Cahiers de la Recherche
Papier en vue de publication :
La solidité des banques : Un pilier de stabilité du
système financier marocain ?
Mohamed Amine ISSAMI
Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales, Rabat – Agdal
issami20@hotmail.com
Résumé
L’objectif de ce papier est l’évaluation de la solidité du système bancaire marocain, qui représente
un compartiment essentiel de l’industrie financière. Ce mode d’analyse est purement quantitatif et
se base sur plusieurs méthodes de mesure. Dans ce travail, on se limite à la méthode des ratios et
des indicateurs financiers (Toutefois on n’exclut pas la possibilité d’une extension future à d’autres
méthodologies scientifiques), vu que la nature des données est comptable et la comparaison avec
d’autres résultats menés par des agences de notation et des indices de développement financier qui
sont établis par des institutions spécialisées sera possible et justifiée. La robustesse du secteur
bancaire est cependant un pilier fondamental, à travers sa capacité à absorber les chocs et sa
structure financière qui demeure un enjeu global pour le maintien de la stabilité financière
systémique.
Abstract
This paper aims to analyze the strength of the Moroccan banking system, which represents the main
core of the financial industry. In this content, the analysis is based on quantitative approach using
several measures. This work consists of financial ratio and indicator methods (However, we do not
exclude the possibility for a further extension to other scientific methodologies), the choice of a
metric applicability is limited, since we implement accounting data that can be easily compared and
justified with results of surveys published by rating agencies and financial development indices
released by specialized financial institutions. The resilience of the banking sector remains the
robust pillar via its ability to absorb shocks and its financial structure which incorporates the
global concern in order to maintain the systemic financial stability.
Mots-clés : Résilience du système bancaire marocain, Stabilité financière systémique, Analyse par
la méthode des ratios et des indicateurs financiers, Risques macro-financiers, Réglementation
prudentielle.
Keywords : Resilience of Moroccan banking sector, Systemic financial stability, Financial ratios
and indicators analysis, Macro-financial risks, Prudential regulation.
Classification JEL : C81, E63, G21, G28, G32, M41.
187
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I. Introduction
La stabilité des systèmes financiers constitue un noyau dur des économies 139 pour leurs assurer une
croissance soutenue140 et une allocation optimale des ressources 141 (épargne/investissement).
L‘appréciation de la stabilité au niveau systémique par les autorités de surveillance et de contrôle,
les économistes et les investisseurs, suppose l‘adoption d‘une approche prudentielle mixte ou duale
(macro-prudentielle et micro-prudentielle) de l‘ensemble des composantes d‘un système financier
donné.
En effet, selon l‘approche précitée, la ventilation des compartiments au niveau de l‘industrie
financière requiert une attention particulière afin de détecter les dysfonctionnements potentiels 142
créateurs de perturbations et le cas échéant, initiateurs d‘instabilités qui tendent vers une crise
systémique. Toutefois, l‘objectif recherché par le renforcement de la solidité du secteur bancaire est
l‘amélioration de son aptitude à absorber les chocs (endogènes et exogènes) et à contenir les stress
économiques qui se propagent par effet d‘entraînement (spillover effect) des risques macro-
financiers à l‘économie réelle. À ce titre, la mesure de la solidité des banques marocaines 143 revêt
une importance centrale vu que le secteur est le canal principal de financement pour la majorité des
projets économiques et demeure le nœud indispensable de l‘intermédiation financière. Par ailleurs,
la détermination de la fragilité des institutions bancaires et les filets de sécurité (safety nets) dont
elles disposent s‘inscrit dans une démarche préventive contre les tendances pro-cycliques d‘une part
et la capacité de résistance de ces institutions face aux incertitudes d‘autre part.
Dans le cas particulier du Maroc, le paysage bancaire 144 a atteint une taille relativement
importante145 grâce à une mobilisation des ressources intérieures 146 pour financer la croissance des
crédits147 et que même le financement des banques marocaines, qui comprend la capitalisation des
filiales étrangères, repose essentiellement sur les dépôts en dirhams. Ce dynamisme148 s‘est
139
Quelque soit le niveau de développement économique (économie avancée et/ou émergente).
140
Empiriquement validé selon les travaux de Vartia et al. (2006).
141
L’efficience de l’industrie financière.
142
Risk Management approach.
143
L'agence de notation financière Standard & Poor's (S&P) a modifié en Mars 2011 de 8 à 7 la note globale du risque
(note BICRA) encouru par le système bancaire Marocain. La note 7 attribuée au Maroc (sur une échelle de 10) signifie
que le risque de déstabilisation économique dans le pays demeure pour le moment élevé. La note BICRA (Banking
Industry Country Risk Assessment) sert à évaluer le risque de l'industrie bancaire dans un pays donné. Les systèmes
bancaires au risque le plus faible sont classés dans le groupe 1. D’autres pays figurent dans le groupe 7 tels la
Jordanie, l’Indonésie, la Bulgarie et la Russie.
144
Le système bancaire marocain compte 19 banques (voir annexe 1). Toutes les banques sont membres du groupement
professionnel des banques du Maroc « GPBM » (En vertu des dispositions de la loi bancaire en vigueur, les
établissements de crédit agréés en tant que banques exerçant au Maroc font obligatoirement partie du GPBM et ont
seuls la qualité de membres). Les banques offshore ont fait leur apparition, mais leur poids dans le système bancaire
reste encore limité.
145
Il représente plus de 110 % du PIB, selon le FMI (2011).
146
Le taux global de bancarisation selon les estimations de la Banque Africaine de Développement a atteint 50% en
2010, et il est ciblé à 55% en 2012.
