EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
4. Participations étrangères dans
l’industrie manufacturière
marocaine : quels effets sur les
performances du secteur (1985-2012) ?
Mohamed AZEROUAL, Enseignant chercheur en économie,
FSJES/LEA, Université Mohammed V de Rabat
Résumé
Cet article analyse les retombées des participations étrangères sur la productivité
totale des facteurs (PTF) de l’industrie manufacturière marocaine. A cette in, nous avons utilisé
la Méthode des Moments Généralisés en Système en panels dynamiques pour un échantillon de
22 branches du secteur manufacturier sur la période 1985-2012.
Les principaux résultats des estimations effectuées, montrent que la présence étrangère dans
l’industrie manufacturière marocaine agit négativement sur la PTF dudit secteur. Cet effet négatif
s’explique, entre autres, par l’effet de la concurrence exercé par les entreprises étrangères sur
leurs homologues marocaines. Il est question aussi de la nature des branches investies par les
entreprises étrangères qui se concentrent dans les secteurs de moyenne et de haute technologie
où les spillovers technologiques nécessitent une capacité d’absorption et d’assimilation élevée
des entreprises locales.
Mots-clés : Investissement direct étranger, participations étrangères, productivité totale des facteurs,
transfert technologique, capacité d’absorption, secteur de l’industrie manufacturière marocain.
Classiication JEL : JEL Classiication : C510, F210, L600.
Foreign shareholding in the Moroccan manufacturing
industries: Impact on the sector performance
(1985-2012)?
Abstract
This article analyzes the effects of foreign shareholdings on the total factors
productivity (TFP) of the manufacturing industries in Morocco. To this end, we used Generalized
Method of Moments, in dynamic panels for a subset of 22 branches of this sector over the period
1985-2012. The main results of the estimations made show there is a negative impact of foreign
investment on the manufacturing industry sector TFP in Morocco. This negative impact can be
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 259
PARTIE II
explained by different factors, among which we can cite the effect of competition brought by
foreign companies against their Moroccan counterpart. This is also due to the nature of branches
where foreign companies invest which is concentrated around mid and high technology sectors.
In such sectors, technological spillovers require local companies with a high level of absorption
and assimilation capacity.
Key-words : foreign direct investments, foreign shareholdings, total factor productivity, technology
transfer, absorptive capability, Moroccan manufacturing sector.
260 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Introduction
Actuellement, l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) se place au centre
des stratégies de développement de tous les pays notamment les pays en développement
dont le Maroc. L’IDE est recherché, parce que, plus que d’autres formes de lux de capitaux,
il est plus stable et constitue un engagement à long terme envers le pays d’accueil. L’IDE est
également sollicité pour sa capacité à favoriser la croissance économique à travers notamment,
le développement de l’investissement domestique, la création de l’emploi, l’amélioration
de la balance des paiements, la participation à la création de la valeur ajoutée directe à
travers la production des entreprises étrangères et l’accroissement de la concurrence et de
lacompetitiveness of domestic industry. compétitivité de l’économie nationale. Il s’agit aussi
de l’apport de nouvelles méthodes et des techniques managériales, via les contacts directs et
indirects entre les iliales étrangères et les irmes locales, qui pourraient faciliter le transfert de
connaissances et de normes technologiques à l’économie d’accueil.
Conscient de l’importance des IDE en matière de croissance économique, le Maroc n’a
pas ménagé ses efforts durant ces dernières décennies, pour assurer l’instauration d’un
environnement favorable à l’investissement, à travers la mise en place de politiques publiques
de promotion et d’attraction des IDE.
Dans ce sens, l’industrie n’a cessé d’occuper une place primordiale dans les politiques
publiques et les stratégies sectorielles du fait de son potentiel en termes d’emplois, d’exportations
et de soutien à la croissance économique par l’effet d’entraînement des IDE. Ainsi, le taux de
pénétration des capitaux étrangers dans l’industrie manufacturière marocaine sur la période
1985-2012, objet de notre étude, représente en moyenne annuelle 21 %.
De même, l’opérationnalisation en 2009 du pacte national pour l’émergence industrielle124,
lancé en 2005, qui s’est essentiellement focalisé sur le développement des métiers mondiaux
du Maroc, a pour but la poursuite de l’encouragement des IDE dans le secteur de l’industrie
manufacturière, jugé essentiel pour le transfert de la technologie et des compétences
étrangères, en particulier dans les secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’industrie automobile,
l’électronique et l’aéronautique. A ce jour, cette stratégie a permis l’accroissement des IDE
jusqu’à un taux moyen annuel de 23 % depuis 2009125.
Si le Maroc a pu bénéicier ces dernières décennies d’importantes entrées des IDE, la question
se pose quant au niveau de leur contribution à la croissance économique et à l’amélioration
de la productivité totale des facteurs (PTF) de l’industrie manufacturière. D’autant plus que le
transfert de technologie, véhiculé par les IDE, est un processus complexe qui ne peut aboutir
124 Aujourd’hui, on parle du « Plan d’accélération industrielle, étalé sur la période 2014-2020 ».
125 Chiffre communiqué par le Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie
Numérique marocain.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 261
PARTIE II
que par l’adjonction de certains préalables dont le développement des ressources humaines
qualiiées capables d’absorber et d’assimiler les technologies et les connaissances utilisées par
les irmes étrangères, l’écart technologique entre les irmes étrangères et leurs homologues
locales, l’encouragement de la recherche et développement et la promotion des partenariats
entre les entreprises étrangères et locales dans les différents domaines (transmission d’une
partie de la technologie, formation de la main-d’œuvre locale, facilitation de la mobilité du
personnel entre lesdites irmes…). A partir de ce constat, une évaluation des effets des IDE sur
les performances du secteur de l’industrie manufacturière marocaine s’impose, surtout dans un
contexte où le Maroc tente de relever le déi technologique pour faire de l’industrie un levier
majeur de croissance économique.
A notre connaissance, les séries de données utilisées pour étudier cette problématique
remontent à la moitié des années quatre-vingt-dix126. Cependant, plusieurs changements ont
marqué l’économie nationale depuis cette période et peuvent inluencer le secteur industriel, à
travers notamment la cession des entreprises publiques aux investisseurs (privés, en particulier
étrangers), l’ouverture accrue du pays sur le marché international via la signature de plusieurs
accords de libre-échange, la mise à niveau du secteur, l’amélioration de l’environnement des
affaires, etc. Par ailleurs, les méthodes économétriques classiques utilisées, comme les données
de panel à effet ixe et à effet aléatoire, ne permettent pas de contrôler la potentielle endogénéité
qui peut exister entre les variables explicatives et la variable dépendante.
De ce fait, l’objectif principal de ce travail est d’évaluer empiriquement l’impact des
participations étrangères sur la PTF des entreprises du secteur de l’industrie manufacturière
marocaine sur la période 1985-2012. A l’aide de la méthode « GMM System en panels dynamiques »,
ce papier examine, plus précisément, dans quelle mesure la présence des irmes étrangères dans
ledit secteur favorise le transfert de la technologie vers les entreprises locales.
Ainsi, le présent article comporte quatre sections. La première rappelle la littérature théorique
et empirique consacrée à l’analyse de l’impact des IDE sur l’amélioration des performances et
de la compétitivité d’une économie, notamment dans le secteur industriel, avec un focus sur le
cas du Maroc. La deuxième propose une analyse descriptive des performances économiques
comparées des entreprises étrangères et marocaines du secteur des industries manufacturières.
La troisième présente la méthodologie d’estimation et les variables utilisées pour évaluer l’effet
des participations étrangères sur la PTF des entreprises de l’industrie manufacturière marocaine.
Avant de conclure, les principaux résultats seront présentés et discutés au niveau de la dernière
section.
Toutefois, l’analyse est basée sur une PTF apparente qui ne prend pas en considération le
taux d’utilisation des capacités de production, la durée d’utilisation des machines et équipement,
la productivité horaire par employé, le niveau de R & D, le salaire d’eficience, la vitesse
126 Haddad et Harrison (période 1985-1989) et Bouoiyour et Touik (période 1987-1996).
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EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
d’ajustement de l’emploi et la taille du secteur, et ne peut par conséquent qu’être biaisée. Ces
informations revêtent, en effet, une importance capitale ain de corriger les volumes des facteurs
de production et de mieux appréhender le progrès technique.
I. Spillovers technologiques dans le secteur
industriel : enseignements théoriques et
empiriques
Il est souvent admis que les FMN disposent d’un avantage, en termes de technologies
avancées, par rapport aux entreprises des pays en développement. Cependant, le transfert de
cette technologie et des connaissances qu’elle incarne, peut prendre plusieurs formes et dépend
de certaines conditions pour exercer un effet positif sur la PTF du secteur industriel des pays
récipiendaires.
