Cahiers de la Recherche
EVALUIATION DE LA CONCURRENCE
BANCAIRE AU MAROC : APPLICATION DU MODELE
DE PANZAR ET ROSSE
Hakam Afifa Filali Adib Fatine Firano Zakaria
Afifahakam@hotmail.com filaliadib@live.fr firanou@yahoo.fr
Faculté des Sciences Juridiques Faculté des Sciences Faculté des Sciences
Economiques et Sociales de Juridiques Juridiques
Rabat-Agdal Économiques et Économiques et
Sociales de Rabat- Sociales de Rabat-
Agdal Agdal
Résumé
Ce papier évalue le degré de la concurrence au niveau du secteur bancaire marocain à l’aide de
l’approche de Panzar et Rosse (1987). Ainsi, une fonction de revenu de forme réduite a été estimée,
en données de panel, sur un échantillon de cinq banques marocaines qui détiennent plus de 80% du
marché du crédit. Les résultats obtenus confirment empiriquement que le secteur bancaire
marocain est non concurrentiel (par les prix ou/et par les quantités), est caractérisé par une
concurrence monopolistique dont les facteurs déterminants sont propres aux comportements
bancaires. En outre, l’analyse de la dynamique de l’indice de Panzar et Rosse entre 1993 et 2010
fait prévaloir une stabilité du degré concurrentiel puisqu’il varie entre 0,37 et 0,28, ce qui laisse
présager que les banques en présence conduisent des stratégies d’ententes permettant de réduire la
concurrence du secteur bancaire marocain.
Summary
This paper assesses the degree of competition in the Moroccan banking sector with the approach of
Panzar and Rosse (1987). Thus, a revenue function of the reduced form was estimated using panel
data on a sample of five Moroccan banks that hold more than 80% of the credit market. The results
confirm empirically that the Moroccan banking sector is not competitive (by price or / and by
quantity), is characterized by monopolistic competition which factors are specific to bank behavior.
Furthermore, analysis of the dynamics of the index of Panzar and Rosse between 1993 and 2010
made a claim stabilization of competitive level, varying between 0.37 and 0.28, which suggests that
banks in the presence strategies lead to agreements that reduce competition in the banking sector in
Morocco.
Mots clés : Industrie bancaire, concurrence, concentration, pouvoir de marché et concurrence
monopolistique.
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1. Introduction
Le processus de libéralisation financière et de déréglementation du système bancaire marocain,
entamé depuis le début des années 90, visait à instaurer un climat des affaires favorable à la
croissance économique et à l‘intégration du système financier dans l‘équation du développement
économique et social.
Depuis plusieurs décennies, le rôle du système bancaire marocain dans l‘allocation optimale des
ressources et dans le financement de l‘économie était globalement limité. L‘encadrement des
crédits, les politiques sélectives et l‘administration des taux ont pesé lourdement sur le bien être des
différentes banques et ont causé quelques difficultés, voire faillites, de quelques établissements
bancaires. Le taux des créances en souffrance ont atteint durant cette période des seuils extrêmes
réduisant ainsi la qualité des actifs et des bilans bancaires. Cette situation démontre effectivement et
sans aucun doute que le système bancaire marocain était dans des conditions de sous optimalité, qui
ne favorisent ni le bien être du consommateur ni du producteur.
Dans cette perspective, les mouvements de libéralisation ont été mise en œuvre pour permettre aux
banques de bénéficier des biens faisances d‘une économie de marché. Les actions de libéralisation
des taux d‘intérêt, de décloisonnement, de déréglementation et de désintermédiation ont pu
contribuer à améliorer la concurrence dans le système bancaire marocain. L‘instauration d‘un climat
concurrentiel, va permettre aux institutions financières de maximiser leurs revenus et de contribuer
efficacement à la croissance économique du pays. Par ailleurs, ces mouvements de libéralisation ont
conduit à réduire significativement le niveau des taux d‘intérêt, ce qui a facilité, à une certaine
mesure, l‘inclusion financière des différents agents économiques.
Après plusieurs années de réformes soutenues, le secteur bancaire marocain est aujourd‘hui un des
premiers au niveau de l‘Afrique, ses stratégies dépassent désormais les frontières du pays pour
atteindre d‘autres pays voisins. Bien que, les indicateurs de performance indiquent une solidité et
une profitabilité grandissantes, le système bancaire marocain demeure affecter par des faiblesses
quant aux coûts de financement des investissements et aux conditions d‘accès des agents
économiques aux services financiers. Les stratégies entreprises par les banques font prévaloir un
comportement collusoire en termes de prix et une unicité en termes de régulation de la relation
clients-banques.
Les questions de tarification et de stratégies bancaires sont intimement liées aux problématiques de
concurrence bancaire. Une industrie bancaire concurrentielle garantie une optimalité dans
l‘allocation de l‘épargne à l‘investissement. De surcroît, la minimisation des coûts des inputs et la
maximisation des revenus bancaires permettent entre autres de maintenir les prix des services
bancaires à leurs niveaux d‘optimalité et d‘efficacité. Toutefois, un secteur concurrentiel n‘est guère
garant d‘une stabilité macroéconomique, puisque la concurrence induit toujours des comportements
darwinistes qui convergent souvent vers des conditions monopolistiques qui jouent en désaccord
avec le bien être du consommateur.
