Cahiers de la Recherche
Mesure de la productivité totale des facteurs
dans le secteur agricole Marocain:
étude sur un panel de pays méditerranéens
(1990-2008)
ALI DOUMI
Université Mohammed V- Agdal
Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales
Rabat
ali.doumi@gmail.com
Résumé
Dans cet article on explore l’évolution de la productivité totale des facteurs de production, en
termes d’efficience technique, dans le secteur agricole, de dix pays de la méditerrané, dont cinq
pays du sud européens et quatre pays arabes plus la Turquie. Dans cette étude, Nous apporterons
quelques éclairages sur la mesure de la productivité totale des facteurs. Notre étude empirique se
base sur la méthode d’estimations développée récemment dans le cadre de panel dynamique. Nous
utiliserons la méthode des moments généralisés en système d‘Arellano-Bover (1995), notre étude
porte sur la période 1990-2008. Les conclusions totales soulignent que la productivité totale des
facteurs a, dans l’ensemble, connu une évolution positive mais globalement très faible, tout en
restant positif pour le cas du Maroc, sauf pour les années 1995 et 2007 où, on a enregistré une
évolution négative. Tout de même, en performance d’évolution de la PTF, le Maroc se situe
derrière l’Egypte et la Grèce et devant le reste des pays échantillonnés.
Mots clés : productivité totale des facteurs - méthode des moments généralisés (GMM-système) -
panel dynamique
Abstract
This article explores the evolution of the total productivity for factors of production, in terms of
technical efficiency in the agricultural sector, from ten Mediterranean countries, including five
south European countries and four Arab countries plus Turkey. In this study, we‘ll discuss the
measurement of total factor productivity. Our empirical study is based on estimates of the method
recently developed in the context of dynamic panel. We will use the generalized method of
moments in Arellano-Bover system (1995). The study is conducted for the period 1990-2008.The
findings emphasize that the overall total factor productivity has, overall, a positive trend but overall
very low, while remaining positive for the case of Morocco, except the years 1995 and 2007 where
there was a negative trend. Still, changes in performance of TFP, Morocco is located behind Egypt
and Greece and to the rest of the countries sampled.
Keywords: total factor productivity - generalized method of moments (GMM-system) - dynamic
panel.
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INTRODUCTION
On considère, le plus souvent, qu‘une augmentation de la productivité permet de réduire les prix de
production de l‘ensemble des biens, de hausser le niveau de vie des citoyens, d‘augmenter la
rentabilité des entreprises et d‘améliorer la compétitivité de l‘économie nationale. C‘est pourquoi la
productivité est un phénomène dont on tient largement compte dans l‘établissement de politiques
économiques.
Ainsi la croissance de la productivité est le fondement de l‘amélioration des revenus réels et du
bien-être. Une croissance lente de la productivité limite la progression des revenus réels et accroît
les risques de conflits quant à la redistribution des revenus (Englander et Gurney, 1994). Par
conséquent, les mesures du niveau et de la croissance de la productivité sont des indicateurs
économiques particulièrement importants.
En effet, l‘amélioration de la productivité devient donc un objectif à atteindre, et pour atteindre ce
but, il est important, d‘une part de saisir ce qui cause les mouvements de productivité et les
différences entre les pays, entre les entreprises et entre les industries.
En principe, la productivité est un indicateur plutôt simple. Elle décrit la relation entre la production
et les facteurs nécessaires pour l‘obtenir. En dépit de l‘apparente simplicité de ce concept, le calcul
de la productivité pose un certain nombre de problèmes, qui deviennent cruciaux dès lors qu‘on
cherche à comparer d‘un pays à l‘autre la croissance et le niveau de la productivité, soit dans
l‘ensemble de l‘économie, soit dans différents secteurs.
En gros, les mesures de la productivité 70 peuvent être classées en deux catégories : les mesures de la
productivité monofactorielle (elles rapportent une mesure de la production à une mesure d‘un seul
facteur de production) et les mesures de la productivité multifactorielle (rapportant une mesure de la
production à un ensemble de facteurs de production). On distingue aussi – ce qui est
particulièrement intéressant au niveau du secteur ou de l‘entreprise – entre d‘une part, les mesures
qui rapportent la production brute à un ou plusieurs facteurs de production et, d‘autre, part celles qui
recourent à un concept fondé sur la valeur ajoutée pour saisir les évolutions de la production.
