« La balançoire et l’escarpolette. Oscillations folkloriques, linguistiques et littéraires entre Grèce ancienne et Occident médiéval »
dans : Emese EGEDI-KOVACS (éd.), Folklore et littérature dans le récit médiéval – Actes du Colloque, ELTE – Budapest, 2011, pp. 197-212
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Seen by:LE SALUT PAR LA REINE : UNE LECTURE TRANSVERSALE DES ŒUVRES D’HENRY BAUCHAU, DE C.H. KANE ET DE J.M.G. LE CLÉZIO
by Pierre HALEN
Version longue d’un article publié dans Les Littératures africaines : textes et terrains / Textwork and Fieldwork. [Hommage à Alain Ricard]. Études réunies par Virginia Coulon et Xavier Garnier. Introduction de János Riesz. Paris : Karthala, 2011, coll. Lettres du Sud, 496 p. ; p.411-425.
Résumé : dans le contexte d’une globalisation que les mondes coloniaux puis postcoloniaux ont vu se développer, les... more Résumé : dans le contexte d’une globalisation que les mondes coloniaux puis postcoloniaux ont vu se développer, les littératures se font écho sans qu’il y ait eu nécessairement d’influences entre elles ; en réalité, elles participent d’un univers devenu partiellement commun, structuré par des questionnements, des discours, des symbolisations qui sont devenues planétaires. Il en va ainsi dans la construction de figures royales féminines chez trois auteurs qui sont ici pris à témoin : Kane, Le Clézio, Bauchau.
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Seen by:Auto-exotisme littéraire et Histoire antillaise
Les littératures caribéennes francophones et créolophones sont en règle générale considérées comme des littératures... more
Les littératures caribéennes francophones et créolophones sont en règle générale considérées comme des littératures antagonistes. De fait, une telle distinction se base le plus souvent sur des catégories socio-raciales et des oppositions idéologiques -une littérature étant considérée comme plus authentique, plus proche de » l’âme antillaise » qu’une autre.
La question qui se pose donc quant à la pertinence de tels découpages ne peut-être résolue qu’en confrontant les textes littéraires avec les conditions historiques telles qu’elles apparaissent dans la documentation de l’époque, notamment dans le Code Noir de 1685, qui tente de réguler la » cohabitation » aux Antilles, hésitant constamment entre l’encouragement de pratiques observées d’humanisation des relations entre maîtres et esclaves (probablement rares, vu la nécessité d’établir un code pour contenir la violence de certains planteurs) et l’intention première de considérer les esclaves comme des meubles. Ce tiraillement est révélateur des ambiguïtés juridiques, sociales et culturelles qui s’installent en Martinique et en Guadeloupe. Il traduit et influe sur la conception d’une identité duelle qui se développe chez les écrivains antillais, tant francophones que créolophones, identité qui inclut une part d’étrangeté dans la conception de soi, elle-même fruit de déterminations extérieures évidentes dans les articles du Code Noir et dans les réactions qu’il a suscitées chez les colons :
« Denn die Geschichte der Antillen ist nicht kontinuierlich verlaufen ; es ist eine Geschichte, die von außen her bestimmt und geschrieben wurde, so dass eine Rekonstitution der geschichtlichen Vergangenheit notwendig ist, um die Geschichtsschreibung, die in den Romanen nach 1945 befragt, neugeschrieben und neugedichtet wird, zu verstehen und zu erhellen. (1) »
De fait, les différences d’approches de l’identité sont bien plus sensibles entre la Martinique et la Guadeloupe, même si ce clivage ne naît qu’avec la première abolition de l’esclavage en 1794 et les bouleversements sociaux du XIXe siècle. Les débuts se caractérisent dans les deux îles par une instabilité identitaire ; ainsi s’installe un sentiment à la fois d’appartenance et d’étrangeté par rapport à la société antillaise qui se construit : l’auto-exotisme (2).
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Seen by:STRATEGIES CREOLES
La production littéraire en créole est de plus en plus importante aux Antilles. Il semblerait que ces publications,... more
La production littéraire en créole est de plus en plus importante aux Antilles. Il semblerait que ces publications, même si elles sont encore souvent de caractère artisanal, jouissent d’un regain d’intérêt ces dernières années. Mais l’utilisation du créole est-elle comparable en Martinique et en Guadeloupe et quel est son rapport au français, langue d’écriture traditionnelle ? Le créole doit-il être perçu forcément comme opposé au français ? Lorsque Patrick Chamoiseau explique le créole, s’adressant ainsi aux Français, néglige-t-il pour autant le public antillais ?
