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Cahiers de la Recherche Analyse de la transmission des chocs de politique budgétaire au Maroc Kamal LAHLOU Université Mohammed V- Agdal, Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales Rabat kamalahlou@gmail.com RESUME L’objectif du présent article est d’analyser l’impact des chocs budgétaires sur l’activité économique au Maroc. Pour ce faire, une première section s’est attelée à présenter succinctement les débats théoriques autour de la question de l’efficacité de la politique budgétaire. Par la suite, quelques travaux empiriques dont les préoccupations sont semblables à la présente étude ont été exposés. Enfin, les résultats du modèle SVAR ont conclu à un impact positif d’une politique budgétaire expansionniste sur la croissance et la consommation des ménages au Maroc. Mots clés: politique budgétaire, activité économique, modélisation SVAR Classification JEL : E62, H 30 ABSTRACT The objective of this paper is to analyze the impact of fiscal shocks on economic activity in Morocco. Thus, a first section focused on a brief presentation of the theoretical debates around the question of the effectiveness of fiscal policy. Subsequently, few empirical studies whose concerns are similar to this study were exposed. Finally, the results of SVAR model concluded that a positive impact of an expansionary fiscal policy on growth and household consumption in Morocco. Key words: fiscal policy, economic activity, SVAR modelisation JEL classification : E62, H 30 209 Cahiers de la Recherche INTRODUCTION La politique budgétaire pourra-t-elle stimuler l‘activité sans détériorer les équilibres macroéconomiques? La réponse à cette interrogation a favorisé l‘émergence de deux cadres théoriques épistémologiquement opposé. D‘un côté, les travaux de Keynes ont considéré l‘Etat, suite à la crise de 1929, comme un acteur majeur dans la création de la croissance et la redistribution des richesses. En revanche, le courant libéral, renforcé par la crise pétrolière des années 1970, a remis en cause les certitudes keynesiennes en privilégiant le cantonnement de l‘Etat à la fonction de simple régulateur. Néanmoins et après les effets néfastes provoqués par la dernière crise économique de 2007, un consensus semble actuellement émerger quant à l‘importance du déficit budgétaire en tant qu‘instrument entre les mains de l‘Etat pour continuer à honorer ses engagements, à savoir la stimulation de l‘activité économique et la mise en œuvre des programmes visant à améliorer le bien-être social. Ceci étant, un déficit budgétaire conséquent risque de porter atteinte à l‘activité économique, à l‘instar de la phase délicate que traversent les économies européenne et américaine ces dernières années, comme il peut constituer un fardeau de dette pour les générations futures qui verront leurs taux d‘impositions croître profusément. D‘un autre côté et au-delà des débats théoriques et institutionnels, les réflexions sur cette question pour un pays émergent comme le Maroc renferme une autre dimension. En effet, comment peut-on minimiser le rôle de la politique budgétaire en la présence de déficits non négligeables en matière d‘infrastructure de base à caractère socio-économique ? L‘objectif du présent article est d‘analyser l‘impact des chocs budgétaires sur l‘activité économique au Maroc. Pour ce faire, une première section reviendra brièvement sur les débats théoriques autour de cette thématique. Dans une deuxième section, les différentes approches empiriques, développées en vue d‘identifier les délais de transmission et l‘envergure de ces chocs, seront présentées. Enfin, la troisième et dernière section reviendra sur les résultats du modèle SVAR utilisé à cette fin. 1. FONDEMENTS THEORIQUES Les travaux théoriques traitant de la thématique de la transmission des chocs de politique budgétaire aux différents agrégats macroéconomiques se sont généralement attachés à décrire les poids et les signes des multiplicateurs budgétaires. L‘objectif étant de savoir dans quelle mesure une politique budgétaire expansionniste peut stimuler ou restreindre l‘activité économique. Globalement, la littérature théorique permet de distinguer deux types d‘approches. La première se focalise sur les politiques budgétaires visant à agir sur la demande globale, tandis que la seconde approche porte son attention essentiellement sur les répercussions du creusement du déficit publique sur l‘offre agrégée. 