Fenêtre sur un jardin tropical: de Stephen King à Marie-Reine de Jaham
Regards sur la littérature antillaise, textes réunis et présentés par Daniel Delas, Interculturel Francophonies, n° 8, nov.-déc. 2005
Article comparing the French Caribbean author, Marie-Reine de Jaham and Stephen King. Marie-Reine de Jaham has heavily... more
Article comparing the French Caribbean author, Marie-Reine de Jaham and Stephen King. Marie-Reine de Jaham has heavily used Stephen King's "Secret Window", translating sentences with slight modifications, to place them in a soap opera context.
What does this plagiarism reveal?
Article comparant l'auteur antillaise Marie-Reine de Jaham et Stephen King. Marie-Reine de Jaham a utilisé de nombreux passages du roman "Secret Window" de Stephen King : les phrases traduites et légèrement modifiées sont placées dans un contexte de soap opera.
Que signifie ce plagiat ?
http://www.fabula.org/actualites/regards-sur-la-litterature-antillaise-interculturel-francophonies-n-8_12851.php
LE NORD ANTILLAIS: UN ITINÉRAIRE EXOTIQUE
» Le Nord antillais » peut paraître un titre déroutant. Qu’est-ce que le Nord antillais ? De prime abord, on peut... more » Le Nord antillais » peut paraître un titre déroutant. Qu’est-ce que le Nord antillais ? De prime abord, on peut penser à la partie septentrionale des îles, seulement dans la littérature antillaise ce clivage n’apparaît pas. Le Nord des Antilles correspond plutôt à la métropole. Alors pourquoi avoir choisi l’expression » Nord antillais » ? Tout simplement parce que ce titre traduit bien l’ambiguïté des rapports entre les écrivains antillais et la France. En effet, les auteurs antillais ne recherchent pas leur Nord aux îles, mais en Europe. Cette quête est le signe d’un exotisme puisque l’Europe est ressentie non seulement comme géographiquement mais surtout comme culturellement différente ; En même temps elle est le signe d’un espace familier contribuant à la construction de l’imaginaire guadeloupéen. À travers deux romans guadeloupéens : La colonie du Nouveau Monde de Maryse Condé et L’exil selon Juliade Gisèle Pineau, nous verrons que ces rapports, que l’on peut qualifier d’auto-exotiques, puisqu’ils créent le sentiment de l’étrangeté d’une partie de la propre culture (étrangeté et familiarité qui se rencontrent dans l’image du Nord) s’inscrivent dans le cadre d’un clivage centre/périphérie, parallèle à l’axe Nord/Sud (1).
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Seen by:Sexualité et sacré dans l'oeuvre de Xavier Orville
De par le caractère intangible et absolu des valeurs qu’il
véhicule, le sacré renvoie aux domaines essentiels... more
De par le caractère intangible et absolu des valeurs qu’il
véhicule, le sacré renvoie aux domaines essentiels dans
lesquels l’esprit comme l’action des hommes se manifestent.
Outre la sphère du religieux qui lui est, en quelque sorte,
naturellement liée, ce champ du sacré s’applique également aux
autres aspects fondamentaux de la vie sociale. Parmi ceux-ci, la sexualité et les formes dans lesquelles elle sera autorisée à
évoluer trouvent dans le rapport au sacré (donc aussi au
profane) un lien incontournable.
Le sacré, la sexualité et les rites qui s’y rattachent se
retrouvent dans l’œuvre de Xavier Orville, décédé en 2001,
et qui, dans son roman Cœur à vie (1993), dénonce le
délitement ravageur de la société martiniquaise et le naufrage
de toute dignité individuelle ou collective.
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Seen by:STRATEGIES CREOLES
La production littéraire en créole est de plus en plus importante aux Antilles. Il semblerait que ces publications,... more
La production littéraire en créole est de plus en plus importante aux Antilles. Il semblerait que ces publications, même si elles sont encore souvent de caractère artisanal, jouissent d’un regain d’intérêt ces dernières années. Mais l’utilisation du créole est-elle comparable en Martinique et en Guadeloupe et quel est son rapport au français, langue d’écriture traditionnelle ? Le créole doit-il être perçu forcément comme opposé au français ? Lorsque Patrick Chamoiseau explique le créole, s’adressant ainsi aux Français, néglige-t-il pour autant le public antillais ?