1. Principaux canaux de transfert de technologie
Il est démontré que les IDE manufacturiers constituent un canal favorable au transfert des
spillovers technologiques (Rodrik, 1999 et Görg et Greenaway, 2003). Ainsi, les FMN jouent le
rôle de « démonstrateur stimulant »127 permettant aux entreprises domestiques d’apprendre les
techniques de production à travers des relations sans lien de dépendance avec les multinationales
(Gorg et Strobl, 2001).
Par ailleurs, la transmission des connaissances peut aussi s’effectuer à travers l’imitation et
la copie des technologies et des méthodes de gestion susceptibles de moderniser et d’améliorer
le processus de la production nationale. D’ailleurs, Barro et Sala-i-Martin (1997) démontrent que
le coût de l’imitation de la technologie existante est largement inférieur au coût de l’innovation
et de sa mise en œuvre pour les pays en développement.
Pour l’OCDE (2002)128, le transfert et la diffusion de la technologie s’opèrent par le biais
de quatre mécanismes interdépendants : les liaisons verticales avec les fournisseurs dans les
pays d’accueil, les liaisons horizontales avec des irmes concurrentes ou complémentaires de la
même branche, le déplacement des employés qualiiés et l’universalisation de la recherche et
développement. Les retombées positives se manifestent, en particulier, dans le cas des liaisons
verticales où les entreprises multinationales fournissent une assistance technique, une formation
127 Voir aussi Kokko 1992.
128 OCDE (2002), « L’investissement direct étranger au service du développement : optimiser les avantages,
minimiser les coûts », p.14.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 263
PARTIE II
et diverses informations et ce, ain d’améliorer la qualité des produits et des installations de
production des fournisseurs.
Par ailleurs, Görg et Strobl (2005)129 soulignent que la mobilité des travailleurs se traduit
par de véritables externalités de productivité. Ils constatent que les entreprises locales, dont
les dirigeants ont précédemment exercé dans une irme étrangère du même secteur, sont plus
productives que les autres.
L’IDE peut aussi indirectement contribuer à la croissance de la productivité, à traverspositive
technology and productivity spillovers from foreign irms. la pression concurrentielle130 qui se
forge suite à l’entrée des entreprises étrangères sur le marché localbeneit, in particular if it
forces local irms to introduce new technology and work, en particulier si celles-ci forcent les
entreprises nationales à introduire de nouvelles technologies.
2. Effet des IDE sur la PTF du secteur industriel des pays
d’accueil
Les modèles de croissance endogène stipulent que le progrès technique endogène résulte de
la production d’idées (Romer131, 1986, 1990, 1993 ; Lucas, 1988 ; Grossman et Helpman, 1991 ;
Benhabib et Spiegel, 1994 ; Barro et Sala-i-Martin, 1997). Autrement dit, les auteurs considèrent
la connaissance, source de gains de productivité, comme un type particulier de capital. L’idée de
base étant que l’accumulation du capital humain, à travers la R & D et l’innovation, contribue à
la création et à l’accumulation de nouvelles connaissances technologiques et organisationnelles.
Cette création de connaissance, véhiculée notamment par l’IDE, compense l’effet des
rendements décroissants du capital et permet à l’économie de garder un niveau de croissance
soutenue à long terme, sous réserve des hypothèses appropriées concernant les externalités de
l’apprentissage. De ce fait, l’IDE peut contribuer d’une façon positive à la croissance économique
du pays hôte en améliorant sa productivité totale des facteurs, via la diffusion de connaissances
et des externalités technologiques.
Bien qu’il semble y avoir une large unanimité au niveau théorique en ce qui concerne
l’impact positif de l’IDE sur l’amélioration des performances économiques des pays d’accueil, les
résultats des études empiriques portant sur ce sujet notamment au niveau de l’entreprise sont
généralement non concluants.
La première catégorie des études empiriques conirme le lien positif entre l’IDE et la
129 A travers une étude empirique sur un panel d’entreprises industrielles ghanéennes.
130 Dans le cas de la Chine, Li, Liu et Parker (2001) démontrent que les entreprises d’Etat bénéicient
de la pression concurrentielle due à l’IDE alors que les entreprises locales et privées bénéicient de l’effet de
démonstration et de contagion.
131 Dans le modèle de Romer la croissance est soutenue à long terme même lorsque l’effort de la recherche
est constant.
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EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
productivité locale des pays d’accueil. Dans ce sens, Blomstrom et Wolf (1994) ont essayé de
déterminer si les retombées des IDE surthe Mexican manufacturing sector were large enough
to help Mexican irms converge le secteur manufacturier mexicain ont été assez grandes pour
aider les entreprises du Mexique à convergertoward US productivity levels during the period
1965-1982. vers les niveaux de la productivité américaine au cours de la période 1965-1982.Their
answer is Leurs résultats prouvent queafirmative: foreign presence seems to have a signiicant
positive impact on the rates la présence étrangère semble avoir un impact positif et signiicatif
sur les tauxof growth of local productivity. de la croissance de la productivité locale.
Démurger et Chen (2002), en analysant le rôle des IDE dans la croissance de la productivité
de l’industrie manufacturière chinoise sur la période 1988-1994, trouvent une corrélation positive
entre la croissance de ladite productivité et la présence des capitaux étrangers dans l’industrie
des biens de consommation. De même, Liu et Wang (2003) démontrent l’existence de retombées
positives sur la productivité totale des facteurs des secteurs industriels chinois en 1995.
Toujours dans le cas de la Chine, Kokko, Chen et Tingvall (2011), montrent que les entreprises
locales proitent des retombées positives des IDE à travers à la fois « l’effet de contagion » et
« l’effet de concurrence ». Toutefois, ces retombées ne sont pas proportionnelles au degré de
présence des entreprises étrangères au sein de l’industrie ou de l’entreprise chinoise. Ainsi,
les retombées issues de « l’effet concurrence » sont linéaires avec le niveau de productivité et
de sophistication de la technologie des entreprises étrangères au moment où les retombées
provenant de « l’effet contagion » présentent un fort impact sur d’autres entreprises étrangères
que les entreprises locales.
En étudiant l’impact des IDE sur la productivité des entreprises industrielles Lituaniennes,
sur la période 1996 – 2000, Javorcik (2004), trouve que ce sont les liaisons en amont ou
verticales132, issues des contacts qu’entretiennent les multinationales avec les entreprises
locales, qui produisent les retombées positives les plus importantes. Toutefois, ces spillovers
positifs émanent essentiellement des entreprises à participation domestique et étrangère et non
pas des entreprises à capitaux entièrement étrangers.
La deuxième catégorie d’études empiriques, ayant analysé la relation entre les IDE et la
croissance de la productivité locale, souligne quethat foreign irms have negative effects on
the productivity performance of the la présence des entreprises étrangères dans un pays a des
effets faibles ou négatifs sur la performance de la productivité des entreprises domestiques.
Dans ce sens, Hanson (2001) et Gorg et Greenaway (2003), soutiennent l’idée que l’effet positif
des investissements directs étrangers sur la productivité des entreprises des pays d’accueils est
faible ou mitigé.
Pour Mansield et Romeo, (1980), Haddad et Harrison, (1993), Kokko (1994), Kokko etal.,
(1996), Aitken, and Harrison (1999) and Haddad and Harrison, (1993), who ind al. (1996) et Aitken
132 Firmes locales comme fournisseurs de biens et services.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 265
PARTIE II
et Harrison (1999), l’impact des IDE sur la productivité des entreprises locales est négatif. Cet
effet négatif a été conirmé par Djankov et Hoekman (2000) ind that FDI has a positive or weak
positive effect on theHoekman (2000) en montrant qu’une hausse de 10 % des investissements
étrangers conduit à une baisse de 1,7 % de la productivité des irmes locales. De son côté,
Levchenko et al. (2008) trouve que la libéralisation du compte des capitaux, qui permet l’entrée et
la sortie libre des investisseurs, n’a aucun effet sur la PTF. Ces résultats s’expliquent par la faible
capacité d’absorption des entreprises domestiques ou par l’effet d’éviction qu’exerce l’arrivée de
irmes étrangères sur les concurrents locaux.
Dans le cas du Maroc, les travaux empiriques effectués sur l’interaction entre l’IDE et la
PTF du secteur des industries manufacturières ne sont pas aussi concluants. Ainsi, dans une
étude couvrant la période 1985-1989, Haddad et Harison (1993) constatent l’impact négatif des
IDE sur la croissance de la PTF des entreprises de l’industrie manufacturière marocaine. Les
auteurs démontrent aussi que les retombées n’ont pas le même effet sur les différentes branches
dudit secteur. De même Harrison (1995), trouve peu de preuves empiriques en ce qui concerne
l’existence de transfert de technologie aux entreprises locales. Il suggère même que l’impact de
la présence étrangère sur la productivité peut être négatif à court terme suite à la perte de parts
du marché local par les entreprises nationales.