On peut distinguer non pas une littérature créole et une littérature française, mais une littérature française créolisante et une littérature française et créole. Raphaël Confiant a publié de nombreux nouvelles et romans en créole. Il prend en charge
leur traduction ou la confie à des traducteurs proches de sa sensibilité linguistique : Jik dèyè do Bondyé (1975), Bitako-a (1985), Kôd Yanm (1986), Marisosé, (1987), Jik dèyè do Bondyé (2000).
On note d'ailleurs une réapparition récente des publications en créole : Raphaël Confiant, qui avait abandonné l'écriture en créole dans une volonté d’être lu par un plus grand nombre, renoue ainsi avec l'écriture en créole. La Martinique est-elle plus réceptive à présent à ce type de littérature ou s’agit-il d’un nouvel essai jugé prometteur dans le cadre du développement du GEREC ? Même s’il s’agit de textes écrits auparavant, leur publication actuelle est révélatrice d’un changement de climat culturel.
Les auteurs guadeloupéennes se distinguent de bon nombre de leurs homologues martiniquais par une approche moins exclusive de la langue d'écriture : Maryse Condé et
Gisèle Pineau ont choisi le français, Sylviane Telchid le français et le créole de façon simultanée (sa version française ne comporte que peu d’expressions créoles et ce de manière irrégulière ; on ne peut donc parler de français créolisé comme le pratiquent Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant).
De fait, si la logique des Martiniquais est celle d’une confrontation des langues, celle des Guadeloupéennes correspond plutôt à une coexistence. Des exceptions existent sans doute, mais elles sont étonnamment rares.
Cinéma italien contemporain et discours épique(s)
by marta boni
Les cinéastes italiens des dix dernières années semblent particulièrement intéressés par la mise en scène de... more
Les cinéastes italiens des dix dernières années semblent particulièrement intéressés par la mise en scène de l’Histoire récente, selon un point de vue que l’on pourrait définir « épique » : des récits prenant une forme mythique et qui relisent des grands évènements de l’Histoire italienne. Des films qui mettent en scène des sagas familiales (La meglio gioventù, 2003), des reconstructions d’événements qui ont marqué l’imaginaire collectif (Buongiorno, notte, 2003), des personnages politiques « immortels » (Il Divo, 2008), ainsi que la plaie nationale représentée par les phénomènes mafieux (Romanzo Criminale, 2005 ; Gomorra, 2008). Ce phénomène semble avoir une correspondance avec une vague littéraire qui a été appelée New Italian Epic, caractérisée par une récupération de l’oralité et un esprit postmoderne de détachement où le « perturbant » des images d’archives bien connues par les Italiens est inséré dans des contextes fictionnels.
Nous focaliserons notre attention sur Romanzo Criminale, un phénomène transmédia, qui se déploie sous des médias différents (un livre, un film, une série télévisée, un jeu vidéo, une bande dessinée). Il s’agit d’une architecture complexe dans laquelle chaque support offre des entrées privilégiées et différenciées aux spectateurs. Pour cela, Romanzo Criminale nous semble un objet capable d’interroger la notion d’épique sous deux angles différents: d’un côté, il s’agit d’un récit complexe reconstituant les grandes lignes de l’évolution historique d’un pays, à travers des formes de célébration et de nostalgie, grâce auquel nous assistons à un jeu avec les normes de la représentation du discours social. De l’autre, il s’offre comme phénomène intertextuel et transtextuel, situé dans un contexte historique et social bien défini, ouvert à la relecture et à la réécriture de la part de ses publics, dans un panorama marqué par une culture participative. Ainsi, le sujet historique est-il intégré dans une expérience collective, dans la représentation tout comme dans la réception.
Notre hypothèse est que, dans le cas d’un produit transmédia, l’ensemble des réponses des spectateurs peut être rapproché à un processus épique : la convergence d’une pluralité de récits et de pratiques non hiérarchisées représenterait la modalité principale de son existence.
Nous proposerons un aller-retour entre l’épopée proposée par le texte filmique et télévisuel et les formes « épiques » de l’appropriation de ces textes de la part de leurs spectateurs, notamment avec une analyse des productions sur le Web (parodies, hommages, controverses dans les forums de discussion). Sera analysée la variété de discours produits par la migration entre des textes différents et les appropriations des spectateurs, dans la construction d’un univers narratif dans laquelle les hiérarchies de production et de réception sont estompées.