1.1- Les politiques budgétaires axées sur la demande Considérés comme le remède à la dépression économique qui a frappé la production mondiale durant les années 30, les travaux de Keynes (1936) présentent certainement la référence en matière de politiques publiques axées sur la demande. Ainsi, en assumant une rigidité des prix et un sous 210 Cahiers de la Recherche emploi des capacités productives, le modèle Keynésien classique assume que le niveau de la production totale d‘une économie est déterminé dans une grande mesure par la demande agrégée. Dans ce cadre d‘analyse, le multiplicateur budgétaire est égal à l‘unité lorsqu‘une augmentation des dépenses est tempérée par une hausse des taxes. En revanche, ce dernier excède l‘unité dans un contexte de réactivité significative de la consommation par rapport au revenu courant et quand l‘augmentation des dépenses est plus importante que l‘accroissement de l‘imposition. Parallèlement, les extensions du modèle Keynésien de base ont mis la lumière sur les effets d‘éviction induits par les variations des taux d‘intérêts et du taux de change et qui peuvent, in fine, impacter l‘intensité des multiplicateurs. Néanmoins, les auteurs de ces extensions n‘ont pas remis totalement en cause l‘effectivité de la politique budgétaire car si les effets d‘éviction risquent d‘affecter la vigueur des multiplicateurs, leurs signes demeurent inchangés. Ainsi, dans le modèle IS/LM standard, l‘investissement privé dépend négativement des taux d‘intérêts, par conséquent, une politique budgétaire expansionniste peut conduire vers une hausse des taux d‘intérêts, en lien avec la pression qu‘exerce le trésor public sur le marché bancaire, et réduire par là l‘investissement privé. Par ailleurs, dans une économie ouverte (IS/LM/BP), la hausse des taux d‘intérêts, qui suit généralement une politique budgétaire expansionniste, encourage les entrés de capitaux à la recherche d‘une meilleure rentabilité et favorise ainsi l‘émergence d‘une appréciation du taux de change. Dans pareils contextes, la détérioration du compte courant peut dans une certaine mesure contrebalancer l‘accroissement de la demande privé domestique. À noter que les effets d‘évictions engendrés par les mouvements du taux d‘intérêt et du taux de change sont influencés par certains mécanismes du modèle IS/LM : Les déterminants de l’investissement privé : l‘éviction est plus importante si l‘investissement privé est très sensible aux taux d‘intérêts. Toutefois, quand l‘investissement est une fonction croissante du revenu courant, le multiplicateur budgétaire peut s‘avérer très important malgré l‘effet d‘éviction causé par la hausse des taux d‘intérêts. La demande de monnaie et le déficit public : les effets d‘évictions liés à l‘accroissement des taux d‘intérêt dépendent en grande partie de la relation demande de monnaie, taux d‘intérêts et revenus. Ainsi, moins la sensibilité de la demande de monnaie aux variations des taux est significative, plus elle l‘est pour le revenu et plus l‘effet d‘éviction est important. Cependant, la hausse des taux d‘intérêts peut être compensée par une politique monétaire accommodante. Ouverture et régime de change : les poids des multiplicateurs fiscaux dépendront dans une grande mesure de la nature du régime de change (fixe vs flexible). En effet, dans une économie ouverte adoptant un régime de change flexible, la hausse des dépenses publiques engendrera une hausse des taux d‘intérêts et donc une appréciation du taux de change, laissant entrevoir ainsi un multiplicateur quasiment nul. A l‘opposé, la politique budgétaire demeure effective dans une économie ouverte caractérisée par un régime de change fixe, vu que l‘augmentation des dépenses publiques provoque une légère hausse des taux d‘intérêts qui est généralement modérée par un accroissement de l‘offre de monnaie. 211 Cahiers de la Recherche La flexibilité des prix : en vertu des modèles néo-keynésiens, la flexibilité des prix, même très limitée à court terme, a tendance à affaiblir les multiplicateurs et à diminuer l‘influence du régime de change. En effet, dans une économie fermée, une expansion fiscale peut conduire à une hausse significative de l‘inflation restreignant ainsi, à court terme, la progression de la demande globale. Dans une économie ouverte adoptant un régime de change flexible, l‘effet d‘éviction dépendra de la sensibilité des prix locaux suite aux variations du taux de change. De ce fait, l‘effet d‘éviction sera moins important que dans une économie aux prix rigides vue que l‘appréciation du taux de change sera accompagnée par une baisse des prix. Enfin, avec un régime de change fixe, le compte courant pourrait connaitre une détérioration en réponse à la hausse des prix. Cette accélération de l‘inflation est généralement provoquée par une réelle appréciation du taux de change, découlant ainsi sur un effet d‘éviction plus amplifié comparativement à une économie avec des prix rigides. Les effets de richesse : les variations des