A cet égard, l‘analyse de la structure concurrentielle et du pouvoir de marché sont d‘importance
cruciale pour juger l‘efficacité des politiques publiques en termes de régulation des activités
bancaires. Prévoir une mesure du pouvoir du marché des banques marocaines va permettre de juger
l‘optimalité de leurs actions et leur impactent sur le coût du capital et la croissance des
investissements productifs. De plus, la mesure de la concurrence revêt un caractère grandissant
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puisqu‘elle contribue à la formulation de règles prudentielles plus efficaces et permettant de réguler
l‘activité d‘intermédiation en réduisant les risques systémiques d‘une structure donnée.
Dans cette perspective, on envisage de mesurer le pouvoir de marché ainsi que la structure de
concurrence du système bancaire marocain à travers l‘usage du modèle de Panzar et Rosse (1987)
sur une période allant de 1993 et 2010. Ce travail mettra en lumière dans un premier point les
différents travaux théoriques et empiriques traitant de la concurrence. Ensuite, une présentation du
modèle des deux auteurs sera envisagée. Ainsi, l‘adaptation du modèle au cadre marocain sera
effectuée. Enfin, les résultats des estimations et leurs interprétations feront l‘objet de la dernière
section.
2. Revue de littérature théorique
Deux grandes approches théoriques sont employées afin de mesurer le degré de la concurrence
d‘une industrie bancaire, à savoir : les approches structurelles et non-structurelles89. La première
approche a ses origines dans le paradigme de Structure-Comportement-Performance (SCP)90 et
l'hypothèse d'efficience. Ces deux modèles étudient, respectivement, les effets de la concentration et
de l‘efficience sur la performance d‘une industrie. La concentration, selon l‘approche SCP « la
séquence royale » permet de renforcer le poids des grandes firmes d‘une industrie et contribue à sa
performance en termes de taille et de taux de profit conduisant ainsi à une structure oligopolistique
ou monopolistique. Par ailleurs, la théorie de l‘efficience avance qu‘une institution n‘a guère besoin
d‘une dominance en termes de taille pour parvenir à s‘accaparer le marché, il suffit donc d‘avoir un
comportement rationnel visant une efficience productive et allocationnelle.
La seconde approche, qualifiée de non structurelle, affirme que les facteurs autres que la structure et
la concentration du marché peuvent affecter le comportement concurrentiel, tels que les barrières à
l‘entrée (sortie) et la contestabilité générale du marché (Baumol et autres 1982 ; Bresnahan, 1989 ;
Rosse et Panzar, 1977 ; Panzar et Rosse, 1987). Cette approche suppose qu‘il n‘existe pas
nécessairement une relation inverse entre la concentration et la concurrence, à vrai dire, la
contestabilité de l‘industrie peut dépendre de l'ampleur de la concurrence potentielle91 et pas
forcément de la structure du marché.
Trois modèles non structurels de comportement concurrentiel ont été développés. Ces modèles,
mesurent, par ailleurs, la concurrence et analysent les stratégies concurrentielles des firmes sans
faire prévaloir des informations explicites ou implicites sur la structure du marché (Iwata (1974),
Bresnahan (1982) et Lau (1982), et Panzar et Rosse (1987)). L‘ensemble de ces modèles évalue la
concurrence à travers les variations marginales des prix sur le marché. Les déviations des prix sont
mesurées soit par le recours à la théorie oligopolistique (modèle de Bresnahan et d'Iwata) soit par
référence aux propriétés statistiques des équations de revenu de forme réduite (approche de Panzar
et de Rosse).
L'approche de Panzar et de Rosse est basée sur l'idée que les banques utilisent différentes stratégies
de prix, en réponse aux changements des coûts des inputs de la structure du marché dans laquelle
89
Les approches structurelles se basent sur la structure de l’industrie et plus précisément sur le niveau de la
concentration pour mesurer la concurrence, alors que les approches non structurelles se basent sur des données
microéconomiques afin de vérifier la structure concurrentielle voir Bikker (2008).
90
Le modèle de SCP a été appliqué dès son origine aux industries manufacturières ; il a été présenté plus tard dans le
secteur bancaire suivant Schweiger et McGee (1961) et à servi comme terre fertile pour les essais empiriques sur
l’impact de la concentration sur la rentabilité de banque.
91
Voir également le Goddard et autres, 2001.
151
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elles fonctionnent. Cette méthodologie est inspirée d'un modèle d'équilibre général du marché. Elle
permet de mesurer le comportement concurrentiel des firmes basé sur les propriétés des équations
de revenu de forme réduite, tout en estimant une statistique, H 92, défini comme la somme des
élasticités des revenus bancaires aux variations des prix des inputs, permettant ainsi d'évaluer le
degré de concurrence régnant sur les marchés bancaires.
Cette statistique vérifie trois types de concurrence qui peuvent caractériser l‘industrie bancaire :
1.Monopole ou oligopole collusif (H <=0) : pour un monopole ou oligopole collusif, la condition de
premier degré de maximisation du profit stipule que le coût marginal soit égal au revenu marginal.
Le coût marginal étant positif, à l‘équilibre le revenu marginal doit aussi être positif. Or, la
maximisation du profit implique que si initialement le revenu marginal est positif, alors il devient
négatif avec l‘augmentation des prix des facteurs de production ; c‘est-à-dire, le revenu diminue et
par conséquent, H<093.
2.Concurrence pure et parfaite (H=1) : à cause du fait que la fonction de coût doit être homogène de
degré 1 par rapport aux prix des facteurs de production, toute augmentation des prix génère une
même augmentation du coût. Une banque parfaitement compétitive, contrainte à un profit zéro, doit
ainsi ajuster le prix du produit ou du service offert, ce qui fait que, dans un équilibre à long terme, le
revenu d‘une telle banque doit se modifier du même niveau que ses coûts et par conséquent comme
les prix des facteurs de production d‘où H=1.