Cependant, Bouoiyour et Touik (2007), montrent que les externalités positives induites par
la présence des IDE au Maroc existent, mais qu’elles sont faibles et dépendent d’un certain
nombre de conditions ; Parmi celles-ci, il y a l’écart technologique qui persiste entre les irmes
nationales et étrangères. C’est dans les secteurs à basse technologie (textile, en particulier)
que les externalités positives se produisent. Par contre la présence des entreprises étrangères
dans les secteurs de haute technologie peut s’avérer désavantageuse pour leurs concurrentes
marocaines.
Ainsi, le rapport FEMISE (2008), consacré à l’évaluation de l’impact de la présence étrangère
sur la productivité des entreprises tunisiennes (productivité globale des facteurs) et marocaines
(productivité du travail) dévoile que, dans le cas marocain, le travail qualiié, la capacité
d’exportation et la présence étrangère exercent un impact positif et signiicatif sur la productivité
apparente du travail des irmes locales. Toutefois, l’impact de la présence étrangère apparait
faible et dépend de la capacité d’absorption des irmes marocaines et de l’écart technologique
entre ces dernières et les irmes étrangères.
De même, dans une étude effectuée par la Banque Africaine de Développement (2014),
les participations étrangères sont non signiicatives en matière d’incitation à l’innovation des
entreprises marocaines et ne semblent pas avoir un effet sur la productivité de ces dernières.
Si les résultats des études empiriques ne sont pas concluants en matière d’impact des IDE
sur la PTF du secteur industriel, force est de constater qu’il y a un large consensus sur certaines
conditions préalables jugées nécessaires.
266 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
3. Principaux déterminants des retombées des IDE sur la
productivité des entreprises
Le succès du transfert de la technologie sur la croissance de la PTF à travers l’IDE dépend de
plusieurs facteurs dont notamment la capacité d’absorption du pays d’accueil, la caractéristique
de l’IDE et la nature et l’origine du secteur investi par la irme étrangère.
a. Capacité d’absorption
L’un des facteurs déterminants des retombées de l’IDE sur la productivité des entreprises
nationales est le niveau de capacité d’absorption de ces dernières. C’est ainsi que, les
entreprises ayant une plus grande capacité d’absorption peuvent bénéicier de spillovers plus
importants (Blomström, Kokko et Zejan, 1994 ; Kokko, 1994 ; Blomström, Globerman et Kokko,
1999 ; Blomström et Kokko, 2002 ; Blomström et Kokko, 2003 ; Kokko, 2006 ; Crespo et Fontoura,
2007 ; Marcin, 2008 et Kokko, Chen et Tingvall, 2011).
La capacité d’absorption des irmes locales est, mesurée, entre autres, par le niveau des
compétences humaines et des dépenses en matière de R & D. Ainsi, les retombées des IDE sont
positives lorsque les pays récipiendaires disposent déjà d’un stock de capital humain important
et d’un niveau d’instruction élevé (Borensztein, De Gregorio et Lee, 1998 ; Ben Abdallah et Drine,
2001133 ; De Gregorio, 2003 ; Bengoa et Sanchez-Robles, 2003). But, these studies together
establish the fact that the impactEn effet, dans le cas où le stock et la qualité du capital humain
seraient inférieurs à un certain seuil, le transfert technologique se trouve bloqué. Il s’agit aussi,
de l’ampleur de dépenses en recherche et développement, Cohen et Levinthal, (1989) ; Cadiz,
Sawyer et Grifith, (2009). A cet effet, Freeman, (1991 et 1994b), Helpman et Coe (1995), Helpman
et al. (2008) montrent que les activités de recherche et développement (R & D) des entreprises
étrangères impactent la PTF lorsqu’elles interagissent avec la R & D domestique.
Dans un contexte de complexité des produits technologiques et des informations industrielles
ainsi que d’évolution rapide des technologies, il est nécessaire de disposer des compétences en
main-d’œuvre locale (Dosi, 1988 ; Cohen et Levinthal, 1989, 1990), à travers la R & D et ce, pour
faciliter l’assimilation et accélérer la diffusion et l’adaptation continue desdites technologies.
De plus, l’écart technologique entre le pays d’origine et le pays hôte détermine étroitement
l’ampleur du processus de transfert technologique. On distingue deux arguments contrastés dans
la littérature : le premier laisse entendre que It is maintained that domestic irms must have
133 Dans une étude effectuée par les auteurs sur la contribution des IDE à la croissance de la PTF dans les
pays émergents, le coeficient associé à l’IDE est signiicatif au seuil de 0,80%. Ce résultat est, toutefois, une
fonction croissante du niveau du capital humain dans l’économie de ces pays, c’est-à-dire qu’un pays ne disposant
pas d’un niveau requis en matière de capital humain enregistre un impact négatif des IDE sur la croissance de
la PTF.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 267
PARTIE II
a moderate technologicalles retombées de l’IDE augmentent avec l’écart technologique entre
les entreprises locales et étrangères, du fait qu’il permet aux irmes nationales d’ampliier les
opportunités d’obtenir des niveaux élevés d’eficacité (Kokko, 1994).« hypothèse de rattrapage
technologique » (Findlay, 1978 ; Wang et Blomström, 1992 et Kokko, 1992). En revanche, Haddad
et Harrison (1993), ont démontré que l’écart technologique et le décalage entre les compétences
de la population domestique et celles amenées par les entreprises étrangères ne doivent pas
être très élevés ain de faciliter l’apprentissage et l’assimilation par les irmes nationales.
Au-delà de la capacité d’absorption et d’assimilation des technologies des pays développés,
qui constitue un préalable aux externalités positives de l’IDE sur la croissance de la PTF, la
caractéristique ou le mode d’entrée de l’investissement inluence aussi les mécanismes du
transfert technologique.
b. Caractéristique des IDE
Le mode d’entrée de l’IDE joue un rôle important en matière de transfert de la technologie
vers les entreprises du pays d’accueil.It has Il est démontré que les retombées positives des IDE
dans le cas d’une fusion ou d’une acquisition, s’effectuent progressivement134.On the contrary,
when
A l’inverse, lorsque l’IDE se produit grâce à des investissements de création (greenield
investment), l’introduction de la nouvelle technologie est instantanée (Braconier et al. 2001)135.
Note, however, that in the latter entry mode, the MNECe mode permet d’économiser sur les coûts
de transaction en transformant directement et immédiatement la technologie et le savoir-faire
managérial. Toutefois, la FMN, en adoptant la technologie du pays d’origine et en établissant un
système technologique qui peut différer sensiblement de celui du pays d’accueil, peut limiter les
possibilités de retombées positives de l’IDE.
Les retombées de l’IDE dépendent aussi du degré de propriété de la FMN dans les projets
d’investissements locaux (Blomström et Sjöholm, 1999 ; Dimelis et Louri, 2002 ; Javorcik et
Spatareanu, 2003136). Minority foreign ownership reduces the incentive for the parent irm toSi
l’entreprise étrangère détient une part minoritaire, elle réduit le transfert de la technologie
avancée à son afilié, du fait de la restriction de son pouvoir en matière de contrôle et de gestion.
C’est ainsi que la chance de transfert technologiqueIn view of this, the technology transferred
134 Il est démontré dans une étude effectuée sur les entreprises françaises que les retombées positives
des IDE dans le cas d’une fusion ou d’une acquisition, s’effectuent progressivement. Dans ce sens l’impact de
l’acquisition étrangère est toujours positif trois ans après l’acquisition. Voir : Fontagné, L.et Toubal, F. (2010),
« Investissement direct étranger et performances des entreprises », p.77.
135 Les auteurs ont travaillé sur les données de l’industrie suédoise.
136 L’analyse des auteurs s’est portée sur un panel d’entreprises roumaines durant la période 1998-2000. Ils
ont démontré que les retombées positives de l’IDE résultent des iliales détenues entièrement par les étrangers et
non de celles à participation locales et étrangères.
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EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
increases with the degree of foreign augmente avec le degré de la propriété étrangère dans le
projet d’investissement local (Ramachandran, 1993).
En revanche, (Takii, 2005) démontre qu’une plus grande part de l’appropriation nationale
dans le projet d’investissement local facilite l’accès à la technologie étrangère. Dans ce cas,
la fuite de la technologie se fait à travers la mobilité du personnel, étant donné que la irme
étrangère ne dispose pas d’un pouvoir de contrôle qui lui permette de prévenir ou de dissuader
cette mobilité.Furthermore, On peut donc s’attendre à ce que cette situation crée plus de liens
entre les différents secteurs de l’économie nationale comme cela a été conirmé par Toth et
Semjen (1999), dans le cas de la Hongrie.