147
Plusieurs initiatives visant l’amélioration de l’information ont été lancées. La mesure la plus importante est la
création d’un bureau de crédit (Bank Al-Maghrib a entamé la délégation de l’actuel service central des risques à un
bureau de crédit), que les institutions financières sont tenues de consulter. Géré par une entité privée (Experian
Maroc), il est actuellement opérationnel et ses activités sont en constante expansion.
148
Visant à favoriser l’épargne bancaire et améliorer la transparence des pratiques au sein du secteur. Il y a lieu aussi
de rappeler que six valeurs bancaires sont cotées sur le marché boursier et l’émission des obligations privées par les
banques marocaines enregistre une forte dynamique. Cependant, le développement du secteur se caractérise par une
marge d’intermédiation élevée qui constitue un frein à la compétitivité et le niveau de concentration apparaît modéré
pour le total actif et les crédits et marqué pour les dépôts (la concentration bancaire peut être mesurée par plusieurs
188
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accentué par les dépôts de marocains résidant à l'étranger et l‘implémentation de réseaux bancaires
en Afrique. De plus, les banques ont poursuivi le développement de leur activité marqué par des
performances réalisées, qui ont conforté la structure de l‘assiette financière vers le renforcement des
fonds propres et la constitution d‘une capacité d‘autofinancement 149 considérable grâce à
l‘accroissement des flux financiers annuels.
Au niveau du cadre légal et réglementaire, les études d‘impact menées par Bank Al-Maghrib et les
reporting périodiques communiqués par les banques de la place ont permis d‘identifier un certain
nombre de défis majeurs quant à l‘application des normes Bâle II et l‘anticipation des entraves à
l‘application du dispositif de Bâle III150. Certaines de ces difficultés, communes à plusieurs pays,
sont imputables à la faiblesse du nombre d‘entreprises notées par les agences de rating et des
données historiques sur les défauts de paiement. D‘autres contraintes sont inhérentes au cadre légal
qui, faute de dispositions réglementaires ad hoc, restreint les possibilités d‘utilisation d‘un certain
nombre de techniques d‘atténuation des risques de crédit prévues par Bâle II, notamment le recours
à la compensation des dépôts et des crédits en cas de liquidation ou de redressement judiciaire des
contreparties. La lenteur de réalisation des sûretés reçues en couverture des risques, en cas de
défaillance des contreparties, constitue également une contrainte. D‘autres difficultés sont propres
aux banques elles-mêmes, celles-ci s‘activant pour les surmonter. Elles ont trait aux systèmes
d‘information qui ne permettent pas toujours la mise en œuvre des nouvelles dispositions, telles que
la segmentation de la clientèle, l‘affectation ligne par ligne des sûretés et garanties détenues, la
ventilation des impayés et des provisions par portefeuille, la ventilation de l‘activité sur les lignes
de métier retenues pour l‘évaluation des risques opérationnels et la séparation entre le portefeuille
bancaire et de négociation dans le cadre des risques de marché.
De ce fait, cet article est orienté vers une méthodologie basée sur la détermination des risques
macro-financiers encourus par le système bancaire et les résultats obtenus seront présentés de
manière succincte afin de dresser une cartographie des vulnérabilités et tester les perspectives d‘une
telle approche pour appréhender la dimension multi-échelle de la stabilité financière.
II. Méthodologie et données
L‘appréciation de la solidité du système bancaire marocain passe par l‘examen des performances
des institutions financières qui opèrent dans le secteur, par la détermination de la structure
bilancielle et hors bilancielle de ces institutions et de leur degré de susceptibilité 151 vis-à-vis des
instabilités et des chocs potentiels.
indicateurs. On retient l’indice de Herfindahl-Hirshman qui additionne les puissances carrées des parts de marché des
banques, se situe dans une fourchette de 0 à 1. Un indice inférieur à 0,10 témoigne d’un marché peu concentré, d’un
marché modérément concentré, s’il est compris entre 0,10 et 0,18 et d’un marché fortement concentré, pour une valeur
supérieure à 0,18. Selon les calculs de Bank Al-Maghrib, le total actif se situe à 0,17 durant 2008, 2009 et 2010, ainsi
le total dépôt a enregistré 0,18 durant les mêmes périodes, tandis que le total des crédits s’est établi à 0,15 en 2008,
puis à 0,16 en 2009 et 2010).
149
Elle est estimée en 2011 à 7,2 milliards de dirhams sur base sociale agrégée.
150
On se réfère à l’annexe 2 – présentée sous formes de feuille de route pour l’entrée en vigueur de Bâle III au niveau
du système bancaire marocain –. Cet accord prudentiel comporte deux volets: le premier a pour vocation de réduire la
pro-cyclicité, alors que le second consiste à prendre en considération les interconnexions et les expositions communes
des établissements financiers, notamment ceux qui ont une importance systémique.
151
L’estimation de la sensibilité et l’exposition aux risques à l’aide des tests de solvabilité.
189
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Cette démarche152 correspond à la méthodologie réglementaire dite prudentielle établie par la
banque des règlements internationaux (BRI) dans le cadre des accords de Bâle II et récemment au
niveau du dispositif de Bâle III. En outre, il convient de citer qu‘il existe plusieurs systèmes
d‘évaluation des institutions bancaires qui se basent sur des notations indicielles et sur une
hiérarchisation des risques prédéfinis (Figure 1). Ces modes d‘analyse sont utilisées pour diverses
finalités, ainsi à titre d‘exemple, la construction d‘un système d‘alerte précoce 153 – l‘identification
des facteurs qui influencent la dégradation des ratings et le calcul des probabilités de détérioration
des notations bancaires peuvent être considérée comme un type particulier de système d‘alerte
précoce – pour détecter ex ante les difficultés probables d‘ordre financier et opérationnel.
