Sexualité et sacré dans l'oeuvre de Xavier Orville
De par le caractère intangible et absolu des valeurs qu’il
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De par le caractère intangible et absolu des valeurs qu’il
véhicule, le sacré renvoie aux domaines essentiels dans
lesquels l’esprit comme l’action des hommes se manifestent.
Outre la sphère du religieux qui lui est, en quelque sorte,
naturellement liée, ce champ du sacré s’applique également aux
autres aspects fondamentaux de la vie sociale. Parmi ceux-ci, la sexualité et les formes dans lesquelles elle sera autorisée à
évoluer trouvent dans le rapport au sacré (donc aussi au
profane) un lien incontournable.
Le sacré, la sexualité et les rites qui s’y rattachent se
retrouvent dans l’œuvre de Xavier Orville, décédé en 2001,
et qui, dans son roman Cœur à vie (1993), dénonce le
délitement ravageur de la société martiniquaise et le naufrage
de toute dignité individuelle ou collective.
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Seen by:L’utopie antillaise et hawaïenne
L’utopie a la connotation d’un rêve impossible. D’ailleurs, il faut s’y habituer, l’utopie en général finit mal : soit... more
L’utopie a la connotation d’un rêve impossible. D’ailleurs, il faut s’y habituer, l’utopie en général finit mal : soit parce qu’elle est victime d’une société extérieure corrompue (Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre), soit parce qu’il s’agit d’une anti-utopie (Brave New World d’Aldous Huxley). Cependant, rien dans la définition du concept n’indique la fin malheureuse comme inhérente au projet utopique. Dans les littératures antillaises et hawaiiennes, la fin heureuse n’est d’ailleurs pas abandonnée, même si elle est loin d’être évidente.
En ce qui concerne les littératures européennes, il faut distinguer deux types d’utopie : les utopies “ naturelles ” chantant un mode de vie plus proche de la nature, inspiré d’un bonheur “ primitif ” antérieur au besoin de conquête et les utopies “ religieuses ”, sociétés organisées sur la base d’un enseignement, d’une parole révélée, inspiration de bon nombre d’anti-utopies.
Du point de vue insulaire, les catégories ne sont pas tout à fait les mêmes. En effet, l’utopie “ naturelle ” va de pair avec une sacralisation du passé, ce qui ne surprend pas dans des sociétés dans lesquelles le religieux garde son importance. A ce passé idéalisé privilégiant un milieu rural sacralisé, s’oppose une vision du futur, détachée de tout contexte religieux.
Ces deux façons de penser l’utopie sont celles d’une part de Gisèle Pineau, Xavier Orville, Lois-Ann Yamanaka, Lee A. Tonouchi et d’autre part de Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, John Dominis Holt, Carlos Andrade et Joe Balaz.
Dans les deux cas, l’utopie se distingue par deux thèmes majeurs : le sacré et l’insularité ou la ville idéale ainsi que par la création d’un système qui englobe tous les aspects de la société afin de la rendre crédible, “ réelle ”.
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