taux d‘intérêts, du taux de change et des prix peuvent aussi favoriser la manifestation d‘effets d‘évictions à travers le canal des effets de richesse, particulièrement, si la consommation dépend fortement de la richesse actuelle. En effet, une hausse des taux d‘intérêt suivie par une appréciation du taux de change concourrait à réduire la valeur nominale des actifs financiers et des avoirs en devises. Ces évolutions impacteront par la suite la demande globale puisque la consommation des ménages et des firmes emprunteurs serait impacter en lien avec la dépréciation de leurs patrimoines. En somme, la transmission des chocs budgétaires doit être analysée en prenant en considération le temps que ne nécessitent les effets d‘évictions pour s‘affirmer. Ainsi, plus ces effets interviennent avec un certain décalage temporel, plus la politique budgétaire est efficace à très court terme. Ce raisonnement confère à la boucle prix-salaires, facteur très influant dans la rapidité de la hausse des prix, ainsi qu‘à la sensibilité de la balance commerciale suite aux évolutions des prix des importations et des exportations, un rôle majeur dans la détermination du poids des multiplicateurs fiscaux particulièrement à court terme. Malgré le succès notable qu‘ont connu les travaux de Keynes et les modèles qui s‘en ont inspiré, un courant alternatif (ou complémentaire) a émergé durant les années 70 sous l‘hégémonie des nouveaux classiques. Les partisans de ce courant ont essentiellement mis l‘accent sur les effets non keynésiens de la politique budgétaire et particulièrement sur l‘absence de fondements microéconomiques dans les modèles keynésiens. Les anticipations rationnelles : contrairement aux modèles keynésiens qui supposent que les agents économiques se comportent selon des anticipations à caractère adaptative, les modèles développés par les nouveaux classiques intègrent une vision prospective qui lie les ajustements opérés par les agents économiques aux anticipations futures (rationnelles). Dans ce cadre d‘analyse, les effets à long terme de la politique budgétaire deviennent décisifs même à court terme, impliquant ainsi que la distinction entre les politiques budgétaires temporaires et les politiques budgétaires permanentes est importante. En d‘autres termes, si les politiques budgétaires temporaires de relance ne peuvent pas influencer les anticipations des agents économiques, les politiques budgétaires de long terme incitent les agents économiques à conjecturer une hausse des taux d‘intérêt et une appréciation du taux de change. 212 Cahiers de la Recherche L’équivalence ricardienne : les modèles keynésiens se basent généralement sur une forte corrélation positive entre la consommation et le revenu courant. Toutefois, dans un contexte où les agents économiques sont ricardiens, ces derniers adoptent une vision prospective et donc consciencieuse de la contrainte intertemporelle du gouvernement. Ainsi, les politiques budgétaires expansionnistes les poussent à anticiper des hausses futures des taxes ce qui laisse présager que la consommation restera stable à cause du phénomène de lissage. Primes de risque, crédibilité et incertitudes : les primes de risque sur les taux d‘intérêt présentent un important canal par lequel l‘accumulation de la dette publique pourrait affecter l‘efficacité des politiques budgétaires de relance. En effet, sachant que les primes de risque sur les taux d‘intérêts renseignent sur les probabilités de non remboursement du gouvernement et d‘accélération de l‘inflation, la confiance des agents économiques en la capacité du gouvernement à préserver la soutenabilité de la dette publique est primordiale vue que les primes de risque et les taux d‘intérêts auront tendance à augmenter, favorisant ainsi l‘émergence d‘un effet d‘éviction taux d‘intérêts. De même, si les politiques budgétaires sont accompagnées par un accroissement des incertitudes, les agents économiques auront tendance à augmenter leur épargne et reporter ainsi les investissements. En somme, le comportement des agents économiques en matière de consommation et d‘investissement est conditionné, dans une grande mesure, par l‘environnement économique et par leur confiance en la crédibilité des politiques économiques. 