3.Concurrence monopolistique (0<H<1) : les valeurs intermédiaires de H-statistique (entre 0 et 1)
indiquent une concurrence monopolistique.
3. Travaux empiriques
De nombreuses études empiriques ont appliqué le modèle de Panzar et Rosse (1987) issu de la
nouvelle théorie d‘organisation industrielle. Ces études ont abouti à des résultats différents. Shaffer
(1982) a été le premier à appliquer le modèle de Panzar et Rosse (1977), sur un échantillon des
banques de New York en 1979, trouvant ainsi des valeurs du H-statistique comprises entre 0.32 et
0.36, ces résultats confirment l‘existence d‘une concurrence monopolistique. De même, Nathan et
Neave (1989) ont étudié la concurrence dans le secteur financier canadien (banques, compagnies
d'assurance…) pour une durée qui s‘étale entre 1982 et 1984. Les valeurs du H-statistique qu‘ils ont
trouvé sont de 1.058 en 1982, et 0.68 en 1983 et 0.729 en 1984. Sous la base de ces résultats ces
auteurs ont concluent que les banques commerciales canadiennes évoluent dans un marché de
concurrence monopolistique. De même, ce modèle a été utilisé pour mesurer le degré de
concurrence dans le secteur bancaire chinois, dont on peut citer Yuan (2006) pour la période
s‘étalant entre 1996 et 2000, Stijin Claessens et Luc Laeven (2004) et Bikker et Haaf (2002), les H-
statistiques ont été élaborées d'une manière l‘hétérogénéité internationale. Dans l'ensemble, le
système bancaire chinois est caractérisé par une concurrence parfaite durant les années 1996, 1997,
1999 et 2000, à l‘exception de 1998 où la concurrence devienne monopolistique. Molyneux,
Thornton, et Lloyd-Williams (1996) ont employé le modèle de P.R. pour évaluer les structures
concurrentielles régnantes dans les marchés bancaires européens. En se basant sur un échantillon de
banques allemandes, françaises, italiennes, espagnoles et britanniques pour la période 1986-1989,
92
Voir Panzar et Rosse (1987) et Vesala (1995) Jacob A. Bikker et JaapW.B. Bos (2008) pour la formalisation de la
statistique H.
93
Luis Gutiérrez de Rozas (2007) présente schématiquement les différentes interprétations de H statistique en terme de
nature de la concurrence.
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leur résultats ont été en faveur de la concurrence monopolistique pour le marché britannique. Pour
les banques japonaises, les H-statistiques obtenu sont de 0,0193 et 0,6353 respectivement en 1986
et 1988, concluant ainsi que ces banques sont en concurrence monopolistique. Quant à Bikker et
Groeneveld (2000), ils ont basé leur étude sur un échantillon de banques de l‘Union Européenne. La
statistique H a été calculée d'une part pour toutes les banques d'UE et d'autre part pour chaque pays
pris séparément au cours de la période 1989-1996. Leurs résultats sont dans leur majorité en faveur
de l‘existence d‘une concurrence monopolistique avec des degrés différents. Bandt et Davis (2000)
ont développé un nouveau modèle pour déterminer la concurrence dans les banques d'UE, entre
1992-1996. Leur étude a été basée sur des banques de différentes tailles. Ils ont arrivé à conclure
que les banques européennes sont moins concurrentielles en les comparants avec les banques
américaines. Pour les banques de petites tailles, le degré de la concurrence s‘est avéré faible en
France et en Allemagne. Ces résultats corroborent avec l‘hypothèse selon laquelle les banques de
petites tailles peuvent avoir un pouvoir de marché à la différence de l‘Italie où la concurrence
monopolistique est déterminante quel que soit la taille des banques. Dans la même veine, Bikker et
Haaf (2002) prolongent l'analyse sur 23 pays d'OCDE au cours de la période 1988-1998. Les
résultats obtenus sont dans leur globalité en faveur de la concurrence monopolistique, ils ont
introduit dans leur étude des banques de différentes tailles. En particulier, les grandes, moyennes et
petites banques sont censées opérer respectivement dans une dimension internationale, nationale et
régionale. La concurrence semble être plus forte pour les grandes banques et plus faible pour les
petites banques. Negrin et autres (2006) ont entrepris une étude semblable sur le secteur bancaire
mexicain. Ils se sont basés, non seulement sur la taille des banques, mais également sur les sources
de revenu, en d'autres termes, sur les différentes composantes du revenu. David Hauner et Shanaka
J. Peiris (2006) ont étudié les banques d‘Ouganda, ils ont constaté que le niveau de la concurrence
augmente sensiblement avec le temps. Yildirim et Philippatos (2007) ont étudié le comportement de
14 banques de l'Europe de l'Est dont, la Bulgarie, la République Tchèque, l'Estonie, la Croatie, la
Hongrie, la Lituanie, le Macédoine, la Pologne, la Roumanie, la Slovénie, la Russie et la
Yougoslavie, font partie. L'échantillon inclut un panel de 2113 observations appartenant à 325
banques au cours de la période 1993-2000. Concluant ainsi, qu‘à l‘exception de la Lettonie, le
Macédoine et la Lithuanie, ces systèmes sont caractérisés par une concurrence monopolistique.