L‘utilisation des ratios comptables par les autorités de surveillance remonte au début du siècle
dernier (Mitchell, 1909). Les premiers travaux testant la capacité prédictive de tels indicateurs sont
apparus à la fin des années soixante pour ce qui est des faillites d‘entreprises (Beaver, 1966 ;
Altman, 1968) et au début des années soixante-dix pour ce qui est des faillites bancaires (Meyer et
Pifer, 1970 ; Hanweck, 1977 ; Martin, 1977 ; Santomero et Vinso, 1977 ; Bovenzi, Marino et
McFadden, 1983). Cette tendance s‘est poursuivie ensuite sous l‘impulsion des autorités de
supervision américaines et a conduit à l‘élaboration des systèmes d‘alerte basés sur des procédures
formelles et « forward looking » (Pantalone et Platt, 1987 ; Barr, Seiford et Siems, 1994 ; Barr et
Siems, 1997 ; Estrella, Park et Peristiani, 2000 ; Gilbert, Meyer et Vaughan, 2000).
Dans la majorité des études de cas, un ou plusieurs ratios comptables rendent compte de la
solvabilité de la banque (Capital adequacy), de la qualité des actifs détenus (Asset quality), de
l'aptitude à réaliser des profits (Earnings ability) et de la situation de trésorerie (Liquidity position).
Ensuite, Barr, Seiford et Siems (1994) et Barr et Siems (1997) ont introduit l‘efficacité technique
comme proxy de la qualité de gestion (Management quality)154. De plus, les études reprennent, pour
la plupart, la même décomposition que celle dressée par le système d‘évaluation CAMEL(S) 155.
152
Il y a lieu de rappeler, que cette méthodologie se distingue par rapport à une analyse de type gestion Actif-Passif
(ALM, Asset Liability Management) pour identifier les banques dont la situation financière se dégrade, du moment
qu’on se base sur des données agrégées de l’ensemble des banques marocaines.
153
Dans le cadre du travail de la thèse doctorale et sur le plan préventif, on propose la mise œuvre d’un système
d’alerte précoce (par agrégation de l’information financière disponible) pour la détermination des difficultés bancaires
au Maroc. En outre, un système d’alerte précoce (Early Warning System) peut se définir simplement comme une
procédure systématique de partition des banques en deux catégories : les saines et celles en difficulté. Deux des qualités
essentielles de ces indicateurs sont la simplicité de mise en œuvre et leur faible coût. Ces deux contraintes sont
généralement satisfaites par le recours à des données comptables. Il s’agit donc le plus souvent de méthodes
statistiques off-site. L’intérêt de tels indicateurs est, en effet, de pouvoir s’appliquer en continu et au plus grand
nombre, avec comme objectif d’identifier les institutions financières en difficulté, dès les premiers signes avant-
coureurs.
154
On signale en outre que, Berger et De Young (1997) montrent, dans le cadre d'un modèle de causalité de Granger,
que l'efficacité technique pouvait constituer un bon indicateur de la dégradation à venir de la qualité des prêts. Kwan et
Eisenbeis (1997) rapportent également que le risque, l’efficience et le degré de capitalisation des banques sont
simultanément déterminés (voir aussi Altunbas, Liu, Molyneux et Seth, 2000).
155
Le système CAMEL(S) nécessite un examen particulier pour chaque banque (système on-site). Il est utilisé depuis le
début des années 1980 par les trois autorités américaines de supervision bancaire que sont la Réserve Fédérale, la
FDIC et l'OCC. L'acronyme CAMEL(S) fait référence aux six critères qui sont pris en considération lors de
l'attribution, à chaque banque, d’une note (rating). Ces six critères sont: la solvabilité (Capital adequacy), la qualité
des actifs détenus (Asset quality), la qualité de la gestion (Management quality), l'aptitude à réaliser des profits
(Earnings ability), la trésorerie (Liquidity position) et la sensibilité au risque de marché (Sensitivity to market risk). En
pratique, à l'issue du passage d'un examinateur mandaté par les autorités de supervision (passage prévu longtemps à
l'avance), chacun des critères est noté sur une échelle de 1 à 5 (1 étant la meilleure note). Ces notes servent ensuite à
construire un indicateur composite, qui reste dans tous les cas, strictement confidentiel. À ces variables s’ajoutent
parfois des déterminants liés aux conditions économiques locales.
190
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Figure 1 : Le système d’aide à la notation (SANEC)
Outil d’analyse et de détection précoce
- Evaluation de la situation financière et prudentielle des
établissements de crédit.
- Diagnostic de la qualité de la gouvernance et de la gestion des
établissements de crédit.
- Définition du profil de risque par établissement de crédit.
Système de Outil de dialogue
Outil de contrôle proactif notation
- Actions préventives. Communication de la notation aux
- Déclenchement, à compter d’un seuil prédéfini, des mesures dirigeants et aux membres des comités
prévues dans le manuel de traitement des difficultés bancaires. d’audit.
Outil de gestion
- Adaptation de l’intensité de la surveillance permanente et de la fréquence des missions de contrôle sur place au
profil de risque de chaque établissement de crédit.
- Orientation des contrôles sur les zones de vulnérabilité identifiées.
- Dimensionnement des équipes de contrôle.
