Ténèbres mascareignes
In: Enseigner le monde noir: mélanges offerts à Jacques Chevrier, Paris, Maisonneuve & Larose, 2008
Aperçu: http://books.google.fr/books?ei=wtF5TrrCIO7P4QTOgtT0Dw&ct=result&id=g2
Le dernier roman d’Axel Gauvin, Train fou, est le récit d’une
grotesque farandole nocturne menée par Bernard... more
Le dernier roman d’Axel Gauvin, Train fou, est le récit d’une
grotesque farandole nocturne menée par Bernard Montcorbeil,
conquérant parisien, venu faire carrière dans les îles. Après une
série d’échecs, la vengeance autant que la soif de réussite sont
devenues les principales motivations de cet homme, « héros »
d’une farce néo-coloniale, qui se met, une nuit, à la tête d’une chenille humaine errant à travers les rues de la ville. Le périple de trois Réunionnais, qui, tels des wagons, s’accrochent à la locomotive France pour exister, illustre la marginalisation de l’île par rapport au centre parisien, représenté par ses directions et sous-directions aux noms barbares. Leur trio, composé de personnages aux noms évocateurs, véritable résumé des causes de leur perte : Pan, le vaniteux, Parle-Pas, le passif et Noiseau, le nomade – est condamné à périr dès lors que le « vaza » – l’étranger – s’en désintéresse.
Ponctué d’expressions créoles, sans pour autant être créolisé, le style d’Axel Gauvin, confère à chaque protagoniste son langage
'Le jardin humain : l’insularité tropicale comme modernité locale à La Réunion', EspacesTemps.Net, 04.04.2011
by David Picard
L’économie touristique crée des formes de relations sociales entre des sociétés géographiquement séparées. Elle met en... more L’économie touristique crée des formes de relations sociales entre des sociétés géographiquement séparées. Elle met en contact des contextes et des acteurs sociaux qui précédemment demeuraient dans des mondes séparés, ou dont les relations avaient été définies par des hiérarchies économiques et politiques particulières. Dans le contexte postcolonial, ces hiérarchies paraissent souvent symboliquement inversées : beaucoup des anciennes périphéries coloniales sont devenues l’objet de fantasmes (touristiques) collectifs dans les anciens centres coloniaux. Satisfaire ces fantasmes est devenu l’objet principal de l’économie touristique. À l’inverse des anciennes économies coloniales focalisées sur l’exploitation de matières premières, cette économie se concentre ainsi essentiellement sur la production de mondes imaginaires. Elle est une économie hautement théâtrale basée sur la mise en scène de mondes et d’histoires fabuleuses – la « nature sauvage », l’« humanité primitive », la « préhistoire », mais aussi la « créativité humaine », l’« histoire », l’« âge classique », le « progrès social », la « rencontre des peuples », la « créolisation » – qui donnent corps a différentes conceptions modernes du temps et de l’être dans le monde (Dasein) (Greenblatt, 2005, Clifford, 1996, Sahlins, 1994). L’objectif de cet article est d’explorer les principes et les paradoxes de cette économie. Les îles tropicales fournissent ici un terrain particulier que je vais approcher à travers l’étude du cas du développement touristique de l’île de La Réunion.
“L’errance d’exil et le recadrage mémoriel dans Pélagie-la-Charrette d’Antonine Maillet et Chronique des sept misères de Patrick Chamoiseau.” Romance studies 29.2 (April 2011): 93–107.
In the first volume of Les lieux de mémoire (1984), Pierre Nora describes memory and history as non-synchronized... more
In the first volume of Les lieux de mémoire (1984), Pierre Nora describes memory and history as non-synchronized oppositions in the modern world. In parallel to Nora’s discussions, Antonine Maillet in Pélagie-la-charrette (1979) and Patrick Chamoiseau in Chronique des sept misères (1986) reveal that the presupposition of synchronization is a dangerous delusion. Indeed, this delusional presupposition of memory and history has induced the loss of cultural legacy among displaced populations in the New World. A comparison of Maillet’s and Chamoiseau’s novels suggests that the quest for the return to the native land is central to Pélagie-la-Charette, while the polyphonic narrative voice in Chronique des sept misères underscores the foolishness of such an enterprise. This contrast illustrates how these authors use narrative voices to amplify the imaginary in order to construct positive myths about communal histories and memories. The mythical narrative, stemming out of the Americas, stands as a counter account that opposes histories deemed ‘official’ by Western nations. While Chamoiseau and Maillet manipulate social and historical frameworks, they are simultaneously rewriting local stories, promoting new visions of History. In so doing, they also bring forth a conflictual relationship to space and territorial organization. Their endeavour reminds readers not only of colonialism’s impact on the descendants of both slaves and colonists, but of the diversity among diasporic voices within the Americas.
Keywords: history, memory, storyteller, colonialization, exile, territory, myth