Mattews, Murinde, et Zhao (2007) ont entrepris une étude empirique sur plus de 12 grandes
banques britanniques au cours de la période des changements structurels entre 1980 et 2004. La
robustesse des résultats a été confirmée par l'indice de Lerner. Pour eux c‘est la concurrence
monopolistique qui est déterminante avec un degré légèrement stable durant la période (1980-1990)
et moins intensif au-dessus de cette période. Selon Gutiérrez Rozas (2007), Bikker et Haaf (2002) et
d'autres, c‘est la concurrence monopolistique qui est le cadre le plus fréquent capable de caractériser
les interactions entre les banques. Cette théorie est soutenue sous l'idée, qu‘elle tienne compte de
l'existence de la différentiation de produit entre les banques en dépit de l‘homogénéité de leur
activité principale
Cependant, pour les études centrées sur les pays en développement, les pays arabes, Moyen-Orient
et l'Afrique du Nord sont moins abondantes dans la littérature, on peut citer Muharrami, Mathews,
et Khabari (2006) leur étude a été basée sur six pays de Golf. Pour eux c‘est la concurrence
monopolistique qui règne à Qatar, Bahrain et Oman, à la différence de Kowéit, l'Arabie Saoudite et
Emirats Arabes Unis, où les marchés sont plus ou moins concurrentiels..
153
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4. Présentation théorique du modèle de Panzar et Rosse (1987)
Pour décrire l‘environnement concurrentiel du secteur bancaire, l‘instrument le plus utilisé dans la
littérature94, issu de la nouvelle théorie de l‘organisation industrielle, est le modèle de Panzar et
Rosse (1987). Celui-ci mesure le pouvoir de marché et des conditions concurrentielles, en se basant
sur l‘impact des prix des facteurs de production sur les revenus des entités constitutives du secteur.
En pratique, le modèle de Panzar et Rosse se base sur l‘estimation d‘une équation qui lie le revenu
au vecteur des prix des facteurs de production. Ce modèle se caractérise par une élasticité de la
demande (η), plus grande que l'unité, et une structure de coût homogène. A l‘équilibre les banques
maximisent leurs bénéfices quand le revenu marginal égalise le coût marginal. Ainsi le modèle est
obtenu en développant une équation de maximisation de profit d‘une banque représentative.
= ) ) (1.1)
Avec « » la part de marché de la banque i, la variation conjecturelle de la production, «1/η»
l‘inverse de l‘élasticité de la demande, « Yi » la production de la banque i, « p*» est le prix des
outputs à l‘équilibre.
Multipliant l'équation de base par , afin d'obtenir la marge de prix-coût (MPC), et additionnant
les résultats des rendements de l‘ensemble des banques i :
MPC =
= )
= HHI ) (1.2)
HHI représente l‘indice de Herfindahl-Hirschman, qui mesure le carré des parts de marché des
banques par rapport à la part de marché de l‘industrie. Supposons que HHI et λ sont des fonctions
strictes des variables exogènes à la banque. La puissance du marché est donc mesurée par le point
auquel un changement des prix des inputs (∂ ) est reflété dans les revenus d'équilibre (∂ ) de la
banque i. Le modèle de Panzar et Rosse consiste à estimer la nature du comportement concurrentiel
des firmes basée sur les propriétés des équations de revenu (de forme réduire) tout en calculant une
statistique, H95 qui fournit une évaluation quantitative de la nature concurrentielle d'un marché.
Cette dernière reflète la concurrence du secteur bancaire et mesure en parallèle l'élasticité des
revenus quant aux changements des prix des matières premières (K) ou des facteurs y afférents.
Dans ce cas, une augmentation des prix de matières premières mène à une hausse des coûts
marginaux sans avoir un effet sur le revenu optimal:
H= (1.3)
94
Voir Molyneux et al. (1994), Bikker et Groeneveld (1998), De Bandt et Davis (2000) et Bikker et Haaf (2002).
95
Voir Panzar et Rosse (1987) et Vesala (1995) pour la formalisation de la statistique H.
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Panzar et Rosse ont développé ce modèle pour distinguer entre les différentes structures du marché.
Les valeurs prévues de H-statistique s'étend entre −∞ et 1. Si H est inférieur à zéro, le marché est
qualifié de monopole, s‘il s'étend entre zéro et unité pour d'autres types de concurrence imparfaite
tels que la concurrence monopolistique, et on accepte l‘hypothèse de marché en situation de
concurrence pure et parfaite si H égal à 1.
Rosse et Panzar (1977) et Panzar et Rosse (1987) formulent des modèles simples pour les marchés
monopolistiques, oligopolistiques et parfaitement concurrentiels. Afin de distinguer entre ces
différentes structures du marché. Le modèle emplois une statistique H, qui peut servir comme
mesure du comportement concurrentiel des banques. Le test se base sur la dérivée du modèle
général du marché d'opérations bancaires, qui détermine, le rendement d'équilibre et le nombre de
banques à l‘équilibre. La banque « i » maximise ses bénéfices, quand le revenu marginal égalise le
coût marginal :
, n, ) - ( , , ) = 0 (1.4)
« Ri » représente les revenus, « Ci » les coûts, « Yi » l‘output, « wi » les prix des inputs, « Zi» et
«Ti» les variables exogènes qui déterminent respectivement ,les fonctions de revenu et de coût des
banques; l‘indice « i » se rapporte à la banque i et n représente le nombre de banques.