On peut distinguer non pas une littérature créole et une littérature française, mais une littérature française créolisante et une littérature française et créole. Raphaël Confiant a publié de nombreux nouvelles et romans en créole. Il prend en charge
leur traduction ou la confie à des traducteurs proches de sa sensibilité linguistique : Jik dèyè do Bondyé (1975), Bitako-a (1985), Kôd Yanm (1986), Marisosé, (1987), Jik dèyè do Bondyé (2000).
On note d'ailleurs une réapparition récente des publications en créole : Raphaël Confiant, qui avait abandonné l'écriture en créole dans une volonté d’être lu par un plus grand nombre, renoue ainsi avec l'écriture en créole. La Martinique est-elle plus réceptive à présent à ce type de littérature ou s’agit-il d’un nouvel essai jugé prometteur dans le cadre du développement du GEREC ? Même s’il s’agit de textes écrits auparavant, leur publication actuelle est révélatrice d’un changement de climat culturel.
Les auteurs guadeloupéennes se distinguent de bon nombre de leurs homologues martiniquais par une approche moins exclusive de la langue d'écriture : Maryse Condé et
Gisèle Pineau ont choisi le français, Sylviane Telchid le français et le créole de façon simultanée (sa version française ne comporte que peu d’expressions créoles et ce de manière irrégulière ; on ne peut donc parler de français créolisé comme le pratiquent Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant).
De fait, si la logique des Martiniquais est celle d’une confrontation des langues, celle des Guadeloupéennes correspond plutôt à une coexistence. Des exceptions existent sans doute, mais elles sont étonnamment rares.
Mythes et identités antillaises. L'auto-exotisme dans l'écriture martiniquaise et guadeloupéenne
Ouvrages représentatifs de deux types d'écriture de l'exotisme, l'un né en Guadeloupe, l'autre en Martinique, La... more
Ouvrages représentatifs de deux types d'écriture de l'exotisme, l'un né en Guadeloupe, l'autre en Martinique, La colonie du nouveau monde (1993) de Maryse Condé et Texaco (1992) de Patrick Chamoiseau illustrent un rapport divergent à la fois à l'Autre (la métropole) et à soi-même (la culture antillaise). Ainsi, l'interrogation de la notion d'identité caractéristique de l'écriture torturée de bon nombre d'écrivains guadeloupéens tels Maryse Condé, Gisèle Pineau et Daniel Maximin fait pendant à la certitude affichée des défenseurs d'une identité créole martiniquaise dont Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et Edouard Glissant. Afin de comprendre l'ambiguité culturelle des départements d'outre-mer antillais, ceux-là introduisent le thème de la folie dans le développement de leurs personnages-individus, tandis que ceux-ci affirment des archétypes à travers la re-création du mythe fondateur.
En effet, dans La colonie du nouveau monde la critique des nouveaux mythes permet à Maryse Condé d’illustrer sa conception de ce que l'on pourrait nommer « l’auto-exotisme antillais », conciliant familiarité et exotisme de la propre culture. Le choix d'une identité clairement définie est de la sorte évité ; tous les héritages - Antillais, Américain, Français - se côtoient, se contredisent, s'unissent tour à tour dans des personnages d'une grande complexité. Celle-ci s'exprime de façon directe à travers le recours à la métaphore du dédoublement des personnages en proie à une folie souvent salvatrice.
L'exotisme de soi paraît sans doute moins évident chez Patrick Chamoiseau (ou Raphaël Confiant) qui tente de remplacer l'ambiguité identitaire par de nouvelles certitudes culturelles, définies indépendemment de la métropole, mais qui presque toujours s'opposent à elle et par ce lien même introduisent l'étrangeté dans l'univers de Texaco. Le thème de la folie est abordé dans Texaco pour distinguer un nouvel ordre créole (le quartier mythique de Texaco) du monde extérieur corrompu (L'En-ville et sa vanité soumise). Ce faisant, Patrick Chamoiseau met en avant une utilité sociale des mythes antillais intégrés dans une dichotomie à laquelle participent tous les personnages, exacerbant ainsi un clivage de la société en une collectivité dont les membres sont pratiquement identiques et en des groupes perçus comme extérieurs, totalement exotiques, contredisant en cela l’écriture auto-exotique, c'est-à-dire une écriture qui aborde ouvertement cette problématique.