1.2- Les politiques budgétaires axées sur l’offre Pour les néoclassiques, les effets sur la demande de la politique budgétaire sont inexistant quand l‘économie est en plein emploi. Ils avancent que la politique budgétaire expansionniste pourrait induire à des effets d‘éviction et donc n‘aurait pas un impact positif sur la croissance économique. Cela est justifié par le fait que des déficits publics élevés seront à l‘origine de la hausse des taux d‘intérêt découlant sur une dépression de la demande privée agrégée. Après avoir souligné les limites des effets de demande de la politique budgétaire, les néoclassiques ont avancé que les effets de l‘offre ne sont important qu‘à long terme. Ils avancent ainsi que les contraintes sur les capacités de la production ne peuvent être éliminées qu‘à travers la stimulation de l‘offre. Ces derniers peuvent avoir également un impact sur la demande à court terme en raison des anticipations laissant entrevoir une hausse de la croissance à long terme. Dans ce cadre, l‘augmentation des dépenses publiques ou la réduction des impôts à court terme pourraient croitre les multiplicateurs budgétaires. Une certaine attention a été accordée aussi aux facteurs qui affectent le potentiel de l‘efficacité de la politique budgétaire à court terme. Parmi ces facteurs on trouve les effets de la variation de l‘impôt sur le revenu, l‘offre du travail, les effets de la variation des impôts sur le capital, l‘épargne et l‘investissement. Cette question de l‘offre a pris également une place importante dans le modèle théorique des nouveaux classiques. Globalement, ce modèle démontre que les fluctuations de l‘activité économique sont dues à des chocs d‘offre et non aux variations des agrégats de la demande. Lucas (1975) et Sargent et Wallace (1975), ont souligné que seules les politiques non anticipées pourraient avoir un impact sur la croissance économique à travers l‘offre, alors que les politiques anticipées ne l‘affecteront ni à court terme ni à long terme. 213 Cahiers de la Recherche Le facteur institutionnel : l‘efficacité de la politique budgétaire est liée à des facteurs d‘économie politique. La réaction de la politique budgétaire nécessite des délais de transmission. Ces délais sont définis comme étant le temps nécessaire entre la prise de décisions budgétaires et le choix des instruments appropriés pour les réaliser. Ces délais peuvent être longs dans le cas des décisions discrétionnaire ou courts dans le cas de la réaction contra-cyclique des stabilisateurs automatiques. Ils peuvent aussi dépende du processus institutionnel et de la gestion budgétaire. Alesina et Perroti (1995) ont démontré que la persistance de déficits budgétaires pourra être du à certains facteurs d‘économie politique qu‘ils ont mentionné comme suit :  certains gouvernements préfèrent de garder des déficits budgétaires même dans le cas ou ils ont réalisé des excédents ;  certains décideurs politiques pourront décider de transférer le fardeau de la dette sur les générations futures ;  l‘accumulation de la dette constituera pour certains décideurs politiques une mesure qui affaiblira la marge de manœuvre des prochains gouvernements ;  la pression des lobbies pourra retarder l‘ajustement budgétaire ;  certains gouvernements pourront écarter l‘idée d‘austérité budgétaire et laissent leurs dépenses augmentées. 2. LITTERATURE EMPIRIQUE L‘examen de la littérature empirique consacrée à l‘indentification des effets des chocs budgétaires sur l‘activité économique révèle l‘émergence de trois approches. La première est communément appelée narrative. La deuxième est économétrique vu qu‘elle procède par l‘estimation des modèles SVAR. Alors que la troisième se base sur les modèles macroéconomiques structuraux (DSGE). S‘agissant de la première approche, elle vise à isoler les chocs budgétaires à travers l‘identification historique des changements de la politique budgétaire (réformes fiscales, programmes annoncés de variation des dépenses). Une fois ces chocs sont identifiés, leurs effets seront estimés soit dans un modèle dynamique univarié (Ramey et Shapiro, 1998, Romer et Romer, 2007) ou dans un modèle multi varié (Burnside et al, 2004, et Ramey, 2007). En adoptant cette approche, Romer et Romer (2010) ont essayé d‘examiner l‘impact des variations fiscales sur l‘activité économique aux Etats-Unis179. Leurs analyses soulignent qu‘il existe trois types de variations, celles liées aux modifications législatives, celles liées aux conditions économiques et celles qui sont exogènes. En outre, ils montrent que les augmentations des taxes suite à des changements exogènes ont un effet très restrictif vue qu‘une hausse des taxes de 1% engendre une baisse de 3% du PIB réel. D‘autres études ont été réalisées, mais cette fois-ci en utilisant des modèles économétriques. En effet, Blanchard et Perotti (2002) font référence aux modèles SVAR pour examiner les effets dynamiques des changements des dépenses publiques et des taxes sur le PIB aux Etats-Unis. Leurs résultats indiquent que le multiplicateur des dépenses est proche de l‘unité (0.9) tandis que le multiplicateur fiscal est à l‘ordre de 0.7. En revanche, Mountford et Uhlig (2009) ont souligné que 179 Valerie A. Ramey et Matthew D. Shapiro (1998) et Ramey (2008) ont utilisé l’approche narrative pour évaluer les effets des variations des dépenses publiques sur l’activité économique. 