Pour sa part, Bircan (2014), dans une étude sur l’industrie Turque, signale que le poids de la
participation étrangère dans un projet d’investissement détermine le niveau de la prime salariale
des travailleurs et le mode de transfert d’actifs corporels et incorporels de la maison mère à
sa iliale. Selon l’auteur, jusqu’à 15 points de la prime salariale accordée par la FMN peut être
expliquée par le niveau de propriété de la irme dans le projet d’investissement. Cela a une
inluence directe sur la productivité des travailleurs et incite, en outre, les FMN à restreindre le
déplacement des ressources humaines les plus qualiiées. De ce fait, le transfert de technologie
reste incertain voire irréalisable.
Certaines multinationales optent pour les joint-ventures lorsqu’elles ne possèdent pas toutes
les informations requises sur le marché local ou lorsqu’elles y sont obligées par la législation en
vigueur dans le pays d’accueil. Elles tendent alors à transférer des technologies plus anciennes
aux joint-ventures qu’aux iliales qu’elles contrôlent à 100 %, étant donné qu’elles préfèrent un
contrôle majoritaire des opérations qui emploient des technologies sensibles et de pointe.
Dans le cas de la Chine, par exemple, le gouvernement a conditionné l’investissement dans
le secteur automobile par des joint-ventures avec des entreprises d’Etat (Zhao et Arvanitis, 2008).
Selon les auteurs, cette politique a permis certes, un transfert de capacités de fabrication et
d’assemblage à l’industrie automobile chinoise, mais faute d’une réelle capacité de conception
et de R & D, les irmes chinoises n’ont pas pu suivre l’évolution, en termes d’innovation, des
modèles fabriqués ailleurs.
En République Tchèque, Djankov et Hoekman (2000), trouvent que les entreprises qui ont
fait l’objet d’une acquisition ont connu une plus grande progression de leur PTF, suivies par
celles ayant opté pour les joint-ventures et enin par les entreprises à capitaux locaux. Selon
les auteurs, cet ordre peut s’expliquer par le fait que les multinationales ont tendance à investir
dans des entreprises ayant uneforeign investment is better than average, implying that foreign
investors choose productivité au-dessus average.de la moyenne.
Si le mode d’entrée de l’IDE revêt une importance en matière de facilitation de transfert
technologique, la nature de l’investissement, qui se matérialise dans le secteur investi par la
FMN, inluence aussi les mécanismes dudit transfert technologique.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 269
PARTIE II
c. Nature des IDE
La nature et la provenance des IDE sont d’importants déterminants des retombées de l’IDE sur
la croissance économique des pays d’accueil (Schroath, Michael et Chen, 1993137). Ainsi, lForeign
direct investments comees IDE émanent de différents pays spécialisés chacun dans un secteur
déterminé, ce qui peut inluencer le mode de fonctionnement et de transfert de technologie et la
manière de gestion de l’entreprise du pays hôte.
Dans une étude effectuée par ANIMA (2010), on remarque cette distinction en termes
de nature d’investissement provenant de chaque pays. Ainsi, les pays de l’Europe du sud se
caractérisent par des projets de taille moyenne davantage intégrés et concernent les secteurs
manufacturiers et la délocalisation des services comme les centres d’appel. Les pays de l’Europe
du nord et ceux de l’Amérique du nord138 se particularisent par des projets très capitalistiques
et moins intégrés tels que le secteur de l’énergie et les technologies de l’information et de la
communication qui peuvent avoir un effet sur la transformation du tissu industriel local. Quant aux
pays du Golfe, ils investissent dans les projets de grande envergure, mais leurs investissements
se concentrent souvent dans des secteurs rentiers, faibles en technologie, voire parfois contre-
productifs comme le secteur de l’immobilier et du tourisme. Pour leur part, les pays émergents
se spéciient par les secteurs traditionnels et une industrie peu capitalistique. Enin, vient la
Chine qui opte pour l’investissement dans les ressources naturelles et l’immobilier où les IDE
ne semblent pas avoir de fortes retombées sur la croissance économique et sur le transfert de
technologies sophistiqués.
De ce fait, les retombés des IDE varient selon le secteur d’activité investi par les
multinationales, Alfaro (2003). Ainsi, contrairement au secteur de l’industrie, l’auteur montre
que, les IDE ne semblent pas avoir de fortes retombées économiques dans les secteurs de
l’énergie, de l’agriculture et des services. De même, Aykut et Sayek (2007)139 trouvent le résultat
identique en étudiant la croissance du PIB selon le secteur d’activité (industrie, agriculture et
services) dans 37 pays en développement sur la période 1990-2002.
Ces résultats s’expliquent, en grande partie dans le cas de l’agriculture et des services, par
la faible utilisation des technologies par ces secteurs contrairement à l’industrie. Concernant
le secteur de l’énergie, il y a lieu de signaler que les entreprises étrangères disposent d’un
monopole sur ce secteur et sont technologiquement peu reliées aux autres entreprises locales.
137 Selon les auteurs, l’impact du pays d’origine est bien présent dans les activités d’investissements directs
étrangers en Chine.
138 Les entreprises européennes viennent en tête des investissements liés à l’innovation en méditerranée
(57% du nombre total des projets sur la période 2003-2010), notamment au Maroc et en Tunisie ; Elles sont suivies
par les investisseurs américains et canadiens (27% des projets). Voir ANIMA (2012), « Promotion de l’innovation
en méditerranée », étude n°63, p.36.
139 Cité par Bénédict de Saint-Laurent, « L’impact des IDE sur le développement économique des pays : état
de l’art et application à la région MED », note de rélexion, ANIMA, 22 décembre 2010, p. 30.
270 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Cette distinction signiie que la qualité de l’IDE joue un rôle déterminant en matière d’impact
sur la croissance. Certains pays, comme nous l’avons indiqué ci-dessus, investissent dans les
secteurs intenses en technologie et qui peuvent donc impacter positivement la croissance
économique du pays récipiendaire et la PTF des entreprises locales.
Par ailleurs, les entreprises étrangères peuvent ne pas être semblables dans leurs opérations
de transfert de technologie même si elles opèrent dans la même industrie. Ainsi, Helpman,
Mélitz et Yeaple (2004) soulignent que les entreprises étrangères ne sont pas d’un même niveau
d’eficacité dans une branche d’activité donnée. Il y a possibilité donc que l’effet de l’IDE sur
l’amélioration de la productivité de l’économie des pays d’accueil sera différent selon le degré
de performance et de spécialisation de chaque entreprise étrangère.
Cependant, les pays ayant réussi le rattrapage économique sont ceux qui ont orienté les
facteurs de production vers les secteurs à fort potentiel de croissance comme le secteur des
industries manufacturières. MacMillan et Rodrik (2011) démontrent, en étudiant des données
sectorielles sur la période allant de 1990 à 2005, que l’Inde et la Chine sont parvenues à
développer les industries manufacturières où la croissance de la productivité est élevée, au
détriment de l’agriculture, tout en proitant d’un fort effet de rattrapage intra-sectoriel.
C’est ainsi que l’objectif principal de cet article est de vériier l’effet des IDE sur la
croissance de la PTF du secteur de l’industrie manufacturière marocaine. Mais avant l’étude de
cette question, il est important d’analyser et de comparer les performances des participations
étrangères par rapport aux entreprises locales dans ledit secteur.
II. Analyse comparative des indicateurs de poids
et de performance des entreprises locales
et étrangères du secteur des industries
manufacturières
A partir du calcul des indicateurs de poids, tel qu’il apparait en annexes sur le Tableau 1,
on constate une présence importante des entreprises étrangères dans le tissu des industries
manufacturières marocaines. En 2013, ces entreprises représentent, 46 % du chiffre d’affaires
et de la valeur ajoutée, réalisent 61 % des exportations, contribuent de 35 % à l’investissement
corporel et embauchent 35 % de l’effectif salarié du secteur.
Pour ce qui est de l’importance des exportations des entreprises à participation étrangère,
elle peut être expliquée, entre autres, par l’orientation de la production de ces entreprises vers
le marché extérieur étant donné que le Maroc a développé ces dernières années des zones
franches destinées à encourager l’implantation des entreprises étrangères exportatrices.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 271
PARTIE II
Un autre indice qui mesure l’importance des implantations étrangères dans le secteur
industriel marocain a été calculé. Il s’agit du taux de pénétration des capitaux étrangers dans
l’industrie manufacturière déinie par le rapport entre le capital social des irmes sous contrôle
étranger et le capital social des irmes marocaines sur la période allant de 1985 à 2012.
Il ressort des résultats du Tableau 2 en annexes que les branches les plus attractives en
termes d’implantation étrangère au Maroc sont les branches fabrication d’équipements de radio,
télévision et communication et fabrication de machines et appareils électriques où le taux de
pénétration dépasse 50 % en moyenne annuelle sur la période 1985-2012. A rappeler que ces
branches se caractérisent par un fort contenu technologique140. De même, ce taux de pénétration
est élevé dans d’autres branches à technologie moyenne141 comme la fabrication d’autres
matériels de transport (44,35 %) et l’industrie automobile (36,35 %).