Source: Bank Al-Maghrib, rapport Annuel sur le contrôle, l'activité et les résultats des
établissements de crédit, exercice 2009, page 24.
Cependant, dans le cadre de l‘implémentation du deuxième pilier 156 de Bâle II au Maroc, le système
d‘aide à la notation des établissements de crédit « SANEC » représente un outil de contrôle proactif
qui permet, via une démarche structurée, d‘établir le profil de risque de chaque institution bancaire
sur la base d‘analyses à la fois quantitatives et qualitatives des risques. L‘évaluation s‘effectue au
travers d‘une quinzaine de critères organisés en six zones de risques et déclinés en 180 sous-
critères. Le système de notation des établissements de crédit est au cœur du processus de la
surveillance permanente. Il constitue, à la fois, un outil d‘analyse et de détection précoce permettant
une supervision fondée sur les risques, un outil de gestion en interne, visant à dimensionner
l‘intensité des contrôles et un outil de dialogue avec les assujettis. Conformément aux modalités
prévues par le manuel de traitement des difficultés bancaires, des actions correctrices sont engagées
à l‘égard des banques dont la notation est inférieure à un certain seuil.
156
Dans le cadre de la mise en œuvre du deuxième pilier de Bâle II, les établissements de crédit sont tenus de se doter
d’un processus d’évaluation de l’adéquation des fonds propres internes, plus connu sous son acronyme anglais ICAAP.
La mise en œuvre de ce processus requiert, conformément aux dispositions de la directive n° 45/G/2007 de Bank Al-
Maghrib, une définition explicite de la stratégie de l’établissement à l’égard des risques. Cette stratégie doit se baser
sur une politique effective globale de gestion des risques qui permet de s’assurer, en permanence et sur un horizon
lointain, de l’adéquation des fonds propres de l’établissement par rapport à la réalisation de ses objectifs et les risques
effectivement encourus et potentiels ainsi que sur un cadre de travail transparent et consensuel pour la mise en œuvre
de l’ICAAP.
191
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Dans ce contexte, le cadre réglementaire relatif aux fonds propres 157 s‘est vu renforcer par
l‘adoption des approches avancées de Bâle II. Ces nouvelles exigences prudentielles 158 visent à
améliorer la mesure des risques de crédit, de marché et opérationnel et à rehausser davantage
l‘adéquation des fonds propres. En effet, l‘évolution de la réglementation financière au niveau du
système bancaire marocain a constitué un déterminant de la stabilité. Cette adaptation des textes
réglementaires a fait l‘objet d‘une évaluation de la part des experts du « World Economic Forum »
de Davos, qui ont élaboré un modèle intrant-sortie en mesurant les valeurs paramétriques en
conformité avec l‘ensemble des normes prudentielles appliquées d‘une part et l‘infrastructure et les
performances des institutions bancaires d‘autre part. Les modalités de sortie se présentent en indice
de développement financier, dont le Maroc réalise des niveaux moyens (annexe 4).
Compte tenu des éléments prudentiels exigés par Bank-Al Maghrib et appliqués par les banques
assujetties au contrôle de l‘autorité de surveillance, on retient six indicateurs 159 afin d‘évaluer la
résilience du système bancaire marocain, ces indicateurs sont conformes à la méthodologie du guide
du FMI relatif à l‘élaboration des indicateurs de solidité financière.
157
Les fonds propres prudentiels considèrent deux niveaux de fonds propres : le "noyau dur" et les "fonds propres
complémentaires". Les fonds propres de base (ou noyau dur, ou Tier 1) comprennent : le capital, les réserves (autres
que réserves de réévaluation), les primes d’émission ou de fusion, le report à nouveau, les résultats non distribués et les
fonds pour risques bancaires généraux. Or, les fonds propres complémentaires (ou Tier 2) comprennent les réserves de
réévaluation, les fonds de garantie mutualisés, les subventions non remboursables, la réserve latente des opérations de
crédit-bail et les fonds provenant de l’émission de titres (notamment à durée indéterminée) ainsi que ceux provenant
d’emprunts et qui ne peuvent être remboursés qu’à l’initiative de l’emprunteur et offrent la possibilité à l’emprunteur
de différer le paiement des intérêts. Dans le calcul des fonds propres prudentiels, les fonds propres complémentaires ne
peuvent pas être pris en compte pour un montant supérieur à celui des fonds propres de base.
158
La circulaire n°7/G/2010 relative aux fonds propres des établissements de crédit, édictée le 31 décembre 2010, a
intégré des recommandations (l’application des normes comptables internationales IFRS, à partir de 2008, par les
groupes bancaires n’a pas été sans impact sur la détermination de leurs fonds propres consolidés. Dans ce cadre, Bank
Al-Maghrib avait émis des recommandations pour préciser les modalités de traitement de cet impact), supprimé les
fonds propres sur-complémentaires et introduit d’autres traitements prudentiels, en convergence avec les normes
internationales. Ces traitements concernent notamment les intérêts minoritaires, les participations dans les entreprises
d’assurances et de réassurance et les pertes attendues.
159
Les indicateurs de solidité financière (ISF) constituent un outil qui permet d’évaluer les forces et les vulnérabilités
potentielles du système financier. Ils s’appuient sur des éléments quantitatifs combinant à la fois des ratios micro-
prudentiels agrégés, des variables macro-économiques et des indicateurs sur la situation des principaux marchés
(marché monétaire, marché des changes, marché des titres, etc.). Le Fonds Monétaire International distingue deux
variantes de ces indicateurs : fondamentaux couvrent l’adéquation des fonds propres des banques, la qualité de leurs
actifs, leur rentabilité, liquidité, la ventilation de leur risque de crédit et leur sensibilité au risque de marché. Les
indicateurs complémentaires regroupent des données sur la situation financière, l’activité et la structure bilancielle des
autres institutions financières ainsi que sur certains agents et secteurs économiques spécifiques tels que les entreprises,
les ménages et le secteur immobilier.
