sectorielle. S.D est l’écart-type. Les secteurs sont pondérés par leur part en valeur ajoutée dans l’industrie marocaine. N est le nombre de firme. Les valeurs pour le Maroc sont calculées par les auteurs. Les valeurs des Etats-Unis, de l’Inde et de la Chine sont calculées dans Hsieh et Klenow (2009). Les données pour la France sont calculées par Bellone F., et Mallen-Pesano J. (2011). Les données pour l’Ukraine sont calculées par Ryzhenkov M. (2015). Le tableau 3 montre que le secteur manufacturier et le secteur du Commerce présentent les niveaux de distorsion de la TFPQ les plus élevés comparativement aux autres secteurs. Les mêmes résultats sont observés au niveau du RPTF. Du côté du secteur manufacturier, les dispersions du TFPR sont plus faibles que celles du TFPQ, ce qui est cohérent avec le cadre théorique. 80 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE Tableau 3. Dispersion du TFPQ et du RPTF : comparaison sectoriel Secteur N S.D : TFPQ S.D : TFPR Manufacturier 405 2,21 1,43 BTP 1079 1,12 0,53 Commerce 1699 3,38 1,43 Autres services 2637 1,45 1,13 Notes : Les données sont les déviations du log(PTFQ) par rapport à la moyenne sectorielle et les déviations du log(RPTF) par rapport à la moyenne sectorielle. S.D est l’écart-type. Les secteurs sont pondérés par leur part en valeur ajoutée dans l’industrie marocaine. N est le nombre de firme. Les valeurs pour le Maroc sont calculées par les auteurs. La figure 4 montre que la branche du « textile et habillement » et les « autres industries » se caractérisent par la dispersion la plus élevée. La mauvaise allocation qui caractérise le secteur du « textile et habillement » peut être expliquée en partie par la régression de sa productivité chiffrée à 0,1 par an sur la période 1988-2013 ainsi que par la baisse de l’investissement dans cette branche qui s’établit à 2,6 % durant la phase 2006-201342. L’industrie « Chimie » et l’industrie « métallique » présentent le niveau de dispersion le plus faible. La faible dispersion de la branche « Chimie » est justifiée par l’amélioration de la valeur ajoutée de la Chimie-parachimie (9,5  % après 3,2  %) et de sa productivité, en relation avec la mutation observée au niveau des dérivés de phosphates et la performance structurelle de l’industrie pharmaceutique. La faible distorsion de la branche « mécanique-métallurgique » est en rapport avec la performance de la branche automobile. L’industrie « Agro-alimentaire » est confrontée aussi à une faible dispersion comme en témoigne le dynamisme de sa valeur ajoutée qui s’établit à 6,2 % durant la période 2006-2013 contre seulement 2,5 % entre 1998 et 2005 (Ministère de l’Economie et des Finances, 2016). 42  Ministère de l’Economie et des Finances (2016), « Situation et perspectives de l’économie nationale : Au- delà de l’écran comptable, la transformation structurelle continue ». DEPF. EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 81 PARTIE I Figure 4. Dispersion de la TFPQ et de la TFPR : comparaison intra-branche Notes : Les données sont les déviations du log(PTFQ) par rapport à la moyenne sectorielle et les déviations du log(TFPR) par rapport à la moyenne sectorielle. S.D est l’écart-type. Les secteurs sont pondérés par leur part en valeur ajoutée dans l’industrie marocaine. Les valeurs sont calculées par les auteurs. Cette analyse montre que les entreprises marocaines du secteur manufacturier sont confrontées à des contraintes et à des rigidités internes qui renforcent la mauvaise allocation des ressources et impactent négativement la productivité totale des facteurs. 2. Déterminants de la mauvaise allocation Cette section analyse à quel point les dispersions du TFPR sont dues à des différences telles que la destination de la production, la taille, le statut juridique, la date de création, etc. a. Distorsion de la productivité selon la destination de la production (Export/ non Export) La figure  5 montre que les entreprises exportatrices présentent moins de distorsions que les entreprises non exportatrices. Cette différence s’explique par le fait que les entreprises qui opèrent dans le contexte de concurrence étrangère sont des entreprises plus intensives en capital et utilisent une main-d’œuvre plus qualifiée que les entreprises non exportatrices. Plusieurs canaux, à travers lesquels l’exportation peut affecter la productivité des entreprises, sont identifiés. Tout d’abord, une plus grande participation dans le commerce international pourrait améliorer l’accès des firmes au savoir et aux technologies de production les plus avancées. Deuxièmement, des normes de qualité supérieure sur les marchés internationaux par rapport aux marchés nationaux pourraient inciter davantage les entreprises à mettre à niveau les technologies de