Ainsi vue l'évolution des préoccupations concernant la sécurité alimentaire et des ressources
naturelles, et l‘ouverture progressive des marchés agricoles au cours de la récente vague de la
mondialisation, et vue que le Maroc est un pays à vocation agricole, l‘étude et l‘analyse de la
productivité totale des facteurs dans le secteur agricole du Maroc , et la comparaison de cette PTF
avec l‘évolution dans des principaux pays concurrents s‘avèrent nécessaire.
L'objectif central de cet article est d'explorer l'évolution de la productivité globale des facteurs de
production du secteur agricole de dix pays de la méditerranée sous couvert d'une analyse
paramétrique en utilisant la méthode GMM en système. L'étude est réalisée à partir des données de
panel, et elle vise deux objectifs spécifiques :
•Déterminer l'évolution de la productivité globale des facteurs dans le secteur agricole des pays
échantillonnés.
70
Voir le manuel de l’OCDE, sur la mesure de la productivité.
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•Comparer l‘évolution de la performance de l'agriculture Marocaine, en terme d‘efficience
technique, avec celle des principaux pays concurrents.
Le papier est organisé comme suit, la section suivante donne un aperçu sur les fondements
théoriques, la deuxième section présente le cadre économétrique, les données utilisées, et les
résultats d‘estimation de la fonction de production par la méthode des moments généralisés (GMM)
en système de Arellano-Bover71. Enfin, les conclusions sont résumées dans la dernière section.
1- FONDEMENT THEORIQUE
La notion théorique de productivité est très ancienne; elle se retrouve de manière plus ou moins
explicite dans les travaux des économistes classiques. Une référence souvent citée par les
économistes est Smith (1776).
Bien que plus récente, la mesure de la productivité est aussi un exercice pratiqué de longue date ;
Griliches (1997) retrace jusqu'en 1937 une notion proche d'un indice de productivité dans le travail
de Copeland (1937) et évoque un indicateur utilisé par Kuznets (1930) qui peut être assimilé à
l'inverse d'un indicateur de productivité. Plus généralement, Tinbergen (1942) est considéré comme
le fondateur du calcul de la croissance de la productivité totale des facteurs.
Pour autant, Greene (1999) insiste sur le fait que le concept reste encore mal défini mais que peu de
progrès seront faits dans la création d'une définition parfaite ou du moins plus précise. C'est
pourquoi, la plupart des auteurs s'accordent sur la définition simple rappelée par Atkinson, Banker,
Kaplan et Young (1995), cette définition résume la notion de la productivité par le rapport entre un
indice de la production et les facteurs de production utilisés.
Il s'agit simplement de ramener le niveau de la production en termes de ressources utilisées. Toute
la difficulté va résider dans la mesure de ces indices de produits et de facteurs de production (des
mesures agrégées).
En effet, une amélioration de la productivité indique qu'il est possible de produire plus avec la
même quantité de ressources ou réciproquement de produire autant avec moins de ressources.
De nombreuses méthodes de mesure de la PTF ont été développées au cours de ces dernières
décennies. Les études sur la productivité totale des facteurs prennent de plus en plus d‘ampleur et
les approches pour mesurer le phénomène se diversifient. Diewert (1981) résume ces différentes
approche, il y a d‘abord la mesure classique de la PTF par l‘approche des indices de Divisia (Solow,
1957) ; développé par Caves, Christensen et Diewert [1982], pour permettre la prise en
considération de, la non neutralité au sens de Hicks et des rendements d‘échelle variable, puis il y a
l‘approche non paramétrique développé par (Farrell (1957), Afriat (1972), Hanoch et Rothschild
(1972)) qui estime une fonction de production sans aucune hypothèse sur les paramètres spécifiques
de la forme fonctionnelle. Les deux approches précédentes se réfèrent explicitement à une forme
fonctionnelle de la fonction de production ou de coût. Enfin l‘approche de la mesure de la PTF par
estimation économétrique des fonctions de production ou de coût, (Christensen, Jorgenson et Lau
(1971), Berndt et Khaled (1979)), et l‘approche des nombres-indices (Diewet (1976, 1980),
Christensen, Cumming et Jorgenson (1980), Cave, Christensen et Diewert (1982)).
71
Notre but étant de permettre la comparaison de mesures d’efficience technique issues de la méthode GMM en
système d’Arellano-Bover.