192
Cahiers de la Recherche
Tableau 1 : Les indicateurs retenus pour l’appréciation de la solidité financière du système
bancaire Marocain
Indicateurs Formule ou élément
Fonds propres réglementaires/actifs pondérés par risques
Fonds propres réglementaires Fonds propres de base/actifs pondérés par risques
Fonds propres/actifs
Créances en souffrance/total des crédits bruts
Prêts en devises/total des prêts
Crédit au secteur privé/total des prêts
Créances douteuses/total des prêts
Provisions spécifiques/créances douteuses
Créances douteuses, nettes des provisions/fonds propres
Qualité des actifs
de base
Gros engagements/fonds propres de base
Prêts aux filiales/total des prêts
Prêts aux actionnaires/total des prêts
Provisions spécifiques/total des prêts
Provisions générales/total des prêts
Industrie
Agriculture
Commerce
Construction
Répartition sectorielle des prêts par Tourisme
rapport au total des prêts Finance
Administrations publiques
Transports et communications
Ménages
Autres
Rendement de l'actif
Rendement des capitaux propres
Écart de taux d'intérêt moyen (entre prêts et dépôts)
Rendement du crédit
Coût du risque en pourcentage du crédit
Rentabilité Marge d'intérêt nette/produit net bancaire (PNB)
Charges d'exportation/PNB
Charges d'exploitation/total des actifs
Dépenses de personnel/dépenses hors intérêts
Revenus de transactions et autres revenus hors
intérêts/PNB
Actifs liquides/total des actifs
Actifs liquides/passifs à court terme
Liquidité
Dépôts/prêts
Dépôts des entreprises d'État/total des dépôts
193
Cahiers de la Recherche
Sensibilité aux risques de marché Position de change ouverte nette/fonds propres de base
Source: établi par nos propres soins, à partir du guide du FMI (2006) pour le calcul des
indicateurs de solidité financière « ISF ».
En ce qui concerne la liquidité bancaire, ce facteur est basé essentiellement sur la position
structurelle de liquidité et le solde net des trésoreries des banques. La position structurelle de
liquidité des banques (PSLB), qui constitue un indicateur de l‘excédent de liquidité ou du besoin de
financement des banques, reflète l‘effet de l‘ensemble des facteurs autonomes. Il s‘agit de la somme
des sources de création de la base monétaire ne dépendant pas des interventions de la banque
centrale, diminuée des encaisses détenues sous forme de billets et monnaies ou des avoirs sur le
compte du Trésor auprès de Bank Al-Maghrib. En plus, l‘évolution (l‘émission et les encours) des
certificats de dépôts – dans le cadre des titres de créances négociables émis sur le marché monétaire
– est prise en considération pour déterminer l‘ampleur de cette variable.
Une fois la position structurelle de liquidité des banques déterminée, le niveau requis au titre de la
réserve monétaire (RM), qui crée un besoin supplémentaire en monnaie banque centrale chez les
banques, est pris en considération pour mesurer leur solde net:
A ce niveau, la construction d‘une base de données économiques et financières160 est
incontournable afin d‘évaluer la solidité de l‘industrie bancaire. Il convient de noter que les
éléments utilisés dans l‘analyse sont extraits des principaux facteurs constituants l‘information
financière agrégée des banques marocaines sur base sociale sous forme d‘états de synthèse, tels que
le bilan, le hors-bilan et l‘état des soldes de gestion.
Toutefois, la disponibilité de l‘information demeure limitée (la principale source est Bank Al-
Maghrib), étant donné que la publication des reporting161 prudentiels Bâle II et financiers IFRS
(entrée en vigueur durant le 2ème semestre de 2011) et la communication des notes internes
d‘évaluation des institutions bancaires ne sont pas soumises au public.
Il existe par ailleurs, plusieurs sources d‘informations complémentaires, telles que la base de
données162 et les statistiques du fonds monétaires internationales et de la banque mondiale,
disponible en ligne par pays, indicateurs et catégorie. De ce fait, la base de calcul ainsi constituée,
dispose de plusieurs indicateurs sur une échelle annuelle (pour le cas de la liquidité, on dispose de
160
L’approche préventive implique la mise en place d’un ensemble de mesures et de techniques afin d’estimer les
niveaux de stabilité, cette démarche est entamée par la constitution d’une base de données économiques et financières
en série, chaque indicateur ou modèle calculé dépend d’un horizon temporel spécifique – variant du mensuel et/ou
trimestriel à l’annuel – La période choisie pour la base des calculs débute à partir de l’année 2000, vu la disponibilité
des données à partir de cette période et la qualité de l’information fournie.
161
Les états COREP (Common Reporting) et FINREP (Financial Reporting).
162
Pour des fins de précision, de complémentarité ou d’étalonnage.
194
Cahiers de la Recherche
l‘information mensuelle) et varie en fonction de la disponibilité de l‘information et de son
exactitude163.