A l'équilibre, la contrainte de bénéfice zéro se tient :
, ,Z) - ( ,w, T) = 0 (1.5)
Les variables identifiées par (∗) représentent des valeurs d'équilibre. La puissance du marché est
mesurée par le point auquel un changement de facteur des prix de matières premières (d ), pour k
= 1,…, m est reflété dans les revenus d'équilibre (d ), de la banque « i ». Panzar et Rosse (P.R.)
définissent une mesure de concurrence H comme la somme des élasticités des revenus de forme
réduite par rapport aux facteurs des prix des matières premières:
H= (1.6)
P.R. montrent que dans une situation de monopole, une augmentation des prix de matières
premières augmentera les coûts marginaux, réduisant par la suite le rendement d'équilibre; ce qui
aura comme conséquence une statistique H nulle ou négative 96. Trois autres modèles généralement
étudié par P.R. à savoir la concurrence monopolistique, la concurrence parfaite et la variation
conjecturelle d‘oligopole, qui s'avèrent être compatibles aux valeurs positives de « H ». Dans ces
modèles, la fonction de revenu d'une banque individuelle dépend des décisions prises par ses
concurrents réels ou potentiels. Pour le monopole et la concurrence parfaite, l'analyse est basée sur
les propriétés du modèle d'équilibre de Chamberlain.
Sous un ensemble de prétentions générales, les valeurs positives de H indiquent que les résultats
sont compatibles à la concurrence monopolistique. En d'autres termes, les banques produisent plus
aux prix inférieurs et l'augmentation des coûts d'entrée induit une augmentation moins
proportionnelle des revenus. A priori, la concurrence monopolistique est la caractéristique la plus
96
Vesala (1995), montre que le même résultat s’obtient en situation de concurrence monopolistique avec un nombre de
banques fixe, de même qu’en situation de monopole ou de connivence parfaite.
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plausible pour le secteur bancaire en raison de la nature de leur activité qui se base essentiellement
sur la différentiation de produit, même si, il est bien évident que leurs activités sont homogènes.
En situation de concurrence parfaite, le profit marginal sera nul. On assiste donc à une égalisation
des recettes marginales et des coûts marginaux. Toute augmentation des coûts se répercute, toutes
choses égales par ailleurs, sur les prix des produits de la firme ; H dans ce cas prend la valeur 1 (les
firmes sont des preneuses des prix dans l'équilibre concurrentiel de longue durée).Dans le cas
d'oligopole parfait de connivence ou d'un cartel parfait, la valeur de H est semblable au modèle de
monopole. Pour Vesala (1995), H est une fonction croissante de l‘élasticité de la demande η, d‘une
autre manière, H devient plus élevée avec la diminution de la puissance du marché exercée par les
banques. Une des prétentions générales étant à la base du modèle d'équilibre de Chamberlain est
que l'élasticité de la demande η (Y, n, w), est une fonction non décroissante du nombre de banques
concurrentielles97.
5. Estimation et présentation du modèle pour le système bancaire marocain
Généralement, trois versions alternatives du modèle empirique de P.R. sont utilisées dans la
littérature empirique de la concurrence. La première spécification c‘est l'équation de revenu de P.R.
avec l‘introduction de la variable « total actif » comme variable de contrôle :
= αi + + +δ + εit (1.7)
Avec « RT », le revenu total, « w » les prix des matières premières, « FS » d‘autres variables
exogènes affectant le revenu et la variable TA (total actif) indiquant la taille de la banque. Dans la
littérature empirique d'opérations bancaires cette version du modèle de P.R. a été employée par
Vesala (1995) et De Bandt et Davis (2000), par Shaffer (1982a, 2004a), Nathan et Neave (1989) et
Molyneux (1996). Voir également Ashenfelter et Sullivan (1987), Tsutsui et le Kamesaka (2005),
ces auteurs ont privilégié cette spécification en justifiant sa conformité aux développements
théoriques de Panzar et Rosse (1987).
D'autres études prennent les revenus divisés par les capitaux totaux comme variable dépendante
dans le modèle de P.R., les partisans de cette spécification ont utilisé le rapport (RT/TA) au lieu des
revenus totaux. Ils ont en effet estimé une équation de prix au lieu de l‘équation de revenu. La
deuxième version est donc une équation des prix de P.R. sans faire intervenir les capitaux totaux
comme variable de contrôle :
= αi + + + εit (1.8)
Cette spécification a été utilisée par De Bandt et Davis (2000), Hempell (2002), Jiang et autres
(2004), Koutsomanoli-Fillipaki et Staikouras (2005), Lee et Lee (2005), et Mamatzakis et autres
(2005), Jacob A.Bikker et Jaap W.B.Bos (2008).
La troisième et la dernière spécification c‘est l'équation des prix de P.R. en introduisant la variable
de contrôle (TA):
= αi + + +δ + εit (1.9)
97
Les résultats de Vesala (1995) concluent sur l’existence d’un lien positif entre H et le nombre de banques.
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Cette dernière spécification a été employée par Molyneux (1994), Bikker et Groeneveld (2000),
Bikker et Haaf (2002), Claessens et Laeven (2004), Yildirim et Philippatos (2007), et Schaeck et
autres (2009).
Dans notre estimation on a opté pour la deuxième spécification (1.12). Nous nous sommes donc
référés à la même équation de revenu de forme réduite de Bikker et autres (2008) 98, de la forme
suivante :
Log(Rit) = αi + log (Ik) + + εit (1.10)
Avec « R » le revenu d‘intérêt, « Ik » le coût de K-ième input, « E » d‘autres caractéristiques
permettant d‘expliquer le revenu, ce sont des facteurs exogènes spécifiques à la banque, se reflétant
dans les risques, les coûts etc. A partir de cette équation, on estime H par : H=
L‘objectif de cette étude est de mesurer le niveau de la concurrence régnant dans la place bancaire
marocaine99, sur une période s‘étalant entre 1993 et 2010 coïncide bien avec les programmes
majeurs de réforme et de libéralisation touchant aussi bien le secteur réel que le secteur financier.