Esprits d’outre-mer : The Hundred Secret Senses d’Amy Tan et Célanire, cou coupé de Maryse Condé, une étude comparée.
Le rêve est dans le roman migrant un espace privilégié de confrontation des cultures. Chez Maryse Condé, la parenté de... more
Le rêve est dans le roman migrant un espace privilégié de confrontation des cultures. Chez Maryse Condé, la parenté de l’espace onirique avec celui du conte créole est évidente, tandis que chez Amy Tan, les légendes chinoises et américaines se heurtent en particulier à la tombée de la nuit, refuge des esprits ancestraux. La rencontre avec les esprits apporte des réponses à l’angoisse identitaire dans un univers régi par la rationalité et l’univoque : " This book argues that, despite the various manifestations of ghostliness in recent haunted literature, stories of cultural haunting are drawn together not only by their conjuring of ghosts to perform cultural work but also by their tendency to organize plots as a movement from negative to positive forms of haunting and by certain thematic concerns to which they obsessively return. " (1) Cette rencontre est étroitement liée au rêve, dimension complémentaire ou conciliation de l’espace familier et étranger, opposé aux modes d’investigation de l’ethnologie : le rêve survient comme marque du destin, de l’irrationnel et du surnaturel, alors que le regard ethnologique tente de classer et de comprendre les phénomènes étranges. Le rêve révèle, comme l’a montré Sigmund Freud, les souhaits refoulés par l’individu et lui permettent de les résoudre fictivement. Or, quand bien même le regard ethnologique n’est jamais objectif et implique des motivations et donc une subjectivité, on ne peut considérer son résultat simplement comme expression ou comme satisfaction de souhaits niés par la conscience de l’observateur. On peut considérer l’approche ethnologique comme un mode d’observation à un moment précis, dont le rêve est la manifestation souterraine. Ainsi, les séquences oniriques révèlent l’intégration du regard ethnologique dans l’intimité des personnages. Le regard à la fois extérieur de l’étranger qui découvre une culture inconnue jusque là et familier est présenté comme une constante dans leur univers.
Les romans de Maryse Condé, et en particulier Célanire, cou coupé, illustrent cette fonction du rêve qui s’avère double : le rêve confirme à la fois la distance qui sépare la narratrice de ses proches, car les rêves ne sont pas compris, et l’identité car le rêve de Célanire aboutit à un attachement culturel.
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Seen by:“Les romans de Jean-Louis Baghio’o et le réalisme merveilleux redéfini”
paru dans Présence Africaine 147, Paris, 1988 (3e trim.), p. 43-62.
Cette étude aborde l'œuvre romanesque de Baghio'o par le biais de la notion de « magical realism » (traduite ici par... more
Cette étude aborde l'œuvre romanesque de Baghio'o par le biais de la notion de « magical realism » (traduite ici par « réalisme merveilleux ») développée en tant que mode narratif de la fiction par Amaryll Chanady dans son ouvrage Magical Realism and the Fantastic: Resolved Versus Unresolved Antinomy (New York and London, Garland Publ., 1985). Cette première tentative d'illustration de la notion théorique concernée, qui arrive au constat que les aspects surnaturels ne concernent qu'une petite partie des romans, a amené l'auteur de l'étude par la suite à distinguer entre réalisme magique (façon Chanady) et réalisme merveilleux (façon Jacques Stephen Alexis, 1956) afin de mieux rendre compte des qualités des œuvres concernées.
This study approaches the novels of Baghio'o in the light of « magical realism » (translated here in « réalisme merveilleux ») as it was developped as a narrative mode of fiction by Amaryll Chanady in Magical Realism and the Fantastic: Resolved Versus Unresolved Antinomy (New York and London, Garland Publ., 1985). This first attempt at using this theoretic concept comes to the conclusion that supernatural intrusions concern only a small part of the texts studied. This in turn encouraged the author of the study to work hence towards a distinction between magical realism (as defined by Chanady) and marvelous realism (as first defined by Jacques S. Alexis in 1956) in order to illustrate better the qualities of the corpus of fictional works chosen.
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