La présence des capitaux étrangers concerne aussi les secteurs à faible technologie142 tels
que la branche cokéfaction, rafinage, industries nucléaires (56,59 %), l’industrie du tabac où le
taux d’implantation avoisine 45 % et fabrication de meubles et industries diverses (37,13 %).
En revanche, le taux de pénétration est plus faible dans certaines branches, comme
métallurgie (2,59 %), fabrication d’instruments médicaux, de précision d’optique et d’horlogerie
(2,55 %) et récupération (0,71 %).
De ce fait, la présence des capitaux étrangers dans les branches à haute et moyenne
technologie peut avoir un impact positif sur la productivité des entreprises manufacturières
nationales, à travers le transfert de la technologie et des connaissances managériales, sous
réserve d’un renforcement de leur capacité d’absorption et d’assimilation de ces technologies.
S’agissant des indicateurs qui caractérisent les performances sectorielles des irmes
marocaines et étrangères, nous avons calculé les principaux ratios suivants :
• Le premier concerne la productivité du travail des entreprises étrangères et celle
des entreprises marocaines143 mesurée par le rapport entre la richesse créée par les
entreprises du secteur et le facteur travail (effectif total des employés).
• Le deuxième ratio porte sur la détermination des performances à l’export des
140 Les industries de haute technologie sont principalement à forte intensité capitalistique et technologique.
141 Les industries de moyenne technologie sont en général des activités de transformation de ressources à
forte intensité capitalistique.
142 Les industries de faible technologie se caractérisent par des processus de production à forte intensité de
main-d’oeuvre et faible intensité capitalistique.
143 Ce ratio a été utilisé par, Blomström et Sjöholm (1999), Liu, Siler, Wang et Wei (2000) et Bouoiyour et
Touik (2007).
272 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
entreprises du secteur144, déini par le rapport entre le chiffre d’affaires à l’exportation
des entreprises étrangères et celui des entreprises marocaines.
• Le troisième ratio est de nature à déterminer le rapport entre le salaire moyen des
entreprises étrangères et celui des entreprises marocaines145
Les résultats igurant sur le Tableau 3 en annexes, illustrent les bonnes performances des
entreprises étrangères146 au niveau des trois ratios sus-cités, sur la période allant de 1985 à
2012.
Ainsi, les entreprises étrangères réalisent des niveaux élevés de chiffre d’affaires à
l’exportation dépassant les entreprises locales de 1,18 fois. Dans ce sens, les études stipulent
qu’en général les entreprises exportatrices sont plus performantes que les irmes tournées vers
le marché local (Banque Mondiale, 2000147 ; Girma, Greenaway et Kneller, 2002 et Wagner, 2007).
Les irmes exportatrices sont incitées à innover et améliorer leur compétitivité pour affronter la
pression concurrentielle sur les marchés étrangers.
En ce qui concerne la productivité apparente du travail, il existe des différences signiicatives
entre la productivité du travail des entreprises étrangères et celle des entreprises nationales.
Les premières sont, en moyenne, pour la période étudiée (1985-2012), 1,6 fois plus productives
que leurs homologues locales148. Cet écart peut être la marque du rôle important des techniques
de gestion étrangères utilisées et des motivations accordées pour stimuler les efforts de travail
des employés.
Durant la période susmentionnée, les salaires versés par les entreprises étrangères sont plus
élevés que ceux payés par les entreprises nationales. Ce niveau est en moyenne 1,5149 fois plus
144 Il a été utilisé par Belghazi (1997) et Bouoiyour et Touik (2007).
145 Il est déjà utilisé par Haddad et Harrison (1993) et Bouoiyour et Touik (2007).
146 A rappeler que presque 95% des entreprises marocaines sont des petites et moyennes entreprises
(PME). Elles sont confrontées à un ensemble de contraintes comme la fragilité de leur structure, la faiblesse de
leurs moyens techniques et humains, l’insufisance dans la maîtrise de l’évolution du marché, l’insufisance en
matière d’information et de formation, d’innovation et de gestion.
147 Résultats de l’enquête(FACS-MAROC, 2000) pour l’analyse et la compétitivité des entreprises, projet
conjoint entre le Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Energie et des Mines du Maroc et la Banque
mondiale intitulé « Le secteur manufacturier marocain a l’aube du 21ème siècle », p. 33.
148 Même résultat démontré par Bouoiyour et Touik (2007).
149 Haddad et Harrison (1993) ont trouvé une moyenne de 1,3 et Bouoiyour et Touik (2007) une moyenne
de 1,6.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 273
PARTIE II
élevé par rapport aux irmes locales. Ce décalage en termes de rémunération est de nature à
empêcher le déplacement de la main-d’œuvre sufisamment formée par les FMN vers les irmes
domestiques qui aspirent à proiter de l’expérience et des connaissances acquises dans les FMN.
Si les indicateurs sus-indiqués révèlent que les irmes étrangères sont signiicativement
performantes par rapport aux irmes locales du secteur de l’industrie manufacturière, il
est nécessaire de s’interroger sur l’impact de la présence étrangère sur l’amélioration de la
productivité des industries manufacturières nationales ? L’analyse empirique qui suit essaye de
répondre à cette question.
III. Méthodologie d’estimation et présentation des
variables
L’objectif est donc d’estimer l’effet des participations étrangères sur la PTF du secteur des
industries manufacturières marocaines. Pour ce faire, le choix des variables est basé d’une part,
sur les arguments théoriques et empiriques qui justiient la relation entre les IDE, le capital
humain, l’ouverture commerciale et la PTF et d’autre part sur la disponibilité des données par
branches industrielles dans le cas du Maroc.
1. Présentation du modèle économétrique
Avant de procéder à l’estimation du modèle économétrique, nous déterminons d’abord la PTF
des entreprises marocaines du secteur manufacturier.
La productivité totale des facteurs (PTF) du secteur des industries manufacturières
marocaines représente la variable à expliquer. Elle est utile pour l’analyse de la compétitivité
du fait qu’elle constitue le paramètre synthétique de la compétitivité coût, relétant l’eficacité
de la mise en œuvre du travail et du capital. Son analyse s’avère indispensable pour évaluer les
performances du secteur des industries manufacturières marocaines en matière de technologie.
La PTF est calculée par la méthode suivante :
Où :
• VA(it) est la valeur ajoutée industrielle ;
• L et K désignent respectivement le volume du travail150 et le stock du capital physique151 ;
• α et β: (α+β+1) désignent la répartition de la valeur ajoutée entre la rémunération du
facteur travail et du facteur capital ;
150 On prend ici l’effectif total employé dans chaque branche industrielle.
151 K est calculé par la méthode de l’inventaire permanent.
274 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
• A(it) est la productivité totale des facteurs de production du secteur i à la date t (niveau
du progrès technologique) .
Précisons que les données de la valeur ajoutée et de l’investissement corporel issus de
l’enquête du Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie
Numérique, ne tiennent pas compte de l’inlation. Il est donc important de faire des traitements
nécessaires avant d’entamer l’estimation de la PTF. A cet effet, nous avons procédé à une
évaluation en volume (à prix constants) de la valeur ajoutée et de l’investissement corporel en
retenant, l’indice des prix à la production industrielle152 et le délateur de l’investissement153
comme délateurs statistiques.
En outre, faute de données sur le capital physique dans l’industrie manufacturière marocaine,
K est approximé par la méthode de l’inventaire permanent qui consiste à reconstituer la série du
stock de capital K(it) en partant d’un niveau initial et en procédant par une accumulation donnée
par : {K(it) = I(it)+(1-δ)K(i,t-1)}, avec : I(it) (lux d’investissement corporel), δ (taux de dépréciation
du capital), K(i,t-1) (capital initial). Le capital initial154 a été déterminé pour chaque branche par la
méthode suivante : K(85) = I(85)/(g+δ), avec « g » taux de croissance annuel de l’investissement
I(t) et « δ » égale à un taux de dépréciation du capital physique de 5%155.
La méthode de l’inventaire permanent a été utilisée dans plusieurs études (Varoudakis et
Latreille, 1997 ; Démurger et Chen, 2002 et autres) et (DEPF, 2002 et Bouoiyour et Touik, 2007
dans le cas du Maroc).