III. Résultats
La génération des résultats164 a révélé que le ratio de solvabilité (adéquation du capital) se tient
conformément aux normes prudentielles (diversification des sources de financement par
l‘augmentation de la part des dettes subordonnées, des titres de créance émis et l‘accumulation des
réserves liées aux résultats). Parallèlement, on note une amélioration de la qualité des actifs retenus
au niveau bilanciel des banques, par la réduction des créances en souffrances 165 et l‘augmentation
de la proportion des provisions (contre les effets pro-cycliques que peut provoquer la distribution
accélérée des crédits).
Graphique 1 : Relèvement du niveau des fonds propres
Source: établi par nos propres soins.
Graphique 2 : Réduction des créances en souffrance (% total prêts)
Source: établi par nos propres soins.
163
Le cas des chiffres révisés et conformément à la norme spéciale de diffusion des données (NSDD).
164
Ils sont présentés en pourcentage, sauf indication contraire.
165
La qualité de signature des entreprises non financière s’est appréciée, par contre, la solvabilité de la clientèle des
particuliers s’est affaiblie, au vu du montant des défauts qui a augmenté, pour la 2 ème année consécutive à partir de
2009, de manière assez marquée.
195
Cahiers de la Recherche
Graphique 3 : L’amélioration de la qualité des actifs
Source: établi par nos propres soins.
L‘indicateur de répartition sectorielle montre que les ménages, les secteurs de l‘immobilier, des
finances et de l‘industrie ont repris les niveaux d‘avant 2008 (année épicentrique de la crise
économique et financière récente). Cette relance en termes de distribution de crédit est cependant
décélérée, on remarque que la part du crédit au secteur privé par rapport au PIB (qui est de 55 % en
2010 et atteint 83 % quand on intègre les prêts au secteur de l'administration publique et des
collectivités locales) reste encore en dessous du seuil de 100 % défini par les normes de l‘OCDE.
Graphique 4 : Répartition sectorielle des prêts par rapport au total des prêts
Source: établi par nos propres soins.
196
Cahiers de la Recherche
Graphique 5 : la rentabilité des banques
Source: établi par nos propres soins.
Par ailleurs, les banques marocaines ont enregistré un taux de profitabilité élevé comparé aux
totales des charges dans des niveaux quasi-faibles. Concernant la liquidité bancaire, elle dépend en
majorité des dépôts bancaires, ce constat représente une vulnérabilité structurelle pour les banques
dans leur gestion des risques actif-passif (on se réfère au graphique 11 concernant l‘évolution des
certificats de dépôts qui compense l‘effet des dépôts (à vue et à terme)).
Graphique 6 : La contraction de la liquidité bancaire
Source: établi par nos propres soins
197
Cahiers de la Recherche
Graphique 7 : Sensibilité aux risques de marché
Source: établi par nos propres soins.
Ensuite, le rapprochement entre les risques pondérés (selon l‘accord de Bâle II) a montré que le
risque de crédit après ARC166 demeure important et s‘accroît (corrélation positive forte avec la
distribution des crédits167), tandis que le risque de marché reste maitrisé vu que l‘exposition du bilan
des banques au marché et l‘encours hors bilanciel en termes d‘engagements données et reçues est
limité (la sensibilité est quasi-faible) même si on enregistre une diversification des activités des
banques qui s‘orientent d‘avantage aux produits financiers dérivés. Toutefois, le risque opérationnel
représente un centre de perturbation potentielle, d‘où la nécessité de contenir cet élément dans une
optique de bonne gouvernance et d‘organisation. A cet égard, les institutions bancaires sont incitées
à renforcer la couverture de ces risques par un niveau plus élevé de fonds propres de base, de
provisions et d‘actifs liquides.
Graphique 8 : Evolution des risques pondérés (en millions de dirhams)
Source: établi par nos propres soins.
166
Les sûretés (réelles sous forme de liquidité ou de titres couvrant tout ou partie des expositions), les garanties ou
dérivés de crédit et la compensation des prêts et des dépôts sur une même contrepartie.
167
Les conditions d’octroie de crédit ont connu une amélioration notable, à ce niveau on se réfère à l’annexe 3 qui
décrit un niveau moyen d’accès au financement au Maroc (selon les normes de l’OCDE).
198
Cahiers de la Recherche
Graphique 9 : La tendance baissière de la liquidité bancaire (en millions de dirhams)
Source: établi par nos propres soins.
La baisse de la liquidité bancaire 168 s'explique par la diminution des réserves officielles et une
augmentation plus forte que prévu de la monnaie en circulation. Ce facteur constitue un stress
financier au besoin de financement de l‘économie en période de sous-liquidité.
Graphique 10 : Le refinancement structurel de Bank Al-Maghrib169 (en millions de dirhams)
Source: établi par nos propres soins.
168
La gestion inappropriée du risque de liquidité a constitué un autre facteur majeur de fragilité, Le nouvel accord
Bâle III est de nature à améliorer la résilience des banques face aux chocs de liquidité. Deux ratios sont proposés dans
ce cadre. Le premier est à court terme (30 jours) et vise à s’assurer qu’une banque est en mesure de faire face à un
choc de liquidité (un accroissement imprévu des sorties de trésorerie) en recourant à la mobilisation des actifs liquides
dont elle dispose. Le second ratio, dit ratio structurel de liquidité, devra être calculé sur un horizon d’un an. Il a pour
objet de limiter le risque de transformation et d’éviter une dépendance excessive par rapport au financement
interbancaire (à court terme).
169
D’après le rapport de consultations du FMI (2011), Bank Al-Maghrib a informé les banques commerciales qu’elles
ne devraient pas compter excessivement sur ses facilités de refinancement, mais plutôt redoubler d'efforts pour élargir
leur base de dépôts. Globalement, les autorités visent un taux d'accès aux services financiers (inclusion financière) de
66 % d'ici à fin 2013.
