DÉCAPITATION et DÉCOLLATION ÉPÉE, SABRE ou GLAIVE DE « JUSTICE »
Considérer l’utilisation de l’épée pour la décapitation exige de savoir résister à l’horreur, car la décapitation à l’épée plus encore qu’à la hache est un spectacle fait pour toucher un public, que ce soit comme un divertissement ou comme un avertissement. C’est un peu par hasard que j’ai découvert le sujet et c’est ensuite de fil en aiguille ou de fil en pointe que j’ai remonté la trace de cette découverte.
Ce qui rejoint à nouveau Kenneth Burke et son approche de Shakespeare. Le sens vient du public :
« My theory of... more
Ce qui rejoint à nouveau Kenneth Burke et son approche de Shakespeare. Le sens vient du public :
« My theory of form as the arousing and fulfilling of expectations. » (Scott, L. Newscott, op cit, p. 189)
Cela m’amène à dire en conclusion que chaque époque produit une forme de spectacle complet, plus complet que ce qui existe normalement. Shakespeare a souvent ajouté de la musique, sans produire des opéras, mais en produisant parfois des intermèdes dignes de scènes musicales et chorégraphiques. Mais Shakespeare veut nous faire pénétrer si profondément dans les drames qu’il raconte qu’il s’adresse à nous par tous les pores sensuels que nous pouvons mobiliser dans l’appréciation d’un spectacle. Loin de produire une parodie de tragédie que serait une comédie de violence, il produit une tragédie multisensorielle et multimédiatique. Il invente le cinéma quatre siècles trop tôt, ou bien il révèle le besoin de dépasser la scène de son temps vers un spectacle plus complet, besoin qui ne commencera à être satisfait complètement que quatre siècles plus tard. Avec les moyens de son temps il fait ce qu’il peut et utilise alors tout ce que la scène permet ainsi que tout ce que le langage permet, chacun tant au niveau des sens physiques que de l’esprit, de ce que l’on ne peut comprendre que comme « mind », mot anglais qui n’a pas d’équivalent en français sans connexion avec une vision religieuse chrétienne d’âme ou d’esprit, saint bien sûr, mais qui correspond exactement au concept bouddhiste en Pali de « citta », ce sixième sens et méta-sens mental.
Decapitating Cinema
"Decapitating Cinema." In And They Were Two In One And One In Two. Eds. Nicola Masciandaro & Eugene Thacker (2011).
La sensation comme outil politique : les représentations anglaises de l'exécution de Charles Ier au XVIIe siècle
Ecrit et publié dans le cadre du laboratoire junior "Réfléchir la sensation", hébergé par l'Ecole Normale Supérieure de Lyon (ancienne ENS-LSH).
L'exécution de Charles Ier d’Angleterre en 1649 donna lieu à de nombreuses représentations qu'Anne-Laure de Meyer... more L'exécution de Charles Ier d’Angleterre en 1649 donna lieu à de nombreuses représentations qu'Anne-Laure de Meyer explore dans son article. Les gravures et eaux-fortes qui constituent l’événement en scène construisent tout un dispositif idéologique qui fait usage de la sensation comme d'un instrument pour rassembler les spectateurs et lecteurs autour de la cause du roi martyr. Réfléchir la sensation, dans le contexte de l'exécution de Charles Ier, c'est réverbérer une émotion, créer une communauté mais aussi faire un usage particulier d'outils rhétoriques.