103
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Chacune de ces approches de la mesure de la PTF a ses avantages et ses inconvénients. Le choix à
opérer dépend du but qu‘on se fixe en mesurant la productivité et, dans bien des cas, de la
disponibilité des données. Pour notre étude de la productivité totale des facteurs dans le secteur
agricole, nous avons choisi l‘approche paramétrique dite aussi méthode des moments généralisés
(GMM) en système développée par Arellano-Bover (1995).
Les méthodes paramétriques reposent sur l‘estimation d‘une fonction de production, ce qui exige au
préalable de répondre à deux problèmes essentiels.
Le premier a été soulevé par Marschark et Andrews (1944). Il s‘agit du biais de simultanéité, c‘est-
à-dire que les producteurs choisissent leurs facteurs de production en connaissant leur propre niveau
de productivité. Le choix des inputs est alors corrélé avec des « chocs » de productivité (non
observés par l‘économètre mais connue par l‘entreprise), ce qui biaise l‘estimation de la fonction de
production par les MCO (moindres carrés ordinaires). Le second problème est celui de la sélection
et renvoie à la question de savoir si les producteurs choisiront ou pas de rester sur le marché compte
tenu de leur niveau de productivité et ce niveau de productivité dépend des facteurs de production.
Le biais de simultanéité peut être résolu par les trois méthodes paramétriques suivantes : la méthode
de la frontière stochastique, la méthode semi-paramétrique et la méthode GMM. Dans cette étude,
nous utilisons la dernière méthode en système, qui estime conjointement la fonction de production
en différences première et en niveaux. Les inputs et l‘output retardés sont utilisés comme
instruments de l‘équation en différences première et les différences retardées comme instruments de
l‘équation en niveaux.
2- LA PLACE DE L’AGRICULTURE DANS L’ECONOMIE DES PAYS
ECHANTIONNES
Pour évaluer la place de l‘agriculture dans l‘économie des pays échationnés, on distingue d‘abord
deux blocs de pays : le premier groupe est composé de pays du Sud et Est de la méditerranée à
savoir : l‘Algérie, l‘Egypte, le Maroc, la Tunisie et la Turquie, le second groupe est composé de
pays européens à savoir La France, l‘Espagne, la Grèce, l‘Italie et le Portugal.
En effet la place de l‘agriculture dans l‘économie des pays de premier groupe est incontestablement
très importante comme le montre le tableau ci-dessous, contrairement aux pays européens choisis,
(2éme groupe) où le secteur agricole présente un faible pourcentage du PIB et d‘emploi, chose
qu‘on peut expliquer par la vocation industrielle de ces pays, néanmoins ces pays présentent une
grandes puissance agricole vue leurs exportations agricole dans le monde (on note que L‘UE
représente aujourd‘hui de manière stable environ 36,1% des importations mondiales de produits
agricoles et alimentaires et 47,8% des exportations 72) .
Pays du Sud et Est de la
Algérie Egypte Maroc Tunisie Turquie
méditerranée
% de l‘agriculture dans le PIB
total 8,9% 14,5% 16,5% 12% 9,1%
(Année 2011)
% de la population agricole dans le
la population active 22,9% 32% 41% 23,14% 23%
(Année 2009)
72
Statistiques du commerce international 2010
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% des exportations agricoles dans
les exportations totales 0,2% 8,9% 7,96% 6,76% 6,83%
(Année 2009)
% des importations agricoles dans
les exportations totales 14,31% 15,13% 8,8% 8,91% 3,34%
(Année 2009)
Pays Européennes Espagne France Grèce Italie Portugal
% de l‘agriculture dans le
PIB total 3,2% 1,8% 3,6% 2% 2,6%
(Année 2011)
% de la population agricole
dans le la population active 4% 3% 12% 3,9% 11,7%
(Année 2009)
% des exportations agricoles
dans les exportations totales 12,1% 9,29% 19,36 6,24% 7,21%
(Année 2009)
% des importations agricoles
dans les exportations totales 7,49% 6,48% 11,88% 8,28% 8,96%
(Année 2009)
Sources FAO, L’Annuaire statistique des Nations Unies 2010
En effet, les échanges entre l‘UE et les PSEM se font en grande majorité à l‘intérieur d‘accords
préférentiels, signés bilatéralement entre l‘UE et chacun d‘entre eux. Les accords Euro-Med signés
par l‘UE avec chacun de ses partenaires méditerranéens définissent des tarifs préférentiels qui sont
comme le plus souvent octroyés pour un volume limité, à l‘intérieur de contingents. L‘exception est
la Turquie qui bénéficie actuellement pour la plupart des produits exportés vers l‘UE de droits de
douanes réduits sans restrictions quantitatives.