214 Cahiers de la Recherche ces multiplicateurs sont respectivement de l‘ordre de 0.6 et de 0.3. Ils ont conclu par la suite que la politique budgétaire la plus efficace est celle qui se base sur le financement des déficits par la réduction des impôts180. Cependant, Perroti (2004) a avancé qu‘il n‘existe aucune certitude quant à l‘impact plus accentué de la réduction des par rapport à une augmentation des dépenses. Il a trouvé également que le multiplicateur des dépenses est supérieur à l‘unité aux Etats-Unis durant les années 1970. Dans la même lignée, Ilzetzki, Mendoza et Vegh (2009) ont concentré leurs travaux sur la relation liant la taille des multiplicateurs et les caractéristiques de l‘économie étudiée. Dans leur étude qui a englobé 44 pays, ils ont constaté qu‘à court terme, la consommation publique affecte d‘une manière faible l‘activité économique. A moyen et à long terme, cet effet devient à la fois plus important et plus dépendant des caractéristiques de l‘économie. Dans les économies fermées ayant adopté un régime de change fixe, l‘effet de l‘augmentation des dépenses publiques est plus important à long terme. En revanche, cet effet reste non significatif chez les économies ouvertes adoptant un régime de change flexible. En outre, ils soulignent que cet effet pourra être contreproductif dans le cas des pays très endettés. Sur le même registre, des travaux empiriques récents font particulièrement usage des modèles TVP (Times Varying Parameters) qui permettent d‘analyser la variation au cours du temps des effets des chocs budgétaires sur l‘activité économique181. En appliquant cette nouvelle approche sur le cas des Etats-Unis, Manuel et Artur (2010) trouvent que l‘efficacité de la politique fiscale a fortement diminué au cours de la période allant de 1965 à 2009, alors que celle axée sur les dépenses n‘a diminué que légèrement. Par ailleurs, Markus, Jacopo et Sebastian (2010) montrent que les effets des chocs des dépenses publiques sur l‘activité dans la zone euro vont augmenter jusqu‘à la fin des années 80, avant de diminuer par la suite. Ils soulignent également qu‘à long terme les multiplicateurs des dépenses publiques ont tendance à fortement baisser. S‘agissant de la troisième approche qui repose sur les modèles DSGE. L‘étude réalisée par Coenen et Straub (2004) fait certainement partie des travaux précurseurs qui ont analysé, à l‘aide de ces modèles, l‘impact des chocs budgétaires sur les agrégats macroéconomiques. Ainsi, en s‘inspirant du modèle séminal développé par Smets et Wouters (2003) et en intégrant dans la structure de ce modèle des ménages non ricardien, les différentes simulations effectuées sur les pays de la Zone euro ont démontré qu‘une augmentation de 1% (rapportée au PIB à l‘état stationnaire) des dépenses gouvernementales engendre globalement une baisse quasi instantanée de la consommation, celle-ci atteint son creux au bout de 10 trimestres avant de commencer à afficher une allure ascendante. L‘investissement exhibe la même évolution vue qu‘il observe une chute immédiate suite à l‘accroissement des dépenses budgétaires. A l‘instar de la consommation, l‘investissement connaît un redressement progressif à partir du 10ème trimestre avant d‘atteindre son Etat stationnaire après 40 trimestres. Toutefois, les réactions affichées par le salaire réel et les heures travaillées ne s‘inscrivent pas dans la même tendance. En effet, le salaire réel connaît une progression ascendante durant les 10 premiers trimestres avant de revenir vers son état stationnaire au 20ème trimestre. De même, les heures travaillées observent une augmentation instantanée bien que celle-ci reste plus modéré par 180 Dans cette étude, Mountford et Uhlig (2009) n’ont pas imposé des restrictions sur les réponses du PIB, de la consommation privée, de l’investissement, aux chocs de la politique budgétaire. 181 Ce modèle a été utilisé dans un nombre relativement important de travaux sur la politique monétaire (Par exemple Cogley et Sargent (2001), Cogley et Sargent (2005), Primiceri (2005)). Alors que les études sur la politique budgétaire ne sont pas abondantes (Par exemple Kirchner et al. (2010). 