Dans notre modèle, on a régressé le revenu d‘intérêt (revenu d‘intérêt/total actif) sur les prix des
facteurs de production, en ajoutant une variable de structure du bilan des banques. Nous avons opté
pour l‘effet individuel fixe afin d‘estimer la fonction de revenu qui va nous servir à calculer l‘indice
de Panzar et Rosse. En effet, l‘introduction des effets fixes a comme objectif de capter l‘influence
des variables spécifiques pour chaque entreprise bancaire.
Pour procéder aux calculs des élasticités des prix des inputs, nous avons utilisé la variable R
(Revenu d‘intérêts/Total actif) comme variable dépendante afin d‘estimer la statistique H, et la
variable ROA (rendement d‘actif) pour le test d'équilibre. Concernant le calcul des trois prix des
inputs, nous avons utilisé les dépenses d‘intérêts (DI), les dépenses d‘immobilisations (DIM) et les
dépenses du personnel (DP). Nous avons introduit comme variable de structure, la variable
permettant de vérifier la diversification (ou la concentration) du portefeuille de la banque (CA),
cette variable sert aussi comme mesure du risque de crédit, grâce à cette variable, nous disposons
aussi de proxy captant la spécialisation productive.
Il s‘agit donc de construire pour chaque banque « i » de l‘échantillon, les variables suivantes :
Tableau1: Description des variables utilisées dans le modèle de Panzar et Rosse entre 1993-2010
Variables Désignation des variables Définition
Variable
R = Revenu d‘intérêt Intérêt reçu / Total actif
endogène
(Dépôt * Moyenne des Bons de Trésor) /
DI = Dépenses d‘intérêt
Variables Total actif
mesurant le prix DIM = Dépenses
des inputs Immobilisation / Total actif
d‘immobilisation
98
Voir Bikker (2008).
99
L’échantillon étudié est composé de cinq banques commerciales, la Banque populaire (BP) ; AttijariWafabank
(fusion en 2003 entre la Banque commerciale du Maroc et Wafabank) ; la Banque marocaine du commerce extérieur
(BMCE) ; la Banque marocaine du commerce et de l’industrie (BMCI) ; le Crédit du Maroc (CDM).
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DP = Dépenses de personnel Nombre de personnel
Variable de
CA = crédits par unité d‘actif Total crédit / Total actif.
risque
Les variables qui ont été utilisées sont annuelles et extraites des états de synthèses des banques
commerciales à travers l‘utilisation des rapports annuels collectés auprès d‘elles. L‘analyse
descriptive des données est reportée en annexe.
La fonction de revenu a estimée est donc de la forme :
LRi,t= = ai +b LDIi,t + c LDIMi,t +d LDPi,t+ e LCAi,t + εi,t (1.11)
Le Tableau ci-dessous regroupe l'ensemble des résultats obtenus sur la base du modèle à effets
fixes. Les estimations ont été effectuées à l‘aide des données annuelles allant de 1993 à 2010 sur
données de panel, en utilisant l‘estimateur LSDV (Test de Fisher 54.6 (0.00)). Les résultats
d‘estimation font ressortir que toutes les variables que ça soit les inputs ou la variable de structure
sont significatives et expliquent correctement le revenu d‘intérêt des banques marocaines. Les
résultats détaillés des estimations sont transcrits dans l‘annexe.
Tableau 2 : Résultats d‘estimation
Variables endogène : Le revenu d‘intérêt
Variables exogènes Coefficients
Constante 1,777640 (0,0005)
Prix des inputs
Dépenses d’intérêts 0,335578 (0,0730)
Dépenses d’immobilisations 0,455286 (0,0000)
Dépenses du personnel -0,509128 (0,0000)
Variable de structure
Risque de crédit 0,361867 (0,0489)
Statistique H 0,281736
Test de Wald
Concurrence, H0 : H=1 -3,161455 (0.0023)
Monopole, H0 : H=0 1,240069 (0.2188)
R2 0.687434
Test d’équilibre H0 : HROA=0 -1.571906 (0.1202)
(variable endogène : ROA)
L‘estimation de la fonction de revenu nous a permis d‘obtenir le coefficient de Panzar et Rosse
(1987), qui détermine le pouvoir des firmes bancaires sur le marché marocain. Ce paramètre
d‘intérêt est évalué à (0,28) une valeur significativement différente de 0 et strictement inférieure à 1
(voir Tableau 2)100.Ce résultat signifie que pour l‘industrie bancaire marocaine on peut rejeter
l‘hypothèse de l‘existence d‘une concurrence pure et parfaite et celle du pouvoir de monopole.
L‘estimation effectuée a fait ressortir que c‘est la concurrence monopolistique qui caractérise le
secteur bancaire marocain. Il ressort aussi de notre régression résumée dans le tableau ci-dessus que
100
La signification de la statistique H a été vérifiée par le test de Wald.
158
Cahiers de la Recherche
l‘hypothèse de nullité de la somme des coefficients constituant H statistique n‘est pas rejetée. On en
déduit alors que dans le système bancaire marocain on peut fortement rejeter l‘hypothèse de
concurrence parfaite et on ne peut ni rejeter ni accepter l‘existence du monopole admettant ainsi que
les banques marocaines règnent dans un équilibre de concurrence monopolistique.