199
Cahiers de la Recherche
Graphique 11 : L’évolution des certificats de dépôt (en millions de dirhams)
Source: établi par nos propres soins.
L‘émission des certificats de dépôts170 et la capacité d‘autofinancement des banques qui représente
une assise financière importante en cas de recapitalisation, d‘investissement, de provisionnement et
de besoin de financement contribuent à l‘atténuation d‘un choc de liquidité qui apparaît à court
terme et s‘estompe à long terme.
Graphique 12 : La capacité d’autofinancement des banques (en milliers de dirhams)
Source: établi par nos propres soins.
Dans ce contexte, le système bancaire a maintenu sa résilience, comme le montrent les indicateurs
d‘activité, de résultats et les normes prudentiels. Par conséquent, l‘ensemble de ces éléments, s‘ils
confirment de nouveau la solidité de l‘industrie bancaire, ne doivent pas occulter la nécessité de
poursuivre les efforts entrepris en matière de gestion des risques face aux chocs spécifiques ou
macro-économique.
170
Les instruments financiers et les sources de financements sont intégrés dans l’examen du risque global du taux
d’intérêt – La robustesse des banques face à des chocs exceptionnels sur le niveau des taux d’intérêt est mesurée en
recourant à des exercices de stress tests. Ces stress tests sont menés sur la base d’un reporting standardisé et consistent
à quantifier l’impact d’un mouvement de taux de +/- 200 points de base sur le produit net bancaire à 12 mois ainsi que
sur la valeur économique des bilans des banques – pour relever l’exposition au risque de révision de taux d’intérêt,
risque de déformation de la courbe des taux, risque de base et risque lié aux clauses optionnelles ou aux options
cachées.
200
Cahiers de la Recherche
IV. Conclusion
Face à la montée de certaines vulnérabilités dans le secteur bancaire, cet exercice a mis l‘accent sur
la hiérarchisation des risques, la consolidation des fonds propres et de la liquidité des établissements
ainsi que sur le rehaussement de la qualité de leur gouvernance et le profil de solvabilité. Par
ailleurs, l‘ensemble de ces conclusions peuvent faire l‘objet de paramètres de base pour élaborer des
modèles conditionnels et prévisionnels 171 dans une perspective d‘extension future par l‘application
à titre d‘exemple d‘une analyse des créances contingentes 172.
Néanmoins, il est à relever, que les banques marocaines se situent dans une position
multidimensionnelle, qui implique une gestion actif-passif dynamique, pour éviter que le
resserrement actuel des liquidités et le recours accru aux dépôts ne pèse sur leur activités. En
premier lieu, l‘utilisation des ressources de marché à travers les certificats de dépôt173 aiderait les
banques à diversifier leurs ressources et à recourir moins aux dépôts. Les grands déposants 174 ont
converti une partie de leurs dépôts à terme en certificats de dépôt, ce qui présente l'avantage pour
les banques de stabiliser les échéances des dettes dans la mesure où les grands détenteurs de dépôts
à terme ont tendance à retirer leurs fonds avant l'échéance. En deuxième lieu, les banques
marocaines disposent d‘une technique d'émission des obligations hypothécaires 175 pour remédier au
problème du décalage des échéances dans le bilan et en dernier lieu, l‘établissement d‘une courbe
de rendement s‘avère nécessaire pour les banques, vu que le Trésor a commencé à étalonner
certaines échéances et Bank Al-Maghrib publie les taux de prise en pension pour différentes
échéances afin de soutenir cette pratique.
Enfin, la solidité du système bancaire relève principalement du renforcement de l‘environnement
légal et réglementaire, à travers l‘adoption d‘un dispositif de surveillance par les risques, dont le
contrôle permanent de la banque centrale joue un rôle d‘alerte prompte en identifiant les signes
précurseurs de dégradation de la situation financière d‘une institution bancaire et à recourir aux
actions préventives ou correctives. Dans ce sens, les statuts de Bank Al-Maghrib et la loi bancaire
font actuellement l‘objet d‘une révision visant à mettre en place une structure de suivi des risques
macro-financiers dans le cadre d‘une approche globale de la stabilité financière, notamment dans le
cadre de la commission de coordination des organes de supervision du système financier 176. En
définitive, ce travail peut être complété par une classification des institutions bancaires 177 sur le plan
individuel pour déterminer les banques à caractère systémique.
171
L’approche des ratios financiers est peut être utilisée comme un intrant (input) dans la construction de ces modèles.
Par exemple, la mesure de l’efficacité technique des banques et l’évaluation du risque d’insolvabilité.
172
Les indicateurs issus de l’analyse des créances contingentes offrent plusieurs avantages du point de vue de la
surveillance macro-prudentielle par rapport à ceux fondés sur l’information comptable, puisqu’ils exploitent des
données prospectives et plus à jour. Ils sont de plus en plus utilisés par les banques centrales et les institutions
internationales comme outils de suivi des risques systémiques.
173
Bank Al-Maghrib a aussi inclus les certificats de dépôt dans les garanties pouvant être prises en compte pour ses
opérations de refinancement, ce qui favorise la liquidité du marché des certificats de dépôt et allonge les échéances de
ces titres.
174
Les entreprises non financières.
175
La titrisation.
176
Elle est instituée par les dispositions de l’article 81 de la loi bancaire. Cette commission a continué à renforcer ses
outils analytiques et veiller sur la gestion du système de garantie des dépôts.