215 Cahiers de la Recherche rapport au salaire réel vue qu‘elles arborent aussitôt une allure baissière jusqu'à ce qu‘elles atteignent leur état d‘équilibre à partir du 30ème trimestre.Par ailleurs, à l‘issue de l‘accroissement des dépenses gouvernementales des effets d‘éviction ont été relevés puisque les taux d‘intérêts nominaux ont observé une hausse immédiate qui a duré 5 trimestres. Les prix et le coût marginal réel ont également connu une progression positive vue que le choc budgétaire réalisé dans le cadre de ces simulations s‘est traduit par une hausse instantanée de l‘inflation et du coût marginal réel. Ce surcroit a atteint son pic pour les deux variables aux environs du 5ème trimestre. Enfin, l‘output gap s‘est naturellement creusé dans ces conditions, bien que l‘accroissement des capacités non utilisées n‘ait durée que 3 trimestres, soulignant ainsi que les politiques budgétaires expansionnistes au sein de la Zone euro peuvent avoir des effets contractionnistes à moyen terme sur l‘activité économique. Après la crise qui a secoué l‘économie mondiale en 2008 et les gigantesques plans de sauvetage qui en ont découlé, la transmission des chocs budgétaires a commencé de nouveau à occuper une place importante dans la littérature économique. Ainsi, une étude réalisée par Furceri et Mourougane en 2010 a démontré à l‘aide d‘un modèle DSGE, avec bons du Trésor endogènes, qu‘une augmentation temporaire des dépenses publiques (égale à 1% PIB) se traduit par une hausse instantanée de la production globale. Par la suite, celle-ci commence à fléchir pendant les 10 trimestres qui suivent avant de revenir à son niveau d‘équilibre progressivement. De même, la demande de travail affiche un accroissement notable dès l‘avènement de la politique budgétaire expansionniste et l‘impact de cette dernière demeure positif plusieurs trimestres. La consommation, quant à elle, observe une croissance immédiate suite à un choc budgétaire, néanmoins, l‘effet s‘estompe après quelques trimestres (entre 1 et 3) pour laisser place à une évolution relativement défavorable. Bien que cette étude ait démontré que les politiques budgétaires expansionnistes peuvent avoir des répercussions favorables sur l‘activité, les effets d‘éviction demeurent toujours très présents vue que l‘investissement arbore instantanément une tendance baissière durant les 5 premières trimestres qui suivent le choc budgétaire. L‘inflation connaît aussi une hausse pendant les 3 premiers trimestres qui suivent l‘accroissement des dépenses publiques découlant ainsi sur une baisse du salaire réel de l‘économie. Enfin, cette revue de littérature empirique consacrée aux travaux utilisant les modèles DSGE sera clôturée par la présentation des résultats d‘une étude menée par Stähler et Thomas (2011). Ainsi, comparativement aux modèles développés auparavant pour la Zone euro, celui-ci propose, notamment, un niveau avancé de désagrégation des dépenses gouvernementales à travers la distinction explicite entre les investissements publics, les achats publics et les évolutions salariales dans la fonction publique. Au niveau des résultats, les auteurs ont montré que suite à une baisse permanente des achats publics la production, l‘investissement, les taux d‘intérêts nominaux et l‘inflation connaissent une baisse immédiate qui persiste durant les 3 trimestres qui suivent ce choc. Aussi, la consommation semble afficher une faible réactivité tandis que le taux de chômage observe une hausse significative.Une baisse permanente de la demande d‘emploi du secteur public impacte, quant à elle, positivement la production, la consommation privée, le taux de chômage (hausse du nombre de demandeurs d‘emploi) et les taux d‘intérêts. Par contre, ce choc impacte négativement l‘investissement et l‘inflation. Sur le même registre, une réduction permanente des salaires dans la fonction publique a peu d‘effets sur la production et la consommation privée. En revanche, elle se répercute négativement sur l‘investissement, le chômage, l‘inflation et les taux d‘intérêt nominaux. Les 216 Cahiers de la Recherche dernières simulations se sont intéressées à l‘analyse des retombés d‘une réduction permanente de l‘investissement public sur quelques agrégats macroéconomiques. De ce fait, si la consommation privée semble afficher, une fois encore, une faible réactivité, la production, l‘investissement privé, l‘inflation et les taux d‘intérêts nominaux affichent une baisse quasi instantanée qui dure pratiquement 3 trimestres. Le chômage quant à lui exhibe une hausse fulgurante dont le pic est atteint également après 3 trimestres. 