production. Troisièmement, la participation à l’exportation peut conduire à un 82 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE apprentissage plus rapide sur les débouchés pour de nouveaux produits ou la façon d’adapter les produits aux besoins spécifiques des acheteurs individuels. Finalement, l’exportation peut augmenter l’utilisation des capacités par les ventes en expansion, ce qui réduit aussi la vulnérabilité des entreprises aux ralentissements occasionnels du marché intérieur. Figure 5. Distorsion de la productivité selon la destination de la production : Export/non export Source : calculs auteurs b. Distorsion de la productivité et structure des entreprises : la taille et la durée de vie La figure  6 montre que les distorsions des petites entreprises sont plus importantes que celles des grandes entreprises. Notons également que les entreprises de petite taille sont confrontées plus à des distorsions de production que de revenu. En effet, la taille des entreprises, qui reste déterminante pour l’augmentation des exportations, présente une corrélation négative et significative avec les distorsions de production. L’analyse de la distribution de la taille des entreprises marocaines indique qu’elle se caractérise par la prédominance des entreprises de petite taille. La part des entreprises de moins de 10 employés a augmenté au cours de la dernière décennie pour représenter 59 %. Par rapport à d’autres pays émergents, le Maroc se caractérise par une faible proportion d’entreprises de 20 à 50 salariés (rapportée aux entreprises de plus de 20 employés). Cette situation peut s’expliquer par la difficulté qu’éprouvent les petites entreprises à se développer et à grandir. La probabilité qu’une micro-entreprise franchisse le seuil des 20 employés après 5 ans ne dépasse pas 7 % (HCP). Il existe donc un plafond de verre qui empêche les petits entrepreneurs de développer leur activité pour rejoindre les grandes entreprises. Dans un autre registre, il est communément admis que les nouvelles entreprises ont EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 83 PARTIE I tendance à commencer petite et à croître sensiblement avec l’âge. La survie de l’entreprise est synonyme de l’accumulation du capital et l’amélioration de l’organisation et de la production. Avec l’âge, les entreprises se développent avec l’âge, les entreprises investissent dans les nouvelles technologies, développent de nouveaux marchés, et produisent un large éventail de produits de qualité supérieure. Les estimations des distorsions des entreprises marocaines selon la date de création (du moins anciennes au plus anciennes) montrent que la mauvaise allocation des ressources baisse avec l’âge de l’entreprise (Figure 7). Figure 6. Distorsion de la productivité selon la taille de l’entreprise Source : calculs auteurs Figure 7. Distorsion de la productivité selon l’âge de l’entreprise Source : calculs auteurs 84 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE c. Distorsion de la productivité selon le statut de l’entreprise La figure 8 montre que les entreprises avec un capital à dominance étrangère sont confrontées à moins de distorsions que celles détenues par les nationaux. Ce constat est vérifié au niveau sectoriel mais également au niveau intersectoriel comme en témoigne la branche «  Industrie alimentaire » et la branche « textile et habillement ». Globalement, les entreprises avec un capital à dominance étrangère sont relativement plus productives que celles détenues par les nationaux. Ceci s’explique en partie par le fait que le capital étranger cible des secteurs à rendement élevé. Les entreprises détenues par les nationaux éprouvent plus de difficultés que les entreprises étrangères. En plus du problème d’accès au financement auprès des banques locales, les entreprises détenues par les nationaux affrontent les problèmes de capacité de recrutement de la main-d’œuvre qualifiée ainsi que la capacité d’accès aux nouvelles technologies de production. Figure 8. Distorsion de la productivité selon le statut de l’entreprise Source : calculs auteurs d. Distorsion de la productivité selon la qualification du capital humain La figure 9 montre que l’inefficacité due à un manque de qualification devrait être relativisée. L’estimation de la distorsion du rendement du capital et de la production des entreprises en distinguant l’emploi qualifié et l’emploi non qualifié révèle qu’il y a une hétérogénéité dans le comportement productif des entreprises selon les branches d’activité. Ces résultats sont confortés par la perception des entreprises concernant le recrutement de la main-d’œuvre qualifiée (Ministère de l’industrie ICA). Notez que le recrutement d’un travailleur qualifié est un facteur qui est peu cité