En utilisant la log-linéarisation, la détermination de la PTF se présente comme suit :
LnY it = L
n ( PTF it ) + a L
n ( K it ) + (1 − a ) L
n ( L it ) (1)
Ln ( PTF it ) = LnY it −a L
n ( K it ) − (1 − a ) L
n ( L it ) ( 2)
Ainsi, la relation entre l’IDE et la PTF du secteur « i » à une date « t » et les variables
explicatives se déinit comme suit :
PTFit =a i + b1 IDEit + b 2K
H it + b 3IDE it * K
H it + b 4OUVit + b 5G
T it + b 6 PTFEit + e it ( 3)
152 Cet indice est publié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) « Il sert à mesurer l’évolution relative
des prix au stade de la production (le panier de l’indice est constitué de 301 produits et 521 variétés classés par
activité, sous branche et branche conformément à la nouvelle nomenclature) ». Il est utilisé par Banga (2003).
Dans le cas du Maroc, Haddad et Harrison (1993) et Bouoiyour et Touik (2007) ont employé l’indice de gros du
secteur industriel comme délateur statistique.
153 Données Banque Mondiale.
154 Le stock initial par branche peut aussi être ventilé par branche sur la base de leur part dans
l’investissement total (Sekkat et Achy 2008).
155 Dans les différentes études empiriques, les taux de dépréciation retenus se situent entre 3% et 7%. En
général les résultats sont peu sensibles à la variation du taux de dépréciation. Selon le HCP (2005), avec un taux
de dépréciation de 5%, le capital se réduit à moins de 10% de sa valeur initiale au bout de 45 ans.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 275
PARTIE II
Avec :
• PTF (productivité totale des facteurs des entreprises marocaines).
• IDE (investissements directs étrangers) : ils sont approximés par le taux de pénétration
des capitaux étrangers dans les industries manufacturières marocaines qui est déini
par le rapport entre le capital social des irmes à participation étrangère et le capital
social des irmes marocaines du secteur i à la date t. IDEit = CSEit / CSMit x 100
• KH (capital humain) : pour évaluer le travail qualiié dans l’industrie manufacturière
marocaine, nous avons utilisé une variable proxy qui consiste à mesurer l’écart entre
la rémunération moyenne de la main d’œuvre et le SMIG marocain156 pour le secteur i
à la date t.
• KHit = FPit x SMIGit x Lit : KH (capital humain), FP (frais de personnel), SMIG annuel
(Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti), L (effectif total employé).
• OUV (Ouverture commerciale) qui est approximée par le rapport entre les exportations
et la valeur ajoutée de chaque secteur i à la date t.
• OUVit = Xit / VAit x 100 : OUV (ouverture), X (exportations), VA (valeur ajoutée).
• GT (écart technologique) : l’écart technologique entre les irmes domestiques et les
irmes étrangères est donc utilisé comme proxy de la capacité d’absorption.
• GTit = PTFEit / PTFMit : GT (écart technologique), PTFE (productivité totale des facteurs
des entreprises étrangères), PTFM (productivité totale des facteurs des entreprises
marocaines).
• PTFE (productivité totale des facteurs des entreprises étrangères) : cette variable est
introduite pour tester l’impact de la concurrence générée par la présence des entreprises
étrangères sur la productivité totale des entreprises nationales.
• IDE*KH (variable interactive) : à l’instar de Borensztein, De Gregorio et Lee
(1998), nous introduisons dans le modèle cette variable interactive ain de mettre en
évidence leur effet sur la croissance de la PTF du secteur des industries manufacturières
marocaines.
L’estimation des effets des IDE sur la croissance de la PTF157 est fréquemment biaisée par des
problèmes d’endogénéité. De ce fait, les méthodes économétriques usuelles comme les données
de panel à effet ixe et à effet aléatoire ne nous permettent pas d’obtenir des estimations
eficientes d’un tel modèle.
Dans notre spéciication, les principaux biais qui risquent d’affecter les résultats sont le
biais de simultanéité et le problème d’hétérogénéité des coeficients estimés. Le biais de
simultanéité, résulte d’une possibilité de présence des effets de causalité inverse (impact de
la variable dépendante à savoir la PTF sur les variables explicatives notamment l’IDE). Quant au
156 Cet indicateur peut aussi traduire des effets de productivité provenant de l’attribution d’un salaire
d’eficience.
157 Pour l’estimation du modèle, nous avons utilisé le logiciel STATA.
276 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
problème d’hétérogénéité individuelle des coeficients estimés, elle découle du fait que l’effet
des participations étrangères (IDE) diffère d’une branche industrielle à une autre (nous disposons
dans notre cas d’étude de 22 branches industrielles).
Alors, pour corriger ce biais d’endogénéité, la plupart des travaux empiriques recourent à
l’estimation d’un modèle dynamique à l’aide de la méthode des moments généralisés (GMM)
de Blundell et Bond (1998)158 qui offre une meilleure eficacité et robustesse des résultats
de l’estimation à travers l’instrumentalisation des variables endogènes par leurs retards et
différences respectifs. De ce fait, elle permet d’apporter des solutions aux problèmes de biais
de simultanéité, de causalité inverse et des éventuelles variables omises qui affaiblissent les
résultats des études basées sur les méthodes classiques sus-citées.
La validité des instruments retenus peut être conirmée ou rejetée à travers des tests de
Hansen ou de Sargan ainsi que des tests d’autocorrélation d’Arellano et Bond AR (1) et AR (2).
Pour ne pas affaiblir la iabilité des tests de Hansen ou de Sargan, Roodman (2009)
recommande que le nombre d’instruments ne doive pas dépasser le nombre des « i » qui est dans
notre cas d’étude « 22 branches manufacturières ».
2. Sources de données
Les variables utilisées dans ce papier sont calculées par l’auteur à partir des résultats des
enquêtes annuelles effectuées par le Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement
et de l’Economie Numérique marocain. Cette enquête est menée de façon périodique et
permanente par le Ministère auprès de la totalité159 des entreprises du secteur manufacturier
marocain depuis 1985 et porte sur un ensemble de variables comme le capital social (étatique,
privé marocain, étranger), le chiffre d’affaires, les exportations, l’investissement corporel, la
production, la valeur ajoutée, les frais de personnel et l’effectif total des employés (permanents
et saisonniers).
Le SMIG et l’indice des prix à la production industrielle sont issus de la base de données
du Haut-Commissariat au Plan marocain. Pour le délateur de l’investissement, il est la seule
variable extraite de la base de données de la Banque Mondiale.
Dans ce travail, les séries de données utilisées s’étalent sur une période allant de 1985 à 2012
(soit 28 années) et concernent 22 branches (15 à 36) du secteur selon la nouvelle nomenclature
158 Il existe deux types d’estimateurs des GMM en panel dynamique : le premier est dit « estimateur GMM
en première différence d’Arellano et Bond (1991) » et le deuxième est celui de « GMM en système de Blundell
et Bond (1998) » ; toutefois, le premier estimateur ne permet pas d’identiier l’effet des facteurs invariants dans
le temps et biaise les résultats dans des échantillons inis quand les instruments sont faibles. Par ailleurs,
l’estimateur GMM en système de Blundel et Bond (1998), combine les équations en différences premières avec
les équations en niveau.
159 Il existe un secteur informel assez développé qui ne permet pas de recenser l’ensemble des entreprises
notamment les petites et très petites entreprises.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 277
PARTIE II
marocaine des activités industrielles. De ce fait, nous disposons d’un panel cylindré et d’un
nombre total d’observations de l’échantillon de 616 (N = 22 x 28).
IV. Résultats et discussion
Tableau 1. impact de l’IDE, du KH et de l’ouverture commerciale sur la PTF du secteur
des industries manufacturières marocaines (période 1985-2012)
Estimation par la méthode GMM
Variables explicatives
Régression 1 Régression 2 Régression 3
3.63319 4.86052 4.342425
Constante
(0.006)* (0.000)* (0.000)*
-0.1612856 -0.4563484 0.015505
IDE
(0.030)* (0.026)* (0.596)***
0.0758552 -0.0610124 -0.0332415
KH
(0.494)*** (0.453)*** (0.478)***
0.1829926 0.1345185 0.0641342
OUV
(0.007)* (0.053)* (0.068)**
0.0336197
IDE.KH
(0.064)**
-0.354346
GT
(0.000)*
-0.0061471
PTFE
(0.000)*
Nombre d’observations 564 564 557
Arellano-Bond test AR(1) 0.010 0.012 0.034
Arellano-Bond test AR(2) 0.946 0.847 0.080
Hansen test 0.191 0.143 0.438
L’estimation par la méthode GMM en système est plus appropriée à condition que les instruments utilisés soient
valides et exogènes. Le test de Hansen qui suit un chi2 à un degré de liberté valide le choix de ces instruments
si la plus-value du test est supérieure à 0.05. L’hypothèse d’autocorrélation de second ordre AR(2) est rejetée si
la plus-value du test AR(2) est supérieure à 0.05. (*) signiicatif au seuil de 5% ; (**) signiicatif au seuil de 10% ;
(***) non signiicatif.