3. ETUDE EMPIRIQUE 3.1 Modèle SVAR Afin d‘examiner les effets des chocs budgétaires sur l‘activité économique et la consommation au Maroc, l‘approche adoptée se base sur l‘estimation d‘un modèle SVAR permettant d‘identifier les chocs structurels qui affectent le modèle de forme réduite (VAR) grâce aux restrictions imposées sur les chocs à long terme182. L‘identification de ces chocs structurels ne peut être réalisée qu‘à travers l‘estimation d‘un modèle VAR sous une forme structurelle qui s‘écrit de la manière suivante : (1) Où Yt est le vecteur des variables endogènes, qui est constitué du PIB réel, de la consommation privée, des recettes publiques et des dépenses totales. A est une matrice de taille (n,n) représentant les relations de simultanéité entre les Yt. Ut représente le vecteur des chocs structurels, qui sont supposés être normalement et indépendamment et identiquement distribués. Ils sont également orthogonaux. La présentation de ce modèle sous une forme réduite est donnée par : (2) (3) Ainsi, le modèle VAR a une forme standard qui peut s‘écrire comme suit : (4) D‘après les équations (3) et (4) on a : avec i=1,…., p (5) La matrice des variances covariances est donnée : 182182 Les restrictions sont tirées de la théorie économique et des spécificités du domaine examiné. 217 Cahiers de la Recherche D‘après l‘équation (5), le vecteur des innovations du modèle VAR est une combinaison linéaire des innovations structurelles. Ainsi, la spécification de la matrice A permet d‘identifier les chocs structurels ainsi que la matrice B. 3.2 Identification des restrictions Sur la base de la théorique économique et de certaines études empiriques notamment celles de Blanchard et Perotti (1999), Hoeppner (2001) et de Matthiass Mohr (2003), les restrictions suivantes183 seront introduites: = La première ligne de la matrice A traduit la réponse du PIB suite aux chocs de la consommation, des recettes et des dépenses finales de consommation des ménages. Sur cette ligne on n‘impose aucunes restrictions. Or, sur la deuxième ligne traduisant la réaction des dépenses finales de consommation des ménages, cette dernière ne réagit pas instantanément face à un choc sur le PIB. Sur la ligne trois, l‘élasticité des recettes fiscales par rapport au PIB au Maroc est supposée proche de l‘unité (0.9)184. Ensuite, on retient que les recettes fiscales ne réagissent pas instantanément suite à un choc sur les dépenses publiques. Finalement, on considère que la réaction des dépenses publiques suite à un choc du Pib n‘est pas instantanée, et que leurs réactions face aux différents chocs macroéconomiques ne se réalisent pas dans la même période. 3.3 Données Sur la base des données annuelles du PIB, de la consommation privée, des recettes fiscales et des dépenses totales sur la période allant de 1970 à 2010185, l‘approche SVAR a été adoptée pour examiner les effets des chocs budgétaires sur l‘activité économique et sur les dépenses de consommation finale des ménages au Maroc. Les résultats des tests de racine unitaire (ADF et PP) indiquent que les variables du modèle sont stationnaires en différence première mais une fois détrendées à l‘aide du filtre HP elles affichent une stationnarité en niveau. 184 Cette élasticité est tirée d’un rapport publié en décembre 2006par le ministère des Finances et des privatisations. Sur ce rapport on trouve que l’élasticité des recettes fiscales par rapport au PIB a été de l’ordre de 0.9 sur la période allant de 1990 à 1995 et 1.1 entre 1996 à 2005. Nous avons fait des simulations avec une élasticité de 0.9, de 1 et de 1.1. Les meilleurs résultats ont été trouvés avec 0.9. 185 Les différentes variables doivent être exprimées en terme réel. 218 Cahiers de la Recherche 3.4 Résultats de l’estimation En vertu du cadre théorique exposé dans la présente étude, deux cas de figures peuvent se présenter à l‘issu des estimations économétriques effectuées à l‘aide du modèle SVAR. En effet, une réaction positive du PIB et de la consommation finale des ménages, suite à un accroissement des dépenses publiques, augure de la présence d‘une élasticité positive et significative entre la politique budgétaire et l‘activité économique. En revanche, une réponse négative ou chimérique de la production agrégée et de la consommation laisse présager que les agents économiques marocains se caractérisent par un comportement ricardien d‘où la quasi inefficacité de la politique budgétaire. Graphique n° 1 : réponses structurelles suite à un choc égal à un écart type Réaction du PIB suite à une hausse Réaction du PIB suite à une hausse des recettes des dépenses 1.0 .3 .2 0.5 .1 0.0 .0 -0.5 -.1 -1.0 -.2 -1.5 -.3 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Réaction de la consommation finale des ménages Réaction de la consommation finale des ménages suite à une hausse recettes suite à une hausse dépenses .2 .2 .1 .1 .0 .0 -.1 -.1 -.2 -.2 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Ainsi, les fonctions de réponse impulsionnelles (voir graphique n°1) montrent que, suite à un choc positif normalisé d‘un écart type sur les dépenses publiques, le PIB s‘accroit instantanément durant la première année. Si le choc sur le PIB s‘estampe complètement à l‘issu de la deuxième