comme étant une contrainte majeure si on le compare avec la pression fiscale ou l’accès au financement. EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 85 PARTIE I Figure 9. Distorsion de la productivité selon la qualification du capital humain Source : calculs auteurs 3. Analyse de la variance de la productivité Nous analysons de combien les dispersions du TFPR sont dues à des différences de taille des entreprises, le niveau de qualification du capital humain, la destination des exportations et l’âge de l’entreprise. Les résultats du test sont reportés dans le tableau 4. La variance la plus explicative est la taille de l’entreprise suivie par la destination de la production (export/non export). Alors que l’impact de l’âge de l’entreprise sur la dispersion du TFPR n’est pas significatif. Tableau 4. Analyse de la dispersion du TFPR Coef Prob Taille <10 -0.793 0.086* Emploi qualifié <50% -0.391 0.103* Non Export 0.442 0.066* Age <5 ans -1.594 0.240** Nb.Obs 141 R2 0.037 Notes : * significatif à 10% et ** non significatif. La variable dépendance est la déviation du log(RPTF). Les varia- bles explicatives sont la taille, la qualification des employés, la destination de la production (export/non export) et l’âge de l’entreprise. 4. Gains potentiels de productivité En matière de productivité, le potentiel de rattrapage du Maroc est important. Le gain relatif de productivité est calculé comme le ratio du gain du secteur manufacturier par rapport aux pays 86 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE du benchmark. Les résultats indiquent qu’une élimination des sources de la mauvaise allocation des ressources du secteur manufacturier marocain aurait donné un gain de productivité se situant autour de 162 % par rapport à ce que la productivité est actuellement. Tableau 5. Gain potentiel si les sources de la mauvaise allocation sont élimées Gain potentiel Chine (2005) 86,6 Inde (1994) 127,5 Etats-Unis (1997) 42,9 Maroc (2013) 162,23 Notes : Les valeurs des Etats-Unis, de l’Inde et de la Chine sont calculées dans Hsieh et Klenow (2009). Les valeurs pour le Maroc sont calculées par les auteurs. Gain = (PTF(e)/[PTF-1])*100 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 87 PARTIE I Conclusion Cet article utilise la méthodologie de Hsieh et Klenow (2 009) pour étudier l’impact de la mauvaise allocation des ressources sur la productivité manufacturière au Maroc. L’étude est basée sur les données de l’enquête entreprise de la Banque Mondiale (2013) (Morocco - Enterprise Survey) pour plus de 212 entreprises. Les résultats montrent que la mauvaise allocation des ressources mesurée par la variation du revenu de la productivité totale des facteurs, TFPR, qui est le principal indicateur de l’inefficacité allocative, dépasse largement le niveau des économies de référence (USA, pays émergents). La distribution de la productivité TFPQ indique que la plupart des entreprises ont une productivité inférieure à la moyenne du secteur manufacturier. Si toutes les distorsions de production et de capital sont éliminées, les gains potentiels en termes de croissance de la PTF atteindront 160 %. Un ensemble de mesures est proposé pour améliorer l’allocation des ressources dans le secteur manufacturier au Maroc. Pour accélérer la réaffectation des ressources, les obstacles par rapport à la taille et à l’exportation de la production doivent être abaissés. Comme les estimations le montrent, les grandes entreprises sont plus productives que les entreprises de petites tailles. Ces résultats supposent qu’au cours des premières années de la vie d’une entreprise, les jeunes entreprises sont confrontées à un problème d’accès au financement qui pourrait avoir une incidence négative sur la productivité dans l’industrie (Moll, 2012 et Midrigan et Xu, 2014). Comparativement aux entreprises exportatrices, les résultats indiquent que les entreprises qui n’exportent pas sont confrontées à davantage de distorsions de production (facteurs qui les rendent incapables de répondre à la demande extérieure). A cet effet, l’exposition des entreprises nationales à la concurrence étrangère est susceptible d’améliorer l’allocation des ressources. 88 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE COMMERCE EXTÉRIEUR ET TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE Références • Amity, M., & Konings, J., (2007). Trade liberalization, intermediate inputs, and productivity: Evidence from Indonesia. American Economic Review 97 (5), 1611–1638. • Bellone, F., Mallen-Pisano, J., (2013). Is misallocation higher in France than in United States? Groupe de Recherche en Droit, Economie, Gestion, Working Paper No. 2013–38 • Busso, M., Lucia, M., Carmen, P., (2013). 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