S‘ajoute qu‘il est important de vérifier si le système bancaire marocain est un marché d'équilibre.
Les études empiriques de P.R.101 ont appliqué un test pour vérifier l'équilibre du marché dans lequel
le rendement de l'actif (ROA) remplace le revenu total comme variable dépendante dans une
équation de régression de forme réduite avec l‘utilisation des mêmes variables explicatives que
l'équation standard de revenu de P.R. (c'est-à-dire, des prix de matières premières et d'autres
variables de contrôle). L'argument est que, dans un équilibre les forces du marché devraient égaliser
ROA, de sorte que le niveau de ROA soit indépendant des prix de matières premières ((Shaffer,
1982a). C'est-à-dire, nous définissons un HROA de façon analogue à H et l'hypothèse d'équilibre du
marché sera acceptée si HROA = 0 et elle sera rejetée si HROA< 0 ce qui indiquerait un déséquilibre.
Le test d'équilibre considère que sur le marché bancaire les taux de rendement ne doivent pas être
corrélés avec les prix des matières premières.
De l‘application de ce test d'équilibre sur le modèle estimé (1.16), après remplacement de la
variable dépendante par le taux de rendement de l'actif (ROA), on a constaté (voir Tableau 2) que
l'hypothèse d'équilibre de marché ne peut pas être rejetée, la signification de ce coefficient a été
vérifiée par le test de Wald. A la lumière de ces résultats, on en conclut que les banques marocaines
respectent, dans l‘ensemble, la condition d'équilibre du marché et donc la condition de l‘existence
d‘une relation d‘indépendance entre les prix des facteurs de production et le rendement de l‘actif.
L‘évaluation de l‘indice H nous permet de conclure globalement que c‘est la concurrence
monopolistique qui caractérise le système bancaire marocain. Cette étude s'inscrit en phase avec les
résultats que nous avons obtenus lors de l‘évaluation du modèle de Bresnahan102 en se situant assez
clairement du côté d‘une situation non concurrentielle caractérisée par l‘existence d‘un pouvoir
grandissant des firmes de la place.
Pour permettre une analyse dynamique de la concurrence du système bancaire marocain on ne s‘est
pas limité uniquement à l‘estimation usuelle du modèle de P.R selon la méthodologie adoptée par
l‘ensemble des auteurs. Nous avons utilisé la modélisation multi-niveaux afin d‘extraire la
dynamique de P.R dans le temps. Les résultats obtenus confirment que le H statistique demeure
supérieur à 0 durant la période de 1993 à 2010 (voir annexe pour les résultats des estimations). Le
graphique ci-dessous retrace cette évolution.
101
Voir Bikker et Haaf, (2002) .
102
Afifa H. et Filali A.F. (2012).
159
Cahiers de la Recherche
Figure 1 : Evolution dynamique de l‘indice H de Panzar et Rosse
Les différentes réformes établies par l'Etat marocain depuis 1993, au niveau du système bancaire,
qui avaient pour objectif, la mobilisation de l'épargne et son affectation optimale vers les
investissements les plus productifs, afin de relancer le mouvement de croissance économique du
pays. Tout bien considéré, les résultats montrent que les réformes ont contribué à l‘amélioration et
au dynamisme dans le développement de la concurrence dans l‘industrie bancaire (1994-1998) cette
amélioration du fonctionnement des mécanismes concurrentiels du système bancaire s‘est
accompagnée par une concentration qui n‘est toutefois pas toujours le reflet d‘un aiguisement de la
concurrence (1999-2006). Par ailleurs, il est à noter que la réforme de 2006 n‘a pas abouti à des
résultats aussi satisfaisants que la réforme de 1993 et ceci ne peut être expliqué que par les
répercussions de la crise économique internationale à partir de 2007-2008.
5. CONCLUSION
L‘évaluation de la concurrence est d‘une importance cruciale pour la conduite de la régulation
financière au du Maroc. Le degré de concurrence est le facteur principal qui permet de décrire le
processus de formation des prix sur les marchés des dépôts et des crédits. Ainsi, un niveau de
concurrence élevé permet de favoriser le bien être du consommateur et préserve, dans la majorité
des cas, le système financier contre une probabilité élevée d‘avènement de crises financière et
bancaire. Par ailleurs, un niveau de concurrence faible et modérée facilite la formation des bulles
spéculatives, réduit le bien-être social et facilite la déformation informationnelle des courbe des
taux. En effet, au-delà de leur production de crédit et d‘épargne, les banques sont les premières
productrices de taux et toute information erronée sur ces derniers peut conduire à une déformation
des perspectives de croissance.
Dans le présent travail, nous avons démontré que le système bancaire marocain est caractérisé par
une concurrence monopolistique à l‘aide de l‘approche de Panzar et Rosse (1983). La particularité
de cette méthode est qu‘elle se base sur une fonction de revenu-coût de forme réduite et elle permet
de décrire le degré de concurrence sans faire prévaloir le niveau de concentration (nouvelle
organisation industrielle). Avec un indice H aux alentours de 0.3, l‘industrie bancaire est
caractérisée par une concurrence basée essentiellement sur les facteurs de différentiation tels que les
relations avec la clientèle, les économies de proximité et d‘autres facteurs à caractère qualitatif. Les
prix et les quantités de production sur les marchés des dépôts et des crédits ne font plus l‘objet de
concurrence au sein de l‘industrie bancaire, plutôt, des stratégies d‘ententes seront plus optimales.