Source : calculs de l’auteur sur STATA
A travers la lecture des sorties de ces estimations, on remarque ce qui suit :
278 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
A l’exception de la régression (3)160, la variable IDE apparait signiicative mais agit
négativement sur la PTF du secteur des industries manufacturières marocaines. De ce fait,
l’hypothèse selon laquelle la pénétration des capitaux étrangers dans le secteur semble agir
positivement sur la productivité des entreprises locales est rejetée. Contrairement à Bouoiyour
et Touik (2007)161, nos résultats rejoignent ceux de Haddad et Harrison (1993), ceux issus de
l’étude FEMISE (2008)162 et ceux de la note économique de la BAD (2014)163, qui conirment, plus
au moins, ce constat dans le cas du Maroc.
De même, les résultats de l’enquête pour l’analyse de la compétitivité des entreprises
(FACS-MAROC, 2000) dévoilent que la participation de sociétés étrangères dans le secteur est
importante mais l’effet sur la PTF n’est pas notable.
A cet égard, notons que le manque de retombées positives des IDE sur la PTF du secteur
des industries manufacturières au Maroc est principalement dû à la nature des IDE qui sont, en
grande partie, le fruit de l’opération des privatisations (acquisition des entreprises existantes)
et non des investissements de création. Dans ce sens, Braconier et al. (2001), démontrent,
dans le cas de l’industrie manufacturière suédoise, que le transfert de technologie via ce type
d’investissement est faible et se produit sur le long terme.
De même, la plupart des participations étrangères se concentrent dans les secteurs plus
concurrentiels de moyenne et de haute technologie où les spillovers technologiques nécessitent
une capacité d’absorption et d’assimilation élevée des entreprises locales.
Par ailleurs, certains préalables à l’interaction entre les IDE et la croissance de la PTF sont
nécessaires pour que l’IDE puisse agir d’une manière signiicative et positive sur la croissance de
la PTF. De ce fait, la capacité d’absorption des irmes nationales, l’effet de la concurrence exercé
par les irmes étrangères, les caractéristiques et la nature de l’IDE ainsi que la qualiication
conirmée des ressources humaines et la qualité des institutions (Helpman et al. 2008 ; Dort,
Méon et Sekkat, 2013164) constituent des déterminants importants des retombées des IDE sur la
productivité des entreprises domestiques.
Concernant l’effet de l’écart technologique sur la PTF, il semble signiicatif mais agit
négativement sur la PTF. Cela conirme l’hypothèse selon laquelle la persistance du fossé
160 L’effet de l’IDE sur la PTF est statistiquement non signiicatif.
161 Voir Bouoiyour, J. et Touik, S. (2007), « L’impact des investissements directs étrangers et du capital
humain sur la productivité des industries manufacturières marocaines », Revue Région et Développement n° 25,
p. 127.
162 Voir étude FEMISE (2008), « Dynamique des investissements, mutations sectorielles et convertibilité
du compte de capital : impacts des mesures de libéralisation et expériences comparées Tunisie-Maroc », p.58.
163 Les participations étrangères sont non signiicatives en matière d’incitation à l’innovation des entreprises
marocaines, alors que l’innovation est l’un des déterminants de l’amélioration de la productivité. De plus, lesdites
participations ne semblent pas avoir un effet sur la productivité des entreprises locales. Voir : BAD (2014),
« Innovation et productivité : analyse empirique pour les pays de l’Afrique du Nord », note économique, p.11 et 12.
164 Les auteurs constatent, sur un panel de 98 pays (développés et en développement) sur la période 1984-
2009, que l’impact de l’IDE sur la croissance augmente dans les pays dotés d’institutions de qualité.
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 279
PARTIE II
technologique entre les irmes étrangères et locales impacte négativement la productivité de ces
dernières. C’est ainsi que ce décalage ne doit pas être très élevé ain de faciliter l’apprentissage
et l’assimilation de la technologie étrangère par les irmes nationales (Haddad et Harrison, 1993).
La pénétration des IDE dans les branches à moyenne et à haute technologie est de nature
à réduire les chances de diffusion des connaissances du fait d’une part, de l’importance du
décalage technologique entre les FMN et les irmes locales et d’autre part, de l’importance du
pouvoir de contrôle des irmes étrangères qui empêche généralement la diffusion de la haute
technologie (Toth et Semjen, 1999 et Takii, 2005)165.
D’ailleurs, les résultats des estimations effectuées selon la classiication technologique
conirment ce constat.
Tableau 2. Impact de l’IDE sur la PTF du secteur des industries manufacturières
marocaines selon la classiication technologique
Estimation par la méthode GMM
Variables explicatives Industries de moyenne et haute Industries de faible
technologie technologie
0. 3370766 0.3786227
Constante
(0.064)** (0.067)**
-0.0851654 0.0126703
IDE
(0.006)* (0.066)**
0.0286398 0.0063286
KH
(0.487)*** (0.560)***
0.0512219 0.184738
OUV
(0.026)* (0.003)*
-0.0324503 0.0463286
IDE.KH
(0.414)*** (0.056)*
Nombre d’observations 161 348
Arellano-Bond test AR(1) 0.038 0.022
Arellano-Bond test AR(2) 0.545 0.374
Hansen test 0.117 0.223
L’estimation par la méthode GMM en système est plus appropriée à condition que les instruments utilisés soient
valides et exogènes. Le test de Hansen qui suit un chi2 à un degré de liberté valide le choix de ces instruments
si la plus-value du test est supérieure à 0.05. L’hypothèse d’autocorrélation de second ordre AR(2) est rejetée si
la plus-value du test AR(2) est supérieure à 0.05. (*) signiicatif au seuil de 5% ; (**) signiicatif au seuil de 10% ;
(***) non signiicatif.
Source : calculs de l’auteur sur STATA
165 Contrairement à Ramachandran (1993); Blomström et Sjöholm (1999); Dimelis et Louri (2002); Javorcik et
Spatareanu (2003), qui ont démontré que les chances de transfert technologique augmentent avec le degré de la
propriété étrangère dans le projet d’investissement local.
280 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
De ce fait, les spillovers technologiques transmis via l’IDE peuvent avoir des retombées
positives sur la PTF des entreprises de l’industrie manufacturière au Maroc s’ils sont
accompagnés de la réduction de l’écart technologique et de l’amélioration de l’aptitude des
irmes locales à assimiler et à s’approprier les technologies et le savoir-faire véhiculés par leurs
homologues étrangères. En effet, la capacité d’absorption dépend, entre autres, de la qualité
des ressources humaines (expérience des managers et le niveau de compétences du personnel
employé) et des mécanismes d’apprentissage et d’assimilation. D’ailleurs les variables « capital
humain » et « interaction de l’IDE et du capital humain », qui constituent des proxys de la capacité
d’absorption, s’avèrent non signiicatives, notamment, dans le cas des branches de moyenne et
haute technologie.
Par ailleurs, les spillovers technologiques véhiculés par la pression concurrentielle
exercée par les irmes étrangères, s’avèrent statistiquement signiicatifs et agissent
négativement sur la PTF des entreprises domestiques, mais leur impact demeure plus faible et
leur coeficient ne dépasse pas l’unité.
Malgré ce constat, l’effet négatif de la concurrence sur les performances de l’industrie
manufacturière marocaine peut s’accentuer avec l’écart technologique et le décalage en termes
de compétitivité existant entre les irmes domestiques et celles à participation étrangère.
D’ailleurs, la comparaison de certains indicateurs de performance comme le chiffre d’affaires à
l’exportation, la productivité apparente du travail et les salaires versés, sur la période 1985-2012,
illustre cette situation.
En outre, la variable capital humain semble être non signiicative. Cependant, il y
a lieu de signaler que le capital humain joue un rôle crucial en matière d’amélioration de la
productivité. Or, la question qui se pose est de savoir si le niveau de qualiication de la main-
d’œuvre marocaine est en mesure d’absorber et d’assimiler les technologies introduites par les
irmes étrangères, étant donné la persistance du décalage technologique entre ces dernières et
les irmes domestiques.
A cet égard, la qualiication des ressources humaines, dans le cas du Maroc, reste en deçà
des attentes, vu d’une part, l’ineficacité du système d’enseignement et l’insufisance de la
formation continue au niveau de l’entreprise et d’autre part, la nature de la plupart des activités
industrielles qui sont intenses en main-d’œuvre non qualiiée ou de moyenne qualiication.
Il est donc nécessaire de préparer les compétences humaines dans les disciplines
scientiiques et de management et d’encourager la recherche et développement au niveau de
l’Etat et au niveau de l’entreprise ain d’améliorer la capacité de transfert technologique vers
l’économie et les entreprises locales. Selon Rodrik (2013), « les pays ayant réussi leur décollage
industriel doivent donc mettre en œuvre des politiques qui favorisent l’accumulation du capital
humain et améliorent la qualité des institutions ».