année, la consommation finale des ménages exhibe une progression positive durant les deux premières 219 Cahiers de la Recherche années et l‘effet du choc ne s‘annule qu‘après six ans. En revanche, une hausse des recettes publiques induit globalement vers une contraction de l‘activité économique vue que le PIB et la consommation finale des ménages observent une baisse (plus accentuée sur le PIB que sur la consommation) durant les deux premières années qui suivent le choc sur les recettes. En dépit de l‘accroissement du PIB et de la consommation durant la troisième année le retour vers l‘état stationnaire est observé au bout de cinq ans. 220 Cahiers de la Recherche CONCLUSION L‘objectif du présent article est d‘analyser l‘impact des chocs budgétaires sur l‘activité économique au Maroc. Pour ce faire, une première section s‘est attelée à présenter succinctement les débats théoriques autour de la question de l‘efficacité de la politique budgétaire. Ainsi, il en ressort que l‘efficacité de la politique budgétaire est étroitement liée au comportement et aux anticipations des agents économiques quant aux répercussions à moyen terme d‘un creusement du déficit public sur les taux d‘intérêt, les prix et les taux d‘imposition. Par la suite, quelques travaux empiriques dont les préoccupations sont semblables à la présente étude ont été exposés. Globalement, les résultats font état d‘une transmission mitigée en fonction de la période étudié, des économies et du degré de sophistication de la méthode utilisée. Enfin, les résultats du modèle SVAR proposé dans le cadre de cette étude ont conclu à un impact positif d‘une politique budgétaire expansionniste sur la croissance et la consommation des ménages au Maroc. En effet, suite à un choc positif normalisé d‘un écart type sur les dépenses publiques, le PIB s‘accroit instantanément durant la première. Si le choc sur le PIB s‘estampe complètement à l‘issu de la deuxième année, la consommation finale des ménages exhibe une progression positive durant les deux premières années et l‘effet du choc ne s‘annule qu‘après six ans. En revanche, une hausse des recettes publiques induit globalement vers une contraction de l‘activité économique vue que le PIB et la consommation finale des ménages observent une baisse (plus accentuée sur le PIB que sur la consommation) durant les deux premières années qui suivent le choc sur les recettes. 221 Cahiers de la Recherche REFERENCES Annicchiarico, B., Giammarioli, N., Piergallini, A., «Budgetary Policies in a DSGE Model with Finite Horizons», in MPRA Paper No. 12650, 2009. 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Functions de réponses impulsionnelles Reponses à un choc structurel d'un ecart ty pe Reponse du PIB suite à un choc du PIB Reponse du PIB suite à un choc de la consommation Reponse du PIB suite à un choc des recettes Reponse du PIB suite à un choc des depenses 1 1 1 1 0 0 0 0 -1 -1 -1 -1 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 Reponse de la consommation suite à un choc Reponse de la consommation suite à un choc Reponse de la consommation suite à un choc Reponse de la consommation suite à un choc du PIB de la consommation des recettes des depenses .8 .8 .8 .8 .6 .6 .6 .6 .4 .4 .4 .4 .2 .2 .2 .2 .0 .0 .0 .0 -.2 -.2 -.2 -.2 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 Reponse des recettes suite à un choc Reponse des recettes suite à un choc Reponse des recettes suite à un choc Reponse des recettes suite à un choc du PIB de la consommation des recettes des depenses 3 3 3 3 2 2 2 2 1 1 1 1 0 0 0 0 -1 -1 -1 -1 -2 -2 -2 -2 -3 -3 -3 -3 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 Reponse des depenses suite à un choc Reponse des depenses suite à un choc Reponse des depenses suite à un choc Reponse des depenses suite à un choc du PIB de la consommation des recettes des depenses .8 .8 .8 .8 .6 .6 .6 .6 .4 .4 .4 .4 .2 .2 .2 .2 .0 .0 .0 .0 -.2 -.2 -.2 -.2 -.4 -.4 -.4 -.4 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14 223 Cahiers de la Recherche 2. Résultats du test de portmanteau Lags Q-Stat Prob. Adj Q-Stat Prob. df 1 10.48741 NA* 10.76339 NA* NA* 2 28.48986 0.0276 29.73895 0.0194 16 3 40.09841 0.1540 42.31488 0.1050 32 3. Résultats des tests de normalité Component Skewness Chi-sq df Prob. 1 -0.841015 4.597487 1 0.0320 2 0.085118 0.047093 1 0.8282 3 0.851074 4.708127 1 0.0300 4 0.051126 0.016990 1 0.8963 Joint 9.369698 4 0.0525 Component Kurtosis Chi-sq df Prob. 1 3.466108 0.353042 1 0.5524 2 3.548509 0.488900 1 0.4844 3 3.916802 1.365854 1 0.2425 4 3.512482 0.426787 1 0.5136 Joint 2.634583 4 0.6207 Component Jarque-Bera df Prob. 1 4.950529 2 0.0841 2 0.535994 2 0.7649 3 6.073981 2 0.0480 4 0.443777 2 0.8010 Joint 12.00428 8 0.1510 224