160
Cahiers de la Recherche
L‘analyse dynamique de l‘indice H de Panzar et Rosse (1987) laisse présager que les différentes
réformes juridiques et réglementaires (1993 et 2005-06) ont eu des impacts significatifs, en
améliorant le degré de concurrence, par contre, leurs effets demeure de court terme. Ceci peut
s‘expliquer en grande partie par la concentration élevée du système bancaire et l‘existence de
Mark-up assez important permettant aux banques de s‘ajuster aux différents changements sur les
marchés. En outre, les barrières à l‘entrée de l‘industrie bancaire peuvent aussi constituer un facteur
principal dans la rigidité du degré de la concurrence durant la période d‘étude. Ainsi, à l‘issue de
cette analyse empirique du degré de la concurrence, on estime qu‘il est opportun pour plus
d‘efficience bancaire de rendre de plus en plus l‘industrie bancaire plus contestable en permettant à
d‘autres banques d‘intégrer le système bancaire pour favoriser le surplus du consommateur et lutter
contre les taux de profit substantiels, ce qui permettra de favoriser la croissance et de financer
l‘investissement.
161
Cahiers de la Recherche
Annexes
Statistiques descriptives des variables en logarithme
LR LDI LDIM LDP LCA
Mean -1.442384 -1.639462 -1.631270 3.578665 -0.281653
Median -1.383739 -1.603847 -1.633939 3.453777 -0.266964
Maximum -0.673136 -1.377852 -1.421955 5.419374 0.027049
Minimum -2.603329 -2.783026 -1.885753 3.087781 -0.660166
Std. Dev. 0.324989 0.157165 0.113259 0.504816 0.119171
Skewness -1.327258 -5.125343 -0.200802 1.882679 -0.909804
Kurtosis 6.970788 35.36265 2.347883 6.496759 4.311116
Observations 87 87 87 87 87
Tests de corrélation
LR LDI LDIM LDP LCA
LR 1.000000 0.307109 0.005828 -0.352700 0.557350
LDI 0.307109 1.000000 -0.382245 -0.008164 0.591054
LDIM 0.005828 -0.382245 1.000000 0.118973 -0.329717
LDP -0.352700 -0.008164 0.118973 1.000000 -0.227882
LCA 0.557350 0.591054 -0.329717 -0.227882 1.000000
Test d‘Hausman
Test Summary Chi-Sq. Statistic Chi-Sq. d.f. Prob.
Cross-section random 35.611484 4 0.0000
Modèle à effet fixe
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
LDI 0.335578 0.184558 1.818283 0.0730
LDIM 0.455286 0.062075 7.334491 0.0000
LDP -0.509128 0.093874 -5.423518 0.0000
LCA(-1) 0.361867 0.180721 2.002347 0.0489
C 1.777640 0.486722 3.652270 0.0005
R-squared 0.687434
Adjusted R-squared 0.654093
Tests de Wald (Test de signification de la statistique H)
Wald Test: Monopole
Test Statistic Value df Probability
t-statistic 1.240069 75 0.2188
F-statistic 1.537770 (1, 75) 0.2188
Chi-square 1.537770 1 0.2149
Null Hypothesis: C(1)+ C(2)+C(3)=0
NullHypothesisSummary:
162
Cahiers de la Recherche
Normalized Restriction (= 0) Value Std. Err.
C(1) + C(2) + C(3) 0.281736 0.227194
Test 2
Wald Test : CPP
Test Statistic Value df Probability
t-statistic -3.161455 75 0.0023
F-statistic 9.994800 (1, 75) 0.0023
Chi-square 9.994800 1 0.0016
Null Hypothesis: C(1)+C(2)+C(3)=1
NullHypothesisSummary:
Normalized Restriction (= 0) Value Std. Err.
-1 + C(1) + C(2) + C(3) -0.718264 0.227194
Test d‘équilibre
Wald Test
Test Statistic Value df Probability
t-statistic -1.571906 74 0.1202
F-statistic 2.470889 (1, 74) 0.1202
Chi-square 2.470889 1 0.1160
Null Hypothesis: C(1)+C(2)+C(3)=0
NullHypothesisSummary
Normalized Restriction (= 0) Value Std. Err.
C(1) + C(2) + C(3) -0.379033 0.241129
H dynamique : estimation multi niveau
163
Cahiers de la Recherche
lr Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
ldi .3583808 .195937 1.83 0.067 -.0256488 .7424104
ldim .3701446 .2697455 1.37 0.170 -.1585469 .8988361
ldp -.4018505 .0897351 -4.48 0.000 -.577728 -.2259729
lca .3168453 .3976293 0.80 0.426 -.4624938 1.096184
_cons 1.283597 .7347753 1.75 0.081 -.1565358 2.72373
Random-effects Parameters Estimate Std. Err. [95% Conf. Interval]
banque: Identity
sd(_cons) .2226165 .089923 .1008616 .4913476
annes: Independent
sd(ldi) 1.51e-08 2.41e-08 6.56e-10 3.47e-07
sd(ldim) 2.40e-09 5.27e-09 3.27e-11 1.76e-07
sd(ldp) .0575261 .0046133 .049159 .0673173
sd(_cons) 3.00e-08 6.43e-08 4.50e-10 2.00e-06
sd(Residual) .0000214 .0196753 0 .
LR test vs. linear regression: chi2(5) = 26.87 Prob > chi2 = 0.0001
164
Cahiers de la Recherche
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