Par ailleurs, le capital humain est l’un des facteurs qui inluence la stratégie d’implantation
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 281
PARTIE II
des irmes étrangères au Maroc (Azeroual, 2015)166. Cela veut dire qu’il existe des ressources
humaines qualiiées mais employées notamment par les irmes étrangères qui leur octroient des
salaires motivants et élevés par rapport aux entreprises nationales167. Ce phénomène risque de
restreindre le déplacement de ces ressources humaines vers les entreprises locales et engendre
donc un manque à gagner en termes de capacité d’assimilation et d’absorption des techniques de
production des entreprises étrangères. C’est ainsi qu’il est primordial d’encourager l’attractivité
des ressources humaines expérimentées au sein des entreprises étrangères à travers d’une part,
leur motivation par les entreprises domestiques et d’autre part, leur incitation, par les pouvoirs
publics, à créer leurs propres entreprises via la simpliication et la facilitation des formalités
administratives.
Enin, l’effet de l’ouverture commerciale sur la PTF est signiicatif et positif. Ce résultat est
un peu surprenant dans la mesure où, dans le cas du secteur des industries manufacturières
marocaines, l’ouverture proite plus aux importations (intrants, produits intermédiaires…)
qu’aux exportations168. De même, les exportations du secteur sont peu diversiiées et d’une
valeur ajoutée faible ou moyenne (agroalimentaire, textile habillement, industrie chimique…).
Cependant, ce résultat rejoint une partie de la littérature qui suppose que l’importation des
biens d’équipement utilisés par le secteur des industries manufacturières, constitue une sorte
d’investissement qui peut améliorer la PTF du secteur.
La robustesse des résultats susmentionnés s’avère ainsi conirmée. Le test de Hansen169
montre que les instruments utilisés dans l’ensemble des régressions sont valides, comme l’indique
la plus-value associée à ce test qui dépasse 10 %. De même, le test d’autocorrélation de second
ordre d’Arellano et Bond ne permet pas de rejeter l’hypothèse d’absence d’autocorrélation de
second ordre.
166 Le capital humain est l’un des déterminants des IDE au Maroc à la fois au niveau macroéconomique et
au niveau du secteur de l’industrie manufacturière (voir les résultats des études empiriques du chapitre 1 de la
thèse de doctorat, 2015).
167 Le niveau des salaires octroyés par les FMN est en moyenne de 1,5 fois plus élevé par rapport aux irmes
locales sur la période 1985-2012.
168 De 1985 à 1999, la part des importations de biens manufacturés, dans le total des marchandises
importées, dépasse celle des exportations. Sur la période 2000-2012, la tendance s’inverse.
169 Les études empiriques stipulent que le test de Hansen est préféré, à celui de Sargan, du fait qu’il tient
compte de l’hétéroscédasticité (Roodman, 2006).
282 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Conclusion
Le but général de cette recherche consiste à évaluer l’impact des investissements directs
étrangers sur la PTF du secteur des industries manufacturières marocaines sur la période 1985-
2012 à l’aide des données de panel (méthode GMM).
Les principaux résultats des estimations effectuées, montrent que la variable IDE apparait
signiicative mais agit négativement sur la PTF du secteur des industries manufacturières
marocaines. De ce fait, la pénétration des capitaux étrangers dans le secteur ne semble pas
améliorer la productivité des entreprises locales.
Cet effet négatif s’explique entre autres par l’effet de la concurrence exercée par les
entreprises étrangères sur leurs homologues marocaines. D’ailleurs, la comparaison de certains
indicateurs de performance comme le chiffre d’affaire à l’exportation, la productivité apparente
du travail et les salaires versés, sur la période de l’étude, illustre un décalage en matière de
compétitivité entre les entreprises étrangères et nationales.
Il est question aussi de la nature des branches investies par les entreprises étrangères,
qui se concentrent dans les secteurs de moyenne et de haute technologie où les spillovers
technologiques nécessitent une capacité d’absorption et d’assimilation élevée des entreprises
locales.
De ce fait, le transfert de la technologie à travers la présence étrangère dans le secteur
des industries manufacturières marocaines concerne uniquement les branches de technologie
faible ou moyenne-faible où l’écart technologique et l’effet de la concurrence entre les irmes
étrangères et locales sont négligeables.
Par ailleurs, l’IDE ne génère pas automatiquement des externalités positives car ses
retombées n’ont d’effet que si les entrepreneurs locaux s’en saisissent. Dans ce sens, le
transfert de la technologie notamment celle incarnée dans les industries de moyenne et de
haute technologie nécessite l’amélioration des compétences humaines dans les domaines de la
science et des techniques de gestion à travers le développement de la coopération et la création
des synergies entre les entreprises, les universités, les centres de formation et de recherche tout
en mobilisant la diaspora scientiique marocaine installée à l’étranger.
Il s’agit également de l’encouragement des projets d’investissements susceptibles d’avoir
un fort potentiel en termes de transfert de technologies et d’amélioration de la productivité des
entreprises locales via le développement de la capacité des institutions de promotion en matière
de négociation des conditions de garantie du transfert technologique vers les irmes locales.
Plus généralement, la stratégie d’investissement, dans son ensemble, devrait favoriser à
la fois l’émergence d’un tissu industriel local compétitif et le développement des canaux de
transfert de technologies et de connaissances.
Notre travail s’étant consacré à une période donnée (1985-2012), les variables précitées
retenues et avec la méthode économétrique explicitée présentent sans doute leurs propres
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 283
PARTIE II
limites. Les variables utilisées ne peuvent être qu’approximatives et sont le fruit d’un effort
personnel de recherche et des calculs effectués par l’auteur sur la base des données disponibles.
A cet effet, l’analyse de la PTF, en particulier, nécessite de bons renseignements de prix et de
quantité sur tous les extrants produits par l’ensemble des branches industrielles pour chaque
période comprise dans l’échantillon ainsi que des informations précises sur tous les intrants
intermédiaires utilisés (matières premières, main-d’œuvre, capital physique, capital savoir…).
Ces informations revêtent en effet une importance capitale ain de corriger les volumes des
facteurs de production et de mieux appréhender le progrès technique.
Note : ce travail de recherche est issu de la thèse de doctorat qui a été subventionnée par le Conseil pour le
Développement de la Recherche en Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA), référence du contrat « SGRT. 15/
T15 ».
284 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
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PARTIE II
Annexes
Tableau 3. Poids des entreprises à participation étrangère dans l’industrie
manufacturière (2013)
Chiffre Valeur
Indicateurs Exportations Investissements Effectifs
d’affaire ajoutée
Part (%) 46 61 46 35 35
Source : Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique
Tableau 4. Taux de pénétration des capitaux étrangers dans l’industrie manufacturière
marocaine (période 1985-2012)
Taux de
pénétration
Codes Branches
des capitaux
étrangers en (%)
15 Industries alimentaires 10,61
16 Industrie du Tabacs 45,13
17 Industrie textile 20,6
18 Industrie de l’habillement et des fourrures 29,12
19 Industrie du cuir et de la chaussure 25,18
20 Travail du bois et fabrication d’articles en bois 11,61
21 Industrie du papier et du carton 30,98
22 Edition, imprimerie, reproduction 9,15
23 Cokéfaction, rafinage, industries nucléaires 56,59
24 Industrie chimique 16,60
25 Industrie du caoutchouc et des plastiques 16,30
26 Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques 24,07
27 Métallurgie 2,59
28 Travail des métaux 14,89
29 Fabrication de machines et équipements 20,65
30 Fabrication de machines de bureau et de matériel informatique 29,47
31 Fabrication de machines et appareils électriques 53,23
32 Fabrication d’équipements de radio, télévision et communication 65,82
33 Fabrication d’instruments médicaux, de précision d’optique et d’horlogerie 2,55
34 Industrie automobile 36,35
35 Fabrication d’autres matériels de transport 44,35
36 Fabrication de meubles et industries diverses 37,13
37 Récupération 0,71
Total industrie 20,69
Source : calculs effectués par l’auteur à partir des données du MICIEN (1985-2012).
290 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE
EFFETS DES IDE SUR LES STRUCTURES DE L’ECONOMIE MAROCAINE
Tableau 5. Comparaison de chiffre d’affaires à l’exportation (CAX), de productivité
apparente du travail (PAT) et de salaire moyen (SM) des entreprises
étrangères et des entreprises marocaines
Périodes (en moyennes annuelles)
1985-2012 1985-1993 1994-2002 2003-2012
CAX PAT SM CAX PAT SM CAX PAT SM CAX PAT SM
1,18 1,60 1,54 0,95 1,59 1,66 1,15 1,37 1,59 1,28 1,80 1,51
Source : calculs effectués par l’auteur à partir des données du MICIEN (1985-2012).
EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE 291
ISBN : 978-9954-9636-2-3
396 EQUILIBRES EXTERNES, COMPÉTITIVITÉ ET PROCESSUS DE TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE MAROCAINE