Ainsi les produits exportés par l‘UE vers les PSEM sont d‘abord des céréales, des produits laitiers
et du sucre. Mais on note également au-delà de ces trois groupes de produits, une grande diversité
d‘autres produits notamment transformés.
Par ailleurs la tomate est le principal légume exporté par les PSEM à destination de l‘UE, suivi par
la pomme de terre, les fruits à coques, les agrumes et l‘huile d‘olive.
3- METHODOLOGIE
Notre approche pour mesurer la productivité totale des facteurs est basée sur les travaux de Marion
Dovis (2009)73, ce dernier, à procédé à une estimation des différentes méthodes de mesure de la
PTF à partir d‘un panel d‘entreprises turque, de (1983 à 1991), les résultats obtenus indiquent que
les différentes méthodes ne mesurent pas précisément les mêmes composantes contenues dans le
concept de PTF, et que le choix de la méthode dépend, de ce que l‘on souhaite mesurer, et, des
caractéristiques des données disponibles. Pour notre approche d‘estimation de la productivité totale
73
Voir Marion Dovis (2009), pour une estimation de la PTF par différentes méthodes de mesure.
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des facteurs dans le secteur agricole, nous utilisons un panel de dix pays de la méditerranée, pour la
période de 1990 à 2008, nous reprenons le modèle utilisé par Maron Dovis pour l‘appliquée dans
cette étude, mais sur le secteur agricole méditerranéen.
3-1 Cadre économétrique
En supposant que la fonction de production spécifique à chaque pays peut être représentée par une
fonction de Cobb-Douglas (CD), nous mesurons la PTF comme la différence entre les montants
bruts de la production et ceux des facteurs de production.
Notre fonction de production de base peut être écrite sous forme log-linéaire, en fonction d‘un
ensemble d‘intrant :
Yit t j X ijt ( wi wit it )
j
wit wit 1 it
it , it MA(0)
Avec Yit le logarithme de l‘output représenté par la production agricole du pays i durant l‘année t,
Xijt le logarithme des variables explicatives à savoir : l‘eau, engrais, terre, machine et travail, αt un
effet spécifique temporel. Le terme de productivité est modélisé avec wi un effet fixe spécifique
individuel et wit un choc auto-régressif d‘ordre un, (І λ І <1), ɛit est le terme d‘erreur de mesure.
L‘introduction d‘un terme d‘erreur auto-regréssif dans le terme d‘erreur global permet d‘obtenir une
relation dynamique. Le but est d‘estimer les paramètres βj, et λ. La représentation dynamique du
modèle est :
t t 1
Yit Yit 1 j X ijt wi it wi wi (1 )
j
it it it
it 1
wi it Sont des perturbations aléatoires non corrélées.
Yit1 Représente les variables dépendantes retardées.
Nous commençons par estimer la fonction de production dynamique, pour cela on est obligé de
palier à l‘endogénéité biaisé car le modèle contient une variable retardée dépendante et par
conséquence l‘estimation des paramètres pose plusieurs défi, y compris la corrélation possible de la
variable dépendante retardée avec le terme de perturbation.
Nous utilisons l‘approche GMM système, cette approche consiste à estimer un système à deux
équations, composé de l‘équation différenciée et l‘équation initiale.
106
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Les moments conditionnels sont nécessaires pour fournir les instruments, car les outputs retardés
seront corrélés avec l‘erreur composite ѵit à travers ɛit. Ainsi, la fonction de production en
différences première et la fonction de production en niveau sont estimées conjointement comme un
système avec un ensemble d‘instruments appropriés pour chaque équation.
La productivité sera alors calculée par le terme suivant sans que nous puissions exclure le terme
d‘erreur aléatoire :
LnPTFit wi wit it
La productivité calculée est la différence entre l‘output observé et l‘output prédit par une fonction
de production estimée. Cela représente l‘efficience technique 74 du secteur agricole (plus le résultat
sera élevé et plus le secteur agricole sera efficient) mais n‘exclut pas l‘erreur de mesure. Le progrès
technique se retrouve alors dans le terme αt.
Les avantages de cette approche reposent sur l‘élimination du biais de d‘endogénéité et la prise en
compte de l‘erreur de mesure. Elle permet aussi de tester la validité des instruments utilisés.