177
Selon les recommandations du G20, par type d’actionnariat et notations individuelles externes.
201
Cahiers de la Recherche
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204
Cahiers de la Recherche
VI. Annexes
Annexe 1. Évolution du nombre des banques résidentes au Maroc (hors banques offshore)
Source: établi par nos propres soins.
Annexe 2. Calendrier de mise en œuvre de Bâle III au niveau du système bancaire marocain
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Ratio noyau dur 3,50% 4,00% 4,50% 4,50% 4,50% 4,50% 4,50%*
Volant de
0,63% 1,25% 1,88% 2,50%
conservation
Ratio Tier 1 4,50% 5,50% 6,00% 6,00% 6,00% 6,00% 6,00%*
Exigences
minimales de 8,00% 8,00% 8,00% 8,00% 8,00% 8,00% 8,00%*
fonds propres
Exigences
minimales de
fonds propres et 8,00% 8,00% 8,00% 8,63% 9,25% 9,88% 10,50%
volant de
conservation
Ratio d’effet de Migration
Test et premier reporting 3,00%
levier vers pilier 1
Ratio de liquidité Introduction
à court terme de la norme
Ratio de liquidité Introduction
à long terme de la norme
* En tenant compte du volant de conservation, le niveau du ratio noyau dur, Tier 1 et ratio de
205
Cahiers de la Recherche
solvabilité s‘établissent respectivement à 7%, 8,5% et 10,5%.
Source: Bank Al-Maghrib, rapport Annuel sur le contrôle, l'activité et les résultats des
établissements de crédit, exercice 2010, page 18.
Annexe 3. Les scores178 SDCA relatifs au système bancaire marocain
Source: OCDE (2011), Maroc – Stratégie de développement du climat des affaires (SDCA),
Dimension: Accès au financement, page 4.
Annexe 4. Extrait des résultats de l’indice de développement financier établi par les experts
du “World Economic Forum” à Davos
Concernant la méthodologie poursuivie par les experts du World Economic Forum, on se réfère à
l‘annexe A du rapport sur le développement financier 2011, page 31 et conformément aux résultats
obtenus, on présente un extrait de cet indice, relatif à l‘évaluation du système bancaire marocain,
selon un modèle de notation (intrants et sorties).
1. Les intrants :
2010 2011
Rang (sur Score (1- Rang (sur Score
57) 7) 60) (1-7)
I. La stabilité du système
10 5,4 17 4,8
bancaire marocain
II. Les services bancaires 32 3,6 32 3,7
dont:
Indice de taille 26 2,9 27 2,9
Indice d'efficience 22 5,4 23 5,6
178
L’échelle varie de 1 à 5, 1 étant une politique sous-développée ou actions inexistantes ou insuffisantes, par contre, 5
représente une politique active dont les éléments clés sont conformes aux meilleurs pratiques internationale.
206
Cahiers de la Recherche
La communication de
46 1,4 51 1,4
l'information financière
III. L'accès aux
45 2,9 51 2,6
financements
dont:
Accès commercial 33 3,5 32 3,5
Accès au détail 33 2,3 43 1,7
2. Les sorties :
2010 2011
Rang Rang
n/a : non disponible (sur Valeur (sur Valeur
57) 60)
La fréquence des crises
11 0,5 11 0,5
I. La stabilité du système
bancaires
bancaire marocain
Indicateur de solidité
32 4,0 38 3,0
financière
Mesure agrégée de la bulle
33 4,6 30 4,9
spéculative immobilière
Indice de stress financier 5 0,4 27 -0,6
Tier 1 (Ratio de capital) n/a n/a n/a n/a
Les pertes enregistrées lors
26 11,0 28 11,0
des crises bancaires
Réserve obligatoire/PIB 29 81,4 24 91,3
Actif de la banque
18 2,0 19 1,8
centrale/PIB
Total des dépôts/PIB 17 85,9 15 94,9
Indice de taille M2/PIB 17 102,1 22 84,2
II. Les services bancaires
Crédit privé/PIB 31 69,8 29 79,6
Dépôts bancaires/PIB 18 85,2 16 93,5
Instruments du marché
26 0,0 28 0,0
monétaire/PIB
Indicateur de rentabilité
28 4,4 29 3,7
agrégée
Les coûts généraux bancaires 11 1,4 12 1,3
L'actionnariat publique des
Indice 33 9,4 34 5,7
banques
d'efficience
Les coûts bancaires orientés
33 2,3 31 2,3
actif
Les créances en
28 5,5 34 5,2
souffrance/total des prêts
207
Cahiers de la Recherche
Communication La couverture privée du
39 14,0 43 14,6
de bureau de crédit
l'information La couverture publique du
24 0,0 26 0,0
financière registre de crédit
La sophistication du marché
41 4,5 36 4,7
financier
L'accroissement net du
27 3 23 3,3
capital
Accès
La facilité à l'accès au crédit 13 3,7 26 3,8
III. L'accès aux financements
commercial
Financement par le marché
21 4,2 24 4,2
local des actions
La facilité à l'accès aux prêts 29 3,1 26 3,2
IDE/PIB 41 2,6 44 1,3
26 26
La bancarisation 37 39
527,9 527,9
Les branches commerciales
40 9,9 41 9,9
des banques
Accès au détail Total des GAB 42 18,6 42 18,6
Nombre des agences
31 89,9 33 89,9
bancaires
Les comptes d'emprunt des
3 22,6 6 17,5
institutions de Microfinance
Source: La traduction des tableaux (les intrants et les sorties) est élaborée par nos propres
soins.
208