Néanmoins, la principale faiblesse de cette mesure est qu‘elle ne permet pas de dissocier
l‘efficience technique du bruit statistique. Autrement dit, lorsque l‘on estime la PTF par la méthode
GMM, la mesure obtenue comprend à la fois les facteurs hors et sous contrôle de la firme.
3-2 Données
L‘application empirique de cette étude, se base sur des données 75 de panel au niveau national pour
certains pays sud-méditerranéens, L‘Algérie, le Maroc, la Tunisie, l‘Egypte et le Turquie, impliqués
dans les accords de partenariat avec l‘UE et certains pays de l‘UE présentant un fort potentiel dans
l‘agriculture comme la France , Grèce, Italie, Portugal et l‘Espagne, pour la période 1990-2008.
Ces données proviennent de la base des données de la FAO, les données utilisées recensent les
informations sur la production et les moyens de production agricole dans les pays concernés. Les
variables utilisées dans l'analyse sont définies de la manière suivante :
- La production, est considérée par six catégories de produits agricoles: fruits à coque, fruits sans
melons, agrumes, légumes et melons, céréales et les légumineuses, la variable est exprimée en
tonne.
- La main-d‘œuvre, ou la variable travail est captée par l‘emploi total en milliers dans le secteur
agricole (Agriculture, chasse et sylviculture), la variable est exprimée en nombre d‘heure, par an,
travaillé dans le secteur agricole.
- La terre, est exprimée par la somme des superficies des terres cultivés la variable est exprimé en
1000ha.
74
Les résultats sont présentés en annexe.
75
Les variables sont spécifiées en logarithme.
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- Les engrais se référant à la quantité, en tonnes métriques d'éléments fertilisants agricoles
consommés par le pays en question.
- La variable machine est captée par le total de tous les tracteurs et moissonneuse batteuses en
service utilisés dans l'agriculture, la variable est exprimée en unité.
- L‘eau, cette variable est exprimé en mètre cube, elle désigne le volume d‘eau utilisé dans le
secteur agricole et le volume moyen des précipitations.
Les données sont extraites de la base de données FAOSTAT, BIT, CIHEAM et la BM. Toutes des
données ont été transformées en logarithme.
3-3 Résultats de l’estimation de la fonction de production par la méthode GMM en système.
Variable endogéne: Production agricole
Variables exogénes Coefficients
Yit 1 0,3225382 (0.195)
Surface agricole 0,3076576 (0.252)
Engrais 0,3463112 (0.062)*
Eau -0,421449 (0.091)*
Machine 0,43411 (0.003)**
Travail 0,0552544 (0.000)***
*, **, et *** indiquent un seuil de signification respectivement aux seuils de 10%, 5%, et 1%
M1= 0.0418
M2= 0.1548
m1 et m2 sont des tests d‘autocorrélation des résidus de premier et de second ordre.
Sargan : chi2(133) = 152.6586, Prob > chi2 = 0.1168
Le modèle GMM en système est estimé en incluant des effets temporels, individuels et sectoriels.
Les tests de Sargan et d‘autocorrélation à l‘ordre 2 permettent de confirmer la validité statistique du
modèle. Ainsi, concernant le test de Sargan pour des instruments en niveaux et en différence
première, l‘hypothèse nulle selon laquelle les instruments utilisés dans l‘estimation ne sont pas
corrélés au terme d‘erreur est acceptée, aussi l‘hypothèse nulle d‘une absence d‘autocorrélation des
résidus à l‘ordre 2 est acceptée. La mesure de l‘évolution de productivité totale des facteurs, en
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termes d‘efficience technique, et ainsi présentée en annexe avec le graphique d‘évolution de la PTF
de l‘ensemble des pays échantillonnés.
4- CONCLUSION
D‘après nous estimations de la PTF, en termes d‘efficience technique, le Maroc, a réalisé une
évolution de la PTF, relativement élevée en comparaison avec les autres pays de l‘échantillon, en
effet cette évolution place le Maroc en troisième position derrière l‘Egypte et la Grèce, et devant les
autres pays échantillonnés. Le Maroc a donc connu une évolution de la PTF, pendent les deux
derniers décennies, qui reste tout de même très faible et positif sauf pour les deux années de 1995 et
2007 où le Maroc a connu de forte sécheresse, ces deux années ont été marqué par une évolution
négative.
Les gains en efficience ont été pratiquement nulles mêmes négatives pour les autres pays à savoir :
l‘Espagne, La France, L‘Italie, le Portugal et la Turquie. Pour l‘Algérie et la Tunisie l‘efficience
technique n‘a pas connu d‘amélioration significative, mais elle a été, tout de même, marqué pour
certains années par une évolution positif, enfin entre les pays arabe de l‘échantillon, l‘Egypte et le
Maroc étaient les plus compétitives, en efficience technique, durant les deux dernières décennies.
A noter que ces résultats, restent limités par notre méthode d‘estimation, où la PTF mesurer,
représente uniquement la composante de l‘efficience technique, alors qu‘il existe d‘autre méthode
de mesure de la PTF, où elle est représentée par d‘autres composantes que l‘efficience technique.
Mais reste à signaler que chaque méthode utilisée a ses avantages comme elle a ses inconvénients,
dans ce contexte, notre étude, qui ne mesurent que les gains en efficience, ne décrit que
partiellement l‘évolution de la PTF du secteur agricole puisque notre modèle économétrique estime
la deuxième composante de la PTF qui détermine le progrès technique par la variable temporelle αt,
cette variable reste fixe pour tous les pays du panel, et par conséquence la seul productivité qu‘on
peut comparer entre les pays échantillonnés est bien la productivité en termes d‘efficience
technique.
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Annexes
Tableaux de l’évolution de la productivité totale des facteurs en termes d’efficience
Année 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999
Algérie 0,0905426 0,0191627 -0,140283 -0,203961 0,0965684 0,2354318 -0,220629 0,0308259 -0,045254
Egypte 0,4187697 0,4348478 0,3418418 0,3709951 0,3397877 0,3541282 0,3855005 0,3815577 0,4089502
Maroc 0,288335 0,0132862 0,0846454 0,3298848 -0,110746 0,3869368 0,0524086 0,2393709 0,0674797
Tunisie 0,1034531 0,0259549 0,0024484 -0,183062 -0,141765 0,0856196 -0,167845 -0,047599 -0,042207
Turquie -0,030597 -0,065578 -0,067353 -0,054484 -0,041557 -0,051057 -0,084263 -0,060873 -0,100969
Espagne -0,136586 -0,124382 -0,133386 -0,172496 -0,210739 -0,093626 -0,126336 -0,137900 -0,156247
France -0,181471 -0,130039 -0,169882 -0,175227 -0,172451 -0,119994 -0,129567 -0,098151 -0,119419
Grèce 0,2442646 0,2690559 0,271044 0,2581858 0,2495909 0,276072 0,2455109 0,2885851 0,3052844
Italie -0,524251 -0,555851 -0,552027 -0,531849 -0,552362 -0,541773 -0,547655 -0,568693 -0,538389
Portugal -0,0586396 -0,116546 -0,120322 -0,079103 -0,082320 -0,057353 -0,093945 -0,093486 -0,050882
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Algérie -0,15015 0,0109401 -0,052741 0,1116606 0,0744578 0,0622 0,0832484 0,04215 -
56 0,02791
6
Egypte 0,4117409 0,3731555 0,4067993 0,4098555 0,4111234 0,4211068 0,4422384 0,43008 0,45541
67 82
Maroc 0,008158 0,1160335 0,0821764 0,1578255 0,1439131 0,002763 0,2150826 - 0,10630
0,06065 77
9
Tunisi -0,112095 -0,069638 -0,143174 0,0472422 -0,003623 -0,010857 -0,032736 0,01054 -
e 61 0,03002
8
Turqui -0,066066 -0,067431 -0,052354 -0,056031 -0,04921 -0,019811 -0,036889 - -
e 0,05705 0,03258
2 8
Espag -0,091515 -0,17077 -0,108579 -0,108707 -0,092872 -0,200325 -0,099558 - -
ne 0,10441 0,09981
6 3
France -0,090375 -0,123978 -0,056985 -0,159904 -0,036694 -0,105047 -0,112512 - -
0,12496 0,06022
8 3
Grèce 0,3044913 0,292752 0,2956622 0,3647635 0,366188 0,436617 0,3162869 0,40542 0,31981
75 88
Italie -0,545714 -0,506183 -0,530802 -0,557055 -0,521001 -0,521031 -0,542833 - -
0,55016 0,54167
1 8
Portug -0,081638 -0,095666 -0,067471 -0,106795 -0,025848 -0,126387 -0,080904 - -
al 0,08887 0,08413
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Evolution de la productivité totale des facteurs, en terme d’efficience, dans le secteur agricole de 10
pays de la méditerranée
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Fra Grce Ita
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